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Le SNES est le syndicat le plus représentatif du second degré. Il rassemble 62 000 syndiqués parmi les certifiés, les agrégés, les CPE, les CO psy, les surveillants, les personnels d'Éducation et les non titulaires. Aux élections professionnelles il recueille dans ces catégories plus de 50% des voix. Incontournable dans les lycées et collèges, le SNES porte donc, vis à vis de la profession, une responsabilité particulière qu'il entend assumer en s'appuyant sur des atouts qui lui sont propres.
Mis à jour : il y a 43 min 53 sec

Bis repetita : le ministre Blanquer s'adresse aux enseignants et "oublie" les CPE

ven, 06/12/2019 - 00:01

Une nouvelle fois, la communication ministérielle zappe les CPE. Aucun-e n'a reçu dans sa boîte professionnelle le dernier courrier envoyé aux enseignants qui tente de présenter le projet de réforme des retraites comme un progrès pour les fonctionnaires. Les CPE ne seraient-ils déjà plus des fonctionnaires aux yeux du ministre ?

Pourtant celui-ci nous a montré qu'il savait nous trouver en cas de besoin. Gageons qu'à l'occasion de futurs mouvements lycéens, un courrier ne manquera pas de partir en direction de la profession comme nous l'avions déjà dénoncé il y a un an, pratiquement jour pour jour.
Réponses de CPE au mail de M. Blanquer en date du 6 decembre 2018.
Le courrier du ministre reprend platement la communication gouvernementale matraquée depuis des mois : prise en compte de toutes leurs rémunérations, pour compenser la baisse programmée par la réforme du montant de toutes les pensions enseignantes. Blanquer n'est pourtant pas sans savoir que la part des primes et indemnités représente en moyenne pour les enseignants 10,8 % de leurs rémunérations et seulement 4 % pour les CPE. Leur intégration dans le calcul des pensions sera dès lors très insuffisant pour maintenir les montants actuels.

La revalorisation Blanquer : un marché de dupes

Le ministre nous promet "une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique " .
Hélas pour cet exercice de communication écrite, le président (à Rodez le 3 octobre), comme le ministre (à chaque interview) conditionnent clairement la revalorisation financière des enseignants à l'augmentation du temps de travail et à la redéfinition des métiers ! Alors que se multiplient déjà les injonctions managériales et les mensonges grossiers sur leur temps de travail, les CPE ne peuvent y voir qu'une raison supplémentaire de se mobiliser contre ce marché de dupes.
La réalité de la politique de ce gouvernement est toute autre sur nos feuilles de paye : gel de la valeur du point d'indice, report d'un an des mesures de revalorisation du PPCR, rétablissement du jour de carence, augmentation du taux de la CSG sans compensation intégrale, nouvelle augmentation de la retenue pour pension... Comme l'ensemble des enseignants, les CPE n'atteignent toujours pas 2000 € net après dix ans d'ancienneté. Nos jeunes collègues relèvent aujourd'hui d'une politique de lutte contre la pauvreté en devenant éligibles à la prime d'activité en début de carrière. C'est dire le déclassement de nos professions recrutées à Bac+5.

En finir avec une communication méprisante

Le courrier ministériel envoyé à la veille de la journée de mobilisation du 5 décembre n'est rien d'autre qu'un énième coup de com s'accompagnant de tout le mépris dont Blanquer est coutumier : « Certains sont en grève parce qu'ils ne comprennent pas tout » (interview RTL du 02 décembre 2019). La formidable mobilisation du 5 décembre devrait le rassurer sur ce point : la profession a très bien compris les tenants et aboutissants des politiques de casse à l'œuvre depuis 2017. Cette bataille va se poursuivre de diverses manières dès la semaine prochaine pour faire reculer le gouvernement. Outre la nécessité de n'oublier personne quand il écrit, elle devrait aussi inciter ce ministre à davantage d'humilité et à ouvrir enfin de vraies discussions sur nos salaires. C'est le moment d'augmenter la pression tous ensemble !

Physique-chimie au collège : modifications de programmes à venir ?

jeu, 05/12/2019 - 11:44

Le 20 juin dernier, le ministre de l'Éducation nationale a saisi le Conseil supérieur des programmes (CSP) afin de renforcer « les éléments ayant trait au changement climatique, au développement durable et à la biodiversité dans les programmes d'enseignement de l'école et du collège ».
Le 4 décembre 2019, le CSP a remis ses propositions au ministre.

Quel programme de sciences-physiques à ce jour ?

Ce qui caractérisait les derniers programmes de collège de sciences-physiques était le flou de leurs attendus et une liberté de choix dans les exemples de transformations chimiques à traiter par exemple.

Les combustions étudiées dans le programme précédent n'étaient plus expressément citées. Les auteurs de manuels scolaires ont fait œuvre d'imagination pour proposer d'autres transformations chimiques, dépouillant leurs livres de bien des aspects documentaires sur les combustions. Les collègues ont pour certains fait usage de leur liberté pédagogique mais ont constaté que les auteurs de sujet de DNB estimaient que les combustions et les gaz à effet de serre faisaient encore implicitement partie du programme.

En outre, en 2018, le CSP s'était auto-saisi et avait formulé des précisions pour les programmes de collège en physique-chimie. Les combustions y faisaient leur grand retour. Cependant, comme le CSP ne répondait pas à une commande ministérielle (contrairement aux programmes de français et de mathématiques), ces propositions sont restées lettres mortes et n'ont jamais été présentées au Conseil supérieur de l'éducation (CSE).

Le programme officiel de physique-chimie reste donc celui de la réforme du collège. Il restait intéressant de l'éclairer de certaines proposition du CSP pour le mettre en œuvre mais sans obligation.

Les nouvelles propositions du CSP :

En toute logique, le CSP est reparti de ses propositions de 2018 en ce qui concerne les sciences-physiques. Le thème des combustions lui semble incontournable afin d'aborder les notions de gaz à effet de serre et de transferts énergétiques.

L'acidification des océans par le dioxyde de carbone viendrait illustrer la notion de pH. Si l'illustration est passionnante, le couple acido-basique dioxyde de carbone/ion hydrogénocarbonate n'est pas le plus simple à manier. Les enseignants lui préfèrent en général des acides forts en collège.

Tout l'intérêt de ces sujets est de créer des débats et de montrer la différence entre une opinion et un fait scientifiques prouvés. Le bilan radiatif de la planète n'était pas forcément étudié et tout comme l'effet de serre, le réchauffement climatique et les bilans carbone, tout cela demande de passer du temps sur ces sujets. Les propositions du CSP sont intéressantes mais les programmes sont actuellement trop denses et tout ajout devrait être accompagné de la suppression d'autres notions afin de l'équilibrer.

5 décembre 2019 : une grève historique

jeu, 05/12/2019 - 10:55

75% des personnels d'enseignement, d'éducation et d'orientation, AESH, sont en grève aujourd'hui. Même s'il reste fidèle à la manipulation habituelle des chiffres, le ministère de l'éducation nationale est obligé d'annoncer une grève majoritaire dans le second degré. Ce niveau de mobilisation est historique. Il illustre la colère et la détermination des personnels.

Colère devant un projet qui organise une baisse systématique des pensions pour toutes et tous.

Colère devant les propos du ministre de l'éducation qui promet des revalorisations : comment y croire quand le Président de la République a lui même écarté cette possibilité à Rodez ?

Colère devant les perspectives avancées par le Ministre qui conditionne toute revalorisation des salaires à un alourdissement de la charge de travail et un allongement de la carrière.

Colère devant le mépris d'un ministre qui affirme que les personnels ne comprennent pas tout et ne répond à aucune de leurs revendications depuis son arrivée rue de Grenelle.

Le projet de réforme des retraites du gouvernement, fondé sur l'individualisation, met fin à toutes les solidarités et ne donnerait plus aucune visibilité sur le montant des pensions. La mobilisation des personnels du second degré est donc aussi celle de la défense d'un modèle social avec le droit à une retraite digne pour toutes et tous, ce qui implique un autre partage des richesses.

Le SNES-FSU apporte dès maintenant son soutien aux reconductions qui auront été décidées collectivement, appelle à tenir des assemblées générales et heures d'informations syndiales dès le 6 décembre afin de débattre des suites du mouvement. D'ores et déjà, le SNES-FSU appelle à un nouveau temps fort national de grève le 10 décembre.

Indemnités de corrections, le rabais à géométrie variable

mer, 04/12/2019 - 22:20

Le ministère vient d'annoncer pour les correcteurs le déblocage de 50 euros par groupe d'épreuve commune de contrôle continu. Les modalités de la rémunération sont à l'image de tout le reste, un montage dont l'approximation fleure l'arnaque. Plutôt que d'appliquer les textes existants , le ministère préfère une indemnité au rabais tout en laissant aux chefs d'établissement le soin de déterminer son montant réel, par le jeu subtil et contraint du brassage des copies et de la constitution des paquets à corriger.

C'est un forfait sur la base de la correction d'un paquet de copie d'un "groupe d'épreuve". Il en découle un certain nombre de subtilités , en particulier quand il s'agit de définir la notion de "groupe d'épreuve".

Un forfait par "groupe d'épreuve"
On pourrait croire que le "groupe d'épreuve" correspond à une division, soit 35 élèves. Et bien, ce n'est pas forcément le cas. C'est possible mais pas obligatoire.
Le chef d'établissement aura la responsabilité de composer les groupes et donc aura la main sur le nombre de paquets et d'élèves par groupe. Si les groupes rassemblent 45 copies pour les uns et 30 copies pour d'autres, la rémunération ne changera pas. La copie pourra donc valoir un peu plus d'un euros pour les uns et presque deux euros pour d'autres.

Et la multiplicité des sujets ?
Par ailleurs, le protocole du brassage des copies ne distingue pas les sujets différents. Un enseignant peut être confronté à la correction de plusieurs sujets différents, même sur un petit nombre de copies. Le travail supplémentaire occasionné par la multiplicité des sujets n'est alors absolument pas pris en compte. Cela risque d'être un problème particulièrement sensible pour les épreuves de langues à faible diffusion et certaines spécialités abandonnées.
La question de l'enseignement scientifique n'est pas résolu car, en l'état, il n'est pas acceptable qu'un seul enseignant corrige une épreuve dont les composantes relève de plusieurs disciplines.

Qui corrige ?
Si les enseignants de Première seront obligatoirement convoqués, les autres ne sont pas exclus. Les proviseurs constituent les groupes en fonction du nombre de correcteurs ou bien, s'il y a plus de groupes que de profs, peuvent attribuer deux paquets aux enseignants de préférence (mais pas forcément) volontaires.
S'il y a problème de configuration du groupe, notamment pour respecter le principe d'anonymat des candidats, le proviseur pourra saisir le Recteur , qui nommera alors un correcteur supplémentaire.

Est-ce bien raisonnable ?
On ne saurait se satisfaire d'un tel système qui réussit à décliner l'inégalité de traitement jusque dans le détail de l'indemnité de correction.
Il n'est pas acceptable de voir ignorer les contraintes liées au travail de concertation que l'organisation locale de l'examen rend nécessaire. Il serait donc urgent de voir accorder à tous des décharges de cours pour les concertations et les corrections.
Le SNES-FSU revendique pour toutes les épreuves d'examen une indemnité revalorisée sur la base de la circulaire dont on retrouvera le détail dans l'article suivant :
Toutes les épreuves de bac doivent être indemnisées

Plus généralement, compte tenu du niveau inédit d'impréparation et du degré inégalé d'improvisation, le SNES-FSU continue de demander l'annulation de la première session d'épreuves communes de contrôle continu et la transformation de la seconde sessions en épreuves nationales.

Féminicides : pour un vrai plan d'urgence

mer, 04/12/2019 - 16:34

Quelques millions d'euros n'y suffiront pas. C'est le regard de la société sur les auteurs et leurs victimes qui doit changer radicalement pour qu'enfin, des femmes et des enfants cessent de mourir.
Pour prévenir les violences faites aux femmes, il faut se donner les moyens de les détecter. Il faut former systématiquement des professionnels de santé, de la petite enfance, du travail social, de la justice, de la police et la gendarmerie, en milieu scolaire et universitaire.
Elles et ils sont souvent les premières interlocutrices et interlocuteurs des victimes et de leur famille. Il faut doter les services publics d'outils efficaces de prévention et de détection et mettre au plus vite les victimes et leurs enfants à l'abri, tout en finançant des campagnes ambitieuses de prévention et d'information.

Prévenir les violences
Le lieu de travail doit aussi permettre la libération de la parole des femmes victimes dans le cadre professionnel comme dans le cadre conjugal. Les administrations et les entreprises qui n'appliquent pas l'obligation de prévention des violences sexistes et sexuelles au travail doivent être sanctionnées.
Le SNES y veille avec la FSU dans la Fonction publique.
Il faut ouvrir assez de places d'hébergement en centres spécifiques sur l'ensemble du territoire, prenant en charge les traumatismes physiques et psychologiques. Tout comme il faut démultiplier les ordonnances de protection contre les auteurs, en rendant leur proposition systématique lors d'une main courante ou d'une plainte.
Enfin, il faut libérer la parole à l'École et lever le tabou des violences sexuelles intrafamiliales et entre pairs, pour faire qu'enfin, la honte change de camp.
Le SNES-FSU manifestera le 23 novembre partout en France contre les violences faites aux femmes. Venez-y nombreuses et nombreux !

Aurélia Sarrasin

Immigration : Vers une politique anti-immigrés

mer, 04/12/2019 - 16:27

Lancée à la fin de l'été par le président de la République, poursuivie début octobre par un débat parlementaire à froid, et conclue par la publication d'un entretien du chef de l'État dans Valeurs actuelles, l'offensive du pouvoir contre les immigrés s'est concrétisée par l'annonce d'une série de mesures, présentées comme équilibrées.
Celles-ci, pourtant, accréditent les idées de ­l'extrême droite.
Il en est ainsi de celles relatives à la santé. Profitant des légitimes inquiétudes suscitées par la dégradation des services publics, dont témoignent les mobilisations des services d'urgence, le gouvernement entonne l'air du « tourisme sanitaire » en établissant un délai de carence de trois mois pendant lesquels les demandeurs d'asile n'auront plus droit à la protection maladie universelle, ni les migrants à l'aide médicale d'État, et en créant l'obligation d'accord préalable de la Sécu pour les actes « non urgents » (ce qui peut englober une grande partie des soins).

Logique de quotas
De même, les contrôles seront « durcis » à la fois sur l'accès à la protection sociale et sur les versements de certaines prestations, notamment l'aide aux demandeurs d'asile. Mais derrière cette offensive contre les 110 000 demandeurs d'asiles, on trouve une transformation radicale de la logique de l'immigration dite « économique » avec la mise en place de quotas, rebaptisés « objectifs chiffrés », selon les « besoins des entreprises ».
En expliquant que la logique de cette mesure était de « permettre aux Français de trouver du travail », la ministre du travail a explicité la reprise du vieux slogan du Front national faisant de l'immigration la cause première du chômage.
Inutile de dire que le pendant « humanitaire » à ces mesures, à savoir la promesse – une de plus – d'accélération des procédures d'examen des demandes d'asile, ne pèse pas grand-chose, surtout que plus d'un tiers d'entre elles relève de la réglementation dite de « Dublin », c'est-à-dire séjournant en France mais demandant l'asile dans un autre pays européen. Si l'accélération de cette procédure aboutit a plus de rejet, on ne voit pas bien où se situe l'amélioration.
Une fois de plus, les plus démunis feront les frais de l'incapacité à répondre à l'urgence sociale d'un gouvernement qui ne sait que dresser les victimes de sa politique économique les uns contre les autres.

Hervé Le Fiblec

Sans papiers : droit à la scolarisation

mer, 04/12/2019 - 16:21

À Dijon, la situation devient intenable pour de nombreux élèves sans papiers et leurs familles. Menacés d'expulsion, logés au 115 ou dans la rue alors qu'ils remplissent les conditions de régularisation, les enfants scolarisés ne peuvent pas suivre les cours dans des conditions acceptables. Des mineurs non accompagnés se voient refuser la scolarisation à laquelle ils ont droit. La rectrice doit faire respecter le droit à la scolarisation et la protection de l'enfance, en refusant de céder à la pression des collectivités territoriales. Elle doit surtout prendre la mesure du désarroi des équipes éducatives qui n'acceptent pas le gâchis que représente l'expulsion de jeunes en cours de formation dans le service public de l'Éducation nationale.

Logement : Effondrements

mer, 04/12/2019 - 16:18

Un an après la tragédie de la rue d'Aubagne à Marseille, le rapport du Haut Comité au Logement est accablant. Il révèle que « les effondrements […] résultent d'une continuité de dysfonctionnements […] des acteurs publics ». Il souligne notamment « l'absence de traitement de l'habitat indigne jusqu'à la gestion chaotique de la crise » avec pas moins de 1 400 signalements restés sans réponse.
Le rapport pointe clairement la responsabilité de la mairie et celle de l'État. La question clé est bien celle du logement social. La ville n'atteint pas le quota de 25 % des logements sociaux exigés par la loi SRU et construit peu de « logements très sociaux » alors que 74 % des demandeurs de logements sociaux disposent de revenus très bas. Un plan d'urgence est incontournable. C'est ce que réclame une mobilisation citoyenne très déterminée.

Violences policières : Létalité réduite ?

mer, 04/12/2019 - 16:14

Deux études témoignent des conséquences dramatiques des violences policières et notamment de l'utilisation des armes chimiques. Ainsi, un jeune biologiste de Nice met en lumière des doses importantes de cyanure dans le sang de manifestants exposés aux gaz lacrymogènes.

Une étude publiée par la revue médicale britannique The Lance vient de rendre publique une « enquête rétrospective » à tous les CHU de France sur l'ampleur des blessures oculaires lors des manifestations des Gilets jaunes : quarante cas recensés, parmi eux, neuf énucléés. Force est de constater le silence du gouvernement à ce sujet. Le bilan est pourtant édifiant et justifie pleinement l'interdiction de ces armes.

Immigration : vers une politique anti-immigrés

mer, 04/12/2019 - 16:11

Lancée à la fin de l'été par le président de la République, poursuivie début octobre par un débat parlementaire à froid, et conclue par la publication d'un entretien du chef de l'État dans Valeurs actuelles, l'offensive du pouvoir contre les immigrés s'est concrétisée par l'annonce d'une série de mesures, présentées comme équilibrées.
Celles-ci, pourtant, accréditent les idées de ­l'extrême droite.
Il en est ainsi de celles relatives à la santé. Profitant des légitimes inquiétudes suscitées par la dégradation des services publics, dont témoignent les mobilisations des services d'urgence, le gouvernement entonne l'air du « tourisme sanitaire » en établissant un délai de carence de trois mois pendant lesquels les demandeurs d'asile n'auront plus droit à la protection maladie universelle, ni les migrants à l'aide médicale d'État, et en créant l'obligation d'accord préalable de la Sécu pour les actes « non urgents » (ce qui peut englober une grande partie des soins).

Logique de quotas
De même, les contrôles seront « durcis » à la fois sur l'accès à la protection sociale et sur les versements de certaines prestations, notamment l'aide aux demandeurs d'asile. Mais derrière cette offensive contre les 110 000 demandeurs d'asiles, on trouve une transformation radicale de la logique de l'immigration dite « économique » avec la mise en place de quotas, rebaptisés « objectifs chiffrés », selon les « besoins des entreprises ». En expliquant que la logique de cette mesure était de « permettre aux Français de trouver du travail », la ministre du travail a explicité la reprise du vieux slogan du Front national faisant de l'immigration la cause première du chômage.
Inutile de dire que le pendant « humanitaire » à ces mesures, à savoir la promesse – une de plus – d'accélération des procédures d'examen des demandes d'asile, ne pèse pas grand-chose, surtout que plus d'un tiers d'entre elles relève de la réglementation dite de « Dublin », c'est-à-dire séjournant en France mais demandant l'asile dans un autre pays européen. Si l'accélération de cette procédure aboutit a plus de rejet, on ne voit pas bien où se situe l'amélioration.
Une fois de plus, les plus démunis feront les frais de l'incapacité à répondre à l'urgence sociale d'un gouvernement qui ne sait que dresser les victimes de sa politique économique les uns contre les autres.

Hervé Le Fiblec

Grève du 5 décembre

mar, 03/12/2019 - 14:50

La grève du 5 décembre est l'occasion de réviser quelques fondamentaux d'arithmétique : pour calculer de manière sincère les taux de grévistes dans les établissements du second degré, il convient de prendre le nombre de grévistes à une heure donnée et de le rapporter au nombre de personnels d'enseignement, d'éducation et d'orientation attendus à cette même heure.
Ce rappel s'impose alors que, ces dernières années, le Ministre de l'Education Nationale n'a cessé de communiquer des chiffres de grève qui sont le résultat de calculs bien peu sincères. En effet, le Ministère rapporte le nombre de personnels grévistes à l'ensemble des personnels d'un établissement, y compris ceux qui ne sont pas en service ce jour-là ! Une grossière erreur de calcul et de logique… sauf si l'objectif du Ministère est avant tout de sous-estimer les chiffres de grévistes afin de minorer l'ampleur des mobilisations.

« Ceux qui ne comprennent pas tout »

Le SNES-FSU, fort de son implantation dans la quasi-totalité des établissements du second degré, est en mesure de fournir des chiffres fiables sur l'état de la mobilisation. Ils seront communiqués jeudi matin, mais d'ores et déjà, les premiers chiffres remontés des nombreuses heures d'informations syndicales, AG et stages syndicaux montrent que la grève sera massivement suivie. Contrairement à ce que dit le Ministre, les personnels ne seront pas en grève parce qu' « ils ne comprennent pas tout ». Au contraire, ils seront nombreux en grève parce qu'ils ont bien compris que cette réforme va entraîner une perte de pension inacceptable.
Encore une histoire de calcul que le gouvernement ferait bien de ne pas sous-estimer.

Postes aux concours de l'enseignement

mar, 03/12/2019 - 09:08

Le nombre de postes ouverts aux concours de l'enseignement a été publié vendredi dernier au Journal officiel. Il est identique à celui de la session 2019 (l'augmentation n'est due qu'à la création du CAPES Numérique et Sciences de l'informatique), mais la répartition des ouvertures entre les disciplines change au détriment des mathématiques, des lettres, de certaines langues et de la documentation.
Cette stabilité fait suite à deux sessions marquées par des suppressions de l'ordre de 20 %.
Globalement les trois premières années du quinquennat sont caractérisées par une baisse très importante du nombre de postes ouverts aux concours (CAPES externes : -1825 postes soit -24,95% ; agrégation externe : -365 postes soit -19,01%). Les disciplines les plus touchées sont les Lettres Modernes et Classiques (-33 %), l'Allemand (-33%) et l'Espagnol (-36%).
Quant aux possibilités de titularisation pour les collègues contractuels, elles demeurent très insuffisantes, le nombre de postes aux concours internes restant à un faible niveau alors que le ministère pourrait (en utilisant les possibilités ouvertes par le statut) le doubler.

Quid des futurs enseignants ?

Cette publication fait suite à celle du nombre d'inscrits aux concours qui pour cette session est en forte baisse. L'affichage d'une diminution du nombre de postes ouverts constitue un mauvais signal pour les étudiants en début de formation tant on sait leur désaffection pour des filières dont les débouchés se réduisent. Si le ministère voulait pourvoir tous les postes, il faudrait attribuer aux étudiants des aides conséquentes pour qu'ils puissent préparer les concours dans de bonnes conditions et sortir de la précarité qu'ils dénoncent actuellement.
Augmenter le nombre de postes ouverts aux concours est une nécessité pour répondre à l'augmentation constante du nombre d'élèves et faire que les conditions d'enseignement ne se dégradent pas. Ceci implique d'attirer de nombreux étudiants vers les métiers de l'enseignement.

Postes aux concours 2020 : le Ministère ne revient pas sur les pertes des précédentes années, malgré l'augmentation du nombre d'élèves

lun, 02/12/2019 - 10:07

Le nombre de postes ouverts à chaque section des différents concours de recrutement du second degré pour la session 2020 a été publié le 29 novembre 2019 :
CAPES et CAPET externes, internes et troisièmes concours
Agrégations externes, externes spéciales et internes
Concours Psy-EN externe et interne
Concours CPE externe et interne

Le nombre global de postes est stable si on le compare à la session 2019, mais cette stabilité ne compense pas les pertes s'élevant à 20 % lors des deux dernières sessions. Il faut noter la création du CAPES Numérique et Sciences de l'informatique, par une diminution des postes aux concours en Mathématiques.

Depuis le début du quinquennat, on constate une baisse très importante pour les CAPES externes : -1825 postes soit -24,95% ; pour l'agrégation externe : -365 postes soit -19,01% ; pour un total cumulé de -4890 postes soit -26,93 % en prenant en compte la disparition des concours réservés. Le bilan comptable de ces trois premières années du quinquennat est très négatif.

Certaines disciplines sont particulièrement touchées depuis l'arrivée au ministère de M. Blanquer : c'est le cas des langues vivantes comme l'Allemand (-33%) et de l'Espagnol (-36%) ; les concours externes en Lettres Modernes et Classiques ont perdu 33 % de postes sur les trois dernières sessions. Le ministre ne fait pas le choix de réduire la précarité dans l'Éducation Nationale, le nombre de postes aux concours internes reste stable, à un niveau désespérément faible.

Cette publication fait suite à celle des inscrits aux concours, qui pour cette session sont en forte baisse. Il faudra donc que le Ministre attribue des aides conséquentes aux étudiants qui manifestent actuellement contre leur précarité pour qu'ils puissent se consacrer pleinement à leur concours, faute de quoi tous les postes risquent de n'être pas pourvus.

Attirer des étudiants vers les métiers de l'enseignement est une nécessité si l'on veut avoir des enseignants qualifiés face à des élèves toujours plus nombreux à la rentrée 2020. Augmenter les postes aux concours est une nécessité pour que les conditions d'enseignement ne se dégradent pas

5 décembre : une mobilisation qui s'annonce massive

dim, 01/12/2019 - 21:54
L'action sur le terrain

Les échos des établissements, les nombreuses heures d'informations syndicales animées par le SNES-FSU, les témoignages des collègues…tout montre que les personnels d'enseignement, d'éducation et d'orientation ne sont pas dupes des éléments de langage gouvernementaux : ils seront bien les grands perdants de la réforme des retraites comme le prouvent les résultats de notre simulateur En réponse, la mobilisation s'organise comme le montrent les échos des établissements : la mobilisation sur le terrain

Une mobilisation massive

Les premières estimations de chiffres de grévistes transmis par les responsables de sections SNES-FSU d'établissement laissent envisager une mobilisation massive et majoritaire dans les collèges et lycées. Les chiffres communiqués par le Ministère seront calculés, comme d'habitude, de manière peu sincère, avec pour principal objectif de minorer l'état de la mobilisation : il rapporte le nombre de personnels en grève à l'ensemble des personnels d'un établissement, y compris ceux qui ne sont pas en service ce jour-là !

Pour contrecarrer la communication ministérielle, le SNES-FSU fera la lumière sur la réalité de la mobilisation en s'appuyant sur les chiffres fiables, venant du terrain.
Comment faire
- avant la grève : compter les collègues se déclarant grévistes et demander au secrétariat/au chef d'établissement, le nombre de collègues (professeurs, CPE, vie scolaire, AESH) attendus
- le 5 décembre au matin : appeler l'établissement et demander 3 informations au secrétariat : le nombre de collègues grévistes à une heure donnée, le nombre de collègues attendus à cette heure et l'heure de ce constat.

- dès que vous avez ces chiffres, transmettez-les au SNES, si possible avant le 5/12 à 10h :
* sur votre espace adhérent avec votre identifiant et mot de passe : http://www.snes.edu/adherents dans la partie « mon établissement » en bas de page
* si vous ne pouvez pas accéder à ce module (et seulement dans ce cas), envoyez les 3 informations demandées (nombre de grévistes à une heure donnée, nombre de collègues attendus à cette heure et heure de constat) à greve@snes.edu, en indiquant bien votre établissement et académie.

Manifestations

De très nombreuses manifestations sont organisées : Liste des rassemblements et manifestations
Des transports en bus pour rejoindre les cortèges peuvent être organisés, contactez votre section académique

Les suites

Dès maintenant, le SNES-FSU soutient toutes les actions de reconduction. Il appelle à organiser l'heure d'information syndicale de décembre le 6 décembre et à participer aux AG pour décider des suites. Le SNES-FSU proposera des temps forts d'action dans la semaine du 9 au 13 décembre, y compris par la grève.
Le SNES-FSU dépose un préavis de grève de semaine en semaine.

Le référent territorial de la région adresse aux PsyEN et DCIO une convocation pour participer à une réunion locale sur les actions du SPRO. Sont-ils obligés de s'y rendre ?

sam, 30/11/2019 - 21:47

La région n'a aucun pouvoir de convocation sur les personnels de l'État. Cela ne peut donc être qu'une invitation, qui doit, obligatoirement transiter par les recteurs et IEN. Aucune obligation de participer à ce genre de réunion ne peut être imposée. L'ordre n'existe pas s'il n'est pas relayé et signé par la hiérarchie.

Une réponse possible à ces convocations/invitations directes de la région : transmission à la hiérarchie et réponse à l'envoyeur : « je ne répondrai qu'à une convocation de ma hiérarchie ».

Attention ! L'ordre de mission écrit est obligatoire pour fixer un cadre à un tel déplacement (sur le temps de travail ; frais de déplacement ; assurances ; autorisation d'utiliser son véhicule...).

Je suis DCIO et le rectorat me demande de me positionner dans un délai très court sur le choix d'une mission en DSDEN, SAIO ou région, Suis-je obligé de répondre ?

sam, 30/11/2019 - 21:42

Non !
La demande doit être faite par écrit.

Si un document écrit est à renvoyer, on peut se contenter de mettre « vu et pris connaissance », ce qui n'engage pas sur un accord éventuel.
La pression sur les personnels pour qu'ils entrent dans la logique de mise à disposition peut être dénoncée en CHSCTA.
Si l'administration insiste, avec ou sans écrit
> contacter le SNES-FSU.

L'administration me dit que je dois me mettre en disponibilité pour effectuer tout ou partie de mon temps de travail pour la région ?

sam, 30/11/2019 - 21:39

Surtout pas !

Dans la situation de disponibilité, la carrière s'arrête ! On l'interrompt pour faire autre chose. Il n'y a pas de double carrière.
La disponibilité relève d'une démarche personnelle uniquement à la demande de l'agent. Elle ne peut en aucun cas être imposée et n'est pas souhaitable dans le cas exposé.
Pour exemple, la région Rhône-Alpes parle de disponibilité et non de MAD ou de détachement. Ce n'est pas le cadre prévu.

Mise à disposition (MAD) ou détachement peuvent-ils m'être imposés ? Quelle est la différence entre les deux ?

sam, 30/11/2019 - 21:30

D'après les textes en vigueur, MAD comme détachement ne peuvent être imposés.

La formule choisie dans la loi du 5/09/2018 pour les agents de l'État (PsyEN, DCIO mais aussi d'autres personnels...) est la mise à disposition.
Pour les personnels de l'ONISEP c'est le détachement.

• La MAD, prononcée pour une durée maximale de 3 ans renouvelable, doit faire l'objet d'une convention entre les deux employeurs, déclinant les activités, conditions de travail, quotité de temps pour la région, lieu d'intervention. Décret 85-986 du 16/09/1985 et circulaire du 05/08/2008.

Les visas de cette convention (textes de loi de référence) précisent le contexte et le cadre.
• La MAD sur une partie du temps de travail est juridiquement possible.
• Le détachement accordé pour 5 ans au maximum concerne dans la loi du 05/09/2018 les personnels des DRONISEP. S'ils ne sont pas volontaires, un retour est prévu dans leur corps d'origine de l'Etat.
• Un détachement est possible dans une association si les activités de celle-ci relèvent de l'intérêt général. Une Agence régionale de l'orientation peut avoir le statut d'association, ou d'établissement public comme c'est annoncé en Normandie.