Annonces ministerielles de revalorisation du point d'indice: 3.5%...le niveau du mépris

Les organisations syndicales de la fonction publique ont obtenu que le ministre de la fonction publique annonce enfin une revalorisation du point d’indice. Pour autant, les 3.5 % annoncés sont très en deçà de l’inflation, pour l’instant  à 5,2% et annoncée très prochainement à 7%.

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    • Attendu depuis près de douze ans par les fonctionnaires, le dégel du point d’indice est bienvenu, mais ce rattrapage n’est qu’un premier pas pour rendre la fonction publique à nouveau attractive, jugent les syndicats.

      Le 30 Juin 2022
      Par Céline Mouzon

      Avec le plein été, voici enfin le dégel, celui du point d’indice de la fonction publique. Le 1er juillet, cet indice, qui sert à calculer la rémunération des agents publics (les fonctionnaires et une grande majorité des contractuels), sera revalorisé de 3,5 %. C’est une augmentation d’un niveau inédit.

      Le point d’indice était quasi gelé depuis 2010. Il n’avait été revalorisé ces dernières années que deux fois, de 0,6 %, en 2016 et en 2017, soit + 1,2 % en douze ans. Depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron avait fait savoir qu’il n’y recourrait pas.

      C’est bien sûr l’inflation qui a poussé le gouvernement à revenir sur cette position. Fin 2021, elle est repartie à la hausse. Sur un an, elle a augmenté de 6,5 % en juin, selon les estimations de l’Insee. Le chiffre de 6,5 % correspond à l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui n’inclut pas les dépenses de santé remboursées. L’indice des prix à la consommation (IPC) augmente, lui, de 5,8 % sur la même période.

      Le dégel a été opportunément annoncé avant les élections, mais pas le montant de la revalorisation, finalement donné mardi par le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guérini. « On vient apporter une réponse de 5 %, très concrète, en moyenne, sur la fiche de paie des agents de la fonction publique », a-t-il indiqué, ajoutant aux 3,5 % de revalorisation du point le 1,5 % qui correspond aux augmentations dues à l’ancienneté (le « glissement vieillissement technicité » ou GVT dans le jargon). La mesure devrait coûter 7,5 milliards d’euros.

      Le pouvoir d’achat des agents de la fonction publique ne dépend en effet pas que du point d’indice. Outre le GVT, il y a les primes (en moyenne 30 % de la rémunération, davantage lorsqu’on grimpe dans la hiérarchie, moins lorsqu’on descend). Et, pour les seuls titulaires, la Gipa (garantie individuelle de pouvoir d’achat) compense, elle, la perte de pouvoir d’achat résultant d’une évolution du traitement brut inférieure à l’inflation sur une période de quatre ans.

       

      Un premier pas

      « L’Etat fait le job », a ainsi estimé l’éditorialiste libéral Dominique Seux sur France Inter, considérant que les 5 % correspondaient au niveau d’augmentation prévu pour les salariés du privé par la Banque de France, « à la différence que dans le privé, ça ne concernera pas tous les salariés, loin de là ».

      Avec une revalorisation du point de 3,5 %, « on est dans la moyenne du peloton des grosses entreprises », reconnaît Mylène Jacquot, secrétaire générale CFDT-Fonctions publiques. « Mais il ne faut pas oublier les années de gel du point, pendant lesquelles les salaires dans le privé ont augmenté beaucoup plus vite que ceux des agents publics. »

      La syndicaliste rappelle également que l’augmentation du GVT de 1,5 % est une moyenne : « Les durées d’échelon sont plus ou moins longues. Le GVT concerne environ la moitié des agents chaque année », précise la syndicaliste.

      De plus, cet avancement à l’ancienneté « est le fondement même de la fonction publique », rappelle de son côté, Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa-Fonction publique. « S’il n’y a pas d’effet de carrière, il faut rémunérer d’emblée davantage les débuts de carrière. »

      De fait, la non-revalorisation du point d’indice depuis une dizaine d’années, combinée à la dégradation des conditions de travail, contribue à saper l’attractivité de la fonction publique, comme le montre la baisse du nombre de candidats se présentant aux concours. Par rapport à son niveau 2010, compte tenu de l’inflation, la valeur du point d’indice a baissé de 18 %. Avec la revalorisation, cette baisse sera ramenée à 15 % - à supposer que l’inflation se tasse, scénario aujourd’hui improbable. La revalorisation est dès lors insuffisante pour compenser le décrochage de la valeur du point cette dernière décennie.

      Les syndicats ont donc salué « un premier pas », mais considèrent qu’il faut aller plus loin. La CFDT-Fonctions publiques insiste, elle, sur la nécessité de mesures ciblées pour les fonctionnaires de catégories C, les moins bien rémunérés, car, souligne Mylène Jacquot, « l’inflation n’a pas le même impact selon le niveau de rémunération ».