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Le SNES est le syndicat le plus représentatif du second degré. Il rassemble 62 000 syndiqués parmi les certifiés, les agrégés, les CPE, les CO psy, les surveillants, les personnels d'Éducation et les non titulaires. Aux élections professionnelles il recueille dans ces catégories plus de 50% des voix. Incontournable dans les lycées et collèges, le SNES porte donc, vis à vis de la profession, une responsabilité particulière qu'il entend assumer en s'appuyant sur des atouts qui lui sont propres.
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Rentrée 2020 : les infos du SNES (Montpellier)

mar, 29/09/2020 - 15:30

Quelques documents utiles à la veille de la rentrée :

une délégation FSU a été reçue par la rectrice mercredi 26 août au matin. Le SNES y a défendu ses revendications et posé un certain nombre de question. Compte-rendu de l'entretien.

un CHSCTA a eu lieu le 27 août. Ci-joint un compte rendu de ce CHSCTA.

modification de la situation des personnels vulnérables : https://www.snes.edu/Situation-des-personnels-vulnerables.html

le dossier de presse de rentrée du SNES est disponible ici.

Communiqué unitaire FSU CGT Solidaires Fidl MNL UNEF UNL : Une rupture profonde s'impose !

Document 1
Document 2

Lycées : Une rentrée dans des conditions dégradées (Montpellier)

mar, 29/09/2020 - 15:25

Pour les élèves comme pour tous les personnels, la rentrée 2020 est une rentrée masquée avec des règles et protocoles sanitaires très changeants d'un établissement à l'autre. Le contexte sanitaire et les discours ministériels servent à masquer une bien triste réalité imposée par JM Blanquer et son gouvernement aux lycéens, à leurs enseignants et aux personnels éducatifs.

Car la base de préparation de la rentrée 2020 organisait une rentrée avec moins de moyens : notre académie scolarisant davantage de lycéens et d'étudiants (+223 attendus) alors que le ministère et le rectorat ont décidé au printemps une rentrée avec moins de moyens (-47 ETP enseignants en lycées, 0 ETP CPE) et dans un contexte d'ouverture d'un nouveau lycée (Simone Veil à Gignac). Ces décisions budgétaires ont eu un premier impact négatif lié à la lise en oeuvre de la réforme des lycées : les mathématiques (-24) et les SII (-27) ont été les disciplines les plus touchées par les pertes de postes. Le deuxième, qui était largement prévisible, est celui d'effectifs toujours aussi lourds dans tous les niveaux (35-36 reste le seuil pour ouvrir des nouvelles classes). Et malgré le contexte du confinement qui a éloigné des apprentissages une proportion non négligeable de lycéens durant tout le printemps, le rectorat a décidé de poursuivre ses fermetures de classes durant l'été (-14 classes de première, -7 classes de terminale) et a été contraint d'ouvrir des classes supplémentaires en seconde GT (+7). Certes quelques moyens ont été pris sur la marge non distribuée en février pour financer l'option mathématiques complémentaires (+15 ETP), de nouveaux groupes d'EDS (+22,5 ETP) ou des sections de BTS et FCIL (+29 ETP) mais au final, nos lycées fonctionnent à la rentrée 2020 avec un bilan de +2 classes supplémentaires... pour 223 élèves supplémentaires attendus !

A cette rentrée, les collègues sont tous très inquiets de savoir comment ils vont pouvoir raccrocher des lycéens qui ont été en rupture dans leurs apprentissages durant de longs mois après des "vacances apprenantes" qui ont été un véritable flop. Le SNES-FSU demandait des moyens en heures postes pour accroître les dédoublements. Le ministre s'est contenté d'allouer des HSE (3 HSE par classe !) pour assurer du soutien aux lycéens volontaires comme solde de tout compte. Les choix ministériels incompréhensibles perdurent et viennent en ajouter aux difficultés rencontrées par tous les professeurs : refus d'accepter la demande du SNES-FSU de mettre en place un lissage des programme, refus d'abandonner les évaluations en seconde (à réaliser en septembre), refus de report de la mise en oeuvre du baccalauréat Blanquer à la session 2021 alors que les nouveaux élèves de terminale traînent comme un boulet la première salve des EDS de l'hiver 2020. Enfin, pour bien faire comprendre que l'avenir de la jeunesse et de l'éducation ne sont pas une priorité de ce gouvernement, le premier ministre et le président de la République ont clairement indiqué que les créations de postes dans le second degré ne seront pas au coeur de leur fumeux plan de relance économique.

La situation faire aux lycéens et aux personnels enseignants et d'éducation qui en ont la charge est le parfait exemple d'une politique éducative destructrice contre laquelle nous devrons tous nous mobiliser pour construire un "monde d'après" pour qu'il ne ressemble pas en pire à celui d'avant le confinement.

Hervé FUMEL

Lycée : Tout change ? rien ne change ! (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 11:44

Le contexte sanitaire fait de cette rentrée 2020 une rentrée exceptionnelle or nous restons dans le « flou ». Le protocole national est insuffisant : un protocole allégé, qui reste très en deçà de la réalité sanitaire, d'autant plus que le département du Rhône est classé désormais en « rouge », un protocole qui passe sous silence la réalité de la vie d'un établissement : toujours rien sur les salles spécifiques, le CDI, la demi-pension, les internats etc. , peu d'information sur la procédure en cas de Covid dans une classe... il y aura nécessairement des ajustements locaux, en fonction de la circulation du virus, mais il est absolument nécessaire d'avoir un cadre national, notamment dans une dimension de prévention. Il ne s'agit pas d'empêcher la rentrée mais de la sécuriser pour permettre à toute la communauté éducative de rentrer dans de bonnes conditions et de faire de la prévention afin d'éviter la fermeture totale des collèges, lycées et CIO.

Or le Ministre semble plus dans la gestion approximative de la crise au présent plutôt que dans la prévention.
Toutes les informations sur la préparation de la rentrée concernant le protocole sanitaire ici : http://www.lyon.snes.edu/spip/spip....

Ainsi, le ministère continue de mettre en place les réformes au mépris des contraintes sanitaires et dans un déni inquiétant de réalité.

Effectifs : plus d'élèves et moins de profs : ça déborde !

En réduisant les horaires d'enseignement et les possibilités de groupes à effectifs réduits, en refusant le financement des options, en obligeant à l'abandon d'une spécialité de la Première à la Terminale, la réforme du lycée implique des suppressions de postes. Dans notre académie, plus de 700 élèves sont attendus dans les lycées généraux et technologiques et 97 postes supprimés ! Cherchez l'erreur ! Alors que les élèves auront plus que jamais besoin d'aide et d'accompagnement après plusieurs mois de confinement et un 3e trimestre chaotique, les classes dépassent déjà le seuil de 35 élèves par classe. Les conditions de travail de toutes et tous sont ainsi dégradées et ce ne sont pas les quelques heures supplémentaires saupoudrées par le ministère qui permettront d'apporter des réponses concrètes aux difficultés qui vont apparaître dès septembre. Alors que le ministre n'hésite pas à dire qu'il faudra privilégier les effectifs réduits pour garantir la sécurité sanitaire, il laisse donc la rentrée prochaine se préparer avec moins d'enseignants et davantage d'élèves dans des classes dont le cadre explose sous l'effet du principe du lycée à la carte. Comment, dans ces conditions limiter le brassage des groupes d'élèves comme le préconisent les autorités sanitaires ? Comment assurer le suivi personnalisé quand plusieurs dizaines d'enseignants interviennent sur une division de 35 élèves ?

BAC : au revoir les E3C, bonjour les EC : des évaluations encore plus locales !

Contesté de toute part, le bac Blanquer et sa déclinaison en épreuves commune de contrôle continu (E3C) ont été noyés par une session 2020 marquée par l'annulation des épreuves nationales du bac. Les épreuves anticipées de Première générales et technologiques, Français et les E3C de la spécialité abandonnée et de l'enseignement scientifiques sont passés au contrôle continu tandis que le reste de la session 2 des E3C a été purement annulée. En cette rentrée, le ministère refuse de tenir compte des circonstances exceptionnelles de l'année scolaire et maintient à tout prix des épreuves locales qui plombent à la fois les contenus et l'organisation des apprentissages.

Au cœur de l'été sont donc parus les notes de service transformant les épreuves communes en « évaluations », comme si le problème ne relevait que de sémantique. L'injonction à organiser ces évaluations communes sur le temps ordinaire des cours se fait encore plus forte d'autant plus que le calendrier de passation est assoupli. L'examen, encore national, conditionné comme jamais par des contraintes d'emplois du temps et de moyens, voit ainsi sa légitimité se limiter dangereusement à celle du lycée d'origine. Le ministère reconnaît d'ailleurs que les seules garanties de l'égalité de traitement entre les candidats résident dans la banque nationale des sujets désormais en libre accès ainsi que dans l'unique commission d'harmonisation de Première et le jury d'examen en Terminale.

Le SNES-FSU n'a cessé de réclamer une organisation transitoire des examens qui permette de se donner du temps afin d'en repenser les modalités. Sourd aux revendications, le ministère persiste à vouloir instaurer une batterie d'évaluations locales étalées sur tout le cycle terminal, réduisant du même coup le diplôme national à la certification d'un niveau dans quelques matières, base de la sélection des dossiers de candidature sur Parcoursup.

infos complémentaires : modification des épreuves de LV, analyses complémentaires, liens vers les notes de services : https://www.snes.edu/Tout-change-Ri...

E3C : tout ça pour ça (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 11:41

La première session des E3C s'est achevée en mars dans la plus grande confusion, avec un bilan édifiant : ruptures d'égalité entre les élèves, recours assumé aux forces de l'ordre pour faire passer à tout prix et contre l'avis de tous ces épreuves de bac, problèmes d'évaluation ... Pendant des mois, le Ministre a nié les difficultés et fait preuve de mépris envers les personnels mobilisés.

Le 1er juillet, le ministre a rendu ses arbitrages concernant la session prochaine : loin de prendre la mesure du mécontentement exprimé depuis des mois, il propose des mesures d'assouplissement sans remettre en cause l'esprit même de la réforme, largement contesté, à savoir le recours au contrôle continu.

Voir analyse et communiqué de presse ici : https://www.snes.edu/Communique-E3C...

BAC session 2020 : mode d'emploi (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 11:39

Après des semaines d'informations parcellaires et parfois contradictoires, le ministère de l'éducation nationale vient enfin de finaliser la note de service formalisant la procédure du bac au contrôle continu pour cette session. Elle sera publiée au BO ce jeudi 4 juin. En attendant , on pourra retrouver en cliquant sur le lien ci-après des éléments afin de répondre à l'urgence :

https://www.snes.edu/Bac-session-20...

BAC session 2020 (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 11:37

Ce 27 mai sont parus au Journal officiel le décret et l'arrêté organisant le cadre de la session 2020 du baccalauréat général et technologique. Ces textes avaient été présentés le 11 mai dernier en Conseil supérieur de l'Education pour information, sans possibilité de vote ni d'amendements. On attend encore la note de service promise pour la mise en œuvre concrète de cette session. Dans les faits, le ministère a procédé en dehors de tout cadre réglementaire à coup de vade-mecum et de notes internes, d'où les informations plus ou moins détaillées, plus ou moins approximatives, plus ou mois contradictoires d'une académie à l'autre ...

Voir nos analyses ici : https://www.snes.edu/La-session-de-...

Oraux du bac de français : annulation enfin (!) annoncée par JM Blanquer le 28 mai (leur maintien était un non sens pédagogique et sanitaire)

Des manuels toujours en attente... (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 11:31

Ces dernières années la région RAA, dirigée par Laurent Wauquiez, multiplie les annonces au sujet des lycées : portique de sécurité, fourniture gratuite des manuels scolaires. Mais la région ne tient pas ses promesses au sujet des manuels scolaires. Dans de nombreux lycées (Diderot, Albert Camus...), la distribution ne sera pas assurée avant des semaines. Après des mois d'enseignement à distance, ce support pédagogique est pourtant indispensable à une reprise de l'enseignement dans de bonnes conditions, il le sera aussi en cas de fermeture de classe en raison de la Covid. La région n'a anticipé ni la distribution des manuels, ni leur traçage, elle avait pourtant tout le temps de le faire. Elle doit assurer les responsabilités qu'elle prétend assumer.

Manuel MILET-ANSELMO

Grève au lycée de la Boisse (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 11:27

Le jeudi 3 novembre, près de 90 % des enseignants du lycée étaient en grève pour cause d'effectif pléthoriques, particulièrement en seconde.

Ils avaient prévenu l'administration, dès juin, que les effectifs prévus à 35 exploseraient : on en est à 36 en seconde, en attendant une nouvelle augmentation. Bien sûr, pédagogie et sécurité sanitaire ne font pas bon ménage avec les sur-effectifs !

Pour les enseignants du lycée de la côtière, la coupe est pleine, ils ont demandé une audience auprès du Recteur afin d'obtenir la création d'une nouvelle division de seconde.

Confinement, déconfinement : distanciation physique. Rentrée de septembre dans l'Ain : on entasse les élèves ! (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 10:59

La période de confinement a été comme de partout en France difficilement vécue par les collègues malgré une reconnaissance unanime du travail qu'ils ont effectué. La période de déconfinement a été marquée entre autres par la volonté de certains chefs d'établissements d'imposer des conditions de travail intenables (exagération sur le cumul distanciel/présentiel par exemple). Un gros travail des sections syndicales a permis de calmer le jeu dans bien des établissements.

On aurait pu penser que l'expérience acquise par le ministère ainsi que les mois qui ont précédé la rentrée de septembre auraient permis de préparer un retour de l'ensemble des personnels et des élèves dans des conditions acceptables mais il n'en est rien : un protocole sanitaire réduit à peau de chagrin et des initiatives différentes dans tous les établissements.

Cela va d'une tentative de reconduire le protocole du printemps a un quasi retour à la normale en gardant seulement les masques, le lavage des mains et la ventilation.

Les collègues font bien trop souvent cours avec des classes surchargées dans des locaux de taille insuffisante.

Dans les collèges, lors du CTSD les prévisions faisaient état de 61 % de divisons à 27 élèves et plus (soit 663 pour un total de 1088). Pour rappel ce nombre était 35 % en 2017. Depuis, une douzaine de divisions ont été créées... Mais en utilisant les marges, avec dans certains cas un bonus de quelques heures.

Dans les lycées, la réforme a fait son travail : les horaires disciplinaires ont été diminués et il est bien plus facile de remplir les classes de façon "optimale", voire plus qu'optimale comme à la Boisse.

Dans l'Ain comme ailleurs, l'important ce n'est pas la pédagogie ni la sécurité sanitaire, mais ce jeu de Tétris où l'on doit faire entrer un maximum d'élèves dans les locaux avec un minimum d'enseignants, Et à ce jeu, notre administration se montre (pour une fois) très efficace !

Philippe MALET, secrétaire départemental SNES-FSU Ain

Rentrée dans la Loire : préparation de rentrée (a)normale pour une rentrée (a)normale ! (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 10:56

Rarement une préparation de rentrée n'avait réuni autant d'enjeux et de difficultés.

127 élèves supplémentairesétaient attendus en cette rentrée dans les collèges. L'Inspection Académique, lors du CTSD (Comité Technique Spécial Départemental) du 20 janvier, présentait un projet de dotation amenant à la suppression de 6 ETP(équivalents temps pleins) d'enseignants. La FSU et l'ensemble des organisations syndicales votant contre ce projet, un nouveau CTSD se réunissait le 28, annulant ces suppressions. Après de nombreuses interventions, nous obtenions finalement, la création de 3 ETP.

La préparation de rentrée était placée sous le signe de l'austérité et de l'opacité pour les lycées. Lors du CTSD du 20 janvier, était présenté un projet de suppression de 45 ETP.Nous avons dénoncé aussi bien l'effet d'aubaine entraîné par la baisse des effectifs (139 élèves de moins) que les économies liées à la réforme. Cette dotation, inacceptable avant le confinement, s'est révélée inopérante ensuite. En juin, l'IA n'a pas été en mesure de réunir les instances de préparation de rentrée. Nous avons donc organisé et accompagné plusieurs audiences pour contester la faiblesse des dotations. Durant l'été, plusieurs classes ont finalement été ouvertes.En cette rentrée, l'IA n'était toujours pas en capacité de produire les dotations définitives.

Le protocole sanitaire renvoyant les prises de décision au niveau local entraîne des situations inacceptables. En refusant de fournir des masques aux collégiens, le ministère a renvoyé la question aux collectivités territoriales, créant des inégalités très fortes entre les territoires au sein de l'Education nationale et alors que le masque est imposé par un protocole national. Ainsi, la Loire est le seul département de l'académie à ne pas fournir de masques aux collégiens. Concernant le lavage des mains, les réalités sont très différentes suivant les établissements (sanitaires facilement accessibles, gel hydroalcoolique à disposition ou impossibilité). Dans les établissements, lors de nos permanences, en heures d'information syndicale, en stages de formation syndicale, ou lors de mobilisations, nous serons, cette année et comme toujours, à vos côtés !

Romain ALLARD, secrétaire départemental, SNES-FSU Loire

Rentrée dans le rhône : 1er avril-poisson d'avril ? Non, c'est bien le 1er septembre 2020 ! (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 10:53

Les établissements scolaires du Rhône ont bien tous rouverts avec un protocole sanitaire ALLÉGÉ dans un département classé ROUGE par les autorités. On comprend alors le nombre d'écoles refermées dans le département depuis cette rentrée. Dans les établissements du 2nd degré, les cas de covid se multiplient aussi entraînant des quatorzaines prescrites aux cas contact. Les collègues de Barbusse à Vaulx en Velin ont d'ailleurs dû accueillir plus de 600 élèves sans vie scolaire (CPE et AED confinés) dès la rentrée. La part belle à l'autonomie des établissements engendre une diversité de fonctionnement presque égale au nombre d'établissements rhodaniens. Les ordres et contre-ordres se sont alors multipliés de la part des chefs d'établissement. A noter qu'aux Iris à Villeurbanne et à Longchambon dans le 8ème , le port du masque ne semble « pas être obligatoire lorsque la distanciation est respectée ». Ces affirmations de directions peu informées sont contraires au protocole sanitaire réactualisé fin août. Mais l'inquiétude première des différents acteurs de l'éducation reste la cantine. Pour limiter le brassage des populations, l'amplitude horaire générée par un nombre croissant de services entraîne une modification des horaires des établissements avec des cours matinaux jusqu'à 13h en collège parfois (au collège de Mions). Tout ceci n'aurait pas l'air d'être une vaste blague si, en sus d'un protocole sanitaire appliqué différemment dans chaque établissement, nous n'aurions pas à supporter des conditions d'enseignement et d'apprentissage encore dégradées. Les retours des collègues de lycées tendent à montrer une augmentation des seuils à 36 élèves en moyenne par classe (38 en 1ère à Lumière dans le 8ème...). Les collèges ne sont pas en reste, avec la grosse majorité des établissements à 30 élèves par classe, voire plus : 28 en 5 ème au collège REP + de Pierre Bénite. Contrairement aux annonces du ministre, la rentrée n'est pas préparée, les conditions de travail sont très nettement dégradées et on se demande où est passée la pédagogie…

Nadège PAGLIARONI, secrétaire départementale SNES-FSU Rhône

Oraux annulés ... enfin ! (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 10:45

La préparation des épreuves de français a pris une tournure insolite cette année. Après l'annonce de l'annulation des épreuves écrites, les élèves de première et leurs professeurs ont dû faire face à la préparation inédite des oraux à distance. Cette préparation a été chaotique : pour beaucoup d'entre nous, le nombre de textes demandés par le Ministre de l'Education Nationale n'avait pas été atteint avant la fermeture des établissements, les questions de grammaire avaient été partiellement traitées, la deuxième partie de l'oral souvent très peu abordée, et surtout, de très nombreux lycées n'avaient pas encore organisé d'oraux d'entraînement. Nous nous sommes immédiatement inquiétés des inégalités qu'allaient générer la préparation à distance de ces oraux, pour des élèves qui n'ont pas tous accès de la même manière aux outils informatiques et numériques par exemple. Nous avons également dû gérer l'inquiétude des familles et des élèves, car si le nombre de textes avait été délimité, les conditions sanitaires de passation de l'épreuve ne l'étaient pas. Tant bien que mal, nous nous sommes organisés pour faire travailler les élèves : révisions des textes déjà vus, nouvelles lectures linéaires, entraînements en visioconférence parfois, exercices de grammaire, lecture des œuvres cursives pour l'entretien... et ce, pendant deux mois. L'annonce de la suppression de ces oraux a été accueillie le 28 mai comme un soulagement, car ils constituaient à la fois un non-sens pédagogique et un creuset pour de nouvelles inégalités.

Emmanuelle Richard, professeur de lettres,
S1 du Lycée du Forez (Feurs)

Détournement à distance ! (Lyon)

mar, 29/09/2020 - 10:42

A l'heure où les lycées résolvent la quadrature du cercle pour organiser leur réouverture partielle, où les enseignants doivent s'adapter encore à une autre façon de fonctionner, le ministère, malgré les apparences la gestion chaotique de crise, ne perd pas le nord !

Les modalités de délivrance du bac 2020 ont été formalisées très tardivement et, malgré le cadrage du BO ce 4 juin, des zones d'ombre persistent : quid de l'organisation des jury par exemple ? La session 2021 est aussi dans le flou : les oraux de français sont supprimés mais les contestées E3C sont maintenues et rien ne bouge sur l'organisation de l'année prochaine. Le ministère utilise en fait la situation et l'investissement exemplaire des enseignants pour faire avancer ses « réformes » et modifier notre métier. Exigeons au contraire, pour l'année prochaine, une autre organisation des examens et des enseignements, et, pour l'avenir, une autre réforme du bac et du lycée !

17 septembre 2020 - Une rupture profonde s'impose ! (Limoges)

mar, 29/09/2020 - 10:31

La rentrée sociale revêt un caractère tout à fait inédit à plus d'un titre. Aux conséquences humaines de la crise sanitaire, s'ajoutent des mesures régressives portées par le Gouvernement. Celles et ceux qui travaillent et produisent les richesses, dont les salariés qui ont été particulièrement exposés et mis à contribution pendant le confinement, sont les premiers à payer les velléités d'employeurs qui annoncent licenciements et délocalisations. Pendant ce temps, ils maintiennent le versement de dividendes pour les actionnaires et exigent de nouvelles exonérations de cotisations sociales et des baisses d'impôts.

Préparée sans réelle prise en compte de la situation sanitaire et sans moyens supplémentaires, la rentrée scolaire et universitaire inquiète les jeunes, les familles et les professionnels, cela dans le cadre d'un protocole sanitaire ministériel illisible et sans cesse remis en cause. Nous exigeons la mise à disposition gratuite de masques en quantité suffisante à l'ensemble des collégiens, lycéens et étudiants. Il en va de même pour l'ensemble de la population. Pour le monde du travail, il revient aux employeurs de prendre en charge les mesures de protections individuelles et collectives, dont la distribution gratuite de masques en quantité suffisante. La réduction du temps d'exposition également nécessaire induit de discuter de l'organisation, des conditions de travail et réduction du temps de travail.

Les organisations syndicales et de jeunesse affirment ensemble que la priorité doit être donnée à la préservation et à la création en nombre d'emplois stables et qualifiés, à la sortie de la précarité en particulier des jeunes travailleurs, des étudiants, avec leur mise en protection sociale. Cela passe notamment par la réduction du temps de travail sans perte de salaire, le développement des services publics et des industries nécessaires à la réponse aux besoins en biens et services, en prenant en compte l'urgence écologique.

Il est urgent d'augmenter les salaires, les traitements, les pensions et les minimas sociaux.

Il est également temps d'en finir avec les aides publiques de toute nature dont bénéficient de grandes multinationales sans contrepartie et contrôle d'utilisation.
La période a également confirmé les exigences communes qu'ont portées nos organisations lors de la lutte contre la réforme du système des retraites. Nos organisations condamnent toute nouvelle régression en matière de retraite et de protection sociale programmées notamment par le Gouvernement au détour du projet de loi de finances de la sécurité sociale (création de la cinquième branche, augmentation de la CSG, etc. …).

L'urgence sociale impose aujourd'hui tout au contraire, de préserver notre système intergénérationnel et d'envisager une protection sociale incluant la dimension professionnelle tout au long de la vie, des années d'études à la retraite.
La situation impose donc des mesures de transformation profonde en totale rupture avec les politiques économiques et sociales actuelles. Un énième « plan de relance » qui ne remettrait pas en cause ces politiques, ne pourrait conduire qu'à une aggravation de la crise sociale, économique et écologique.

La question de l'emploi est centrale : lutte contre la précarité et la pauvreté, hausse des salaires, développement des services publics, abandon définitif de la réforme des retraites. Les organisations La CGT, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNEF et UNL appellent à faire de la journée du 17 septembre une première journée d'action, selon des modalités à définir dans les secteurs professionnels et les territoires (grèves, manifestations, rassemblements, etc. …) pour imposer le changement nécessaire.

Paris, le 27 août 2020.

Communiqué de presse - Une rupture profonde s'impose !

Rentrée 2020 (Limoges)

mar, 29/09/2020 - 10:22

La question sanitaire est majeure et pèse considérablement sur les conditions de rentrée. Le protocole sanitaire, aménagé par Blanquer sous la pression, impose certes le port du masque, mais laisse en suspens de nombreuses questions sans réponse à ce jour : personnels et élèves à risques, accompagnement des élèves en situation de handicap, problème spécifiques des internats, de la restauration et des CDI notamment, tout en refusant la gratuité des masques pour les familles... Le ministre renoue avec une communication irresponsable dans les media, énonçant un jour une règle démentie le lendemain. Ainsi il a successivement annoncé que le masque serait obligatoire pour les élèves (à partir de 11 ans) comme pour les enseignants, puis que dans certains cas il ne le serait pas... puis qu'il sera finalement obligatoire en toutes circonstances. Absence d'anticipation, communication via les media, refus de discuter avec les organisations syndicales comme avec les associations de parents d'élèves caractérisent sa ligne de conduite. La communication effrénée du ministre tout l'été sur les vacances apprenantes n'a pas réussi à cacher le fait que du million d'élèves annoncés, on est passé à 125000 jeunes finalement concernés, sans aucune évaluation des apprentissages effectivement menés.

Le SNES-FSU met en avant la nécessité de sécuriser la rentrée, afin que les cours puissent reprendre durablement, ce qui implique que tout soit mis en œuvre pour éviter de nouvelles contaminations dans les établissements qui pourraient conduire à des fermetures et au retour du travail à distance. On sait que le ministère envisage différents scénarios en fonction de l'évolution de l'épidémie. Le scénario d'un enseignement hybride pourrait voir le jour avec ce qu'il implique d'explosion de la charge de travail et de nos ORS, de mise sous contrôle de notre travail et de perte de sens du métier.

Les conditions dans lesquelles la rentrée se déroule dans les collèges et les lycées restent tout aussi détestables qu'elles le sont depuis plusieurs années, notamment en ce qui concerne les effectifs par classe avec une norme qui devient, dans un maximum d'établissements, les 30 en collège et les 35 en lycées. La mise en place de la réforme du lycée au niveau terminale va conduire à la multiplication des contraintes et aberrations déjà largement dénoncées au niveau première : brassage d'élèves et éclatement de la notion de classe, course aux évaluations de contrôle continu qui, si elles ont changé de nom, poseront tout autant de difficultés avec un cadrage de plus en plus lâche, renvoyant l'organisation des épreuves au local. Les programmes, dont nous demandions à ce qu'ils soient revus, en collège comme en lycée, dans le sens d'un allègement, ne l'ont pas été. Dans plusieurs disciplines c'est même un alourdissement qui est prévu.

Rien ne permettra de prendre en compte et de tenter de remédier à l'explosion des inégalités scolaires liées à la période de confinement et au fait que nous allons retrouver des élèves pour lesquels les apprentissages, comme le cadre scolaire, seront fragilisés et qu'il va falloir reconstruire. La seule mise en place par le ministre, d'évaluations en sixième et seconde, ne fait pas illusion sur les effets qu'elles pourront produire, d'autant que de véritables moyens de remédiation ne sont pas prévus.

Tout est en place pour que la catastrophe sanitaire soit suivie d'une catastrophe scolaire, ce que nous devons dénoncer, en avançant les nécessités pour la prévenir et la combattre en exigeant des recrutements supplémentaires et des moyens pour améliorer les conditions d'encadrement.

Crise sanitaire : Une rentrée pas comme les autres

mar, 29/09/2020 - 09:08

Une rentrée « normale » ? Il n'y avait que Jean-Michel Blanquer pour y croire et l'annoncer haut et fort ! Cette rentrée ne pouvait pas l'être, tant d'un point de vue sanitaire que pédagogique. Sur le terrain, dès les premiers jours, les effets des défaillances ministérielles sont apparus au grand jour. La rentrée s'est faite grâce à l'investissement des équipes ; l'année a commencé, mais dans quelles conditions ?

Rentrée 2020 : C'était écrit !

« Nous sommes préparés à tout ! », clamait le ministre de l'Éducation nationale en une d'un quotidien national la veille de la prérentrée. Mais qui est donc ce « nous » ? Certainement pas un ministre resté muet jusqu'au 20 août sur les conditions de rentrée et qui a ensuite une nouvelle fois enchaîné les prises de paroles confuses et contradictoires. Comme un symbole de cette légèreté, plusieurs ministres ont été obligés de reconnaître, début septembre, que les dispositifs de garde d'enfants mis à l'isolement ou malades de la Covid-19 étaient à l'étude : le gouvernement reconnaît donc que rien n'est prêt pour faire face à une situation pourtant largement prévisible !

Pipeau et cacophonie

Les jours et les semaines passent : les premiers cas de Covid-19, inévitables, sont découverts et gérés dans la plus grande cacophonie. La faute à des consignes peu claires et changeantes. Qui est cas contact ? Qui est cas contact à risque ? Qui est mis à l'isolement ? Autant de questions auxquelles de multiples réponses sont apportées. Les élèves et les personnels subissent aussi les conséquences de la gestion catastrophique de la politique de tests par le gouvernement : les files d'attentes s'allongent, avec des dommages collatéraux puisque de nombreux élèves et personnels se retrouvent dans des situations inextricables. Ici ou là, certaines hiérarchies intermédiaires refusent de donner le nombre de cas dans un établissement, cultivant une forme d'omerta. Comme si, une nouvelle fois, il ne fallait pas faire de vagues…

Cette rentrée est hors-norme et ses conséquences étaient prévisibles. Le SNES-FSU l'a dit et répété : personne ne peut sortir indemne de deux à trois mois d'école à distance. Des aménagements de programmes sont nécessaires pour éviter que des élèves ne se trouvent en grande difficulté dès la rentrée. Il faut prendre le temps de reconstruire les conditions indispensables pour des apprentissages solides, plutôt que de se lancer dans une course folle pour boucler des programmes lourds et élitistes. Les premiers retours confirment les difficultés des élèves. Quand le ministre va-t-il enfin entendre raison ?

Face à la gravité de la situation, le SNES-FSU a interpellé directement le président de la République, dans une lettre ouverte publiée dans la presse, et réactive tous les outils de la continuité syndicale pour aider et défendre au mieux les collègues. Sur le terrain, les militants des sections académiques et départementales sont plus que jamais mobilisés aux côtés de la profession. Rentrée « normale » ou pas : l'action syndicale continue avec le SNES-FSU.

Sophie Vénétitay

à Bordeaux : Ubuesque

Depuis le mercredi 16 septembre, le nombre de personnels « Covid-positifs » au collège Aliénor-d'Aquitaine de Bordeaux ne cesse d'augmenter. Tout d'abord le chef d'établissement, puis des personnels administratifs, des AED et, pour finir, des professeurs. Le 21 septembre, onze cas étaient identifiés et on attend les résultats des tests pour au moins cinq collègues.

Administration irresponsable

L'imputabilité au service est reconnue pour le principal et deux personnels administratifs, la contamination aurait bien eu lieu dans le collège.

Mais, suite à une question posée par les élus FSU lors d'un CHSTD extraordinaire, nous apprenons avec surprise que, côté professeurs, la contamination proviendrait de la sphère privée, ce qui justifierait, d'après le DSDEN de la Gironde, l'absence de fermeture temporaire de l'établissement. Situation inacceptable aux yeux des collègues qui demandent la désinfection du collège donc sa fermeture temporaire, l'application stricte du protocole de nettoyage des salles et des postes de travail, ainsi que la fourniture de gel hydroalcoolique et de matériel de désinfection dans toutes les salles de l'établissement. Sans oublier des informations régulières sur la situation sanitaire du collège.

Une fois de plus, la parole des personnels de terrain n'est pas prise en compte et l'absence de transparence renforce les inquiétudes dans un climat scolaire déjà tendu. Ce collège accueille 820 élèves, dont des primo-arrivants vivant dans des squats, alors qu'il était prévu pour sept cents.

Aux profs de pallier l'incurie ?

Dans d'autres établissements de l'académie, lorsque certains élèves sont contraints de rester chez eux dans l'attente des résultats des tests, il est demandé aux collègues de maintenir un enseignement à distance, tout en poursuivant le travail en présentiel avec leur classe. Une fois de plus, l'institution compte sur la conscience professionnelle de ses agents pour compenser son absence d'anticipation.
Les établissements scolaires doivent rester ouverts contre vents et marées, la priorité est donnée au maintien de l'activité économique au détriment des statuts et de la santé des personnels. C'est inacceptable et nous devons organiser le refus collectif cette double tâche !

Jean-Pascal Meral

à Nice : Alerte renforcée

L'application du protocole sanitaire dans l'académie de Nice a été chaotique. Trois semaines après la rentrée, des établissements de centre-ville n'ont toujours pas de masques. Les personnels dits « vulnérables » ont dû aller quémander les masques de type II pour en obtenir un, deux tout au plus, jusqu'aux prochaines vacances !

Un chef d'établissement ne supporte pas le masque : il décrète qu'il ne sera pas obligatoire ! En ce qui concerne le brassage des élèves, ce qui domine le plus souvent, c'est le « comme avant » car les équipes n'ont pas les moyens matériels d'accueillir TOUS les élèves. À la cantine, à la rigueur a-t-on élargi les plages d'accueil pour éviter les pics d'affluence. Des collègues ont découvert, dans la presse, que des classes étaient fermées dans leur établissement pour des cas avérés de Covid. Des chefs d'établissement demandent à des collègues dits « cas contacts » de venir travailler avant le résultat du test... Nos locaux ne sont pas adaptés aux effectifs élevés. Les moyens humains ne sont pas à la hauteur de cette crise sanitaire : 994 élèves de plus pour 40 ETP de moins ! Renvoi au local, manque de cadrage, absence d'anticipation ne pouvaient pas permettre une rentrée apaisée !

Fabienne Langoureau

à Dijon : Crise sanitaire invisibilisée par le rectorat

Les collègues ne sont pas sereins en cette rentrée anormale ! La crise sanitaire a des conséquences lourdes dans les deux départements classés « rouges », la Côte-d'Or et, depuis la mi-septembre, la Saône-et-Loire.

Beaucoup d'établissements ont signalé le défaut d'information des personnels voire des familles concernant les cas de Covid. Le SNES-FSU s'est adressé à la rectrice pour exiger plus de transparence et un point régulier avec les représentants des personnels. Le refus de fermer des classes conduit à des situations délétères pour le métier et les apprentissages. À Chevigny-Saint-Sauveur, commune de l'agglomération dijonnaise où la circulation du virus est particulièrement forte, sur vingt divisions du lycée, quatre se retrouvent sans aucun garçon (cas contacts dans les vestiaires d'EPS…). Au CIO de Dijon, les Psy-ÉN témoignent de la difficulté de faire des entretiens masqués, car le non-verbal est important. Leur inquiétude est aussi très forte pour les jeunes impactés par la crise, pour trouver des stages ou contrats d'apprentissage, et par le manque de place dans le supérieur. Au collège, les nombreuses HSE attribuées pour « aider » les élèves au premier trimestre ne sauraient compenser l'augmentation quasi générale des effectifs.

Amélie Hart Hutasse

Florilège...

Choses vues et entendues...

• « Avec les groupes de spécialité en Première et Terminale, il est impossible de donner un nombre de classes touchées. Un élève peut potentiellement contaminer tous les élèves de son niveau. Par ailleurs, les infos sont distillées au compte-gouttes. J'ai signalé dix cas à la direction de l'établissement, mais ce n'est qu'une approximation. »
Marie

• « Omerta totale du côté des chefs. Les collègues ont appris par hasard l'existence des deux cas chez les élèves : impossible de savoir combien il y en a véritablement. Idem pour les collègues. On ne connaît la raison de leur absence que s'ils préviennent d'autres enseignants... »
Richard

• « Aujourd'hui, deux étudiants en prépa, positifs au Covid. Décision en interne de fermer la classe dès ce lundi et de passer à la visio le temps de la quatorzaine et que d'autres cas éventuels se déclarent. Réaction de la haute autorité... Rectorat, ARS. On ne doit pas fermer en deçà de trois cas déclarés... ! Il faut juste “enquêter”. »
Sonia

Le bac fantôme

mar, 29/09/2020 - 09:00

À ce jour, le calendrier des épreuves nationales de la session 2021 du bac est encore inconnu. Tout au plus sait-on que les épreuves de spécialité auront bien lieu mi-mars, auxquelles s'ajouteront en juin le grand oral et la philo, sans plus de précisions concernant les modalités d'organisation et de correction. Sur le site officiel du ministère, il n'y a toujours aucun sujet 0 et la banque nationale de sujets, désormais publique, reste désespérément vide pour les évaluations communes du troisième trimestre de Terminale. Comment préparer correctement à l'examen avec tant d'inconnues ?

Lycée Blanquer : Une improvisation coupable

mar, 29/09/2020 - 08:59

Alors que le ministre se félicite d'une rentrée faite « dans la joie », chacun peut faire la douloureuse expérience de la désorganisation des établissements comme des enseignements.

On retrouve en cette rentrée les mêmes errements ministériels que l'année passée, auxquels s'ajoutent les incertitudes de la crise sanitaire. Condamnés à préparer des cours sans connaître précisément le temps alloué pour traiter les programmes, les enseignants sont confrontés à la réalité de groupes aux effectifs pléthoriques avec des élèves rassemblés au gré des choix individuels d'enseignements.

Un lycée déboussolé

Comment traiter des programmes aussi lourds en un temps si contraint par l'échéance de l'examen en mars ? Comment préparer au grand oral alors que rien ne vient en préciser les modalités au-delà du cadrage général préconisé par la note de service du 13 février 2020 ? Dans certaines académies, l'inspection encourage les enseignants à̀ présenter dès maintenant aux élèves un plan de formation sur l'année, mais, dans le détail, toutes les réponses restent floues.

Un lycée peau de chagrin

À l'instar de ce que d'autres pays ont expérimenté avec les enseignements à la carte, l'offre de formation se rabougrit. Le recul de l'offre de formation s'accélère sous l'effet de la pénurie de moyens. Souvenons-nous des discours officiels sur le renforcement de l'enseignement des sciences et des mathématiques ! Or, de moins en moins d'élèves étudient ces matières. Ainsi, dans les académies de Limoges, Rennes et Bordeaux, c'est 5 à 6 % d'élèves en moins en spécialité maths en Première par rapport à 2019. La physique-chimie et les SVT accusent aussi un net repli, tandis que les sciences de l'ingénieur (SI) poursuivent leur chute. La réforme devait permettre de réduire les inégalités genrées, mais, dans les faits, les filles choisissent encore moins les parcours scientifiques qu'avant.

L'offre de formation se resserre sur quelques matières et toutes les autres, options et spécialités, sont progressivement effacées. Les LCA, les enseignements artistiques, les langues vivantes et régionales (sauf l'anglais), les options technologiques en Seconde : tout est en voie de disparition. La liberté de choix conjuguée à la pénurie de moyens et aux suppressions de postes a tué le choix !

Il suffit !

Le lycée Blanquer, c'est donc moins d'enseignements avec une formation atomisée en parcours individuels sans cohérence et des emplois du temps éclatés pour tous. Alors que la crise sanitaire imposerait la réduction des effectifs et du brassage, ces précautions sont sacrifiées sur l'autel de la mise en œuvre des réformes du lycée et du bac « quoiqu'il en coûte ». Le SNES-FSU a beau avoir demandé une organisation transitoire des examens et des aménagements de programmes, le ministère a balayé toutes les propositions d'un revers de main et veut même alourdir encore les prescriptions en inscrivant l'approfondissement de notions vues en Seconde au programme des épreuves anticipées de français !

Au mépris de la réalité, le ministre se contente de répondre aux inquiétudes en invoquant l'accompagnement personnalisé et les heures supplémentaires pendant que le président de la République fait la promotion des « cordées de la réussite ». Impossible pourtant de faire comme si la rentrée était normale. Le SNES-FSU revendique la remise à plat de ces réformes et dans l'immédiat appelle à la suppression de la première session des évaluations communes. Il demande aussi l'annulation des E3C pour les élèves qui seraient appelés à repasser la première session en Terminale.

Claire Guéville

Taxe d'apprentissage : Le statut scolaire sacrifié

mar, 29/09/2020 - 08:56

En une dizaine d'années, la part de la taxe d'apprentissage réservée aux lycées technologiques et professionnels a subi d'importantes baisses.

Historiquement, la taxe d'apprentissage (TA) était un impôt payé par les entreprises pour financer les formations initiales professionnelles des jeunes (CAP, bac pro, BTS...). Le produit de cet impôt était partagé entre les formations sous statut d'apprentis et celles sous statut scolaire. En 2011, 58 % finançaient directement les Centres de formation d'apprentis (CFA), tandis que les 42 % restants étaient attribués aux autres formations. Après la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », ce sont 87 % de la TA qui est versé par « France Compétences » aux CFA et 13 % aux établissements scolaires ou universitaires. Cette seule modification législative peut entraîner, pour les lycées, une dotation en diminution de près de 50 %.

La loi prévoit que les Régions peuvent, si elles le souhaitent, compenser cette baisse, mais comme elles ont été exclues des circuits de financements de l'apprentissage, elles traînent les pieds…

D'autre part, la TA est une proportion de la masse salariale ; 0,68 % pour la plupart des entreprises. Si la masse salariale diminue, comme par exemple en cas de développement important du chômage et du chômage partiel, la TA diminue et donc les financements de formations avec.

Le développement de l'apprentissage dans les EPLE, parce qu'il passe souvent par la mixité des publics (quelques apprentis dans les classes) financée par les rectorats, n'apportera pas de part de TA supplémentaire.

Difficultés financières

Malgré tout, les CFA privés sont souvent en difficulté financière. Aussi un récent rapport de l'Igas-IGF propose de transférer des crédits du budget de l'ÉN vers l'apprentissage et de minorer le niveau de prise en charge individuelle des contrats d'apprentissage lorsqu'il existe d'autres sources de financement public, notamment en cas de réorientation de jeunes en formation professionnelle sous statut scolaire vers l'apprentissage.

Tout semble fait pour que les formations publiques disparaissent. Il faudra intervenir fermement auprès des Régions afin qu'elles prévoient les financements nécessaires à des formations professionnelles publiques de qualité pour toutes et tous.

Thierry Reygades

Évaluations : Un coupable mélange des genres

mar, 29/09/2020 - 08:48

Évaluation des élèves ou des professeurs ? La confusion entretenue par le ministère est troublante...

Des outils « pour mieux cibler et organiser l'accompagnement des élèves » : le ministère le répète depuis le mois de juin, les évaluations nationales pour tous les élèves de Sixième et de Seconde, en français et mathématiques, ont une visée uniquement pédagogique. La surprise est donc totale quand des professeurs voient apparaître à l'écran de leurs élèves des « questions complémentaires ». Succède alors l'agacement, voire la colère, en lisant quelques questions comme celle-ci : « Lorsque vous envoyiez du travail à votre professeur, comment vous faisait-il un retour ? ». En quelques clics, les évaluations censées esquisser un tableau des connaissances des élèves après le confinement deviennent un test fourre-tout, à mi-chemin entre évaluation et institut de sondage, où il est demandé aux élèves leur perception du travail de leurs professeurs. Puis viennent des questions d'ordre psychologique sur le vécu pendant le confinement qui peuvent être déstabilisantes.

Évaluer aussi les professeurs

S'il est tout à fait légitime de chercher à en savoir plus sur la façon dont chacun a vécu cette période si particulière du confinement, le mélange des genres est pour le moins problématique. À quoi pourront bien servir des résultats d'une enquête sur la perception par les élèves du travail des professeurs, intégrés à un test visant à évaluer les connaissances des élèves ? Alors que le ministre a en tête un plan très clair pour redéfinir nos métiers, comment pourraient être exploitées des réponses qui montreraient un jugement négatif sur le travail des professeurs et des résultats attestant d'une mauvaise maîtrise de certaines connaissances ?

Enfin, le caractère facultatif de ces questions est découvert au détour du site du ministère. Cette information n'est quasiment jamais arrivée aux professeurs et aux familles ! Mélange des genres, manque d'information, peu de suites pédagogiques possibles une fois les résultats connus... encore une fois, le ministère passe à côté des enjeux de cette rentrée hors normes.

Sophie Vénétitay

Voir aussi le communiqué www.snes.edu/Evaluations-nationales-un-coupable-melange-des-genres.html