Agrégateur de flux

Carte scolaire : du mieux, loin de tout régler

Actualités 1er degré - ven, 10/04/2020 - 08:41

Malgré cette dotation abondée, plusieurs départements conservent un solde négatif ou une attribution très insuffisante. Notamment sur les académies de Créteil, Lille et Versailles qui ont des populations plus fragiles et un nombre important d’écoles en éducation prioritaire alors même que « la crise sanitaire a mis en exergue les inégalités tant sociales que scolaires. » Le SNUipp-FSU pour sa part continue de réclamer l’annulation de la dette scolaire partout.

La vérité des postes

Comme chaque année, le syndicat communiquera un bilan réel des opérations de cartes scolaires. Sur le terrain, la répartition des moyens semble d’ores et déjà s’accompagner d’un renoncement à une priorisation des REP et REP+, ou se fait au détriment de l’accompagnement pédagogique ou spécialisé des élèves en difficulté. Les premiers retours des comités techniques qui ont eu lieu dans les départements montrent que la baisse des effectifs ciblée sur les écoles rurales se fait en particulier aux dépens des dispositifs dédiés comme les Plus de maîtres (PMQC) ou les RASED. Ainsi dans nombre de départements les PMQC disparaissent complètement (En Isère, en Haute Savoie, dans le Doubs, l’Oise ou le Maine et Loire pour ne citer qu’eux) ou sont réduits à peau de chagrin (en Côtes d’or ou dans l’Yonne par exemple…). Les RASED subissent des suppressions importantes, comme dans le 42, le 24, le 11, le 34, le 05 ou encore le 64. 50 suppressions à l'échelle nationale sont déjà comptabilisées au moment où cet article est publié. Dans le 95, ce sont les seuils des classes dédoublés qui sont relevés.

Ces 1248 postes supplémentaires permettront d’annuler des fermetures initialement prévues sur des petites communes en maintenant une scolarisation avec des effectifs convenables dans des classes très souvent à multi-niveaux, et c’est une bonne chose. Pour autant le nombre d’élèves par classe restera globalement plus élevés que dans la plupart des pays comparables ce qui montre que le chemin est encore long. Enfin l’amélioration des taux d’encadrements ne suffit pas à lui seul à lutter contre les inégalités  scolaires qui seront sans nul doute accentuées par la crise sanitaire actuelle. Ainsi, il reste incompréhensible que les postes de maitres supplémentaires ou de RASED fassent l’objet de fermetures alors même qu’ils participent grandement de l’amélioration de la qualité de l’offre scolaire pour tous les élèves. Enfin, dans la plupart des départements des postes de remplaçants et remplaçantes ne sont pas créés, comme si la continuité pédagogique n’avait plus d’importance hors confinement.

Cette dotation supplémentaire indique que d’autres choix budgétaires sont donc possibles. Il faudra veiller à ce qu’elle ne reste pas du domaine de l’exception mais au contraire l’amplifier et l’inscrire dans les années à venir pour une démarche d’amélioration durable du service public d’éducation.

Le RASED, un pilier indispensable

Actualités 1er degré - jeu, 09/04/2020 - 11:46

Dans un "quatre pages" spécial, le collectif national RASED qui regroupe associations professionnelles, syndicats enseignants et organisation de parents rappelle que le dispositif d’aide aux élèves en difficultés doit retrouver ses moyens d’agir.
Comme « les réseaux d’aide ont perdu un tiers de leurs effectifs entre 2008 et 2012 », souligne le collectif, les aides spécialisées ont bien du mal à couvrir tout le territoire national. Une série de cartes montre par exemple que la quasi-totalité des départements français ne dispose plus que d’une seule aide à dominante relationnelle (ancienne option G) pour plus de 1250 élèves et que certains n'en disposent plus du tout. Autant dire que les enseignants et les enseignantes des écoles, les familles et les élèves ont perdu la possibilité réelle de faire appel à ce dispositif d’aide dans le quotidien de la classe et des écoles pour prendre en charge la difficulté scolaire.

Enfin, le collectif pointe que « le contexte de la prise en charge de la difficulté scolaire repose aujourd’hui de plus en plus sur des réponses standardisées dictées par les évaluations nationales, à l’aune des neurosciences et de ses protocoles ». Une façon de faire bien éloignée des aides spécialisées des réseaux d’aide qui relèvent au contraire d’une approche cousu-mains « co-construite avec les équipes et les familles pour mettre en place des remédiations appropriées », indique le collectif.

Le collectif rappelle enfin que la circulaire de 2014 fixant le cadre de travail des réseaux d’aide est toujours en vigueur et revendique que des postes soient à nouveau ouverts. Les organisations représentatives demandent que les deux dominantes du parcours « travailler en RASED » restent clairement identifiées et surtout proposées sur tout le territoire pour la formation CAPPEI des enseignantes et enseignants spécialisés. 

Un courrier au ministre

Le 6 avril, le collectif RASED national s'est également adressé au ministre pour lui rappeler qu'avec l'épisode épidémique que le pays traverse et la fermeture des écoles, nombre d'élèves suivis par les personnels spécialisés des RASED se retrouvent bien souvent parmi ceux qui ont le plus de mal à garder un lien avec leur scolarité. Le retour en classe sera donc particulièrement difficile pour eux et l'école aura encore plus besoin de personnels spécifiques pour les accompagner et soutenir les équipes. Alors que les projets de carte scolaire dans les départements font encore apparaître des suppressions de postes de personnels RASED, le collectif sollicite une audience auprès du ministre afin d'invoquer cette incohérence et plaider pour la spécificité et l'importance des réseaux d'aide dans l'aide aux élèves les plus fragiles. 

Carte scolaire : une dotation réajustée, une répartition à ajuster

Actualités 1er degré - mer, 08/04/2020 - 06:08

En pleine crise sanitaire, et surement que celle-ci n’y est pas pour rien, «&nbsple gouvernement réalise un premier coup de pouce budgétaire&nbsp» et «&nbspdémontre ainsi que l’ouverture des vannes est possible », indique le SNUipp-FSU dans un communiqué.
Un investissement que le syndicat ne cesse de réclamer et de marteler depuis des années en mettant en avant le sous-investissement chronique de notre école par rapport à des pays aux économies comparables. Il s’était d’ailleurs encore une fois adressé en ce sens la semaine dernière au ministère pour réclamer l’annulation de la dette scolaire. Il s’agit maintenant conclut le communiqué «&nbspd’amplifier cet élan et de l’inscrire dans une démarche d’amélioration durable pour le service public d’éducation &nbsp».

Encore un effort 

Pour autant «&nbspcertains départements comme les Alpes-de-Haute Provence, les Hautes-Alpes, les Landes, la Lozère, le Maine-et-Loire, la Mayenne, les Côtes d’Armor ou encore le Finistère conserve une dotation négative, ce qui est inacceptable », relève le SNUipp-FSU. Il rappelle aussi que «&nbspl’école a besoin de moyens indispensables, d’autant plus à l’issue du confinement, comme les RASED, les remplaçants, les postes spécialisés, les plus de maîtres que de classes ». Enfin, le syndicat note que «&nbsples départements qui ont des populations plus fragiles et des écoles en éducation prioritaire, semblent être les grandes oubliées de cette dotation ».

Le communiqué  Un réajustement qui va faire du bien aux écoles

En créant 1 248 postes supplémentaires en plus des 440 initialement prévus, le ministère de l’Éducation nationale prend acte de l’insuffisance des moyens initialement donnés au premier degré pour préparer la rentrée 2020. Le SNUipp- FSU y a largement contribué en demandant l’annulation de la dette scolaire et en s’adressant aux élus et aux représentants des maires en particulier.
Avec 1 688 créations de postes au total, les écoles vont pouvoir trouver un nouveau souffle, notamment dans les académies à dominante rurale qui avaient été lourdement ponctionnées dans un premier temps. Le SNUipp-FSU se satisfait de ce nouveau calcul qui va éviter des fermetures de classes et maintenir un service public d’éducation de proximité.

Cette dotation va permettre également de financer des priorités ministérielles, comme la limitation des effectifs à 24 élèves en grande section de maternelle, sans pour autant les compenser par des fermetures.
Pour autant, des inquiétudes persistent quant à la répartition de cette dotation. Des départements comme les Alpes-de-Haute Provence, les Hautes-Alpes, les Landes, la Lozère, le Maine-et-Loire, la Mayenne, les Côtes d’Armor ou encore le Finistère conservent une dotation négative, ce qui est inacceptable. Le SNUipp-FSU demande l’annulation de la dette scolaire partout.
D’autre part, la crise sanitaire a mis en exergue les inégalités tant sociales que scolaires, or les départements qui ont des populations plus fragiles et des écoles en éducation prioritaire, semblent être les grandes oubliées de cette dotation. Et plus globalement, l’école a besoin aussi de moyens indispensables, d’autant plus à l’issue du confinement, comme les RASED, les remplaçants, les postes spécialisés, les plus de maîtres que de classes, qui doivent être aussi renforcés.
Une autre inquiétude pèse sur le recrutement. Tout le monde a bien conscience qu’enseigner est un métier qui s’apprend. Aussi le ministère doit également anticiper en augmentant le nombre de places au concours, afin d’avoir des enseignants formés et ne pas recourir à des contractuels à la rentrée.

En pleine crise sanitaire, ce coup de pouce budgétaire va faciliter la préparation de la prochaine rentrée scolaire, sans toutefois résoudre toutes les inégalités. Il démontre qu’une ouverture des vannes budgétaires est donc bien possible. Cet élan doit s’amplifier et s’inscrire dans une démarche d’amélioration durable pour le service public d’éducation.

Paris, le 7 avril 2020

Le jour d'après : la pétition

Actualités 1er degré - mar, 07/04/2020 - 08:58

La pétition lancée par Action Non-Violente COP 21, Alternatiba, les Amis de la Terre France, Attac France, CCFD Terre Solidaire, Confédération paysanne, CGT, Convergence nationale des Services Publics, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Copernic, Greenpeace France, Oxfam France, Reclaim Finance, Union syndicale Solidaires, 350.org, appelle les citoyennes et les citoyens, qui partagent le constat dressé d’urgence sociale et écologique et en ont assez des discours creux, à se mobiliser pour que le «&nbspJour d’Après&nbsp» soit construit ensemble, en rupture avec les politiques menées jusque-là. "Les solutions existent, agissons !" proclament les signataires.

Signer la pétition 

Les organisations proposent quatre mesures urgentes ...
  • Stopper les activités non indispensables. 
  • Réquisitionner établissements médicaux privés et entreprises pour répondre à la crise
  • Suspendre les versements de dividendes, rachats d’action et bonus aux PDG. 
  • Orienter les milliards d’euros injectés dans l’économie française et européenne vers les besoins sociaux et écologiques des populations&nbsp».
... et trois mesures de long terme 
  • Un plan de développement de tous les services publics
  • Une fiscalité bien plus juste et redistributive, un impôt sur les grandes fortunes, une taxe sur les transactions financières et une véritable lutte contre l’évasion fiscale.
  • Un plan de réorientation et de relocalisation solidaire de l'agriculture, de l'industrie et des services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations, de répondre à la crise écologique.

Signer la pétition 

En avril, la paye ne se découvre pas d’un fil

Actualités 1er degré - lun, 06/04/2020 - 19:02

Pas de mauvaise surprise financière en avril. Une note de la Direction des affaires financières du 1er avril vient de préciser le maintien des versements des salaires. Les personnels des écoles recevront une paye similaire à celle du mois de mars, indemnités dites permanentes incluses (NBI, ISAE, indemnités REP, direction…).

Jour de carence en confinement

Dans le même temps d’urgence sanitaire, le jour de carence n’est pas appliqué, les retenues pour faits de grève sont également suspendues. De quoi renflouer les comptes après la ponction parfois sévère des journées de grève au mois de mars dans certaines académies. Les changements d’échelon devant intervenir ce mois-ci ou encore l’ISSR sont également reportés. Des régularisations auront lieu ultérieurement.

Pour toutes les nombreuses questions administratives qui se posent pendant cette période de confinement, le SNUipp-FSU met à disposition des personnels une plateforme dédiée de foire aux questions régulièrement mise à jour. 

Des masques, enfin !

Actualités 1er degré - jeu, 02/04/2020 - 20:16

Après trois semaines de confinement, une école fermée à Panne (45) pour contagion générale, des cas de contagions d'enseignants et d'enseignantes volontaires et plusieurs interventions syndicales, le ministre de l’éducation prend en compte la protection de ses personnels. Des masques à destination des écoles assurant l’accueil des enfants des équipes soignantes sont en cours d’acheminement, assure la rue de Grenelle. Seront-ils en nombre suffisant ? 
Dès le 15 mars, le SNUipp-FSU avait interpelé le ministre pour lui demander de protéger les personnels et de leur donner les moyens sanitaires d’assurer cet accueil. Le 23 mars, un nouveau courrier intersyndical réclamait lui aussi toutes les mesures de précautions nécessaires. Quelques jours plus tard, et suite aux annonces gouvernementales de commandes de masques, le SNUipp-FSU s’adresse à nouveau au ministre pour demander l’inscription des enseignantes et enseignants sur la liste des personnels prioritaires à protéger, afin qu’ils puissent bénéficier des fameux masques.
A la veille du mois d’avril, le ministère prend finalement en compte toutes ces demandes et les risques que cette absence de mesure sanitaire pouvait engendrer.

Livraison en cours

Les masques arrivent progressivement dans les départements et devraient être distribués dans les écoles dans les prochains jours. Une urgence à la fois de protection des enseignantes et des enseignants, des enfants et de leurs proches, et de rupture d’une chaîne de transmission qui aura pris du temps, beaucoup trop de temps. 
De quoi rassurer enfin les familles concernées et les personnels volontaires engagés pour le service public d’éducation.

Le SNUipp-FSU, avec les personnels, sera extrêmement vigilant à ce que toutes les écoles accueillant des enfants des équipes soignantes bénéficient dorénavant de ces indispensables masques. 

Le ministre doit annuler la dette scolaire

Actualités 1er degré - jeu, 02/04/2020 - 17:09
Le communiqué

Le ministère de l’Éducation nationale annonce une dotation complémentaire en postes pour la rentrée prochaine afin qu’aucune fermeture de classe n’ait lieu en milieu rural sans l’accord du maire et de diminuer les fermetures en milieu urbain.

Cela répond en partie aux demandes formulées par le SNUipp-FSU, mais pour celui-ci, l’urgence passe en premier lieu par l’annulation de toutes les dotations négatives aux départements. Comme cela a déjà été fait pour les départements de la Martinique et de la Guadeloupe, les suppressions de postes doivent être annulées.

Cette opération représenterait un solde de 710 postes qui font actuellement défaut pour la préparation de la prochaine rentrée scolaire.

Rappelons qu’était initialement prévue la création de 440 postes supplémentaires, une dotation bien insuffisante pour répondre aux besoins de l’école primaire et qui ne permet même pas de financer les priorités ministérielles comme la limitation des effectifs à 24 élèves dans les classes de grande section.

A la suite de cette première mesure d’urgence pour préparer la rentrée, le SNUipp-FSU chiffrera les moyens indispensables dont l’école aura besoin le « jour d’après », à l’issue du confinement. Parce qu’il ne s’agit pas de constater les inégalités mises en lumière par cette crise sanitaire mais bien de les combattre durablement.

Paris, le 02 avril 2020

Témoigner pendant le confinement

Actualités 1er degré - jeu, 02/04/2020 - 12:41

L'école vit une situation exceptionnelle à tout point de vue. Enseignements à distance et maintien d'un lien scolaire mis en place dans l'urgence, relation aux élèves et aux familles modifiée, technologies d'information et de communication utilisées et investies plus ou moins facilement. Dans le même temps, il a fallu s'organiser pour accueillir les enfants des personnels soignants. La période montre les capacités de création, d'innovation, d'adaptation et d'expérimentation de la profession. Mais elle montre aussi les limites fortes d'un enseignement à distance notamment pour des enfants qui n'ont pas à disposition les conditions matérielles nécessaires ou encore l'accompagnement voire la disponibilité de l'environnement familial. 

C'est un moment important de l'histoire de notre école et le SNUipp-FSU propose de faire part de son expérience sur son « observatoire du métier enseignant ». Prendre le temps du témoignage, du recul et de l'analyse et participer ainsi à enrichir la réflexion collective sur l'évolution du métier. 

Aller dans l'observatoire

Tous les élèves ont besoin de vacances

Actualités 1er degré - jeu, 02/04/2020 - 07:33

Alors que «&nbspla période de confinement révèle et exacerbe encore davantage les inégalités sociales et scolaires&nbsp», le ministre propose de «&nbspdiviser les élèves en deux catégories, celles et ceux qui auraient besoin de se reposer et celles et ceux qui auraient besoin de remédiation&nbsp», écrivent ensemble les organisations syndicales représentatives du ministère de l’Éducation nationale et la fédération des parents d’élève, FCPE.

Les organisations réunies pour l’occasion rappellent  que «&nbspl’heure est à prendre soin de sa santé sans ajouter de la culpabilité&nbsp», et appellent  le ministre «&nbspà cesser sur le temps présent de multiplier les messages&nbsp».
Enfin, le courrier indique que «&nbspsi le lien éducatif a été maintenu avec les élèves dans la période de confinement, le fonctionnement normal de l'école s'est arrêté le 13 mars et à la reprise, tous les éléments de programme seront repris en tenant compte de ce temps suspendu : c’est cela qui constituera la continuité des apprentissages due à tous les élèves  »

Une vidéo du SNUipp-FSU  Le courrier Intersyndical

Monsieur le Ministre,
Alors que les vacances de printemps démarreront ce samedi dans la zone C, vous avez annoncé la mise en place, pendant cette période, d'un programme de soutien scolaire divisant ainsi les élèves en deux catégories, celles et ceux qui auraient besoin de se reposer et celles et ceux qui auraient besoin de remédiation.
Tous les élèves, parents d’élèves et personnels ont droit aux vacances et en ont besoin. Les parents d’élèves demandent à ce que s’arrête la pression qui s’exerce sur eux et leurs enfants.

Continuer à marteler qu’il faut faire de la remise à niveau à distance pour certains élèves, c’est entretenir l’idée que l’objectif reste d’avancer vers l’acquisition de nouvelles notions sans qu’il n’y ait de freins importants voire insurmontables par certains. Des élèves ont des difficultés qui ne peuvent être dépassées que par un accompagnement spécifique et en présentiel sur du long terme, d’autres n’ont pas les conditions matérielles et enfin des familles sont plongées dans les plus grandes difficultés pour soutenir leurs enfants. Certaines ne le peuvent pas par manque de connaissances, de matériel, d’espace ou de disponibilité. Ce faisant, vous demandez aux parents d’endosser un rôle qui n’est pas le leur. Face à l’ampleur de la tâche, se développent culpabilité parentale, stress, situations conflictuelles provoquant au mieux renoncement au pire des violences verbales ou physiques.


L’heure est à prendre soin de sa santé sans ajouter de la culpabilité, c’est pourquoi les exigences ministérielles doivent être réorientées. Il faut cesser de tenir médiatiquement et dans les instructions transmises un discours de continuité pédagogique qui induit l’idée de progressions, d’assimilation de notions nouvelles.

Les inégalités existent, le confinement, hélas, n’efface pas ces réalités mais les révèle plus cruellement encore et les exacerbe. Il convient de ne pas les creuser davantage. Il s’agit avant tout de maintenir le lien avec les élèves et les familles pour les rassurer et les accompagner, dans le respect du droit à la déconnexion de tous et des statuts des personnels. Il convient aussi de faciliter pour tous la reprise quel que soit le moment où elle aura lieu.

Vouloir à tout prix enseigner de nouvelles notions durant la période de confinement va inévitablement aggraver les inégalités scolaires, entre les élèves qui auront été dans des conditions matérielles propices aux apprentissages et les autres. Dans ce sens, il ne doit pas y avoir de prise en compte d’évaluations qui auraient eu lieu pendant la période de confinement, ni au retour de celle-ci sur ce qui aurait été étudié dans cette période.

S’il est nécessaire de se poser ensemble la question de l’après, il faut cesser sur le temps présent de multiplier les messages. Il faut au contraire avoir une parole claire et rassurante : si le lien éducatif a été maintenu avec les élèves dans la période de confinement, le fonctionnement normal de l'école s'est arrêté le 13 mars et à la reprise, tous les éléments de programme seront repris en tenant compte de ce temps suspendu : c’est cela qui constituera la continuité des apprentissages due à tous les élèves.
Il est donc nécessaire que vous affirmiez clairement aux enseignant-es comme aux familles, que les vacances scolaires doivent être un temps de repos et de coupure. Faisons confiance aux équipes pour maintenir le lien éducatif avec leurs élèves et les familles.
C’est ce message que nos organisations portent ensemble aujourd’hui.C’est ce message que nous vous demandons d’adresser rapidement à l’ensemble de la communauté éducative.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

De nouvelles évaluations pour le primaire ?

Actualités 1er degré - mer, 01/04/2020 - 06:22

Désir d’innovation ou retour en grâce d’une certaine forme de bienveillance dans la maison Éducation nationale ? C’est une petite révolution qui pourrait bien s’engager en matière d’évaluation des élèves. A l’occasion d’une visio-conférence organisée par des experts de la DEPP, a été dévoilée une expérimentation portant sur un tout nouveau système d’évaluation de la petite section de maternelle au CM2.
Pour tenter de mieux coller aux grandes orientations de la loi pour « l’école de la confiance », le dispositif est censé évaluer une batterie d’items directement inspirés de l’indice du « Bonheur national brut » mis en place par le Bhoutan, petit État situé aux confins de l’Inde et du Népal. « L’architecture du projet nous a été suggérée au cours d’une mission d’étude sur le système éducatif du pays. », précise Syrène Haveneau, chargée de la prospective au ministère et déléguée à la réussite scolaire. « dans les écoles bhoutanaises, sont évaluées plusieurs dimensions telles que bien-être psychologique, santé, usage du temps, diversité culturelle, gouvernance, vitalité de la vie démocratique, et respect de l'environnement. Nous avons choisi d’adapter ce corpus de compétences au vécu des écoliers français. »
Il s’agira bien dès lors, de mesurer le plaisir que les enfants pourront prendre à fréquenter l’école dès la rentrée prochaine. Une petite révolution, déjà discrètement expérimentée cet automne dans plusieurs circonscriptions du Finistère et de Seine-Maritime.

Un dispositif controversé

Exit donc, notes, bulletins scolaires et bons points pour les enfants des écoles de Douarnenez et du Tréport. Les livrets d’auto-évaluation, conçus par l’équipe d’André Amphibi - dont les travaux de recherche sur la « constante funèbre » font autorité - déclinent les capacités à « surmonter sa contrariété », « contredire les idées reçues », « amuser ses camarades » ou encore « cultiver le potager Bio de l’école ».
Pas sûr néanmoins que l’expérimentation soit généralisée, des voix s’élevant déjà pour dénoncer de possibles dérives pédagogistes. C’est ainsi que le collectif Sauvons les notes s’est associé à la Fondation Édouard Bled pour organiser devant la rue de Grenelle, sur le mode de la Manif pour tous, un grand rassemblement baptisé « zéro pointé pour le ministre ! », dès que les mesures de confinement seront levées.
Le SNUipp-FSU a décidé quant à lui d’interpeler Jean-Michel Blanquer, pour que s’ouvrent au plus vite des discussions sur une évaluation du même type pour les enseignantes et les enseignants des écoles.

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Des masques, Monsieur le Ministre !

Actualités 1er degré - lun, 30/03/2020 - 14:36
Lire le courrier 

Monsieur le Ministre,
Vous avez la responsabilité de veiller à la sécurité et à la protection des personnels. Or ceux et celles qui accueillent les enfants de soignants, y compris dans les zones où le virus est particulièrement «&nbspactif&nbsp», ne possèdent bien souvent aucune protection et les gestes barrières pour les enfants du primaire sont difficilement applicables.
Cette absence de protection met en danger la santé des enseignants et de leurs proches, mais aussi celles des élèves accueillis et de leurs familles. Elle pourrait effectivement engendrer une chaîne de transmissions supplémentaires dans les écoles. Cela pourrait nuire au volontariat et à l’engagement actuel des personnels dans cette solidarité indispensable au bon fonctionnement du service public de santé.
Nous demandons donc avec insistance, à ce que les personnels volontaires pour l’accueil dans les écoles soient inscrits sur la liste des «&nbspbénéficiaires prioritaires des personnels protégés&nbsp», afin de bénéficier de masques de protection.
Nous vous remercions au vu de ces éléments de donner bonne suite à notre demande. Veiller sur la santé des personnels est un devoir de l’Etat.
Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Paris le 30 mars 2020

Le jour d'après

Actualités 1er degré - dim, 29/03/2020 - 12:15
L'appel

En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos Etats à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des «&nbspdécisions de rupture&nbsp» et à placer «&nbspdes services (…) en dehors des lois du marché&nbsp». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde.

Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s’agit de pallier en urgence à la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires... Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services ré-pondant aux besoins essentiels de la population les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.

La réponse financière de l’État doit être d’abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d’activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travail-leurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.

Le néolibéralisme, en France et dans le monde, a approfondi les inégalités sociales et la crise du coronavirus s’abattra notamment sur les plus précaires. Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes.
Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d’énergie, d’eau, de téléphone et d’internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.

Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les sala-rié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.

Trop peu de leçons ont été tirées de la crise économique de 2008. Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la «&nbspcrise du coronavirus&nbsp». Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008. Cette crise ne peut une nouvelle fois être payée par les plus vulnérables. Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l’évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l’emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d’un plan contraignant de respect des accords de Paris... Car l’enjeu n’est pas la relance d’une économie profondément insoutenable. Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes…

La «&nbspcrise du coronavirus&nbsp» révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d’enclencher une transition écologique et sociale des activités.

La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d’instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des Etats les plus puissants. De ce point de vue, la «&nbspcrise du coronavirus&nbsp» dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.

Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.

Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre «&nbspjour d’après&nbsp». Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

Les signataires

• Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
• Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France
• Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
• Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
• Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
• Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
• Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France
• Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
• Clémence Dubois, responsable France de 350.org
• Pauline Boyer, porte-parole d’Action Non-Violente COP21
• Léa Vavasseur, porte-parole d’Alternatiba
• Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
• Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
• Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
• Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
• Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
• Mélanie Luce, présidente de l’UNEF
• Héloïse Moreau, présidente de l’UNL

Du répit pour la carte scolaire ?

Actualités 1er degré - sam, 28/03/2020 - 11:39

Aucune fermeture de classe en milieu rural sans l’accord du maire. La mesure, annoncée par le ministre de l’Éducation nationale à l’occasion d’un journal télévisé, prolongerait celle prise en 2019 de ne fermer aucune école rurale sans ce même accord.
La rue de Grenelle se serait également engagée à être en mesure de décider moins de fermetures, ayant obtenu une «&nbspenveloppe&nbsp» de postes supplémentaires pour prendre en compte le caractère exceptionnel de la situation. Et de pouvoir ainsi revoir l’équilibre ouvertures-fermetures en milieu urbain.
Dans une période où les réunions en présentiel sont interdites, où les maires et les conseils municipaux n’ont pas tous été élus, où le pays vit au ralenti, où enseignantes et enseignants sont mobilisés pour assurer une activité scolaire et un lien avec les familles et les enfants, il était incompréhensible que les cartes scolaires se tiennent comme si de rien n’était.

Des questions en suspens

Le SNUipp-FSU avait interpellé le ministre à ce sujet. Les actions locales et nationales de la FSU, tout comme les initiatives intersyndicales, ont pesé dans ces annonces et de plus en plus de Dasen annoncent déjà le report des instances.
Pour autant, ces promesses télévisuelles doivent se concrétiser. Quel sera le volume de cette nouvelle dotation de postes ? Quelle est la définition précise d’une école rurale ?
Le ministère peut-il garantir qu'aucun moyen ne soit redéployé (remplacement, RASED…) ou que la mise en œuvre des dédoublements prévus ne soit pas reportée ou encore que le nombre de postes au concours soit augmenté ?
Dans cette situation exceptionnelle mettant en lumière les inégalités à l’école, le SNUipp-FSU revendique un moratoire sur toutes les opérations de carte scolaire, qui doivent se limiter aux ouvertures de classes là où elles sont nécessaires et une dotation permettant partout d’alléger les effectifs comme de développer les RASED et les maîtres supplémentaires.
Ces annonces, tout comme comme la vidéo adressée aux enseignants, montrent un changement de ton que le SNUipp-FSU a réclamé avec force ces dernières semaines. Cela ne peut toutefois suffire à rassurer une profession actuellement engagée pour le maintien du lien avec leurs élèves et pour l’accueil des enfants des équipes soignantes.

La crise épidémique confirme, s’il en était besoin, l’utilité des services publics, dont celui de l’éducation. Pour la rentrée, le SNUipp-FSU réclame un moratoire sur toutes les opérations de carte scolaire, lesquelles doivent être limitées aux ouvertures de classes là où elles sont nécessaires. Il demande aussi une dotation permettant d’alléger les effectifs, de développer les RASED et les maîtres supplémentaires. Cela dans toutes les écoles, afin de reconstruire ce que cette crise sanitaire aura chamboulé et peut-être enfin s’attaquer franchement aux inégalités.
Par ailleurs, le syndicat continue de réclamer la protection optimale de tous les personnels qui accueillent les enfants des équipes soignantes avec la fourniture de masques et l’arrêt de toutes les opérations administratives nécessitant des échanges en présentiel (notamment Affelnet). 

Des excuses, Mme la porte-parole

Actualités 1er degré - jeu, 26/03/2020 - 08:13

Le président de la République, lors d’une allocution à Mulhouse le 25 mars au soir, a rendu un hommage appuyé aux personnels enseignants qui prennent toute leur part dans la mobilisation des services publics contre l’épidémie.
Il est vrai qu’il fallait de toute urgence réparer la sortie de route de la porte-parole du gouvernement qui, une heure auparavant, avait tranquillement affirmé lors d’un point de presse qu’ on « ne demanderait pas à des enseignants, qui actuellement ne travaillent pas compte-tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises garigette. »
Une petite phrase qui ne passe pas, quand on sait l’engagement de l’ensemble des personnels auprès de leurs élèves pour assurer une difficile continuité scolaire, et celui de tous ceux qui accueillent aujourd’hui dans les classes les enfants des personnels soignants.
Le SNUipp-FSU est immédiatement intervenu auprès du cabinet du ministre de l’Éducation nationale pour réclamer une correction et des excuses publiques, le mea culpa de Madame Ndiaye par voie de réseaux sociaux n’y suffisant pas. C’est également ce que demande la FSU.

Le communiqué de la FSU

Propos inacceptables de la porte-parole du gouvernement

Les propos de Sibeth Ndiaye disant que le gouvernement «&nbspne demanderait pas aux enseignants qui ne travaillent pas de traverser toute la France pour aller ramasser des fraises&nbsp» sont, dans le contexte actuel, à la fois incompréhensibles, scandaleux et irresponsables.

Les enseignant-es, comme tous les personnels éducatifs et des services publics, travaillent, le plus souvent avec leurs ordinateurs et leurs connexions personnels, dans des conditions difficiles mais en ayant à cœur de faire le maximum pour leurs élèves, leurs étudiants, ce qui nécessite bien souvent un surcroît d'activité.

Ces propos ont certes ensuite fait l'objet d'un tweet de mea culpa de la part de Madame Ndiaye, mais le message selon lequel les enseignant-es ne seraient pas au travail a bien été formulé, jetant le discrédit auprès de l'opinion publique puisqu'il a été énoncé à la tribune en sortie du Conseil des Ministres. C'est pourquoi la FSU exige des excuses publiques de la part de la porte-parole du gouvernement.

Les Lilas, le 25 mars 2020

Confinement, continuité : quelques consignes

Actualités 1er degré - mar, 24/03/2020 - 13:05

L'urgence est sanitaire et non pas scolaire même si les enseignants et les enseignantes ont montré qu'elles n'abandonnaient pas leurs élèves et les familles. Aussi est-il nécessaire de rappeler que la priorité reste de se protéger, de protéger les autres, en limitant ses déplacements au maximum.

À propos du confinement 
  • Les consignes gouvernementales demandent expressément de rester confinés et de télé-travailler. Aucun personnel, aucune famille ne peut être sommé de déroger au confinement, sauf absolue nécessité comme les personnels qui assurent dans les écoles l’accueil des enfants de soignants et soignantes. 
  • L’administration doit assurer des conditions permettant la protection de la santé des personnels comme des élèves
  • Les directeurs et directrices n’ont pas à fournir des attestations de déplacement dérogatoire aux familles : celui-ci n’est pas inscrit dans les motifs impérieux. De surcroît cela supposerait une rencontre qui ne correspond pas aux indications sanitaires préconisées. 
  • Il est indispensable de faire confiance aux équipes : les enseignantes et les enseignants sont très engagés dans le maintien d'une activité scolaire et ont pris en compte la difficulté des élèves n’ayant pas d’outils numériques. Des modes d'organisation ont été trouvés.
À propos de la continuité dite «&nbsppédagogique&nbsp»
  • Contrairement aux réponses dans la foire aux questions (FAQ) du ministère, les enfants ne sont pas élèves à la maison. Ils ont ponctuellement des activités scolaires en autonomie qui permettent de maintenir un lien avec l’école. 
  • En aucun cas, il ne faut envisager d’aborder des nouveaux points du programme donc des notions nouvelles.
  • L'école a comme devoir de ne pas creuser les inégalités et de penser prioritairement à ceux et celles qui n’ont pas de matériel, pas de conditions de concentration possibles, pas de possibilité d’être aidés 
  • Toutes les situations d’apprentissage à la maison doivent être valorisées : jouer ensemble, cuisiner, lire des livres, regarder des documentaires, et profiter les uns des autres 

Chaque enseignant et enseignante maintient le lien avec les familles, prend des nouvelles, vérifie que le travail demandé ne crée pas de tensions, que la quantité est bien ajustée, propose des pistes d’activité… Les personnels font preuve comme toujours d’une grande responsabilité et d’une grande professionnalité, qu’on leur fasse confiance !

Protéger les personnels enseignants !

Actualités 1er degré - mar, 24/03/2020 - 07:19

Alors que les consignes gouvernementales demandent expressément de rester chez soi en confinement et de télé-travailler, les organisations syndicales représentatives du ministère de l'Éducation nationale constatent que «&nbsples fonctionnaires de l’Éducation nationale sont l’objet de demandes croissantes qui contreviennent à ce principe&nbsp» . Des demandes qui s'appuient sur un prétendu  «&nbspmotif familial impérieux » pour récupérer des supports de travail pour les élèves. Or «&nbspaucun personnel, aucune famille ne peut être sommé de déroger au confinement, sauf absolue nécessité justifiée par l'organisation concrète de la continuité du service ou pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignant-es », rappelle le courrier. 

Les huit organisations, CGT, Faen, FO, FSU, SGEN-CFDT, Snalc, Solidaires et Unsa réclament également pour les personnels qui agissent au quotidien avec des enfants de personnels soignants de pouvoir obtenir rapidement toutes les mesures de précautions nécessaires et le matériel pour le faire. Gants, masques, mouchoirs jetables en quantité, gel n'étant disponible que dans de très rares cas. 

Enfin, le courrier interpelle directement le ministre en notant que si les personnels «&nbspont tout mis en oeuvre pour maintenir le lien avec leurs élèves sans en oublier. Il faut leur faire confiance. Il faut aussi rester modestes et vigilants, et ne pas creuser les inégalités entre nos élèves ». Car «&nbspl’urgence n’est pas dans l’avancement du programme mais dans le maintien pour tous les élèves d’un lien avec les apprentissages&nbsp» lui ont-elles écrit en lui demandant de cesser «&nbspd’évoquer une “continuité pédagogique” laissant entendre qu’elle pourrait remplacer l’enseignement en présentiel ».

Le courrier 

Monsieur le Ministre,
Les personnels montrent leur engagement pour accueillir dans les écoles les enfants de soignant-es, assurer les fonctions techniques et administratives qui requièrent impérativement leur présence sur site et maintenir une activité scolaire. Leur protection est nécessaire. Nous exigeons que les mesures de protection et d'hygiène soient appliquées, que du matériel (masque, gel hydroalcoolique, serviette à usage unique…) soit systématiquement fourni dans les écoles, établissements et services. Dans de trop nombreuses situations ce n’est pas le cas.
Les consignes gouvernementales demandent expressément de rester confiné-es et de télé-travailler. Or nous constatons que les fonctionnaires de l’Éducation nationale sont l’objet de demandes croissantes qui contreviennent à ce principe de confinement, appuyées désormais sur votre demande d’utilisation étendue du «&nbspmotif familial impérieux&nbsp» pour récupérer des supports de travail pour les élèves. Aucun personnel, aucune famille ne peut être sommé de déroger au confinement, sauf absolue nécessité justifiée par l'organisation concrète de la continuité du service ou pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignant-es.
Nous vous demandons également d’indiquer clairement aux autorités rectorales, que les déplacements doivent être réduits à l’essentiel, qu’à l’exception des personnels volontaires pour assurer l’accueil des enfants de soignant-es et l’organisation de la continuité du service, il convient de ne pas se rendre sur son lieu de travail. Tous les moyens doivent pouvoir être donnés aux personnels afin d’assurer à distance les missions absolument indispensables.
La priorité aujourd’hui doit être sanitaire. Il est inacceptable que vous demandiez aux chefs d’établissement, aux directeurs d’école, aux IEN et aux DASEN de signer des attestations de déplacement dérogatoire destinées aux parents d’élèves.
…/…
Les personnels de tous les métiers de l'éducation ont fait preuve de la plus grande responsabilité et de professionnalisme. Les enseignant-es, particulièrement, ont mis tout en œuvre pour maintenir le lien avec leurs élèves sans en oublier. Il faut leur faire confiance. Il faut aussi rester modestes et vigilants, et ne pas creuser les inégalités entre nos élèves. L’urgence n’est pas dans l’avancement du programme mais dans le maintien pour tous les élèves d’un lien avec les apprentissages, dans le respect de la protection dues aux agent-es. La poursuite du lien entre les professionnels et les familles n’est pas sans difficulté : inégalités entre les familles liées aux conditions matérielles d’existence, difficultés à s’organiser pour le travail des enfants à la maison. Nos organisations demandent que le ministère cesse d’évoquer une “continuité pédagogique” dont il laisse entendre qu’elle pourrait remplacer l’enseignement en présentiel.
L’engagement dont les personnels ne cessent de témoigner sera, dans des conditions retrouvées de sureté sanitaire, et comme à l'accoutumée, mis au profit de tous nos élèves.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

Paris le 23 mars 2020

Assez des injonctions contradictoires !

Actualités 1er degré - lun, 23/03/2020 - 11:35

Comment comprendre en effet que l’on demande aux enseignantes et enseignants de tenir des permanences dans les écoles et de recevoir des familles pour leur distribuer des polycopiés ?! Les équipes pédagogiques ont su démontrer la semaine passée leur adaptabilité dans un contexte exceptionnel pour tenter de maintenir un lien avec les élèves et leur famille. Elles se sont également organisées pour l’accueil des enfants de personnels soignants. Mais cela n’y suffirait toujours pas selon la rue de Grenelle...
Enfin il serait bon également que le ministère cesse de dispenser le chaud et le froid sur le calendrier scolaire, la reprise des cours et la fin de l’année dans ce contexte.
Aussi la FSU s’est-elle adressée au Premier ministre afin d’obtenir que toutes ces problématiques soient clairement intégrées à la gestion de crise globale.

Lire le courrier

Monsieur le Premier Ministre, 

La crise sanitaire que nous traversons est d’une gravité extrême. Les personnels de l’Education, de l’enseignement agricole et du versant territorial de la Fonction publique que nous représentons en ont pris la mesure. Le bilan des derniers jours montre un grand élan de solidarité envers les personnels soignants et de nombreux exemples le prouvent
Les enfants des soignants ont été pris en charge partout où cela a été nécessaire, très souvent sans mise à disposition des moyens de protection nécessaires (gels hydroalcooliques, masques...), ce qui ne doit pas perdurer. Dans le même temps, les personnels font le maximum pour maintenir, avec beaucoup d’engagement, une activité scolaire à distance avec les élèves maintenant confinés.
Nous souhaitons par cette lettre attirer votre attention sur quelques points problématiques et qui le deviennent davantage suite aux interventions du ministre de l’éducation nationale dans les médias qui ne sont rien d’autre que des injonctions paradoxales comme celle d’inciter enseignant.es et familles à se déplacer pour échanger les exercices ou «&nbspdevoirs&nbsp». Ces interventions sont également relayées dans l’enseignement agricole et maritime où elles posent les mêmes problèmes.
Il est très important que les élèves gardent le contact avec les équipes éducatives. Pour autant, nous le savons, l’école à distance ne peut remplir les mêmes objectifs que la classe et la vie dans l’établissement scolaire. Tous les élèves ne disposent pas du matériel ni de la connexion leur permettant de tirer parti des propositions des équipes pédagogiques. Tous les élèves n’ont pas la même autonomie de travail ni les mêmes facilités d’apprentissages. Les parents ne sont pas des professeurs et il serait faux de leur demander de remplacer l’école, d'autant que les familles peuvent être mises en grande difficulté dans la période. De plus, l’Education nationale et l’Enseignement agricole peinent à offrir un cadre respectueux de la réglementation, dont le RGPD, pour répondre au trafic de masse en cours.
Or, dans de trop nombreux cas les personnels sont soumis à des injonctions qui entrent en contradiction avec la priorité à la sécurité sanitaire que vous avez préconisée. Des personnels sont encore soumis à des pressions et se voient encore aujourd’hui appelés à travailler dans les écoles, établissements ou services alors que rien ne justifie leur déplacement au regard des tâches essentielles de continuité de service.
Nous pensons aux enseignant.es mais aussi aux personnels administratifs, de vie scolaire, aux agents territoriaux et aux AESH. D’autres sont invités à donner rendez-vous aux familles dans les commerces pour remettre des photocopies, etc... Il est d'ailleurs ubuesque que des agents publics se voient ainsi sommés par leur hiérarchie de contribuer à contourner les règles qui structurent le confinement.
Nous vous demandons que les personnels de l’EN, de l’enseignement agricole et maritime et des collectivités territoriales bénéficient des protections nécessaires et que des préconisations claires leur soient adressées, contrairement à ce qui s’est fait jusqu’alors : quand leur présence ne relève pas d’une absolue nécessité et d'une immédiateté justifiée par l'organisation concrète de la continuité du service, pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignants ou pour toute autre mission de soutien aux soignants, les personnels ne doivent pas être sommés de se rendre sur leurs lieux de travail mais recevoir l'ordre de rester confinés chez eux, soit en télétravail, soit en autorisation spéciale d'absence. Et les personnels présentant une fragilité médicale, ou gardant des enfants de moins de 16 ans, ne doivent plus subir de pression à quitter la situation de confinement pour se rendre au travail.
Nous demandons en outre des clarifications sur la manière dont la fin d’année est envisagée et dont la préparation de rentrée s’organise. Personne ne peut connaître l’évolution exacte de la situation, mais échanger pour aboutir nous semble nécessaire : question des examens et concours, report des opérations de carte scolaire permettant un échange serein de l’ensemble de la communauté éducative.
Nous avons d'ailleurs écrit en ce sens au Ministre de l’Education Nationale mais tenons à ce que ces problématiques soient clairement intégrées à la gestion de crise globale, la coordination de l'ensemble des services publics et des services de l'Etat étant un enjeu stratégique de premier ordre. 

Benoit Teste
Secrétaire Général de la FSU

Ne pas jeter d'huile sur le feu

Actualités 1er degré - jeu, 19/03/2020 - 18:44
Le communiqué

Avec les personnels soignants et toutes celles et ceux qui répondent aux besoins de première nécessité, les enseignant-es et l'ensemble des personnels administratifs, techniques, sociaux,de santé, de surveillance, d'encadrement de l'Éducation nationale et des établissements d'enseignement supérieur et de recherche sont en première ligne pour faire face à la crise sanitaire liée à l’épidémie du coronavirus.

Ils et elles s’engagent et déploient beaucoup d'énergie pour assurer un lien et une présence avec les élèves, les familles et les étudiant-es, essentiel notamment pour les plus fragiles. Ils et elles organisent la continuité de service et tentent de maintenir, autant que faire se peut, une activité scolaire et universitaire en dépit des difficultés matérielles (organisation personnelle compliquée, outils informatiques, serveurs et connexions saturés) et des propos ministériels qui sont de plus en plus virtuels et détachés de la réalité quotidienne, voire qui confinent parfois au déni.

Ceux-ci ont fait perdre de précieux jours dans l'organisation réelle du système éducatif et universitaire, du fait des ordres, contre-ordres et volte-face en tout genre. Il est inadmissible que la communication ministérielle donne l'illusion que l'école et l'université se poursuivent à domicile. D’une part parce que l’Éducation Nationale et l'Enseignement Supérieur n'étaient pas et ne sont pas prêts à assurer une continuité pédagogique réelle. D'autre part, parce que ce serait nier l'importance des inégalités sociales qui sévissent dans certains territoires où les élèves les plus éloignés des codes scolaires, les plus touchés par la fracture numérique, sont les plus impactés par la situation. Enfin, parce que rien ne peut remplacer le travail au sein d’une classe. Le ministre doit l'admettre, ne pas tromper les familles et le dire. La FSU rappelle également ses demandes de protection des personnels accueillant les enfants des personnels soignant-es.

Concernant la préparation de la rentrée, il est irresponsable de faire comme si de rien n'était. Les autorités académiques et départementales continuent de vouloir tenir des instances comme si tout rentrerait bientôt dans l'ordre, alors que le confinement du plus grand nombre est la priorité ! C'est ce principe premier qui, aujourd'hui, procède de l'intérêt général ! La crise est sanitaire et non scolaire ! La FSU demande dans l'immédiat un moratoire sur toutes les opérations de carte scolaire et une concertation nationale avec les organisations représentatives pour envisager la rentrée sous tous ses aspects : définition de priorités et de différents scénarios cohérents entre eux pour réorganiser la continuité en tenant compte de la réalité, de ce qui est connu et de ce qui ne l'est pas ; report avec l'assurance d'un maintien des concours de recrutement à une date raisonnable pour tenir compte de la situation de l'épidémie; concertation sur les conditions d'organisation des examens ; plan d'urgence pour répondre à la fracture scolaire ; sécurisation de la situation et de la santé des personnels.

Les Lilas, le 19 mars 2020

Continuité scolaire : vraiment pour tous !

Actualités 1er degré - mer, 18/03/2020 - 18:21

Plus d’un million d’enfants et de jeunes vivent dans une famille vivant dans la grande pauvreté. Le risque est grand dès lors, de voir se creuser un peu plus le fossé entre les familles qui disposent des moyens matériels, des codes de l’école, pour assurer la «&nbspclasse à la maison&nbsp» et les autres.
C’est pourquoi ATD Quart Monde, avec plusieurs organisations syndicales et associatives, demande au ministre de l’Éducation nationale que soient mis en place des programmes éducatifs, accessibles à toutes et tous, sur les médias de service public.
Réponse rapide attendue, compte-tenu de l’urgence…

La lettre au ministre

Le 18 Mars 2020

Monsieur le Ministre,

Dans cette période si particulière pour notre pays, nos organisations rassemblées souhaitent vous faire part de leur inquiétude et de propositions afin d’aider les familles les plus en difficultés. Notre collectif se retrouve régulièrement pour travailler à la recherche CIPES (Choisir l’Intégration Pour Eviter la Ségrégation) sur l’orientation scolaire des enfants de milieu défavorisé. Nous venons aujourd’hui vers vous car nous sommes inquiets en particulier pour les 1,2 million d’enfants, de jeunes, qui vivent dans une famille qui est dans la grande pauvreté.

En effet les mesures de fermeture des écoles, collèges et lycées sont essentielles pour la santé de tous. La santé est un bien commun, c'est en pensant collectif que nous devons agir.

Les familles du Quart Monde de notre pays vivent de grandes fragilités au quotidien. Comment pourront-elles assurer en famille la «&nbspcontinuité pédagogique&nbsp» quand manquent les moyens numériques de communication, ou la maîtrise de ces moyens, dont les médias parlent comme s’ils étaient entièrement généralisés ?

Comment assurer à son enfant un climat de travail serein dans un logement trop petit, ou surpeuplé, ou insalubre, ou très précaire ?

Comment éviter qu’au bout de toutes ces semaines de confinement le fossé ne se soit pas encore plus creusé entre ces enfants et ceux dont les familles auront pu faire «&nbspl’école à la maison&nbsp» ?

Nous vous demandons de bien vouloir mettre en place, en lien avec les chaines de télévision et de radio publiques, des émissions régulières accessibles à tous les enfants, jeunes et parents afin qu’elles se fassent le relais, peut-être pas de cours, mais d’entretenir un climat scolaire auprès des enfants et jeunes et de conseiller les parents afin qu’ils ne soient pas perdus dans cinq ou six semaines.

Toute émission prévue pour l’enfant le plus en difficulté dans la classe et pour la famille la plus éloignée de l’école, sera, nous le savons, une émission qui permettra à tous de vivre pleinement la continuité pédagogique que nous voulons dans cette période troublée.

Il nous semble que lorsque la reprise approchera, lorsqu’elle aura lieu, les équipes pédagogiques, les communautés éducatives auront besoin de temps pour échanger, progressivement se rassembler. Ce sera utile pour envisager ensemble, dans une dynamique de coéducation, les meilleures conditions pour que tous les enfants, quelle que soit la manière dont ils ont vécu le confinement, quel que soit le travail qu’ils ont pu faire ou non, reprennent pied dans leur scolarité, reprennent le fil de leurs apprentissages. Nous sommes à votre disposition pour en discuter davantage.

Recevez Monsieur le Ministre nos salutations respectueuses.