Agrégateur de flux

Direction : pas à n’importe quel prix

Actualités 1er degré - mar, 23/06/2020 - 10:49

L’Assemblée nationale étudie actuellement une proposition de loi créant une « fonction de directeur d’école » qui risque de modifier en profondeur le fonctionnement des écoles publiques françaises.

Les mobilisations du printemps dernier contre la loi « pour une école de la confiance » ont écarté le statut de chef d’établissement. Par ailleurs, la consultation ministérielle a confirmé le rejet massif du statut. Sous couvert de plus d’autonomie accordée aux écoles, cette proposition de loi, si elle était adoptée, conduirait à des responsabilités accrues du directeur et de la directrice d’école et abimerait les collectifs de travail.

Si la reconnaissance de la fonction de direction est indispensable, cette proposition de loi franchit deux lignes rouges : l’emploi fonctionnel et la délégation d’autorité qui impliquent un profilage du poste, plus de prérogatives aux dépens du conseil des maîtres et davantage de pressions hiérarchiques. Elle conduirait à un transfert d’autorité de l’IEN vers le directeur ou la directrice d’école. Le flou persiste sur le cadre des missions qui apparaissent extensibles comme sur les conséquences concrètes de l’exercice de cette ”autorité”.

Même si l’obligation de mobilité et la notion de “feuille de route” ne figurent plus dans la proposition de loi suite aux premières initiatives du SNUipp-FSU, les deux lignes rouges subsistent et bouleverseraient fortement le fonctionnement des écoles.

La proposition de loi évoque au fil du texte des revendications largement partagées par les enseignantes et les enseignants mais sans les concrétiser ou en les soumettant à des contreparties.

S’il y a une véritable urgence à répondre aux besoins exprimés sur la direction et le fonctionnement de l’école cela ne peut se faire à n’importe quel prix !

Le SNUipp-FSU revendique :

une augmentation des décharges mais pour toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, et sans missions supplémentaires en contrepartie ;

une aide humaine au fonctionnement de l’école mais là aussi pour toutes les écoles et non en fonction de la richesse ou du choix des communes ;

un allégement des tâches mais qui ne peut en aucun cas se limiter à la seule rédaction des PPMS ;

une revalorisation salariale de la fonction mais explicite, clairement inscrite dans les articles de la loi et s’accompagnant d’un rattrapage salarial de tous les personnels enseignants.

Cette proposition de loi ne répond pas à ces urgences.
Mobilisons-nous toutes et tous ensemble pour imposer une réouverture du chantier ministériel et obtenir des réponses concrètes.
C’est le sens de la pétition unitaire et des premières mobilisations le mercredi 24 juin, jour du vote en première lecture de cette proposition de loi à l’Assemblée nationale.

Direction : nul besoin d'emploi fonctionnel

Actualités 1er degré - lun, 22/06/2020 - 06:07
Signer la pétition 

Direction d'école : la carotte et le bâton

Actualités 1er degré - sam, 20/06/2020 - 18:38

L’engagement des directrices et directeurs d’écoles dans la gestion de la crise du Covid 19 était une occasion à ne pas manquer. Éjectée par la porte à l’occasion du débat sur la loi « pour une école de la confiance », l’obsession de donner un statut hiérarchique à la direction revient par la « fenêtre de tir » parlementaire du groupe LREM.

Les organisations syndicales CGT-Educ’action, SNUipp-FSU, Sud-éducation et SNUDI-FO lancent une pétition en ligne pour rappeler qu’il n’est nul besoin d'une loi ou d’emploi fonctionnel pour répondre aux revendications des personnels.

Maligne, la rédaction de la proposition de loi ne fait pas mention d’un statut au sens strict du terme. Mais les précautions de vocabulaire et les promesses d’amélioration des conditions de travail n’y changent rien, c’est bien d’une caporalisation de la fonction qu’il s’agit cette fois encore.
À première vue, plusieurs points sembleraient répondre aux revendications exprimées par la profession comme la décharge totale pour les écoles de huit classes. Mais l’augmentation du temps de décharge se double de missions supplémentaires ajoutées en contrepartie et oublie les 75% d’écoles de moins de huit classes. Et la fin des APC pour les directeurs et directrices d’école ne répond pas à la demande de gestion autonome des 108 heures et à la fin des contrôles systématiques. Du temps et de la sérénité au final, il n’y en aura pas pour toutes et tous.
Sur le sujet de la rémunération, une augmentation de la « bonification indemnitaire » est présentée dans l’exposé des motifs mais ne figure dans aucun article de la proposition de loi. Elle ne suffirait pas, par ailleurs, à rattraper le retard accumulé par rapport aux homologues européens. Quant à la formation, rien n'est précisé dans le projet sauf qu'elle devrait précéder et conditionner la demande d’accès à cette fonction par liste d’aptitude.
Pour ce qui est de l’allègement des tâches et des responsabilités, il n’est question que du PPMS et de la suppression des élections des représentants des parents d’élèves en cas de liste unique. Des propositions qui sont loin de suffire, tant l'accumulation de tâches chronophages et inutiles est importante. Quant aux emplois d’aide à la direction, la proposition de loi les renvoie au bon vouloir et aux moyens des collectivités locales.

Quelles contreparties ?

Ces quelques avancées en trompe l'œil ne sont pas sans contreparties. En effet, alors que seuls 8 à 11% des directeurs et directrices étaient favorables à un statut, selon les propres résultats de la consultation ministérielle, la question d'un supérieur hiérarchique à l'école revient par la fenêtre avec le projet de les nommer sur des « emplois fonctionnels ».
Nommés par les DASEN d’après une liste d’aptitude pour une durée déterminée, les directeurs et directrices entérineraient les décisions prises par le conseil d’école, les mettraient en œuvre et seraient décisionnaires lors des débats organisés pour assurer le bon fonctionnement de l'école sur le plan pédagogique comme sur celui de la vie de l'école. Délégataire de l’autorité académique, la direction d’école s’inscrirait donc dans une chaîne hiérarchique.

Pour le SNUipp-FSU, Cette proposition de loi apparaît comme une brique supplémentaire de la structuration d’une toute autre école que celle portée par la profession fondée sur le travail d'équipe entre pairs. Cette volonté du gouvernement d’installer dans le premier degré un fonctionnement similaire au second degré ne répond pas aux besoins de l'école.

Du temps, pour réussir la rentrée !

Actualités 1er degré - sam, 20/06/2020 - 13:55
le communiqué du SNUipp-FSU  Du temps, pour réussir la rentrée !

3 jours ! C’est le temps qu’il a fallu pour rendre un protocole avec une nouvelle unité de mesure, le « presqu’un mètre », sans que cela soit toutefois conforme au décret !

Cela n’est qu’un exemple de plus de l’impréparation et de l’improvisation du ministère durant la période : aucune anticipation de la fermeture des écoles, aucune préparation à l’enseignement à distance, improvisation totale sur les dates de reprise avec des protocoles arrivant tardivement et demandant des aménagements conséquents. Tout cela s’est mis en place par la seule implication, y compris matérielle des enseignantes et des enseignants des écoles. C’est finalement sur eux que l’on fait reposer la responsabilité de la santé des élèves et des personnels pour que l’école ne devienne pas un nouveau foyer de contamination.
C’est dans ce contexte que l’année s’achève, et dans la tête de tous et toutes, déjà se profile la rentrée. Du côté ministériel, aucune avancée sur la préparation de septembre.

Au-delà d’un plan d’urgence pour l’école qui doit permettre de lutter contre les inégalités mises en lumière par le confinement et donner des moyens pour aider les plus fragiles, la rentrée de septembre doit être pensée selon plusieurs scénarios, du plus favorable au moins favorable. Car le virus circule toujours et aucun traitement n’est aujourd’hui efficace et aucun vaccin n’est prêt. 

C’est dans ce contexte que l’école doit penser la reprise de septembre sans pouvoir compter sur le ministère pour l’anticiper. Aussi, il faut dès maintenant donner du temps aux équipes pour se préparer, pouvoir repenser les progressions et les programmations dans le cadre des cycles, imaginer la rentrée des élèves qui changent d’école ou qui y entrent pour la première fois, inventer des organisations différentes et créer des protocoles selon le niveau d’activité du virus… 

Du temps ! Du temps maintenant, du temps à la rentrée. Rien de plus que ce dont disposait le ministère pour ne réaliser que des protocoles inachevés.
Du temps pour les professeurs qui sont bien là, qui savent ce qu’est une classe, des élèves et qui, comme ils ont pu le démontrer, tiennent le système à bout de bras !

Paris, le 20 juin 2020

Dialogue social : mon œil

Actualités 1er degré - ven, 19/06/2020 - 14:32

« Quels que soient les sujets, les réunions se suivent et se ressemblent : communication tardive des documents, absence de réponses aux questions posées par les organisations syndicales, refus d’étudier leurs demandes et propositions. Le dialogue se résume à une écoute plus ou moins polie », explique dans un communiqué la FSU, première fédération syndicale du ministère de l’éducation nationale.
Le travail des représentantes et représentants syndicaux se trouvent sans cesse confronté à des « autorités ministérielles et déconcentrées arrogantes et autoritaires », complète le communiqué de la FSU.

La FSU quitte le CHSCT 

Le CHSCT ministériel du 17 juin, consacré au nouveau protocole sanitaire, fut à nouveau révélateur de cet état de dialogue social. Dans un nouveau communiqué, la fédération syndicale explique pourquoi elle a dû quitter la réunion. La représentation des personnels a reçu le document de travail, deux heures seulement avant le début de la séance, alors même qu’il avait déjà été rendu public. Une réunion qui relevait manifestement de l’affichage puisque d’entrée de jeu le ministre avait annoncé « qu’il n’était pas question d’apporter de quelconques modifications. »
Aussi, au-delà du mépris affiché pour le travail des membres de la délégation, il n’a pas été possible de porter la parole des personnels « au plus près du terrain, alors qu'ils vont devoir à nouveau modifier dans des temps records toute l’organisation des écoles et des établissements afin d’accueillir les élèves dès le 22 juin ».

Décidément, alors que la profession enseignante vient de traverser une période de mise en cause publique insupportable, il semble que son ministre de référence n’y accorde, dans les faits, guère plus d’intérêt.

Tour de passe passe sur les postes

Actualités 1er degré - ven, 19/06/2020 - 13:24
Le communiqué du SNUipp-FSU  Tour de passe-passe sur les postes

Le 7 avril dernier, le ministre de l’Éducation nationale annonçait la création de 1 248 postes supplémentaires à la rentrée 2020. Cette nouvelle dotation prouve que les 440 créations de postes initiales étaient largement insuffisantes.
La crise sanitaire a mis en exergue les inégalités tant sociales que scolaires, or les départements qui ont des populations plus fragiles et des écoles en éducation prioritaire sont les grands oubliés de cette rallonge en postes. Par ailleurs, des
postes de maîtres supplémentaires ou de RASED continuent à être supprimés. Le ministère ne tire pas les leçons de la séquence et ne met pas tout en œuvre pour lutter contre les inégalités.
Ces 1248 postes supplémentaires, déjà répartis entre les départements, auraient dû déboucher sur 2496 recrutements de stagiaires supplémentaires. En effet leslauréats du concours seront enseignants stagiaires à mi-temps. Or, le ministère n’annonce la création que de 625 places supplémentaires aux 10 790 déjà prévus au CRPE 2020. Comme l’an dernier, 700 places seront également créées au concours supplémentaire de Créteil et Versailles.
Cette annonce maintient les inquiétudes sur la rentrée car le nombre d’enseignants ne sera pas suffisant pour occuper ces postes. Les 625 recrutements ne correspondant qu’à 312 moyens d’enseignement à temps plein. Cela conduira à recruter près de 1 000 contractuels, malgré la promesse du ministère de ne pas recourir à des personnels non formés.
Le SNUipp-FSU demande, a minima, l’ouverture des listes complémentaires pour couvrir les besoins.
Pour lutter contre les inégalités et permettre de répondre aux besoins de tous nos élèves, c’est d’un plan d’urgence avec des enseignants ayant appris le métier dont l’école a besoin.
Cela impose de réfléchir dès à présent à un plan de recrutements à la hauteur des défis qui s’imposent à l’école. Le ministre est garant de la continuité et de la qualité du service public d’éducation. Cela ne peut pas passer par un tour de passe-passe
sur les postes dans les écoles.

Paris, le 17 juin 2020

22 juin : ce qui change

Actualités 1er degré - ven, 19/06/2020 - 12:10

Le nouveau protocole sanitaire d’accueil des élèves est finalement paru dans sa version définitive mercredi 17 juin. Les changements y sont indiqués en bleu. La principale mesure est la fin de la règle des 4 m2 et la suppression de la distanciation entre les élèves d’une même classe en maternelle. À l’école élémentaire un mètre de distance est à maintenir entre les élèves dans les espaces clos « lorsque cela est matériellement possible », ce qui laisse pour le moins une grande marge d’appréciation.
Le port du masque est obligatoire pour les élèves à partir de l’âge de 11 ans « lorsque la distanciation physique n’est pas possible en classe », mais rien n’est stipulé sur qui devra fournir les masques… Pour les personnels la situation sur le port du masque reste inchangée, et elle doit également s’appliquer aux intervenants extérieurs.

Si aucune distanciation physique n’est plus requise dans les espaces ouverts, « on ne pourra y mélanger des classes ou des groupes différents ». Les gestes barrières et notamment le lavage des mains restent inchangés dans leurs fréquences mais peuvent s’exercer sans distanciation physique. Une mesure qui permet de retrouver l’usage de l’ensemble des lavabos et toilettes.

Enfin le protocole invite « à faire classe dehors »pour éviter le casse-tête de la distanciation physique. Mais il ne précise pas si les bretons doivent apporter un parapluie et les niçois un parasol

Locaux et espaces de jeux extérieurs 

Ils retrouvent des règles de nettoyage plus proche de l’ordinaire avec une attention particulière pour « les surfaces fréquemment touchées par les élèves qui doivent faire l’objet d‘une désinfection quotidienne ». L’accès aux jeux, aux bancs, dans les espaces collectifs est autorisé « si un nettoyage quotidien est assuré ou après une période sans utilisation d’environ 12 heures ». Les objets partagés (ballons, jouets, livres, jeux, journaux, dépliants réutilisables, crayons, etc.) au sein d’une même classe ou d’un même groupe sont à nouveau disponibles « lorsqu’une désinfection quotidienne est assurée ou que les objets sont isolés 24 h avant réutilisation ».

Personnels vulnérables et garde d’enfants

Une fiche de la DGRH envoyée aux DSDEN le 17 juin 2020 indique les nouvelles directives pour les personnels dans le cadre de la reprise générale des écoles le 22 juin.

Les personnels dits vulnérables selon le décret n° 2020-521 du 5 mai 2020, peuvent continuer à travailler à distance et si ce n’est pas possible, une autorisation spéciale d’absence leur sera accordée.
Par contre les personnels vivant au foyer de personnes vulnérables doivent reprendre une activité́ sur site, il n’est plus possible pour elle de continuer le travail à distance ou d’obtenir d’ASA. Les gestes barrières sont suffisants selon le ministère.
Concernant les gardes d’enfants, le volontariat des familles n’étant plus possible, les seules autorisations d’absences qui pourront être données concernent « les élèves dont les écoles ou classes fermées par arrêtés ou lorsque les enfants ont une raison médicale de ne pas retourner à l’école ». Dans ce cas une attestation de l’établissement ou médicale doit être fournie.

Désormais, hormis les situations ci-dessus, toutes les autres situations d’absence pour raisons médicales doivent être attestées par un arrêt de travail. Pour rappel, il n’y a pas d’application du jour de carence durant toute la période “d’Etat d’urgence sanitaire” (cf art 8 de la loi 2020-290). Celle-ci est en vigueur, a minima, jusqu’au 10 juillet.

Par ailleurs, pour les départements de Guyane et de Mayotte, les dispositions applicables restent celles du 11 juin 2020.

Comités de pilotage de l’école inclusive

Actualités 1er degré - ven, 19/06/2020 - 07:42

Le décret n° 2020-515 du 4 mai 2020 relatif au comité départemental de suivi de l’école inclusive vient de fixer la composition de ses membres. Les personnels enseignants ou leurs représentants syndicaux ne figurent pas dans la liste retenue et ne semblent donc pas devoir être considérés comme des acteurs de premier rang dans la mise en œuvre d’une école inclusive. Ils pourront toutefois être invités par le président du comité qui a le pouvoir de «&nbspconvier toute autre personne ou organisation concernée par le parcours de scolarisation et de formation des enfants, des adolescents ou des jeunes adultes en situation de handicap&nbsp».

Alors même que ce comité «&nbspétablit un état des lieux des moyens consacrés à l'école inclusive et à l'accompagnement médico-social des élèves en situation de handicap (…), ainsi qu'un bilan annuel des résultats qualitatifs et quantitatifs au regard des objectifs et des moyens », il n’y a autour de la table de manière pérenne aucun représentant des personnels enseignants pour apporter une analyse du terrain et notamment pouvoir porter des demandes de création de dispositifs ou de classes spécialisées. Ce même comité est en effet chargé d’examiner «&nbspà partir des données collectées et de l'état des lieux mentionné précédemment, (…), les programmations et les déploiements nécessaires pour l'accueil, la formation et l'accompagnement des élèves en situation de handicap…&nbsp»

Un comité qui peut donc avoir une influence importante en matière de mesures de carte scolaire et qui ne prévoit pas de fait la représentation des personnels enseignants sur ce dossier important.

Aussi le SNUipp-FSU a décidé d’adresser au ministère, ainsi qu’à chaque académie et département, un courrier pour obtenir que les personnels d’enseignements soient représentés de manière pérenne dans cette instance.

Les personnels de l’ASH et la crise sanitaire

Actualités 1er degré - jeu, 18/06/2020 - 11:53

Comme leurs collègues de l’enseignement ordinaire, les enseignantes et les enseignants spécialisés, malgré les difficultés, ont répondu présent tout au long de la crise sanitaire. Une forme de continuité éducative et pas la «&nbspcontinuité pédagogique&nbsp» dont le ministre de l’Éducation nationale s’est vanté et qui peut encore moins se concevoir dans le cadre d’un handicap, d’une mission d’inclusion, de difficultés sociales ou psycho-affectives. Ce leurre ministériel avait pour objectif premier de faire croire au grand public que l’école à distance était possible et qu’elle ne creuserait pas les inégalités scolaires.
La réalité a pourtant accentué les écarts, les difficultés, les inégalités. Elle a renforcé la fracture scolaire, surtout pour les élèves qui relèvent du spécialisé. Elle a mis en lumière que l’école est indissociable du présentiel.

Tout le monde sur le pont

Quoi qu’il en soit, les personnels spécialisés ont su mettre leur spécificité au service des élèves et de leurs familles. Des plateformes téléphoniques pour les Psy-EN des RASED, des soutiens individuels réalisés par les maîtres E et G, des pratiques pédagogiques innovantes chez les coordonnateurs et coordonnatrices d’ULIS et d’UE, dans les SEGPA et les ESMS, continuité administrative et pédagogique pour les ERH, maintien du lien avec les élèves dans les EREA, accueil de certains élèves dans les IME, volontariat pour accueillir les enfants des personnels soignants : le lien a été maintenu avec inventivité et engagement. Et ce, malgré des conditions matérielles souvent compliquées, des difficultés d’organisation, des attentes contradictoires entre Éducation nationale et services de soins et des situations personnelles d’élèves très particulières.

Des leçons à tirer

Tout comme cette crise a mis en avant l’utilité d’un hôpital public de qualité, elle a montré l’importance d’une école solide et qui dispose de tous les moyens dont elle a besoin, notamment pour prendre en charge les élèves les plus fragiles. Il va par exemple des RASED, et de l’importance qu’ils soient complets sur tout le territoire.
Or, le ministère s’attaque encore aux postes spécialisés pour la rentrée 2020. Certains resteront vacants et récupérés voire supprimés, faute de départ en formation. Certains ne sont même pas publiés au mouvement.
Et à l’heure de la reprise de l’école, les personnels spécialisés continuent d’être les «&nbspimpensés&nbsp» du déconfinement et de la situation actuelle. Pire, niant leur identité professionnelle, on les envisage parfois comme des bouche-trous pour pallier les manques dans l’enseignement ordinaire.
Combattre les inégalités devrait pourtant être un objectif prioritaire des pouvoirs publics. Au sein de l’école, à côté et dans la classe, des réflexions, des élaborations collectives et des aménagements pédagogiques sont nécessaires avec les enseignants spécialisés.
Les enseignements adaptés et des structures spécialisées sont utiles à certains enfants et ce afin de répondre à leurs besoins en fonction de leur niveau de développement. Il s’agit de rompre avec l’idée que tout doit se résoudre dans un contexte budgétaire restreint en dehors des besoins de ces enfants.

L’ASH contribue à la qualité du service public d’éducation, cette crise l’aura montré. Il s’agit désormais de la réinscrire pour de bon dans le projet éducatif de l’école du 21è siècle. Et de lui donner tous les moyens nécessaires pour remplir ses missions auprès des publics les plus fragiles.

L'impossible promesse

Actualités 1er degré - mar, 16/06/2020 - 12:02

Tous les élèves seront de retour en classe à partir du 22 juin, c’est le Président qui l’a dit. Le genre de promesse qui n’engage que celles et ceux qui y croient, selon la formule consacrée, même s'il était urgent de rétablir l'obligation scolaire pour tous les élèves. 
Car de fait, et malgré un léger assouplissement du protocole sanitaire, elle est très difficile à tenir, cette promesse, s’insurge le SNUipp-FSU. Et les équipes d’écoles vont devoir une nouvelle fois se débrouiller comme elles peuvent, risquant de se retrouver en porte-à-faux vis-à-vis des familles.
Pour le syndicat, « Cet objectif impossible contribue à jeter l’opprobre sur les enseignantes et les enseignants et renforce cette injuste prise à partie publique dans certains médias que le Président n’a pas jugé bon de dénoncer. »
Alors plutôt que d’afficher une mesure symbolique qui contraint à revoir les organisations arrêtées depuis un mois, il serait grand temps de faire confiance aux équipes d’écoles, de les écouter, de réfléchir avec elles à la préparation de la rentrée prochaine et à une nécessaire reprogrammation des apprentissages.

Le communiqué

Des annonces en forme d’impossible promesse

La mise en œuvre des annonces du Président de la République d'accueillir tous les élèves tout en appliquant le nouveau protocole va tourner à la quadrature du cercle dans les écoles.

Le volontariat des familles tournait le dos à une école égalitaire, mais l’assouplissement du protocole ne permettra pas d’accueillir tous les enfants dans ce nouveau cadre. L’architecture des écoles, la superficie des salles de classes, leur mobilier et les effectifs de classe resteront des contraintes indépassables. Tous les élèves ne pourront pas revenir à l’école en même temps. Prétendre autre chose reviendrait à mettre l’école et les équipes enseignantes en porte-à-faux.
Ces annonces présidentielles n’ont pas été anticipées avec les personnels enseignants, pourtant les premiers concernés, et une fois de plus c'est eux qu'on somme de répondre à cette promesse intenable.

Cet objectif impossible contribue à jeter l’opprobre sur les enseignantes et les enseignants et renforce cette injuste prise à partie publique dans certains médias que le Président n’a pas jugé bon de dénoncer. Or, depuis le début de la crise sanitaire, ils et elles se sont fortement engagées dans l’accueil des enfants des personnels soignants, comme dans le maintien d’un "enseignement à distance" puis dans la réouverture des écoles à partir du 11 mai.

Plutôt que d’afficher une mesure symbolique à deux semaines de la sortie des classes qui ne répond pas vraiment ni à la demande des familles, ni à celle des personnels et qui oblige à revoir les organisations arrêtées depuis un mois, l’école a besoin d’un retour de tous les élèves en petits groupes et d’une anticipation de la rentrée avec la reprogrammation des apprentissages.

Une fois de plus, les annonces se succèdent, la précipitation et le flou dominent, tandis que les équipes d’écoles doivent se débrouiller seules.

Il est plus que temps de leur faire confiance, de les écouter et de les informer autrement que par les médias. Ce sont elles qui tiennent le système éducatif à bout de bras.

Paris, le 16 juin 2020

Un été pour préparer le CP ? C’est non

Actualités 1er degré - lun, 15/06/2020 - 10:50

Trois semaines de stage chaque matin de juillet, puis cinq semaines d’exercices quotidiens sur support numérique : c’est la potion indigeste, en forme de punition, que l’association Agir pour l’école* propose d’infliger cet été aux enfants des quartiers populaires qui sortent de grande section de maternelle. L’objectif affiché de l’opération « Un été pour préparer le CP » est de leur permettre « de rattraper le travail de la phonologie habituellement mené en mars-avril grâce aux outils numériques de l’association. »
Dans un communiqué daté du 15 juin, treize organisations représentatives de la communauté éducative**, dont le SNUipp-FSU, s’insurgent contre ce projet, précisant qu’Agir pour l’école « n’est pas agréée comme association complémentaire de l’école et que ses protocoles suscitent de nombreuses réserves et critiques. »
Elles mettent donc en garde les municipalités opératrices des « vacances apprenantes » contre le forcing de la rue de Grenelle pour leur vendre un dispositif considéré comme pauvre pédagogiquement et à l’efficacité douteuse.
Elles rappellent aussi que « les enfants ont droit à de vraies vacances et ont avant tout besoin de ressourcer leur envie d’apprendre par la socialisation et l’ouverture, en particulier dans les accueils collectifs de loisirs et colonies de vacances. »

*association subventionnée par d'importants fonds privés dont des entreprises du CAC 40 : AXA, HSBC, Suez etc.

**CEMEA, CRAP, CGT Educ’Action, GFEN, FCPE, ICEM-Pédagogie Freinet, JPA, Ligue de l’enseignement, SE-UNSA, Sgen-CFDT, Snpi-FSU, SNUipp-FSU, Sud-Éducation

Le communiqué

« Agir pour l'École » : ni pendant l'année scolaire, ni pendant les vacances !

Dans le contexte sanitaire que nous connaissons, où les enseignements ont dû se faire à distance à partir du 13 mars dernier, l’association « Agir pour l’école » tente de présenter son opération « un été pour préparer le CP » comme la solution miracle, « au chevet » des futur-es élèves de CP de certains quartiers populaires.

Ce projet de « vacances apprenantes » pourrait se déployer dans plusieurs endroits (dont le Nord et le Pas-de-Calais) avec l’objectif affiché de « permettre aux enfants de Grande Section de maternelle en REP/ REP+ de rattraper le travail de la phonologie, habituellement mené en mars-avril en GS, au mois de juillet, grâce aux outils numériques de l’association. » A une période de trois semaines de stage, tous les matins de juillet, encadrée par des membres de l'association aux compétences pédagogiques non reconnues, succéderait une période de cinq semaines de sessions courtes et quotidiennes à la maison, sur support numérique. Contournant ainsi la résistance des enseignant-es, « Agir pour l’Ecole » veut s’adresser directement aux parents et s’appuyer sur l’enseignement distanciel qui continue d'isoler les élèves.

Les organisations signataires rappellent qu’Agir pour l’École, contrairement aux mouvements d’éducation populaire, n’est pas agréée comme association complémentaire de l’École et que ses protocoles suscitent de nombreuses réserves et critiques : la focalisation de l’enseignement de la lecture sur la seule dimension phonologique, l’entraînement mécanique à l’oralisation de syllabes et pseudo-mots coupé de tout objectif de compréhension, la mise en œuvre de protocoles techniques sans lien avec la culture écrite n’offrent qu’une entrée appauvrie dans l’univers de l’écrit à des enfants qui en sont déjà très éloigné-es. L’efficacité présumée de la méthode n’a jamais fait l’objet d’une validation scientifique indépendante ou issue de l’institution. Toute méthode fondée sur une individualisation excessive comme celle prônée par Agir pour l'École accentue les inégalités.

Au sortir de longs mois où toutes et tous les élèves ont été éloigné-es, et parfois complètement coupé-es de l’école, ce type de protocole, en lieu et place de vacances qui pourraient être source de découvertes culturelles et de pratiques éducatives enrichissantes et émancipatrices, ne manquera pas de reconvoquer le même type de difficultés que beaucoup d'enfants et leurs familles ont rencontré lors du confinement (conflits intrafamiliaux autour du travail scolaire, évitement, décrochage…). Ce protocole est contreproductif pour des enfants qui ont droit à de vraies vacances et ont avant tout besoin de ressourcer leur envie d’apprendre par la socialisation et l’ouverture, en particulier dans les accueils collectifs de loisirs et colonies de vacances proposés par les acteurs et les actrices reconnu-es de l'Éducation Populaire.
Enfin, le dispositif « un été pour préparer le CP » est présenté aux municipalités opératrices des « vacances apprenantes » par les services de l’Éducation nationale : il est inadmissible que l’institution puisse faire la promotion d’Agir pour l’École. Les organisations co-signataires dénoncent avec force ces pratiques contraires à la déontologie et aux valeurs du service public, tout entier mobilisé pour préparer une rentrée 2020, qui pourra compter sur le professionnalisme des enseignant-es, comme sur celui des acteurs et actrices de l’éducation populaire.

Nous appelons les élu-es à bien se renseigner sur ce projet avant de valider un dispositif qui maintient les enfants des quartiers populaires dans des apprentissages appauvris, très éloignés de l’ambition partagée de les faire accéder à une culture commune. De même, nous appelons les personnels de l’Éducation nationale à résister aux pressions exercées par « Agir pour l’École » ou par l’institution elle-même dans ou autour de l’École.

Pour les AESH, toujours nada !

Actualités 1er degré - sam, 13/06/2020 - 08:57

Ils et elles sont plus de 100 000 aujourd'hui à oeuvrer au quotidien dans les écoles pour l'accompagnement des élèves en situation de handicap. Une présence indispensable qui est très loin d'être valorisée à la hauteur des missions qui sont demandées à ces personnels. Aussi, il y avait beaucoup d'attente pour ce cinquième rendez-vous, mardi 9 juin, du comité de suivi des AESH dont l'ordre du jour était consacré au temps de travail et aux rémunérations. Pour l'heure, aucune mesure concrète n'a été présentée aux organisations syndicales présentes et cela ne peut raisonner que comme un nouveau mépris en direction de ces personnels dont le travail en temps incomplet constitue la règle et qui touchent en moyenne un salaire de 770 € net mensuel.  

Le communiqué de l'intersyndicale éducation  Un statut quo inacceptable Alors que l’amélioration de la situation des AESH est présentée comme un objectif du Comité Consultatif AESH installé le 27 février dernier, et que le constat est sans appel, aucune proposition satisfaisante au regard de l’urgence sociale n’est formulée par le ministère.Les constats sont flagrants :
  • Le temps incomplet est la règle : malgré leur demande de travailler à temps plein, les AESH sont
  • massivement maintenu·es à temps incomplet (en moyenne 62 %).
  • Les augmentations de rémunération liées à l’ancienneté ne sont quasiment pas appliquées : 72 %
  • des AESH sont rémunéré·es à l’indice plancher (indice 329), parmi les salaires les plus bas de la
  • Fonction publique
  • Le salaire moyen est de 760 € net par mois.

La seule piste évoquée pour augmenter les rémunérations est d’augmenter le temps travaillé en proposant des missions hors fonction d’accompagnement d’élèves en situation de handicap et en multipliant les contrats de travail à temps incomplet avec différents employeurs, ce qui maintient les AESH dans la précarité. Ces pistes vont à l’encontre de l’objectif de professionnalisation et de reconnaissance des missions des accompagnant·es d’élèves en situation de handicap. La flexibilité imposée par la mise en place des PIAL n’a pas permis d’aboutir à des contrats à temps plein, comme promis par le ministre. Les organisations syndicales FSU / SE-UNSA / SGEN-CFDT / CGT Éduc’Action / SNALC / SUD éducation exigent des mesures immédiates et significatives en termes de sortie de la précarité pour les AESH. Cela implique dès à présent un budget pour les financer :

  • En finir avec le recours aux contrats à temps incomplets subis et respecter l’intégralité des notifications d’accompagnement 
  • Reconnaître l’exigence des missions des AESH par une revalorisation immédiate et conséquente de leurs rémunérations ;
  • Refondre l’espace indiciaire de rémunération en relevant dès à présent l’indice plancher et l’indice de haut de grille pour une évolution de carrière décente. 

Cela implique un élargissement de la grille. La reconnaissance professionnelle des AESH doit passer par la création d’un corps de fonctionnaires correspondant aux besoins permanents indispensables au bon fonctionnement du service public d’éducation.     Le Premier Ministre et le Président de la République doivent sans attendre prendre les arbitrages qui s’imposent pour que la situation des AESH soit réellement améliorée dès la rentrée de septembre 2020. Il en va de la crédibilité et de la réussite de l’École Inclusive. C’est une urgence pour les élèves en situation de handicap et les personnels qui les accompagnent.

Paris, le 15 juin 2020

Le 16 juin, mobilisations pour la santé

Actualités 1er degré - jeu, 11/06/2020 - 13:42

« Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché   » expliquait Emmanuel Macron lors de  son allocution du 12 mars dernier. Fort bien ! La FSU, la CGT, FIDL, Solidaires, l'Unef et l'UNL appellent à la mobilisation le 16 juin prochain afin de le lui rappeler. 

Le communiqué intersyndical et interprofessionnel publié pour l'occasion indique que "Les personnels de santé, du médicosocial, du social, des Ehpad, dans l'éducation nationale seront mobilisés pour exiger des moyens conséquents pour de bonnes conditions de travail assurant ainsi un service public de qualité pour toutes et tous les usagers et patients. 

Partout dans le pays des mobilisations sont organisées et une carte est mise à disposition pour les indiquer. 

Cette mobilisation s'inscrit dans une volonté plus générale de changement pour reconstruire le monde d'après. Elle prolonge les propositions du collectif regroupant vingt organisations associatives et syndicales  « Plus jamais ça ! Un monde à reconstruire, 34 mesures pour un plan de sortie de crise ».
Un plan qui "entend faire la démonstration qu'il y des alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire, et que ces alternatives sont crédibles, désirables et réalisables, à condition que les moyens politiques soient mis au service des objectifs de transformation sociale et de préservation de l'environnement". 

Les services publics, colonne vertébrale de la société, ont été et continuent d'être démantelés. La crise a montré à quel point ils sont essentiels. Le 16 juin sera l'occasion de revendiquer la reconstruction d'un service public de qualité, au plus près des citoyens et citoyennes dans l'ensemble des territoires. Un premier pas pour que le monde d'après soit différent du monde d'avant...

Ils sont bien là

Actualités 1er degré - mer, 10/06/2020 - 16:28

Entre les contraintes du protocole sanitaire qui réduit de fait les capacités d’accueil et la demande légitime des familles à ce que leurs enfants reviennent à l’école, les enseignantes et les enseignants des écoles sont soumis à des injonctions paradoxales. Alors que dans leur grande majorité, les PE ont repris la classe, on les soupçonne de jouer les prolongations du confinement et le ministère, censé les soutenir, entretient le flou sur des chiffres fantaisistes. Une manière de déplacer le projecteur et de les rendre responsables d’une situation particulièrement mal gérée.

Le communiqué

Les enseignants sont bien là

Quand dans la même phrase le ministre de l’Éducation nationale dit « toutes les familles qui le souhaitent devront pouvoir scolariser leur enfant même partiellement » et « le protocole est inchangé », on assigne à l’école un objectif intenable et, par ricochet, on jette l’opprobre sur les enseignants. En tenant compte du protocole, dont les 4M2 par enfant, l'exercice est en effet impossible et pourrait au mieux déboucher sur un accueil partiel de davantage d’enfants ce qui ne correspond pas à la demande légitime des familles. Le ministère sait très bien que l’école ne peut pas tenir cette promesse mais dégage ainsi sa responsabilité et entretient le doute sur la présence des enseignants. De même, en faisant rêver sur un accueil périscolaire parallèle qui ne peut être organisé partout, il se dédouane sur les municipalités.

Les enseignantes et les enseignants des écoles sont là. Ils l’ont été pour accueillir les enfants de soignants sans masques et sans gel pendant de longues semaines. Ils l’ont été pour l’enseignement à distance où ils ont dû improviser à la hâte sans matériel professionnel et sans formation, maintenant activités scolaires et lien précieux avec leurs élèves. Ils ont été là à la reprise dès que l’école a ouvert pour assurer la scolarisation en présentiel mais aussi en distanciel. Nombre d’entre eux effectuent une double journée entre élèves présents et élèves à distance. Des enseignants ont même été désignés par les inspecteurs pour se consacrer uniquement à l’enseignement à distance car seule une minorité d’élèves peut être accueillie dans les écoles.

Par ailleurs la stratégie ministérielle du volontariat des familles qui tourne le dos à l’école de tous et toutes, freine le retour des élèves ayant le plus besoin d’école et est un facteur de creusement des inégalités.

Une enquête du SNUipp-FSU indique que moins de 10% des personnels enseignants sont concernés par des problèmes de santé ou de vulnérabilité de leur entourage, et ne peuvent aujourd’hui reprendre la classe en présentiel. Bien loin donc, des 40% qui seraient soi-disant « dans la nature ».

Comme tous les salariés, les enseignants doivent rendre des comptes à leur hiérarchie qui sait qu’ils travaillent et témoigne d’ailleurs de la qualité de leur engagement pour faire classe, en présentiel comme en distanciel, dans les conditions imposées par le protocole sanitaire. Ils sont bien là et une fois de plus ils tiennent le système éducatif à bout de bras tandis que le ministère censé les soutenir entretient le flou sur des chiffres fantaisistes, une manière de déplacer le projecteur et de les rendre responsables d’une situation particulièrement mal gérée.

Paris, le 10 juin 2020

2S2C : vers la fin de l’école commune ?

Actualités 1er degré - dim, 07/06/2020 - 16:06

Présenté le 19 mai dernier dans une note de la DGESCO, le dispositif « sport, santé, culture et civisme (2S2C) » prévoit dans le cadre de la reprise progressive des cours dans les écoles et les collèges de nouveaux modes d’accueil des élèves. « Lorsque l’élève n’est pas sous la responsabilité de ses professeurs, il est possible de proposer des activités sur le temps scolaire qui se déroulent dans le prolongement des apprentissages et en complémentarité avec l’enseignement », indique la note. Ces activités sont facultatives et gratuites et elles doivent être organisées en concertation avec l’équipe éducative. La note précise également avec prudence que ces interventions « ne se substituent pas aux enseignements et donc à l’action première des professeurs dans leurs disciplines (EPS, Arts plastiques, éducation musicale, enseignement moral et civique …) ».

Soirée de l'EPS on line 

Avec pour titre le 2S2C, un ami qui nous veut du bien ? , la web conférence du mardi 16 juin à 18H, organisée par le SNUipp-FSU et le SNEP-FSU est ouverte au plus grand nombre. Il est nécessaire de s'inscrire pour recevoir le lien de la conférence qui durera 1H30. 

Des conventions avec les collectivités

Le dispositif 2S2C prévoit l'établissement de conventions entre les collectivités et les services de l’inspection académique. Elles précisent les modalités ainsi que les lieux prévus pour le déroulement de ces activités sportives et culturelles sur le temps scolaire. Un financement de 250 millions d’euros a été prévu au plan national et le tarif fixé ne peut excéder 110 € par jour et par groupe de 15 élèves. La convention prévoit également le respect du protocole sanitaire en cours.
Même si un budget est prévu ce dispositif repose la question des inégalités de ressources financières et humaines entre les différentes collectivités. Enfin ce dispositif entretient une réelle confusion entre le temps scolaire, périscolaire, entre des disciplines relevant de l’enseignement pour toutes et tous et des activités facultatives encadrées par des interventions extérieures.

Là où les 2S2C se mettraient en place, le SNUipp-FSU demande qu’ils soient identifiés comme du temps « périscolaire ». Seul le temps assuré par les PE doit être identifié comme du temps scolaire, et la totalité des programmes nationaux doit continuer à être mis en œuvre par les personnels enseignants. Ce temps des 2S2C doit demeurer un temps facultatif pour les familles, en opposition au temps d’enseignement qui doit lui redevenir obligatoire. Si le COVID est toujours actif en septembre, obligeant les enseignants et les enseignantes à ne faire classe qu’à des demi-groupes d’élèves, des dispositifs périscolaires « habituels » pourraient permettre d’accueillir plus d’élèves.
Le SNUipp-FSU s’oppose à la mise en place des 2S2C, source d'inégalités territoriales qui contribueraient à vider l'école de sa substance en limitant le rôle des PE à l’enseignement des fondamentaux.

A bout de bras

Actualités 1er degré - ven, 29/05/2020 - 11:03
Le communiqué

Ce sont les personnels qui tiennent l’école à bout de bras

Depuis le début de l’épidémie, les enseignants ne peuvent compter que sur eux-mêmes face à un ministre qui multiplie les déclarations à l’emporte-pièce, totalement déconnectées de la réalité des écoles.
Les annonces de jeudi sur « l’amplification du mois de juin » ajoutent encore de la confusion.

Non, toutes les écoles, fermées actuellement pour des raisons sanitaires ne vont pas réouvrir à coups de baguettes magiques. Non, tous les élèves ne pourront être accueillis, même partiellement, avec les exigences du protocole sanitaire que seules des autorités scientifiques et médicales pourraient modifier. Non, les salles de classes et les équipements sanitaires des écoles ne peuvent être multipliés ou agrandis en l’espace de quelques jours. Non, on ne peut pas demander aux équipes enseignantes et aux municipalités de tout réorganiser sans leur en donner le temps. Non, les collectivités ne peuvent mettre en place d’un claquement de doigts des dispositifs parallèles autres que la garderie. Les fameux 2S2C n’ont que peu d’existence et posent par ailleurs des problèmes d’équité et d'empiètement sur le domaine scolaire.

S’affranchir de la mise en œuvre concrète des annonces médiatiques revient à faire pression sur les personnels sans répondre à la légitime demande des familles de scolarisation de leur enfant, notamment suite aux restrictions du chômage partiel.

Enfin, le ministre ne remet pas en cause, malgré son échec patent, sa stratégie basée sur le volontariat des familles pour un retour prioritaire des élèves les plus éloignés de l’école. Une enquête menée par le SNUipp-FSU montre que malgré une sur-sollicitation des familles dans les quartiers populaires de la part des équipes enseignantes, seuls 16% des élèves y sont accueillis tandis la moyenne est de 25% ailleurs et que ce taux s’élève à 32% dans les écoles rurales. Il faut abandonner le principe du volontariat pour endiguer ces fortes inégalités dans le retour à l’école.

Par ses déclarations, le ministre crée de l’insécurité tant chez les familles que chez les enseignants. Ces derniers, fiers de servir le service public d’éducation, tiennent à bout de bras un système bousculé de toutes parts.

Plutôt que de fausses promesses médiatiques, c’est d’un plan d’urgence dont l’école a besoin. Il doit se préparer dès maintenant avec celles et ceux qui font l’école tous les jours et qui savent ce dont les élèves ont besoin pour retrouver le chemin des apprentissages.

Paris, le 29 mai 2020

De l’EPS à l’école pour toutes et tous

Actualités 1er degré - ven, 29/05/2020 - 10:57

Sous couvert de permettre le retour à l’école du plus grand nombre, le ministère met en place un dispositif dénommé 2S2C (sport, santé, culture, civisme) avec des activités sportives et culturelles assurées par les collectivités territoriales. Dans un communiqué le SNUipp-FSU et le SNEP-FSU alertent sur le fait que « cette externalisation de l’EPS et de la culture renforcera les inégalités puisque les 2S2C ne seront pas proposées sur tout le territoire et qu’elles auront un coût pour les collectivités et donc pour les familles ».
Ils rappellent que « ces disciplines sont dispensées habituellement à tous les élèves, sans aucune distinction, par des personnels enseignants qui les connaissent parfaitement ».
Aussi, les deux organisations syndicales alertent sur le fait que si ce dispositif est présenté comme transitoire, il ne doit en aucun cas conduire à déposséder les PE de l’enseignement du sport et de la culture.

Le communiqué 

De l'EPS à l'école pour toutes et tous !

Afin de permettre la reprise économique et assurer la sortie du confinement, le ministre de l’Éducation Nationale a décidé de reconceptualiser la journée des élèves au prétexte de rester en conformité avec le protocole sanitaire. Ce dernier imposant des groupes restreints d’élèves en présentiel classe, comment rendre alors possible la reprise du travail pour les parents ? Il a positionné 4 temps différents pour les élèves : en classe – en télé enseignement à la maison – en étude – sur les activités 2S2C ( Sport, Santé, Culture, Civisme). Si les deux premiers sont organisés par les équipes enseignantes, les deux suivants ne sont que facultatifs, là où les collectivités locales décident de les mettre en place. J.M Blanquer tente un coup de poker et instrumentalise la situation pour avancer dans son projet : les enseignements qui sont pour lui «fondamentaux» (les maths et le français) incombent aux professeurs des écoles, et le sport et la culture doivent être délégués aux collectivités territoriales. Mais c’est faire fi de la conception du métier d’enseignant dans le premier degré et de son inter disciplinarité que revendiquent les PE. Cette externalisation de l’EPS et de la culture renforcera de plus les inégalités puisque les 2S2C ne seront pas proposées sur tout le territoire et qu’elles auront un coût pour les collectivités et donc pour les familles. Alors qu’enseignées au sein de la classe sous la forme actuelle, ces disciplines sont dispensées à tout.es les élèves, sans aucune distinction, par des enseignant.es qui les connaissent parfaitement. Si les 2S2C ont été annoncé par Blanquer comme une élément marquant de la reprise, la pertinence du dispositif n’a pas été reçu de la même façon par les collectivités. Très peu d’entre elles ont souhaité les mettre en place.
Les 2S2C ne sont donc pas la première tentative de déposséder les enseignant.es de l’enseignement du sport et de la culture. Même s’ils sont présentés aujourd’hui comme un dispositif transitoire, la situation actuelle ne permet pas de savoir dans quelles conditions se déroulera la rentrée de septembre. Si le protocole sanitaire perdure encore plusieurs mois, cette option d’externalisation de l’EPS et de la culture risque d’être utilisée et de se voir ancrer dans des textes officiels. Le partenariat avec des clubs sportifs, des associations est déjà une option proposée par le ministre de l’éducation nationale mais aussi par la ministre des
sports dans le cadre des futurs jeux olympiques et de la labellisation d’établissements « Génération 2024 ».
Après deux mois de confinement, les élèves auront vécu cette période de façon inégalitaire, pour certain.es avec une longue période d’inactivité, de problèmes de sur poids. Plutôt que de démunir le premier degré, il aurait été plus judicieux de réfléchir avec des professeurs d’EPS sur comment faire de l’EPS en période de pandémie, et proposer aux équipes des outils afin que cette discipline ne disparaisse pas des enseignements durant les mois de mai et de juin. L’urgence était de sensibiliser les équipes sur l’importance de l’enseignement de l’EPS lors de cette reprise, pour tous et toutes, et permettre aux élèves de retrouver une liberté du corps et de l’esprit dans une reprise anxiogène et modelée dans un carcan de règles très strictes.

Paris, le 18 mai 2020

La reprise au fil des jours

Actualités 1er degré - jeu, 28/05/2020 - 09:49

Un peu plus de 4 000 enseignantes et enseignants des écoles ont répondu au deuxième volet de l’enquête lancée par le SNUipp-FSU sur les conditions concrètes du retour en classe. D’après leurs réponses, un quart des élèves seraient aujourd’hui accueillis, avec de fortes différences entre les écoles rurales (31,87% des élèves revenus) et les écoles des quartiers populaires qui n’ont vu revenir que 16,48% d’enfants.
Par ailleurs, les raisons sociales avancées par le gouvernement pour accélérer le retour des élèves «&nbspen fragilité ou en difficultés&nbsp» semblent se heurter à une grande frilosité des familles. Les personnels enseignants indiquent que 81% des élèves de leurs propres classes se trouvant dans cette situation ne sont pas revenus, un taux qui grimpe à 86% dans les quartiers populaires.

Les aspects sanitaires

Le virus circule toujours, avec des suspicions d'infection constatées dans 16% des écoles. Les difficultés recensées quant à l’application du protocole sanitaire sont en baisse par rapport à la première enquête et sont désormais signalées dans moins de 6% des écoles ; un peu plus en milieu urbain (8%) qu’en milieu rural (4%). La désinfection des locaux est jugée insuffisante dans 14% des établissements et des difficultés d’approvisionnement en masques sont signalées dans 10% des écoles. Enfin, si dans six écoles sur 10 la distribution des masques est prévue régulièrement, les modalités d’approvisionnement demeurent inconnues des personnels dans les autres.

Une école de l’entre-deux

Moins de 8% des PE n’ont pas repris le chemin des classes, soit parce que considérés comme personnels à risque, soit pour pouvoir assurer la garde de leurs propres enfants. Pour les autres, un quart d’entre eux consacrent l’intégralité de leur activité à l’accueil des élèves en présentiel, tandis que 67% partagent ce temps avec la poursuite d’un suivi à distance pour les élèves restés chez eux.
Dans cette école «&nbspintermédiaire&nbsp», ou de l’entre-deux, la relation pédagogique ordinaire est bousculée. 30% des répondants à l’enquête la jugent insatisfaisante et 24% ont le sentiment de «&nbspfaire de la garderie plutôt que la classe&nbsp». 35% considèrent que le respect de la distanciation entre enfants est impossible et au final, 51% pensent que l’organisation actuelle n’est pas tenable jusqu’à la fin de l’année scolaire.
Il va donc s’agir de trouver des aménagements à cette école intermédiaire, en respectant les indispensables précautions sanitaires et en laissant une entière liberté aux équipes pour les mettre en œuvre.

L’école a besoin des Rased

Actualités 1er degré - jeu, 14/05/2020 - 10:19

La période qui s’ouvre va demander des moyens accrus pour soutenir les élèves les plus fragiles et les plus affectés par la crise que vient de traverser l’école. Des moyens indispensables aussi pour accompagner les familles et les équipes éducatives. Mais « comment faire face ? », alors que 80 postes sont encore supprimés pour la rentrée prochaine, interrogent les onze organisations réunies dans le Collectif national Rased.
Le collectif dénonce « la poursuite du démantèlement du dispositif d’aide aux élèves engagé il y a une dizaine d’années, et demande un investissement significatif de l’État dans ce qui reste un moyen d’aide irremplaçable, au plus près du terrain et des besoins de la communauté éducative. »

Le communiqué

L’école a besoin des Rased

Le collectif national RASED, suite à la fermeture de nombreux postes d’enseignant·es spécialisé·es, alerte sur le manque manifeste de personnels RASED, alors que la réouverture annoncée des écoles inquiète les équipes, faute de temps pour organiser l'accueil sécurisé des élèves et la qualité pédagogique et relationnelle.

Cette réouverture va demander des moyens accrus pour soutenir les élèves les plus fragiles et les plus affectés par cette situation exceptionnelle, ainsi que leurs familles et les équipes éducatives. Ces besoins étaient présents avant la crise et le seront toujours sur le long terme afin de permettre à l'école d'accompagner au mieux les élèves dans leur parcours scolaire.

Il paraît nécessaire de prendre le temps de penser collectivement l’accompagnement de la reprise et de réfléchir au rôle et à la place de chacun des acteurs de la communauté éducative.

Les personnels des RASED, dont le rôle est de prévenir et remédier aux difficultés que présente l'enfant à l'école, doivent y trouver toute leur place dans le cadre de leurs missions définies par la circulaire de 2014.Depuis le début de la crise sanitaire, les enseignant·es spécialisé·es et les psychologues mettent tout en œuvre pour poursuivre leurs accompagnements des élèves et leur collaboration avec les enseignant·es de classe en tenant compte évidemment de la situation extraordinaire.

La situation inédite que nous traversons nécessitera une présence et des interventions sur le long cours auprès des enfants comme des adultes, alors que les moyens en postes manquent déjà cruellement. Pourtant, le Ministère de l'Éducation Nationale, dans la circulaire du 4 mai, ne fait toujours pas référence aux enseignants.es spécialisés.es comme des appuis aux élèves et aux enseignant·es.

Comment faire face ? Près de 80 postes de RASED sont encore supprimés pour la rentrée 2020, et les personnels RASED restants peinent à prendre en charge les demandes qui ne manqueront pas de continuer à affluer. Le collectif RASED dénonce la poursuite du démantèlement du dispositif d’aide aux élèves engagé il y a une dizaine d’années, et demande un investissement significatif de l’État dans ce qui reste un moyen d’aide irremplaçable, au plus près du terrain et des besoins de la communauté éducative.

Paris, le 12 Mai 2020

Les chiffres de la reprise

Actualités 1er degré - mer, 13/05/2020 - 08:02

*Réalisée en ligne auprès de 9 813 écoles à la veille de la reprise, l'enquête montre que près de 30 % des écoles ne sont pas rouvertes cette semaine. Des ouvertures prévues pour les semaines à venir même si pour 12% d’entre elles, aucune date n’est encore arrêtée. Les équipes ont bien souvent imposé de rester en dessous de la norme ministérielle préconisée de 15 élèves et les activités « parallèles » vantées par le ministre ne sont au final mises en place que par moins d’une commune sur cinq… essentiellement de la garderie.

L'essentiel


Dans le détail

Les conseils d’école, rassemblant enseignants, délégués des parents et représentant de la commune, ne se sont réunis que pour seulement 19% des écoles, et 1/5 d’entre eux n’ont pas validé les modalités d’organisation retenues.
Il est prévu d’en tenir un prochainement pour 16% des écoles tandis que ce n’est pas prévu pour 65% des écoles alors que selon la circulaire du 4 mai 2020, le conseil d’école doit être informé des modalités d’organisation de la « reprise ».

Plus de 13% des organisations retenues ne sont pas conformes au protocole sanitaire conduisant à de premiers dépôts de procédure d’alerte, qui pourraient monter en puissance si rien n’est fait pour mettre en conformité ces écoles.

Pour les écoles ouvrant cette semaine, près de la moitié des équipes enseignantes n’ont pas profité du second jour de pré-rentrée pourtant prévu par le ministère.

Les élèves accueillis sont essentiellement des grande section, CP et CM2 comme le préconise le ministère.
La norme de 15 élèves retenue par le ministère n’a pas été suivie sur le terrain où la réalité et le respect de la distanciation physique ont conduit à limiter la taille des groupes accueillis très majoritairement de 5 à 10 élèves. Tout de même ces groupes dépassent les 10 élèves pour 20% d’entre eux.

L’annonce ministérielle sur les 4 temps de l’accueil des enfants reste à l’état d’annonce. Seulement 18% des communes mettent en place des activités en parallèle de l’école. Celles-ci sont très majoritairement, 62%, de la garderie.

Près de 2/3 des enseignants, bien qu’ils ne doivent pas cumuler les deux activités, assureront à la fois l’accueil des élèves en présentiel et poursuivront en même temps les activités à distance pour les autres élèves de leur classe.