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Mis à jour : il y a 26 min 2 sec

Le Sénat retoque les EPLESF

mer, 01/05/2019 - 11:24

Les oppositions aux « établissements des savoirs fondamentaux » n’étaient donc pas des « bobards » comme dénoncés par le ministre de l’Éducation nationale au lendemain des fortes mobilisations du 30 mars. La commission de la culture et de l’éducation du Sénat le 30 avril après-midi a adopté à l’unanimité la suppression de l’article 6 quater qui créait la possibilité « d’établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux » (EPLESF), soit des regroupements d’écoles avec un collège sous l’autorité hiérarchique de ce dernier et avec seulement un ou plusieurs « chefs d’établissements adjoints » dont un pour s’occuper du primaire. Aussitôt le SNUipp-FSU et de nombreuses autres personnalités ont alerté sur la méthode et les risques. Cet article est arrivé par la petite porte, par amendement, à l’Assemblée nationale qui l’a adopté sans qu’il ait fait l'objet de débats au préalable au sein de la communauté éducative. De plus, il inquiétait sur le sort des directeurs et directrices d’école dans ces nouvelles méga-structures administratives, ainsi que sur les risques de fermetures d’écoles regroupées sur plusieurs sites ou un seul. Enfin la dénomination même « des savoirs fondamentaux » laissait présager un resserrement sur le « lire, écrire, compter et respecter autrui » cher au ministre au détriment de l’ensemble des domaines d’apprentissage aussi essentiels que les sciences, l’histoire ou encore l’expression artistique.

Une première étape

Cette suppression est une victoire pour les mobilisations enseignantes et des familles depuis le mois de mars. Mais une première étape seulement. Le texte va être réécrit par le ministre et, à terme, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Dans un agenda parlementaire très chargé qui pourrait voir revenir les articles critiqués en plein été… A surveiller également les amendements venant du Sénat, notmmanet sur la formation continue obligatoire « en priorité en dehors des obligations de service d'enseignement. »

Et ce ne sont pas les annonces d’Emmanuel Macron qui sont de nature à rassurer puisqu’elles manquent encore cruellement de précisions sur les créations de postes nécessaires, la formation enseignante et la revalorisation du métier. 

D’où l’importance de se mobiliser toujours massivement avec la grève du 9 mai et la manifestation à Paris le 18 mai. C’est l’ensemble de la loi à laquelle le gouvernement doit renoncer pour construire avec le monde enseignant, les parents un autre projet pour l’école, à la hauteur des enjeux, participant à la lutte contre les inégalités sociales et scolaires.