Agrégateur de flux

Quelles priorités pour cette rentrée ?

Actualités 1er degré - sam, 05/09/2020 - 10:26

Malgré une période sans précédent d’interruption de l’école, le ministère ne déroge pas à ses lubies et la rue de Grenelle continue de privilégier l’individualisation des apprentissages plutôt que l’apprendre ensemble. Les évaluations standardisées au CP CE1 sont de nouveaux obligatoires et des tests de positionnement sont proposés aux autres classes. Ces outils sont présentés comme l’alpha et l’oméga pour débuter les apprentissages dans de bonnes conditions. Si ces outils peuvent parfois apporter des éléments de compréhension sur le niveau des élèves, sont-ils la priorité ?

D’autres voix s’élèvent

Associations complémentaires de l’école, chercheurs, syndicats et association de parents énoncent d’autres priorités (GFEN, CRAP, Nathalie Mons, pétition ) . Récréer du collectif, favoriser un climat serein, renforcer le sentiment d’appartenance au groupe classe, développer l’esprit d’équipe autant de compétences qu’il est indispensable de développer à l’école. En effet, la classe est le lieu qui permet de développer chez tous les élèves des compétences, de cheminer et de grandir ensemble. Les moments de verbalisation, de discussion sont autant d’atouts pour s’engager socialement et cognitivement dans des activités scolaires. Les élèves ont besoin de coopérer, d’encouragement, d’entraide, d’explications, de questionnements, de co-construction, de déstabilisation, de confrontations…et non d’évaluations qui ne font pas sens en ne s’inscrivant pas dans la progression mise en place par les enseignantes et enseignants des classes.

Comme le disait Célestin Freinet « L’enfant n’aime pas le travail de troupeau auquel l’individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d’équipe au sein d’une communauté coopérative. » Cette rentrée hors norme implique encore plus que d’habitude de redonner confiance en chacun des élèves, de favoriser l’évaluation formative, de permettre à tous de progresser sans être dans la performance et la concurrence.

D’autres choix sont possibles

En Belgique, des choix différents sont à l’œuvre. Le ministère de l’éducation a banni les évaluations sommatives en cette rentrée et laisse toute latitude aux établissements scolaires pour identifier les difficultés et retard d’apprentissage. La priorité est donnée à l’observation des élèves, aux évaluations formatives, à la concertation croisée avec les équipes enseignantes de l’année scolaire précédente.

Personnaliser les apprentissages, ce n’est pas les individualiser mais les inscrire dans un contexte où apprendre est un processus personnel qui se nourrit des interactions avec les autres apprenants. Dans un article sur la pédagogie différenciée, P. Meirieu dit qu’il n’a jamais conçue celle-ci « comme une mécanique technocratique qui soumettrait tout élève à des batteries de tests permanents permettant d’imposer à chacun les connaissances et les méthodes qui correspondraient strictement à son niveau et à ses besoins. Et il ajoute « Cette vision, qui nourrit très largement aujourd’hui le discours dominant sur « l’individualisation, est, tout à la fois, une erreur et une faute. Une erreur parce qu’il n ‘y a pas de réponse qui se réduise à une « remédiation technique ». Une faute, car « en cherchant systématiquement la solution pédagogique dans le passé de l’élève, on risque de l’y enfermer. (…)

De nombreux travaux (Marie Toullec-Théry, Roland Goigoux , conférences de consensus du CNESCO ont montré que l’individualisation à outrance pouvait constituer un facteur de renforcement des inégalités.

La priorité donnée aux évaluations standardisées, aux tests de positionnement et aux protocoles de remédiation individualisée n’est pas une bonne nouvelle pour celles et ceux qui sont attachés à la réussite de tous les élèves.

Elles ne doivent pas avoir lieu

Actualités 1er degré - jeu, 03/09/2020 - 08:38

Signer la pétition 

Les évaluations nationales ne doivent pas avoir lieu !

Alors que la rentrée scolaire de septembre s’annonce très particulière à bien des égards et après des mois d’isolement et de déstabilisation, les élèves ont d’abord besoin que soient recréées des dynamiques pédagogiques collectives et de retrouver confiance. Les familles ont besoin d’aborder la rentrée sereinement. Les enseignants également ont d’abord besoin qu’on fasse confiance à leur professionnalité, pour, dans le cadre de leur liberté pédagogique, mettre en œuvre les situations d’apprentissages et construire leurs outils en fonction des besoins de leurs élèves.
Les évaluations nationales que le ministère entend maintenir coûte que coûte, malgré le contexte de cette rentrée très particulière, ne doivent pas avoir lieu.
Elles font craindre la multiplication des dispositifs de remédiation trop individualisés, une vision normée des apprentissages et des formes pédagogiques basées sur les entraînements mécaniques, la répétition et l’automatisation qui ne permettent pas d’accéder à la compréhension. Les outils d’évaluation ne doivent pas être imposés aux équipes.
Les évaluations nationales standardisées et autres tests ne peuvent être l’alpha et l’oméga de la rentrée 2020. Ni l’école ni les élèves ne peuvent trouver un intérêt à la passation de ces évaluations nationales. Encore moins cette année. Elles ne doivent pas avoir lieu.

Formation CAPPEI : revue à la baisse ?

Actualités 1er degré - mer, 02/09/2020 - 09:28

Alors que les 100h de stage Min représentent un quart de la formation CAPPEI, le ministère, bien en difficulté pour les organiser, souhaitait les rayer d’un trait de plume. Dès le printemps, le SNUipp-FSU avec la plupart des organisations syndicales avait obtenu le report de l’examen du texte en comité technique ministériel. Un groupe de travail s'est mis en place à la demande des représentant·es du personnel et a tenu sa première rencontre le 27 août dernier. Au cours de cette réunion, le ministère est revenu sur sa décision ainsi que sur sa volonté initiale de conditionner le départ en formation à l'exercice sur un poste spécialisé. 

Pour autant, si la garantie des 100h de stage MIN est maintenue, la réalité de leur mise en œuvre est loin de répondre aux besoins du terrain. Interrogée, la DGESCO assure que le maillage conjoint entre l’INSPE et l’INSHEA devrait permettre une offre plus large, mais admet la difficulté à ouvrir un nombre de stages suffisants pour permettre de répondre aux objectifs des stages MIN qui s’adressent à un large public : formation continue des personnels spécialisés et CPC, formation des autres enseignant·es, CPE, formation des nouveaux et nouvelles titulaires du CAPPEI.

Trois autres rencontres sont prévues avant le Comité technique du 30 septembre qui doit finaliser le texte modifié du CAPPEI.

Les stages MIN ne peuvent constituer un supplément d’âme de la formation spécialisée. Ils sont fortement appréciés lorsqu’ils sont obtenus par les personnels et à l’heure où le ministère ne cesse de proclamer la mise en place d’une école inclusive, il serait fort de café d’en rabattre sur la formation spécialisée. C’est au contraire d’une formation de qualité et de haut niveau dont l’école a besoin.

« Les autres en tête, je roule pour ma planète »

Actualités 1er degré - mar, 01/09/2020 - 06:09

Tout comme face à la crise de la COVID-19, les françaises et les français ne sont pas égaux face aux conséquences du changement climatique et de la transition écologique. Les personnes en situation de grande pauvreté ont durement vécu le confinement dans des logements souvent trop petits et parfois insalubres.  Il faut aussi savoir qu’à ce jour, 3 200 000 d’enfants, soit environ un sur cinq, vivent en France sous le seuil de pauvreté . Ces enfants sont aussi des élèves qui ont retrouvé le chemin de l'école, une école qui peut beaucoup pour eux, mais qui ne peut pas tout.

Assurer à tous et toutes un logement décent où chacun ait son espace de vie, donner accès à un emploi digne en ces temps de chômage massif aux parents de ces enfants, garantir des services publics de qualité - dont l’école évidemment - pour que les enseignants puissent mieux lutter contre les effets des inégalités et aider les plus fragiles, devraient logiquement figurer parmi les priorités. Il n’en est rien dans les choix économiques actuels qui ignorent cette hausse des inégalités. dans le récent plan de relance, les sommes allouées aux minimes sociaux et aux personnes les plus démunies sont dérisoires par rapport à ce qui est offert aux entreprises sans aucune contrepartie sociales ou écologiques : 1 milliard d'euros soit 1% du budget du plan de relance.

ATD Quart Monde et ses partenaires agissent à transformer la société en partant de l'expérience et du savoir des plus pauvres, ces "invisibles" qui résistent et qui prendront la parole le 17 octobre au Trocadéro et partout en France.
Un dossier pédagogique pour travailler le thème en classe, recueil d’informations et de propositions d’activités, est à disposition des personnels enseignants .  

Infos pratiques sur le 17 octobre 2020
  • 10h - 20h : Parvis des Droits de l'Homme et des libertés au Trocadéro : accueil de petits groupes / supports d'expression à disposition / musiciens en milieu d'après-midi
  • 10h30 : Table ronde "Agir pour la planète sans oublier les plus pauvres, (im)possible ?", à suivre en direct sur Youtube : https://youtu.be/QUKcF9W4QLk
  • 17h30 : Prises de paroles au Trocadéro et à suivre en direct sur Youtube : https://youtu.be/8-Ku5Em5qZ8

Des cas de Covid : comment faire ?

Actualités 1er degré - lun, 31/08/2020 - 11:48

Lors du CHSCT ministériel du 27 août dernier, le ministère a présenté un document réalisé conjointement avec les autorités sanitaires pour décrire la procédure à suivre pour les cas suspects ou avérés de Covid. L’objectif affiché est d’éviter au maximum la fermeture de classes ou d’écoles.

Une fiche technique envoyée dans le rectorats détaille les différents étapes de la gestion de cas suspects dans les écoles. Celle-ci rappelle la nécessité de la mise à jour des coordonnées des élèves et de leurs responsables légaux et la nécessaire information sur la conduite à tenir du côté des parents en cas de suspicion : interdiction de se rendre à l'école et obligation d'en informer l'équipe enseignante. 

En cas de suspicion d'un élève ou d'un membre du personnel :

Si un enfant présente des symptômes, le directeur ou la directrice devra immédiatement contacter la famille et isoler l'enfant. Il ou elle devra les aviser de la nécessité de consulter le médecin traitant et/ou la plateforme Covid-19. Les parents devront tenir informée l'école du résultat du test. A défaut, l'élève ne pourra revenir en classe qu'après un delai de 14 jours.

Si un adulte présente des symptômes, le directeur ou la directeur aura là aussi la responsabilité de l'éviction de l'agent. Tout comme dans le cas d'un élève, l'agent devra informée l'école de l'évolution de la situation. Dans le cas contraire, il ne pourra reprendre son poste avant 14 jours.

En attendant les résultats du test, la directrice ou le directeur devra identifier les "cas contacts à risque", les élèves ou adultes de la même classe ou ayant participé à une activité commune.

La salle de classe, la cantine et les différents lieux de vie devront être nettoyés, aérés et ventilés par la collectivité. Quand cela est possible, le ministère préconise la délocalisation temporaire de la classe avant la désinfection de cette dernière.

Si le cas est avéré, la directrice ou le directeur de l’école doit être prévenu. Elle ou il élabore la liste des personnes, élèves ou personnels, susceptibles d’être contacts à risque et la transmet l'IA-DASEN qui transmettra à l'ARS.

L'éventualité de la suspension provisoire de l'accueil, partielle ou totale, est une décision qui incombe au préfet et à l'IA-DASEN en lien avec l'ARS.

La directrice ou le directeur informe les personnels ainsi que tous les représentants légaux que leur enfant est, ou n'est pas, susceptible d'être personne à risque et des mesures de suspension provisoire de l'accueil des élèves s'il y a lieu. Les noms des élèves ou adultes "cas confirmés" ne doivent en aucun cas être divulgués.

En cas de covid-19 avéré dans l’entourage d’un enfant, les familles s’engagent à ne pas mettre leur enfant à l’école en attendant les préconisations de leur médecin traitant. « L’enfant bénéficie de la continuité pédagogique mise en œuvre par son école », précise le protocole.

Quelle communication de l’école ? 

La directrice ou le directeur de l’école informe les personnels ainsi que les familles de la présence de cas avérés et de la nécessité de s’isoler dans l’attente des recommandations de l'IA-DASEN, notamment pour les personnes à risque.

Situation des personnels vulnérables

La procédure mise en place prévoit trois cas de figure :

  • la mise en place du télétravail pour les personnels dont l’activité est transposable depuis leur domicile (ce qui exclut les enseignant·es) ;
  • la mise en place de mesures renforcées pour les personnels non éligibles au télétravail. Des masques de type chirurgical à usage médical de catégorie 2 (qui ne sont pas des masques FFP2) seront mis à disposition en conformité avec les préconisations des autorités sanitaires. Cinq millions de masques ont été achetés par le ministère et sont en train d’être acheminés vers les rectorats. Il faudra une attestation médicale pour en bénéficier ;
  • la mise en congé de maladie ordinaire (CMO) sur demande du médecin traitant /spécialiste.

Pour le SNUipp-FSU, il reste des zones à éclaircir comme la définition de « contact à risques », de la situation administrative des personnels en mesure d’éviction, de « la continuité pédagogique mise en place par l’école » quand tous les personnels enseignants sont en poste ou encore des situations entraînant la fermeture de classes ou d’écoles.
En l’état, ces mesures ne prennent pas en compte le nombre important d’échanges au cours d’une journée de classe, qui est l’une des caractéristiques scolaires. De même, la distanciation physique et la restriction du brassage n’étant que des recommandations, la circulation du virus risque de s’accélérer à partir de la rentrée. Ce brassage risque également de mettre en difficulté les directrices et directeurs lorsqu'il s'agira d'établir des chaines de contamination à la demande des ARS. 

Direction d’école : une nouvelle circulaire

Actualités 1er degré - ven, 28/08/2020 - 15:29

La nouvelle circulaire sur la direction d’école est parue au BO du jeudi 27 août et s’organise autour de trois thèmes : donner du temps, simplifier et donner à voir le travail et enfin accompagner les directeurs et directrices.

Sur la question du temps

La circulaire mentionne « l’octroi de journées de décharges complémentaires en cas de remplaçants disponibles ». Ce n’est pas une modalité nouvelle puisque les IEN pouvaient déjà y recourir. Reste posée la question des moyens effectifs de remplacement qui permettront d’y parvenir alors même qu’il est parfois compliqué de pourvoir aux décharges réglementaires notamment pour les écoles de moins de quatre classes.
La circulaire prévoit également que « tout directeur d’école devra pouvoir bénéficier annuellement d’au minimum deux journées de formation » ainsi que la mise en place à titre expérimental d’une fonction de « référent pour les directions d’écoles ». Il reste à définir ses modalités de recrutement et à préciser ses missions.

Deux groupes de travail sont prévues en vue d’aboutir avant la rentrée 2021. Ils devront travailler sur la question des décharges « qui ne pourront qu’augmenter » précise la circulaire mais qui pourraient être attribuées sur d’autres règles que la seule question de la taille de l’école et du nombre de classes.

Simplification du travail

La circulaire indique que « les directeurs d'école ont, avec les équipes pédagogiques, la pleine responsabilité de la programmation et de la mise en œuvre des 108 heures dans le respect de la répartition réglementaire ». Une exigence de libre organisation portée depuis longtemps par la profession et le SNUipp-FSU. Il semblerait que les 18h de temps d’animation pédagogique restent cependant bien de la responsabilité de l’IEN et de l’équipe de circonscription et que les 6 h de conseils d’école soient incompressibles. Resterait donc 84 h à la libre organisation des équipes. Le décret sur les obligations de services des personnels devra être actualisé.
Un calendrier de travail annuel sera diffusé avec des plages « sans enquête à renseigner ». Enfin il est prévu « tout au long de l'année, un travail pour améliorer les outils à disposition, notamment l'application Onde… »

Accompagner les directrices et directeurs

Le texte prévoit que « chaque Dasen réunisse, a minima, une fois par trimestre, un groupe départemental de directeurs d'école afin d'évoquer les problèmes communs et de trouver les solutions applicables », et « systématise des temps d’échanges entre pairs sur les heures d’animations pédagogiques ». Le SNUipp-FSU a demandé que les organisations syndicales représentatives participent aux groupes départementaux.

Sur l’aide administrative

Le ministère prévoit d’augmenter « le recrutement de jeunes en services civiques de 10 000 à 12 500 » et engage « une réflexion afin de pérenniser, en lien avec les collectivités, des aides administratives complémentaires ».
Par ailleurs, il prévoit « la montée en puissance de la préprofessionnalisation, avec 900 nouveaux recrutements, venant s'ajouter aux 700 de l'année dernière ». Des étudiantes et des étudiants pré recrutés qui « peuvent désormais prendre en charge des petits groupes d'élèves, notamment dans les classes des directeurs ». Pour le SNUipp-FSU, ces solutions restent complètements précaires et ne permettent pas la mise en place de véritables aides administratives dont les directrices et directeurs d’école ont besoin.

Des groupes de travail programmés

En plus de ceux concernant la question des décharges de direction, trois autres dossiers seront traités. Celui sur la question des rémunérations, celui sur les questions de sécurité (réclamé et obtenu par le SNUipp-FSU) et enfin celui sur la fameuse notion de « délégation de compétence » qui était apparue dans la proposition de loi Rilhac. Une « délégation de compétence » qui ne doit en aucun cas aboutir à un quelconque statut hiérarchique comme n’ont cessé de le dire, dans différentes enquêtes, les directeurs et directrices d’école.

Il était temps que les équipes puissent reprendre la main sur une bonne partie des 108h et que les directrices et directeurs obtiennent enfin la possibilité d’avoir des temps d’échange entre pairs. Le chemin est long et il en reste encore à parcourir. C’est maintenant bien la question budgétaire qui sera déterminante pour améliorer les décharges, les rémunérations ou encore permettre la mise en place de véritables emploi dédiés à l’aide administrative et au fonctionnement des écoles.

Rentrée, ce qui attend l'école et les personnels

Actualités 1er degré - ven, 28/08/2020 - 09:31
  1. Du côté de l'école
  2. Du côté des personnels
Du côté de l'école #

Protocole sanitaire

Le nouveau protocole sanitaire, paru le 26 août, met fin à la distanciation physique obligatoire dans les espaces clos. L'obligation de lavage des mains se limite dorénavant à l'arrivée à l'école, au passage aux toilettes et au départ de l'école.

2 scénarii pour une continuité

Deux hypothèses sont envisagées par le ministère « dans le cadre d’une circulation active du virus sur tout ou partie du territoire » et ont donné lieu à un plan de continuité pédagogique publié cet été. L’hypothèse 1 prévoit la limitation de la capacité d’accueil et précise que tous les élèves doivent pouvoir bénéficier d’enseignements en présentiel avec l’obligation de s’y présenter. Les élèves de CP et CE1 en éducation prioritaire et les élèves en situation de handicap seront prioritairement accueillis. L’hypothèse 2 prévoit la fermeture de l’école ou de l’établissement et la mise en place d’un enseignement à distance. Dans ce cas l’accent devra être mis sur « le maintien du lien avec les élèves, le partage de contenus pédagogiques de qualité » (sic) et « l’aide aux parents pour le suivi du travail des élèves ». Ce sont les autorités sanitaires (ARS et Préfecture) qui donneront des consignes de restriction amenant à utiliser l’hypothèse 1 ou 2. Ce document reste toutefois assez peu opérationnel.

Évaluations de rentrée, encore et encore

Les évaluations nationales standardisées de début CP et CE1 s’imposent à nouveau, sans tenir compte de l’exceptionnalité de cette rentrée. Elles sont complétées par des outils de positionnement facultatifs pour les autres niveaux. Le SNUipp-FSU continue à demander leur abandon.

Formations constellaires

Des formations de cinq jours, ciblées en maths et français, devraient venir compléter les animations pédagogiques. Organisées par groupes d’enseignant·es (ou constellations), elles devraient permettre un complément de formation tous les 6 ans. Mais elles s’appuient une fois encore sur une vision étriquée des fondamentaux en prenant pour seule référence les guides ministériels. Les modalités de mise en œuvre et les capacités réelles des conseillers et conseillères pédagogiques à tout assurer freinent également un véritable élan de formation professionnelle.

Averse de guides

La production de guides d’accompagnement se poursuit. La parution pour cette rentrée d’un guide sur l’enseignement des mathématiques au CP vient s’ajouter aux nombreux guides déjà publiés. Ces documents ne peuvent pourtant remplacer une solide formation continue réflexive.

Des PE au collège ?

Selon la circulaire de rentrée, dans le cadre des « parcours de soutien aux élèves qui éprouvent des difficultés à lire » en sixième, les PE peuvent être appelé·es en renfort sur un temps consacré à d’autres enseignements. Comme si l’école primaire n’avait pas de besoins en cette rentrée !

Formation des directeurs et directrices 

Tous les directeurs et directrices devraient bénéficier de deux jours de formation sur le temps de classe ou sur les animations pédagogiques. Une petite réponse pour faire face à des missions qui se sont accrues et complexifiées, mais ne suffira pas à résoudre la tension professionnelle qu’elles engendrent.

108 heures

Sur les 108 heures, 90 seront laissées à la libre organisation des équipes enseignantes. Les 18 heures d'animations pédagogiques perdurent.

24 par classe en GS, CP et CE1

Partout où c'est possible, le ministère recommande de limiter les classes de cycles 2, GS, CP et CE1, à 24 élèves. Mais le nombre insuffisant de création de postes rend l’équation parfois impossible pour les cartes scolaires dans certains départements. Un objectif qui parait pour l’heure particulièrement difficile à atteindre en maternelle où les effectifs restent encore très importants. Cet objectif louable ne doit en aucun cas conduire à la surcharge des classes de petite et moyenne section.

APC

Les APC devront être destinées en priorité aux élèves qui maîtrisent le moins les compétences de l’année précédente. Il sera possible de proposer un nombre d’heures d’APC supplémentaires. Mais rappelons que l’ensemble des 90h devrait être laissé à la libre organisation des équipes. 

Formation

Les plans français et mathématiques viennent compléter la formation continue des PE. Tous les six ans, chaque enseignante et enseignant bénéficiera d'une semaine approfondie en mathématiques et d'une autre en français tout en continuant de bénéficier des 18h annuelles d'animation pédagogique.

Du côté des personnels #

Un mouvement transparent ? 

« Est-ce que celles et ceux qui ont été nommés dans mon école l’ont été dans le respect du barème ? » Pour la première fois, il n’est plus possible de le savoir. En effet, l’administration ne transmet plus aux représentantes et représentants des personnels élus, les barèmes des nominations. Depuis 1968, les commissions administratives paritaires étaient chargées de vérifier le respect de l’équité dans ces opérations fort complexe. Un travail qui permettait la correction de nombreuses erreurs. Mais dans l’école de la confiance, la transparence n’est plus de mise et le fait du prince gratte à la porte. Un droit à reconquérir pour rétablir la sérénité au sein des équipes.

Prime REP+ : 3ème volet 

Le troisième volet de la prime REP+, initialement prévue au mérite, devait être donné dès septembre. Pour l'heure, aucune nouvelle de la rue de Grenelle sur le sujet.

Le masque l'emporte

Le protocole allégé établi en juillet prévoyait que les personnels enseignants n’étaient plus dans l’obligation de porter le masque. La situation du Covid évoluant, il est redevenu obligatoire dans un premier temps en élémentaire puis finalement aussi en maternelle. Et au fait, en tissu, c’est possible ? Ces jours-ci de nouvelles voix se sont élevées notamment celle du SNUipp-FSU pour réclamer des consignes claires à la hauteur de l’évolution de l’épidémie. Les PE savent-ils enfin à quel protocole se vouer ?

Prime Covid

Elle a beaucoup fait parler d’elle et devait être versée au mois de juillet. 330 € pour 4 à 9,5 journées d’accueil d’enfants de personnels prioritaires, 660 € pour 10 à 15,5 journées, 1 000 € au-delà. Certains personnels viennent de la recevoir sur la paye du mois d’août. S’ajoute à cela la prime promise aux directeurs et directrices d’école, fixée à 450 € et dont le versement est annoncé avant la fin de l’année civile.

AESH

4000 AESH supplémentaires viendront renforcer les 100 000 déjà en poste dans les écoles élémentaires et maternelles. De quoi légitimer encore davantage la création d’un véritable statut pour ces personnels accompagnants afin qu’ils et elles puissent avoir accès à une véritable formation et à une rémunération digne de ce nom.

Stagiaires 

Les lauréats du CRPE 2020, qui n’ont pas pu passer les oraux du concours, seraient susceptibles de passer un oral de titularisation à l’issue de leur année de stagiaire. À ce jour, aucune information sur les modalités ou les contenus n’a été divulguée.

Direction d'école, la check-list de rentrée

Actualités 1er degré - mer, 26/08/2020 - 11:05
  1. Du côté des partenaires institutionnels
    1. Prendre contact avec l’inspection de l'Éducation nationale (IEN et équipe de circonscription)
    2. Prendre contact avec la mairie ou la communauté de communes pour
  2. Du côté des familles
  3. Du côté de l'équipe pédagogique et du fonctionnement de l'école
    1. Réunir un premier conseil des maîtres et maîtresses
    2. Sans oublier
    3. Sécurité des locaux et des personnes
    4. Et
  4. La check-list à télécharger

à quelques jours de la pré-rentrée, revue de détail des multiples choses à faire pour préparer ce moment important. Une forme de « check-list » qui, si elle ne prétend pas à l'exhaustivité, pourra sans doute être utile aux directrices et directeurs d'école.

Du côté des partenaires institutionnels # Prendre contact avec l’inspection de l'Éducation nationale (IEN et équipe de circonscription)
#
  • vérifier la date de la réunion de rentrée des directeurs et directrices de la circonscription
  • effectifs carte scolaire (croiser les données école/mairie/IEN)
  • point sur l'équipe enseignante (transmission des PV d'installation si de nouveaux collègues sont nommés)
  • point sur les postes éventuellement non pourvus
  • congés longs prévus
  • Si un ou une PE stagiaire arrive dans l’école, demander les informations concernant sa formation, ses périodes de stage, l’annonce de ses visites.
  • Contacter la personne chargée de la coordination des  AESH et/ou du PIAL de votre secteur dans le cas où certaines situations d’accompagnement d’élèves en situation de handicap n’auraient pas été réglées pour la rentrée. 
  • Programmer avec l'ERH, les équipes de suivi de scolarisation (ESS) dans la première période pour actualiser les PPS.
  • Préparer les demandes d’agrément si des interventions sont programmées dès le début d’année scolaire. À noter : les interventions extérieures sont autorisées par le directeur ou la directrice « sur la proposition de l'enseignant responsable des enseignements ou activités concernés ou après avoir recueilli son avis ». 
  • Pour les décharges fractionnables et mensuelles, proposer un calendrier à l’IEN et essayer d'obtenir que ce soit la même personne qui effectue ces journées. 
  • En cas de décharge réduite, solliciter une aide à la rentrée auprès de l'IEN, conformément aux engagements ministériels
  • Mettre à jour ONDE : structure, admissions, radiations, répartition dans les classes... 

Pour les nouvelles directrices et nouveaux directeurs, n'oubliez pas de vous adresser à votre IEN afin d'obtenir votre clé OTP, sésame pour la gestion de vos élèves.

Prendre contact avec la mairie ou la communauté de communes pour
#
  • La mise en place du nouveau protocole sanitaire
  • les effectifs et les dernières inscriptions
  • les services périscolaires
  • Pour les rares écoles à 4 jours et demi actualiser l’organisation des temps d’activités TAP/NAP. Préciser les modalités d’organisation de ces temps notamment si des changements sont prévus : inscription des élèves, personnels, gestion des élèves après le temps scolaire, quelle organisation en cas d'absence d'un personnel d'animation, utilisation partagée des locaux, ... En maternelle en particulier, rencontrer les personnels municipaux responsables de ces accueils pour définir les modalités de transition entre les temps scolaires et périscolaires.
  • les budgets et les commandes
  • Les demandes de travaux de dernière minute, mises en sécurité...

Il est indispensable, si les opérations de carte scolaire ne sont pas stabilisées, de transmettre les derniers chiffres des effectifs à la section départementale du SNUipp-FSU. Contacter également le SNUipp-FSU pour toute question concernant les affectations (postes vacants par exemple).

Du côté des familles #
  • Préparer une note de rentrée pour les familles pour rappeler : les horaires de l’école,  le protocole sanitaire, les règles de vie essentielles, le calendrier des vacances, les assurances, les autorisations diverses (sorties, droit à l'image...)
  • Prévoir les fiches de renseignements à remplir par les parents, les assurances scolaires, les inscriptions aux études surveillées... ,
  • Faire le point sur les différents dispositifs destinés aux élèves à besoins spécifiques : PAI, PAP, PPS...
  • Pour les PAI ou PAP, adresser un mot à chaque famille de l’école, celles concernées pourront ainsi se faire connaître.
  • Arrêter la date de la réunion de rentrée des parents d’élèves (réunion à programmer dans les quinze jours, si possible). Prévoir les modalités d'organisation en lien avec le contexte sanitaire (date, heure, salle...)
  • Rencontrer les parents élus et profiter de cette rencontre pour définir le bureau électoral et arrêter le calendrier des élections des représentants des parents d’élèves
  • Éventuellement arrêter le calendrier annuel des conseils d'école. à  noter : petit changement concernant l'organisation des élections,  un arrêté en modifie certaines modalités. Il introduit notamment la possibilité "sur décision du directeur d'école, après consultation du conseil d'école", d'introduire un vote "exclusivement par correspondance" en lieu et place d'un vote "à  l'urne et par correspondance". 
  • Mise à jour du panneau d’affichage : coordonnées de l’école, jour(s) de décharge du directeur ou de la directrice, liste des enseignants et enseignantes et niveaux de classe, compte-rendu du dernier conseil d’école, affiche Vigipirate, information sur les modalités d’organisation de la rentrée, informations et équipements au protocole sanitaire.
  • Afficher les listes d’élèves par classe avant la rentrée. 
Du côté de l'équipe pédagogique et du fonctionnement de l'école #

L’organisation matérielle de l'école, les calendriers, l’information, les projets, se doivent d’être mutualisés, portés à la connaissance de l’ensemble de l’équipe enseignante et discutés collectivement quand c’est nécessaire. La transparence au sein de l’équipe est déterminante dans une école.

Réunir un premier conseil des maîtres et maîtresses #

Il sera l'occasion :

  • d'expliquer, de mettre en place collectivement le protocole sanitaire et de distribuer les équipements adéquats (gel hydroalcoolique, masques)
  • d'arrêter définitivement la structure de l’école en fonction des effectifs
  • Arrêter l’organisation de la rentrée : jours et/ou horaires échelonnés en maternelle ou pour les CP ? Accueil des parents dans les locaux ? Filtrage à l’entrée ?
  • d'organiser les échanges de services (pour l'enseignement des langues vivantes notamment)
  • d'organiser les services de surveillance de récréation, et des accueils au portail pour l'entrée et la sortie des élèves, la répartition des services et des emplois du temps des ATSEM, des services civiques et des services périscolaires le cas échéant...
  • de mettre en place une organisation en cas d’absence de PE : qui prévient l'inspection si le directeur ou la directrice n'est pas joignable ? Qui gère la répartition des élèves en fonction des effectifs de chaque classe ? Prévoir en début d'année des tables supplémentaires.
  • de régler l'utilisation des locaux et du matériel collectif (photocopieur, salles communes, téléphone, ordinateurs, matériel audio-visuel, BCD...) et des structures sportives.
  • d’organiser le fonctionnement de la coopérative scolaire
  • d'organiser l'emploi du temps des personnels intervenants extérieurs
  • de planifier les diverses réunions de rentrée, lancer les projets pédagogiques, les éventuels projets de classes de découvertes
  • d'arrêter le calendrier (conseil des maîtres, de cycles, les concertations...) pour le trimestre
  • de remettre un exemplaire du projet d’école aux PE arrivant dans l'école. 
  • Relever et partager, si accord, les coordonnées téléphoniques de l'équipe
  • d'organiser ou préciser la circulation de l’information sous toutes ses formes au sein de l’école, surtout dans les grosses structures. Inviter les personnels à utiliser leur  mail professionnel pour distinguer vie professionnelle et vie privée et pour des raisons de protection des données numériques. 
  • de relire ensemble tous les documents remis aux parents pour validation de l'équipe et corrections éventuelles
  • de prendre connaissance, en équipe des PPRE, PAP, PAI et PPS de l'année précédente afin de les poursuivre au plus tôt, en les réajustant éventuellement, quitte à les abandonner s'ils ne s'avèrent plus nécessaires.
Sans oublier #
  • de rencontrer les membres du RASED, là où il en reste...et de les convier au conseil des maîtres
  • de prendre contact avec le médecin scolaire et/ou le médecin de PMI
  • de prendre contact, rencontrer les AESH, les intervenant·es extérieur·es et d’organiser les emplois du temps avec les collègues concerné·es
  • de mettre à jour le registre ''élèves'' de l’école, en procédant aux dernières admissions et radiations
  • de faire le point sur les fournitures, le mobilier, le matériel en général.
  • de penser à faire les éventuelles commandes collectives (cahiers d’appel, cahiers de liaison avec les familles pour chaque élève, papier...)
Sécurité des locaux et des personnes #
  • faire le tour des installations, si possible avec un responsable de la mairie, pour demander le cas échéant des travaux d'urgence
  • revoir les PPMS (alerte-intrusion et risques majeurs), revoir les consignes de sécurité et prévoir le premier exercice incendie avec l'équipe.

Les mesures de sécurité́ restent renforcées; des rencontres avec l’IEN et/ou les responsables sécurité́ locaux sont à prévoir.

Et #
  • Un affichage syndical dans la salle des maîtres permet de donner des informations aux PE de l'école, de créer un espace collectif de discussion.
  • Penser à consulter … le Kisaitou ! C’est l'outil indispensable à la direction d'école. Il traite de l'ensemble des problématiques de l'école. Mémento administratif et réglementaire, une question se pose : on y trouve (presque toujours) la réponse !

Cette première “mise en jambes” donne un avant-goût de la charge de travail attachée tout au long de l’année à la direction d’école. Une charge de travail qui n’a cessé de s'accroître, de se diversifier. Le chantier métier sur la direction d’école mené par le précédent ministère a produit quelques petites avancées sur le temps de décharge, le déroulement de carrière, le régime indemnitaire et sur l’allègement des tâches. Mais on est loin des modifications substantielles nécessaires pour revaloriser la fonction qu’exige le SNUipp-FSU et qu’expriment sans détour les personnels dans les réunions syndicales.

La check-list à télécharger #
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Une rentrée pas comme les autres

Actualités 1er degré - mar, 25/08/2020 - 12:32
Le communiqué de presse du SNUipp-FSU  Une rentrée pas comme les autres

Rarement une rentrée scolaire ne se sera préparée avec autant d’incertitudes pour les enseignantes et les enseignants, les parents, les élèves et les collectivités territoriales. Le ministre ayant beau affirmer sur les plateaux télé que tout est prêt, la réalité est bien différente.
A l’heure où le SNUipp-FSU tient sa traditionnelle conférence de presse, la préparation de la rentrée se fait avec un protocole sanitaire datant du mois de juillet à un moment où l’épidémie ne connaissait pas la forte hausse de contaminations de ces derniers jours.

Pourtant des bilans à tirer de cette période traversée au printemps dernier auraient dû guider la préparation de cette rentrée avec bien plus de rigueur et d’ambition.

Cette rentrée est d’autant plus importante, que l’année scolaire dernière a été particulièrement difficile pour les enseignantes et les enseignants, les élèves et les familles. Si les personnels ont apprécié de retrouver et finir l’année avec leurs élèves, cela n’a pas été sans poser de nombreuses difficultés aux familles et aux équipes. Après ce qu'a pu vivre l'école l'année dernière, il convient donc, de démarrer sur des bases solides, de tirer les leçons du confinement pour « prendre soin » de l’école, des élèves et de tous ses acteurs.

Les personnels des écoles ont su se mobiliser et montrer leur capacité d’adaptation dans une situation inédite alors qu’ils n’étaient que trop peu accompagnés notamment matériellement par leur institution. L’enquête que le SNUipp-FSU a conduite avec l’institut Harris Interactive, confirmée par celle de la DEPP parue en juillet, démontre que de nombreuses PE ont eu du mal à exercer leur métier, avec des consignes peu claires du ministère, arrivées tardivement, souvent contradictoires et les amenant à porter seuls l’école à bout de bras. Rien ne semble avoir changé de ce point de vue, puisqu’à moins d’une semaine de la rentrée, les consignes restent encore bien floues.

Dans le même temps, les inégalités sociales et scolaires de notre pays ont été mises en lumière dans cette période qui a pu les aggraver que ce soit par les conditions de logements des familles, leurs équipements matériels ou encore par leur possibilité d’accompagner la scolarité des enfants.

Aussi la priorité de cette rentrée est d’accueillir tous les élèves dans les meilleures conditions possibles qui permettent la sécurité sanitaire des enfants, de leurs parents, des enseignantes et enseignants, des ATSEM, des AESH et des personnels municipaux. Toutes et tous doivent pouvoir assurer leurs missions dans la confiance et la sérénité.
Il s’agit bien de retrouver l’école pour tous et toutes, durant toute l’année scolaire. Les personnels comme les familles ne souhaitent pas d’une scolarité en pointillé.

L’école de notre pays souffre d’un sous-investissement chronique en regard des pays comparables de l’OCDE. Encore plus qu'avant, aujourd’hui, elle a besoin de plus de personnels spécialisés comme les RASED, de plus de maîtres, de travailler en petits groupes d’élèves, de réduire les effectifs dans toutes les classes, d’une véritable formation continue ou encore d’un équipement informatique fonctionnel pour les personnels. Pour l’heure, le ministre répond en maintenant des évaluations standardisées largement remises en cause et montrant la défiance envers les équipes pour choisir les outils d’évaluation adaptés à leurs élèves. De même avec la publication de guides souhaitant encadrer la pédagogie menée dans les classes. L’urgence est de retrouver le goût d’apprendre et de recréer des liens pédagogiques dans un cadre collectif. La question de la rémunération reste également toujours à l’état de promesse sans mesures concrètes.

Pour réduire les inégalités, il est aussi urgent de prendre le temps des bilans, de consulter et de construire ensemble avec tous les acteurs et actrices de l'école, de dégager les moyens nécessaires… Sans cela c’est la perte de sens du métier mais aussi le renoncement pour une partie des élèves qui seront laissés sur le bord du chemin.

C’est sans conteste une rentrée peu ordinaire qui nous attend et le ministre n’en prend pas la mesure. Pourtant l’école a souffert et il est urgent d’en prendre soin.
L’école de demain ne peut être celle d’hier.


Paris, le 25 août 2020

Eval CP et CE1 : encore plus hors sol

Actualités 1er degré - ven, 21/08/2020 - 16:04

« Les items proposés seront, à quelques nuances près, les mêmes que ceux des années précédentes. Ils ne tiendront donc pas compte des conditions particulières d’apprentissage liées à la pandémie », analyse le SNUipp-FSU dans un document à destination des équipes pédagogiques. Comment ne pas y voir, poursuit le syndicat, « le reflet de l’obstination ministérielle à poursuivre le recentrage de l’école sur les fondamentaux et sur une conception automatisée et étapiste des apprentissages ». « En incitant à donner la priorité aux seules compétences évaluées, le risque est d’appauvrir des contenus enseignés », complète le premier syndicat des écoles.

Une analyse partagée 

« Qu’est-ce que les évaluations administrées l’an dernier ont changé aux pratiques des enseignants au premier trimestre ? Rien, tout le monde en convient », analyse sur son blog, Roland Goigoux, chercheur en sciences de l'éducation et spécialiste des questions de lecture et d’écriture. « Qu’ont-elles appris aux maîtres qu’ils ignoraient à propos de leurs élèves ? Pas beaucoup plus. Quelles remédiations originales ont-elles permises ? Aucune, même l’inspection générale de l’Éducation nationale le reconnaît », ajoute-t-il. Bref, conclut-il à raison, « ces évaluations ont surtout servi la communication politique du ministre ».

L’école de la confiance se trouve … en Belgique

 Contrairement à la France, indique le document du SNUipp-FSU, « la Belgique francophone a décidé de bannir les évaluations sommatives à cette rentrée 2020. La stratégie de différenciation pédagogique définie par les autorités de Wallonie-Bruxelles laisse toute latitude aux établissements scolaires pour identifier difficultés et retards d’apprentissage par les moyens qu’ils jugent adéquats  ». Rien à voir donc avec une « école de la confiance » qui n'a de cesse de chercher à imposer des pratiques et méthodes pédagogiques. 

C’est pour toutes ces raisons que le SNUipp-FSU a été à l’initiative d’un appel intersyndical dès le mois de juin pour demander au ministre de l’Education nationale que les outils d’évaluation soient mis à disposition des équipes sans être imposés et que les besoins statistiques de connaissance du système éducatif soient réalisés sur échantillons. Il s'est adressé au ministre pour demander l'annulation des évaluations nationales afin que les équipes puissent reprendre la main sur les outils d’enseignements et d’évaluations qu’elles jugent les plus appropriées pour démarrer les apprentissages en ce début d’année si particulière.

Une rentrée hors norme

Actualités 1er degré - ven, 21/08/2020 - 11:33

«&nbspÀ une dizaine de jours d'une rentrée scolaire qui sera nécessairement hors normes, c’est suite aux interventions pressantes d'associations de parents et d’organisations syndicales dont la FSU que Jean Michel Blanquer est intervenu sur France 2&nbsp» annonce la première fédération syndicale de l'Education. 

Si la FSU partage «&nbspl’objectif, énoncé d’accueillir l’ensemble des élèves à cette rentrée », elle continue de dénoncer «&nbsples insuffisances, carences et flou persistant du protocole sanitaire et l'absence de véritable mesure pédagogique&nbsp».

Le communiqué de la FSU Le ministre de l’Education Nationale ne prend pas la mesure de cette rentrée hors norme

À une dizaine de jours d'une rentrée scolaire qui sera nécessairement hors normes, c’est suite aux interventions pressantes d'associations de parents et d’organisations syndicales dont la FSU que Jean Michel Blanquer est intervenu sur France 2 hier soir, anticipant sa conférence de presse prévue le 26 août.
C’est bien parce que nous partageons l’objectif qu’il a énoncé d’accueillir l’ensemble des élèves à cette rentrée que nous continuons à dénoncer les insuffisances, carences et flou persistant du protocole sanitaire et l'absence de véritable mesure pédagogique.
Dans son intervention, Jean-Michel Blanquer a annoncé l'obligation de port du masque pour l'ensemble des adultes et des élèves de plus de 11 ans, alors que le protocole initial prévoyait que le masque n'était pas indispensable si la distance d'un mètre était sauf pour les enseignant·es en maternelle pour qui il reste recommandé. Par ailleurs, les masques ne seront pas gratuits pour les
élèves, ce que la FSU dénonce.
Au-delà de cette seule annonce sur les masques, rien n'a évolué sur le reste du protocole, confirmant ainsi la volonté de faire de cette rentrée une rentrée ordinaire, comme si de rien n’était. Pourquoi, en particulier, ne pas prévoir le non-brassage des groupes d’élèves dont on sait pourtant qu’il peut permettre d’éviter d’avoir à fermer toute une école ou un établissement grâce à l’isolement du groupe dès suspicion de contagion ? Port du masque, désinfection fréquente, aération des locaux, etc. : tout cela doit faire l’objet de consignes nationales très claires qui ne sont toujours pas là.

Surtout, les élèves qui seront accueillis sont celles et ceux dont le lien avec l’école s’est distendu depuis près de 6 mois. Ils nécessitent une attention particulière et du temps d'enseignement renforcé. Le ministre ne renvoie qu’à la seule organisation de tests de positionnement et aux heures supplémentaires. Il maintient les évaluations nationales ignorant le caractère spécifique d’une rentrée particulière après une période traumatisante pour les élèves et les personnels. Avec cette mesure «&nbsphors sol&nbsp», il rajoute de l’inquiétude là où la sérénité s’impose. Aucune amélioration de l’encadrement ne sera mise en œuvre alors que le protocole sanitaire nécessitera une attention de tous les instants et que les organisations pédagogiques nécessiteraient de pouvoir prendre les élèves en petits groupes.

Les personnels sont très inquiets : qu'en sera-t-il de celles et ceux qui sont considéré·es «&nbspà risques&nbsp» ? Le travail à distance sera-t-il de nouveau proposé pour alléger les groupes d'élèves, et dans ce cas, comment sera-t-il cadré ? Quelles garanties sur le respect des conditions de travail des enseignant-es et le respect de leurs missions ? Il n'est pas pensable de laisser ces questions
sans réponses, et de renvoyer au local la responsabilité de l'organisation de cette rentrée.

Convaincue de l’impérieuse nécessité d’anticiper la rentrée scolaire pour permettre une reprise de l’ensemble des élèves, la FSU continue d'exiger une discussion approfondie sur de meilleures conditions, tant sanitaires que pédagogiques, pour cette rentrée. Les conditions doivent être cadrées nationalement afin de garantir une égalité pour tous, personnels comme élèves, sur l'ensemble du territoire. Alors que des centaines de milliards d’euros sont consacrés au soutien de l’économie et des entreprises, le gouvernement ne prend pas la mesure du rôle de l’école dans la lutte contre les inégalités que cette crise a largement mises en lumière et de ses conséquences sur le chômage des jeunes. Un plan d’urgence pour la jeunesse et l'école s’impose.

Les Lilas, le 21 août 2020

Prendre soin de la rentrée

Actualités 1er degré - jeu, 20/08/2020 - 15:39

Avec une évolution inquiétante de la circulation du virus, le syndicat réclame que le protocole sanitaire soit de nouveau revu et que les personnels des écoles puissent avoir le temps nécessaire pour organiser sa mise en place.

La lettre au ministre 

Monsieur le Ministre,

L’enjeu posé à l’école en cette rentrée est bien d’assurer l’accueil de tous les élèves tout en contribuant à protéger toute la population en respectant les conditions sanitaires qui s’imposent dans les écoles. Le retour à l’école primaire de près de 6 millions d’enfants et de plus d’un demi-million d’adultes ne doit pas augmenter la circulation du virus dans l’ensemble de la société.

L’évolution inquiétante de la situation sanitaire corrélée aux connaissances scientifiques sur la charge virale et la contagiosité des enfants oblige à prendre des mesures fortes, tant sanitaires et pédagogiques, pour que cette rentrée scolaire hors norme se passe au mieux. 

Le protocole sanitaire ministériel révisé et allégé en juillet est à rebours complet du renforcement des mesures sanitaires dans l’espace public et les milieux professionnels face à l’accélération de la circulation du covid en cette fin d’été. Il ne permet pas de garantir la santé des personnels et des élèves. Il s’agit de le revoir en profondeur en imposant le non- brassage des groupes d’élèves permettant une « quarantaine » du groupe dès suspicion de contagion, sans attendre les résultats des tests PCR et sans devoir fermer l’ensemble de l’école. Pour prévenir la transmission par aérosol, il s’agit de rendre possible l’aération régulière des locaux, en engageant si nécessaire des travaux, sans oublier la désinfection fréquente des locaux et des équipements. Pour l’ensemble des adultes présents dans les écoles, il faut également suivre les recommandations du Haut conseil de santé publique qui préconise le port du masque dans tous les milieux clos publics et privés collectifs.

Le plan de continuité pédagogique prévoit deux organisations pédagogiques différenciées, allégement des effectifs accueillis ou retour à l’école en distanciel, en cas de circulation plus ou moins active du virus. Pour qu’il puisse être mis en œuvre efficacement, les équipes enseignantes doivent pouvoir se l’approprier pour le décliner localement dans chaque école. Pour cela, elles doivent bénéficier de temps pour se préparer collectivement à tout type de scénario. C’est pourquoi nous demandons à nouveau de décaler la rentrée des élèves.

Ces premières exigences, bien qu’elles soient indispensables, ne peuvent répondre à elles seules à l’ensemble des nombreuses questions posées par cette rentrée dans les écoles. Elles doivent s’accompagner également de réponses pédagogiques, avec l’annulation des évaluations nationales standardisées prévues dès le 14 septembre et la liberté laissée aux équipes d’utiliser les outils qui leur sembleront les plus pertinents pour savoir où en sont leurs élèves. La priorité est bien de redonner confiance aux élèves, de recréer une dynamique collective d’apprentissage, de construire du sens et pas d’imposer des évaluations sommatives qui apparaissent cette année encore plus hors-sol.
Il s’agira également d’inclure l’éducation dans le plan d’urgence gouvernemental et de lui donner ainsi davantage de moyens pour endiguer les inégalités mises en exergue durant le confinement et aggravées par la politique éducative menée.

Si chaque rentrée est essentielle pour les élèves, les familles et les personnels, celle- ci l’est encore davantage en cette période hors norme. Nous avons à cœur qu’elle soit réussie. C’est pourquoi il faut agir sans plus tarder.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

Solidaires avec le Liban

Actualités 1er degré - jeu, 06/08/2020 - 11:24

Alors que le Liban subit depuis des mois une crise politique, économique, sociale et sanitaire sans précédent, l’explosion qui vient de détruire le port de Beyrouth et les quartiers alentours est une nouvelle catastrophe pour le pays. L’urgence est au soutien des victimes aujourd’hui totalement démunies. Un soutien qui doit pouvoir s’adresser à toutes et tous, au-delà des appartenances communautaires.
C’est pourquoi Solidarité Laïque, ONG de développement dont le SNUipp-FSU est membre, lance un appel à dons pour dans un premier temps aider au relogement des victimes, leur fournir des colis de première nécessité, des kits alimentaires et d’hygiène. L’association laïque libanaise Tadamoun Wa Tamia, partenaire de Solidarité laïque sur place depuis plus de 30 ans en assurera la distribution.

Faire un don

Direction : une porte s’entrouvre ?

Actualités 1er degré - ven, 03/07/2020 - 14:16

C’est par une série d’annonces faites jeudi 2 juillet, aux organisations syndicales puis directement par vidéo à la profession que le ministère a enfin rouvert les discussions sur la direction d’école. Dès septembre, se mettrait en place un nouvel agenda social avec la création de trois groupes de travail pour aborder l’évolution de la règle de calcul des décharges, la revalorisation et la délégation de compétences. Des premières mesures seront présentées aux organisations syndicales lundi 6 juillet. Une circulaire devrait être publiée dans les jours qui viennent pour formaliser ces premières annonces. D’ores et déjà le ministère a annoncé que les équipes obtiendraient la liberté de l’utilisation des 108 h dès cette rentrée, sans préciser s'il y incluait ou non les animations pédagogiques. 

Aide administrative 

Le ministère envisage trois pistes : l’augmentation du nombre de services civiques qui passerait de 9000 à 13000, la possibilité de s’appuyer sur les assistants d’éducation (AED) en préprofessionnalisation et enfin le lancement d’un plan de recrutement d’apprentis postbac spécialisés dans l’aide administrative. Si la nécessité d’une aide humaine au fonctionnement de l’école est une forte demande des directrices et directeurs d’école, les mesures annoncées n’y répondent pas vraiment. L’absence de formation et la durée des contrats très courts des services civiques ou l’inadéquation des missions des AED avec une quelconque aide administrative risquent de donner davantage de travail d’accompagnement aux équipes que de gains de temps en retour. Une discussion sur la mobilisation d’apprentis pourrait par contre s’entendre mais dans le cadre de la création d’un nouveau métier statutaire au sein de la Fonction publique… Tout reste à faire.

Décharges d’enseignement

Jean-Michel Blanquer a annoncé que de nouvelles règles d’attribution des décharges intégrant les spécificités des écoles, en particulier en matière d’inclusion scolaire seraient élaborées pour la rentrée 2021. Pour l’heure, aucune annonce d’évolution sur les seuils alors qu’il y a urgence. Les représentants du SNUipp-FSU ont pu rappeler que toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, devraient a minima pouvoir bénéficier d’une journée hebdomadaire.

Allègement des tâches administratives

Le ministre annonce la mise en place d’un calendrier des enquêtes demandées aux écoles et qu’il est disposé à réfléchir à un observatoire de l’allègement des tâches. Mais c’est un peu l’arlésienne des discussions sur la direction d’école depuis de nombreuses années, car ce n’est pas la première fois que de telles promesses sont prononcées de la rue de Grenelle. Les groupes de travail départementaux sur la direction d’école ont souvent accouché d’une souris et pas sûr que ceux annoncés cette fois à l’image des groupes Blanchet dans le 2nd degré puissent permettront de réelles avancées. Bien sûr les représentants du SNUipp-FSU y prendront toutes leur place afin de faire avancer ce dossier. 

Reconnaissance salariale

Le ministre a annoncé l’octroi d’une indemnité exceptionnelle aux directeurs et directrices pour reconnaître leur engagement dans la crise du Covid-19 d’ici à la fin de l’année. Une juste reconnaissance mais qui ne doit pas occulter l’engagement de tous les personnels en la période qui ont su faire preuve de réactivité et d’inventivité avec leurs propres moyens. Aussi, au-delà d’une reconnaissance propre aux missions de la direction il s’agit de ne pas oublier la nécessaire revalorisation attendue par toute la profession.

Formation annuelle

Le ministère annonce deux jours de formation annuelle pour les directeurs et directrices. C’est un premier pas mais il reste du chemin à parcourir pour mettre en œuvre une véritable formation initiale et continue, afin de répondre à l’ensemble des besoins et à l’évolution des missions.

Le SNUipp-FSU qui avait réclamé la réouverture des discussions avec le ministère ne peut que se satisfaire que celui-ci entrouvre enfin la porte. Le syndicat sera exigeant pour obtenir des mesures concrètes répondant aux besoins revendiqués et à une véritable reconnaissance de la fonction et des missions des directrices et directeurs d’école.

Une rentrée mal évaluée

Actualités 1er degré - ven, 03/07/2020 - 11:47

Le 26 juin dernier, le ministère a présenté aux organisations syndicales le contenu des évaluations nationales pour la rentrée 2020. Aucun changement n’est prévu, ni sur la forme, ni sur le fond. Alors que 75% des enseignants indiquent qu’elles n’apportent aucune information supplémentaire, selon une note de la Depp publiée en avril 2020, les évaluations nationales restent obligatoires et seront à faire passer à partir du 14 septembre. Un statut quo qui interroge au regard de cette rentrée hors norme qu’effectueront les élèves et les équipes enseignantes. 

En effet, après plusieurs mois sans école, tous les élèves devraient retrouver le chemin des classes à cette rentrée de septembre. Mais pour la rue de Grenelle, l’école du jour d’après ressemble étrangement à celle d’avant, sans prendre véritablement en compte la situation que l’école vient de traverser. A l’inverse de voisins européens comme la Belgique où les évaluations sommatives ne sont à organiser « en aucun cas », et qui laisse toute latitude aux établissements scolaires pour identifier difficultés et retards d'apprentissage « par les moyens qu'ils jugent adéquats », en France il en est va encore une fois tout autrement.

A qui servent ces évaluations ? Quelle image vont-elles renvoyer aux élèves et aux familles ? Qu’est ce qui sera réellement évalué ? Des compétences qui n’auront pas été enseignées ? Le travail des parents ?

À cette rentrée, les équipes enseignantes ont besoin qu’on leur fasse confiance. Et c’est une demande unanime de l’ensemble des organisations syndicales, celle de laisser libre les équipes d’utiliser les outils qui leur sembleront les plus pertinents pour savoir où en sont leurs élèves. La priorité est bien de redonner confiance aux élèves, de recréer une dynamique collective d’apprentissage, de construire du sens et pas d’imposer des évaluations sommatives qui apparaissent cette année encore plus hors-sol. 

Le Communiqué commun

Une rentrée mal évaluée !

Vendredi 26 juin, les organisations syndicales des 1er et 2nd degrés ont été reçues par le ministère pour présenter les grands principes des évaluations nationales standardisées CP, CE1 , 6ème, 2nde et CAP de la rentrée 2020

Pour tous les autres niveaux des banques de tests de positionnement seront mises à disposition. L’ensemble permettrait alors de proposer aux élèves des dispositifs de soutien individualisés.

Ces évaluations nationales standardisées font craindre la multiplication des dispositifs de remédiation trop individualisés, une vision normée des apprentissages et des formes pédagogiques basées sur les entraînements mécaniques, la répétition et l’automatisation qui ne permettent pas d’accéder à la compréhension.

Après des mois d’isolement, de déstabilisation, les élèves ont d’abord besoin que soient recréées des dynamiques pédagogiques collectives et de retrouver confiance. Les enseignants ont d’abord besoin qu’on fasse confiance à leur professionnalité, pour, dans le cadre de leur liberté pédagogique, mettre en œuvre les situations d’apprentissages et construire leurs outils en fonction des besoins. Les équipes auront surtout besoin qu’on leur donne du temps pour adapter leurs progressions et programmations au regard de cette rentrée hors norme.

Elles demandent donc au ministre de l’Education nationale que les outils d’évaluation soient mis à disposition des équipes sans être imposés et que les besoins statistiques de connaissance du système éducatif soient réalisés sur échantillons.

De plus, les organisations syndicales, Se Unsa, Sgen Cfdt, Snes-FSU, SNUep-FSU, SNUipp-FSU et UNSEN CGT éduc’action, exigent que le ministère donne d’autres signes de préparation de cette rentrée 2020 qui ne ressemble à aucune autre et y assortisse les moyens nécessaires pour lutter contre les inégalités mises en lumière pendant le confinement.

Cette rentrée doit être préparée en anticipant plusieurs scénarii en faisant confiance aux personnels, en leur donnant le temps et les moyens nécessaires, et en s’appuyant sur leur expertise et leur professionnalisme.

Non, les évaluations nationales standardisées et autres tests ne peuvent être l’alpha et l’oméga de la rentrée 2020.

Paris le 3 juillet 2020

Bonnes vacances

Actualités 1er degré - ven, 03/07/2020 - 07:03

Après la crise sanitaire, qui va payer ?

Actualités 1er degré - jeu, 02/07/2020 - 11:11

Le covid 19 a lourdement frappé les plus âgés avec plus de 90 % des décès en EHPAD, à l’hôpital ou à domicile. Or, on commence déjà à entendre une petite musique disant qu’il serait juste que les retraités participent à l’effort de réduction de la dette creusée par la crise sanitaire.
En réduisant leur pension par exemple, au nom d’une solidarité bien comprise avec les actifs.
Le « groupe des 9 », qui réunit syndicats et associations de retraités, s’en est ému, soulignant que « La reprise de l'économie ne peut se faire sans une relance de la demande intérieure à laquelle les retraités participeront si on leur redonne confiance et les moyens d’y participer. » Ce qui implique « non pas une diminution mais une augmentation des salaires et des pensions. »

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Lire le communiqué du groupe des 9
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De son côté, une étude de la DRESS pointe deux nouveautés inquiétantes qui battent en brèche quelques idées reçues complaisamment distillées dans certains médias. Les pensions ont baissé en 2018 et l’espérance de vie à la retraite a baissé, pour la première fois, à partir de la génération 1951.

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Le tableau sur l’évolution du montant des pensions
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Le tableau sur l’évolution de l’espérance de vie à la retraite
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Ils sont où, les privilégiés ?

Régulièrement qualifiés de "nantis", les retraités ont pourtant déjà subi d’importants reculs de leur pouvoir d’achat. Ils n’accepteront pas de voir leur pension une nouvelle fois dégradée et leur retraite moins heureuse.
Avec la FSU et les organisations rassemblées dans la plateforme de sortie de crise Plus jamais ça, ils ont bien l'intention de s'y  opposer. Pourquoi ? Pas par égoïsme ou inconscience des difficultés. Juste parce que la solidarité n'est pas une valeur à géométrie variable. Parce que la fiscalité ne met pas aujourd'hui à contribution les plus grandes fortunes, parce que des aides massives sont distribuées sans contrôle ni contreparties à de très grandes entreprises et que les dividendes aux actionnaires continuent d’être versés rubis sur l’ongle, parce que la fraude fiscale mine encore et toujours les recettes de l’État. Alors elle est où l’injustice ? Et elle est où la nécessaire solidarité ? Vous avez dit "justice sociale" ?

Des moyens pour réussir

Actualités 1er degré - mer, 01/07/2020 - 16:04
Le communiqué du SNUipp-FSU Ecole primaire, des moyens pour réussir !


A l’heure où la crise sanitaire a fait toute la lumière sur la réalité de certains services publics dont le fonctionnement a été fragilisé par des coupes budgétaires et des suppressions de postes, l’École doit aussi être réinterrogée au regard des objectifs qui lui sont assignés. Faire le constat d’un service public d’éducation qui ne réussit pas à réduire les inégalités scolaires et à faire réussir tous les élèves n’est utile que s’il sert à engager durablement la transformation de l’École.

Sur la base d’une enquête conduite dans les départements, le SNUipp-FSU peut d’ores et déjà affirmer que la rentrée 2020 de Jean Michel Blanquer n’offrira pas de nouvelles perspectives et ne permettra pas de relever les défis qui s’imposent à l’école primaire. Les mesures ministérielles, insuffisamment financées, comme les priorités de moyens accordés de façon non uniforme à certains territoires, contribuent à creuser davantage les inégalités entre les départements. Elles se font surtout au prix fort de la suppression de postes pourtant essentiels au bon fonctionnement des écoles, comme les postes de remplaçants, de « plus de maîtres que de classes » et de RASED.

L’école a pourtant besoin d’un tout autre niveau d’engagement ! C’est la raison pour laquelle le SNUipp-FSU a décidé d’opposer sa propre rentrée à celle du ministre, celle de l’école du « jour d’après ». Elle repose sur un chiffrage des moyens indispensables dont l’école a besoin pour combattre les inégalités que la crise sanitaire a mises en lumière.

Pour abaisser les effectifs dans toutes les classes, pour assurer la continuité du service public d’éducation, c’est plus de 90 000 postes qu’il faut créer dans le premier degré. À l’heure des plans de relance pour l’économie, des coups de pouce budgétaires à destination de certains secteurs, l’éducation a toute sa place sur l’échiquier car c’est aussi sur elle que se fondera le « monde d’après ».

Le SNUipp-FSU exige des moyens pour faire réussir l’école primaire, largement sous-investie par rapport aux autres pays de l’OCDE.

Paris, le 1er juillet 2020

Une loi certes, mais tout reste à faire

Actualités 1er degré - jeu, 25/06/2020 - 19:04
La lettre au Ministre :

 Monsieur le Ministre,

Suite à la consultation des directeurs et directrices que vous avez lancée en novembre dernier, vous avez inscrit à l’agenda social ministériel le sujet de la direction d’école. La première réunion qui s’est tenue le 14 janvier dernier pour faire l’un état des lieux des tâches accomplies par ces personnels n’a pas été suivie d’effet. Les réunions suivantes sur le temps de travail et la revalorisation n’ont jamais vu le jour.

Nationalement, le dossier de la direction d’école a donc été mis en sommeil bien avant le confinement. Localement, les comités de suivi qui ont été lancés dans les départements sont restés une coquille vide.

Le dialogue social, à peine amorcé, a été interrompu. Aucune mesure ne s’est concrétisée, ni dans l’urgence sur l’allègement des taches et la formation, ni pour la rentrée 2020 avec une augmentation du régime de décharges et une revalorisation salarial.

La crise sanitaire n’empêchait pas une poursuite des discussions avec les organisations syndicales représentatives d’autant qu’elle a été révélatrice, une nouvelle fois, de la nécessité de reconnaître la fonction et les missions des directrices et directeurs. Il est donc urgent d’agir pour améliorer leurs conditions de travail mais aussi le fonctionnement de l’école.

Le 12 mai dernier, le dépôt d’une proposition de loi a court circuité le dialogue social qui aurait dû reprendre au niveau ministériel. Hier comme aujourd’hui, le SNUipp-FSU s’interroge sur la pertinence de cette loi pour répondre aux besoins et préoccupations exprimés.

L'emploi fonctionnel, inadapté à la spécificité de l’école primaire et qui aurait bouleversé son fonctionnement, comme nous l’avions démontré aux députés, a disparu de la proposition de loi. Le SNUipp-FSU s’en félicite. Cependant, même amenuisée par l’inscription d’une « non-autorité hiérarchique sur les enseignants », « la délégation de compétences de l’autorité académique » inscrite dans la loi, fait courir le risque d’une posture hiérarchique refusée par les équipes dans les écoles.

Par ailleurs, aucune réponse concrète n’est apportée par cette loi aux exigences de la profession.

Alors que le processus législatif est encore en cours, vous avez annoncé ce 24 juin à l’Assemblée Nationale que des mesures réglementaires seront prises d’ici deux semaines. Votre conception du rôle du Parlement rejoint celle du dialogue social. Alors qu’il n’est plus à démontrer combien le ministère est déconnecté du terrain, une fois de plus, vous envisagez de décider seul.

Nous exigeons une reprise des discussions avec les représentants des personnels sur les mesures à prendre pour améliorer dès maintenant les conditions de travail des directrices et directeurs et ainsi répondre aux besoins revendiqués et confirmés par la consultation que vous aviez lancée l’hiver dernier :

● une augmentation des décharges pour toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, sans missions supplémentaires en contrepartie. Chaque école devant a minima bénéficier d’une journée hebdomadaire ;
● une aide humaine au fonctionnement de l’école pérenne pour toutes les écoles, et financée par l’Etat ;
● un allégement des tâches qui ne peut en aucun cas se limiter à la seule rédaction des PPMS ;
● une revalorisation salariale de la fonction qui doit s’accompagner d’un rattrapage salarial pour tous les personnels ;
● une formation initiale et continue à la hauteur des besoins. 

Près d’un an après le suicide de Christine Renon, et après deux mois d’extrême sollicitation des directeurs et directrices d’école, il serait inconcevable qu’aucune mesure significative ne soit mise en œuvre dès la rentrée 2020.

Veuillez croire, M. le ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Et soudain...un monde merveilleux

Actualités 1er degré - mer, 24/06/2020 - 15:21

Le thème aura stimulé les imaginations des classes participantes au concours organisé  avec la BnF et de nombreux autres partenaires. Seulement voilà, l’école a été chamboulée et les conditions sanitaires n’auront pas permis au jury de se réunir afin de dresser son palmarès.

Pourtant, de nombreuses œuvres sont parvenues au siège du SNUipp-FSU et comme chaque année, ce fut un régal de les découvrir et de les mettre en scène pour alimenter une exposition virtuelle. Une occasion de flâner dans les mondes merveilleux qu’ont su construire les classes participantes.

Florilège