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Bilan réunion permutations : blocage du ministère

Actualités 1er degré - mer, 28/05/2014 - 15:30

Contrairement à l'an passé, le ministère a décidé qu'il n'y aurait pas de réexamen de la situation des enseignants en difficulté à l'issue des permutations informatisées de mars 2014. Il a renvoyé à la phase ineat / exeat des départements la prise en compte des situations prioritaires arrêtées en 2013 :

enseignants bénéficiant des 800 points au titre du handicap (les 7 collègues non permutés en mars 2014 devant néanmoins avoir satisfaction ) ;

enseignants séparés de leur conjoint exerçant dans un département non-limitrophe d'une autre académie, avec au moins deux ans de séparation et ayant des enfants à charge.

Le ministère justifie ce choix par les résultats des concours qui vont amener des situations de déficit en personnel à la rentrée scolaire 2014 dans certains départements. De fait, 875 postes n'ont pas été pourvus au concours exceptionnel 2014 et les indicateurs sur le concours rénové 2014 (admissibilité, nombre de présents) montrent un risque réel de postes vacants, par exemple dans les académies de Versailles, Créteil, Amiens ou Orléans-Tours.

Une décision déplorable

De nombreux enseignants espéraient voir leur situation réglée via ce groupe de travail qui avait, à la demande du SNUipp-FSU permis en 2013 de réaliser 194 mutations supplémentaires sur 208 possibilités. Renvoyer à une simple priorité de traitement en phase ineat / exeat est une réponse en trompe-l'oeil. Le SNUipp-FSU déplore cette situation et réitère sa demande d'une réflexion approfondie sur ce sujet très important pour un droit à mutation effectif pour tous.

René, un jeune homme dans la seconde guerre mondiale

Actualités 1er degré - mar, 27/05/2014 - 18:19

L'association Civisme et démocratie (CIDEM) propose aux enseignants un ouvrage de sa collection «&nbspRepères pour éduquer&nbsp» pour traiter avec les 8-10 ans tous les aspects du second conflit mondial. Devenu âgé, René, jeune étudiant en 1939, raconte «&nbspsa guerre&nbsp» aux enfants d'une classe primaire d'aujourd'hui. Le livret illustré, consultable en ligne, s'appuie sur un important document d'accompagnement pédagogique librement téléchargeable.

Consulter :
René, un jeune homme dans la seconde guerre mondiale
commander l'ouvrage

Télécharger :
le document d'accompagnement pédagogique

Inclusion des enfants en situation de handicap : un appel pour franchir un nouveau cap

Actualités 1er degré - mar, 27/05/2014 - 09:38

Près de dix ans après la loi du 11 février 2005, notre école a fait de considérables progrès en matière de scolarisation des enfants en situation de handicap. Plus de 140 000 d'entre eux sont scolarisés individuellement dans une classe ordinaire ou une classe pour l'inclusion : c'est plus du double par rapport aux années 2000. Les enseignants ont été les chevilles ouvrières de cette mutation de grande ampleur. Tout est pourtant loin d'être facile au quotidien et pour assurer le saut tant quantitatif que qualitatif attendu par des milliers de familles, il reste beaucoup de chemin à parcourir.

L'inclusion ne doit pas être un simple slogan inscrit dans la loi de refondation. D'après une enquête réalisée par le SNUipp-FSU* , si 90 % des enseignants adhèrent à l'objectif de l'inclusion, 76% estiment qu'il est réaliste mais sous certaines conditions. Ils restent malgré tout plus de 20 % à douter de cette réalisation. C'est un signe qu'il faut prendre en compte et qui montre combien le système éducatif et la société dans son ensemble doivent encore progresser. Aujourd'hui, nous sommes à la croisée des chemins.

Les enseignants demandent de la formation et des conditions d'enseignement adaptées. C'est bien la preuve qu'ils «&nbspy croient&nbsp», mais jugent qu'ils ne sont pas assez préparés : les moyens, les aides notamment apportées par les RASED dont c'est l'une des missions, les effectifs, etc... ne suivent pas.

Les familles attendent aussi un accompagnement global de leur enfant sur tous les temps de la journée. En effet, le handicap ne s'arrête pas à la porte de la classe. Les enfants ont besoin d'être accompagnés sur le temps du midi, à la cantine, lors des activités périscolaires ou au cours de leur vie extra-scolaire. Nous regrettons que les missions des futurs AESH, remplaçant les AVS, soient cantonnées à l'accompagnement strictement scolaire, contrairement aux recommandations du rapport Komitès. A l'heure où les projets éducatifs sont encouragés, l'État doit assumer ses responsabilités en garantissant la prise en charge des besoins spécifiques des enfants en situation de handicap. Le Défenseur des droits vient d'ailleurs de s'en inquiéter.

Ces sujets déterminants ne peuvent rester dans l'ombre plus long-temps. Une nouvelle Conférence Nationale du Handicap devrait s'ouvrir avant la fin de l'année. Pour préparer cet événement, le SNUipp-FSU appelle tous les partenaires à se rassembler pour porter de nouvelles propositions communes pour l'inclusion. Alors que la loi de 2005 va fêter ses 10 ans, il est temps de franchir un nouveau cap.

Paris, le 27 mai 2014

* enquête réalisée par internet auprès de 5 000 enseignants du primaire entre avril et mai 2014

Télécharger : 

L'éducation, facteur déterminant d'intégration pour les Roms

Actualités 1er degré - lun, 05/05/2014 - 14:19

C'est en ces termes qu'Androulla Vassiliou, commissaire à l'éducation, ouvrait le sommet européen* qui début avril dressait un état des lieux des mesures prises pour l'intégration des dix à douze millions de Roms vivant dans l'UE. Et des progrès significatifs ont été constatés ces dernières années en matière de préscolarisation, notamment en Finlande où la fréquentation de la maternelle est passée de 2 à 60 %, en Hongrie où elle est aujourd'hui de 79 % et en Bulgarie où elle a été rendue obligatoire pour tous les enfants. Pourtant, le défi majeur reste la réduction du décrochage scolaire, plus de la moitié des enfants Roms n'achevant toujours pas le cycle d'enseignement primaire dans les pays d'Europe centrale.

Bonnes pratiques

Formation des enseignants, méthodologies d'enseignement inclusives, recours à des assistants pédagogiques et des médiateurs Roms et une collaboration étroite avec les communautés locales et les parents sont parmi les leviers efficaces identifiés pour améliorer cette situation. Car l'enjeu est de taille, l'accès à l'enseignement secondaire et supérieur est la clé de l'intégration économique et sociale de populations encore trop souvent en butte aux discriminations de tous ordres, comme c'est le cas en France, que la commissaire épingle notamment pour des refus de scolarisation de la part de certaines municipalités.

Lire :
le communiqué de l'UE
une synthèse du rapport de présentation

Permutations : les situations difficiles réexaminées

Actualités 1er degré - mar, 25/03/2014 - 23:49

Comme l'an passé, Le SNUipp a obtenu la réunion d'un groupe de travail national supplémentaire pour que soient examinées les situations individuelles les plus difficiles après les résultats peu satisfaisants des permutations informatisées 2014. Ce groupe de travail se tiendra avant la phase complémentaire dite ''ineat / exeat'' qui a lieu dans les départements en mai /juin.

En effet, si les résultats globaux sont en légère hausse par rapport aux résultats catastrophiques de l'an passé, il reste beaucoup à faire pour retrouver une situation d'équilibre satisfaisante, permettant aux enseignants du premier degré de changer de département. Car de fait, la situation s'est même aggravée dans certains départements.

Les critères retenus seront définitivement tranchés début mai et pourraient se situer dans le prolongement des priorités réglementaires retenues l'an passé. Pour mémoire, ceci concernait les enseignants en situation de handicap ayant bénéficié de la bonification de 800 points (6 n'ont pas obtenu satisfaction à la phase informatisée cette année) et les enseignants séparés de leurs conjoints exerçant dans des départements non limitrophes d'académies différentes et ayant des enfants à charge.

Pour autant, le nombre de situations qui pourront être ainsi réglées sera inférieur à celui de l'an passé (208 en 2013). Le SNUipp-FSU portera la volonté de résoudre le plus grand nombre de situations possibles et continuera d'agir aussi lors des phases d'ineat-exeat dans les départements et pour des améliorations significatives lors des prochaines phases nationales.

N'hésitez pas à contacter votre section départementale

Mandats électifs et autorisations d'absence

Actualités 1er degré - mar, 11/03/2014 - 11:40

L'employeur est tenu de laisser à tout salarié membre d'un conseil municipal le temps nécessaire pour participer aux séances plénières ainsi qu'aux réunions des commissions et assemblées délibérantes. Les maires, adjoints et conseillers municipaux ont droit par ailleurs à un crédit d'heures forfaitaire en fonction de la taille de la commune. L'ensemble des dispositions est précisé dans le code général des collectivités territoriales, articles L.2123, R.2123 et suivants.

En ce qui concerne la campagne électorale, les dispositions sont fixées par le code du travail, article L.3142-56 et suivants, et précisées dans la circulaire fonction publique du 18 janvier 2005.

Permutations informatisées : les résultats

Actualités 1er degré - lun, 10/03/2014 - 13:54

Les sections départementales du SNUipp-FSU sont mobilisées afin d' informer précisément les enseignants des écoles qui ont participé aux permutations informatisées dont les résultats sont maintenant connus. Elles proposent notamment toutes les informations utiles concernant les démarches à engager pour la suite. ( contacter le département obtenu, renouveler sa demande lors de la deuxième phase...)

Si pour l'heure, on constate une très légère amélioration par rapport aux résultats de l'an passé (avec 23,09% de satisfaction contre 21.29% en 2013), ils restent très en deçà de ceux enregistrés avant 2011. Seulement 3949 enseignants ont obtenu satisfaction sur un de leurs voeux, sur un total de 17099 participants.

Le tableau ci-après recense la constante dégradation de ce mouvement inter-départemental :

Année Taux de satisfaction global Taux de satisfaction rapprochement de conjoint 2005 42,74% 61,00% 2006 40,21% 59,00% 2007 40,21% 63,00% 2008 39,56% 63,52% 2009 35,74% 64,00% 2010 37,08% 65,30% 2011 29,19% 53,19% 2012 25,12% 45,97% 2013 21,29% 39,25% 2014 23,09% 43,01 %

La nouvelle bonification de 80 points pour les rapprochements de conjoint séparés et exerçant dans des départements d'académie non limitrophes n'a pas non plus apporté de résultats très probants.

Concernant Mayotte, dont les professeurs des écoles ont pu participer pour la première fois à ce mouvement informatisé, 72 collègues ont obtenu satisfaction sur l'un de leurs voeux (dont 33 revenant sur leur département d'origine).

330 des 336 collègues bénéficiant des 800 points ont obtenu satisfaction sur l'un de leurs voeux. Nous demanderons un suivi individualisé des 6 collègues non satisfaits, lors de la phase ineat / exeat.

Par contre, seulement 46 des 123 collègues ayant une RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) ont obtenu satisfaction sur un de leurs voeux (soit 37,10 %), avec la nouvelle bonification de 100 points.

Un groupe de travail ''bilan'' est d'ores et déjà prévu à la DGRH du ministère le mardi 25 mars à 14h30. Le SNUipp-FSU y portera à nouveau son exigence de voir cette question traitée au mieux de l'intérêt des enseignants du premier degré, dont beaucoup vont se voir à nouveau contraints à des choix difficiles entre leurs aspirations professionnelles et leurs situations familiales.

Lire aussi :
Les statistiques globales par département
les statistiques de la participation en 2014

Nouveaux programmes maternelle : le SNUipp-FSU auditionné

Actualités 1er degré - ven, 07/03/2014 - 12:31
Des propositions qui vont dans le bon sens.

Cadrée par un cycle unique, l'école maternelle conforte sa place fondamentale de première étape dans la réussite des élèves : une première école, indispensable dans la lutte contre les inégalités. Des vecteurs à la réussite, annexes aux apprentissages, sont rappelés : le rôle déterminant de la famille, celui du travail en équipe, du travail avec les partenaires et notamment les ATSEM ont été ainsi mis en valeur. La scolarisation des moins de trois ans est, elle aussi, pointée comme importante dans le dispositif de réussite de tous.

Le groupe réaffirme la nécessité que les élèves aient du temps pour apprendre : pas d'apprentissages prématurés, une pédagogie évolutive, adaptée à l'âge et au développement de ces petits élèves. Néanmoins, il s'agit bien d'une école à part entière où les apprentissages ont pour rôle de soutenir et favoriser le développement de l'enfant pour le préparer aux apprentissages de l'école élémentaire. L'évaluation des élèves devra participer à ce travail de valorisation de l'élève et de son travail.

Le rôle fondamental du langage, oral et écrit, est rappelé : il s'agira de mettre en place des situations d'apprentissages permettant la stimulation et la structuration du langage et une entrée plus progressive dans l'écrit.

L'école maternelle doit aussi assurer l'acquisition des règles de vie en société, l'égalité entre filles et garçons et l'intégration des enfants en situation de handicap.

Une architecture en domaines

«&nbspApprendre ensemble pour vivre ensemble&nbsp» serait au cœur de ce collectif d'apprentissages visant une citoyenneté ouverte sur différentes cultures où l'enfant apprendrait progressivement à devenir élève. Cinq domaines sont proposés ; les contenus précis font l'objet des travaux à venir du groupe «&nbspMaternelle&nbsp» du CSP.

  • Le langage oral et écrit : découverte de l'écrit, culture littéraire, découverte du principe alphabétique et l'éveil à la diversité linguistique. Rôle de l'adulte dans ces apprentissages.
  • Le corps pour agir, pour comprendre, pour s'exprimer.
  • Activités artistiques : corps, voix, gestes.
  • Les premiers apprentissages mathématiques : numération, espace, temps.
  • Explorer le monde des objets, des matières, le monde du vivant : aller vers une culture scientifique et technologique.
Les propositions du SNUipp-FSU

Lors de cette audition, le SNUipp-FSU a remis sa contribution pour des programmes renouvelés et revivifiés. En s'appuyant sur les réussites actuelles, l'engagement des enseignants, et les travaux de la recherche, il propose des pistes qui lui semblent incontournables. Elles croisent, et c'est de bonne augure, celles dressées par le CSP.

Pour le SNUipp-FSU, la maternelle doit à la fois stimuler le développement langagier, moteur, sensoriel, intellectuel et culturel des élèves et les préparer à s'adapter et à réussir à l'école élémentaire. Ni garderie, ni «&nbsppetit CP&nbsp», l'école maternelle doit être pensée pour tous les enfants et notamment les plus fragiles, sans anticiper de manière prématurée les apprentissages, et avec des formes d'organisation et d'activités (jeux, manipulations, découverte, apprentissages guidés...) adaptées à leur âge et leurs besoins de développement.

Des évolutions significatives sont nécessaires. Pour cela, les nouveaux programmes qui doivent être présentés par domaines doivent connaître des évolutions significatives dans plusieurs champs :

  • L'apprentissage du langage, grande priorité de l'école maternelle doit être redéfini.
  • Les apprentissages mathématiques sont à reconsidérer en proposant des progressions tout le long du cycle 1 et en intégrant les résultats de la recherche notamment sur la construction du nombre chez le jeune enfant.
  • Les activités motrices, sensorielles et artistiques qui ont été reléguées au second plan sont à revaloriser afin de stimuler tout autant l'imagination et la créativité que le développement de la pensée logique ou l'expression corporelle.
  • Le domaine «&nbspdevenir élève&nbsp» est à redéfinir en y affirmant fortement les notions de progressivité, de durée, de coopération et de bienveillance.

Dans le même temps, ces nouveaux programmes devront affirmer la nécessité d'une liaison entre la grande section et le CP afin d'assurer des continuités notamment pour les élèves les plus fragiles mais aussi replacer les évaluations dans une logique de progrès et non de sanction, sans oublier par ailleurs l'importance de la place et du rôle des parents au cours de ces premières années de scolarisation de leurs enfants.

Primordial : l'accompagnement et la formation des enseignants

Même si nous savons que de nouveaux contenus d'enseignement ne feront pas tout à eux seuls, ils doivent donner une ambition et une tonalité au travail quotidien qui se met en œuvre dans les classes pour les élèves. Leur mise en œuvre doit surtout être accompagnée de documents pédagogiques et de formations solides et spécifiques, éléments primordiaux pour que la réussite de tous fasse école dès la maternelle.

A cet effet, et pour commencer le travail, le SNUipp-FSU demande qu'une journée banalisée de consultation soit organisée dès que le projet de programmes pour l'école maternelle sera communiqué par le CSP.

Télécharger :
la contribution complète du SNUipp-FSU pour les nouveaux programmes de l'école maternelle

Lire aussi :
des points de vue de spécialistes de l'école et de chercheurs
le bilan des programmes 2008 par les enseignants

Face à la rumeur : un petit mot pour les familles

Actualités 1er degré - jeu, 30/01/2014 - 10:27

«&nbspThéorie du genre, pornographie, éducation à l'homosexualité...&nbsp», Des rumeurs scandaleuses distillées par des groupuscules proches de l'extrême droite et des mouvements intégristes ont circulé auprès des parents d'élèves de nombreuses écoles. Il s'agit de faire taire ces élucubrations qui mettent en cause l'École et le travail des enseignants. Le SNUipp-FSU a demandé au ministre de l'Éducation nationale que les équipes enseignantes qui le souhaitent, puissent être épaulées par les Inspecteurs lors des rencontres qu'il demande d'organiser avec les parents, dans son courrier envoyé aux écoles


Pour le SNUipp, l'école doit pourvoir aussi s'adresser très simplement à tous les parents pour les rassurer et faire toute la lumière sur cette triste affaire. Il propose aux équipes un petit mot à destination des familles à coller dans le cahier ou à utiliser comme bon leur semble.

Télécharger le mot aux familles

Lire aussi : 

Focus sur la formation des enseignants

Actualités 1er degré - lun, 13/01/2014 - 08:35

L'enquête PISA de l'OCDE publiée le mois dernier évalue les connaissances et les compétences des jeunes âgés de 15 ans dans 65 pays. Mais elle donne également des informations sur d'autres questions, comme la formation des enseignants. Les systèmes d'enseignement les plus performants, notamment en Asie, mettent fortement l'accent sur cette formation, encouragent les enseignants à travailler ensemble et investissent en priorité dans l'amélioration de leur qualité. La plupart de ces pays ont abandonné la formation initiale «&nbspconsécutive&nbsp» pour un modèle simultané (enseignement théorique et pratique professionnelle en alternance).

Accompagner les évolutions du métier

Les enseignants doivent ensuite être accompagnés en début de carrière : seuls 17 % des enseignants français disent avoir bénéficié d'un tutorat contre 72 % en moyenne dans l'OCDE. Une note de la DEPP de janvier 2014 enfonce le clou : 40 % des enseignants de CM2 n'ont reçu aucune formation en langue française. Comme tous les métiers, le métier d'enseignant évolue. Il évolue aussi avec les transformations des sociétés. Une formation continue de qualité ne peut en outre être dissociée d'une identification régulière des besoins des enseignants. L'étude OECD Teaching and Learning International Survey (TALIS) sur les enseignants du collège révélait ainsi qu'en moyenne, 20% des nouveaux enseignants et 13% des enseignants expérimentés n'avaient jamais reçu de retour sur leur enseignement de qui que ce soit, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'école. C'est dire le chemin qui reste à parcourir...

De l'utilité des partenariats

Actualités 1er degré - lun, 13/01/2014 - 08:35

Les pratiques partenariales, peuvent être porteuses de progrès pour les élèves mais à certaines conditions. Ce sont, s'agissant de la maîtrise de la langue, les conclusions d'un rapport de l'IGEN dévoilé en décembre. Car de fait, là où elles existent, ces actions qui font entrer dans l'école nombre de ses partenaires institutionnels ou plus occasionnels sont «&nbspfortement investies par les enseignants comme par les élèves et jouent un rôle d'ouverture en direction de pratiques diversifiées de la langue et de la culture&nbsp» soulignent les rédacteurs de l'étude. «&nbspElles offrent des possibilité de réalisation différentes de celles de la classe qui apparaissent essentielles pour conduire les apprentissages.&nbsp» C'est par exemple l'apport par les intervenants d'une expertise, d'un vocabulaire et d'un lexique spécialisé comme celui du journalisme ou de la science. Ou encore «&nbspl'apprentissage des mots de l'art au musée et la découverte de ceux du théâtre. C'est, avec une conteuse experte en histoires, explorer les espaces imaginaires et apprendre à aimer les mots qui y introduisent.&nbsp» Ils voient là «&nbspun encouragement&nbsp» à la réussite de chaque enfant qui «&nbsprejaillit sur leurs enseignants&nbsp».

Nuances et préconisations

Ces actions s'inscrivent néanmoins de façon trop aléatoire dans le parcours des élèves, relève l'Inspection générale et leurs bénéfices en terme de «&nbspperformances scolaires&nbsp» sont difficilement «&nbspdirectement mesurables&nbsp». Elle préconise donc de mieux les intégrer à la formation et l'évaluation des compétences des élèves et d'organiser une diversité de projets thématiques au cours de leur scolarité. Elle suggère également «&nbspun accompagnement pédagogique aux enseignants et aux équipes qui le souhaitent&nbsp» tout en préservant «&nbsples espaces d'initiative locale en laissant des marges de manœuvre suffisantes aux écoles.&nbsp»



Télécharger :
le rapport de l'Inspection générale

Lire aussi :
actions éducatives : demandez l'programme !

Nouveaux programmes en maternelle

Actualités 1er degré - dim, 12/01/2014 - 16:01

Du nouveau pour les programmes. Première étape : les contenus de maternelle. Mais avec un défi de taille : ils devront être prêts pour la rentrée 2014. Le SNUipp-FSU a rencontré le président du Conseil Supérieur des Programmes en charge de cette rénovation pour l'alerter sur un calendrier difficilement tenable. Les enseignants n'auront pas le temps, ni la formation indispensable pour s'approprier pour la rentrée prochaine des nouveaux contenus d'enseignement qui devraient être publiés en juin au plus tôt.

Mise en oeuvre progressive avec de la formation

Le syndicat a donc demandé que la mise en route de ces programmes soit progressive tout au long de l'année prochaine. Il faut aussi qu'elle soit appuyée par un grand plan de formation pour les enseignants, qui doit démarrer dès cette année, à partir des grandes lignes des projets discutés par les membres du CSP et les experts associés à ce travail. Le SNUipp souhaite également que soient élaborés des documents d'accompagnement robustes, qui proposent un état des dernières recherches mais aussi des approches et des pistes pédagogiques à l'image de ceux sur le langage par exemple. Des documents qui doivent être mis à la disposition des équipes dès que possible.

Conditions de la réussite

Le SNUIpp_FSU s'engage pour que l'on efface très vite les scories des programmes de 2008. Dans le même temps, il est aussi exigeant pour qu'on accompagne sérieusement et dans la durée les équipes enseignantes pour qu'elles s'approprient ces nouveaux contenus.

Lire aussi :
consultation programmes, à vous la parole

Et aussi :
la maternelle remise en forme Un dossier de [Fenêtres sur cours]
au commencement était le langage Un autre dossier de [Fenêtres sur cours]

Composition du conseil d'école

Actualités 1er degré - jeu, 28/11/2013 - 16:07

Le conseil d'école est composé des membres suivants :

1° Le directeur de l'école, président ;

2° Deux élus :

a) Le maire ou son représentant ; b) Un conseiller municipal désigné par le conseil municipal ou, lorsque les dépenses de fonctionnement de l'école ont été transférées à un établissement public de coopération intercommunale EPCI), le président de cet établissement ou son représentant ;

3° Les maîtres de l'école et les maîtres remplaçants exerçant dans l'école au moment des réunions du conseil ;

4° Un des maîtres du réseau d'aides spécialisées intervenant dans l'école choisi par le conseil des maîtres de l'école ;

5° Les représentants des parents d'élèves en nombre égal à celui des classes de l'école, élus selon les modalités fixées par arrêté du ministre chargé de l'éducation ;

6° Le délégué départemental de l'éducation nationale chargé de visiter l'école.

Les autres participants :

L'inspecteur de la circonscription assiste de droit aux réunions.

Assistent avec voix consultative pour les affaires les intéressant :

a) Les personnels du réseau d'aides spécialisées non mentionnées au cinquième alinéa du présent article ainsi que les médecins chargés du contrôle médical scolaire, les infirmiers et infirmières scolaires, les assistants de service social et les agents spécialisés des écoles maternelles ; en outre, lorsque des personnels médicaux ou paramédicaux participent à des actions d'intégration d'enfants handicapés, le président peut, après avis du conseil, inviter une ou plusieurs de ces personnes à s'associer aux travaux du conseil ;

b) Le cas échéant, les personnels chargés de l'enseignement des langues vivantes, les maîtres étrangers assurant dans les locaux scolaires des cours de langue et culture d'origine, les maîtres chargés des cours de langue et culture régionales, les personnes chargées des activités complémentaires prévues à l'article L. 216-1 et les représentants des activités périscolaires pour les questions relatives à leurs activités en relation avec la vie de l'école. Le président, après avis du conseil, peut inviter une ou plusieurs personnes dont la consultation est jugée utile en fonction de l'ordre du jour.

Les suppléants des représentants des parents d'élèves peuvent assister aux séances du conseil d'école.

Texte de référence : article D.411-1 du code de l'éducation. Cet article a été modifié par le décret n°2013-983 du 4 novembre 2013 pour prendre en compte le cas échéant le représentant de l'EPCI.

Élèves immigrés et systèmes éducatifs

Actualités 1er degré - mar, 12/11/2013 - 11:24

Pourquoi des élèves immigrés partageant le même pays d'origine obtiennent-ils des performances très différentes selon les pays où ils sont scolarisés ? L'OCDE s'intéresse à cette question dans sa dernière livraison de «&nbspPISA à la loupe&nbsp». Les résultats montrent qu'à catégorie socio-économique comparable, un élève venant de Turquie, aura de meilleures performances dans la compréhension de l'écrit s'il est scolarisé aux Pays-Bas plutôt qu'en Autriche. La différence est de 70 points et correspond à plus de deux années de scolarité. Les élèves originaires de Russie auront eux, de meilleurs résultats s'ils vivent en Allemagne, en Finlande ou en Israël plutôt qu'en Grèce ou en République tchèque. Et un français scolarisé en Suisse y réussira mieux qu'en Belgique ou au Luxembourg.

Quelles explications ?

Ces écarts importants de performance sont expliqués en partie par les politiques d'immigration et les politiques sociales des pays d'accueil. Ils sont liés aussi aux similitudes entre la culture des immigrés et celle de leur pays d'accueil. Mais, selon l'étude, «&nbspcertains systèmes d'éducation semblent néanmoins faciliter mieux que d'autres l'intégration de leurs élèves immigrés&nbsp». De manière générale, ce sont les systèmes qui présenteraient un effectif relativement important d'élèves immigrés et où la diversité des origines socio-économiques de ces élèves est comparable à celle des élèves autochtones. Des pays qui choisissent leur immigration comme le Canada, l'Australie, Israël semblent parvenir davantage à «&nbsprelever le défi de la diversité&nbsp».

Télécharger :
PISA à la loupe n°33

La maternelle toujours en quête d'équilibre

Actualités 1er degré - dim, 15/09/2013 - 19:01

Avec la publication d'une nouvelle étude faisant état d'une forte augmentation de niveau des acquis des élèves à l'entrée au CP entre 1997 et 2011, la valeur de notre école maternelle retrouve quelques couleurs. On ne peut que se réjouir quand l'école progresse dans son ensemble tout en commençant à réduire les inégalités. Voilà donc un sacré camouflet adressé aux détracteurs de l'école maternelle qui s'interrogeaient sur l'utilité de recruter et de former les enseignants à BAC + 5.

Des résultats à regarder de près

Pourtant, les résultats de cette étude ne permettent en aucun cas de conclure aux bienfaits de la primarisation de la maternelle. En effet, des domaines ne sont pas évalués et 26% des élèves rencontrent toujours des difficultés. Phonologie, écriture, mémorisation, prélecture, beaucoup de compétences évaluées par l'étude de la DEPP font appel à des activités d'entrainement, au demeurant nécessaires, mais pas suffisantes pour que les élèves maîtrisent tous les apprentissages et développent toutes leur capacités . Qu'en est-il par exemple de la compréhension ? En français, pour devenir un lecteur expert, l'élève doit aussi accéder au sens de ce qu'il lit. Il doit notamment être capable de comprendre les implicites et les inférences présents tout au long d'un texte. Ces compétences s'appuient sur la maîtrise du langage oral qui doit rester la grande priorité de l'école maternelle. Et de ce point de vue, chacun sait que l'enfant développe aussi son langage à travers le jeu, la découverte d'albums de littérature de jeunesse, les activités motrices et physiques... Autant de formes préscolaires qui ont toute leur place à la maternelle et dont l'étude ne dit rien.

Indispensable formation

Aujourd'hui, la maternelle a bel et bien besoin de se construire une nouvelle identité. Dans cette optique, on ne peut que souscrire aux propos du ministre, dans le journal Le Monde du 14 septembre et qui déclare qu' «&nbspil faut restituer à la maternelle son équilibre&nbsp» entre le nécessaire épanouissement et les indispensables premiers apprentissages. Pourtant, on ne redessinera pas la maternelle sans mettre en œuvre un grand plan de formation initiale et continue alimenté par les récents travaux de la recherche. En privant de formation, les 80 000 enseignants de maternelle, beaucoup de savoirs professionnels spécifiques à cette école se sont perdus. Le SNUipp-FSU en appelle donc à un vrai changement de cap. L'urgence est d'autant plus grande que si des progrès sont constatés, 26 % d'enfants à l'entrée au CP ont un niveau de performance encore trop insuffisant. Personne ne peut se satisfaire de cet état de fait. Il n'y a pas de temps à perdre.

Consulter :
la note détaillée de la DEPP

Lire aussi :
le dossier de Fenêtres sur cours sur la maternelle

Un colloque pour éduquer contre l'homophobie

Actualités 1er degré - mer, 10/04/2013 - 21:54

«&nbspÉduquer contre l'homophobie dès l'école primaire&nbsp» c'est nécessaire, c'est utile et c'est possible. Et c'est l'objet d'un colloque organisé par le SNUipp, ouvert aux enseignantes et aux enseignants des écoles à l'Hôtel de Ville de Paris le 16 mai prochain. Le psychanalyste Serge Héfez, Nicole Mosconi, professeure en sciences de l'éducation et Réjane Sénac, chercheure au CNRS porteront leur regard d'experts sur un projet conçu et expérimenté par des enseignants des écoles engagés professionnellement dans la lutte contre l'homophobie. Des enseignants qui témoigneront des activités pédagogiques qu'ils conduisent auprès de leurs élèves. Le colloque sera aussi l'occasion pour le SNUipp de dévoiler le contenu d'une mallette de ressources numériques destinée aux enseignants et qui sera tout prochainement mise en ligne sur snuipp.fr.

Télécharger :
le programme du colloque

Voir aussi :
Gaël Pasquier : combattre l'homophobie à l'école

Quand l'école éduque à l'empathie

Actualités 1er degré - mar, 09/04/2013 - 10:57

66666888 «&nbspBen, à la cantine, Topakan a donné un coup de poing à Nora mais avant elle l'avait traité de petit nain mais c'était pour rire&nbsp». Dans le préau couvert de l'école Michel Ange au Mans, huit élèves sont chargés de rejouer la scène devant leur classe de CM1 sous les indications de Sarah qui a été témoin de l'incident. Petit à petit, les éléments de la bagarre se mettent en place. Pour cela Dany Dauphin, l'enseignante de la classe et Gilles Rouby, le coordonateur de la ZEP interrompent la mise en situation, questionnent, relancent. Cet événement de l'école avait été noté sur un papier et déposé dans la boîte aux lettres de la classe pour le cours de «&nbspvivre ensemble&nbsp» du jeudi matin.

Une expérimentation au long cours

Cette séance d'1h15 fait partie d'une expérimentation menée dans vingt classes de CM1 en zone d'éducation prioritaire de la Sarthe «&nbspDe l'empathie pour lutter contre le harcèlement à l'école&nbsp». C'est le deuxième cycle d'ateliers auquel les enfants participent. Après des jeux empathiques et jeux de rôles, ce cycle est basé sur le théâtre-forum et l'expression corporelle. Il s'agit donc de développer l'empathie des élèves pour renforcer leur lien à l'autre dans un cadre garanti par les enseignants. Pour cela, dans chaque classe participante, deux animateurs encadrent les séances. Tous ont été formés par l'équipe VIP§S* d'Omar Zanna (lire ci dessous) à la fois sur des éléments théoriques liés à l'empathie et au harcèlement mais aussi sur chacun des outils proposés. «&nbspNous avons nous-mêmes été mis en situation et cela nous permet de mieux appréhender ce que cela induit chez les élèves&nbsp» explique Dany. «&nbspCette expérimentation se poursuivra l'année prochaine avec les mêmes élèves en CM2&nbsp» ajoute Gilles Rouby qui a travaillé, avec l'équipe de chercheurs du VIP§S et l'Inspection d'académie, à l'élaboration de ce projet financé par le ministère jeunesse et sports. Des conférences comme celle d'Eric Debarbieux le 11 avril viennent rythmer ce travail qui se cloturera par une évaluation sur le climat scolaire et le comportement des élèves.

Des corps et des mots

Ce matin, une fois la scène de la cantine rejouée, les enseignants reviennent avec les élèves sur ce qui s'est passé. «&nbspQu'a ressenti Topakan, quand Nora l'a appelé petit nain ?&nbsp», «&nbspEst-ce que Topakan est grand ?&nbsp» Les élèves mettent des mots de plus en plus précis : «&nbspde la haine&nbsp», «&nbspil était triste&nbsp», «&nbspen colère&nbsp», «&nbspvexé&nbsp», «&nbspil a cru que c'était une insulte&nbsp», «&nbspil s'est senti humilié&nbsp». «&nbspCette situation est d'autant plus intéressante que nous savons que cet élève d'une autre classe est très sensible au sujet de sa petite taille, nous sommes proches de situation de discrimination voire de harcèlement&nbsp» raconte l'enseignante. «&nbspEt Nora qu'a-t-elle ressenti quand elle a pris le coup ?&nbsp»... «&nbspJ'arrive pas à dire&nbsp». «&nbspDans ces séances on se rend compte du manque de vocabulaire des enfants pour verbaliser ce qu'ils ressentent&nbsp» poursuit-elle. Cet exercice est le dernier d'une séance qui a débuté par de la relaxation, un échauffement type «&nbspcris de guerre&nbsp» par équipe et une première situation de théâtre-forum durant laquelle les enfants devaient régler un conflit entre deux enfants et leurs parents au sujet de la télévision. Un déroulé que les deux animateurs construisent ensemble en fonction des situations proposées dans le cadre de l'expérimentation et des réactions des élèves. La semaine prochaine, la classe sera amenée à reprendre l'incident de la cantine mais à le modifier pour le faire évoluer et trouver une solution au conflit.

Voir aussi :

l'OCCE sans violence
Une université d'été de l'OCCE consacrée  à «&nbspmieux vivre l'école, apprendre sans violence.

Trois questions à Omar Zanna, maître de conférences à l'UFR Sciences et techniques de l'Université du Maine.

Qu'est-ce que l'empathie ?

C'est la disposition à se mettre à la place d'autrui tout en restant à distance, sans se confondre avec l'autre comme c'est le cas dans la sympathie ou la compassion. Précisons une distinction. L'empathie cognitive, c'est ce que fait l'enseignant quand il s'adresse à ses élèves. Car pour transmettre faut-il encore avoir pris la mesure du niveau de réception des élèves. L'empathie cogntive, c'est aussi celle du pervers qui manipule sa victime" ; ce qui montre bien que l'empathie n'est pas toujours vertueuse. L'empathie émotionnelle se déclenche dans les situations de face à face, elle passe par les corps en présence et c'est précisément cette version de l'empathie qui m'intéresse. Disons qu'en la matière, nous avons tous tendance à être affectés : autrement dit à entrer en résonnance émotionnelle. Si vous souriez, j'aurais tendance à sourire aussi. C'est elle qui est en jeu chaque fois qu'il y a des personnes en interaction. Elle ne passe pas forcément par la parole.

Pourquoi travailler sur l'empathie émotionnelle à l'école primaire ?

Je travaille depuis plus de 15 ans sur la délinquance juvénile. J'essaie de saisir les mécanismes sociaux de l'empathie pour faire des propositions de prise en charge des mineurs délinquants dont je suppose que le passage à l'acte a à voir avec ce que je qualifie «&nbspd'anesthésie momentanée de l'empathie&nbsp». Autrement dit, ces jeunes sont, au moment du passage à l'acte, sous l'emprise de leurs émotions, incapables de se maîtriser et donc incapables de reconnaître autrui comme un autre, comme une version d'eux-mêmes. Partant de cette hypothèse, j'ai expérimenté auprès de plusieurs groupes de jeunes un protocole qui consiste à mettre en scène des émotions, pour solliciter l'empathie dont certains semblent manquer au moment du passage à l'acte. Je propose désormais des programmes de prévention des comportements violents et de harcèlement par une éducation, par le corps, à l'empathie.

Comment s'y prendre ?

Le cœur des interventions est l'occasion de proposer aux élèves de vivre des situations permettant d'accéder à la reconnaissance de l'autre, de s'ouvrir à l'autre. Il est question de créer les conditions du développement de la disposition à l'empathie pour favoriser le «&nbspbien vivre ensemble&nbsp». Dans cette perspective, il s'agit d'utiliser, à raison d'une séance par semaine, la médiation des émotions provoquées par la pratique des activités physiques, du théâtre-forum, des jeux de rôle et toute autre activité mettant en jeu le corps.

Remise en forme !

Actualités 1er degré - dim, 07/04/2013 - 21:19

  «&nbspLa maternelle, elle a tout d'une grande !&nbsp» En voulant faire la promotion de l'école maternelle pour dire toute son importance dans le développement de l'enfant, certains ne croyaient pas si bien dire. La petite école aurait parfois tendance à se prendre pour la grande. Ce glissement vers une forme de «&nbspprimarisation&nbsp», les IGEN Viviane Bouysse et Philippe Claus l'ont pointé dans un rapport paru en 2011 . Ils estiment que «&nbspdepuis 1989, les cycles pédagogiques qui devaient mieux articuler les deux structures ont produit un amalgame tel que le modèle scolaire élémentaire a envahi toute l'école maternelle&nbsp». Si bien qu'au final les inspecteurs font ce constat désolant : «&nbspil n'y a plus guère aujourd'hui de spécialistes de cette école&nbsp». Après les années de dénigrement où il n'était pas question de former des enseignants «&nbsppour changer des couches culottes&nbsp» puis ces années où la maternelle était avant tout considérée comme une propédeutique à l'élémentaire, voici venu semble-t-il le moment de remettre les pendules à l'heure. C'est du moins l'ambition affichée par le projet de loi d'orientation et de programmation de l'école qui fait l'objet du débat parlementaire. «&nbspLes missions de l'école maternelle seront redéfinies afin de lui permettre de jouer pleinement le rôle majeur qui doit être le sien dans la prévention des difficultés scolaires et la réduction des inégalités&nbsp», annonce le ministère. Le texte met l'accent sur les conditions d'accueil des moins de trois ans dans les zones prioritaires ; 3 000 postes y seraient consacrés. Sa spécificité est de nouveau soulignée : «&nbspla formation dispensée dans les classes et les écoles maternelles favorise l'éveil de la personnalité des enfants, conforte et stimule leur développement affectif, sensoriel, moteur, cognitif et social. Elle les initie et les exerce à l'usage des différents moyens d'expression.&nbsp» Le texte de loi propose «&nbspdes approches éducatives qui visent à développer la confiance en soi et l'envie d'apprendre&nbsp» et la GS réintègre pleinement le Cycle 1.

Réinterroger les formes scolaires de la maternelle

L'école maternelle semble soumise à un mouvement de balancier. Un bémol est mis sur l'usage du papier-crayon et des fiches, qui ont peu à peu envahi les classes de moyenne ou grande section. Voici (re)venu le temps du développement de l'enfant. En vérité, la maternelle ne s'est jamais complètement éloignée de cette mission première, preuve en est la persistance des formes scolaires qui lui sont propres : l'atelier, le coin jeu, les rituels. Il ne s'agit pas pour autant de revenir à un âge d'or de la maternelle si tant est qu'il n'ait jamais existé, mais de réinterroger des formes scolaires qui ont vu le jour avec les mouvements d'éducation populaire des années 40, puis ont été revisitées à la lumière des valeurs sociales issues de mai 68. Et cela, à la lueur des enjeux d'aujourd'hui, notamment celui d'endiguer cette difficulté scolaire qui continue de frapper entre 15% et 20% des élèves à la sortie de l'élémentaire. Dans ce contexte la question de la formation se pose avec acuité. Plus que jamais il faut mettre en place une formation spécifique solide, prenant en compte le travail des enseignants et les missions de l'école maternelle. Mais il faut aussi tirer parti des acquis de la recherche afin de revitaliser les savoirs professionnels.

Construire des progressions qui vont de l'avant

La création d'une centaine d'IEN maternelle en 2009, aurait pu aller dans ce sens. Le bilan reste contrasté selon les départements. A certains endroits cela a pu permettre l'émergence de véritables «&nbsppôles pédagogiques&nbsp» comme dans l'académie de Dijon avec des ressources, des actions de formation. Mais ces expériences ne doivent pas rester l'exception, elles doivent au contraire constituer un point d'appui qui accompagne les changements annoncés pour la maternelle. Bien entendu, il serait exagéré de dire que la formation ne prend jamais en compte les besoins des jeunes enfants. La preuve, à l'école Sophie Condorcet de Valence, dans la Drôme, c'est bien parce que le travail fait à l'IUFM avec une équipe de l'IREM de Bordeaux les a conduit à se questionner sur la pertinence de certaines formes de travail que les enseignants ont remis en question l'organisation a priori des ateliers et choisissent la forme de travail en fonction d'objectifs précis. A Varennes dans la Meuse, c'est aussi avec le concours d'un IEN que les enseignantes de l'école sont passées «&nbspdes coins jeu aux espaces jeu comme lieux d'apprentissage&nbsp». Mais comme tout le monde n'a pas la chance d'avoir un IEN concerné sous la main, autant savoir que certaines ressources se trouvent en ligne même s'il reste difficile de transmettre une pratique par le web. Il y a les sites officiels institutionnels, tels que Néopass, mais aussi des outils issus du terrain, de la mutualisation des pratiques, c'est le cas de maternaile.net, site créé par Christine Lemoine, enseignante en Seine-et-Marne et dont elle a ressenti le besoin quand, débutante en classe unique maternelle elle se sentait «&nbsptrès isolée&nbsp». Cependant, ces ressources ne peuvent se substituer à des véritables temps de formation pour aider les enseignants. Tout cela doit contribuer au final à la mise en place d'une organisation des activités qui soit au service des apprentissages. Pour Alain Houchot, inspecteur général, il faut «&nbspd'abord réfléchir à ce que l'on peut organiser avec de très jeunes enfants et ensuite en déduire ce qu'on pourra mettre en place dans les classes suivantes&nbsp». Autrement dit, pour réussir la maternelle il faut construire des progressions qui vont de l'avant et non plus à rebours.

Lire :

Le Fenêtres sur cours n° 382

Voir aussi :

l'interview de Viviane Bouysse : à l'école de la maternelle
l'interview de Mireille Brigaudiot : mais à quoi sert la grande section ?

Alerte sur l'aide administrative à la direction

Actualités 1er degré - ven, 29/03/2013 - 16:36

Dans un courrier adressé le 29 mars au ministre de l'Éducation nationale, le SNUipp-FSU lui demande de prendre d'urgence toutes les dispositions pour renouveler les contrats des 12 000 employés de vie scolaire (EVS) affectés en grande partie aujourd'hui dans les écoles. En effet, «&nbspces contrats, recrutés progressivement au cours du premier trimestre de l'année scolaire 2012-2013 et ce, depuis le mois de juillet pour une durée de dix mois, commencent à arriver à échéance dès le mois d'avril 2013&nbsp» prévient le Secrétaire général du syndicat dans son courrier. Dès lors, les écoles risquent bien de se retrouver dans quelques semaines privées d'aide à la direction comme à l'accompagnement des élèves en situation de handicap. Les personnels exerçant ces missions se trouveraient quant à eux sans autre solution que le retour à Pôle-emploi.

Des discussions à venir pour l'accompagnement au handicap

L'aide à la direction, ainsi que l'accompagnement des enfants en situation de handicap, sont indispensables au bon fonctionnement des écoles. Pour le SNUipp, la «&nbsppriorité au primaire&nbsp» inscrite dans la loi d'orientation actuellement discutée au parlement ne saurait trouver comme première traduction une disparition de ces dispositifs. Il doivent au contraire être pérennisés et donner lieu à la création de nouveaux métiers statutaires. Si le dossier est ouvert concernant une professionnalisation à venir pour l'accompagnement du handicap, il n'en est rien pour la direction et le fonctionnement de l'école.

Alerte sur l'aide administrative à la direction d'école

A ce jour, il resterait près de 9 500 EVS affectés à l'aide administrative des directrices et directeurs (sur 46 000 écoles primaires.) Une première vague est donc menacée à très court terme mais aucune garantie non plus n'est actuellement donnée pour le financement des autres contrats de 36 mois qui vont arriver à échéance.


Le SNUipp-FSU décide donc de tirer la sonnette d'alarme. Le ministre doit apporter des réponses rapides sur le renouvellement de l'aide administrative. Il est plus qu'urgent d'ouvrir les discussions annoncées sur la direction et le fonctionnement de l'école.

Lire :
la lettre au ministre

Lire aussi :
les EVS doivent rester dans les écoles !