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SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 9 min 39 sec

Retraites : grève le 5 décembre

mer, 16/10/2019 - 12:15
Le communiqué

Jeudi 5 décembre : toutes et tous en grève et dans l’action !

Les organisations syndicales et de jeunesse s’engagent à construire un plan d’action contre le projet de réforme de retraites par points et pour gagner un renforcement, une amélioration du système actuel de retraites solidaire et intergénérationnel.

L’émergence et la construction de luttes dans les différents secteurs professionnels, montrent la nécessité d’apporter des réponses aux salarié-es en termes d’emploi, de salaires, d’égalité entre les femmes et les hommes, de conditions de travail… Autant de sujets qui sont étroitement liés aux questions de la retraite et que l’actuel projet de réforme gouvernemental aggravera.

Les organisations vont initier et impulser des assemblées générales sur les lieux de travail et d’études, des débats publics sur tout le territoire, des interpellations des élu-es locaux et nationaux, des initiatives de sensibilisation de toute la population pour échanger sur la réforme et sur les modalités d’actions et de riposte collective.

Les organisations syndicales et de jeunesse (CGT, F0, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL, UNEF) appellent l’ensemble des salarié-es du secteur privé comme du secteur public, des retraité-es, des privé-es d’emploi, des jeunes, à une 1ère journée de grève interprofessionnelle le jeudi 5 décembre 2019.

Montreuil, le 16 octobre 2019

L'UDA, c'est aussi de chez moi

mer, 16/10/2019 - 11:26

La 19e Université d'automne ouvre ses portes vendredi après-midi pour trois jours intenses. Plus de vingt conférences traiteront des questions qui traversent l'école : liberté pédagogique, apprentissage de la lecture, des maths, écologie, direction d'école... 

Les places sont parties très vite mais il sera possible de suivre l'édition 2019 via les réseaux sociaux : la page Facebook et le fil Twitter du SNUipp-FSU, ainsi qu'Instagram puis un spécial 100 pages de Fenêtres sur cours sera édité avec toutes les interviews et les reportages autour des sujets abordés.

Trois conférences plénières seront retransmises en live vendredi à 14 h 15, samedi à 16 h 30 et dimanche à 10 h 45. 

Le programme complet ici

Rencontre au ministère

mer, 16/10/2019 - 11:04

Les représentants du syndicat ont porté la voix de la profession qui s’est exprimée fortement le 3 octobre dernier dans les différentes mobilisations suite au décès de Christine Renon. Les co-secrétaires généraux du SNUipp-FSU ont rappelé l’urgence d’agir sur la question de la direction et du fonctionnement de l’école avec l’octroi de temps de décharges, d’une aide au fonctionnement de l’école et la possibilité de prendre de suite 15 mesures d’urgence. La discussion a également porté sur les nécessaires améliorations du métier pour l’ensemble des enseignantes et des enseignants qui sont également soumis à des injonctions et des pressions administratives en tous genre.

Les réponses du ministre 

Si le ministre s’est montré particulièrement désireux d’aplanir les divergences, il a aussi nié, contre l’évidence, toute volonté d’imposer, de prescrire ou de mener une politique verticaliste, sur les méthodes pédagogiques notamment.

Sur la direction, il reconnaît quelque chose de précieux autour du travail en équipe dans le système actuel, mais souhaite donner un « pouvoir de direction » ainsi qu’une meilleure « charpente juridique/administrative » à l’école tout en affirmant n’avoir pas de projet préétabli. Pour autant, il formule des hypothèses d’architecture modulaire avec un regroupement pour les petites écoles et d’autres possibles pour les plus importantes, avec notamment une référence aux travaux parlementaires de Cécile Rilhac.
Sur ce sujet le ministère envisage un travail « intensif » jusqu’en décembre pour aboutir à des propositions mises en œuvre dès la rentrée prochaine. Celui-ci va partir d’un questionnaire à destination des directeurs et directrices qui sera soumis aux organisations syndicales, puis de temps d’échanges dans les départements pour étudier diverses propositions.
D’ores et déjà, il envisage de faire de premières annonces au retour des vacances d’automne en intégrant des mesures que nous avons proposées.

Cette période, avec toute l’émotion et la colère qui se sont manifestées remet sur la place publique la question de la direction et du fonctionnement de l’école. Plus largement les conditions de travail dans les écoles doivent trouver des réponses urgentes mais également sur le long terme. Le SNUipp-FSU propose à la profession de se mobiliser dans chaque département le 6 novembre prochain, jour du CHSCT ministériel spécial suite au suicide de Christine Renon, pour permettre de faire entendre la voix de tous les personnels.

Journée du refus de la misère le 17 octobre

sam, 12/10/2019 - 15:19

Les enfants, personnes à part entière, ont des droits comme ceux de vivre en famille, de bénéficier de soins, de protection contre les violences, d'accéder à l’éducation, à un niveau de vie suffisant, à des loisirs, à la liberté d’expression. Inscrits parmi d'autres dans la CIDE adoptée par les Nations Unies en 1989 et ratifiée par 196 pays, dont la France, ces droits sont loin d'être appliqués. De nombreux enfants en souffrent, notamment en France. Un collectif dont ATD Quart Monde, le SNUipp et la FSU, a mis en ligne un kit pédagogique destiné notamment aux enseignantes et enseignants pour aborder ces questions avec les 7 à 13 ans.

Pour télécharger le kit pédagogique

Les mobilisations du 17 octobre permettront, à Paris comme en province, l’expression d'enfants de tous milieux pour témoigner de la réalité vécue et des engagements à mener, dans une France où la pauvreté touche un enfant sur cinq soit près de 3 millions. Le slogan de l’année, « dit » par un enfant, s’adresse aux grands : « Engagez-vous pour mes droits ! » et s’accompagne du hashtag #lesenfantsrecrutent.

La retraite : à points ? ou saignante ?

ven, 11/10/2019 - 09:40

Les interlocuteurs font un constat partagé que le projet de réforme des retraites dans un système par points serait défavorable aux personnels enseignants et particulièrement aux PE. Mais les premières réponses notamment sur l’amélioration salariale pour tenter de compenser les effets de la réforme relèvent pour l’heure du pansement homéopathique et pour une large part de la provocation. Le ministre de l’éducation nationale a en effet repris les propos tenus à Rodez par le Président de la République pour évoquer une éventuelle revalorisation en contrepartie d’une augmentation du temps de travail ou des missions des enseignantes et des enseignants français.

Lire aussi : La retraite, ça fait mal aux PE !

Une véritable provocation pour l’ensemble des organisations syndicales qui ont rappelé au ministre que le temps de travail des personnels enseignants, notamment des PE était un des plus élevés par rapport aux pays comparables alors que les salaires sont en bas du tableau des comparaisons. Idem pour la question des vacances d’été qui est largement jetée en pâture à l’opinion publique pour tenter de diviser sur la nécessaire revalorisation enseignante.

Lire aussi : le communiqué de la FSU

Un rendez-vous mensuel de rencontres est prévu et la prochaine réunion est d’ores et déjà fixée au 7 novembre prochain. Pour l’heure les organisations syndicales se réunissent pour fixer ensemble les nécessaires mobilisations à venir dans le cadre professionnel le plus large afin de contrer ce projet de réforme des retraites globalement très défavorables aux salarié·es.

#IlsSontOùNos300€ ?

ven, 11/10/2019 - 08:10

Un chèque de 300 €, mais par mois ce serait un premier geste à faire pour tenter de rattraper le décalage salarial de 21% avec les autres enseignantes et enseignants européens au bout de 15 années de carrière. Un geste que le SNUipp propose de faire à l’aide du modèle de chèque à renvoyer à son syndicat départemental, pour que le ministère n’ait plus qu’à signer.

Car après des mois de paroles en l’air, de fausses promesses et de reconnaissance sans lendemain, il est plus que temps de passer aux actes.
Qu’à fait ce gouvernement jusqu’alors à part geler le point d’indice, retarder le calendrier d’application des mesures de carrières de PPCR et se répandre dans les médias pour parler d’une revalorisation qui ne vient pas ? Quant à laisser entendre que pour gagner plus il faut travailler plus, c’est ignorer que les enseignants font 44h semaine en moyenne*, ont 150 heures d’enseignement en plus par rapport à leurs homologues de 23 autres pays européens, ont des vacances qui se situent dans la moyenne des autres pays dont 20 jours sont travaillés*.
La réalité se passe de sous-entendus une fois de plus désobligeants sur les enseignantes et les enseignants. Pour exemple, le salaire mensuel moyen au bout de 15 années d’exercice est de 2 304 € nets pour une ou un professeur des écoles quand il est de 3 513 € nets pour un ou une lieutenant de police. Toutes les deux sont pourtant des professions intermédiaires de catégorie A.
*source DEEP

Aussi réclamer 300 €, ce n’est pas de trop !

Il est nécessaire d'en finir avec le déclassement salarial des enseignants du primaire et pour le SNUipp-FSU, il faut : 

  • Une accélération des débuts de carrière 
  • Un aménagement des fins de carrières avec allègement du temps de service et le rétablissement d’une possibilité de cessation progressive d’activité ;
  • Des carrières revalorisées, parcourues à un rythme unique, le plus favorable aux agents, sans obstacle de grade 
  • Une revalorisation indemnitaire en doublant l’ISAE pour toutes et tous et permettant de régler rapidement les situations d’inégalités de rémunération injustifiées selon les affectations
  • Une véritable prime d’installation à l’entrée dans le métier et une prime d’équipement permettant de compenser les achats personnels liés à l'exercice professionnel.

Tout cela en refusant la logique de la prise en compte d’un prétendu mérite qui ne revaloriserait que certains personnels au détriment de tous les autres. De même, le choix ne saurait être entre l’emploi et les salaires, c’est la conjonction des deux qui doit contribuer à la richesse nationale et à la sauvegarde du service public d’éducation.

Mais pour l’heure avec le SNUipp-FSU, je réclame mes 300€ !

Revaloriser les personnels, une urgence

mar, 08/10/2019 - 17:46
Le communiqué

Alors que le ministre de l’Éducation nationale dit vouloir une « réflexion approfondie sur la rémunération des enseignants », les propos du Président de la République lors du débat de Rodez le 3 octobre dernier, inquiètent fortement la FSU puisqu’il conditionne ces discussions à une « transformation de la carrière », comprendre accepter de travailler plus et réduire les vacances...

La FSU ne confond pas discussion salariale et discussion sur le temps de travail.
De l’aveu même du gouvernement, c’est bien la faiblesse de la rémunération des enseignantes et enseignants qui pose problème pour envisager la réforme des retraites. Un nouveau système de retraite qui provoquerait une baisse du niveau des pensions.

C’est donc bien la politique salariale menée aujourd’hui qui est en cause : faible niveau des salaires, absence de reconnaissance des qualifications, du travail et de l’engagement des personnels enseignants comme de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale alors que trop souvent les conditions de travail sont dégradées et le malaise profond.

Il est inacceptable pour la FSU de détourner la question salariale en cherchant à aggraver un peu plus l’exercice quotidien des métiers des personnels. Et la FSU refusera toute logique de prise en compte d’un prétendu mérite qui ne revaloriserait que certains personnels au détriment de tous les autres.

La FSU veut aujourd’hui des discussions pour améliorer le niveau de salaires des enseignant·es et de tous les personnels. Elle a mis pour cela sur la table différentes propositions (voir note en « aller plus loin »).
Le choix ne saurait être entre l’emploi et les salaires, c’est la conjonction des deux qui doit contribuer à la richesse nationale et à la sauvegarde du service public d’éducation.
Le ministre est loin d’avoir levé les inquiétudes sur le contenu des discussions spécifiques à venir, notamment en évoquant la possibilité de contreparties sur les missions et le temps de travail des personnels. Il a dû revoir son calendrier initial, qui était trop étendu, pour être davantage dans le tempo des discussions générales sur cette réforme.
La FSU demande au ministre de traiter réellement et dès à présent, comme le président de la République s’y est engagé, de la question de la revalorisation de tous les personnels de l’Éducation nationale.

Université d'automne : le programme complet

dim, 06/10/2019 - 09:00

Trois jours intenses se préparent au bord de la Méditerranée avec plus de vingt interventions sur la lecture, la direction d'école, la liberté pédagogique, la laïcité au quotidien...

Jour 1, vendredi 18 octobre Jour 2

Jour 3

Réponse insuffisante

ven, 04/10/2019 - 18:04

Le 3 octobre, un hommage à Christine Renon a été rendu dans tous les départements de France. Un hommage qui témoigne de la tristesse de toute une profession, mais qui dit aussi sa colère. Conditions toujours plus difficiles d’exercice du métier, travail empêché, perte de sens, fatigue, voire épuisement professionnel : le malaise est profond.
Réponse du ministre : une vidéo adressée aux directeurs et directrices d’école dans laquelle il s’engage à mettre en œuvre un « comité de suivi sur la direction. » Il dit souhaiter y dégager un consensus et dans le même temps, un rapport parlementaire encourage la création d’un statut de chef d’établissement.
Or, on sait bien que cette question du statut ne fait pas accord dans la profession, pas plus que la création des établissements des savoirs fondamentaux, massivement rejetée par l’ensemble de la communauté éducative au printemps dernier, l’obligeant à les retirer de sa loi.

Apporter de vraies réponses

Pour le SNUipp-FSU, un statut de chef d’établissement du 1er degré serait une réponse inappropriée et de nature à aggraver les conditions de travail des directeurs et des directrices. Aucun statut ne leur permettra de répondre aux multiples sollicitations qui sont les leurs, ni à l’empilement des tâches et à la complexification de leurs missions. Pire, cela les éloignerait de leurs équipes, alors même que l’isolement aggrave les problèmes.
La direction d’école a besoin de reconnaissance, c’est une évidence. Cela passe par l’augmentation des temps de décharge et de la rémunération, la simplification des tâches administratives et l’accès à des temps réguliers de formation. Les emplois d’aide administrative, entièrement supprimés, doivent être rétablis sous la forme d’emplois pérennes et statutaires d’aide au fonctionnement de l’école.
Voilà qui fait consensus !
Le SNUipp-FSU n’a cessé de réclamer toutes ces dernières années des mesures allant dans ce sens, pour permettre aux directrices et aux directeurs de s’investir dans leurs missions essentielles : la coordination et l’animation des équipes pédagogiques. Il est grand temps que ces sujets soient posés sur la table.

Des mesures d’ensemble

De plus, le ministre ferait une lecture bien étroite de ce qui se passe aujourd’hui s’il ne l’examinait que sous l’angle exclusif de la direction d’école. Il serait bien avisé de prendre la mesure du mal-être de l’ensemble des personnels et de se placer résolument à leurs côtés pour les soutenir et leur donner les moyens nécessaires à un exercice apaisé de leur métier en faveur de tous les élèves de la République.
Ce n’est pas d’une modification structurelle ou statutaire dont les équipes enseignantes ont besoin, mais de mesures améliorant nettement les conditions de leur exercice quotidien du métier.

Elle s'appelait Christine Renon

ven, 04/10/2019 - 09:35
Le communiqué unitaire

Elle s’appelait Christine Renon, elle avait 58 ans était directrice d'école à Pantin et aimait son travail.
Depuis 30 ans au service de l’Éducation nationale, elle s’est engagée, a donné son énergie, son temps jusqu’à l’épuisement. 

Elle a mis fin à ses jours, un samedi, dans son école, en laissant une lettre bouleversante, qui ne souffre d’aucune ambiguïté, dénonçant ses conditions de travail. Christine Renon était en souffrance professionnelle. Elle raconte fort bien les injonctions contradictoires, les tâches parcellaires, dénuées de sens qui détournent de la mission première de la direction d’école : animer et coordonner une équipe. Elle décrit un quotidien fait de tracas, du manque d’outils, et surtout d’isolement.

Ce n’est hélas ni le premier, ni le dernier suicide d’un personnel de l’Éducation nationale. Il a eu lieu dans l’enceinte scolaire, il est indéniablement lié au travail, aux conditions d’exercice des missions, au climat scolaire.

Le suicide et le courrier de Christine Renon suscite un émoi bien au-delà de Pantin, de la Seine-Saint-Denis, et des directeurs et directrices d’école. Alors que la pétition « plus jamais ça » dépasse les 106 000 signatures à ce jour, ce sont en réalité toutes les catégories professionnelles de notre ministère qui se sentent concernées. Des collègues nombreux et nombreuses, de tous nos métiers, nous racontent la fatigue, voire l’épuisement professionnel résultant de l’augmentation de la charge de travail, de la difficulté des conditions d’exercice, d’un sentiment de dépossession de son métier, d’être contraint et contrainte à mal faire son travail.

Les organisations syndicales demandent des actes forts, des décisions rapides et concrètes non seulement pour la direction d’école et pour le premier degré, mais aussi pour tous les personnels :

  • directeurs et directrices ont besoin de temps pour assurer leurs missions auprès du public et de l’équipe dans les écoles, il faut davantage de décharge de direction, un remplacement effectif des directeurs et directrices sans décharge pour que les jours de direction ne soient plus un leurre, il faut limiter drastiquement les sollicitations faites aux directeurs et directrices pour que cesse la taylorisation de leur travail ;
  • enseignantes et enseignants sont experts de leur métier, il faut sortir d’un pilotage injonctif ;
  • les remplacements doivent être assurés ;
  • des postes doivent être créés et pourvus par des titulaires pour que l’intensification du travail cesse et que le travail reprenne sens pour toutes et tous ;
  • une réelle médecine du travail et de prévention doit se déployer ;
  • l’analyse des suicides déjà réclamée collectivement en CHS-CT MEN doit enfin voir le jour : l’analyse de la prévalence des suicides et des congés maladies au prisme des conditions de travail doit servir à construire une réelle politique de prévention des risques psychosociaux pour tous les personnels.

Monsieur le ministre, Monsieur le DGRH, Madame la secrétaire générale, nous attendons, les personnels attendent des décisions à la hauteur des enjeux afin que la confiance n’apparaisse pas comme un vain mot.

FSU, UNSA, CFDT, CGT, SUD, le 3 octobre 2019.

Rassemblements dans toute la France jeudi

Lubrizol : l'urgence des réponses

mar, 01/10/2019 - 17:47

Quelques jours après l’incendie, un communiqué de la FSU publié le mardi 1er octobre vient rappeler que « L'inquiétude de la population, rouennaise et au-delà, est bien légitime ». La fédération syndicale interpelle ainsi vivement « les autorités publiques, le gouvernement et les responsables de la société Lubrizol pour qu’ils répondent à toutes les questions qui se posent : nature de la pollution, risques pour la santé, précaution à prendre… et exiger de l'entreprise Lubrizol la publication des produits présents sur le site ».

Communication à revoir

Mais il faudra aussi tirer le bilan des dysfonctionnements réels qui ont eu lieu notamment dans la chaîne d’information pour les écoles. Comment comprendre que certaines écoles, limitrophes de la commune de Rouen, n’ont pas été fermées alors que les collèges aux alentours l’étaient, voire d’autres écoles ? Les directeurs et directrices des écoles ont même pu parfois recevoir des informations contradictoires entre la préfecture et les services de l’inspection académique sur la mise en place ou non d’un confinement ou encore la décision de fermeture.
Des faits qui ont été rapportés au directeur du cabinet du ministre de l’éducation nationale qui a reçu les représentants syndicaux, lors de sa venue à Rouen vendredi dernier. A notamment été pointée l’absence de communication et d’information en direction des écoles et des IEN. Une cacophonie bien réelle pour les personnels qui ont dû gérer les inquiétudes des familles et des élèves tout au long de la journée.

Les personnels exposés

Enfin la FSU a tenu à rappeler dans sa communication que « dans une période où les préoccupations environnementales sont si fortes, cet accident rappelle que bien des questions ne sont pas réglées et restent insuffisamment concertés », alors même que « les agent-es de la Fonction publique sont particulièrement exposé·es à tous les niveaux : enseignant·es, pompiers, agent·es territoriaux chargé·es du nettoyage… »

« Un accident » qui « appelle à organiser de manière urgente le débat permettant de passer à un modèle de production moins polluant et moins dangereux pour la population comme pour l'environnement », conclue le communiqué.

Plus jamais ça !

mar, 01/10/2019 - 12:17

Le geste désespéré de Christine le weekend des 21 et 22 septembre, directrice de l’école Méhul à Pantin, bouleverse toute notre profession.

Par un courrier adressé à quelques personnes, notre collègue décrit le difficile exercice de son métier d’enseignante et de sa fonction de directrice. Elle y explique l’impossibilité de faire face, au quotidien, à l’ensemble de ses responsabilités malgré son profond attachement à sa mission, ses élèves et leurs familles comme à ses collègues. Sa lettre explique comment cette impossibilité de faire face a conduit à son épuisement puis à l’irréparable pour mettre un terme à sa souffrance devenue insupportable.

Avec les organisations syndicales du premier degré SNUipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT, CGT-Educ’action, Sud-Education, en signant cette pétition, j’exprime ma plus vive émotion et mon soutien aux proches de Christine ainsi qu’à ses collègues, aux élèves et aux familles de son école, et exige qu’un chantier portant sur les conditions d’exercices de nos métiers à l’Éducation nationale soit ouvert en urgence afin d’obtenir des mesures concrètes d’amélioration de nos conditions de travail.

Cette signature s’ajoute à l’expression de mon émotion et de mon soutien jeudi 3 octobre, jour des obsèques de Christine Renon, par une marque personnelle ou collective de deuil, un moment de recueillement dans mon école avec l’ensemble de mes collègues, les autres personnels de l’école, les parents d’élèves, les élu.es…ou dans le cadre des initiatives prises dans les départements (rassemblements, interpellations, grève...).

Par cette signature je réclame une toute autre qualité de vie au travail, je refuse que le travail engendre des situations de souffrance au quotidien, notamment par des demandes, des prescriptions et autres injonctions, le plus souvent dans l’urgence qui font perdre le sens de nos métiers. Un tel drame ne doit plus se reproduire.

Signer la pétition

Rendre à Christine Renon l’hommage qu’elle mérite

lun, 30/09/2019 - 08:34
Le communiqué

Rendre à Christine Renon l’hommage qu’elle mérite

La disproportion entre la demande de minute de silence à effectuer lundi en hommage à Jacques Chirac et le silence assourdissant de l'Éducation nationale autour du décès de notre collègue Christine Renon est choquante.

Un simple tweet ministériel pour une victime de souffrance au travail contre une interprétation maximaliste de la circulaire du Premier ministre évoquant la possibilité, et non l’obligation, pour les agents des services publics, et non les usagers que sont les élèves, d’assister à un hommage à l’ancien Président.

Pour le SNUipp-FSU, ce moment de recueillement pour Jacques Chirac doit être laissé à l’appréciation des enseignantes et enseignants et ne doit pas concerner les élèves de primaire.
Face aux carences du ministère, le SNUipp-FSU invite les personnels des écoles à rendre hommage à Christine Renon jeudi 3 octobre à l’occasion de ses obsèques et du CHSCT départemental spécial de Seine-Saint-Denis.
Un hommage qui peut se décliner par de multiples initiatives locales.
Un hommage également pour exiger une toute autre qualité de vie au travail, pour refuser que le travail engendre des situations de souffrance au quotidien et dénoncer les prescriptions et autres injonctions qui vident le métier enseignant de son sens, afin que ce drame ne se reproduise plus.

Paris, le 30 septembre 2019

Un drame et des questions

jeu, 26/09/2019 - 16:06
Le communiqué du SNUipp-FSU

Un drame et des questions

Le 21 septembre dernier, Christine Renon, directrice d’école à Pantin (93) a mis fin à ses jours sur son lieu de travail. Le SNUipp-FSU exprime sa peine et apporte tout son soutien à sa famille et à ses proches qui vivent une terrible épreuve, ainsi qu’à tous les personnels touchés par ce drame.

Notre collègue a signé sa lettre « Une directrice épuisée. » Au-delà de la grande émotion qu’il suscite dans l’ensemble de la communauté éducative, son acte pose aussi des questions sur les conditions de travail des directeurs et directrices d’école.

Leurs tâches se sont alourdies et complexifiées, les éloignant de leur mission première, à savoir l’animation de l’équipe enseignante. Les emplois d’aide à la direction et au fonctionnement de l’école ont été supprimés. Des injonctions hiérarchiques, parfois contradictoires, sans lien immédiat avec le quotidien de l’école se multiplient, entrainant une perte de sens du métier. Le manque de formation et d’accompagnement est patent, notamment dans la gestion des situations de crise.

Le SNUipp-FSU n’a de cesse d’alerter sur les conditions d’exercice, le manque de moyens et l’insuffisante reconnaissance professionnelle accordée aux directeurs et directrices d’écoles.

Le ministère de l’Éducation nationale doit prendre toute la mesure de la situation de l’école, apporter des réponses urgentes pour un meilleur fonctionnement et garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail de l’ensemble de ses personnels.

Paris, le 26 septembre 2019

Faire vivre la laïcité, pas l'instrumentaliser

mer, 25/09/2019 - 17:16
Le communiqué

Un ministre ne doit pas instrumentaliser la laïcité

Après les polémiques récurrentes sur l’accompagnement des sorties scolaires par les mamans voilées et les déclarations infondées de Jean-Michel Blanquer sur la scolarisation des petites filles musulmanes, c’est maintenant une affiche de la FCPE qui fait réagir le ministre. 

Cette affiche rappelle que toutes les mamans sont légitimes à accompagner une classe en sortie scolaire. En effet le conseil d’État a rappelé que dans ce cas les parents ne sont pas soumis au devoir de neutralité. 

C’est ce que Jean-Michel Blanquer, ministre de la République, semble ignorer volontairement. Il a ainsi déclaré souhaiter « éviter au maximum, même si la loi ne l’interdit pas » le fait que des mères voilées accompagnent les sorties scolaires.
Un ministre se doit de faire respecter la loi. Jean-Michel Blanquer doit ainsi revenir sur ses propos et réaffirmer le droit comme le rappelle avec raison le vademecum La laïcité à l’école édité par le ministère et remis à jour justement hier 24 septembre.
Par ailleurs, il doit également répondre au dérapage sur les réseaux sociaux d’un membre du conseil des sages, chargé des questions de laïcité au ministère.

Le SNUipp-FSU dénonce un nouveau dévoiement de la laïcité. Principe fondamental de notre République, elle est un pilier du vivre-ensemble. S’il est indispensable de combattre les intégrismes, la laïcité est trop souvent instrumentalisée alors qu’elle devrait protéger de toutes les dérives.
Les enseignantes et enseignants ont montré qu’il est tout à la fois possible de faire respecter les principes de laïcité en bannissant tout prosélytisme et de favoriser par le dialogue la participation de toutes les familles à la vie de l’école.
Le SNUipp-FSU réaffirme son attachement à une laïcité qui refuse les logiques de bouc-émissaires et d’exclusion. Il apporte son entier soutien à toutes celles et ceux qui la font vivre avec discernement au quotidien.

Paris, le 25 septembre 2019

Colloque éducation prioritaire

mer, 25/09/2019 - 14:58

« La FSU s'engage pour l'éducation prioritaire » tel est l'intitulé du colloque qui se déroulera à Paris mercredi 2 octobre de 9 h à 13 h.
L'occasion de faire le point sur 40 ans d'éducation prioritaire en France et les moyens nécessaires pour réduire les inégalités sociales et scolaires sur les territoires.

Sont prévus des témoignages de terrain, d'enseignantes et enseignants du premier et second degré, un compte-rendu de l'enquête FSU conduite en ligne au printemps dernier mais également une table-ronde et à 10 h 30 l'intervention du psychologue Jean-Yves Rochex, chercheur et professeur en sciences de l'éducation à l'université de Paris 8. Il sera possible de la suivre en live tweet et en Facebook live sur la page du SNUipp et de la FSU.

La retraite par points : ça fait mal aux PE !

ven, 20/09/2019 - 15:54
Le système actuel

Issu du pacte social mis en place à la sortie de la guerre, le système par répartition a déjà connu quelques réformes (2004, 2011, 2014) qui ont conduit à l’augmentation de la durée de cotisation et au recul de l’âge de départ en retraite (voir visuel ci-dessous). Pour autant ce système permet encore aujourd’hui aux fonctionnaires et notamment aux PE de partir avec une pension calculée sur la base des 6 derniers mois d’activités. Une mesure qui permet de compenser un régime salarial en dessous des autres métiers, à niveau égal de recrutement, avec de faibles rémunérations en début de carrière.

Le système par points, Kesaco ?

Tous les mois en fonction de sa rémunération, les cotisations versées sont transformées en points. Elles sont limitées à un pourcentage du salaire. Le cumul des points permettra de définir le montant de la pension. Ce système prend en compte le salaire, mais aussi les primes et indemnités. Ce ne sera pas d’un grand intérêt pour les pensions des PE puisqu’ils et elles n’en touchent quasiment pas. C’est donc l’ensemble de la carrière qui est pris en considération (et plus les six derniers mois ) ce qui pénalise fortement les fonctionnaires et encore davantage les femmes.
Le système par point repose sur une valeur d’achat et une valeur de service.
La valeur d’achat c’est ce que coûte un point. Le rapport préconise pour l’année 2025 et pour un départ à 64 ans que la valeur d’achat soit de 10 euros le point.
La valeur de service c’est ce que vaut un point en euros au moment où on liquide sa retraite. Le rapport préconise pour l’année 2025 et pour un départ à 64 ans que la valeur de service soit de 0,55 euro brut annuel par point. Ainsi 100 euros de cotisations permettent d’acquérir dix points qui donnent ensuite 5,50 euros de rente annuelle.
Mais attention, ce sont les valeurs projetées pour 2025. Le rapport prévoit que ces valeurs soient évolutives chaque année pour maintenir la caisse de retraite à l’équilibre et les dépenses pour les pensions en deçà de 14% du PIB... 

Concrètement 

L’application du nouveau système démarrerait en 2025 pour toutes les personnes nées après le 1er janvier 1963. L’ensemble des avantages acquis seraient recalculés et intégrés dans le nouveau système par points. Tous les droits non contributifs seraient supprimés ou revues. Ainsi la comptabilisation des enfants se fera sur un pourcentage unique de 5%, versé à un seul des parents, supprimant la majoration pour trois enfants.

Ci-dessous, un exemple pour Sandrine née en 1975 avec une carrière « lente » et Franck né en 1972 avec une carrière « accélérée ».

Pour le SNUipp-FSU, un autre projet est possible. Cela passe par l’augmentation des salaires, la reconnaissance des années d’études et de stages, l’aménagement des fins de carrières et la prise en compte de la pénibilité de la fonction de PE. C’est au contraire d’un projet qui permette une revalorisation du niveau des pensions, une éradication des inégalités femmes/hommes, la garantie des droits familiaux et le maintien des pensions de réversion dont notre société a besoin. Ces revendications peuvent se concrétiser, c’est un choix de société supposant une autre répartition des richesses.
Le syndicat mettra en débat ces questions avec l’ensemble de la profession et construira avec eux les mobilisations nécessaires notamment lors des réunions syndicales qui se tiennent partout d'ici aux vacances d'automne. 

Se syndiquer ? Une vraie bonne idée

lun, 16/09/2019 - 10:59

Parce qu’on fait confiance aux représentantes et aux représentants du SNUipp-FSU pour nous informer, nous aider et nous défendre. Parce que le syndicat a été attentif à notre situation, nous a donné une info, un conseil, et que d’autres en auront besoin demain.
Parce qu’on a envie de pouvoir bien faire son travail et que notre professionnalisme a besoin d’être respecté. Pour échanger, réfléchir sur le métier et le faire avancer ensemble.
Mais aussi pour partager des valeurs, des solidarités, pour changer l’école et la société… Autant de bonnes raisons de se syndiquer* sans plus attendre.

Adhérer en ligne

*Se syndiquer, c'est être plus forts, efficaces et constructifs ensemble pour défendre l'école, les droits de tous et de chacun…pour le prix d’un café engagé par semaine !
Et oui, avec la déduction fiscale de 66% transformée en crédit d’impôt, les deux tiers de votre cotisation sont désormais remboursés même pour les non imposables. En moyenne, une cotisation équivaut à cinquante euros par an...un euro par semaine.

Évaluations saison 2 mais quelles finalités ?

sam, 14/09/2019 - 11:13
Le courrier

Monsieur le Ministre,

L’an dernier, la mise en place des évaluations standardisées de CP et CE1 a généré de fortes critiques de la profession et des familles.
Nos différentes alertes ont permis des modifications sur la forme et dans le contenu des items, des temps de passation, du nombre de livrets et des temps de saisie mais ne modifient ni la nature ni les finalités de ce protocole. Comme l’année dernière, elles laissent de côté de nombreux pans des apprentissages pourtant essentiels à la maîtrise des compétences visées au cycle 2.

De même, nous nous interrogeons toujours sur la finalité de ces évaluations. Nous craignons toujours un étiquetage précoce et une volonté renforcée de piloter par les résultats. Cela entraîne une modification des pratiques enseignantes préjudiciable aux élèves les plus fragiles et une défiance à l’égard du professionnalisme des collègues.
En effet la valorisation par la DEPP de la stratégie de « réponse à l’intervention » risque d’engendrer une réduction des savoirs enseignés à ce qui est évalué, la prévalence de l’entraînement et la répétition sur les autres processus d’apprentissage, tout comme une évolution du métier d'enseignant avec une place réduite pour la conception de l’enseignement.

Les différentes expériences internationales en matière d'évaluation et de pilotage des systèmes éducatifs par ce système, nous montrent déjà ce type de dérives qui génèrent des situations anxiogènes, du bachotage, un abandon des matières culturelles ou sportives et une mise en concurrence des classes et des écoles.

Notre crainte est grande que ces évaluations servent de prétexte pour assigner à la maternelle une mission réduite à une préparation à l’école élémentaire au détriment de toutes les autres finalités. Prenant ainsi le risque de créer de la difficulté scolaire notamment chez les élèves dont la culture familiale est éloignée de la culture scolaire.

L’évaluation fait partie intégrante des enseignements et des apprentissages des élèves et tou-tes les enseignant-es la pratiquent régulièrement. Cependant, plutôt que de reconnaître que les enseignant.es, pratiquent leur métier avec sérieux, votre administration envisage encore des sanctions à l’encontre de celles et ceux qui n’ont pas appliqué totalement ou en partie le protocole en 2018/2019 qui leur a été imposé alors qu’il était très mal adapté à la réalité des classes.
Dans un souci d’apaisement des tensions, de rétablissement d’une forme de confiance, et de respect de l’expertise des enseignant-es, ces sanctions (retrait de salaire, inscription au dossier personnel, restrictions du choix du niveau de classe…) doivent être levées.

Nous tenons à réaffirmer ici notre attachement à une école qui soit respectueuse des élèves, de leurs familles, du travail des enseignant-es et de leur liberté pédagogique. C'est à cette condition, en respectant les spécificités de chacun et chacune, les différents contextes de scolarisation et en accordant véritablement la confiance aux enseignant-es que notre école pourra progresser.
Nous ne rejetons pas l’idée de disposer d’outils d’évaluation nationaux, mais nous demandons que les protocoles d’évaluation continuent de mieux prendre en compte les besoins réels des classes en respectant la professionnalité et l’expertise des enseignants. Ce qui n’est pas le cas avec les évaluations standardisées actuelles et c’est pourquoi nous les remettons en question.

Dans ces conditions, nous ne sommes pas opposé-es à ce que la question de l’évaluation nationale soit posée collectivement et qu’un travail en profondeur sur les finalités, les contenus d’une telle pratique, ainsi que sur les outils et leur usage soit menée. Notamment, sur la correction et le retour des résultats aux professionnels pour que ceux-ci soient utiles à leurs pratiques en classe.
Si les protocoles d’évaluation CP-CE1 ont été constamment présentés par la DGESCO et la DEPP comme des outils au service des enseignant-es, nous souhaitons qu’ils le soient vraiment et qu’ils ne soient plus instrumentalisés à des fins d’évaluation des performances du système, de mesure de l’«efficacité » d’une politique ou de rémunération au mérite. Nous, organisations syndicales et mouvements pédagogiques signataires sommes à votre disposition pour travailler ces questions avec vous, en nous appuyant sur l’expertise des enseignants. 

Paris, le 14 septembre 2019

Les signataires

Francette Popineau, co-secrétaire générale du SNUipp-FSU
Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT
Norbert Trichard, secrétaire général du Snudi-FO
Patrick Désiré, secrétaire général de l’UNSEN-CGT Éduc’action
Isabelle Lardon, co-secrétaire générale du GFEN
Catherine Chabrun, vice-présidente de ICEM-pédagogoie Freinet
Roseline Prieur, présidente du CRAP – Cahiers pédagogiques.

Écologie : le ministre se met au vert

jeu, 12/09/2019 - 12:00

Suffit-il à Jean-Michel Banquer de faire sa conférence de presse de rentrée dans le jardin du ministère, devant « un platane multi-séculaire » pour faire croire à sa métamorphose écologique ? Il en faudra plus. D'autant que ses huit recommandations de rentrée dans le domaine, dont la moitié ne concernent pas le primaire, sont très en-deçà des enjeux environnementaux actuels.

Une circulaire de rentrée y'a qu'à

Le jour même de la conférence de presse, une circulaire EDD est parue au B.O avec le double objectif de développer l’EDD à travers l’engagement individuel des élèves et personnels de l’EN et de faire des 60 000 établissements scolaires des lieux d’exemplarité en matière de protection de l’environnement. Huit mesures sont déclinées pour développer de « bonnes pratiques » à mettre en œuvre dès l’année scolaire 2019-2020. Elles ne concernent pas toutes l’école primaire.

La première mesure consiste à mener au sein de l’école une « action pérenne en faveur de la biodiversité » : nichoir, ruche, « hôtel à insectes », jardin ou potager bio etc. Elle est supposée être effective « avant la fin de l’année 2019 ». Cette mesure est complétée par la mise en œuvre systématique du tri des déchets et la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les cantines. Ces mesures supposent l’implication des collectivités territoriales et la recherche de partenariats associatifs.
L’élection d'éco-délégués dans chaque classe ne concerne que le second degré mais pourraient faire des émules au primaire. Leur rôle consiste à « promouvoir les comportements respectueux de l’environnement dans la classe ». Dans la série « je motive les classes », le ministre place également un concours annuel école verte et entend généraliser le label E3D (école en démarche globale de développement durable) créé en 2013. Un peu court donc pour faire de l'école un lieu de développement durable.
Et que ce volontarisme ne devienne pas de l'autoritarisme : les mesures annoncées doivent se faire dans le respect des actions pédagogiques en cours dans les écoles, avec en appui une authentique politique de formation et des moyens alloués aux équipes.

Vers une modification des programmes

L'article 9 de la loi Blanquer a évolué en cours de route parlementaire pour indiquer que « l'éducation à l'environnement et au développement durable débute dès l'école primaire. Elle a pour objectif de sensibiliser les enfants aux enjeux environnementaux et à la transition écologique. Elle permet la transmission et l’acquisition des connaissances et des savoirs relatifs à la nature, à la nécessité de préserver la biodiversité, à la compréhension et à l’évaluation de l’impact des activités humaines sur les ressources naturelles et à la lutte contre le réchauffement climatique. »

Dans cette optique, le Conseil supérieur des programmes est saisi depuis juin pour renforcer le traitement de ces questions dans les programmes de l’école et du collège. Des actions de formation initiale et continue sont annoncées mais concernent pour l'instant surtout les formateurs et formatrices et le second degré.

il est difficile pour le SNUipp-FSU de voir dans toutes ces annonces autre chose qu’un opportuniste exercice de communication politique. Centré sur les « fondamentaux », le ministre avait jusqu'ici passé sous silence dans ses ajustements de programmes, guides oranges et autres circulaires les autres apprentissages, dont l'EDD. Maintenant qu'il repeint en vert les volets de sa politique éducative, la question se pose des moyens alloués pour atteindre les objectifs, de l'accompagnement des équipes et de l'articulation entre les écoles, collectivités et autres partenaires. Car, face au défi environnemental qui se pose mondialement, l'école a sa part, certes, mais elle ne peut pas faire tout. Elle ne peut pas faire seule non plus. à l'état aussi de « s'engager » dans l'isolation thermique des bâtiments, l'équipement en mobilier et fournitures durables ou encore des cantines bio. « Un peuple de colibris » ne suffira pas...