Actualités 2nd degré

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Le SNES est le syndicat le plus représentatif du second degré. Il rassemble 62 000 syndiqués parmi les certifiés, les agrégés, les CPE, les CO psy, les surveillants, les personnels d'Éducation et les non titulaires. Aux élections professionnelles il recueille dans ces catégories plus de 50% des voix. Incontournable dans les lycées et collèges, le SNES porte donc, vis à vis de la profession, une responsabilité particulière qu'il entend assumer en s'appuyant sur des atouts qui lui sont propres.
Mis à jour : il y a 46 min 1 sec

Certification des compétences numériques dans le secondaire

ven, 18/10/2019 - 18:04

Le ministre a profité une nouvelle fois de son passage à Ludovia en août pour annoncer la publication d'un décret (compétences numériques) et de deux arrêtés (Pix ; mise en œuvre de la certification) relatifs aux compétences numériques des élèves. Si cette annonce est passée relativement inaperçue chez les proviseurs (chaos de la réforme du lycée oblige !), ça a été moins le cas chez les principaux de collèges, dont certains, d'après les informations qui nous remontent, ne semblent pas avoir compris que le B2i n'existait plus et que la grille des compétences numériques en vigueur n'avait que peu à voir avec l'ancienne.

Le ministère a décidé que tous les élèves en fin de cycle dans le secondaire devraient avoir une indication de leur niveau de maitrise des compétences numériques dans leur bilan de fin de cycle. Pour les élèves de fin de cycle 4 et ceux de fin de cycle terminal, c'est une certification du niveau de leurs compétences numériques qui devra y figurer (décret de mise en œuvre, article 4).

Un nouveau référentiel
A cette fin, une nouvelle grille des compétences numériques, conforme à Digcomp (référentiel-cadre européendes compétences numériques destiné à être partagé par l'ensemble des Etats membres, datant de 2013), et s'inscrivant dans un cadre plus vaste que celui des B2i/C2i, a été publiée début 2017, à titre expérimental, et est entrée en vigueur à la rentrée 2019. Elle comprend 8 niveaux qui s'appliquent à 5 grands domaines totalisant 16 compétences : informations et données ; communication et collaboration ; création de contenu ; protection et sécurité ; environnement numérique. Actuellement, seuls les 5 premiers niveaux sont publiés. Cette grille a vocation à être inscrite dans le répertoire des compétences professionnelles, afin que tout (citoyen) travailleur puisse avoir une certification, et ce tout au long de sa vie.

Un nouvel outil
Pour que cela puisse être réalisable, une application appelée Pix a été développée par le GIP (Groupement d'Intérêt Public : Men, Mesr, Cned, Université ouverte des humanités et Université de Strasbourg) éponyme. Cette application est destinée à permettre une évaluation basée sur des simulations les plus proches possibles de la réalité. La certification des compétences numériques des élèves ne pourra se faire que par son intermédiaire car seule cette plateforme est habilitée à donner cette certification . Il s'agit d'une certification « tout au long de la vie » qui pourra évoluer et pourrait être, par exemple, demandée par un employeur...

Conséquences
Au delà du problème de l'organisation, qui incombe aux chefs d'établissement, la coexistence de certifications relevant de domaines traités de façon transversale, et d'une évaluation plus traditionnelle basée sur l'examen ou l'épreuve est problématique . En effet, il est bien spécifié que les compétences s'acquièrent pendant la scolarité, dans le cadre des programmes. Mais l'évaluation des élèves dans le cadre des programmes se fait sans avoir recours à une plate-forme quelconque, donc comment Pix pourra-t-elle s'articuler avec les évaluations ? Pourtant, on voit fleurir sur les sites des rectoratsdes éléments destinés à mettre en place cette certification, visant les 4e et les premières cette année afin de les "préparer" à la certification obligatoire en 2021.
Plus ennuyeux, le niveau de compétences n'est pas mesuré par une évaluation unique, mais dans le temps, chose que ces textes officiels semblent avoir totalement oublié ! Il sera donc impossible d'organiser une séance de certification sans que cela se fasse au détriment de l'intérêt des élèves. Et quand bien même une séance serait organisée chaque année, cela serait loin de suffire pour certifier le vrai niveau de compétences de chaque élève. Une nouvelle usine à gaz risque donc de voir le jour et de créer de nouvelles désorganisations périodiques dans les établissements et de faire que les enseignants verront encore leur temps d'enseignement diminuer.
Bref, un scénario aussi mauvais que celui qui a accompagné le B2i pendant des années est en passe de voir le jour !

Communiqué unitaire éducation

jeu, 17/10/2019 - 12:18

Nos organisations syndicales, FSU, UNSA-Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT et SUD-Education ont adressé, le 8 octobre dernier, un courrier au Ministre de l'Education nationale à ce jour sans réponse. Elles lui demandaient des actes suite au malaise, à l'émotion et à la colère exprimés par les personnels après l'acte dramatique de Christine Renon.

C'est pour exprimer fortement nombre de revendications que ces organisations syndicales appellent à faire du 6 novembre prochain une journée de mobilisation (rassemblements, conférences de presse, demandes d'audience...).
Elles demandent :
• une réelle amélioration des conditions de travail des directeurs et directrices d'école, des enseignant-es et de tous les personnels qui font vivre les écoles, les établissements et les services ;
• une meilleure reconnaissance de leurs professionnalités ;
• des mesures pour garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail et le développement des services de médecine de prévention ;
• une organisation moins verticale et moins injonctive des écoles, établissements et services. L'organisation d'un travail plus collectif et à des rythmes plus respectueux de la qualité de vie au travail ;
• les moyens utiles indispensables au bon fonctionnement des écoles, des établissements et des services ainsi que les créations d'emplois nécessaires pour l'ensemble des personnels.
Enfin, ces organisations syndicales dénoncent, une nouvelle fois, la suppression programmée des CHSCT qui aggravera la prise en charge de celles et ceux qui sont en souffrance.

Les Lilas, 17 octobre 2019

4e Rencontre nationale CPE

jeu, 17/10/2019 - 12:00

Paris 13 mai 2020

La relation des jeunes au travail

Le SNES-FSU, fidèle à ses habitudes d'échanges avec la profession, organise la 4e rencontre nationale CPE.
Rencontre et débat avec 2 universitaire autour de thème "la relation des jeunes au travail" :

  • Danièle Linhart (sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS)
  • Sylvie Béné (chargée d'étude et de recherche à l'INJEP - Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire)

Bac Blanquer

jeu, 17/10/2019 - 09:02

Le Ministère a envoyé à tous les Rectorats une note précisant les modalités d'organisation des E3C. Sous forme de questions/réponses, elle se veut un guide pratique pour répondre aux interrogations des professeurs. Mais elle confirme surtout l'orientation principale de la réforme du bac : un renvoi au local qui dénature complètement le baccalauréat en affaiblissant sa dimension nationale. Choix des sujets, conditions matérielles d'organisation de l'épreuve...tous les lycées ne feront pas les mêmes choix. Dans ces conditions, comment parler encore de bac national ?
Retrouvez le version corrigée de la note du Ministère, à diffuser largement dans votre lycée.

E3C - note corrigée par le SNES

A titre transitoire, le SNES-FSU demande l'annulation de la première session d'épreuves communes qui doit avoir lieu à partir de janvier et la transformation de la session de juin en épreuves nationales. Il est urgent que le ministère prenne la mesure de la situation dans les lycées : professeurs épuisés par la charge de travail induite par cette réforme (nouveaux programmes etc), inquiétude de tous (professeurs, parents, élèves) face à la perspective des épreuves qui commencent dans deux mois dans la plus grande incertitude...

Retrouvez tous nos articles
Le Ministère fait exploser le bac
Les résultats de l'enquête du Snes qui montrent un état d'impréparation inquiétant

Jeudi 5 décembre : toutes et tous en grève et dans l'action !

mer, 16/10/2019 - 19:01

Les organisations syndicales et de jeunesse s'engagent à construire un plan d'action contre le projet de réforme de retraites par points et pour gagner un renforcement, une amélioration du système actuel de retraites solidaire et intergénérationnel.

L'émergence et la construction de luttes dans les différents secteurs professionnels, montrent la nécessité d'apporter des réponses aux salarié-es en termes d'emploi, de salaires, d'égalité entre les femmes et les hommes, de conditions de travail… Autant de sujets qui sont étroitement liés aux questions de la retraite et que l'actuel projet de réforme gouvernemental aggravera.
Les organisations vont initier et impulser des assemblées générales sur les lieux de travail et d'études, des débats publics sur tout le territoire, des interpellations des élu-es locaux et nationaux, des initiatives de sensibilisation de toute la population pour échanger sur la réforme et sur les modalités d'actions et de riposte collective.
Les organisations syndicales et de jeunesse (CGT, F0, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL, UNEF) appellent l'ensemble des salarié-es du secteur privé comme du secteur public, des retraité-es, des privé-es d'emploi, des jeunes, à une 1ère journée de grève interprofessionnelle le jeudi 5 décembre 2019.
Montreuil, le 16 octobre 2019

Grève du bac : construction d'une mobilisation inédite

mer, 16/10/2019 - 09:43

Si le mouvement de grève lors des surveillances des épreuves du baccalauréat et de leur correction revêt un caractère inédit, c'est davantage par son ampleur que par sa nouveauté.

l y a déjà eu par le passé des refus d'obéir au calendrier de remontées de notes, parfois de façon récurrente comme en philosophie, en protestation contre la dégradation des conditions de travail, mais rarement une telle contestation n'avait été si ancrée et si largement soutenue.

La chronique d'une grève annoncée

Alors que le ministre déroulait ses réformes en choisissant d'ignorer toutes les alertes, et disqualifiant les critiques réduites à des « infox », la contestation s'est étendue durant toute l'année, prenant des formes multiples. Note de 20/20 attribuée à tous les élèves, refus d'organiser les bacs blancs, démission collective de la mission de professeur principal, journées de grève... Le mouvement de juin ne vient pas de nulle part. En prenant appui sur la consultation de ses syndiqués, le SNES-FSU a pu fédérer avec l'appel à la grève le premier jour des surveillances des épreuves de bac. La réussite de la grève du 17 juin a ainsi joué le rôle d'un catalyseur pour la poursuite de l'action au moment des corrections et favorisé l'émergence de mouvements revendicatifs plus larges.

Un processus d'enracinement

L'Université d'été des enseignant-e-s et de l'éducation (UEE) est une émanation des
luttes contre les réformes Blanquer. Ouverte à tous, elle a réuni pendant trois jours à la fin du mois d'août de nombreux acteurs du monde éducatif, bien au-delà du cercle habituel des militants. Syndiqués ou pas, membres de collectifs ou non, la FSU, la FCPE, des mouvements pédagogiques et des associations se sont ainsi retrouvés pour des débats dans une ambiance festive à la Cartoucherie de Vincennes, afin d'engager la réflexion pour un projet éducatif alternatif aux politiques à l'oeuvre ces dernières années. Mobilisation originale, elle est caractéristique de la mutation de mouvements sociaux, protéiformes et horizontaux comme les réseaux sociaux qu'ils utilisent, mais continuant à s'inscrire pleinement dans l'action syndicale.

Les leçons de la grève du bac

Jusqu'ici, une grève du bac était impensable. En effet, toutes les grèves d'examen s'étaient brisées sur un double écueil : l'arsenal réglementaire qui permet de sanctionner pour « service non fait » et surtout le sens du service public, de l'intérêt des élèves, qui s'oppose à une telle mobilisation alors qu'il en constitue habituellement un puissant moteur. De plus, l'attachement des français au bac en fait une grève particulièrement impopulaire (en 2019, un sondage Kantar indiquait que 61 % des français soutenaient les sanctions financières et disciplinaires dont Blanquer menaçait les grévistes).
Mais un contexte nouveau a permis à l'initiative du SNES-FSU de dépasser cet obstacle : la fin programmée du bac – non perçue par l'opinion publique, qui croit à des aménagements –, les provocations du ministre, le sentiment surtout de détenir un moyen d'action puissant, quoique difficile à manipuler. En fixant l'objectif de retarder de trois jours seulement la publication des résultats, le mouvement a limité le déchaînement médiatique, même si la focalisation attendue sur le déroulement de l'action, sur l'angoisse des élèves, a perturbé son message. La rétention des copies n'était le fait que de plusieurs centaines de correcteurs, mais le soutien manifesté
par la majorité de leurs collègues a évité qu'ils ne soient isolés, et donc vulnérables. Cette lutte atypique montre le besoin d'innover, de durcir le ton face à un pouvoir déterminé, tout en conservant un principe fondamental : construire des grèves majoritaires, qui permettent aux enseignants de se faire entendre de l'opinion publique.

Rentrée inclusive : quel bilan ?

mer, 16/10/2019 - 09:42

Depuis le lancement en juillet 2018 du Plan Ecole Inclusive par le MENJ (ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse) et le SEPH (secrétariat d'Etat chargé des personnes handicapées), les annonces ministérielles ont été pléthoriques pour affirmer que l'inclusion des élèves en situation de handicap est une priorité gouvernementale. En juin dernier, la promesse d'une rentrée "100% inclusive" a été faite. En cette fin de première période, quel bilan pouvons-nous tirer ?

I. La rentrée inclusive du point de vue des élèves
II. La rentrée inclusive du point de vue des personnels
III. Notre avis : pourquoi l'inclusion génère-t-elle de la souffrance professionnelle alors qu'elle répond à un idéal partagé ?

I. Du point de vue des élèves :

Un premier constat s'impose : l'inclusion est pensée au niveau minsitériel en totale déconnexion avec la notion d'élèves à besoins éducatifs particuliers (BEP), notion introduite par la loi de refondation de l'école de 2013. Si la communication est abondante au sujet des élèves en situation de handicap, rien n'est dit à propos des EANA (élèves allophones), des EFIV (enfants du voyage) ou encore des élèves en milieu carcéral.

Pourtant, la scolarisation de ces élèves se heurte à des difficultés structurelles graves : un manque conséquent d'UPE2A (et de professeurs de FLS) pour accueillir les EANA (voir l'article suivant : https://www.snes.edu/Enseignement-du-Francais-langue-seconde-une-situation-d-urgence.html ), la déscolarisation précoce et la sous-qualification pour les EFIV, la numérisation des ressources du CNED qui rend celles-ci inaccessibles pour les élèves des prisons. Autant de chantiers laissés en sommeil, malgré l'urgence.

Pour les élèves en situation de handicap, le MENJ et le SEPH ont annoncé une « rentrée 100% inclusive ». Pour y parvenir, l'arsenal mobilisé est la suivant : le PIAL, le guide Qualinclus et la plateforme Cap école inclusive. Le PIAL (pôle inclusif d'accompagnement localisé) est un outil de gestion des AESH (voir l'article suivant : https://www.snes.edu/Le-PIAL.html ). Première conséquence directe de la création des PIALs : de nombreuses notifications d'accompagnement individuel se sont transformées en notifications d'accompagnement mutualisé, et les notifications individuelles prononcées se sont appauvries en heures (12h pour un(e) élève porteur(se) de Trouble du Spectre de l'Autisme). Peut-on sincèrement affirmer que cela soit au profit de ces élèves ? Peut-on affirmer que le simple fait de rassembler des AESH dans des pôles améliore l'accompagnement des élèves en situation de handicap et permette de mieux répondre à leurs besoins ? Le PIAL confirme qu'il n'est qu'un moyen de réduire le vivier jugé trop coûteux d'AESH i. Sa mise en place laborieuse (beaucoup de PIALs n'ont pas encore de coordonnateurs) prouve que les PIALs ont été mis en place sans qu'une véritable réflexion sur leur efficience ait été conduite.

II. Du point de vue des personnels :

Pour nos collègues AESH, la déception est bien amère. Une circulaire, parue le 5 juin dernier, promettait quelques avancées (certes bien en-deçà de nos revendications syndicales ! ). En cette fin de septembre, que constate-t-on ? Les rencontres avec les familles promises dans la circulaire de rentrée Ecole inclusive n'ont pas eu lieu avant la rentrée, les contrats ont encore une fois été signés dans l'urgence (quand on ne demande pas aux collègues de commencer leur mission avant même la signature de leur contrat), les quotités de service ont été définies sans dialogue avec les collègues et souvent réduites à la baisse, plaçant les collègues concernés dans des situations très difficiles, et les lieux d'affectation ont pu être modifiés sans négociation possible. Selon les départements, des contrats ont été signés sous leur ancienne mouture, l'administration prétextant un blocage informatique empêchant l'édition des nouveaux contrats (tels que les définit la circulaire du 5 juin).

Pour les personnels de vie scolaire, qui ont pour mission d'assurer la participation des élèves en situation de handicap à la vie de l'établissement, aucune mesure concrète n'a été annoncée. Là encore un problème structurel (le manque d'AED) vient entraver l'inclusion effective des élèves.

Pour les enseignants, le ministère a produit le guide d'autoformation Qualinclus à destination des équipes, et la plateforme numérique Cap école inclusive (voir l'article suivant : https://www.snes.edu/La-plateforme-Cap-Ecole-Inclusive.html ). L'institution se décharge ainsi de son devoir de formation sur les collègues. L'appropriation de ces outils, dont la qualité par ailleurs est contestable, est chronophage et source d'épuisement pour les collègues puisqu'elle se fait hors du temps de service. Les préparations supplémentaires liées à l'inclusion ne sont toujours pas prises en compte, tout comme les réunions propres aux élèves inclus (entretien de rentrée entre la famille, l'AESH et le professeur principal ; Equipes de Suivi de Scolarité...). Dans le même temps, les effectifs ne diminuent pas. Un effort a été fait sur l'offre de formation (6h de formation annoncées sur les pratiques de l'école inclusive, accès aux MIN ASH), mais il reste bien en-deçà des besoins réels des collègues.

III. Notre avis : Pourquoi l'inclusion produit-elle de la souffrance professionnelle alors qu'elle répond à un idéal partagé ?

1) Parce qu'elle confronte les enseignants à des dilemmes professionnels. L'élève inclus, bien malgré lui, met l'enseignant face à des injonctions contradictoires. D'un côté, l'impératif de différenciation, de l'autre des programmes qui eux ne sont pas encore rédigés en prenant en compte la diversité des élèves. D'un côté, la possibilité de parcours dérogatoires dans lesquels des cours peuvent être supprimés, de l'autre l'obligation de passer toutes les épreuves d'un examen. Sur la question des examens également, a été constaté un décalage entre les aménagements possibles des situations d'enseignement en cours d'année et ceux prévus lors de la passation des examens. Dès lors, il devient très compréhensible que des collègues s'interrogent sur la finalité de l'inclusion puisqu'ils n'ont pas le sentiment de mettre leurs élèves en situation de réussite.

2) Parce qu'aux problèmes liés à l'inclusion, l'institution n'a qu'une réponse : l'inclusion est affaire de pédagogie. C'est se montrer ignorant du bouleversement que représente le passage du paradigme de l'intégration à celui de l'inclusion. Penser l'intégration, c'est ouvrir les portes aux élèves en situation de handicap, leur laisser une chance de s'y faire une place, dans la mesure où ils y parviennent. L'adaptation est du côté de l'élève. Avec l'inclusion, les choses sont différentes. Elle acte la reconnaissance de la dimension situationnelle du handicap et impose à l'école de créer l'environnement adéquat pour que l'élève en situation de handicap puisse y trouver sa place. Cet environnement, et c'est là que le mensonge institutionnel réside, n'est qu'entre autres affaire de pédagogie. Mais il est avant tout structurel. Un environnement inclusif suppose des locaux accessibles, une véritable médecine scolaire, la présence d'un personnel infirmier à plein temps dans les établissements (certains PAI prescrivent des gestes médicaux que l'on ne saurait attendre d'enseignants), des programmes conçus en fonction de la diversité des élèves, des épreuves de concours et d'examens également élaborées en tenant compte de cette diversité. La culpabilisation des enseignants, en plus d'être indécente, ne sert que de paravent à l'institution qui la première ne prend pas ses responsabilités face à l'idéal d'une société inclusive.

3) Parce que l'inclusion génère un mille-feuille d'émotions négatives. C'est la synthèse des deux points précédents. Ne parvenant pas à donner un sens à certaines inclusions, s'épuisant à trouver des réponses pédagogiques sans appui hiérarchique, l'enseignant finit par se sentir en échec face aux élèves inclus qu'il encadre. A cela s'ajoute le discours moralisateur qu'on lui oppose quand il partage ses difficultés. Ce n'est qu'alors que survient ce que certains jugent être de la réticence par rapport à l'inclusion.

Ce que montrent ces trois points, c'est que l'inclusion ne s'accompagne pas par essence de souffrance pour les personnels, et que c'est bel et bien la politique éducative actuelle qui fait de l'inclusion une source de souffrance. Pour que tous les professeurs puissent contribuer avec réussite à la promotion de l'école inclusive, il est impératif : 1) qu'on en finisse avec les discours moralisateurs qui accablent les collègues sans les aider dans des situations professionnelles objectivement compliquées ; 2) que l'on crée un environnement véritablement inclusif qui permette l'accueil de tous les élèves, environnement dans lequel la pédagogie n'est qu'un élément ; 3) que programmes et épreuves (continues ou terminales) soient conçus de telle manière qu'ils tiennent compte de tous les élèves à besoins éducatifs particuliers.

Réforme du lycée et du bac : pas de suivisme !

mer, 16/10/2019 - 09:10

Le Comité de suivi des réformes a été installé le 24 septembre 2019 par Jean-Michel Blanquer.

Le ministre s'est d'abord réjoui de voir « réunie la communauté éducative ». Malgré des annonces initiales évoquant un comité restreint, l'assemblée était pléthorique. Avec un seul délégué, le SNES-FSU était scandaleusement sous-représenté ; pourtant, ce comité ne doit son existence qu'aux actions menées dans les établissements l'an dernier. Il est piloté notamment par Pierre Mathiot et a pour tâche d'évaluer les enjeux des réformes du lycée, leur mise en œuvre et leur inscription dans le cadre plus général de l'après-bac.

Pour le SNES-FSU, il sera nécessaire d'établir des bilans contradictoires, d'évaluer véritablement la mise en place des réformes et de prendre en compte tous les paramètres pertinents (organisation des enseignements, rôle des professeurs principaux et des Psy-ÉN, conseils de classe, E3C, dédoublements... les sujets ne manquent pas).

Devoir de contrôle

Il ne saurait être question de siéger pour valider les constats positifs que ne manqueront pas de faire les représentants de l'administration. Si tel était l'objet de ce comité, le SNES-FSU se réserve le droit de le quitter. Et même si le temps est compté parce que des réponses sur les E3C (voir ici) doivent être apportées d'ici octobre, il s'agira d'éviter de souscrire aux conclusions hâtives.

À suivre, donc.

Frédérique Rolet

Parcoursup : silence, on trie !

mer, 16/10/2019 - 09:07

Le 20 septembre dernier se clôturait la seconde campagne de Parcoursup dans le concert des discours officiels d'autosatisfaction.

Seuls 1 175 bacheliers restaient sans proposition de poursuite d'études se félicitaient les deux ministères, Éducation nationale et Enseignement supérieur, manière de faire oublier la disparition des statistiques de près de 20 % des lycéens et les dysfonctionnements majeurs de la plateforme.

La première session avait fait la démonstration que ce dispositif était pensé comme un outil de tri social. Malgré les revendications des personnels, des familles, et même du défenseur des Droits qui a appelé à rendre publiques les algorithmes locaux qui permettent la sélection des jeunes, le gouvernement persiste à ignorer les critiques. Cette nouvelle campagne d'affectation post-bac confirme les premières conclusions : Parcoursup n'est pas un outil d'orientation mais bien un outil de sélection.

Une session chaotique

Cette session a d'abord été marquée par un bug lors de la publication des premiers résultats. Après avoir reçu une proposition d'admission, des élèves se sont vus signifier qu'ils étaient en réalité sur liste d'attente et non admis. Les ministères ont communiqué sur une supposée erreur de calibrage des capacités d'accueil de certaines formations. Ils ont pointé la responsabilité des équipes sans s'interroger sur le fonctionnement de la plateforme, notamment sur la pratique du surbooking, ou leur responsabilité de n'avoir pas détecté de telles anomalies. Des dizaines de milliers de candidats, au moins 7 % au total, ont vu leurs propositions d'affectation post-bac réinitialisées. Le gouvernement n'a jamais fait un bilan sincère de ce dysfonctionnement.

Les ministères brouillent les pistes

Toute comparaison avec l'année dernière est rendue extrêmement difficile car le gouvernement a non seulement tardé à publier le tableau de bord de la plateforme mais a modifié les bases de calcul des données. Au 19 juillet, date de la fin de la session principale, le nombre de candidats ayant reçu au moins une proposition mais ne l'ayant pas encore définitivement acceptée n'était pas connu. Cela peut pourtant constituer un critère d'évaluation du taux de satisfaction. L'an dernier, ils étaient 148 787, en y ajoutant les 68 510 candidats sans proposition, on pouvait dire que 26,75 % des candidats n'avaient pas trouvé leur formation. Aujourd'hui, encore plus qu'hier, le ministère fait le choix de l'opacité.

Claire Guéville

Bac Blanquer : improvisation coupable

mer, 16/10/2019 - 09:00

Le bac devient un monstre bureaucratique à mesure que les arrêtés, les circulaires et autres notes de service s'amoncellent. Avec des épreuves communes de contrôle continu (E3C) non organisées et des projets d'épreuves de Terminale au cadrage souvent incohérent, quel avenir pour le diplôme national ?

Avec des épreuves communes de contrôle continu (E3C) non organisées et des projets d'épreuves de Terminale au cadrage souvent incohérent, quel avenir pour le diplôme national ? Le ministère a beau convier les organisations syndicales pour discuter du cadrage des épreuves, il ne réunit jamais les conditions nécessaires au débat et empêche toute consultation en amont des collègues en ne communiquant les documents de travail qu'au dernier moment.

La main au local ?

Le ministère s'est enfermé dans une organisation complexe des E3C, coincé entre la nécessité de cadrage et la volonté de laisser la main à l'organisation locale. La mise en œuvre des E3C apparaît désormais comme bien aléatoire. Banques nationales de sujets toujours vides aux dires mêmes du ministère, organisation de la passation sur le temps ordinaire des cours, commissions académiques d'harmonisation sans calendrier connu, copies corrigées qu'il faut rendre aux élèves tout en les conservant trois ans, modalités indéterminées de la dématérialisation des corrections, toutes ces incertitudes plombent l'ensemble du système d'évaluation.

Incertitudes pour les épreuves de Terminale

Résultat des discussions entre les services du ministère et les inspections générales, les projets de note de service souffrent de la précipitation et des incohérences de la réforme du bac elle-même. Avancées en mars, les épreuves de spécialité ne concerneraient qu'une partie des programmes, sans que l'on sache si ce programme limitatif comporterait une liste de chapitres ou de thèmes, ou bien nécessiterait une adaptation des programmes spiralaires. Aucun programme limitatif ne semble cependant envisagé pour certaines disciplines comme les LLCER (langues, littérature, cultures étrangères et régionales). Des interrogations demeurent également sur les épreuves « d'oral de contrôle » : pour certains enseignements pluridisciplinaires il n'y aurait qu'un examinateur... Encore aujourd'hui, l'épreuve du Grand oral constitue l'angle mort du nouveau baccalauréat car nul ne sait comment ses modalités peuvent s'articuler avec les oraux ou les épreuves pratiques de spécialités qui auront lieu trois mois avant. Alors que la session 2021 commence dès le deuxième trimestre, les personnels et les élèves sont placés devant une équation à plusieurs inconnues.

Sandrine Charrier, Claire Guéville

LE POINT DE VUE DU SNES-FSU

Tout montre que la première session d'E3C s'annonce catastrophique mais le ministère continue de nier l'évidence, emmenant droit dans le mur toute une cohorte d'élèves et leurs professeurs, en accélérant à mesure que l'échéance se rapproche.
Le SNES-FSU continue d'impulser, de relayer et de fédérer les luttes contre les réformes Blanquer. Dans l'immédiat, il exige :
• la suppression de la première session de ces épreuves communes (E3C), et la transformation de toutes les épreuves de baccalauréat du 3e trimestre de Première en épreuves nationales ;
• l'abandon de la prise en compte du contrôle continu au baccalauréat et le retour à des épreuves nationales terminales ;
• l'application du décret sur les indemnités d'examen pour l'ensemble des épreuves du DNB et du bacca­lauréat.
Le bac Blanquer est construit selon la logique du « Teach to test », selon laquelle on enseigne dans le seul but d'avoir des bons résultats à des évaluations standardisées. Une telle logique conduit à une perte de sens de l'enseignement, à la fois pour les professionnels et les élèves, tous se trouvant alors pris au piège d'une course contre la montre pour se conforter aux impératifs de l'évaluation au détriment du temps nécessaire à la maîtrise des enseignements. Le SNES-FSU refuse cette logique et réclame une organisation des épreuves qui laisse le temps aux élèves et aux professeurs de construire leurs savoirs et leurs enseignements.

Etat des lieux

lun, 14/10/2019 - 17:30

Enseignées dès le CP puis dans le secondaire, les langues vivantes étrangères et régionales ont des programmes nationaux qui ont intégré le CECRL.

Depuis plusieurs années, les enseignant·e·s de LVER se voient contraint·e·s de mettre en place de nombreux dispositifs discutables (cf. groupes de compétences, îlots bonifiés...) et des réformes contestables, qui créent des inégalités de traitement des élèves sur le territoire.

La réforme Blanquer qui transforme le lycée de façon catastrophique affecte évidemment les LVER et ses effets seront désastreux.
Les LVER sont intégrées dans le tronc commun et leur évaluation, qui est déjà une tâche extrêmement lourde pour les collègues, sera désormais à mettre en place trois fois.
La LVC/LVR devient quantité négligeable et est en grand danger.
Quant aux programmes, ils sont impossibles à mettre en oeuvre dans les conditions qui seront les nôtres.
La création de la spécialité LLCE ne fait que renforcer ce sentiment de tâche impossible à accomplir !
Cette réforme n'a pas été pensée pour améliorer le bien être et les conditions d'apprentissage de nos élèves.

Liens vers quelques articles récents :
Les LVER au lycée Blanquer : textes et analyses
Conseil d'enseignement de LVER : les questions incontournables sur la réforme

Soumis à des effectifs pléthoriques, les enseignant·e·s de LVER revendiquent :
minimum 3h hebdomadaires par classe à effectif réduit ;
une politique réelle et ambitieuse de diversification des langues (sans oublier les langues régionales) ;
une véritable formation initiale et continue des enseignants ;
des épreuves terminales nationales à valeur européenne (afin d'en finir avec les certifications des officines semi-privées), notamment au Baccalauréat ;
le développement de l'exposition linguistique des élèves (films en V.O sur le service public, par exemple).
Ces mesures ont un coût mais il est illusoire de vouloir obtenir de réelles avancées dans les apprentissages dans les conditions actuelles d'enseignement.

Les stages académiques LVER qui ont eu lieu en 2018-2019 :
Montpellier : 13 novembre 2018
Lille : 27 novembre 2018
Limoges : 18 décembre 2018
Bordeaux : 17 janvier 2018
Dijon : 24 janvier 2019
Reims : 31 janvier 2019
Clermont-Ferrand : 7 février 2019
Strasbourg : 28 février 2019
Nice : 7 mars 2019
Besançon : le 21 mars 2019
Aix-Marseille : le 2 avril 2019
Lyon : 14 mai 2019

Pour écrire au groupe LVER national (G. Thai, E. Lame) :
lver@snes.edu

La plateforme Cap Ecole Inclusive

lun, 14/10/2019 - 11:47

Plateforme "d'accompagnements, de ressources pédagogiques et d'appui à la formation" à destination des enseignants et des AESH, Cap Ecole Inclusive est opérationnelle depuis la fin du mois d'août 2019.

Cap école inclusive est accessible sur le réseau canope après création d'un compte personnel (l'adresse électronique académique et l'établissement d'exercice sont demandés) :
https://www.reseau-canope.fr/cap-ecole-inclusive.html

Cette plateforme fait partie des réponses apportées par l'institution, avec les PIALs et le guide Qualinclus, à la demande faite par les personnels (professeur(e)s et AESH) en matière d'appui pédagogique concernant les difficultés liées à l'inclusion des élèves en situation de handicap. Les PIALS ne sont qu'un outil de gestion, Qualinclus frappe par son indigence. Cap Ecole Inclusive fait-elle mieux ?

La plateforme propose 4 entrées : 1) observer ; 2) adapter et aménager ; 3) s'informer ; 4) trouver de l'aide.

Promesse avait été faite de pouvoir trouver en 3 clics des ressources adaptées à des situations pédagogiques problématiques en rapport avec l'inclusion. Cette promesse n'est pas tenue. La prise en main de la plateforme est plutôt longue et fastidieuse. Il faut d'abord élaborer une grille d'observation avant de se voir soumettre une série de questions qui orienteront enseignants ou AESH vers des contenus adaptés. Cet exercice suppose une phase de tâtonnement relativement chronophage, d'autant plus qu'il doit être renouvelé pour chaque élève.

Les contenus, bien que de qualité variable, sont souvent intéressants et permettent d'enrichir ses pratiques. Mais ils ne constituent pas des solutions toutes faites applicables immédiatement dans la classe. La rubrique "S'informer" apporte des informations essentielles mais elle engage les enseignants dans un processus d'autoformation long. Beaucoup d'outils sont mis à disposition, mais il faut prendre le temps de naviguer sur la plateforme pour trouver tous les éléments de réponse, qui s'arrêteront souvent à une simple propédeutique, le lecteur étant finalement renvoyé pour les analyses et les explications détaillées à un catalogue (les ouvrages ne sont pas en libre accès, Canope reste une librairie).

Les contenus étant référencés selon certains types de handicap mais aussi selon les types de besoins, ils sont pertinents aussi bien pour les élèves en situation de handicap que pour les élèves porteurs de troubles des apprentissages. Mais encore une fois, certaines catégories d'élèves à besoins éducatifs particuliers sont oubliées : aucune ressource ne concerne les élèves allophones par exemple.

La quatrième entrée, "Trouver de l'aide", est de loin la plus intéressante. Selon votre lieu d'exercice, une liste de personnes ressources vous est proposée, avec toutes les coordonnées nécessaires pour les contacter. Cette liste est fournie, laissant paraître qu'un maillage territorial satisfaisant a été anticipé.

Notre avis :

Cap Ecole Inclusive constitue un outil intéressant, une base de données accessible aux personnels. Néanmoins, elle entérine des paradigmes auxquels le SNES-FSU ne peut souscrire : 1) l'autoformation ; 2) la déresponsabilisation de l'institution qui reporte son devoir de formation sur des échanges "de pairs à pairs" ; 3) la recherche du moindre coût.
La plateforme ne peut en aucun cas se substituer à une offre de formation fournie et de qualité sur les pratiques liées à l'inclusion. Son ergonomie mérite d'être améliorée et son utilisation complétée par des formations en présentiel pour être pleinement efficace.

Intra-académique 2019 : les barres du mouvement

jeu, 10/10/2019 - 16:01

Les barres des mouvements intra-académiques correspondent aux constats effectués à l'issue des commissions paritaires (CAPA et FPMA) de l'intra 2019. Elles ne préjugent en rien de ce qui adviendra au mouvement 2020, elles n'ont aucune valeur prédictive mais seulement indicative.

N.B. : Pour accéder sans encombre à ces barres, il est vivement conseillé d'user du navigateur Mozilla Firefox au lieu et place de tout autre (Microsoft Internet Explorer, Google Chrome, Safari, Opera, etc.)

Intra-académique 2019 : les barres du mouvement

jeu, 10/10/2019 - 16:01

Les barres des mouvements intra-académiques correspondent aux constats effectués à l'issue des commissions paritaires (CAPA et FPMA) de l'intra 2019. Elles ne préjugent en rien de ce qui adviendra au mouvement 2020, elles n'ont aucune valeur prédictive mais seulement indicative.

N.B. : Pour accéder sans encombre à ces barres, il est vivement conseillé d'user du navigateur Mozilla Firefox au lieu et place de tout autre (Microsoft Internet Explorer, Google Chrome, Safari, Opera, etc.)

Sécurité : mort pour avoir fait la fête

mer, 09/10/2019 - 14:50

Depuis la disparition de Steve Maia Caniço, les autorités n'ont cessé de chercher à minimiser leurs responsabilités, quand elles n'ont pas tout simplement nié l'évidence. Il ne fait aujourd'hui aucun doute que la mort de Steve est la conséquence de l'usage disproportionné de la force par la police, après la charge contre un groupe de jeunes qui célébraient la fête de la musique au bord de la Loire.

Responsabilité politique
L'annonce par le ministre de l'Intérieur de la « mutation », sans sanction disciplinaire, du commissaire chef des opérations semble avoir essentiellement pour but de dédouaner la chaîne de commandement et de dépolitiser une affaire qui est exemplaire de la façon dont l'orientation sécuritaire du gouvernement est comprise « à la base ». Il y a deux ans, en effet, dans des circonstances similaires, au même endroit, la police avait décidé de ne pas aller à l'affrontement.
La justice, c'est d'abord que toute la lumière soit faite sur la mort de Steve, et que les responsables soient poursuivis et condamnés. C'est aussi que le gouvernement reconnaisse sa responsabilité politique et en tire toutes les conséquences, modifie radicalement sa façon de traiter le maintien de l'ordre, au lieu de faire sauter des fusibles et d'ouvrir des parapluies.
Cela implique aussi que soit mise en débat la création d'une autorité indépendante chargée d'enquêter sur les suspicions de violence policière, l'IGPN ayant, par ses conclusions ridicules sur cette affaire, montré une fois de plus son inefficacité, voire sa partialité.

Hervé Le Fiblec

Retraites : combattre un projet dangereux

mar, 08/10/2019 - 20:58

Le rapport Delevoye publié pendant l'été 2019 trace les contours de la réforme des retraites annoncée par Emmanuel Macron. Il confirme la volonté d'instaurer un régime de retraites par points. Ce système rompt avec les principes de solidarité, aggrave les inégalités (notamment entre les femmes et les hommes), et laisse le montant des pensions incertain puisque la valeur du point dépendra de la conjoncture économique. Le gouvernement refuse de consacrer davantage de richesses au financement des retraites, alors même que les ressources existent comment le montrent les choix budgétaires qu'il fait (flat tax, ISF etc)
De très nombreux salariés seront perdants, les enseignants étant particulièrement visés, avec une baisse du montant qui va de 274 à 952 euros par mois.

Le SNES amplifie sa campagne d'information et de mobilisation contre ce projet de réforme.

Ci-dessous, le matériel pour organiser les discussions dans votre établissement (heures d'information syndicale, réunions etc) :
A lire analyse détaillée et estimations du SNES-FSU de perte de pensions pour les enseignants
Article du SNES à lire et télécharger Questions/réponses les affirmations du gouvernement décryptées par le SNES, ne pas se laisser piéger par les intox du pouvoir
Article du SNES à lire et télécharger La retraite par point, c'est de la retraite en moins
tract de la FSU
Publication spéciale de la FSU : 24 pages pour comprendre les enjeux de la réforme

Hongrie

mar, 08/10/2019 - 16:02

Le PSZ-SEH, syndicat hongrois de l'éducation avec lequel le SNES-FSU a mis en place une relation de coopération, va organiser une manifestation durant l'automne 2019. Il envisage également d'appeler à une action de grève au mois de janvier au cas où le gouvernement ne respecterait pas ses promesses d'ici le 22 novembre. Cette décision a été adoptée fin septembre 2019 par le Congrès du PSZ-SEH. Le Congrès a adopté aussi la création d'un fond d'action de 100 million HUF, ce qui prouve la gravité de la situation.

Le PSZ-SEH est obligé d'exercer la pression par des actions plus fortes, car ses négociations pendant un an avec le gouvernement, concernant l'augmentation des salaires (y compris le salaire des personnels non enseignants), la diminution du nombre d'heures de cours (22 heures et non 26), n'ont pas abouti. Le gouvernement n'a répondu à aucune des revendications en objectant qu'il serait nécessaire de faire une évaluation exhaustive du système d'enseignement et a proposé une nouvelle loi sur le statut des enseignants.

Durant tout l'été, le PSZ-SEH a essayé de sensibiliser l'opinion publique sur la situation de l'enseignement dans le pays. Le Comité Jeunes a organisé une campagne sur les réseaux sociaux dont Facebook : des enseignants, des éducateurs des enfants aux besoins spéciaux, des enseignants de maternelle se sont engagés à poser tout en montrant une photo avec le montant de leur salaire mensuel.

Fin août, le PSZ-SEH a organisé une « flashmob » symbolique devant l'une des gares de Budapest, avec des parapluies noirs, pour rappeler la manifestation de 2016 sous la pluie, devant le Parlement. Par ailleurs, il a fait remplir un questionnaire à la profession enseignante, afin de prouver que le temps de travail est en moyenne de 68 heures par semaine, au lieu des 40 heures légales, alors que le niveau de salaire reste inférieur de 38% par rapport à la rémunération des autres salariés diplômés.

Renouveau syndical : un des grands défis du syndicalisme d'aujourd'hui

mar, 08/10/2019 - 11:33

La période est particulièrement difficile pour la génération de professionnels de l'éducation qui accède actuellement à la profession : les politiques d'austérité, les dégradations des conditions de travail, la faiblesse des salaires et les attaques multiples que subit le système public d'éducation rendent l'entrée dans le métier à la fois morose et éprouvante. Bien souvent, les jeunes collègues se retrouvent isolé.e.s, surchargés de travail et sans perspectives d'évolution dans la carrière. Leur mobilisation et engagement syndical est ainsi empêché par le rythme effréné du début de carrière dans lequel ces nouveaux collègues ont bien du mal à garder la tête hors de l'eau.

Il est donc impératif pour les syndicats de mieux cerner ces enjeux et d'y proposer une réponse collective : réaffirmer le statut, la valeur et l'attractivité des professions de l'éducation auprès des jeunes est un des défis majeurs du syndicalisme du 21ème siècle.

L'internationale de l'Éducation a d'ailleurs fait du renouveau syndical un des grands thèmes de son 8e congrès mondial qui s'est tenu l'été dernier à Bangkok. L'organisation appelle en effet, partout dans le monde, les gouvernements à faire de l'enseignement une profession de premier choix pour les jeunes et encourage les organisations syndicales à travailler sur le renouvellement des forces militantes en favorisant l'engagement de jeunes collègues, notamment au travers de campagnes de communication spécifiques et d'une meilleure représentativité des jeunes militant.e.s dans les instances.

L'IE a d'ailleurs lancé une étude auprès des organisations syndicales consultable :ici

Le SNES-FSU est engagé depuis longtemps aux côtés des collègues entrants dans le métier et les conseille durant toutes les étapes de leur formation. Il travaille aussi au renouvellement de forces militantes grâce à la force de travail de ses militant.e.s qui assurent de nombreux stages syndicaux et qui encouragent, au quotidien sur le terrain, les jeunes collègues à se saisir de l'actualité de leur métier. Mais le renouvellement syndical ne touche pas seulement la questions des jeunes collègues : il s'agit d'une problématique globale d'accueil et de formation des nouveaux militant.e.s à laquelle le SNES-FSU continue de prêter une attention particulière.

AED prépro : assistants, pas surveillants !

mar, 08/10/2019 - 08:27

Le décret permettant de recruter des AED en contrat de préprofessionnalisation à la rentrée 2019 a été publié le 25 septembre. Ce texte a subi plusieurs modifications importantes depuis son examen en Comité technique ministériel qui le rendent notamment plus flou pour ce qui concerne les fonctions de ces AED. À cette rentrée, ce sont 1 500 étudiants qui doivent être recrutés en L2 (dont 800 dans le second degré) en mathématiques, lettres, anglais et allemand – et ce, dans 17 académies. Le volume de recrutement doit être porté à 3 000 les années suivantes. Le dispositif est financé, pour cette année par la mise en extinction des EAP, mais rien n'est budgeté pour la suite. Il ne serait pas acceptable que les moyens en AED pour les vies scolaires soient mis à contribution !
Ces AED sont recrutés par les établissements après une sélection organisée par le rectorat en partenariat avec les universités concernées. Ils ne doivent en aucun cas être des moyens de surveillance. La priorité à leurs études doit être impérativement respectée et leurs emplois du temps doivent être établis en lien avec l'université.
Le SNES-FSU s'est battu pour limiter l'étendue des missions qui peuvent leur être confiées. Celles-ci doivent être de nature pédagogique et permettre une entrée progressive dans la carrière de professeur avec un accompagnement et une prise de responsabilité adaptée : observation en classe et participation à des dispositifs tels que Devoirs faits en première année, ce à quoi s'ajoute de la co-intervention avec le professeur-tuteur en deuxième année, puis prise en charge d'une classe en responsabilité avec appui du professeur-tuteur en troisième année (M1). Le temps de présence hebdomadaire en établissement est de 8 heures par semaine.
Le SNES-FSU a dénoncé la mise en responsabilité en M1 qui fait écho à ce qui se profile en matière de recrutement et de formation et que nous condamnons : un concours plus professionnalisé placé en M2, aucune diminution de la durée de service des stagiaires, et une priorité donnée au terrain comme lieu de formation.
Emmanuel Séchet, article paru dans L'US Mag 790 du 5 octobre 2019