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11 mai : forte inquiétude (enquête Harris Interactive)

Actualités 1er degré - dim, 10/05/2020 - 12:11

La période de confinement constitue une expérience inédite pour l'école et ses personnels. Pour permettre de l'analyser, le SNUipp-FSU a commandé une enquête auprès d'Harris Interactive afin de connaître le ressenti de la profession durant ces 55 jours de confinement.
Manifestement ils ont constitué un profond bouleversement pour les personnels des écoles qui ont su faire preuve d'une grande inventivité pour maintenir un lien scolaire et ont en même temps répondu présent pour accueillir les enfants des personnels soignants. L'enquête montre également la forte inquiétude qui demeure pour une reprise à partir du 11 mai.

Le communiqué 11 mai : des enseignants fortement inquiets
(Enquête Harris Interactive / SNUipp-FSU)

Les résultats de l’enquête réalisée par Harris interactive pour le SNUipp-FSU confirment l’analyse et les exigences développées par le syndicat depuis le début de la période de confinement. Ils mettent en lumière le rôle essentiel des enseignantes et des enseignants des écoles durant cette période et le fait qu’ils sont très loin d’avoir bénéficié des moyens et du soutien nécessaires de la part du ministère. Plus des trois quarts d’entre eux considèrent difficile d’exercer leur métier durant le confinement. Ils n’ont pu compter que sur eux-mêmes et sur leurs collègues. Plus du tiers d’entre eux déclarent n’avoir eu aucune relation avec l’institution, tandis que près de trois sur quatre n’ont pu disposer d’outils institutionnels facilitant le travail.

C’est pourquoi cette période professionnelle compliquée et intense, conjuguée à un processus de déconfinement des écoles prématuré et mal préparé, conduit au constat d’une profession extrêmement inquiète d’une reprise de l’école le 11 mai. Une inquiétude partagée au même niveau (81%) par les parents d’élèves.

A l'origine de cette inquiétude, on retrouve pêle-mêle le risque d’être à l’origine d’une seconde vague épidémique, la grande difficulté à faire appliquer les gestes barrières avec de jeunes enfants notamment en maternelle, le brassage d’adultes avec de nombreuses rencontres quotidiennes, la perspective d’une école réduite à une mise en application du protocole sanitaire sans jeux ni interactions, les écoles en « zone rouge » sans traitement spécifique...

Le ministère doit prendre en compte cette inquiétude et s’interdire toute pression sur les personnels. Il faut faire confiance aux équipes sur le terrain, elles les mieux à même de confronter exigences sanitaires et pédagogiques aux réalités de leur école. La semaine du 11 mai doit être consacrée à ce travail de préparation d’une possible réouverture des écoles pour être ensuite présenté en conseil d’école. Si les conditions sanitaires ne sont pas réunies, l’école ne doit pas rouvrir. Et s’il s’avère que l’application du protocole est défaillante après quelques jours d’ouverture, il faut fermer.

Par ailleurs, dans les « zones rouges », l’enseignement à distance doit être la règle.

S’il est certain que l’école de la République est indispensable et que, malheureusement, des enfants ont vécu très durement cette période de confinement, la santé de la population doit primer sur toutes autres considérations. La réouverture des écoles ne peut se faire à n’importe quel prix.

Paris, le 10 mai 2020

Les résultats de l'enquête

Reprise : quelle responsabilité juridique ?

Actualités 1er degré - sam, 09/05/2020 - 14:03

La littérature juridique foisonne en matière de responsabilité pénale des personnels en charge des élèves, une littérature fortement abondée en cette période de crise. Lorsqu’elle provient de sources juridiquement fiables, elle est constante et aboutit à la conclusion d’un risque quasi inexistant en matière pénale, malgré des entrées de textes, des «&nbspaccroches&nbsp», parfois anxiogènes dans certaines publications.
Le SNUipp-FSU a fait le point sur la question avec son cabinet d’avocats. Il ressort de cet échange qu’il s’agit tout d’abord de rappeler une distinction majeure : la responsabilité “civile” et la responsabilité “pénale”.
En matière de poursuite civile, qui concerne les réparations aux victimes, l’État se substitue aux agents en cas de dommage causé aux élèves.
En matière pénale, qui concerne la répression des infractions à la loi, le fonctionnaire en répond personnellement comme chaque citoyen. Il apparait que dans les circonstances présentes, les risques de poursuites pénales sont hypothétiques.
Et sauf à pouvoir prouver un acte de contagion intentionnelle et délibérée par un personnel infecté, sauf à pouvoir prouver que cet acte est réellement et de façon certaine la source d’une contagion, une condamnation est improbable.

Il n’en reste pas moins que la meilleure garantie reste de relever toutes les situations qui ne seraient pas conformes au protocole sanitaire et d’en saisir par écrit la hiérarchie. Pour toutes précisions supplémentaires, prendre contact avec le SNUipp-FSU de son département.

Reprise : les formateurs auprès des équipes

Actualités 1er degré - ven, 08/05/2020 - 08:47

« En mai et juin, mais tout autant en septembre et pour de longs mois encore, les enseignantes et les enseignants reprendront la classe là où elle a été interrompue, le 13 mars dernier. », constatent ensemble le SNUipp-FSU, le SE-Unsa, le Sgen-CFDT et l’ANCP&AF dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Éducation nationale.
Il faudra donc que les personnels puissent intégrer « dans leur manière d’enseigner, ce qui n’aura pu être travaillé pendant plus de trois mois pour tous les niveaux de classe. L’appréhension de la situation, la construction des réponses pédagogiques, ne pourront se faire que dans une optique de cycle, et de coopération inter-cycles », ce qui suppose un temps de travail de l’équipe pédagogique auquel il faudra associer les conseillères et conseillers pédagogiques. Et ce, « dans une dynamique de travail qui partira des questionnements des équipes et permettra le développement de la professionnalité enseignante.»

Repenser les plans de formation

Dès lors, alertées par des plans de formation qui ne correspondent pas à l’urgence des rentrées à venir et qui impactent les temps et conditions de travail des formateurs et formatrices, les organisations syndicales et l’ANCP&AF demandent au ministre d’y renoncer.
Il s’agira tout au contraire, « en s’appuyant sur les besoins du terrain qui émergeront, en organisant le recueil des demandes des équipes, de se donner le temps de construire les plans de formation capables d’y répondre, conformément au dernier schéma directeur de la formation continue. » Toutes choses qui ne pourront se faire, « qu’en s’appuyant sur l’expertise, la culture professionnelle et la bonne connaissance du terrain des formateurs et des formatrices. »

La lettre ouverte au ministre

Des demandes très précises

Accompagnement des personnels enseignants en circonscription, formation, exercice du métier et conditions de travail, revalorisation : dans une tribune rendue publique fin mai, les mêmes organisations détaillent une série de revendications pour les conseillères et conseillers pédagogiques.
Y répondre favorablement serait de nature à apaiser le malaise ressenti depuis plusieurs années déjà par ces personnels et la rue de Grenelle serait bien avisée de se pencher sérieusement sur le sujet.

La tribune


11 mai : quelle reprise pour les AESH ?

Actualités 1er degré - jeu, 07/05/2020 - 17:01
La lettre au ministre

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons vous alerter une nouvelle fois, sur la situation des personnels accompagnants des élèves en situation de handicap, grands absents de la communication ministérielle, que ce soit pendant le confinement ou en cette période de préparation à la réouverture des écoles et établissements. Alors que nous sommes déjà intervenus à maintes reprises pour tenter d’obtenir des éléments d’information ou des précisions, nous avons jusqu’à présent été renvoyés à des publications de circulaires ou de notes qui ne sont jamais parues… Cela n’est pas acceptable.

Nous vous interpellons aujourd’hui à la fois pour porter des exigences pour les AESH, mais aussi pour obtenir des réponses susceptibles de leur être communiquées avant tout retour physique dans les écoles et établissements.

Sur la protection des agents
Nous voulons avoir l’assurance que les AESH auront bien des masques à leur disposition et qu’ils seront aussi destinataires de gel hydro-alcoolique, de lingettes virucides, de gants, de visières indispensables à leur sécurité au vu de leurs missions.
Concernant les personnels «&nbspà risques&nbsp», souffrant d’une pathologie, ou les personnels en situation de handicap exposés particulièrement à des complications de santé, ou les personnels vivant avec une personne fragile, nous souhaitons qu’une communication claire leur soit apportée (démarches à effectuer, information sur l’autorisation spéciale d’absence, le travail à distance ou le congé de maladie ordinaire). Nous demandons évidemment que les personnels concernés soient exemptés de toute reprise physique.

Sur les missions
Aujourd’hui, seule une information sur le port du masque a été donnée. Aucune consigne sanitaire supplémentaire n’a été apportée sur les précautions à prendre dans l’exercice des missions, alors que les AESH exercent à très grande proximité des élèves qu’ils accompagnent, voire qu’ils sont amenés à des gestes physiques dans certaines situations (hygiène, aide à la mobilité, aide à l’autonomie…) Nous demandons que soient clarifiées ces situations, rappelées les précautions, voire que certains gestes soient prohibés si la sécurité et la santé l’exigent.

Sur le service
Nous nous interrogeons sur ce que seront amenés à faire les AESH si le ou les élèves qu’ils accompagnent habituellement ne reviennent pas à l’école. Accompagnement à distance ? Accompagnement d’un autre élève ? Des consignes de cadrage doivent être données nationalement dans le respect du cadre réglementaire. Par ailleurs il serait contradictoire avec les consignes sanitaires existantes de demander aux AESH de se déplacer entre les classes, voire entre plusieurs établissements.

Sur les contrats
Au regard de la grande anxiété qui découle de la situation, nous demandons que le renouvellement des contrats soit anticipé, de façon à ce que les AESH ne subissent pas de stress supplémentaire. Les très grandes difficultés rencontrées lors de la rentrée dernière, alors que la situation se voulait normale, ne peuvent que nous alerter.
Nous demandons également que le principe du renouvellement pour toutes et tous s’applique, y compris pour les agents contractuels en CUI-PEC dont le contrat arrive à expiration. Dans un contexte d’emploi rendu difficile en raison de la pandémie, tous les AESH doivent avoir une garantie d’emploi pour la rentrée.

Sur les salaires
La crise a rendu secondaire le suivi de certaines préoccupations que nous avons portées sur les salaires. Nous souhaitons avoir la confirmation que l’indice de rémunération plancher a bien été relevé suite à la hausse du SMIC au mois de janvier et que l’indemnité de compensation de la CSG est bien régulièrement versée aux AESH sous contrat depuis 2017. Le cas échéant, nous demandons qu’une note soit envoyée aux services déconcentrés et aux établissements employeurs.
Nous demandons également qu’en l’absence d’entretien professionnel sur la période, le réexamen des salaires des AESH pour lesquels un entretien était programmé ait bien lieu et que les situations soient étudiées avec bienveillance.

Enfin, nous demandons que l’agenda social qui venait de s’ouvrir pour envisager des perspectives sur l’avenir des AESH reprenne au plus vite, comme ils l’attendent depuis longtemps.

Il y a urgence, Monsieur le Ministre, à apporter des garanties aux AESH qui exercent une mission essentielle au bon fonctionnement du service public d’éducation.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

Priorité : santé des élèves et des personnels

Actualités 1er degré - mer, 06/05/2020 - 12:00

« Notre priorité est d’abord la santé des élèves et des personnels et l’ouverture des écoles doit être conditionnée à des garanties indispensables. », affirment l’ensemble des syndicats dans un vœu adopté le 5 mai à l’occasion d’un comité technique ministériel. Ils demandent donc à l’exécutif « de renoncer à l’imposer » et « s’opposeront à toutes tentatives de pression sur les personnels. »

Le vœu

Après le discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, nos organisations syndicales ne peuvent que constater, à ce jour, que la date d’ouverture de l’École et l’organisation de la reprise sont précipitées.

La reprise scolaire envisagée par le gouvernement repose sur le volontariat des familles ce qui contrevient aux objectifs du système scolaire. Beaucoup d’entre elles d’ailleurs subiront des pressions économiques qui les contraindront à envoyer leurs enfants à l’École.

Les annonces du Premier ministre d’une reprise avec un cadre insuffisamment préparé mettent les personnels en difficulté et insécurité et font peser sur les acteurs locaux une responsabilité qui n’est pas la leur.

Les réalités matérielles existantes (sanitaires, superficie des salles de classe et des locaux…), le nombre d’adultes effectivement présents (enseignants, AESH et ATSEM) et les équipements de protection réellement disponibles font que les conditions sanitaires d’une réouverture des écoles n’ont pas été apportées par le gouvernement pour une reprise à partir du 11 mai.

Notre priorité est d’abord la santé des élèves et des personnels et l’ouverture des écoles doit être conditionnée à des garanties indispensables.

Nos organisations demandent au président de la République et à son gouvernement de renoncer à l’imposer, elles s’opposeront à toutes tentatives de pression sur les personnels.

Paris, le 05 mai 2020

ASA pour garde d'enfants : des changements

Actualités 1er degré - mer, 06/05/2020 - 11:59

La FaQ du ministère indique clairement que dorénavant  « les personnels enseignants sont prioritaires pour l’accueil de leurs enfants en crèche ainsi que dans les établissements scolaires » et différentie deux situations : 

  • les enfants ne peuvent être pris en charge (crèche ou école) durant leur temps de service. Alors les personnels se voient proposer d’exercer leur fonction à distance, pour les jours durant lesquels leurs enfants ne peuvent être accueillis (sur présentation d’une attestation de l’établissement scolaire ou de la crèche). Si le travail à distance n’est pas possible compte tenu des fonctions exercées ou de circonstances particulières, ils peuvent solliciter une autorisation spéciale d’absence (ASA). Cette autorisation est accordée à raison d’un responsable légal par fratrie sous réserve de justifier de l’absence de toute solution de garde alternative et nécessitera une attestation sur l’honneur.
  • les personnels enseignants souhaitent garder leurs enfants et ne pas les confier à la crèche ou à l’école alors qu’ils en ont la possibilité. Ils seront alors mobilisés par leur responsable hiérarchique pour la continuité pédagogique, sous la forme de travail à distance pour les élèves que leurs parents ont choisi ne pas confier à l’école. Aucune ASA ne pourra être accordée dans ce cas. 
Personnes vulnérables 

Des ASA pourront continuer à être délivrées comme depuis le début de la crise dans les conditions suivantes : 

  • Les personnels présentant une vulnérabilité de santé au regard du virus Covid-19 et identifiés comme tels par le médecin de prévention ou leur médecin traitant sont exemptés de se rendre sur leur lieu de travail.
  • Les femmes enceintes au troisième trimestre de grossesse doivent solliciter l’avis de leur médecin traitant ou à défaut du médecin de prévention. En fonction de cet avis médical, un travail à distance leur est proposé. A défaut, en cas d’impossibilité de travailler à distance, une autorisation spéciale d’absence est délivrée.
  • Les personnels domiciliés avec une personne présentant une vulnérabilité de santé au regard du virus Covid-19 et identifiée comme telle par le médecin de prévention ou leur médecin traitant ne devront pas se rendre sur leur lieu de travail, le travail à distance sera privilégié. 
Secret médical 

Enfin une note de la DGRH du 13 mai 2020 et actualisée le 2 juin 2020, conformément au code de la santé, rappelle « la garantie de la protection du secret médical  » Pour cela le  «  certificat médical se bornera à attester la nécessité du confinement et sa durée ou par une déclaration sur le site de l’assurance maladie ».  

Pour toutes difficultés concernant ces questions, il est utile de prendre l'attache des élu·es du personnel SNUipp-FSU dans le département. 

Pas de reprise sans garanties : la pétition

Actualités 1er degré - lun, 04/05/2020 - 15:24
  • La semaine du 11 au 15 mai doit être une semaine de prérentrée avant une possible réouverture des écoles.
  • La taille des groupes doit être au maximum de 10 élèves en élémentaire, comme pour l’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire, et bien moindre en maternelle
  • Le travail de préparation de réouverture des écoles doit pouvoir être présenté en conseil d’école.

Par ailleurs, si les conditions sanitaires d’une réouverture ne sont pas réunies, l’école ne doit pas rouvrir. Il s’agira alors de «&nbspsaisir la hiérarchie via une motion de conseil des maîtres et si nécessaire une procédure d’alerte sera enclenchée qui pourra conduire à exercer [le] droit de retrait à l’échelle de l’école, afin de ne pas mettre en danger les élèves et les personnels.&nbsp»

Telles sont les exigences portées par le SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le SGEN-CFDT dans une pétition en ligne que les syndicats appellent à signer massivement.

Signer

Différer la reprise : une question vitale, partout

Actualités 1er degré - lun, 04/05/2020 - 07:22

Le SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le Sgen-Cfdt font savoir dans un texte commun à l'adresse des équipes pédagogiques qu’il est indispensable de laisser le temps sur le terrain d’organiser la reprise de l’école notamment pour adapter les effectifs avec un maximum de 10 en élémentaire et bien moins en maternelle. Il est essentiel, écrivent-elles, de « faire confiance localement à la communauté éducative pour organiser un retour progressif des élèves sans pression ni injonction, notamment en termes de contenu scolaire, et en leur donnant le temps nécessaire », notamment pour permettre le respect de chaque élément du protocole sanitaire, dont la version définitive a été publiée le dimanche 3 mai.

« Dès lors que les conditions sanitaires d’une réouverture de l’école ne sont pas réunies, l’école ne doit pas rouvrir  », donnent-elles pour consigne. Dans le cas contraire, les trois syndicats appellent les équipes « à saisir les autorités locales via une motion du conseil des maîtres et à enclencher une procédure d’alerte qui pourra conduire à exercer leur droit de retrait à l’échelle de l’école », et ce afin « de ne pas mettre en danger les élèves et les personnels », préviennent les organisations syndicales. S’il faut du temps partout, concernant les départements “rouges”, il ne peut y avoir de processus d’ouverture des écoles dès lors que les autres établissements scolaires restent fermés.

Le texte commun

Consignes syndicales unitaires
pour le processus de déconfinement des écoles


Pour assurer les conditions sanitaires à une réouverture des écoles en confrontant les exigences du protocole national aux réalités des écoles et permettre ainsi une prise en charge et un accompagnement des élèves optimal, les enseignants ont besoin de temps.
Nous appelons les enseignant·es à s’emparer de la semaine du 11 au 15 mai pour en faire une semaine de prérentrée avant une possible réouverture des écoles.

Cette préparation s’appuiera sur les réalités matérielles existantes (sanitaires, superficie des salles de classe, architecture des locaux…) et le nombre d’adultes (enseignants, AESH et ATSEM) réellement disponibles.
Le maxima de 10 élèves en élémentaire comme pour l’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire, doit être la référence. Il doit être bien moindre en maternelle
Le travail de préparation de réouverture des écoles doit pouvoir être présenté en conseil d’école qui pourra également saisir l’avis de la commission de sécurité. Aucun protocole local ne doit être imposé arbitrairement. Chaque élément du protocole doit être respecté. Dès lors, si les conditions sanitaires d’une réouverture de l’école ne sont pas réunies, l’école ne doit pas réouvrir et nous appelons les enseignant·es à saisir les autorités locales via une motion du conseil des maîtres et à enclencher si nécessaire une procédure d’alerte qui pourra conduire à exercer leur droit de retrait à l’échelle de l’école, afin de ne pas mettre en danger les élèves et les personnels.
Cette démarche continuera de s’appliquer même lorsque la classe aura repris.

Partout la santé de la population doit primer. La responsabilité est grande. Nous appelons le gouvernement à différer la réouverture des écoles primaires des départements classés « rouges » et à poursuivre le maintien du lien scolaire à distance.

Nous appelons le gouvernement à faire confiance localement à la communauté éducative pour organiser un retour progressif des élèves sans pression ni injonction, notamment en termes de contenu scolaire, et en leur donnant le temps nécessaire.
Les équipes ont su organiser l’accueil des enfants des personnels indispensables en période de confinement. Elles sauront faire les choix nécessaires dans le respect des exigences sanitaires et des besoins des élèves.
La reprise doit être suspendue à la mise en place des garanties sanitaires indispensables et à une organisation pédagogique acceptable.

La maîtresse a un coup d’blues

Actualités 1er degré - mer, 29/04/2020 - 16:03

Depuis sa villégiature de Saint-Jean-de-Luz, il devait nous croquer le coronavirus pour illustrer le dossier du prochain numéro de Fenêtres sur cours. Il n’en n’aura pas eu le temps, c’est cette sale petite bestiole qui l’a croqué.
Jean-Pierre Brizemur, le dessinateur de presse qui accompagnait le SNUipp-FSU depuis sa création vient de nous quitter.
Brizemur, c'était un sale gosse. Celui du fond de la classe, celui qui ricane, n’écoute rien et jette des boulettes de papier pleines d’encre sur ses petits camarades.
Et comme tous les sales gosses, c’était aussi un rêveur, un poète, toujours un peu amoureux de la maîtresse. Il partageait les billes, les bonbecs et son goûter. Il y avait tout ça dans ses dessins ; l’éclat de rire féroce, l’impertinence, la tendresse et l’amour des enfants. Il va beaucoup nous manquer…

Florilège

La relation école-famille

Les fondamentaux

Les langues vivantes

Les neurosciences

Le numérique

Les guides du ministre

L'éducation à l'environnement

La géométrie

L'école en Europe

Les classes de découvertes

Et tellement d'autres encore...

Le 11 mai, c’est non !

Actualités 1er degré - mer, 29/04/2020 - 12:26

Après le discours du Premier ministre à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation nationale a décliné son plan de réouverture par voie de presse. « Sans aucun protocole national sanitaire strict à cette heure, il renvoie les décisions et donc les responsabilités aux équipes d‘écoles et aux collectivités territoriales », constate le SNUipp-FSU dans un communiqué publié le 29 avril.

« Alors que les regroupements ne seront autorisés que jusqu’à 10 personnes dans l’espace public, il y aura 15 élèves par classe et donc 16 à 18 personnes selon le nombre d’adultes présents dans chaque classe. Tout cela dans des salles de classe de 50 m2 alors que la Belgique, par exemple, prévoit dans le même temps des normes de 4m2 par élève et 8m2 par adulte… », indique le syndicat qui ajoute que « s’appuyer sur l’impératif de justice sociale alors que la continuité pédagogique prônée avec force par le ministre de l’Éducation nationale n’a fait que renforcer les inégalités scolaires relève du cynisme ».

Quand c'est flou ...

Jean-Michel Blanquer indique dans ses interviews que toutes les écoles devront informer les familles des modalités de retour dans les écoles entre le 4 et le 7 mai, alors même que pour l’heure rien n’est très clair entre les discours au sommet de l’État et les déclinaisons que les rectorats et les IEN tentent de faire, notamment pour les élèves qui doivent être prioritairement accueillis.

Le ministre ose même évoquer « une personnalisation du parcours de l’élève dans un cadre de fréquentation de l’école non obligatoire et en ne sachant pas combien d’enseignants seront véritablement disponibles », s’inquiète le SNUipp-FSU. Et d’ajouter qu' « aucun pays en Europe ne traite le processus de déconfinement de l’école avec autant de légèreté ».

Le syndicat constate que « le gouvernement a clairement fait le choix de redémarrer la machine économique, en proposant aux plus jeunes élèves de retrouver les premiers les chemins de l’école, alors que la proximité y est plus grande et le respect des gestes barrières plus difficilement applicable ». Il semble également selon les interventions du ministre qu’il n’y aurait pas de distinction établie entre les départements « rouge et vert » pour les écoles.

Le SNUipp-FSU, réclame à nouveau « un cadre national de réouverture des écoles validé par les autorités scientifiques et médicales et le temps nécessaire pour engager un travail entre les enseignants, les parents et les élus afin de le décliner localement et le soumettre à l’approbation des conseils d’école ».

Aussi, le syndicat a pris soin de déposer une alerte sociale à compter du 11 mai et, afin d’éviter tout retour précipité, il accompagnera les enseignants et enseignantes sur les modalités d’usage du droit de retrait et du droit d’alerte.

L’école le 11 mai, c’est clairement prématuré !

Actualités 1er degré - mar, 28/04/2020 - 18:12

Avant toute reprise, le SNUipp-FSU continue d'exiger l’élaboration d’un cadre national de réouverture des écoles validé par les autorités scientifiques et médicales. Ensuite seulement pourra s'engager un travail avec les enseignants, les parents et les élus pour le décliner localement et le soumettre à l’approbation des conseils d’école.

Le communiqué du SNUipp-FSU

L'école le 11 mai, c'est clairement prématuré !

Les annonces du Premier ministre n’ont pas rassuré. Sans tenir compte de l’avis du Conseil scientifique, le gouvernement envisage une rentrée progressive des écoles dès le 11 mai sur la base du volontariat des familles avec le seul maigre garde-fou sanitaire de masques pour les personnels.

S’appuyer sur l’impératif de justice sociale alors que la continuité pédagogique prônée avec force par le ministre de l’Éducation nationale n’a fait que renforcer les inégalités scolaires relève du cynisme. Avec des groupes de 15 élèves, alors que les rassemblements publics sont limités à 10 personnes, tout en poursuivant l’accueil légitime et solidaire des enfants des personnels soignants, les conditions de respect de la distanciation sociale ne seraient pas remplies.

Et comment expliquer que ce sont les plus jeunes élèves qui retrouveront les premiers le chemin de l’école, si ce n’est pour satisfaire à la volonté de reprise de l’activité économique ?

Pourtant seuls des impératifs de santé publique doivent guider le processus de déconfinement, global comme scolaire. Une réouverture, même progressive, des écoles dès le 11 mai est beaucoup trop prématurée et se heurterait au réel en termes d’équipement sanitaire, d'exiguïté de nombreuses salles de classes, d’inégale capacité de financement des communes, d’inconnues sur le nombre de personnels disponibles…

La réouverture des écoles ne peut se faire qu’en respectant une série de conditions clairement identifiées pour ne pas mettre pas en danger l’ensemble de la société en prenant le risque d’une seconde vague épidémique.

Le SNUipp-FSU exige donc l’élaboration d’un cadre national de réouverture des écoles, validé par les autorités scientifiques et médicales, pour engager ensuite un travail en prenant tout le temps nécessaire avec les enseignants, les parents et les élus pour le décliner localement et le soumettre à l’approbation des conseils d’école.

Par ailleurs, le volontariat des familles est une annonce démagogique pour flatter l’opinion publique qui renvoie la responsabilité aux parents. Ce volontariat est un luxe que tous ne peuvent pas s'offrir. Et évoquer le volontariat sans préciser qui cela concerne rajoute de l’incertitude à l’inquiétude.

Le SNUipp-FSU s’oppose à cette décision précipitée qui fait prendre de graves risques en terme de santé publique. Il faut acter que les écoles ne seront pas prêtes le 11 mai et que la sortie du confinement scolaire nécessite du temps.

Paris, le 28 avril 2020

#11Mai : une reprise précipitée

Actualités 1er degré - lun, 27/04/2020 - 09:14

« À quoi sert de s’entourer d’un comité scientifique si son avis n’est pas pris en compte et que c’est une décision politique qui prévaut ? », interroge dans un communiqué la FSU au lendemain de la parution d'un avis du conseil scientifique constitué pourtant à l’initiative du gouvernement.
Dans cet avis « le conseil scientifique donne des préconisations sanitaires, insiste sur la nécessité de formation sanitaire, sur le fait que l’ensemble de la communauté doit être associé au processus de réouverture et sur l’indispensable progressivité et adaptation », constate la FSU. Un ensemble de recommandations que le SNUipp et la FSU ne cessent de réclamer depuis le 13 avril et l’annonce du Président de la République d’une réouverture progressive des écoles le 11 mai. 

Pour le 11 mai, c'est pas gagné

En effet, demande la fédération syndicale, « si le gouvernement prend la responsabilité d’une ouverture, elle doit s’appuyer sur un cadre national où la santé et la sécurité des personnels et des élèves doit primer sur toute autre considération ». Ainsi, la FSU attend « un protocole précis qui devra être soumis au CHS-CT, et aux autorités médicales pour avis ».
A ce jour, conclut la FSU, « la date du 11 mai est donc largement prématurée au regard de la capacité de maîtrise actuelle du risque sanitaire affichée par le ministère  ».

Le 1er mai, on ne va pas se défiler !

Actualités 1er degré - sam, 25/04/2020 - 11:01
Participer

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Lire aussi le communiqué intersyndical « Plus que jamais le 1er mai »
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Plus jamais ça !

Syndicats, ONG et associations : 25 organisations appellent ensemble à participer aux mobilisations multiformes qui donneront au 1er mai 2020, journée internationale de lutte des travailleuses et travailleurs, un écho tout particulier dans ce contexte de crise sanitaire. Elles dessinent leurs revendications pour le monde « d’après », un changement de cap, pour un futur écologique, social, féministe et démocratique.


Retour à l'école le 11 mai : la FSU s'inquiète

Actualités 1er degré - ven, 24/04/2020 - 13:00
La lettre

Monsieur le Premier Ministre
Édouard Philippe

Hôtel Matignon 57 rue de Varenne 75700 Paris
Paris, le 24 avril 2020

Pj. : préconisations de la FSU

Monsieur le Premier ministre,

L'ouverture des lieux scolaires et la reprise de la classe ne sont pas des décisions sans risques et ce pour toute la société. Elles ne peuvent se concevoir qu’aux conditions de garanties optimales de sécurité sanitaire en situation de travail qui sont loin d’être maîtrisées aujourd’hui. Assurer la sécurité au travail, de surcroît dans un espace accueillant du public, nécessite une évaluation précise, spécifique et professionnelle des risques et doit déboucher sur des moyens renforcés en complément des instructions sanitaires générales.

Alors qu’avait été convenu de prendre le temps de la concertation, notamment dans le cadre du CHSCT, le ministre annonce déjà, devant la représentation nationale, une organisation dont les personnels et leurs organisations syndicales sont convaincus qu’elle est précipitée. Ils savent qu’elle n’est pas opérationnelle et qu’elle fait prendre des risques inutiles et inconsidérés aux agent-es, aux élèves et à leurs parents. Ils ne partagent pas davantage les choix faits dans le cadre de la progressivité annoncée, ni celui des différents « temps » scolaires et de leur articulation. Ils s’inquiètent des conséquences psychosociales sur les personnels de la communauté scolaire qui pourraient résulter de demandes impossibles ou dangereuses à mettre en œuvre.

La situation est complexe et nécessite une élaboration concertée, prenant en compte les recommandations scientifiques de l’autorité médicale mais aussi l’expertise des personnels et de spécialistes de l’analyse des risques professionnels.

La FSU exprime avec gravité son inquiétude de voir perdurer des initiatives du ministre qui sont sources de confusion et d’inquiétude. Initiatives qui ne sont pas fondées sur les expertises nécessaires et fiables pour garantir la sécurité des personnels, des élèves et de leurs familles. Au-delà de l’école, il en va bien d’une question de santé publique qui concerne l’ensemble de la population.

Nous vous joignons en pièce jointe les préconisations que nous avons adressées à Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de mes salutations respectueuses.

Benoît Teste
Secrétaire Général de la FSU

Pas de réouverture des écoles sans garanties

Actualités 1er degré - jeu, 23/04/2020 - 08:54
Le communiqué

Pas de réouverture des écoles sans garanties sanitaires et pédagogiques

La santé devant guider le processus de déconfinement, la réouverture des écoles ne pourra donc se faire qu’en respectant une série de conditions clairement identifiées pour ne mettre en danger ni les élèves, ni les enseignants, comme l’ensemble de la société. Les premières propositions faites par le ministre devant la commission éducation de l’Assemblée nationale en tracent une première ébauche, très loin d’être aboutie et de répondre à l’ensemble des enjeux posés. Seule une concertation étroite et continue avec représentants de la communauté éducative le permettra.

Le «&nbspprotocole sanitaire&nbsp» évoqué par le ministre doit en effet être détaillé et effectivement opposable. Toutes les écoles doivent bénéficier du matériel de protection indispensable (masques, savon, gel hydro-alcoolique, serviettes, mouchoirs jetables…) en quantité suffisante. Il s’agit également de proposer avant la reprise à tous les personnels et les élèves d’être dépistés pour déterminer qui a été contaminé et qui est susceptible de l’être.

Les quinze élèves maximum annoncés ne répondent pas au nécessaire respect des mesures de distanciation sociale dans les classes. Il faut mettre en place une diminution bien plus drastique des effectifs en fonction de l'âge, dix élèves maximum en élémentaire et cinq en maternelle, ainsi qu’en fonction de la superficie réelle des salles de classe.

Le temps pour élaborer dans chaque école, en lien avec les collectivités locales, la déclinaison concrète de cette réouverture ne peut être limité à une journée ou deux. Car en fonction des réalités locales multiples, comment organiser la cantine, les récréations, le transport scolaire, l’accueil des parents, la garderie, l’accueil et la sortie des élèves en si peu de temps ? Il faudra a minima une semaine pour proposer des modalités précises d’organisation des écoles pour tous les moments de la journée.

Il est par ailleurs impossible que les enseignants accueillent des groupes d'élèves en présentiel tout en poursuivant le maintien d’un lien à distance, notamment avec l’activité scolaire, pour l’ensemble des élèves. La réouverture des écoles ne réglera pas le problème des inégalités qui ont été mises en lumière durant le confinement. Seule une réflexion et une réorientation de la politique menée pour bâtir une autre école, accompagnée des moyens nécessaires, permettront de résorber ces inégalités.

Par ailleurs, le ministre reste prudent dans ses premières propositions sur le caractère exceptionnel de l’école durant cette période où il ne peut s’agir de «&nbspfaire le programme&nbsp». En effet, si l’école à la maison n’était pas l’école, l’école sous pandémie ne sera pas davantage l’école.

C’est bien uniquement lorsque les conditions sanitaires et pédagogiques sont respectées, avec l’aval de la communauté scientifique et médicale, que les écoles pourraient être réouvertes.
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Paris, le 22 avril 2020

La place des psy dans la crise sanitaire

Actualités 1er degré - mer, 22/04/2020 - 18:59

Cette crise sans précédent a été le révélateur de l'isolement dans lequel se trouvent les psychologues. Dans certains RASED où le psychologue est seul en l’absence d’enseignants spécialisés, le travail collectif nécessaire dans cette situation exceptionnelle a été empêché. Les pôles ressources, qui sont parfois un lieu d'élaboration en commun, auraient pu jouer ce rôle. Dans les faits, on constate qu’ils sont rarement opérationnels et que quand ils existent, sont trop souvent instrumentalisés par les IEN pour pallier les manques de postes.
De plus, le peu, voire l'inexistence de moyens de communication en termes d’équipement informatique et de téléphonie a souvent généré un moment de flottement dans les réponses apportées par les psychologues.
Si le lien a pu être maintenu avec et entre les enseignants, les familles, les élèves et les partenaires, c’est grâce à la réactivité des personnels. Une fois passé le moment de sidération, les RASED, abondés ou non, ont su mener des réflexions communes dans le respect des missions de chacun. Le travail d’équipe au sein des RASED a trouvé tout son sens et des modalités d’interventions à distance ont été proposées aux équipes enseignantes. Les psyEN-EDA seuls ont pris appui sur leurs pairs pour construire du collectif.

L’après

Pour la sortie du confinement, des modèles sont à inventer mais il s’agira d’utiliser l’expertise des personnels sur les modalités d’accompagnement humain, afin de ne pas se laisser imposer des protocoles ou autres Vademecum comme certaines académies le préconisent.
Le travail collectif doit permettre de répondre aux besoins des familles et des équipes enseignantes, sans se laisser dicter de supposées «&nbspbonnes pratiques&nbsp».
Sortir de cette situation potentiellement traumatique est l’objectif que chaque RASED se donnera. Les modalités de mise en place seront bien évidemment adaptées au terrain. Ces initiatives permettront de faire obstacles à des injonctions hiérarchiques qui pourraient parasiter le travail collectif.
Face à cet évènement, la résilience ne peut se construire que dans le collectif. Il y faudra des temps institutionnels de mises en perspective, d’analyse et de réflexion. La nécessité d’une formation continue de qualité se fait également cruellement sentir. Le ministère doit tirer des leçons du déroulé de cette crise et répondre à ces demandes récurrentes, tout comme celle d’un retour généralisé à des réseaux complets et constitués des trois spécificités.

COVID-19 : les retraités mobilisés

Actualités 1er degré - mar, 21/04/2020 - 10:53

«&nbspLa qualité d’une politique publique se mesure à l’aune du sort réservé aux plus fragiles. Quelles sont vos actions pour assurer la vie et la santé des personnes les plus âgées, des personnes les plus exposées aux risques épidémiques ?&nbsp»
Dans un courrier adressé aux préfets, aux directeurs des Agences régionales de santé (ARS) et aux présidents des CDCA partout en France, huit organisations représentatives des personnes retraitées, dont la FSU, s’émeuvent de la situation dans les EHPAD, les établissements de soins et les sociétés de services à la personne. Car de fait, les conditions de vie des personnes accueillies, tout comme le manque de personnel et de matériel de protection pourraient bien conduire à «&nbspune véritable catastrophe&nbsp», préviennent ensemble les organisations. C’est pourquoi elles revendiquent que soit déployé partout le Plan d’alerte et d’urgence afin que soient garanties partout les mesures de protections indispensables à toutes et tous, ainsi que la satisfaction des besoins des personnes les plus fragiles en termes de vie quotidienne.
Le courrier rappelle par ailleurs que «&nbspcette pandémie a révélé au grand jour les conséquences des politiques de santé menées depuis des années au nom de la réduction des déficits publics et des économies budgétaires.&nbsp» Des politiques à courte vue que les organisations signataires de cette adresse n’ont eu de cesse de dénoncer aux côtés des personnels de santé. «&nbspAucune réponse n’a été apportée, nous en payons aujourd’hui le prix, il faudra en tirer les leçons.&nbsp», concluent les signataires.

Citoyenneté active

Et le jour d’après, on recommence comme avant ? Pour quinze organisations associatives et syndicales, dont la FSU, il n’en est pas question. Elles ont lancé une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques. Elles appellent les citoyennes et les citoyens, qui partagent le constat dressé d’urgence sociale et écologique et en ont assez des discours creux, à se mobiliser pour que le «&nbspjour d’après&nbsp» soit construit ensemble, en rupture avec les politiques menées jusque-là. «&nbspLes solutions existent, agissons !&nbsp» proclament les signataires.

Signer la pétition en ligne

Pas de réouverture sans garanties sanitaires

Actualités 1er degré - ven, 17/04/2020 - 14:04

Seule la santé de toutes et tous doit guider le processus de déconfinement. Il doit, dans la logique du confinement lui-même, d'abord répondre aux enjeux sanitaires de la propagation du Covid19 et viser la protection des populations. Aussi, dans la mesure où aucune autorité sanitaire ne conforte le choix du 11 mai, cette date de déconfinement semble prématurée au vu de l’évolution de l’épidémie, et ce, quelles que soient les conditions.
Il ne faut donc pas précipiter le déconfinement sous prétexte de vouloir relancer l’économie au plus vite.

La réouverture des écoles ne pourra donc se faire qu’en respectant une série de conditions clairement identifiées pour ne pas mettre pas en danger l’ensemble de la société.
Ce processus de reprise de l'école devra être approuvé par la communauté scientifique et médicale.

Il s’agit d’imposer un niveau de protection optimum des personnels et des élèves pour ne pas créer de potentiels «&nbspclusters&nbsp» scolaires qui relanceraient l’épidémie. Il faut s'appuyer et tirer des leçons de l'exemple des écoles ouvertes pour l’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise qui montre que la contamination en leur sein est loin d'être exclue. Le passage à une plus grande échelle de l'accueil des enfants n'est pas sans risque.

La réouverture des écoles ne réglera pas le problème des inégalités qui ont été mises en lumière durant le confinement. Le retour à l’école devra monopoliser les personnels spécialisé, médicaux, sociaux pour prendre en compte toutes les difficultés et engager une réflexion pour bâtir une école qui permette durablement de lutter contre les inégalités.
Par ailleurs, alors qu'il semble inenvisageable d'accueillir tous les élèves en même temps pour des raisons sanitaires, tous les élèves devront néanmoins être accueillis dans les écoles.

La période de retour à l’école ne peut en outre aucunement s’accompagner de pressions sur le programme. Rappelons que, si l’école à la maison n’était pas l’école, l’école sous pandémie ne sera pas davantage l’école.

C’est uniquement si ces conditions sanitaires et pédagogiques sont respectées, avec l’aval la communauté scientifique et médicale, que les écoles pourraient être ré-ouvertes.
Nier les conséquences prévisibles d'une réouverture des écoles sans les précautions nécessaires constituerait une faute grave.

Des préalables
  • Proposer à tous les personnels (enseignant-es, AESH, AED, ATSEM, ...) comme aux élèves la possibilité d'un test de dépistage sérologique pour déterminer qui a été contaminé et qui est susceptible de l’être.
  • Déterminer un protocole national en cas de contamination d’élèves et/ou de personnels pouvant conduire à la fermeture de l'école
  • Mettre à disposition des masques en quantité suffisante, du savon, et du gel hydro-alcoolique, des serviettes et des mouchoirs jetables
  • Désinfecter avant chaque changement de groupe les locaux et le matériel scolaire collectif
  • Réaménager les classes et les espaces pour respecter les distances barrières.
  • Élaborer avec les collectivités locales et l’aide des acteurs de prévention, dont les CHSCT, des modalités précises d’organisation des écoles adaptées à de jeunes enfants pour tous les moments de la journée en fonction des locaux (sortes de PPMS locaux). Comment organiser la cantine, les récréations, le transport scolaire, l’accueil des parents, la garderie, l’échelonnement de l’accueil et de la sortie des élèves… ?
  • Les collectivités locales devront être aidées par l’État pour faire face des besoins importants de personnel supplémentaire.
  • Les équipes devront disposer d'un temps, suffisamment long et institutionnalisé, pour travailler à cette organisation en lien avec les autres personnels de l’école (ATSEM, AESH…).
Du côté des élèves
  • Retour progressif en commençant par les plus âgés, ceux de CM2 en élémentaire et ceux de GS en maternelle. Cela permettra d’analyser les obstacles à une école sous pandémie.
  • Limiter drastiquement le nombre d’élèves accueilli-es en même temps dans l’école afin que les règles de distanciation sociales puissent être respectées dans la classe et dans tous les lieux de vie de l’école. (préaux, cantine, garderie, transports en commun...). Cette limitation devra être adaptée en fonction de la configuration des locaux et notamment du nombre de sanitaires disponibles.
  • En élémentaire un maximum de 10 élèves par classe doit être appliqué. 
  • En maternelle, la question du retour à l’école des enfants se pose. Comment les accueillir, même en petits groupes, tout en respectant ces mêmes règles ? Les personnels des écoles devront décider en fonction des locaux et du nombre d'adultes présents. Un seul adulte en permanence ne pouvant permettre l'accueil de plus de 5 enfants de 5 ans, de 4 de 4 ans, de 3 de 3 ans.
  • Une attention particulière devra être portée aux conditions d'accueil des élèves en situation de handicap. 
Du côté des personnels
  • Les personnels dit « fragiles » et/ou à risque, pour eux-mêmes ou pour leur entourage familial, ne pourront être présents au sein des écoles, qu’ils soient enseignants ou non, comme les AESH. 
  • Certains devront régulièrement garder leurs enfants quand ces derniers ne seront pas accueillis à l’école. 
  • Le nombre de personnels présent dans les écoles fluctuera donc et devra être anticipé pour organiser l’accueil des élèves. 
  • Les psychologues scolaires avec les RASED doivent pouvoir être disponibles auprès des équipes et des élèves ainsi que la médecine scolaire, notamment pour mettre en place des espaces de parole liés à cette période particulière qui a pu être source d’une grande souffrance.

Le 11 mai, vraiment ?

Actualités 1er degré - mar, 14/04/2020 - 19:45
Le communiqué 

Lors de son allocution, le Président de la République a rappelé la force et le sens des responsabilités des salarié-es et des fonctionnaires. C’est dès maintenant que la FSU exige une traduction en actes de ce discours.
Dans les services publics, ce ne sera pas seulement un retard qu’il faudra rattraper à la sortie du confinement, c’est également un traumatisme de la population auquel le pays devra faire face. Les services publics et la société doivent être prêts et donc y être préparés. La FSU exige dans l’immédiat une mise en œuvre concrète et rapide du « plan santé » annoncé, mais aussi une loi, trop souvent repoussée à plus tard, « grand âge et perte d’autonomie » ambitieuse, avec des moyens renforcés pour les EHPAD, la revalorisation des métiers de l’ensemble de la filière de l’aide et du soin à la personne, et une réflexion d’ensemble sur le renforcement des services publics. Au- delà des primes exceptionnelles annoncées, des engagements en matière de revalorisation de carrière et de rémunération de plus long terme, la reconnaissance des qualifications et l’abrogation de la loi de transformation de la fonction publique sont des mesures immédiates à prendre. La réunion rapide du Conseil commun de la Fonction publique et du Conseil National des services publics doit permettre d’aborder ces questions.
Le Président de la République a annoncé la prolongation du confinement et la réouverture progressive des crèches, des écoles et des établissements scolaires à partir du 11 mai. Il a par ailleurs annoncé que les manifestations culturelles étaient suspendues jusque mi-juillet, que les restaurants restaient fermés afin de respecter la distanciation sociale. Ces décisions contradictoires sont inquiétantes. Pour la FSU, la priorité doit rester la santé de l’ensemble de la population : toutes les conditions sanitaires doivent donc être réunies avant tout retour en classe et dans les services. Or, comment garantir la protection sanitaire dans des lieux scolaires, en regroupant une population qui permet, plus qu'une autre, la transmission du virus ? Pour la FSU, la garantie de la protection sanitaire est la condition sine qua non du retour en classe : tests, mise à disposition de matériel de protection, conditions permettant le strict respect des gestes barrières et la distance physique de protection nécessaire. Cette réouverture des écoles et des crèches ne doit pas mettre en danger la société toute
entière. Par ailleurs, la FSU exigera que les objectifs de l’enseignement dans la période soient clarifiés : il s’agira d’une période très particulière, sans la présence de l’ensemble des élèves et avec des petits groupes, il ne s’agira pas de mettre la pression sur les personnels comme sur les élèves. Un vaste plan doit être concerté et réfléchi dès maintenant pour la reprise en septembre, tant pour le travail scolaire et universitaire que pour l’accompagnement social et psychologique des élèves et des personnels.
Emmanuel Macron a évoqué l’application en cours de développement permettant de recueillir des données sur les relations de chaque utilisateur de celle-ci. Si l’usage de celle-ci était basé sur le volontariat, les pressions au consentement peuvent être nombreuses. Pour la FSU, tout ce qui est de nature à accroître les restrictions et atteintes aux libertés publiques et à la vie privée doit être repoussé.

Le 14 avril 2020

#11Mai : Le SNUipp-FSU dans tous les médias

Actualités 1er degré - mar, 14/04/2020 - 19:15
Sur les ondes radios

Francette Popineau, cosecrétaire générale et porte parole du SNUipp-FSU était l’invitée du RTL midi mardi 14 avril. Elle y résume la position du syndicat : «&nbspL'idée de reprendre la classe, les enseignants y sont très favorables, et les élèves je le pense aussi &nbsp», estime Francette Popineau. «&nbspEn revanche, il faut le faire dans des conditions sanitaires suffisamment optimales pour ne faire prendre de risque à personne. Les écoles sont des lieux de transmission forts et les enfants sont des vecteurs de la maladie », souligne-t-elle.
Pour Francette Popineau, il faudrait que les effectifs soient drastiquement réduits, mais aussi que les écoles disposent de matériel (gel, masques), et surtout que les plus petits supportent de porter des masques toute la journée. «&nbspComment on peut penser que les restaurants seront fermés et que les cantines seraient ouvertes ? Il faut faire attention !&nbsp», prévient-elle. «&nbspAujourd'hui, reprendre l'école le 11 mai nous semble imprudent, et ça nous semble imprudent d'annoncer une date dans un mois sans qu'on ait la certitude que l'Inserm ou l'OMS approuvent cette décision », estime la secrétaire générale du SNUipp-FSU. 

Même ton au micro d’Europe 1, où le SNUipp-FSU par la voix de sa porte-parole se dit «&nbspsurpris par cette annonce imprudente ».

RCF radio dans son dossier du jour le 15 avril  a interrogé Francette Popineau suite au propos du ministre qui indiquait prévoir des masques pour les enfants. "On voit mal un enfant supporter un masque toute une journée sans mettre ses doigts, ça paraît très difficile pour un enfant en bas âge". "Se laver les mains à la maison c'est bien, quand on a une dizaine d'élèves qu'on doit surveiller ça prend beaucoup de temps !" Autant de cas très concrets "qui font douter de la possibilité de faire rentrer des classes maternelles " a-t-elle réagi. 

Sur les écrans 

Le sujet fait la une du journal de TF1 de 13h du mardi 14 avril. Francette Popineau y interroge le fait «&nbspqu’on laisse les cinémas fermés mais qu’on ouvre les écoles, ou encore qu'on laisse les chaises sur les tables dans les restaurants alors qu’on va rouvrir les cantines ». 

Sur France TV info encore, la porte-parole souligne l'imprudence : «&nbspReprendre dans un mois, comme si de rien n'était, ce n'est pas possible, car il n'y aura pas plus de gens immunisés, les enfants vont être ensemble à l'école, sans gestes barrières possibles, et ensuite aller dans les familles, chez les grands-parents, cela ne paraît pas du tout raisonnable ». 

Sur BFM TV, mardi 14 avril au soir, Francette Popineau prévient : «&nbspRevenir à l'école dans de mauvaises conditions c'est peut-être se préparer à une 2e vague épidémique&nbsp». 

Dans la presse écrite et web

Le journal Libération s’interrogeait sur le fait que l’école ne pourrait rouvrir qu’en septembre, un article dans lequel la porte-parole du syndicat rappelle quelques évidences : «&nbspIl est impossible chez de jeunes enfants de leur expliquer qu’il faut qu’ils se mettent à un mètre cinquante de leurs copains pour jouer, de ne pas se toucher quand on est enfants, ne pas se disputer la balle. C’est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai car on nous dit que tous les lieux publics sont fermés, les cinémas, les salles de spectacle, mais pas les écoles alors que l’on sait que c’est un lieu de haute transmission, de haute contamination, il y a un manque de précaution, ça paraît être en contradiction totale avec le reste. ». Le lendemain dans un autre article de Libération, «&nbspDéconfinement, l'école s'y colle&nbsp» Francette Popineau pose notamment la question du choix de la date. «De quel chapeau sort-elle ? Qu’en pense le conseil scientifique dont est entouré Macron ?» demande-t-elle. 

Sur 20 minutes, Francette Popineau exprimait le fait «&nbspqu’il allait y avoir une forte incompréhension de la part des enseignants, on a l’impression d’être sacrifié sur l’autel de l’économie. »

«&nbspEmmanuel Macron nous laisse entendre que les conditions sanitaires seront réunies dans un mois pour rouvrir les écoles mais pas les restaurants ou les cinémas. Alors même que nos établissements peuvent constituer des hauts lieux de propagation ! » , interroge encore le SNUipp-FSU dans l'édition de La Croix du 14 avril

Dans le journal Le Monde «&nbspNous étions pour la réouverture des écoles, si la situation sanitaire le permet, rappelle Francette Popineau, du SNUipp-FSU, majoritaire dans le premier degré. Mais les conditions ne sont pas réunies, puisque les cinémas restent fermés ! On rouvre les écoles pour relancer l’activité économique, en sacrifiant un peu vite les enseignants.&nbsp»

Le journal Marianne du 15 avril, cite également le SNUipp-FSU : «&nbspC'est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles alors que l'on sait que c'est un lieu de haute transmission, de haute contamination&nbsp» . Dans cet article le docteur Jean Paul Hamon fait le même pronostic. 

Dans un article de l'Obs daté du 15 avril, l'hebdomadaire notait que «&nbsppour beaucoup de professeurs, il s'agit également de "mettre les enfants quelque part afin de permettre aux parents d'aller travailler  ». Dès lundi soir, Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, expliquait à l'AFP avoir «&nbspl'impression que les enseignants étaient sacrifiés sur l'autel de l'économie&nbsp» .