Actualités 2nd degré

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Le SNES est le syndicat le plus représentatif du second degré. Il rassemble 62 000 syndiqués parmi les certifiés, les agrégés, les CPE, les CO psy, les surveillants, les personnels d'Éducation et les non titulaires. Aux élections professionnelles il recueille dans ces catégories plus de 50% des voix. Incontournable dans les lycées et collèges, le SNES porte donc, vis à vis de la profession, une responsabilité particulière qu'il entend assumer en s'appuyant sur des atouts qui lui sont propres.
Mis à jour : il y a 51 min 27 sec

Un mépris insupportable !

il y a 1 heure 19 min

Le MEN, dans sa communication de crise Covid 19, persiste à nier le rôle des PsyEN EDO dans l'accompagnement à l'orientation des élèves et de leurs familles. Dés le début de sa parution et dans toutes ses mises à jour, ni les PsyEN, ni les DCIO ni les CIO n'y figurent. Pire encore la fiche « Coronavirus, quel accompagnement pour le projet d'orientation après la troisième » ne mentionne que le. la professeur.e principal.e et l'établissement comme seuls interlocuteurs ! En ignorant nos services et nos métiers, c'est toute la chaine des services d'information et d'orientation qu'il méprise mais aussi le soutien que peuvent exercer des psychologues en ce contexte bien particulier.

Le SNES-FSU a publié un communiqué de presse et un courrier est envoyé dans chaque rectorat :

https://www.snes.edu/Accompagnement...

Quand le marché s'intéresse à la continuité pédagogique et à l'orientation !

il y a 3 heures 5 min

En cette période de confinement, sans doute mus par quelque élan philanthropique, Article 1 et la FAGE communiquent et proposent une offre de services tout terrain : ils « … tirent la sonnette d'alarme sur le risque de décrochage des jeunes issus des milieux défavorisés. » Et de rajouter : « Nous les mettrons en lien avec une personne qui pourra les aider sur l'aide aux devoirs, les révisions, le soutien moral et méthodologique, la préparation au bac, la réflexion sur les métiers et l'orientation. Tou.te.s les étudiant.e.s volontaires sont les bienvenu.e.s (quels que soient leur formation, leur niveau d'études…). Nous envisageons d'ores et déjà d'étendre cet élan en faveur de la continuité éducative aux collaborateurs d'entreprises. »

Quel que soit le champ d'intervention, notons bien qu'aucune professionnalité n'est requise pour accompagner ces jeunes issus de milieux défavorisés : la bonne volonté suffit et rend de fait compétent tout étudiant. Les « collaborateurs d'entreprise » sont appelés à la rescousse pour favoriser la continuité éducative, peu importe les compétences ou leur éthique, pourvu qu'on ait l'élan ! S'agit-il d'un élan désintéressé, vraiment ?

Dans un article du 18 mars 2020, le Canard enchaîné épingle Article 1 en titrant « L'opérateur privé qui se régale des données de Parcousup ». Les auditeurs de la Cour des comptes constatent que, chaque année, Parcoursup recueille des données personnelles de près d'un million de personnes… qui ne sont pas perdues pour tout le monde ! Selon le dernier rapport de cette même Cour des comptes, leur exploitation permettrait à l'administration et aux chercheurs de proposer des pistes pour améliorer l'orientation, l'affectation et la réussite des étudiants. Or, le ministère de l'enseignement supérieur n'a accordé son label qu'à une seule structure de droit privé : l'association Article 1. Son projet « Inspire » est le seul à disposer des données de la plateforme. Un favoritisme pour le moins suspect.

Faut-il rappeler qu'Article 1 bénéficie d'une subvention annuelle d'un million huit cent mille euros ? Malgré ce soutien public, la Cour des comptes évoque des dysfonctionnements du programme et note que le ministère de l'enseignement supérieur n'a pas assuré un suivi adéquat, de l'emploi des moyens et de la mise en œuvre des objectifs. Pourtant, en février 2019 Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, avait demandé à sa propre Inspection générale un rapport pour y voir plus clair sur Article 1…un rapport qui croupit évidemment au fond d'un tiroir.

Alors, quand en ce mois d'avril, le chef de secteur de la persévérance scolaire de la ville du Havre contacte le CIO pour que les PsyEN deviennent les VRP d'Article 1 association de droit privé et relaient leur soi-disant aide auprès des lycéens et étudiants, c'en est trop ! En même temps cela ne nous surprend guère que cette demande soit relayée par la mairie du Havre si l'on peut s'arranger entre amis… Article 1 fait partie de ces structures privées qui profitent aujourd'hui de la situation prétextant de lutter contre les inégalités scolaires, pour étendre son champ d'influence sur tout le territoire.

Parcoursup coûte que coûte !

il y a 3 heures 20 min

A quelques jours de la fermeture de Parcoursup, les taux de confirmation des voeux dans un certain nombre de départements étaient particulièrement faibles (inférieurs à 50%). Pas de délai supplémentaire pour finaliser les dossiers : rédiger les "projets de formation motivés", renseigner les rubriques "mes activités et centres d'intérêts", ajouter les éléments demandés par les formations et, surtout, confirmer chacun des vœux. Une étape d'autant plus cruciale qu'en raison du coronavirus, les épreuves écrites des concours post-bac permettant d'accéder à des formations sélectives du supérieur sont, cette année, remplacées par l'examen des dossiers déposés sur Parcoursup.
Pour autant les chiffres annoncés lors de la fermeture de Parcoursup par les ministères de l'EN et de l'ESRI indiquent une progression par rapport à l'année dernière, d'au moins deux points.
On peut se demander dans quelles conditions ont été validés tous les vœux en l'espace de quelques jours, dans le contexte particulièrement anxiogène lié à la situation de confinement et l'attente sur les modalités adaptées du bac 2020, et craindre une fois de plus que les inégalités sociales pré-existantes et celles habituellement engendrées par Parcoursup soient renforcées.
En outre le risque est grand de voir s'accroître encore le recours aux algorithmes locaux particulièrement stigmatisants et opaques pour les lycéen.ne.s et les étudiant.e.s compte tenu des difficultés des jurys des commissions d'examen des vœux à se réunir.

Voir le communiqué de presse de la FSU :

lien : https://www.snes.edu/Parcour...

Quel impact de la crise sanitaire sur les opérations de carrière et les mutations ?

mar, 07/04/2020 - 16:42

Consultez régulièrement les rubriques carrière/mutations sur le site du SNES, et le site du SNES académique !

Pour les mouvements inter-académique et intra-académique :

Qu'il s'agisse du mouvement inter ou intra, la loi prévoit « le recours individuel administratif » avec désignation d'une organisation syndicale représentative.
Les services du ministère sont actuellement fermés et affirment ne pas être en mesure de traiter les demandes de recours avant leur réouverture. Cependant bien avant le confinement, certains collègues ont reçu une réponse pour leur situation, sans aucune consultation avec l'organisation syndicale mandatée !
La DGRH s'était pourtant engagée à envoyer la liste des collègues ayant déposé un recours et ayant sollicité un syndicat de la FSU pour les assister, et à mettre en place une procédure pour étudier les situations individuelles.
Le SNES-FSU a exigé le respect des engagements et une procédure claire pour que la situation de chaque collègue puisse être débattue et reconsidérée.

Situation des Commissions Administratives Paritaires (CAP)

L'ensemble des CAP, académique ou ministérielle, est suspendue, puisque le décret 82-451 régissant toutes les CAP dans la Fonction Publique d'État ne prévoit aucune disposition autre que la réunion "présentielle".

Carrière :

En matière de carrière les campagnes d'avancement d'échelon, de passage à la hors-classe, à la classe exceptionnelle sont engagées mais les CAP sont suspendues.
Toutefois, les promotions ne seront pas perdues.
Malgré tout, se pose la question des rendez-vous de carrière 2019-2020 qui n'auront pas pu être réalisés en raison de la situation sanitaire. Dans certaines académies la proposition de conduire l'entretien de carrière par visioconférence a été avancé. Ce n'est pas acceptable et c'est inapproprié. Des procédures de rattrapage devraient être proposées au sortir de la crise sanitaire.

CIO et crise sanitaire : foire aux questions n°3

mar, 07/04/2020 - 16:26

Qu'en est-il des vacances ?

Les vacances confinées de la zone C commencent. Dans les CIO, l'organisation de cette période bien particulière a été le plus souvent discutée « en ligne », en équipe. Le plus souvent les PsyEN et personnels qui étaient positionnés sur la permanence de vacances vont assurer la continuité du service et la veille, les autres sont en congé même si, comme d'habitude, dans les situations urgentes, ils assureront le suivi. Mais l'administration ne peut vous imposer d'assurer une permanence avec des horaires fixés, ni un planning selon les plages habituelles de rendez-vous du CIO.
La situation est exceptionnelle et les PsyEN et DCIO font ce qu'ils.elles peuvent avec les moyens à leur disposition. Rappelons que les permanences sont au maximum de 3 semaines et que les horaires sont hebdomadaires et non annualisés ( arrêté du 9 mai 2017).En cas de soucis,n'hésitez pas à nous contacter et surtout contacter les responsables PsyEN du SNES FSU de votre académie.
Nous vous rapelons que la législation du télétravail ne s'applique pas ( Cf FAQ plus lien )

Dois-je rendre compte de mon activité ?

Le confinement ne change pas les règles concernant les conditions d'exercice des PsyEN. Ils rendent compte au DCIO, comme d'habitude de la répartition de leur travail sur la semaine mais ne peuvent être contraints à rendre compte quotidiennement du nombre d'appels téléphoniques et de mails qu'ils ont effectués voire des résultats obtenus .
Contactez les élu.es du SNES-FSU pour saisine du CHSCTA si besoin.

Comment le calendrier de l'orientation se mettra-t-il en place ? N'est-ce pas raisonnable de demander des délais dans le cadre de certaines situations ?

Les services d'orientation sont à même d'alerter sur les difficultés en termes de calendrier de l'orientation, et de l'affectation notamment celles rencontrées par les élèves les plus fragiles. Il faut continuer à les faire remonter.
Le ministère ne prend pas la mesure des problèmes qui peuvent se poser ni de leurs conséquences. En publiant sa FAQ Covid, il ignore les services et feint de croire que tout se passera de façon sereine grâce aux solutions numériques : sites internet de l'ONISEP, qu'il a saigné depuis deux ans, les plate-formes Parcousup pour les terminales, et Télé-services (TSO TSA) pour les élèves de troisième.
N'hésitez pas nous faire des retours sur les difficultés rencontrées

Et notre positionnement de psychologue dans tout ça ?

Notre administration ne s'intéresse qu'au calendrier de l'orientation et à la préparation de la rentrée prochaine. Pour autant nous avons pleinement à jouer notre rôle de psychologues en prenant en compte ce contexte exceptionnel de crise sanitaire. Même si notre administration l'ignore délibérément, nous ne pouvons en faire abstraction quand on travaille avec les élèves et les familles forcément éprouvées par la situation de confinement, la maladie. L'écoute, le soutien sont le cœur de notre métier de psychologue. Il faut revendiquer et plus que jamais jouer notre rôle !

Crise sanitaire, crise sociale : quel positionnement pour les PsyEN

mar, 07/04/2020 - 16:26

Le nombre de personnes touchées par la pandémie provoque un sentiment d'impuissance, de vulnérabilité, voire de colère. Cette crise inédite génère un bouleversement des repères quotidiens, familiaux, professionnels et personnels. Tous les psychologues sont donc concernés tant dans l'intervention immédiate qu'à plus long terme.
Car la crise n'est pas que sanitaire. Elle révèle comme un « effet loupe », le caractère irresponsable de la destruction des services publics menée par les gouvernements successifs au nom du néo-libéralisme, et ses effets en termes de fracture sociale et numérique. Le réel refait surface !
Elle soulève aussi, bien des questions quant à l'exercice professionnel de chacun de nous. Quelles sont les implications d'un entretien à distance ? Quelles activités pouvons-nous faire, quelles initiatives prendre, ou pas ? Comment nous assurer du respect de la déontologie ? Dans quels nouveaux dilemmes sommes-nous placés ? Comment les résoudre ?

Pour télécharger la note du collectif PsyEN et DCIO du SNES-FSU :

POUR RETRAITÉ-ES

mar, 07/04/2020 - 15:10

LE POUR (journal de la fsu) SPÉCIAL RETRAITÉ-ES EST CONSULTABLE
N'hésitez pas à vous connecter

https://fsu.fr/portfolio_category/pour-retraites/

Accompagnement du projet d'orientation en 3ème… sans les Psy-EN ?

mar, 07/04/2020 - 09:58

Le ministère de l'Education nationale vient de mettre à disposition une fiche sur l'accompagnement du projet d'orientation après la 3e. Les Psychologues de l'Éducation nationale (PsyEN) et les directeurs.trices de CIO (DCIO) n'y sont pas cité.e.s une seule fois. Le ministère les croit-il parti.e.s ramasser les fraises ?
Ce n'est pourtant pas le vécu des PsyEN et de leur DCIO qui, depuis le début du confinement, s'efforcent de remplir leurs missions pour assurer au mieux la réponse aux demandes des familles et des jeunes, apporter leur aide dans l'élaboration des projets et la préparation des opérations d'orientation. Malgré l'inexistence de moyens institutionnels de communication, ces personnels avec leurs propres matériels (téléphones et ordinateurs) et forfaits, gardent le lien avec les élèves et avec les professeurs pour assurer le suivi des situations difficiles et proposer une aide particulière aux élèves les plus fragiles.

Validation des projets motivés de Terminale qui vient de s'achever, finalisation des dossiers de l'enseignement adapté, suivi des élèves en risque de décrochage, aide aux 3eme et aux 2nde pour les choix de filières et de spécialités, réponses aux familles sur les modalités de déroulement des examens, ou problèmes liés au confinement des adolescent.e.s, les PsyEN et les CIO sont fortement mobilisés.
Alors que l'on sait combien la mise en place des enseignements à distance mobilise et épuise les enseignant.e.s, l'Education nationale fait comme si l'accompagnement des élèves pour leur orientation et le soutien des familles allaient de soi et ne nécessitaient aucun apport spécifique des PsyEN. Enfermé dans sa volonté idéologique de transfert des missions d'orientation aux enseignant.e.s, ne voit-il pas que le service public tient grâce à l'engagement de ses personnels dont les PsyEN et les DCIO ? Que l'orientation n'est pas qu'une affaire d'information numérique et d'ajustement de profils grâce à l'intelligence artificielle ?

Il serait temps que le ministre cesse de mépriser celles et ceux qui défendent le service public d'orientation de l'Éducation nationale et s'engage pour que tous les élèves, tous les étudiant.e.s puissent trouver des perspectives d'avenir ambitieuses et les réalisent !

Accompagnement du projet d'orientation en 3ème

LETTRE TYPE AUX PREFETS

mar, 07/04/2020 - 08:32

Intersyndicale départementale des organisations de retraité.e.s

FSU avec si possible (en fonction de la situation départementale) CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FGR-Fp et LSR, ensemble et solidaires

A Monsieur le Préfet

Monsieur le Préfet,

Nos organisations de retraités CGT, CGT-FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP et LSR de département s'adressent à vous solennellement pour vous faire part de leurs plus vives inquiétudes concernant les conséquences de la crise sanitaire liée à l'épidémie du COVID-19 en particulier sur les personnes âgées et pour exiger que des mesures immédiates soient prises.

Une situation qui nous scandalise :

Pendant plusieurs semaines, les pouvoirs publics ont nié la nécessité des masques de protection comme des tests de dépistage pour enrayer la pandémie. Nous savons aujourd'hui que cette doctrine visait à cacher la très grave pénurie en matériels. Le gouvernement annonce maintenant que le matériel de protection des malades et du personnel va arriver. Pourtant les informations qui nous remontent prouvent que ce n'est toujours pas le cas. Les infirmiers et infirmières, aides-soignants, médecins, personnels auprès des résidents des maisons de retraite en ont cruellement besoin.

  • Comment gérez-vous les priorités ? Vies humaines ou production de bien matériels qui peuvent tout à fait être différés ? Par exemple, sur le secteur de XXX, le manque de masques protecteurs est criant, de grandes ou moyennes entreprises en possèdent sûrement en stock. Une réquisition permettrait de collecter ces masques. Quelles mesures avez-vous prises ou comptez-vous prendre pour assurer la protection de la population ?
  • Dans les EHPAD, les établissements de soins, dans les sociétés de services à la personne qui organisent le maintien à domicile des personnes dépendantes, les familles, les personnels s'inquiètent et la peur les saisit. La situation est déjà catastrophique et pire est à venir. Nous n'avons pas de bilan précis de la situation. Pouvez-vous nous faire un état des lieux dans le département ?
  • Le personnel commence à faire défaut, les conditions de vie en EHPAD sont fortement dégradées (solitude des personnes résidentes, rythme des services et soins ralenti). Le manque de personnel dans les EHPAD et services de santé, déjà vivement dénoncé avant la crise, parce qu'il pouvait conduire à de la maltraitance institutionnelle, est aujourd'hui une réalité aggravée et difficilement soutenable (une seule infirmière le week-end pour 80 résidents, impossibilité du confinement en chambre dans certains EHPAD même en cas de suspicion du covid-19...).
  • Dans les EHPAD, les représentants du personnel ne sont ni consultés, ni informés des modifications de l'organisation du travail. Des agents de différents hôpitaux saisissent leurs élus et des alertes aux Présidents de CHSCT sont adressées sur la situation de différentes structures.

Des exigences à la hauteur de l'urgence et de la gravité de la crise :

Le rôle de l'Etat est de garantir la continuité et la qualité du service public de santé en priorité qui, seul, peut protéger toute la population. La qualité d'une politique publique se mesure à l'aune du sort réservé aux plus fragiles. Quelles sont vos actions pour assurer la vie et la santé des personnes les plus âgées, des personnes les plus exposées aux risques épidémiques ?

Nos revendications :

  • Il est de votre responsabilité que toutes les structures de soins et médico-sociales soient dotées immédiatement des protections indispensables : gel hydro alcoolique, gants, masques.... et que des tests en nombre suffisant puissent être réalisés partout notamment dans les structures accueillant des personnes âgées. C'est une urgence absolue.
  • Quel dispositif protecteur mettez-vous en œuvre pour limiter les risques de contamination extérieure ? L'accès gratuit au transport par taxi ?
  • Conformément à la loi du 30 juin 2004, nous vous demandons de garantir la mise en œuvre du Plan d'alerte et d'urgence dans toutes les communes du département, ce qui est de votre responsabilité. Il faut que les besoins de toutes les personnes âgées et personnes en situation de handicap soient bien identifiés, qu'elles aient un numéro d'urgence à appeler en cas de besoin et que le portage de courses, de repas et/ou des médicaments leur soit bien proposé.

Cette pandémie a révélé au grand jour les conséquences des politiques de santé menées depuis des années au nom de la réduction des déficits publics et des économies budgétaires : des milliers de lits ont été fermés dans les hôpitaux, et les EHPAD connaissent un manque de personnel flagrant que nos organisations n'ont cessé de dénoncer auprès des dirigeants politiques, de vos services, de ceux de l'ARS... Nous avons été aux côtés des personnels des EHPAD pour soutenir leurs revendications, comme nous avons soutenu celles des personnels hospitaliers ces derniers mois car les conditions de vie et de santé des personnes retraitées, des personnes vulnérables ou dans le grand âge en dépendent. Aucune réponse n'a été apportée. Nous en payons le prix. Il faudra en tirer les leçons.

Monsieur le Préfet, vous êtes le représentant de l'Etat dans le département, il est de votre responsabilité de prendre toutes les décisions maintenant pour protéger nos concitoyens, les personnes vulnérables, les professionnels indispensables à la vie collective... Notre démarche doit retenir toute votre attention.

Nous vous prions d'agréer Monsieur le Préfet l'expression de notre considération.

En pièce jointe la lettre en .doc pour modifications locales

Concours et pandémie : il faut maintenant des réponses rapides aux candidat-es de tous les concours de recrutement

lun, 06/04/2020 - 09:55

Il y a maintenant trois semaines que le Ministre Jean-Michel Blanquer s'est résolu à interrompre le déroulement normal des épreuves des CAPES, CAPET et de l'Agrégation. Compte-tenu de la gravité de la situation sanitaire, il semble de plus en plus difficile de croire que le calendrier initial puisse être seulement décalé. Les candidat-es sont pour le moment laissé-es sans information, alors que pour beaucoup, ces concours arrivent au terme d'une longue préparation, de beaucoup d'efforts et souvent, d'importants sacrifices.

Depuis le début de la crise, le SNES-FSU a porté leurs intérêts auprès du Ministre de l'Éducation Nationale. Il ne pouvait être question de faire courir des risques à la santé des candidat-es, ainsi qu'à celle des personnels qui organisent les épreuves, et cette préoccupation reste d'actualité peut-être pour de nombreuses semaines. Pourtant, 2020 ne peut évidemment être une année blanche : il faut que tous les postes ouverts au recrutement soient pourvus pour la rentrée 2020, par des lauréat-es recruté-es comme stagiaires. Il faudra donc probablement aménager les épreuves, et les candidat-es doivent être informé-es au plus vite de ces modalités exceptionnelles.

DNB en contrôle continu ?

dim, 05/04/2020 - 20:59

Le ministère a retenu l'option du « contrôle continu » pour l'obtention du DNB session 2020. Toutes les épreuves terminales sont annulées dont celle de l'oral. Dans les circonstances sanitaires exceptionnelles actuelles, la préoccupation du SNES-FSU est celle de la santé des personnels et des élèves.
Il faut toutefois clarifier les modalités de délivrance du DNB. La communication ministérielle se réfère aux notes des élèves dans les disciplines concernées par les épreuves terminales, mais les informations de la foire aux questions du site ministériel sont en contradiction et comportent de nombreuses ambiguïtés (notes, livret complet, bilan de fin de cycle…). Par ailleurs, ces mesures ne doivent pas donner lieu à de nouvelles injonctions des chefs d'établissement sur la période, ni à du travail supplémentaire pour les enseignants en ce qui concerne les évaluations des trimestres précédents.

De la conférence de presse du vendredi 3 avril 2020…
Le message du ministre en conférence de presse ce vendredi 3 avril est à peu près clair bien que techniquement incomplet : « ainsi le DNB sera obtenu à partir des notes que l'élève aura eues tout au long de l'année dans les disciplines concernées" (hors évaluation pendant le confinement). Il s'agit donc des moyennes de notes dans les disciplines correspondant aux épreuves terminales.
Quid du bilan de fin de cycle qui compte habituellement pour 50% du DNB, conservé sur 400 points ou non ? Première incertitude.
Le ministre n'aborde pas l'oral du DNB.

... à la foire aux questions ministérielles
En professionnel, on se dirige vers la foire aux questions du site ministériel en espérant des réponses plus précises… Et là, tout devient beaucoup plus complexe.

Les élèves « seront évalués sur la base du livret scolaire, qui représente d'ores et déjà 50% de la note finale du brevet, et qui permet de certifier la maîtrise du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. » Le rédacteur commence par confondre le bilan de fin de cycle 4 qui atteste de la maîtrise du socle avec le LSUN (livret scolaire unique) qui comprend aussi les bilans périodiques et des attestations.
Qui a raison ? Le ministre qui dit que ce sont les notes qui doivent être prises en compte ? Lesquelles ? Toutes ou bien celles des disciplines des épreuves terminales ? Ou bien n'est-ce finalement que le bilan de fin de cycle transversal ? Ou les deux ? En l'absence de texte réglementaire ou tout au moins d'une circulaire plus précise, on peut se demander qui a raison du ministre ou de sa FAQ.

Cherchons plus loin : « Le diplôme est délivré sur la base de niveau de maîtrise des compétences, eux-mêmes fondés sur l'appréciation du conseil de classe qui se prononce au 3ème trimestre de l'année de 3ème. Les notes obtenues en cours d'année fondent évidemment en grande partie son appréciation. Si la réouverture des établissements le permet, le conseil de classe tiendra compte du résultat des évaluations passées par les élèves postérieurement à la réouverture des établissements. » Voilà que l'hypothèse du « tout » bilan de fin de cycle se précise. Cependant le texte rappelle que c'est lors du troisième conseil de classe qu'il devrait être rempli. Le conseil de classe est donc positionné comme un avant-jury d'examen national.

« Comme d'habitude, le diplôme sera délivré par le jury académique du diplôme national du brevet. Ce jury se prononce déjà sur le fondement du livret de l'élève et des notes obtenues aux épreuves nationales. Cette année, exceptionnellement, il se fondera uniquement sur le livret de l'élève. » La réponse induit bien la prise en compte du bilan de fin de cycle et les bilans périodiques.

Non aux injonctions précipitées !
Dès le 3 avril, des chefs d'établissement qui ont lu rapidement la FAQ ministérielle se précipitent sur leur téléphone pour pressurer les enseignants en leur demandant de transformer toutes leurs notes de 3ème en niveaux de compétences (l'inverse s'étant aussi produit) ! Les collègues sont pourtant déjà épuisés par un travail chronophage dont ils n'ont pas l'habitude et stressés par la volonté de faire au mieux. Ce type de préconisation est inepte et inacceptable. Les chefs d'établissements doivent attendre un texte réglementaire clair avant de lancer les personnels dans une nouvelle course à l'échalote.

Motivation et assiduité
Le ministre tente de garder les élèves au travail et les enjoint à l'assiduité jusqu'au 4 juillet sous peine de ne pas obtenir le DNB ou le bac. Qu'est-ce que l'assiduité en période de confinement quand on habite le long du fleuve en Guyane et qu'il n'y a ni eau courante ni électricité, ou dans un bidonville ? Comment se mesure la motivation ? Au-delà des problèmes techniques existe aussi des problèmes pédagogiques pour les élèves les plus fragiles qui ont besoin du face à face avec l'enseignant, et du collectif d'apprentissage. L'implication des familles ne peut pas être la même pour tous : la relation parents-élèves est différente de la relation professeur-élève quand il s'agit de faire ses devoirs.

Et l'orientation des élèves de troisième ? DNB pro et CFG ?
Le ministre n'a pas évoqué le DNB pro et le CFG même si on imagine bien qu'ils seront délivrés eux-aussi selon les mêmes modalités que le DNB général. L'essentiel est d'assurer la réussite de tous ces élèves l'année prochaine. Or la question de l'orientation est cruciale en 3ème mais n'a été abordée à aucun moment par le ministre. Quels résultats seront pris en compte dans Affelnet ?

Le SNES-FSU demande que soient éclaircis au plus vite les éléments concernant le "contrôle continu" retenu pour l'obtention du DNB. Par ailleurs, ces mesures ne doivent pas donner lieu à de nouvelles injonctions des chefs d'établissement sur la période, ni à du travail supplémentaire pour les enseignants en ce qui concerne les évaluations des trimestres précédents.

Quand le ministre Blanquer s'adresse aux CPE

sam, 04/04/2020 - 19:34

Le ministre a adressé aux CPE une vidéo dans laquelle il les remercie de leur engagement. On pourrait s'en réjouir mais ce discours tardif et balbutié, laisse quand même un goût amer.
Le problème ? Il survient suite à trois années d'ignorance pure et simple.

Après avoir été recteur (Guyane, Créteil), après avoir été à la tête de la Dgesco, JM Blanquer est devenu en mai 2017 ministre...et les CPE, transparents. On ne compte plus les moments où ceux-ci ont été oubliés. Il a ainsi écrit aux seuls enseignants à plusieurs reprises les veilles de grève pour les inciter à ne pas en être, les CPE n'étaient pas destinataires (même si nous ne nous en sommes pas si mal portés, mais c'est une autre histoire). Lorsque la Cour des Comptes a violemment attaqué le temps de travail des CPE, il n'a pas eu un mot de défense pour notre catégorie. Lorsque les projets de « revalorisation » sont sur la table, il ne parle que des enseignants. Lorsqu'il lance une grande consultation début mars, elle ne porte que sur le métier enseignant.
Concernant la situation de fermeture des établissements, le 01 avril, il s'adresse aux seuls enseignants pour la « continuité pédagogique », insistant sur l'importance de continuer à accompagner les élèves et leur famille, mais sans nous visiblement. De même, le Vademecum « continuité pédagogique » sur le site du ministère ne mentionne pas non plus une seule fois les CPE, qui doivent avoir certainement précédé les enseignants dans la cueillette des gariguettes

Quel que soit le moment, les CPE sont totalement absents du radar ministériel. Et c'est très grave. Heureusement et évidemment, cela ne nous empêche pas, et c'est heureux, de continuer à exercer nos missions, parce que nous le faisons pour nos élèves, le cœur de notre métier.
Mais l'absence des CPE n'est pas que l'absence des CPE. Elle dit aussi quelque chose de la conception très libérale de l'éducation du ministre, qui dans la vidéo qu'il nous adresse emploie l'expression « inégalités de destins », gommant ainsi les inégalités sociales, renvoyant chacun à la « fatalité » de son propre échec.
Les CPE sont en première ligne dans les établissements. Ils savent, que ce sont bien les inégalités sociales qui frappent durement et que les élèves sont loin, très loin, d'être seuls responsables de leurs échecs. Pour nous qui connaissons bien nos élèves et leur environnement, une telle affirmation est non seulement insupportable, mais aussi totalement fausse, le confinement accentuant encore plus ce phénomène.

Le 2 avril, le #ministreapprenant s'est enfin souvenu de nous, et pas comme des managers. C'est un début. Mais gageons qu'en ce qui concerne la visibilité de notre métier, il nous faudra continuer à être vigilants pour ne pas retomber dans les oubliettes ministérielles. Pour notre métier, pour nos élèves, ce n'est qu'un début, continuons le combat !

Titularisation des stagiaires en période de pandémie : les syndicats de la FSU demandent des garanties au Ministère

ven, 03/04/2020 - 17:15

Le SNES, le SNEP, le SNUEP et le SNUIPP-FSU ont écrit au DGRH du Ministère de l'Éducation Nationale après avoir été interpellés par de nombreux stagiaires concernant les conséquences du confinement sur leur titularisation.
Ils souhaitent "avoir confirmation que la période de 36 jours (décret 94-874 du 7 octobre 1994) ne sera pas comptabilisée, et que la titularisation des stagiaires prendra bien effet au 1er septembre 2020, les stagiaires étant actuellement au travail."
Concernant la titularisation, ils relèvent que "la période des visites « inspections » de stagiaires s'effectue de manière intensive de février à mai, or celle-ci est de fait fortement impactée. Les deuxièmes visites des tuteurs de l'INSPE et des tuteurs de terrain se déroulent aussi sur cette période. Il va donc être complexe pour certains qu'un avis soit émis."
En raison de cette situation exceptionnelle, nos syndicats demandent "une bienveillance particulière pour les titularisations 2020."
Ils rappellent que l'inspection "n'est en aucun cas obligatoire, la procédure peut être allégée."
" Pour les stagiaires qui devaient bénéficier de visite supplémentaire , les premières n'ayant pas été convaincantes, il faut que ceux-ci soient prioritaires à la reprise en tenant compte d'un temps de réappropriation de la classe. Si cette autre visite n'était pas jugée satisfaisante, et qu'à l'issue du jury l'avis était défavorable à la titularisation, nous demandons que ces stagiaires puissent être prolongés avec un passage devant le jury d'ici le mois de décembre comme cela se fait chaque année, en lieu et place des renouvellements qui pourraient être proposés."
Pour les stagiaires en renouvellement cette année, "l'inspection est normalement une obligation pour la titularisation. Nous demandons que l'obligation d'inspection soit suspendue et que l'avis du tuteur puisse, comme pour les autres stagiaires, servir de base à la titularisation. Si celle-ci devait être maintenue ils doivent être prioritaires à la reprise, en tenant compte d'un temps de réappropriation de la classe. Pour tout stagiaire où un doute subsisterait à l'issue du jury de juin, nous demandons vu les circonstances exceptionnelles, une prolongation et un passage devant le jury d'ici le mois de décembre 2020."
Pour les stagiaires de l'agrégation externe et interne déjà titulaires du corps des professeurs d'EPS, certifiés, CPE, le SNES, le SNEP, le SNUEP et le SNUIPP-FSU demandent "que l'obligation d'inspection soit suspendue et que tous ces stagiaires soient titularisés. Pour les stagiaires de l'agrégation autres nous demandons à ce que les principes demandés pour les stagiaires du CAPEPS soient appliqués."

A l'issue du jury du mois de décembre, ces syndicats demandent "à ce que les stagiaires titularisés puissent l'être avec effet rétroactif au 1er septembre 2020, ce qui est déjà le cas pour les congés maternité, et que d'autre part pour les stagiaires qui ne seraient pas titularisés, la prolongation soit transformée en renouvellement avec jury au mois de juin 2021, pour une titularisation au 1er septembre 2021."
Le SNES, le SNEP, le SNUEP et le SNUIPP-FSU seront "très vigilants sur le nombre de prolongations (renouvellements) proposés, qui ne doit en aucun cas être supérieur à celui des années précédentes."

Pour protéger ses créations : Creative Commons

ven, 03/04/2020 - 15:08

Depuis trois semaines nombre d'entre nous produisent des documents numériques, originaux ou composites. Les lois sur la propriété industrielle et le droit d'auteurs continuent de s'appliquer : on en a eu l'exemple avec les éléments de respirateurs fabriqués par imprimante 3D en Italie. Si la coopération et la mise en commun semblent être la rêgle, quelques précautions peuvent toutefois être prises pour éviter une utilisation mercantile ou non désirée de vos productions. En particulier, l'utilisation des licences Créative Commons.

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Covid-19 et Education en Europe : faire face et répondre à la crise

ven, 03/04/2020 - 13:51

Le Comité syndical européen de l'éducation analyse la crise du COVID-19 et soutient ses organisations affiliées par le biais d'une déclaration que vous trouverez ci-dessous.

Notre déclaration sur le COVID-19 : déjà une crise et des questions bien plus préoccupantes encore à long terme.

L'épidémie de COVID-19 est une crise de santé publique totalement différente de tout ce à quoi l'Europe a été confrontée depuis de nombreuses années. Alors que le personnel éducatif et ses syndicats sont aux prises avec l'épidémie, nous soutenons et informons les organisations membres dans toute la mesure possible.

Le COVID-19 est à l'origine d'une crise sanitaire, sociale et économique sans précédent en Europe.

Son impact sur le système éducatif, le personnel et les étudiant·e·s est énorme. Les enseignant·e·s et le personnel de l'éducation s'adaptent rapidement à la situation pour soutenir leurs apprenant·e·s et leurs communautés, mais les conséquences négatives sur la qualité et l'équité de l'éducation pourraient perdurer pendant de longues années.

Plus grave encore, cette situation a mis en lumière les manquements fondamentaux dans la gestion des services publics des pays européens – y compris l'éducation. Nous devons repenser radicalement le sous-investissement systématique des services publics en Europe.

Au nom des millions des travailleur·euse·s qu'ils représentent, les syndicats de l'enseignement unissent leurs forces pour réclamer un soutien conséquent pour le personnel de l'éducation et les établissements scolaires.

Le Comité syndical européen de l'éducation (CSEE), représentant 132 syndicats de l'enseignement, soit 11 millions d'enseignant·e·s, répartis dans 51 pays européens, occupe une position unique pour analyser la crise du COVID-19. Notre nouvelle déclaration reconnaît clairement l'impact de la pandémie sur les systèmes d'éducation publics, les sociétés et les économies à travers l'Europe. La lutte directe contre le virus est en cours et se poursuit, requérant la fermeture sans précédent des écoles et une adaptation des pratiques éducatives. Dans un même temps, toute une série de questions commencent à se poser à propos de l'impact à long terme de cette crise sur la population, les travailleur·euse·s et les services publics. Les syndicats de l'enseignement à travers l'Europe recommandent de réfléchir attentivement aux enseignements que nous pouvons tirer de cette crise, en regard des mesures politiques et économiques de grande ampleur qui ont été prises pour atténuer ses conséquences désastreuses sur l'éducation et l'ensemble de la société.

Une chose est parfaitement claire : le personnel de l'éducation met tout en œuvre pour rester au service de la communauté et offrir à l'ensemble des étudiant·e·s le meilleur enseignement possible. Et ce, malgré les énormes difficultés que suppose un basculement inopiné vers l'enseignement à distance et en ligne, telles que l'accès insuffisant et inégalitaire aux équipements nécessaires, l'anxiété liée au confinement et les problèmes de santé. En particulier, les services publics comme l'éducation sont aujourd'hui, plus que jamais, confrontés aux conséquences d'une décennie de coupes budgétaires et de politiques d'austérité. En raison des décisions budgétaires qui ont été prises aux niveaux national et européen, les enseignant·e·s et le personnel de l'éducation ont été privés de leurs ressources, ont été confrontés à des pénuries d'effectifs et doivent aujourd'hui lutter pour supporter les pressions de la crise que nous traversons. Dans certains pays, même les employé·e·s de l'éducation voient leurs contrats de travail pris pour cible et leurs droits mis à rude épreuve au lendemain des mesures mises en place pour lutter contre le COVID-19.

Le rôle social essentiel des systèmes éducatifs et de leurs effectifs est désormais évident pour tout le monde. Les difficultés que suppose le passage à l'enseignement à distance rappellent aux familles à quel point les professionnel·le·s de l'éducation sont compétent·e·s et les interactions entre l'enseignant·e et l'apprenant·e essentielles dans le cadre de l'éducation de qualité. Ce constat est particulièrement vrai pour les apprenant·e·s ayant des besoins éducatifs spéciaux ou vivant dans des milieux familiaux difficiles, pour lesquel·le·s l'apprentissage autonome ou encadré par les parents est impossible. Dans bon nombre de pays, les écoles sont toujours ouvertes, assurant un service de base pour prendre en charge les enfants vulnérables ou dont les parents travaillent encore – exposant ainsi les employé·e·s de l'éducation et leurs familles au risque de contagion.

Les employé·e·s de l'éducation et leurs efforts méritent d'être applaudis, mais les syndicats de l'enseignement ne se contenteront pas d'éloges ou de vaines paroles. La présidente du CSEE Christine Blower a souligné : « Le CSEE et ses organisations membres demandent de renforcer la protection des droits des employé·e·s de l'éducation, leurs contrats et leurs salaires. Nous réclamons également un soutien public urgent pour le personnel de l'éducation devant appliquer de nouvelles méthodes et défendre les étudiant·e·s vulnérables. La crise sanitaire que nous traversons ne doit pas céder la place à une crise de l'éducation de qualité, de la justice sociale et du bien-être des enseignant·e·s. Nous devons nous tourner vers l'avenir. Les syndicats de l'enseignement appellent également à un changement de paradigme dans les priorités économiques et politiques de l'Europe. Les réponses que nous choisissons aujourd'hui détermineront le monde dans lequel nous vivrons demain. Cette crise ne doit pas ouvrir davantage encore les portes à la privatisation et à la commercialisation de nos systèmes éducatifs. L'austérité et les politiques éducatives néolibérales ont causé des dégâts terribles au cours de ces dix dernières années, portant atteinte à l'égalité au sein de l'éducation et incitant bon nombre d'enseignant·e·s à abandonner la profession. Mettons fin à cette croyance selon laquelle le marché serait un moyen plus efficace et plus rentable d'assurer les services publics essentiels. Mettons fin au sous-investissement systémique de l'éducation et à l'étouffement progressif de notre secteur public. »

La réponse immédiate des systèmes éducatifs européens à la pandémie de COVID-19 donnera le ton pour les années à venir. Les syndicats de l'enseignement s'unissent pour demander que la dignité humaine, l'équité, la solidarité et les besoins publics soient au centre de nos décisions, et non la cupidité du secteur privé ou les idéologies néolibérales vouées à l'échec. Nous connaissons mieux que quiconque les réalités quotidiennes de l'éducation en Europe et nous sommes prêt·e·s à jouer notre rôle dans la reconstruction d'une éducation égalitaire et durable pour chacun et chacune d'entre nous.

Examens 2020 - situation exceptionnelle

ven, 03/04/2020 - 12:55

Le Ministre de l'Education Nationale a annoncé le recours au contrôle continu pour la session 2020 du baccalauréat et du DNB. Cette décision s'inscrit dans le contexte sanitaire exceptionnel que la France connaît depuis un mois. A ce jour, nous sommes au cœur du pic épidémique, aucune date de déconfinement ne peut encore être annoncée, les déclarations de ces derniers jours montrent également que le déconfinement est une opération extrêmement complexe et qui sera encore plus sensible dans l'Education Nationale afin de garantir la santé de tous.

Dans ces circonstances sanitaires peu communes, la préoccupation du SNES-FSU est celle de la santé des personnels et des élèves. C'est aussi le souci que les jeunes obtiennent un diplôme pleinement reconnu : les jurys de baccalauréat devront permettre d'analyser les notes au regard des dossier des élèves. Il s'agira de mettre les résultats des élèves en perspective avec les éléments de ce dossier afin qu'ils ne soient pas pénalisés, alors même que le "tout contrôle continu" renforce l'effet lycée.
Il est indispensable d'éviter que les inégalités ne se creusent davantage. C'est pourtant l'inverse qui se passerait en cas d'utilisation des notes du 3eme trimestre (s'il a lieu) pour les 3eme, 1ère et terminale : les élèves en décrochage à cause du confinement seront clairement lésés. Les notes du 3eme trimestre ne doivent en aucun cas être comptabilisées. Les conditions sanitaires et pédagogiques (nombre de textes) d'organisation d'un oral en français vont poser problème.

L'utilisation des notes de l'année ne peut donc qu'être exceptionnelle. Avant le confinement, un calendrier de réunions du comité de suivi de la réforme du lycée était acté pour arriver à des propositions d'évolution pour l'année 2020-2021. Ces évolutions restent indispensables et le SNES-FSU continue d'exiger une remise à plat de la réforme du lycée et du bac.

La gravité de la situation conduit à changer le format du baccalauréat de cette année, mais de nombreuses autres questions doivent aussi être traitées tant d'un point de vue sanitaire que pédagogique, pour les élèves et les personnels. Le SNES-FSU a déjà interpellé le Ministère sur les dispositifs prévus à la sortie du confinement et pour la rentrée. Des réponses sont attendues. La crise impacte profondément notre société, notamment le système éducatif. Elle ne change pas la responsabilité du SNES-FSU : être aux cotés des collègues et les défendre, même et surtout en temps de crise.

CAPES, CAPET et Agrégation 2020 : les propositions du SNES au Ministère

jeu, 02/04/2020 - 10:56

L'analyse de l'ordonnance 2020-351 parue au JO du 28 mars montre qu'elle offre en matière d'organisation de concours de multiples possibilités à à la DGRH. Si la période de confinement s'achève au 4 mai, il est possible que les concours de recrutement d'enseignants, de CPE, de PsyEN aient lieu avant la rentrée 2020 et que les lauréats soient nommés stagiaires au 1er septembre 2020.
Quel est le bilan des différents concours :
Concours internes
Au 23 mars 2020 toutes les épreuves d'admissibilité des concours internes (agrégation et CAPES/T, CPE) se sont tenues et les résultats des écrits ont été publiés excepté pour certaines agrégations. Les oraux d'admission qui devaient se dérouler durant le mois d'avril sont reportés selon la communication ministérielle en juin ou juillet. Cette situation a priori ne pose pas de problèmes insurmontables.
Concours externes
Pour les CAPES/T, CAPEPS, CAPLP et agrégations externes la situation est différente selon les disciplines.
Pour l'ensemble des CAPET, le concours CPE, le CAPEPS et certaines disciplines de l'agrégation, tous les écrits se sont déroulés .
En revanche les épreuves écrites n'ont pas eu lieu pour la quasi totalité des disciplines de CAPES, des CAPLP, comme pour la moitié des disciplines de l'agrégation.

Permettre la tenue des différents concours demande différents aménagements. Ils peuvent être différents selon les disciplines qui ont beaucoup de postes à pourvoir et celles qui en ont peu.
Dans les disciplines Lettres Modernes, Maths, Histoire-Géo, à forts effectifs, pour lesquels en temps normal les oraux peuvent s'étaler sur un mois, si les épreuves écrites sont décalées en juin et juillet, le problème essentiel est donc la durée de la correction et du passage des oraux.
Parmi les mesures à privilégier, il faudrait apporter des renforts aux jurys, tant pour la correction des écrits que pour la tenue des oraux.
Il y a d'autres solutions envisageables. On pourrait modifier le nombre des épreuves en le réduisant, utiliser la visioconférence pour les concours internes comme c'est permis pour les candidats ultramarins par le décret n° 2017-1748 du 22 décembre 2017 et l'arrêté du 22 décembre 2017 fixant les conditions de recours à la visioconférence pour l'organisation des voies d'accès à la fonction publique dans un cadre sécurisé dans les locaux du rectorat ou de l'inspection académique pour éviter des déplacements trop longs aux candidats. Les jurys de l'agrégation devraient par ailleurs dresser systématiquement des listes complémentaires, ce qui permettrait au Ministère et déclarer admis au CAPES/T les candidats qui s'y trouvent, ainsi que le permet l'article 23 du Décret n°72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés.
Il ne nous semble pas possible, en revanche, de modifier pour les concours le contenu des épreuves pour lesquelles les candidats se sont préparés depuis plus d'un an.

Pour le SNES, il est important que les concours puissent se tenir avant la rentrée scolaire 2020 si la situation sanitaire le permet bien évidemment.

CAPES, CAPET et Agrégation 2020 : le SNES, le SNEP et le SNUEP-FSU écrivent au Ministère

jeu, 02/04/2020 - 10:56

Les syndicats du second degré de la FSU (SNES, SNEP et SNUEP) se sont adressés mercredi 1er avril au Directeur Général des Ressources Humaines du Ministère de l'Éducation Nationale, Vincent Soetemont, après la publication de l'ordonnance 2020-351 parue au JO du 28 mars. L'analyse de ce texte montre qu'elle offre en matière d'organisation de concours de multiples possibilités à vos services. Si la période de confinement s'achève au 4 mai, il est possible que les concours de recrutement d'enseignants, de CPE, de PsyEN aient lieu avant la rentrée 2020 et que les lauréats soient nommés stagiaires au 1er septembre 2020.
Les syndicats de la FSU fontle bilan des différents concours :
Concours internes
Au 23 mars 2020 toutes les épreuves d'admissibilité des concours internes (agrégation et CAPES/T, CPE) se sont tenues et les résultats des écrits ont été publiés excepté pour certaines agrégations. Les oraux d'admission qui devaient se dérouler durant le mois d'avril sont reportés selon la communication ministérielle en juin ou juillet. Cette situation a priori ne pose pas de problèmes insurmontables.
Concours externes
Pour les CAPES/T, CAPEPS, CAPLP et agrégations externes la situation est différente selon les disciplines.
Pour l'ensemble des CAPET, le concours CPE, le CAPEPS et certaines disciplines de l'agrégation, tous les écrits se sont déroulés .
En revanche les épreuves écrites n'ont pas eu lieu pour la quasi totalité des disciplines de CAPES, des CAPLP, comme pour la moitié des disciplines de l'agrégation.

Permettre la tenue des différents concours demande différents aménagements. Ils peuvent être différents selon les disciplines qui ont beaucoup de postes à pourvoir et celles qui en ont peu.
Dans les disciplines Lettres Modernes, Maths, Histoire-Géo, à forts effectifs, pour lesquels en temps normal les oraux peuvent s'étaler sur un mois, si les épreuves écrites sont décalées en juin et juillet, le problème essentiel est donc la durée de la correction et du passage des oraux.
Parmi les mesures à privilégier, il faudrait apporter des renforts aux jurys, tant pour la correction des écrits que pour la tenue des oraux.
Il y a d'autres solutions envisageables. On pourrait modifier le nombre des épreuves en le réduisant, utiliser la visioconférence pour les concours internes comme c'est permis pour les candidats ultramarins par le décret n° 2017-1748 du 22 décembre 2017 et l'arrêté du 22 décembre 2017 fixant les conditions de recours à la visioconférence pour l'organisation des voies d'accès à la fonction publique dans un cadre sécurisé dans les locaux du rectorat ou de l'inspection académique pour éviter des déplacements trop longs aux candidats. Les jurys de l'agrégation devraient par ailleurs dresser systématiquement des listes complémentaires, ce qui permettrait au Ministère et déclarer admis au CAPES/T les candidats qui s'y trouvent, ainsi que le permet l'article 23 du Décret n°72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés.
Il ne nous semble pas possible, en revanche, de modifier pour les concours le contenu des épreuves pour lesquelles les candidats se sont préparés depuis plus d'un an.

Les syndicats de la FSU ont rappelé que leur point de vue, il était important que les concours puissent se tenir avant la rentrée scolaire 2020 si la situation sanitaire le permet bien évidemment.

Pour des vacances de printemps

mer, 01/04/2020 - 20:12

Monsieur le Ministre, alors que les vacances de printemps démarreront ce samedi dans la zone C, vous avez annoncé la mise en place, pendant cette période, d'un programme de soutien scolaire divisant ainsi les élèves en deux catégories, celles et ceux qui auraient besoin de se reposer et celles et ceux qui auraient besoin de remédiation.

Tous les élèves, parents d'élèves et personnels ont droit aux vacances et en ont besoin. Les parents d'élèves demandent à ce que s'arrête la pression qui s'exerce sur eux et leurs enfants.

Continuer à marteler qu'il faut faire de la remise à niveau à distance pour certains élèves, c'est entretenir l'idée que l'objectif reste d'avancer vers l'acquisition de nouvelles notions sans qu'il n'y ait de freins importants voire insurmontables par certains. Des élèves ont des difficultés qui ne peuvent être dépassées que par un accompagnement spécifique et en présentiel sur du long terme, d'autres n'ont pas les conditions matérielles et enfin des familles sont plongées dans les plus grandes difficultés pour soutenir leurs enfants. Certaines ne le peuvent pas par manque de connaissances, de matériel, d'espace ou de disponibilité. Ce faisant, vous demandez aux parents d'endosser un rôle qui n'est pas le leur. Face à l'ampleur de la tâche, se développent culpabilité parentale, stress, situations conflictuelles provoquant au mieux renoncement au pire des violences verbales ou physiques. L'heure est à prendre soin de sa santé sans ajouter de la culpabilité, c'est pourquoi les exigences ministérielles doivent être réorientées. Il faut cesser de tenir médiatiquement et dans les instructions transmises un discours de continuité pédagogique qui induit l'idée de progressions, d'assimilation de notions nouvelles.

Les inégalités existent, le confinement, hélas, n'efface pas ces réalités mais les révèle plus cruellement encore et les exacerbe. Il convient de ne pas les creuser davantage. Il s'agit avant tout de maintenir le lien avec les élèves et les familles pour les rassurer et les accompagner, dans le respect du droit à la déconnexion de tous et des statuts des personnels. Il convient aussi de faciliter pour tous la reprise quel que soit le moment où elle aura lieu.

Vouloir à tout prix enseigner de nouvelles notions durant la période de confinement va inévitablement aggraver les inégalités scolaires, entre les élèves qui auront été dans des conditions matérielles propices aux apprentissages et les autres. Dans ce sens, il ne doit pas y avoir de prise en compte d'évaluations qui auraient eu lieu pendant la période de confinement, ni au retour de celle-ci sur ce qui aurait été étudié dans cette période.

S'il est nécessaire de se poser ensemble la question de l'après, il faut cesser sur le temps présent de multiplier les messages. Il faut au contraire avoir une parole claire et rassurante : si le lien éducatif a été maintenu avec les élèves dans la période de confinement, le fonctionnement normal de l'école s'est arrêté le 13 mars et à la reprise, tous les éléments de programme seront repris en tenant compte de ce temps suspendu : c'est cela qui constituera la continuité des apprentissages due à tous les élèves.

Il est donc nécessaire que vous affirmiez clairement aux enseignant-es comme aux familles, que les vacances scolaires doivent être un temps de repos et de coupure. Faisons confiance aux équipes pour maintenir le lien éducatif avec leurs élèves et les familles.
C'est ce message que nos organisations portent ensemble aujourd'hui.
C'est ce message que nous vous demandons d'adresser rapidement à l'ensemble de la communauté éducative.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l'expression de nos salutations respectueuses