Agrégateur de flux

Samedi 11, toutes et tous à la manif !

Actualités 1er degré - jeu, 09/01/2020 - 19:54

Samedi 11 janvier, sur tout le territoire, il faudra être nombreux et nombreuses à battre le pavé pour indiquer que la retraite à points, ce n’est pas que l’affaire des cheminots et cheminotes, des personnels de l’Éducation nationale, des avocats et avocates ou encore des personnels de l’opéra de Paris. 

La retraite à points, c'est pas bien

Calculer les pensions sur l’ensemble d’une carrière plutôt que sur les meilleures années aura des incidences fortes notamment sur les métiers à faible rémunération ou pour les femmes qui ont des carrières beaucoup moins linéaires. Le gouvernement entend fixer la part des richesses allouée aux retraites à 14 % du PIB. Comme le nombre de retraités va en augmentant, cela fera mécaniquement baisser le niveau de pension de tout le monde.

Une question de société 

La question des retraites est un véritable sujet de société qui interroge le partage des richesses. L'enjeu est bien de permettre à chacune et à chacun de pouvoir bénéficier de pension de haut niveau. La retraite est la promesse d’une vie digne avec un système solidaire entre les générations. Elle ne peut-être réservée qu’à celles et ceux qui auront des revenus suffisants pour cotiser à des retraites complémentaires, basées sur la capitalisation et proposées par les banques et les assurances. Le régime de retraite par répartition et de solidarité intergénérationnelle est un élément essentiel du pacte social qui lie la nation avec toutes les personnes qui, par leur travail, ont contribué à son activité économique et à son fonctionnement. Il nécessite forcément des ajustements et des prises en compte particulières liées aux métiers exercés, à leur pénibilité mais aussi à leur exercice passé un certain âge. Aucun système ne peut être équitable et encore moins «&nbspuniversel&nbsp» s’il ne prend pas en compte cela. 

Toutes et tous ensemble dans la rue samedi

Aussi, il est nécessaire d’être nombreux dans la rue samedi avec ses voisins et voisines, frangins et frangines, cousins et cousines et même ses beaux-parents pour indiquer au gouvernement qu’il est nécessaire de proposer une tout autre réforme du système des retraites. 

Retraites : la mobilisation se poursuit

Actualités 1er degré - mer, 08/01/2020 - 17:12
Le communiqué

Dans les écoles, près de 40% des enseignantes et des enseignants seront en grève le jeudi 9 janvier. Ainsi, après les journées du 5, du 10 et du 17 décembre, la mobilisation se poursuit dans le 1er degré. Elle témoigne une nouvelle fois de la détermination des personnels et confirme leur exigence d’abandon de la réforme des retraites.

Les vœux du Président Macron n’ont en rien rassuré en reprenant encore et toujours les mêmes éléments de langage sur une réforme soi-disant “plus juste” et “plus équitable”, sans jamais répondre concrètement aux questions qui sont posées dans les salles des maîtres et en confirmant une réforme qui vise à appauvrir les personnes retraitées.

La compensation salariale envisagée, 10 milliards sur 15 ans, n’endiguerait pas la baisse mécanique des pensions. Aucune garantie n’est par ailleurs avancée pour les femmes qui connaissent des déroulements de carrière moins linéaires. Aucune mesure non plus pour accompagner des fins de carrière qui seront de plus en plus longues.

Dans le même temps, d’autres sujets de mécontentement persistent : méthode de gouvernance verticale de l’école, métier enseignant réduit à une fonction d’exécution, dégradation des conditions de travail, direction d’école, exigence de revalorisation salariale pour toutes et tous sans qu’elle soit conditionnée à une refonte du métier et à des missions supplémentaires.

Les personnels des écoles n’entendent pas signer un chèque en blanc au gouvernement et restent mobilisés pour obtenir une tout autre réforme des retraites.

Paris, le 8 janvier 2020

Direction : la feuille de route est tracée

Actualités 1er degré - mer, 08/01/2020 - 14:24

Les 29 007 directeurs et directrices qui ont répondu à la consultation lancée par la rue de Grenelle, «&nbspont réaffirmé très majoritairement ce qui fait le cœur de leurs missions, suivi des élèves, travail en équipe, relation avec les familles et les partenaires, mise en œuvre des projets pédagogiques&nbsp», note dans un communiqué le SNUipp-FSU. «&nbspComme l’ensemble des enseignantes et des enseignants, les directrices et les directeurs réaffirment la nécessité de ne pas être considérés comme des exécutants, mais bien que leur expertise et leur implication au service des élèves soient reconnues », ajoute le syndicat.

La charge est lourde

L’enquête confirme une charge de travail importante, qui vient s’ajouter à la mission d’enseignement. 46% y consacrent entre 11h à 20 h par semaine, plus de 20 h pour 44%. De plus 87 % des directrices et directeurs pointent qu’ils sont interrompus pendant la classe pour la direction. L’enquête permet de mesurer l’exercice compliqué «&nbspd’homme-orchestre&nbsp» qui fait leur quotidien. Seulement 11% des répondants bénéficient d’une décharge complète de classe…

Des mots pour le dire

  86% des répondants ont fait le choix de prendre une direction d’école et les mots qui arrivent en premier dans leur définition du métier reflètent aussi ce qui fait la culture des personnels du premier degré : «&nbsppolyvalence, responsabilité, sens du relationnel, disponibilité » sont ainsi mis en avant. Mais les termes de «&nbspsurcharge de travail&nbsp», «&nbspchronophage&nbsp», «&nbspstress et fatigue&nbsp» arrivent également rapidement dans la liste pour caractériser l’exercice de la fonction.

Des besoins qui se font jour

Aussi, il n’est nul besoin d’être grand clerc pour savoir que les directeurs et directrices ont besoin d’avoir du temps de décharge supplémentaire pour remplir leurs missions dans de bonnes conditions. Mais c’est aussi sans surprise une demande forte de personnels supplémentaires qui est faite pour gérer un certain nombre de tâches d’accueil et de secrétariat au sein de l’école. Ainsi 52 % demandent «&nbspun appui pour gérer les accès à l’école en dehors des heures d’entrée et de sorties », 48% pour «&nbsprépondre aux appels téléphoniques », 26% pour «&nbsptraiter les messages électroniques&nbsp».
Enfin 54% affirment qu’aucun module de formation continue lié aux fonctions de direction ne leur a été dispensé, depuis leur prise de fonction, alors que 69% d’entre eux ont accédé à la fonction il y a plus de 6 ans, dont 46% il y a plus de 10 ans… Une demande de formation qui porte majoritairement sur «&nbspla connaissance du droit et de la réglementation », «&nbspla gestion de conflits&nbsp» ou encore «&nbspla conduite pédagogique de l’équipe », pointe l’enquête.

Reconnaissance n’est pas «&nbspstatut&nbsp» 

Si l’exigence d’une meilleure reconnaissance de la fonction est réclamée, il est à noter que les personnels marquent une nouvelle fois leur opposition à un statut spécifique, moins de 10% évoquant cette opportunité.

Tous ces constats étant fait, et cette fois directement par le ministère, il y a donc maintenant urgence à apporter des réponses aux demandes matérielles, humaines et en formation exprimées. La feuille de route est tracée, le gouvernement doit y mettre les moyens.

Petit plus sur la feuille de paie

Actualités 1er degré - mar, 07/01/2020 - 10:13

Ce sont les 300 euros annuel d’augmentation annoncés à grand renfort de grosse caisse par le ministre de l’Éducation nationale cet automne. Une mesure qu’il s’était attribuée un peu vite et qui découle en réalité de «&nbspPPCR&nbsp», les accords de revalorisation des carrières dans la Fonction publique signés sous le précédent quinquennat.
À partir du 1er janvier 2020, en fonction de leur grade et de leur échelon, quelques points d’indice supplémentaires sont attribués à un certain nombre d'enseignantes et d'enseignants des écoles pour une augmentation allant de 7 à 57 euros. La mesure arrive avec un an de retard, Édouard Philippe ayant gelé sa mise en œuvre à son arrivée à Matignon.

Le tableau (en points et en euros*) Échelon Instit à Mayotte Instit PE PE Hors classe 12 5 (19 €) 11 10 (38€) 5 (19€) 4 (15€) 10 5 (19€) 10 (38€) 4 (15€) 9 5 (19€) 5 (19€) 7 (26,50€) 8 5 (19€) 5 (19€) 10 (38€) 7 5 (19€) 5 (19€) 8 (30€) 6 5 (19€) 9 (34€) 8 (30€) 5 5 (19€) 7 (26,50€) 4 3 (11€) 5 (19€) 3 3 (11€) 11 (41,50€) 2 2 (7,50€) 8 (30€) 1 2 (7,50€) 2 (7,50€) 15 (56,50€)

* valeur approchée

N.B : Au 1er janvier, la cotisation retraite passe de son côté de 10,83 à 11,10% du traitement brut, soit de 5 à 11€ en moins en fonction des situations. Résultat, une partie de la profession verra de son côté son salaire baisser de quelques euros à cette rentrée.

Retraites : signer la pétition

Actualités 1er degré - lun, 06/01/2020 - 11:59

Depuis le 5 décembre, des millions d'hommes et de femmes se retrouvent dans les grèves, dont beaucoup en reconductible, et les manifestations à l'appel des organisations syndicales.

Ils et elles rejettent la réforme du système de retraites que veulent leur imposer le président de la République et son gouvernement.

Ce projet n'est pas acceptable, car il est porteur de régression des droits de chacune et chacun : toutes les hypothétiques avancées proposées par le gouvernement devraient être financées par des baisses de pensions ou par l’allongement de la durée de la vie au travail. D’autres choix sont pourtant possibles.

C’est pourquoi nous demandons le retrait du projet présenté par le Premier ministre, afin que soient ouvertes sans délai de vraies négociations avec les organisations syndicales, pour un système de retraites pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail.

Signer la pétition

Suicide et travail : le lien reconnu

Actualités 1er degré - ven, 03/01/2020 - 17:25
Le communiqué

Suicide de Christine Renon : le lien avec le travail reconnu

Christine Renon, directrice d’une école maternelle de Pantin (93), s’est suicidée le 21 septembre dernier. Sa disparition a suscité un émoi sans précédent dans la profession enseignante et au-delà. Elle a laissé un courrier bouleversant et sans ambiguïté pour expliquer les motifs de son geste. Ce courrier faisait état de la difficulté d’une directrice d’école à faire face aux multiples tâches du quotidien, dont certaines bien éloignées des missions qui lui avaient été confiées et responsables de la perte de sens de son métier d’enseignante.
Elle y décrivait les difficultés d’une directrice d’école et plus généralement la dégradation des conditions de travail des enseignantes et enseignants.

Depuis, et face à l’administration, les représentants des personnels ont porté haut et fort la nécessité pour l’Éducation nationale de mettre tout en œuvre pour prévenir les actes suicidaires et éviter que de tels drames se reproduisent.

L’inspecteur d’académie de Seine-Saint-Denis a accédé le 11 décembre à la demande de reconnaissance de «&nbspl’imputabilité au service&nbsp» du suicide de notre collègue, c’est-à-dire son lien avec l’organisation institutionnelle du travail.
Le ministère doit aujourd’hui prendre ses responsabilités sur la dégradation des conditions de travail des personnels et les risques psychosociaux auxquels ils sont exposés, seule condition pour prévenir l’épuisement professionnel et les actes suicidaires. Cela impose de questionner l’organisation du travail et plus globalement le sens du métier.

C’est ce que le SNUipp et la FSU porteront lors du premier groupe de travail sur la prévention des risques suicidaires qui se tiendra le 10 janvier prochain au ministère de l’Éducation nationale. Il y a urgence à améliorer les conditions de travail des directrices et des directeurs d’école, comme de tous les personnels de l’Éducation nationale. 

Paris, le 3 janvier 2020.

Réforme des retraites : on en est où ?

Actualités 1er degré - jeu, 02/01/2020 - 15:47
  1. «&nbspLe déficit du régime des retraites nécessite une réforme&nbsp». FAUX
  2. «&nbspCe nouveau système améliore la situation des femmes&nbsp». FAUX
  3. «&nbspLa valeur du point ne baissera pas&nbsp». Mais qui peut le croire ?
  4. Les enseignantes et les enseignants, principales victimes de cette réforme...
  5. «&nbspNée avant 1975, je ne serai pas concernée par la réforme&nbsp» Et bien pas tout à fait…
  6. «&nbspLe gouvernement garantit aux PE qu’ils ne perdront pas de pension&nbsp». Ah ? Et comment ?
  7. «&nbspDes indemnités pour revaloriser les enseignants et les enseignantes&nbsp». Mais pas pour tous et toutes…
  8. … et en échange de contreparties.
  9. «&nbsp10 milliards pour revaloriser les enseignants et les enseignantes&nbsp». Pas si terrible, en fait.
«&nbspLe déficit du régime des retraites nécessite une réforme&nbsp». FAUX
#

Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit l’équilibre du système en 2042, contre 2036 dans le rapport précédent. Ce recul n’est pas dû à une hausse des dépenses pour payer les retraites mais à une baisse des ressources. Cet assèchement du financement est en grande partie imputable aux exonérations d’une partie des cotisations patronales pour les entreprises, aux suppressions de postes de fonctionnaires ou encore au gel du point d’indice… C’est bien parce que la part des salaires a diminué sans pour autant faire augmenter la part des investissements que le régime de retraite se trouve mis en difficulté. Ce sont bien les cotisations salariales et patronales qui doivent continuer de financer le régime de retraites et c’est donc en priorité le levier à actionner. De même si les inégalités salariales entre les femmes et les hommes disparaissaient réellement, une grande partie de l’équation serait résolue.

«&nbspCe nouveau système améliore la situation des femmes&nbsp». FAUX  #

Le niveau des pensions des femmes est en moyenne de 42% inférieur à celui des hommes.
Cette différence est principalement liée à deux éléments de la vie active : des salaires plus faibles que les hommes et un déroulement de carrière ralenti par les maternités et les congés parentaux. Il est vrai que le système actuel reproduit les inégalités salariales et de carrière. Mais le système de retraite par points est un système qui reflète l’ensemble de la carrière, ce qui signifie que le montant de la pension sera déterminé en fonction des cotisations versées tout au long de la carrière. Or, les femmes sont plus touchées par les carrières interrompues, les temps partiels - souvent imposés - un déroulement de carrière ralenti et des inégalités salariales. Elles seront durement impactées par cette réforme.
Si les droits liés aux enfants permettent de compenser en partie les inégalités, ce qu’il faut, en réalité, pour améliorer la situation des femmes, c’est revaloriser leurs salaires et améliorer leurs carrières car c’est bien la hauteur du salaire qui détermine le montant de la pension.

«&nbspLa valeur du point ne baissera pas&nbsp». Mais qui peut le croire ? #

 Dans un système à points, il y a deux valeurs du point : la valeur d’achat, c’est-à-dire ce qu’il faut de cotisations pour acquérir un point (rapport Delevoye : 10€ = 1 point) et la valeur de service, c’est-à-dire ce que rapporte un point pour la pension (rapport Delevoye : 1 point = 0,55 € brut annuel). Ces valeurs permettent de définir un taux de rendement de 5,5% : 10€ de cotisations donnent droit à 0,55 € de pension annuelle brute. Le principe d’un système de retraite par points, dit «&nbspà cotisations définies&nbsp» permet d’ajuster de façon «&nbsptechnique&nbsp» la valeur du point en fonction des cotisations perçues et des pensions à servir, notamment lorsque l’on définit un plafond de dépenses à ne pas dépasser comme le fait le gouvernement qui veut fixer de manière inéluctable les ressources consacrées au paiement des retraites à 14% du PIB. Si la croissance n’est pas au rendez-vous, c’est en réduisant les pensions que l’on respectera cette contrainte.
Le gouvernement a inscrit dans le projet de loi que la valeur du point (entendre la valeur de service) ne baissera pas, c’est une bonne chose mais ce n’est pas suffisant pour garantir que les pensions ne baisseraient pas. En effet, si la valeur d’achat augmente plus rapidement que la valeur de service, le cumul de points serait moins important, tout comme la pension.

Exemple :
  • Valeur d’achat= 10 € Valeur de service = 0,55€. Avec 100 euros de cotisation on acquiert 10 points qui donneront droit à 5,5€ de pension annuelle brute.
  • Valeur d’achat= 12 € Valeur de service = 0,56€. Avec 100 euros de cotisation on acquiert 8,33 points qui donneront droit à 4,66€ de pension annuelle brute.
Les enseignantes et les enseignants, principales victimes de cette réforme... #

Le mode de calcul sur l’ensemble des salaires de la carrière aura pour conséquence la baisse des pensions pour l’ensemble du salariat, du public et du privé.
La fin du calcul sur la base des 6 derniers mois et le très faible taux d’indemnité (8% en moyenne contre 30% dans la Fonction publique hors fonctions enseignantes) touchera particulièrement les PE.
Ainsi pour une PE avec une carrière de 42 annuités, partant à 64 ans au 7ème échelon de la hors classe :
• Pour une carrière dans le système actuel, sa pension serait de 2433€ net/mois
• Pour une carrière dans le système à points, sa pension serait de 1643€ net/mois

«&nbspNée avant 1975, je ne serai pas concernée par la réforme&nbsp» Et bien pas tout à fait… #

Pour les générations nées de 1960 à 1974, le calcul de la pension se ferait sur les modalités actuelles et notamment le maintien de la référence des 6 derniers mois pour les fonctionnaires mais avec l’introduction progressive de l’âge d’équilibre à 64 ans. La montée en charge pour les générations de 1960 à 1964 est provisoirement suspendue, dans l'attente de la conférence de financement trouve une meilleure solution pour rétablir l'équilibre du système. Pour les générations 1965 à 1974, l’âge d’équilibre serait établi à 64 ans (avec une augmentation progressive possible). Tout départ anticipé serait sanctionné soit d’un malus de 5 % par année manquante, soit de la décote du système actuel. Ce serait le calcul le plus défavorable qui s'appliquerait. Cela obligerait les salarié·es à partir plus tard même si la carrière est complète !

«&nbspLe gouvernement garantit aux PE qu’ils ne perdront pas de pension&nbsp». Ah ? Et comment ? #

Le gouvernement s’engage sur un montant équivalent de la retraite des enseignantes et des enseignants à celle des autres fonctionnaires de catégorie A dont le taux d’indemnité est bien supérieur. Ainsi, un attaché d’administration, qui est la référence du gouvernement, dispose d’un salaire net mensuel moyen de 3490 euros. Soit plus de 1000 € d’écart avec le salaire moyen des PE qui est de 2468 €. Avec ce système à points il faudrait une énorme compensation pour annuler les pertes de pensions. Ainsi 250 points d’indice (1171,5€ brut/mois) n’apporteraient que 600 euros nets supplémentaires de pension pour la porter à 2236€ net/mois, toujours en deçà des 2433€ actuels…
Clairement, le gouvernement ne sera pas en mesure de compenser réellement les pertes, s’il met en place sa réforme.

«&nbspDes indemnités pour revaloriser les enseignants et les enseignantes&nbsp». Mais pas pour tous et toutes… #

Le ministre parle «&nbspd’un nouveau contrat social entre la nation et les enseignants&nbsp» et évoque une loi de programmation, concernant notamment celles et ceux nés en 1975 et après, avec des avancées significatives pour les débuts de carrière en 2021. Mais dans l’immédiat le ministère reste flou sur le «&nbspcomment ?&nbsp». Une refonte générale des grilles indiciaires est écartée alors qu’elle serait pourtant la seule façon de revaloriser de manière égalitaire l’ensemble de la profession. L’octroi d’indemnités forfaitaires liées au poste ou aux missions ou encore un système de primes seraient ainsi privilégiés. On sait que ce type de rémunération, soumise pour partie à la décision hiérarchique, crée des inégalités notamment au bénéfice des hommes. A terme pour un même poste et à échelon identique on risque de ne plus avoir les mêmes rémunérations.

… et en échange de contreparties.  #

Le ministre a évoqué à Nancy, juste avant les vacances, ce que pourraient être ces contreparties envisagées en échange des 10 milliards. «&nbspRedéfinition du métier enseignant et du temps de travail », sans préciser de quoi il retourne, «&nbspformation obligatoire de 5 jours sur les vacances, annualisation des services et renforcement du contrôle hiérarchique notamment en termes d’affectation et de rémunération par un système de primes&nbsp». Alors que les PE sont parmi celles et ceux qui travaillent le plus d’après toutes les études, comparativement à leurs homologues européens, on a du mal à y croire, tellement c’est gros.

«&nbsp10 milliards pour revaloriser les enseignants et les enseignantes ». Pas si terrible, en fait.  #

10 milliards semble une somme énorme, un demi-milliard d’euros de plus tous les ans pendant 20 ans. Rapporté à chacun et chacune des 902 000 personnels d’enseignement cela ferait, à terme, 900 euros bruts mensuels. Mais sur une vingtaine d’années c’est moins énorme et pas du tout garanti… 10 milliards c’est aussi la hausse du budget de l’Éducation nationale qu’il faudrait acter uniquement pour compenser l’inflation sur les 15 prochaines années si cette dernière se maintient au niveau de cette année (1,3%). 10 milliards sur 15 ans donc pour maintenir le pouvoir d’achat des personnels comme le reste des dépenses pour l’éducation…

Décidément cette réforme des retraites est loin de démontrer les avantages de l’universalité qu’elle veut mettre en avant. C’est bien une amélioration du régime solidaire actuel qu’il faut mettre au travail pour permettre à tous les salarié·es de prétendre à une retraite digne. C’est aussi cela qui fait la richesse d’un pays. Les personnels des écoles seront à nouveau dans la grève et les manifestations pour l’exprimer le 9 janvier prochain ainsi que dans les jours qui suivent. 

Le simulateur très optimiste du gouvernement

Actualités 1er degré - jeu, 02/01/2020 - 15:01

Avec le simulateur «&nbspofficiel&nbsp» de retraite mis en ligne en décembre par le gouvernement, tout le monde gagne ! Pour un peu, on se croirait revenu à la célèbre École des fans qui occupait les après-midis dominicales des familles dans les années 80.
Seulement voilà, la ficelle est un peu grosse et nul besoin d’entrer dans la complexité des paramètres du projet de réforme pour disqualifier cet outil de communication. Trois remarques y suffisent.

Un fâcheux oubli
Les personnes nées avant 1975 ne seraient pas concernées par la réforme. Ah oui ? C’est oublier un peu vite que dès 2022, toutes les générations nées à partir de 1960, et de 1965 pour les catégories dites "actives", seront victimes d’un malus en cas de départ à la retraite dès 62 ans, avant donc d’avoir atteint le fameux "âge d’équilibre" de 64 ans. Un malus de 10% sur la pension, susceptible d’évoluer à la hausse, dans la mesure où le rapport Delevoye envisage de repousser progressivement ce même âge d’équilibre à 65 et 66 ans.

Une précocité universelle
Les informaticiens du Secrétariat d’État chargé des retraites ont fait simple, tous les fonctionnaires sont censés entrer dans la carrière à 22 ans. C’est là aussi oublier que les enseignantes et les enseignants des écoles sont recrutés à bac + 5, avec le concours en poche en moyenne à 26 ans, selon les propres chiffres de la rue de Grenelle. L’addition est vite faite si l’on veut prétendre partir en retraite avec une carrière complète et une pension sans malus.

Tout le monde à la même enseigne
S’agissant des «&nbspcas types&nbsp» présentés, même topo, on a fait simple. Avec une carrière continue, sur le même emploi pendant quarante ans, sans interruption ni temps partiel, sans disponibilité ni congé parental. Rien qui puisse venir perturber le bel itinéraire d’une vie professionnelle sans accrocs ni détours. Une vie rêvée des anges dans laquelle bien peu de PE devraient pouvoir se reconnaître.

Demain, on rase gratis

Et le reste est à l’avenant, sans le moindre élément de comparaison avec le régime actuel et à partir de projections hors-sols. Quant à Agnès et Martin, les deux PE présentés en cas-types, ils sont priés de croire que «&nbspLe Gouvernement s’est engagé à ce que les pensions des enseignants ne baissent pas avec la garantie de revalorisation des rémunérations prévue par la loi. Ils bénéficieront ainsi d’une revalorisation progressive de leurs primes actuellement en cours de négociation.&nbsp» Puisqu'on vous le dit ! C’est même écrit en gras sur les fiches de présentation.
«&nbspMarre de simuler ma retraite, je veux en jouir !&nbsp», proclamait la pancarte d’une manifestante hilare dans la manifestation parisienne du 17 décembre contre le projet de réforme. Gageons qu’on la retrouvera aussi déterminée et revendicative dans les mobilisations qui reprendront de plus belle début janvier.

Un voeu pour 2020

Actualités 1er degré - jeu, 26/12/2019 - 18:03

La FSU, la CGT, FO, La fédération Autonome et Solidaires ont souhaité permettre aux personnels de toutes les fonctions publiques d'adresser une carte de vœux au Président de la République pour la nouvelle année. 

Une carte qui est à envoyer : 

  • Par courrier, après l'avoir imprimé. La carte est à plier au format A5 puis à poster sans timbre à
    Palais de l'Élysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 Paris. 
  • Ou encore sous la forme d'un gif à partager dans les réseaux sociaux, avec @emmanuelmacron en commentaire. 

Enfin, l'intersyndicale propose également une  autre carte pour égayer les fêtes de fin d'année et rappeler qu' On ne lâche rien !

Le 9 janvier, et après, on ne lâche rien

Actualités 1er degré - jeu, 19/12/2019 - 21:22

Le 5 décembre, puis le 10 et le 17, les enseignantes et enseignants ont été particulièrement mobilisés et présents dans les manifestations contre la réforme des retraites par points.
Après les 70% de grévistes dans les écoles le 5 décembre, ce sont près de la moitié des personnels qui étaient encore en grève mardi 17 décembre. Colère et désapprobation se sont ainsi exprimées contre une réforme qui les pénaliserait, comme l’a lui-même reconnu Édouard Philippe.

Des premiers résultats

Il a fallu près d’un mois de mobilisation avant que le gouvernement ne tente de déminer le terrain en annonçant une mise en œuvre de la réforme pour les seules générations nées après 1975 et assure inscrire dans la loi une clause de maintien du niveau des pensions… Sauf que les premières discussions ne permettent pas de concrétiser ces annonces et tout laisse à penser que les personnels des écoles seront particulièrement pénalisés dans un système de retraite par points. 

Une revalorisation ?

Alors que le déclassement salarial des enseignants et des enseignantes et particulièrement des PE n’est plus à démontrer, Jean-Michel Blanquer confirme les grands éléments du projet de réforme en assurant que des compensations seront faites sur les rémunérations. Mais la revalorisation éventuelle est toujours conçue comme une contrepartie de la baisse des pensions. Ces compensations seraient prioritairement tournées vers les générations 1975 et suivantes. Il évoque dans le même temps une revalorisation des débuts de carrière mais pour l’heure, les conditions de mise en œuvre restent bien floues. Ainsi le ministre avance une somme de 10 milliards d’euros, mais étalée sur 15 à 20 ans et sans beaucoup de précisions. À partir de cela, il faudrait entériner la réforme des retraites et le croire sur parole...
Pense-t-il vraiment qu’il a encore la confiance des enseignants pour avancer ainsi sans présenter sa feuille de route ?

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre … 

Mais au-delà de la situation des PE, les mobilisations ont mis dans la rue des salarié·es de toutes les fonctions publiques, des transports mais également de nombreuses entreprises du privé. Les sondages montrent que l’opinion publique soutient largement le mouvement de protestation. La question des retraites et du niveau de vie des futurs pensionnés est un véritable sujet qui mobilise l’ensemble de la société. Le gouvernement doit maintenant l’entendre et revoir complètement sa copie. De nombreuses actions se sont poursuivies dans les départements durant les vacances scolaires et les personnels seront à nouveau dans la grève et dans les manifestations le 9 janvier prochain pour réclamer un tout autre projet de réforme. L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL rejointe par la CFE-CGC appelle dès à présent à poursuivre l'action dès le lendemain du 9 c’est à dire mettre en débat dans les assemblées générales, et selon leur configuration, les suites dès le lendemain et à faire du samedi 11 janvier une journée nationale de manifestations dans tout le pays. 

Il n'y a pas eu de trêve, ni dans l'action, ni dans l'opinion

Dans son communiqué du 3 janvier l'intersyndicale rappelle que "les cheminotes et cheminots, les personnels de la RATP, comme ceux de l’Opéra de Paris et toutes celles et ceux qui sont en grève depuis le 5 décembre, sont plus que jamais déterminé·es et décident chaque jour, la reconduction de la grève" . Enfin elle relève que " La population, malgré les pressions gouvernementales et médiatiques, soutient très majoritairement le mouvement social. Un soutien qui se manifeste notamment par les nombreux versements reçus dans les caisses de solidarité,ou encore "par la  participation  à différentes initiatives des syndicats et des grévistes", indique le communiqué.  

Pour être en grève le 9 janvier, les personnels chargés de classe devront déposer leur déclaration d'intention avant le lundi 6 janvier à minuit. Une démarche qu'on peut effectuer dès maintenant.

Évaluer le montant de sa pension

Actualités 1er degré - jeu, 19/12/2019 - 09:41

Alors que se poursuivent les mobilisations et les discussions avec le gouvernement, le SNUipp-FSU scénarise les conséquences de la mise en place d’un système de retraite par points pour les enseignantes et les enseignants des écoles.
Il propose un simulateur en ligne qui reprend les éléments principaux de la carrière afin d’estimer le montant prévisionnel de la pension. Un outil qui présente également quelques éléments clés de la réforme. 

Accéder au simulateur 

Précautions d'usage

Ceci est bien un simulateur et non un calculateur. En le mettant en place, le SNUipp-FSU a dû faire avec les incertitudes et le manque de précision du projet de réforme connu à ce jour. Des choix ont été opérés dans la mise en œuvre du malus (montée en charge équilibrée pour les générations 1960 à 1964), dans le non-cumul de la décote et du malus (prise en compte de la situation la plus défavorable) ou encore avec l’intégration dans la carrière «&nbsprégime actuel&nbsp» des trimestres validés dans d’autres régimes. Par ailleurs, et au vu du manque d’information, le bonus annoncé (travail au delà de l'âge pivot) n'a pas été intégré dans la simulation d’autant que très peu de PE sont concernés. Le SNUipp a également fait le choix de maintenir dans ce simulateur l'âge pivot, malgré les annonces du Premier ministre, mais qu'il a lui-même qualifiées de temporaires. 

Selon les parcours individuels, il existera des cas où la pension pourrait être améliorée (lorsque la décote, après 2027, est supérieure au malus par exemple). Les pertes seraient moindres pour un enseignant qui bénéficierait des deux régimes que pour les situations entièrement calculées dans le nouveau régime.
C’est pourquoi, pour chaque situation, une transposition totale dans un régime par points est également matérialisée afin de visualiser les pertes potentielles.

Mieux que les cas types théoriques et peu objectifs du gouvernement, ce simulateur permet une évaluation personnelle des situations. Mais il reste un simulateur et non un calculateur, car ce dernier est impossible à mettre en œuvre dans le flou qu’entretient actuellement le gouvernement.

Créations de postes : ça va pas le faire !

Actualités 1er degré - mer, 18/12/2019 - 15:33
Le communiqué

La répartition dans les académies des 440 postes créés pour la rentrée 2020 vient d’être dévoilée et c’est la douche froide pour treize d’entre elles qui perdent des moyens d’enseignement, tandis que six autres ne compteront aucun poste supplémentaire. Pour les quelques autres qui bénéficient de créations, le compte est bien loin d’y être.

Comment limiter les effectifs des classes de grande section à 24 élèves comme le Président de la République l’a pourtant annoncé, une mesure qui à elle seule «&nbspcoûterait&nbsp» 1187 postes d’après les propres annonces de Jean-Michel Blanquer ? Et comment dès lors pourra être honorée la promesse ministérielle de dédoublement des classes de grande section de maternelle en éducation prioritaire ?

Comment également financer les indispensables mesures d’amélioration des décharges liées à la direction d’école ? Comment reconstituer les réseaux d’aide aux élèves les plus en difficulté ? Comment assurer le remplacement des personnels en congé maladie et le départ en formation continue ? Comment en définitive donner corps à cette «&nbsppriorité au primaire&nbsp» qui n’en a décidément que le nom ?

A l’évidence, quoiqu’en dise le ministre, la baisse démographique n’y suffira pas et il faudra bien trouver les postes ailleurs. Dans le 2nd degré, mais aussi en chargeant encore un peu plus les effectifs des autres classes, en fermant des classes en milieu rural et en maternelle notamment.

Dans les mois qui viennent, il s’agira pour le SNUipp-FSU, avec l’ensemble de la communauté éducative, de porter haut et fort l’exigence des moyens indispensables au combat contre les inégalités scolaires et pour la réussite de tous les élèves.

Paris, le 18 décembre 2019

La dotation par académie pour la rentrée 2020 AIX-MARSEILLE 76 AMIENS  -40 BESANCON  -9 BORDEAUX  32 CLERMONT-FERRAND 0 CORSE 0 CRETEIL 201 DIJON -26 GRENOBLE 35 GUADELOUPE -16 GUYANE 49 LILLE -83 LIMOGES 0 LYON 55 MARTINIQUE -25 MAYOTTE 48 MONTPELLIER 18 NANCY-METZ -18 NANTES 0 NICE 67 NORMANDIE -52 Dont Caen  -43 Dont Rouen  -9 ORLEANS-TOURS -27 PARIS -16 POITIERS -40 REIMS  -30 RENNES -41 REUNION  0 STRASBOURG 0 TOULOUSE  39 VERSAILLES  243 TOTAL  440

Jour de carence : du nouveau

Actualités 1er degré - mer, 18/12/2019 - 11:36

La loi de transformation de la Fonction publique promulguée le 6 août 2019 a modifié les modalités d’application du jour de carence. Désormais, les fonctionnaires ne se verront plus appliquer cette retenue d’une journée de salaire à l’occasion d’un congé maladie ordinaire entre la déclaration de leur grossesse et le début de leur congé de maternité.

N.B : les congés de maladie ordinaires pris avant le 8 août 2019 ne sont pas concernés par cette disposition. Par contre, les retenues sur salaires correspondant aux jours de carence appliqués après le 8 août 2019 doivent être reversées aux intéressées.

Les autres modalités d’application du jour de carence prévues par la circulaire du 15 février 2018 restent inchangées.

17 décembre : la mobilisation s'enracine

Actualités 1er degré - lun, 16/12/2019 - 16:05
Le communiqué

50% de grévistes dans les écoles : une mobilisation qui s’enracine

Mardi 17 décembre, la moitié des enseignantes et des enseignants des écoles seront en grève à trois jours des vacances de fin d’année. Ainsi, pour la deuxième fois après la journée de grève historique du 5 décembre dans les écoles, la mobilisation est inédite dans le premier degré. Elle montre la détermination des personnels et leur exigence d’abandon de la réforme des retraites.

Les annonces gouvernementales de la semaine dernière ont confirmé la logique de cette réforme et l’ont même l’aggravée avec l’instauration d’un âge d’équilibre, imposant ainsi de partir à 64 ans pour avoir une pension sans décote.

Le gouvernement conditionne des mesures de compensation pour les personnels enseignants, qui seraient les plus touchés par la baisse des pensions, à une refonte du métier et de la carrière, évoquant un recours privilégié à des primes en contrepartie de missions supplémentaires.
En clair, travailler plus pour perdre moins, et en créant de nouvelles inégalités.

Sans compter qu’au sujet des retraites s’ajoutent d’autres colères dans les écoles : méthode de gouvernance verticale de l’école, enseignants et enseignantes réduites à des exécutantes, dégradation des conditions de travail incarnée par le suicide de Christine Renon, exigence de revalorisation salariale…

Le SNUipp-FSU mettra tout en œuvre pour poursuivre et amplifier la mobilisation afin d’obtenir l’abandon du projet de réforme des retraites ainsi que des réponses à toutes les colères enseignantes.

Les cortèges en photos

Des annonces qui renforcent la détermination des personnels

Actualités 1er degré - mer, 11/12/2019 - 16:53

Si le Premier ministre entendait rassurer les enseignantes et les enseignants des écoles sur son projet de réforme des retraites, c’est raté. Tout au contraire, il renforce leurs inquiétudes en annonçant un recul à 64 ans de l’âge nécessaire pour pouvoir bénéficier d’une pension à taux plein.
Au sujet de mesures de compensation salariale pour garantir un montant de pension équivalent à l’existant, il se contente d’évoquer des discussions à ouvrir entre le ministre de l’Éducation nationale et les syndicats courant 2020, des discussions qu’il entend mettre à profit pour «&nbsprepenser le métier et la carrière des enseignants.» Le recours aux primes semble privilégié, accentuant l’individualisation des carrières, en contrepartie de missions supplémentaires et/ou d’objectifs à remplir. En clair, travailler plus pour perdre moins, alors que le temps de travail des personnels enseignants des écoles est déjà supérieur à celui de leurs homologues des autres pays européens tandis que leurs salaires sont plus bas.
Il est clair que le mécontentement dans les salles des maîtres reste entier. Et la colère dépasse le seul sujet des retraites : méthode de gouvernance verticale de l’école, enseignants réduits à des exécutants, dégradations des conditions de travail, exigence de revalorisation salariale…
C’est pourquoi le SNUipp-FSU invite les enseignantes et les enseignants des écoles à poursuivre et amplifier la mobilisation tout au long des prochains jours et à faire du 17 décembre une puissante journée de grève et de manifestations pour exiger l’abandon du projet de réforme des retraites et des réponses aux colères enseignantes.

Les principales annonces

Age du départ en retraite reculé
Si l’âge minimal de départ en retraite serait conservé à 62 ans, le gouvernement envisage toujours l’instauration d’un âge d’équilibre à 64 ans en 2027. Une mesure qui s’accompagnerait d’un système de bonus-malus, c’est à dire une décote si le départ en retraite s’effectue avant cet âge ou une surcote si le départ s’effectue après. Le rapport Delevoye proposait un taux de 5% par an.

Application du système à points aux générations post 1975 et système mixte jusqu’à la génération 2004
Le Premier ministre a annoncé un décalage des générations touchées par la réforme qui ne s’appliquerait qu’à compter de la génération née en 1975. Il a annoncé également un décalage de la mise en place de la réforme, qui s’appliquerait dès 2022 pour les entrants sur le marché du travail (génération 2004).
Mais le bonus-malus s’appliquerait tout de même dès 2027 à toutes les générations et donc incitera fortement à prendre sa retraite après 62 ans pour les personnes nées à partie de 1965.

Comptes à l’équilibre
Le gouvernement n’envisageant pas d’accroitre les ressources pour financer les retraites, par exemple en augmentant les cotisations, la «&nbsptrajectoire de retour à l’équilibre&nbsp» financier du régime de retraites annoncée se fera forcément au détriment du montant des pensions, via une hausse du nombre d’annuités requises pour partir avec une pension à taux plein ou encore via une mesure reculant l’âge de départ. Le gouvernement souhaite confier aux partenaires sociaux la mise en place de cette «&nbsptrajectoire&nbsp» mais le Parlement aura le dernier mot en l’absence d’accord.
Cela pourrait également pousser à une accélération du calendrier de mise en place de la réforme comme le montre l’exemple italien de 2009.

Fin des six derniers mois dans le public et des 25 meilleures années dans le privé
La base de calcul de la retraite va donc intégrer dorénavant les moins «&nbspbonnes&nbsp» années, celles de chômage, de temps partiel, de disponibilité, de faibles salaires… Cela aurait un effet mécanique en termes de baisse de pension, notamment pour les personnels enseignants qui ont une carrière ascendante et dont la retraite était calculée sur le dernier salaire. La prise en compte des indemnités actuelles - 8% en moyenne - ne permettrait pas de répondre à cette baisse de pension.

La valeur du point
La garantie d’indexer la valeur du point sur les salaires sera insuffisante car le gouvernement envisage toujours de plafonner le financement des retraites à 14% du PIB alors que le nombre de personnes à la retraite va augmenter. Cette garantie est illusoire et masque donc une baisse moyenne des pensions à venir.

Des assurances pour les enseignants ?
Pour les personnels enseignants le Premier ministre renvoie à des discussions sur les carrières et les métiers, ne levant le flou ni sur les compensations, ni sur la revalorisation. Il confirme en outre les propos du ministre de l’Éducation nationale sur les contreparties inacceptables liées aux missions et au temps de travail.
Cela ne répond aucunement au besoin de revaloriser les salaires des enseignantes et des enseignants des écoles.

Retraites : encore plus d'inquiétudes

Actualités 1er degré - mer, 11/12/2019 - 13:52

Le SNUipp-FSU en direct sur France info ici  mercredi 11 décembre lors de l'édition spéciale Retraites :

Harcèlement scolaire : nuit gravement à l’enfant

Actualités 1er degré - mer, 11/12/2019 - 11:20

Depuis la parution en 2011 d’une étude de la DEPP et de l’UNICEF montrant que 12 % des élèves de CE2 et de CM en souffrent, dont 5 % de façon sévère à très sévère, la lutte contre le harcèlement scolaire semble constituer un point de consensus et de continuité des politiques éducatives. Ainsi, la loi de refondation de l’école affichait en 2013 que la lutte contre toutes les formes de harcèlement devait constituer une priorité pour l’école. Une circulaire définissait la prévention comme « un enjeu majeur pour la réussite éducative » et comme « un sujet de préoccupation ». En 2014, le législateur avait qualifié le harcèlement scolaire en tant que délit inscrit au Code pénal. En 2019, la loi dite de la confiance pose à son tour le principe d’une scolarité sans harcèlement, indiquant qu’    « aucun élève ne doit subir les agissements répétés de harcèlement scolaire qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions d’étude susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Un discernement difficile

L’information constitue alors une étape incontournable dans la prévention contre ce phénomène. Mais l’identification d’une situation de harcèlement reste délicate pour les enseignantes et enseignants. D’une part parce que les élèves harceleurs agissent de façon cachée et que les lieux où se déroulent les actes sont aussi ceux où le contrôle et la présence des adultes sont moindres, tels que la cour de récréation, les toilettes, les couloirs ou les vestiaires. Puis, parce que la distinction entre de simples chamailleries et un harcèlement n’est pas aisée. La banalisation possible des phénomènes de microviolences peut aussi compliquer ce repérage. Il importe donc de définir précisément ce harcèlement. Selon Dan Olweus, professeur de psychologie, « un élève est victime de harcèlement lorsqu’il est soumis de façon répétée et à long terme à des comportements agressifs visant à lui porter préjudice, le blesser ou le mettre en difficulté de la part d’un ou plusieurs élèves. » Cette violence peut prendre diverses formes : morale (moqueries, insultes, rumeurs…), physique (coups, menaces…), d’appropriation (racket) ou sexuelle (attouchements, gestes déplacés, voyeurisme…).

Un phénomène de groupe

De plus, il n’existe pas de profil type d’enfant harceleur ou harcelé, d’autant qu’il ne s’agit pas d’un face à face, mais bien d’un phénomène de groupe dans lequel le rôle des témoins est principal. Éric Debarbieux, auteur du rapport Refuser l’oppression quotidienne : la prévention du harcèlement à l’école  , rappelle que « le mécanisme de harcèlement est surtout une oppression conformiste. Il s’agit d’abord d’un groupe qui isole, exclut… C’est un groupe qui se construit, s’identifie en stigmatisant celui qui n’est pas « nous ». L’autre peut être rejeté en raison de sa couleur de peau, de cheveux, de sa culture, de sa religion, de son handicap, de son physique, de son genre, de sa classe sociale, de son poids, de son caractère timoré, de sa réussite scolaire, de ses habits, de son élocution…

Ce rejet social entraîne, comme toute violence répétée, une perte de l’estime de soi, parfois des lésions physiques ou des troubles psychosomatiques. Il s’accompagne souvent d’un désinvestissement scolaire. Le harcèlement sexiste, qui touche autant les filles que les garçons, reste une des causes majeures des dépressions graves et des tentatives de suicide chez les adolescents et adolescentes. Il est donc légitime que la lutte contre le harcèlement soit considérée comme un enjeu majeur et que les actions de prévention dans les écoles et la formation des PE se multiplient.

Trois questions à Omar Zanna

Docteur en sociologie et psychologie est l’auteur de L’éducation émotionnelle pour prévenir les violences (Dunod, 2019)

Le harcèlement peut-il s’expliquer par un manque d’empathie ?

Ce n’est pas si simple. L’empathie, c’est la disposition à reconnaître l’autre comme une version possible de soi, une disposition à percevoir le monde subjectif d’autrui comme si nous étions cette personne. Or, dans une situation de violence ou de harcèlement, confronté à une charge émotionnelle difficile à juguler, générée, entre autres, par des pairs, l’empathie est momentanément éclipsée. Dans de telles situations, l’autre n’existe plus en tant qu’autre mais en tant qu’objet à éventuellement, dépouiller, violenter.

Pourquoi alors éduquer à l’empathie émotionnelle ?

La compréhension des états mentaux et affectifs d’autrui permet de réduire la méconnaissance de ceux qui sont différents de nous. C’est alors une manière d’éduquer à l’altérité et à pluralité et ainsi se prémunir ainsi de pensées dogmatiques dont on connait les funestes conséquences.
D’autre part cela permet d’accueillir l’élève dans sa globalité, plutôt que de focaliser sur la seule dimension cognitive. Redonner une place au corps et aux émotions pour qu’ils ne soient plus des obstacles mais deviennent des leviers d’apprentissage. 

Quelles pistes pour la classe ?

J’ai repéré quatre « horizons pédagogiques ». Tout d’abord, le fait de pratiquer ensemble permet d’entrer en résonnance avec autrui. Puis, le fait d’observer les autres entraîne un apprentissage par vicariance. On apprend en regardant puis en faisant ce que les autres font. Ensuite, le partage des ressentis émotionnels par l’inversion des rôles facilite les relations. Et enfin la verbalisation des ressentis permet d’apprendre ressentir, reconnaître et progressivement à apprivoiser ses émotions. Mettre en mot une émotion c’est une manière de c’est une manière de se prémunir d’une réaction
de débordement.

Des ressources à étayer

Les campagnes de lutte contre le harcèlement scolaire lancées depuis 2012 visent à sensibiliser et mobiliser à la fois les élèves et la communauté éducative sur ce sujet. Mais il n’est pas certain que le pilotage sensé accompagner ce plan de prévention ait donné une réelle priorité au primaire dans ce domaine. L’obligation d’un protocole de prise en charge dans chaque établissement n’a pas toujours été accompagnée et les dix nouvelles mesures présentées par le ministre de l’Éducation en juin 2019 ont peu d’écho opérationnel dans les écoles. Si 310 référents harcèlement sont mobilisés dans les académies, les enseignants et enseignantes ne bénéficient d’aucune formation directe. Un site spécifique Non au harcèlement propose un protocole de traitement des situations de harcèlement et des séquences pédagogiques pour travailler la prévention en rendant les élèves acteurs et actrices.
Les réflexions sur l’amélioration du climat scolaire sont également un axe intéressant pour réduire le phénomène. Et si la prévention repose sur l’engagement des équipes, ces outils devraient être davantage partagés et accompagnés d’une formation.

Avec toit

Actualités 1er degré - mer, 11/12/2019 - 10:53

20 novembre, début de soirée devant la gare de Beauvais dans l’Oise, il fait 1°C. Comme chaque mercredi, un stand associatif propose de se réchauffer d’une soupe, de partager le pain et un morceau de fromage, et des bonbons pour les enfants… enfants de familles migrantes, enfants SDF.
En ce jour anniversaire des 30 ans de la CIDE, à l’issue d’une grande journée de mobilisation, une soixantaine de militantes et militants sont venus attendre avec ces enfants et leurs familles à l’un des dix points de rencontre du Samu social du département. Comme chaque soir, plus d’une trentaine de personnes sont ici, parents, enfants, bébés, pour la plupart déboutés du droit d’asile. 

Maraudes

Rose-Marie Monteil de l’association Solidarité migrants Oise a recensé quinze enfants aujourd’hui devant la gare, souvent plus d’une trentaine sur le département. « La maraude tourne avec quatre véhicules de 19 h à minuit. On note les demandes d’hébergement que l’on transmet au 115. C’est eux qui répertorient et nous donnent les orientations », explique Alexis Derache, président du Samu social de l’Oise qui se charge ensuite, entre 22 et 23 h, d’assurer le transport vers les lieux de mise à l’abri d’urgence, parfois lointains. Les familles devront les quitter le lendemain à 7 h sans moyen de transport pour rejoindre les écoles. La veille, 39 mamans et enfants ont été mis à l’abri, les hommes sont restés à la rue, ainsi qu’une famille avec trois enfants. Aline, 6 ans et Alexandra, 8 ans et leur maman enceinte, viennent d’Angola. Elles attendent avec des maîtresses de l’école élémentaire Camus où les filles sont scolarisées depuis la rentrée de novembre. Hier soir, elles étaient dans un foyer mais la semaine dernière, sans solution d’hébergement, c’est la solidarité qui leur a permis de dormir à l’hôtel. Claire Michot de l’école Camus fait partie du collectif Pasdanslaruesolidarité  créé par des enseignants de Beauvais. « Nous avons organisé des goûters solidaires et une collecte. Nous assurons un relais aux maraudes pour garantir que les enfants qui ne sont pas pris en charge par le 115 puissent être logés ». La mairie de Beauvais offre le repas de midi et le centre de loisirs aux enfants pendant que la boutique Solidarité d’Emmaüs permet aux parents de se doucher ou de laver le linge.

C’est à 15 h devant la Préfecture que le collectif constitué d’associations et d’organisations syndicales de tout le département avait appelé à manifester. « Ces enfants sont dans nos écoles. Les enseignants sont aussi des citoyens. Nous demandons la réquisition des logements vides », clame Pierre Ripart, secrétaire départemental du SNUipp-FSU de l’Oise, très présent dans toutes les initiatives en soutien aux migrants. Le collectif se relaie lors des maraudes du Samu social, centralise le recensement des enfants à la rue et l’envoie tous les jours, depuis le 10 octobre, par courrier au préfet et à la présidente du Conseil départemental. Pendant qu’une délégation était reçue par le directeur de cabinet du préfet, plus de 100 personnes ont pris le chemin de la gare, faisant halte devant le Conseil départemental, la direction départementale de la cohésion sociale et la mairie de Beauvais, avant de se retrouver à l’assemblée générale de 18 h dans une salle communale pour organiser la suite des mobilisations.

Solidarité sur le plateau Rouher

La famille Kavtaradze arrivée de Géorgie, un pays « sûr » selon les autorités, l’année dernière pour faire soigner sa fille a été déboutée de sa demande d’asile politique juste avant la rentrée scolaire et a dû quitter le logement de France Terre d’Asile qu’elle occupait à Creil. Sans communauté pour les soutenir, ni de famille pour les accueillir et sans hébergement d’urgence, la famille doit alors dans sa voiture. Informée de la situation, l’équipe enseignante de l’école Camus de Creil où sont scolarisés les enfants Lizi et Revazi, les a accueillis à l’école. « Dès le lundi j’ai écrit à l’inspection, à la Préfecture, à la mairie de Creil pour les alerter. Jeudi soir, toujours sans hébergement du 115, nous avons décidé de les héberger à l’école. Les autres parents ont ramené des dons alimentaires, des couvertures et ont constitué une cagnotte. La mairie de Creil nous a assuré de son soutien. La presse aussi était là », raconte Xavier Bulliard le directeur. Dès le lendemain, une solution d’hébergement est trouvée par décision du préfet dans un mobil-home social au camping de Bresle. 

À l’école Nerval, c’est une famille arménienne qui est sous le coup d’une expulsion fin septembre. Pierre-Emmanuel Boudet, directeur de la maternelle qui scolarise Natali, et Ismael Sosa, directeur de l’élémentaire qui accueille Hovhannes en CP, prennent les choses en main avec leurs équipes. Ils alertent, rassemblent et, sans solution d’hébergement acceptable par le 115, sans proposition de la préfecture, avec à nouveau l’accord de la mairie, installent la famille dans la salle délaissée du RASED. « Il a fallu organiser une vie avec les allers-retours quotidiens au Samu social le soir, les tours de garde des équipes enseignantes pendant les 27 jours d’occupation. Il y avait 15 gamins à la rue à Creil ce 10 octobre et c’est pour lutter contre ces situations que le collectif s’est créé », explique Pierre-Emmanuel, familier des luttes creilloises. La mobilisation aura fait avancer le plan hiver de 15 jours et permis ainsi à la famille Babayan d’être logée sur Beauvais, bien que les enfants continuent de fréquenter leur école de Creil. 

Mais que fait l’État ? 

« Ils ne veulent pas reloger les déboutés pour éviter un « appel d’air » et favorisent une aide au retour », a retenu Pierre Ripart de l’audience avec le cabinet du préfet. Un communiqué de la Préfecture, publié le jour de la mobilisation, indiquait : « L’Oise dispose de 1 953 places d’hébergement, 1103 pérennes et 850 quotidiennes à l’hôtel, aujourd’hui toutes occupées. Chaque nuit, entre 120 et 150 personnes vulnérables, pas toutes déboutées du droit d’asile, sont identifiées par le Samu social comme étant sans solution d’hébergement ». Les mairies sollicitées ont mis à disposition des hébergements d’urgence encore plus précaires, telles 20 places du gymnase Morvan à Beauvais depuis le 22 novembre. « La mairie fait tout ce qu’elle peut. Mais elle ne peut pas se substituer à l’État qui n’assure pas ses missions », ajoute pour finir Pierrick White, conseiller auprès du maire de Creil. Et donc ses obligations d’appliquer l’article L345 du Code de l’action sociale et des familles : «&nbspToute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment à un dispositif d’hébergement d’urgence ».

Salaires enseignants : pas brillants

Actualités 1er degré - mer, 11/12/2019 - 10:41

La note de la Depp de novembre, le rapport de l’OCDE en septembre et le dernier bilan social de l'éducation nationale paru en juin : tous ces documents dressent un état des lieux alarmant des salaires enseignants en France. Le pouvoir d’achat des enseignantes et enseignants de l'Hexagone est en baisse, ce qui les fait dégringoler sur l’échelle sociale.
Tous niveaux confondus, elles et ils gagnent 22 % de moins que la moyenne des pays développés en milieu de carrière. 

Les écarts de revenus restent très sensibles entre le 1er et le 2nd degré : les salaires nets mensuels moyens des personnels enseignants titulaires du public en 2016 sont de 2 220 € dans le 1er degré et 2 730 € dans le 2nd degré selon les données du bilan social 2017-2018. La part plus importante des indemnités et surtout des heures supplémentaires expliquent cette différence. Ces chiffres masquent de très forts écarts entre les débuts et les fins de carrière ainsi que des inégalités salariales entre les hommes et les femmes (11 % chez les PE). L’annonce par le ministre d’une augmentation d’au mieux 30 € mensuels, a enflammé la profession et raffermi la volonté des enseignants et enseignantes de défendre leur pouvoir d’achat et leur retraite.

Après le 5 et le 10, à nouveau le 12 puis le 17 décembre

Actualités 1er degré - mer, 11/12/2019 - 06:48

Le mouvement contre la réforme des retraites se poursuit avec une journée d'action interprofessionnelle jeudi 12 décembre déclinée localement avec des reconductions de grève dans de nombreux secteurs et départements. Ce week-end des rassemblements sont prévus localement avant de mobiliser toutes les énergies pour construire la journée nationale massive de grève et de manifestations mardi 17 décembre.

Alors que le premier ministre s'apprête à prendre la parole sur son projet de réforme des retraites, l'intersyndicale lui demande de retirer purement et simplement son projet de retraite par point et d'entamer de nouvelles discussions sur des bases différentes. Dans la journée le SNUipp et la FSU communiqueront pour analyser les annonces faites par le Premier ministre. 

En attendant, les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEL, et UNEF appellent l'ensemble des salarié·es et des jeunes à poursuivre les mobilisations sous des formes locales jusqu'au mardi 17 décembre, nouvelle journée massive de grèves et manifestations. 

Le communiqué de l'intersyndicale 

Toujours plus mobilisé·es pour gagner !

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF et UNL constatent que le mouvement contre le projet de réforme des retraites s’est inscrit depuis le 5 décembre dans la durée avec notamment des reconductions importantes de grève et avec l’entrée de nouveaux secteurs professionnels dans les actions de grève, de débrayages et de mobilisation.
La journée du 10 décembre a été un nouveau temps fort de cette mobilisation avec de nouveaux salarié-es du privé et davantage de jeunes.
L’opinion publique ne se laisse ni abuser par les opérations médiatiques du Gouvernement, ni par les tentatives d’opposer les uns aux autres. Les organisations syndicales dénoncent toutes entraves au droit de grève et de manifestation plus particulièrement envers les jeunes.
La synthèse des concertations rendue publique lundi n’a pas apporté d’éléments nouveaux depuis le mois de juillet. Les organisations syndicales pointent la responsabilité du gouvernement sur la situation sociale. C’est pourquoi, elles attendent que lors de sa prise de parole, le premier Ministre tienne compte du rejet massif exprimé par les mobilisations du projet de régime universel à point et retire ce dernier. Elles confirment leur appel à l’ouverture de réelles négociations sans préalable sur la base des propositions des organisations syndicales pour le renforcement et l’amélioration du système actuel par répartition, solidaire et intergénérationnel.

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF et UNL appellent l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève y compris reconductible là où les salarié-es le décident. Elles appellent à organiser des actions de grève et de manifestations localement le 12 décembre, puis le week-end, et de faire du 17 décembre une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations.

Mobilisations

Le SNUipp-FSU poursuite donc ses actions, à Paris comme dans les départements, ainsi en Gironde, Dordogne, dans l'Aisne, le Loiret, le Val d'Oise, l'Allier, à Lorient, Mayotte, Paris, Alès, Marseille. En Seine-Saint-Denis, le snuipp93 a expliqué sur le plateau de BFMTV  combien l'intervention d'Edouard Philippe a renforcé la détermination des personnels à poursuivre le mouvement. France 3 est également allé à la rencontre des 700 congressistes de la FSU à Clermont-Ferrand pour recueillir leurs réactions à cette allocution du Premier ministre.

Paris, le 10 décembre 2019