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SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 48 min 1 sec

Solidaires avec le Liban

jeu, 06/08/2020 - 11:24

Alors que le Liban subit depuis des mois une crise économique, sociale et sanitaire sans précédent, l’explosion qui vient de détruire le port de Beyrouth et les quartiers alentours est une nouvelle catastrophe pour le pays. L’urgence est au soutien des victimes aujourd’hui totalement démunies. Un soutien qui doit pouvoir s’adresser à toutes et tous, au-delà des appartenances communautaires.
C’est pourquoi Solidarité Laïque, ONG de développement dont le SNUipp-FSU est membre, lance un appel à dons pour dans un premier temps aider au relogement des victimes, leur fournir des colis de première nécessité, des kits alimentaires et d’hygiène. L’association laïque libanaise Tadamoun Wa Tamia, partenaire de Solidarité laïque sur place depuis plus de 30 ans en assurera la distribution.

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Direction : une porte s’entrouvre ?

ven, 03/07/2020 - 14:16

C’est par une série d’annonces faites jeudi 2 juillet, aux organisations syndicales puis directement par vidéo à la profession que le ministère a enfin rouvert les discussions sur la direction d’école. Dès septembre, se mettrait en place un nouvel agenda social avec la création de trois groupes de travail pour aborder l’évolution de la règle de calcul des décharges, la revalorisation et la délégation de compétences. Des premières mesures seront présentées aux organisations syndicales lundi 6 juillet. Une circulaire devrait être publiée dans les jours qui viennent pour formaliser ces premières annonces. D’ores et déjà le ministère a annoncé que les équipes obtiendraient la liberté de l’utilisation des 108 h dès cette rentrée, sans préciser s'il y incluait ou non les animations pédagogiques. 

Aide administrative 

Le ministère envisage trois pistes : l’augmentation du nombre de services civiques qui passerait de 9000 à 13000, la possibilité de s’appuyer sur les assistants d’éducation (AED) en préprofessionnalisation et enfin le lancement d’un plan de recrutement d’apprentis postbac spécialisés dans l’aide administrative. Si la nécessité d’une aide humaine au fonctionnement de l’école est une forte demande des directrices et directeurs d’école, les mesures annoncées n’y répondent pas vraiment. L’absence de formation et la durée des contrats très courts des services civiques ou l’inadéquation des missions des AED avec une quelconque aide administrative risquent de donner davantage de travail d’accompagnement aux équipes que de gains de temps en retour. Une discussion sur la mobilisation d’apprentis pourrait par contre s’entendre mais dans le cadre de la création d’un nouveau métier statutaire au sein de la Fonction publique… Tout reste à faire.

Décharges d’enseignement

Jean-Michel Blanquer a annoncé que de nouvelles règles d’attribution des décharges intégrant les spécificités des écoles, en particulier en matière d’inclusion scolaire seraient élaborées pour la rentrée 2021. Pour l’heure, aucune annonce d’évolution sur les seuils alors qu’il y a urgence. Les représentants du SNUipp-FSU ont pu rappeler que toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, devraient a minima pouvoir bénéficier d’une journée hebdomadaire.

Allègement des tâches administratives

Le ministre annonce la mise en place d’un calendrier des enquêtes demandées aux écoles et qu’il est disposé à réfléchir à un observatoire de l’allègement des tâches. Mais c’est un peu l’arlésienne des discussions sur la direction d’école depuis de nombreuses années, car ce n’est pas la première fois que de telles promesses sont prononcées de la rue de Grenelle. Les groupes de travail départementaux sur la direction d’école ont souvent accouché d’une souris et pas sûr que ceux annoncés cette fois à l’image des groupes Blanchet dans le 2nd degré puissent permettront de réelles avancées. Bien sûr les représentants du SNUipp-FSU y prendront toutes leur place afin de faire avancer ce dossier. 

Reconnaissance salariale

Le ministre a annoncé l’octroi d’une indemnité exceptionnelle aux directeurs et directrices pour reconnaître leur engagement dans la crise du Covid-19 d’ici à la fin de l’année. Une juste reconnaissance mais qui ne doit pas occulter l’engagement de tous les personnels en la période qui ont su faire preuve de réactivité et d’inventivité avec leurs propres moyens. Aussi, au-delà d’une reconnaissance propre aux missions de la direction il s’agit de ne pas oublier la nécessaire revalorisation attendue par toute la profession.

Formation annuelle

Le ministère annonce deux jours de formation annuelle pour les directeurs et directrices. C’est un premier pas mais il reste du chemin à parcourir pour mettre en œuvre une véritable formation initiale et continue, afin de répondre à l’ensemble des besoins et à l’évolution des missions.

Le SNUipp-FSU qui avait réclamé la réouverture des discussions avec le ministère ne peut que se satisfaire que celui-ci entrouvre enfin la porte. Le syndicat sera exigeant pour obtenir des mesures concrètes répondant aux besoins revendiqués et à une véritable reconnaissance de la fonction et des missions des directrices et directeurs d’école.

Direction : une porte s’ouvre ?

ven, 03/07/2020 - 14:16

C’est par une série d’annonces faites jeudi 2 juillet, aux organisations syndicales puis directement par vidéo à la profession que le ministère a enfin rouvert les discussions sur la direction d’école. Dès septembre, se mettrait en place un nouvel agenda social avec la création de trois groupes de travail pour aborder l’évolution de la règle de calcul des décharges, la revalorisation et la délégation de compétences. Des premières mesures seront présentées aux organisations syndicales lundi 6 juillet. Une circulaire devrait être publiée dans les jours qui viennent pour formaliser ces premières annonces. D’ores et déjà le ministère a annoncé que les équipes retrouveraient la pleine liberté de l’utilisation des 108 h dès cette rentrée.

Aide administrative 

Le ministère envisage trois pistes : l’augmentation du nombre de services civiques qui passerait de 9000 à 13000, la possibilité de s’appuyer sur les assistants d’éducation (AED) en préprofessionnalisation et enfin le lancement d’un plan de recrutement d’apprentis postbac spécialisés dans l’aide administrative. Si la nécessité d’une aide humaine au fonctionnement de l’école est une forte demande des directrices et directeurs d’école, les mesures annoncées n’y répondent pas vraiment. L’absence de formation et la durée des contrats très courts des services civiques ou l’inadéquation des missions des AED avec une quelconque aide administrative risquent de donner davantage de travail d’accompagnement aux équipes que de gains de temps en retour. Une discussion sur la mobilisation d’apprentis pourrait par contre s’entendre mais dans le cadre de la création d’un nouveau métier statutaire au sein de la Fonction publique… Tout reste à faire.

Décharges d’enseignement

Jean-Michel Blanquer a annoncé que de nouvelles règles d’attribution des décharges intégrant les spécificités des écoles, en particulier en matière d’inclusion scolaire seraient élaborées pour la rentrée 2021. Pour l’heure, aucune annonce d’évolution sur les seuils alors qu’il y a urgence. Les représentants du SNUipp-FSU ont pu rappeler que toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, devraient a minima pouvoir bénéficier d’une journée hebdomadaire.

Allègement des tâches administratives

Le ministre annonce la mise en place d’un calendrier des enquêtes demandées aux écoles et qu’il est disposé à réfléchir à un observatoire de l’allègement des tâches. Mais c’est un peu l’arlésienne des discussions sur la direction d’école depuis de nombreuses années, car ce n’est pas la première fois que de telles promesses sont prononcées de la rue de Grenelle. Les groupes de travail départementaux sur la direction d’école ont souvent accouché d’une souris et pas sûr que ceux annoncés cette fois à l’image des groupes Blanchet dans le 2nd degré puissent permettront de réelles avancées. Bien sûr les représentants du SNUipp-FSU y prendront toutes leur place afin de faire avancer ce dossier. 

Reconnaissance salariale

Le ministre a annoncé l’octroi d’une indemnité exceptionnelle aux directeurs et directrices pour reconnaître leur engagement dans la crise du Covid-19 d’ici à la fin de l’année. Une juste reconnaissance mais qui ne doit pas occulter l’engagement de tous les personnels en la période qui ont su faire preuve de réactivité et d’inventivité avec leurs propres moyens. Aussi, au-delà d’une reconnaissance propre aux missions de la direction il s’agit de ne pas oublier la nécessaire revalorisation attendue par toute la profession.

Formation annuelle

Le ministère annonce deux jours de formation annuelle pour les directeurs et directrices. C’est un premier pas mais il reste du chemin à parcourir pour mettre en œuvre une véritable formation initiale et continue, afin de répondre à l’ensemble des besoins et à l’évolution des missions.

Le SNUipp-FSU qui avait réclamé la réouverture des discussions avec le ministère ne peut que se satisfaire que celui-ci entrouvre enfin la porte. Le syndicat sera exigeant pour obtenir des mesures concrètes répondant aux besoins revendiqués et à une véritable reconnaissance de la fonction et des missions des directrices et directeurs d’école.

Une rentrée mal évaluée

ven, 03/07/2020 - 11:47

Le 26 juin dernier, le ministère a présenté aux organisations syndicales le contenu des évaluations nationales pour la rentrée 2020. Aucun changement n’est prévu, ni sur la forme, ni sur le fond. Alors que 75% des enseignants indiquent qu’elles n’apportent aucune information supplémentaire, selon une note de la Depp publiée en avril 2020, les évaluations nationales restent obligatoires et seront à faire passer à partir du 14 septembre. Un statut quo qui interroge au regard de cette rentrée hors norme qu’effectueront les élèves et les équipes enseignantes. 

En effet, après plusieurs mois sans école, tous les élèves devraient retrouver le chemin des classes à cette rentrée de septembre. Mais pour la rue de Grenelle, l’école du jour d’après ressemble étrangement à celle d’avant, sans prendre véritablement en compte la situation que l’école vient de traverser. A l’inverse de voisins européens comme la Belgique où les évaluations sommatives ne sont à organiser « en aucun cas », et qui laisse toute latitude aux établissements scolaires pour identifier difficultés et retards d'apprentissage « par les moyens qu'ils jugent adéquats », en France il en est va encore une fois tout autrement.

A qui servent ces évaluations ? Quelle image vont-elles renvoyer aux élèves et aux familles ? Qu’est ce qui sera réellement évalué ? Des compétences qui n’auront pas été enseignées ? Le travail des parents ?

À cette rentrée, les équipes enseignantes ont besoin qu’on leur fasse confiance. Et c’est une demande unanime de l’ensemble des organisations syndicales, celle de laisser libre les équipes d’utiliser les outils qui leur sembleront les plus pertinents pour savoir où en sont leurs élèves. La priorité est bien de redonner confiance aux élèves, de recréer une dynamique collective d’apprentissage, de construire du sens et pas d’imposer des évaluations sommatives qui apparaissent cette année encore plus hors-sol. 

Le Communiqué commun

Une rentrée mal évaluée !

Vendredi 26 juin, les organisations syndicales des 1er et 2nd degrés ont été reçues par le ministère pour présenter les grands principes des évaluations nationales standardisées CP, CE1 , 6ème, 2nde et CAP de la rentrée 2020

Pour tous les autres niveaux des banques de tests de positionnement seront mises à disposition. L’ensemble permettrait alors de proposer aux élèves des dispositifs de soutien individualisés.

Ces évaluations nationales standardisées font craindre la multiplication des dispositifs de remédiation trop individualisés, une vision normée des apprentissages et des formes pédagogiques basées sur les entraînements mécaniques, la répétition et l’automatisation qui ne permettent pas d’accéder à la compréhension.

Après des mois d’isolement, de déstabilisation, les élèves ont d’abord besoin que soient recréées des dynamiques pédagogiques collectives et de retrouver confiance. Les enseignants ont d’abord besoin qu’on fasse confiance à leur professionnalité, pour, dans le cadre de leur liberté pédagogique, mettre en œuvre les situations d’apprentissages et construire leurs outils en fonction des besoins. Les équipes auront surtout besoin qu’on leur donne du temps pour adapter leurs progressions et programmations au regard de cette rentrée hors norme.

Elles demandent donc au ministre de l’Education nationale que les outils d’évaluation soient mis à disposition des équipes sans être imposés et que les besoins statistiques de connaissance du système éducatif soient réalisés sur échantillons.

De plus, les organisations syndicales, Se Unsa, Sgen Cfdt, Snes-FSU, SNUep-FSU, SNUipp-FSU et UNSEN CGT éduc’action, exigent que le ministère donne d’autres signes de préparation de cette rentrée 2020 qui ne ressemble à aucune autre et y assortisse les moyens nécessaires pour lutter contre les inégalités mises en lumière pendant le confinement.

Cette rentrée doit être préparée en anticipant plusieurs scénarii en faisant confiance aux personnels, en leur donnant le temps et les moyens nécessaires, et en s’appuyant sur leur expertise et leur professionnalisme.

Non, les évaluations nationales standardisées et autres tests ne peuvent être l’alpha et l’oméga de la rentrée 2020.

Paris le 3 juillet 2020

Bonnes vacances

ven, 03/07/2020 - 07:03

Après la crise sanitaire, qui va payer ?

jeu, 02/07/2020 - 11:11

Le covid19 a lourdement frappé les retraités avec plus de 90 % des décès en EHPAD, à l’hôpital ou à domicile. Or, on commence déjà à entendre une petite musique laissant entendre qu’il serait juste qu’ils participent à l’effort de réduction de la dette creusée par la crise sanitaire.
En réduisant leur pension par exemple, au nom d’une solidarité bien comprise avec les actifs.
Le «&nbspgroupe des 9&nbsp», qui réunit syndicats et associations de retraités, s’en est ému, soulignant que «&nbspLa reprise de l'économie ne peut se faire sans une relance de la demande intérieure à laquelle les retraités participeront si on leur redonne confiance et les moyens d’y participer.&nbsp» Ce qui implique «&nbspnon pas une diminution mais une augmentation des salaires et des pensions. »

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Lire le communiqué du groupe des 9
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De son côté, une étude de la DRESS officialise deux nouveautés. Les retraites ont baissé pour la première fois en 2018 et l’espérance de vie à la retraite a baissé pour la première fois à partir de la génération 1951.

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Le tableau sur l’évolution du montant des pensions
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Le tableau sur l’évolution de l’espérance de vie à la retraite
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Ils sont où, les privilégiés ?

Régulièrement traités de privilégiés, les retraités ont pourtant déjà subi d’importants reculs de leur pouvoir d’achat. Ils n’accepteront pas de voir leurs pensions et retraites une nouvelle fois dégradées.
Avec la FSU et les organisations rassemblées dans la plateforme de sortie de crise «&nbspPlus jamais ça&nbsp», ils s’y opposeront. Car la fiscalité ne met pas à contribution les plus grandes fortunes, des aides massives sont distribuées sans contrôle ni contreparties à de très grandes entreprises, les dividendes aux actionnaires continuent d’être versés rubis sur l’ongle et la fraude fiscale mine les recettes de l’État. Alors elle est où, l’injustice ? Et elle est où, la nécessaire solidarité ?

Des moyens pour réussir

mer, 01/07/2020 - 16:04
Le communiqué du SNUipp-FSU Ecole primaire, des moyens pour réussir !


A l’heure où la crise sanitaire a fait toute la lumière sur la réalité de certains services publics dont le fonctionnement a été fragilisé par des coupes budgétaires et des suppressions de postes, l’École doit aussi être réinterrogée au regard des objectifs qui lui sont assignés. Faire le constat d’un service public d’éducation qui ne réussit pas à réduire les inégalités scolaires et à faire réussir tous les élèves n’est utile que s’il sert à engager durablement la transformation de l’École.

Sur la base d’une enquête conduite dans les départements, le SNUipp-FSU peut d’ores et déjà affirmer que la rentrée 2020 de Jean Michel Blanquer n’offrira pas de nouvelles perspectives et ne permettra pas de relever les défis qui s’imposent à l’école primaire. Les mesures ministérielles, insuffisamment financées, comme les priorités de moyens accordés de façon non uniforme à certains territoires, contribuent à creuser davantage les inégalités entre les départements. Elles se font surtout au prix fort de la suppression de postes pourtant essentiels au bon fonctionnement des écoles, comme les postes de remplaçants, de « plus de maîtres que de classes » et de RASED.

L’école a pourtant besoin d’un tout autre niveau d’engagement ! C’est la raison pour laquelle le SNUipp-FSU a décidé d’opposer sa propre rentrée à celle du ministre, celle de l’école du « jour d’après ». Elle repose sur un chiffrage des moyens indispensables dont l’école a besoin pour combattre les inégalités que la crise sanitaire a mises en lumière.

Pour abaisser les effectifs dans toutes les classes, pour assurer la continuité du service public d’éducation, c’est plus de 90 000 postes qu’il faut créer dans le premier degré. À l’heure des plans de relance pour l’économie, des coups de pouce budgétaires à destination de certains secteurs, l’éducation a toute sa place sur l’échiquier car c’est aussi sur elle que se fondera le « monde d’après ».

Le SNUipp-FSU exige des moyens pour faire réussir l’école primaire, largement sous-investie par rapport aux autres pays de l’OCDE.

Paris, le 1er juillet 2020

Une loi certes, mais tout reste à faire

jeu, 25/06/2020 - 19:04
La lettre au Ministre :

 Monsieur le Ministre,

Suite à la consultation des directeurs et directrices que vous avez lancée en novembre dernier, vous avez inscrit à l’agenda social ministériel le sujet de la direction d’école. La première réunion qui s’est tenue le 14 janvier dernier pour faire l’un état des lieux des tâches accomplies par ces personnels n’a pas été suivie d’effet. Les réunions suivantes sur le temps de travail et la revalorisation n’ont jamais vu le jour.

Nationalement, le dossier de la direction d’école a donc été mis en sommeil bien avant le confinement. Localement, les comités de suivi qui ont été lancés dans les départements sont restés une coquille vide.

Le dialogue social, à peine amorcé, a été interrompu. Aucune mesure ne s’est concrétisée, ni dans l’urgence sur l’allègement des taches et la formation, ni pour la rentrée 2020 avec une augmentation du régime de décharges et une revalorisation salarial.

La crise sanitaire n’empêchait pas une poursuite des discussions avec les organisations syndicales représentatives d’autant qu’elle a été révélatrice, une nouvelle fois, de la nécessité de reconnaître la fonction et les missions des directrices et directeurs. Il est donc urgent d’agir pour améliorer leurs conditions de travail mais aussi le fonctionnement de l’école.

Le 12 mai dernier, le dépôt d’une proposition de loi a court circuité le dialogue social qui aurait dû reprendre au niveau ministériel. Hier comme aujourd’hui, le SNUipp-FSU s’interroge sur la pertinence de cette loi pour répondre aux besoins et préoccupations exprimés.

L'emploi fonctionnel, inadapté à la spécificité de l’école primaire et qui aurait bouleversé son fonctionnement, comme nous l’avions démontré aux députés, a disparu de la proposition de loi. Le SNUipp-FSU s’en félicite. Cependant, même amenuisée par l’inscription d’une « non-autorité hiérarchique sur les enseignants », « la délégation de compétences de l’autorité académique » inscrite dans la loi, fait courir le risque d’une posture hiérarchique refusée par les équipes dans les écoles.

Par ailleurs, aucune réponse concrète n’est apportée par cette loi aux exigences de la profession.

Alors que le processus législatif est encore en cours, vous avez annoncé ce 24 juin à l’Assemblée Nationale que des mesures réglementaires seront prises d’ici deux semaines. Votre conception du rôle du Parlement rejoint celle du dialogue social. Alors qu’il n’est plus à démontrer combien le ministère est déconnecté du terrain, une fois de plus, vous envisagez de décider seul.

Nous exigeons une reprise des discussions avec les représentants des personnels sur les mesures à prendre pour améliorer dès maintenant les conditions de travail des directrices et directeurs et ainsi répondre aux besoins revendiqués et confirmés par la consultation que vous aviez lancée l’hiver dernier :

● une augmentation des décharges pour toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, sans missions supplémentaires en contrepartie. Chaque école devant a minima bénéficier d’une journée hebdomadaire ;
● une aide humaine au fonctionnement de l’école pérenne pour toutes les écoles, et financée par l’Etat ;
● un allégement des tâches qui ne peut en aucun cas se limiter à la seule rédaction des PPMS ;
● une revalorisation salariale de la fonction qui doit s’accompagner d’un rattrapage salarial pour tous les personnels ;
● une formation initiale et continue à la hauteur des besoins. 

Près d’un an après le suicide de Christine Renon, et après deux mois d’extrême sollicitation des directeurs et directrices d’école, il serait inconcevable qu’aucune mesure significative ne soit mise en œuvre dès la rentrée 2020.

Veuillez croire, M. le ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Exposition virtuelle "Et soudain...un monde merveilleux"

mer, 24/06/2020 - 15:21

e thème d’un monde merveilleux a su emballer les imaginations des classes participantes au concours du SNUipp-FSU co-organisé notamment avec la BnF. Le covid 19 aura chamboulé l’école mais aussi le déroulement du concours «&nbspEt soudain…Un mode merveilleux&nbsp». Les conditions sanitaires n’auront pas permis au jury de se réunir afin de découvrir, débattre et dresser un palmarès des classes gagnantes.

De nombreuses œuvres sont parvenues au siège du SNuipp-FSU à Paris et comme chaque année, ce fut un régal de les découvrir et de les mettre en scène pour alimenter l’exposition virtuelle pour flâner et découvrir les mondes merveilleux qu’ont su construire les classes participantes avec leur professeur.

Bravo à toutes les classes.

Direction : pas à n’importe quel prix

mar, 23/06/2020 - 10:49

L’Assemblée nationale étudie actuellement une proposition de loi créant une « fonction de directeur d’école » qui risque de modifier en profondeur le fonctionnement des écoles publiques françaises.

Les mobilisations du printemps dernier contre la loi « pour une école de la confiance » ont écarté le statut de chef d’établissement. Par ailleurs, la consultation ministérielle a confirmé le rejet massif du statut. Sous couvert de plus d’autonomie accordée aux écoles, cette proposition de loi, si elle était adoptée, conduirait à des responsabilités accrues du directeur et de la directrice d’école et abimerait les collectifs de travail.

Si la reconnaissance de la fonction de direction est indispensable, cette proposition de loi franchit deux lignes rouges : l’emploi fonctionnel et la délégation d’autorité qui impliquent un profilage du poste, plus de prérogatives aux dépens du conseil des maîtres et davantage de pressions hiérarchiques. Elle conduirait à un transfert d’autorité de l’IEN vers le directeur ou la directrice d’école. Le flou persiste sur le cadre des missions qui apparaissent extensibles comme sur les conséquences concrètes de l’exercice de cette ”autorité”.

Même si l’obligation de mobilité et la notion de “feuille de route” ne figurent plus dans la proposition de loi suite aux premières initiatives du SNUipp-FSU, les deux lignes rouges subsistent et bouleverseraient fortement le fonctionnement des écoles.

La proposition de loi évoque au fil du texte des revendications largement partagées par les enseignantes et les enseignants mais sans les concrétiser ou en les soumettant à des contreparties.

S’il y a une véritable urgence à répondre aux besoins exprimés sur la direction et le fonctionnement de l’école cela ne peut se faire à n’importe quel prix !

Le SNUipp-FSU revendique :

une augmentation des décharges mais pour toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, et sans missions supplémentaires en contrepartie ;

une aide humaine au fonctionnement de l’école mais là aussi pour toutes les écoles et non en fonction de la richesse ou du choix des communes ;

un allégement des tâches mais qui ne peut en aucun cas se limiter à la seule rédaction des PPMS ;

une revalorisation salariale de la fonction mais explicite, clairement inscrite dans les articles de la loi et s’accompagnant d’un rattrapage salarial de tous les personnels enseignants.

Cette proposition de loi ne répond pas à ces urgences.
Mobilisons-nous toutes et tous ensemble pour imposer une réouverture du chantier ministériel et obtenir des réponses concrètes.
C’est le sens de la pétition unitaire et des premières mobilisations le mercredi 24 juin, jour du vote en première lecture de cette proposition de loi à l’Assemblée nationale.

Directions : nul besoin d'emploi fonctionnel

lun, 22/06/2020 - 06:07
Signer la pétition 

Du temps, pour réussir la rentrée !

sam, 20/06/2020 - 13:55
le communiqué du SNUipp-FSU  Du temps, pour réussir la rentrée !

3 jours ! C’est le temps qu’il a fallu pour rendre un protocole avec une nouvelle unité de mesure, le « presqu’un mètre », sans que cela soit toutefois conforme au décret !

Cela n’est qu’un exemple de plus de l’impréparation et de l’improvisation du ministère durant la période : aucune anticipation de la fermeture des écoles, aucune préparation à l’enseignement à distance, improvisation totale sur les dates de reprise avec des protocoles arrivant tardivement et demandant des aménagements conséquents. Tout cela s’est mis en place par la seule implication, y compris matérielle des enseignantes et des enseignants des écoles. C’est finalement sur eux que l’on fait reposer la responsabilité de la santé des élèves et des personnels pour que l’école ne devienne pas un nouveau foyer de contamination.
C’est dans ce contexte que l’année s’achève, et dans la tête de tous et toutes, déjà se profile la rentrée. Du côté ministériel, aucune avancée sur la préparation de septembre.

Au-delà d’un plan d’urgence pour l’école qui doit permettre de lutter contre les inégalités mises en lumière par le confinement et donner des moyens pour aider les plus fragiles, la rentrée de septembre doit être pensée selon plusieurs scénarios, du plus favorable au moins favorable. Car le virus circule toujours et aucun traitement n’est aujourd’hui efficace et aucun vaccin n’est prêt. 

C’est dans ce contexte que l’école doit penser la reprise de septembre sans pouvoir compter sur le ministère pour l’anticiper. Aussi, il faut dès maintenant donner du temps aux équipes pour se préparer, pouvoir repenser les progressions et les programmations dans le cadre des cycles, imaginer la rentrée des élèves qui changent d’école ou qui y entrent pour la première fois, inventer des organisations différentes et créer des protocoles selon le niveau d’activité du virus… 

Du temps ! Du temps maintenant, du temps à la rentrée. Rien de plus que ce dont disposait le ministère pour ne réaliser que des protocoles inachevés.
Du temps pour les professeurs qui sont bien là, qui savent ce qu’est une classe, des élèves et qui, comme ils ont pu le démontrer, tiennent le système à bout de bras !

Paris, le 20 juin 2020

Les enseignants de prison à la peine

ven, 19/06/2020 - 18:04

La circulaire d’orientation pour l’enseignement en milieu pénitentiaire est parue le 9 mars dernier, elle précise les conditions d’exercice des personnels qui y exercent.

Les ORS revisités 

Alors que jusqu’à présent la plupart des PE exerçant en prison bénéficiaient des mêmes droits que les personnels du 1er degré exerçant dans le second degré (21h/semaine) ils devront dorénavant en sus «&nbsptrois heures hebdomadaires forfaitaires en moyenne annuelle, soit cent huit heures annuelles forfaitaires, notamment consacrées aux activités de coordination et de concertation ainsi qu'au suivi et à l'évaluation des détenus scolarisés&nbsp». 108 h, qui ne sont pas réclamés à leurs homologues du 2nd degré qui exercent dans les mêmes milieux. Avec cette mesure il ne sera plus possible pour ces personnels de faire valoir le paiement d’heures supplémentaires pour les heures de coordinations et de synthèse. C‘est donc un manque à gagner à venir pour ces personnels du 1er degré exerçant en prison et qui ne bénéficient toujours pas du versement de l’ISAE.

Dialogue social : mon œil

ven, 19/06/2020 - 14:32

« Quels que soient les sujets, les réunions se suivent et se ressemblent : communication tardive des documents, absence de réponses aux questions posées par les organisations syndicales, refus d’étudier leurs demandes et propositions. Le dialogue se résume à une écoute plus ou moins polie », explique dans un communiqué la FSU, première fédération syndicale du ministère de l’éducation nationale.
Le travail des représentantes et représentants syndicaux se trouvent sans cesse confrontés à des « autorités ministérielles et déconcentrées arrogantes et autoritaires », complète le communiqué de la FSU.

La FSU quitte le CHSCT 

du CHSCT ministériel du 17 juin. Consacrée au nouveau protocole sanitaire cette instance fut à nouveau révélatrice de cet état de dialogue social. Dans un autre communiqué, la fédération syndicale explique pourquoi elle a dû quitter la réunion Les représentants des personnels ont reçu le document deux heures seulement avant le début de la séance, alors même qu’il avait déjà été rendu public. Une réunion qui relevait manifestement de l’affichage puisque d’entrée de jeu le ministre a annoncé « qu’il n’était pas question d’apporter de quelconques modifications. »
Aussi, au-delà du mépris affiché pour le travail des membres de la délégation, il n’a pas été possible de porter la parole des personnels « au plus près du terrain, qui vont devoir à nouveau modifier dans des temps records toute l’organisation des écoles et des établissements afin d’accueillir les élèves dès le 22 juin ».

Décidément alors que la profession enseignante vient de traverser une période de mise en cause publique insupportable, il semble que son ministre de référence n’y accorde, dans les faits, guère plus d’intérêt.

Tour de passe passe sur les postes

ven, 19/06/2020 - 13:24
Le communiqué du SNUipp-FSU  Tour de passe-passe sur les postes

Le 7 avril dernier, le ministre de l’Éducation nationale annonçait la création de 1 248 postes supplémentaires à la rentrée 2020. Cette nouvelle dotation prouve que les 440 créations de postes initiales étaient largement insuffisantes.
La crise sanitaire a mis en exergue les inégalités tant sociales que scolaires, or les départements qui ont des populations plus fragiles et des écoles en éducation prioritaire sont les grands oubliés de cette rallonge en postes. Par ailleurs, des
postes de maîtres supplémentaires ou de RASED continuent à être supprimés. Le ministère ne tire pas les leçons de la séquence et ne met pas tout en œuvre pour lutter contre les inégalités.
Ces 1248 postes supplémentaires, déjà répartis entre les départements, auraient dû déboucher sur 2496 recrutements de stagiaires supplémentaires. En effet leslauréats du concours seront enseignants stagiaires à mi-temps. Or, le ministère n’annonce la création que de 625 places supplémentaires aux 10 790 déjà prévus au CRPE 2020. Comme l’an dernier, 700 places seront également créées au concours supplémentaire de Créteil et Versailles.
Cette annonce maintient les inquiétudes sur la rentrée car le nombre d’enseignants ne sera pas suffisant pour occuper ces postes. Les 625 recrutements ne correspondant qu’à 312 moyens d’enseignement à temps plein. Cela conduira à recruter près de 1 000 contractuels, malgré la promesse du ministère de ne pas recourir à des personnels non formés.
Le SNUipp-FSU demande, a minima, l’ouverture des listes complémentaires pour couvrir les besoins.
Pour lutter contre les inégalités et permettre de répondre aux besoins de tous nos élèves, c’est d’un plan d’urgence avec des enseignants ayant appris le métier dont l’école a besoin.
Cela impose de réfléchir dès à présent à un plan de recrutements à la hauteur des défis qui s’imposent à l’école. Le ministre est garant de la continuité et de la qualité du service public d’éducation. Cela ne peut pas passer par un tour de passe-passe
sur les postes dans les écoles.

Paris, le 17 juin 2020

22 juin : ce qui change

ven, 19/06/2020 - 12:10

Le nouveau protocole sanitaire d’accueil des élèves est finalement paru dans sa version définitive mercredi 17 juin. Les changements y sont indiqués en bleu. La principale mesure est la fin de la règle des 4 m2 et la suppression de la distanciation entre les élèves d’une même classe en maternelle. À l’école élémentaire un mètre de distance est à maintenir entre les élèves dans les espaces clos «&nbsplorsque cela est matériellement possible », ce qui laisse pour le moins une grande marge d’appréciation.
Le port du masque est obligatoire pour les élèves à partir de l’âge de 11 ans «&nbsplorsque la distanciation physique n’est pas possible en classe&nbsp», mais rien n’est stipulé sur qui devra fournir les masques… Pour les personnels la situation sur le port du masque reste inchangée, et elle doit également s’appliquer aux intervenants extérieurs.

Si aucune distanciation physique n’est plus requise dans les espaces ouverts, «&nbspon ne pourra y mélanger des classes ou des groupes différents&nbsp». Les gestes barrières et notamment le lavage des mains restent inchangés dans leurs fréquences mais peuvent s’exercer sans distanciation physique. Une mesure qui permet de retrouver l’usage de l’ensemble des lavabos et toilettes.

Enfin le protocole invite «&nbspà faire classe dehors&nbsp»pour éviter le casse-tête de la distanciation physique. Mais il ne précise pas si les bretons doivent apporter un parapluie et les niçois un parasol

Locaux et espaces de jeux extérieurs 

Ils retrouvent des règles de nettoyage plus proche de l’ordinaire avec une attention particulière pour «&nbsples surfaces fréquemment touchées par les élèves qui doivent faire l’objet d‘une désinfection quotidienne&nbsp». L’accès aux jeux, aux bancs, dans les espaces collectifs est autorisé «&nbspsi un nettoyage quotidien est assuré ou après une période sans utilisation d’environ 12 heures&nbsp». Les objets partagés (ballons, jouets, livres, jeux, journaux, dépliants réutilisables, crayons, etc.) au sein d’une même classe ou d’un même groupe sont à nouveau disponibles «&nbsplorsqu’une désinfection quotidienne est assurée ou que les objets sont isolés 24 h avant réutilisation&nbsp».

Personnels vulnérables et garde d’enfants

Une fiche de la DGRH envoyée aux DSDEN le 17 juin 2020 indique les nouvelles directives pour les personnels dans le cadre de la reprise générale des écoles le 22 juin.

Les personnels dits vulnérables selon le décret n° 2020-521 du 5 mai 2020, devraient pouvoir continuer à travailler à distance ou si ce n’est pas possible, une autorisation spéciale d’absence leur sera accordée.
Les personnels vivant au foyer de personnes vulnérables doivent reprendre une activité́ sur site, il n’est plus possible pour elle de continuer le travail à distance ou d’obtenir d’ASA. Les gestes barrières sont suffisants selon le ministère.
Concernant les gardes d’enfants, le volontariat des familles n’étant plus possible, les seules autorisations d’absences qui pourront être données concernent «&nbsples élèves dont les écoles ou classes fermées par arrêtés ou lorsque les enfants ont une raison médicale de ne pas retourner à l’école ». Dans ce cas une attestation de l’établissement ou médicale doit être fournie.

Désormais, hormis les situations ci-dessus, toutes les autres situations d’absence pour raisons médicales doivent être attestées par un arrêt de travail. Pour rappel, il n’y a pas d’application du jour de carence durant toute la période “d’Etat d’urgence sanitaire” (cf art 8 de la loi 2020-290). Celle-ci est en vigueur, a minima, jusqu’au 10 juillet.

Par ailleurs, pour les départements de Guyane et de Mayotte, les dispositions applicables restent celles du 11 juin 2020.

Comités de pilotage de l’école inclusive

ven, 19/06/2020 - 07:42

Le décret n° 2020-515 du 4 mai 2020 relatif au comité départemental de suivi de l’école inclusive vient de fixer la composition de ses membres. Les personnels enseignants ou leurs représentants syndicaux ne figurent pas dans la liste retenue et ne semblent donc pas devoir être considérés comme des acteurs de premier rang dans la mise en œuvre d’une école inclusive. Ils pourront toutefois être invités par le président du comité qui a le pouvoir de «&nbspconvier toute autre personne ou organisation concernée par le parcours de scolarisation et de formation des enfants, des adolescents ou des jeunes adultes en situation de handicap&nbsp».

Alors même que ce comité «&nbspétablit un état des lieux des moyens consacrés à l'école inclusive et à l'accompagnement médico-social des élèves en situation de handicap (…), ainsi qu'un bilan annuel des résultats qualitatifs et quantitatifs au regard des objectifs et des moyens », il n’y a autour de la table de manière pérenne aucun représentant des personnels enseignants pour apporter une analyse du terrain et notamment pouvoir porter des demandes de création de dispositifs ou de classes spécialisées. Ce même comité est en effet chargé d’examiner «&nbspà partir des données collectées et de l'état des lieux mentionné précédemment, (…), les programmations et les déploiements nécessaires pour l'accueil, la formation et l'accompagnement des élèves en situation de handicap…&nbsp»

Un comité qui peut donc avoir une influence importante en matière de mesures de carte scolaire et qui ne prévoit pas de fait la représentation des personnels enseignants sur ce dossier important.

Aussi le SNUipp-FSU a décidé d’adresser au ministère, ainsi qu’à chaque académie et département, un courrier pour obtenir que les personnels d’enseignements soient représentés de manière pérenne dans cette instance.

Les personnels de l’ASH et la crise sanitaire

jeu, 18/06/2020 - 11:53

Comme leurs collègues de l’enseignement ordinaire, les enseignantes et les enseignants spécialisés, malgré les difficultés, ont répondu présent tout au long de la crise sanitaire. Une forme de continuité éducative et pas la «&nbspcontinuité pédagogique&nbsp» dont le ministre de l’Éducation nationale s’est vanté et qui peut encore moins se concevoir dans le cadre d’un handicap, d’une mission d’inclusion, de difficultés sociales ou psycho-affectives. Ce leurre ministériel avait pour objectif premier de faire croire au grand public que l’école à distance était possible et qu’elle ne creuserait pas les inégalités scolaires.
La réalité a pourtant accentué les écarts, les difficultés, les inégalités. Elle a renforcé la fracture scolaire, surtout pour les élèves qui relèvent du spécialisé. Elle a mis en lumière que l’école est indissociable du présentiel.

Tout le monde sur le pont

Quoi qu’il en soit, les personnels spécialisés ont su mettre leur spécificité au service des élèves et de leurs familles. Des plateformes téléphoniques pour les Psy-EN des RASED, des soutiens individuels réalisés par les maîtres E et G, des pratiques pédagogiques innovantes chez les coordonnateurs et coordonnatrices d’ULIS et d’UE, dans les SEGPA et les ESMS, continuité administrative et pédagogique pour les ERH, maintien du lien avec les élèves dans les EREA, accueil de certains élèves dans les IME, volontariat pour accueillir les enfants des personnels soignants : le lien a été maintenu avec inventivité et engagement. Et ce, malgré des conditions matérielles souvent compliquées, des difficultés d’organisation, des attentes contradictoires entre Éducation nationale et services de soins et des situations personnelles d’élèves très particulières.

Des leçons à tirer

Tout comme cette crise a mis en avant l’utilité d’un hôpital public de qualité, elle a montré l’importance d’une école solide et qui dispose de tous les moyens dont elle a besoin, notamment pour prendre en charge les élèves les plus fragiles. Il va par exemple des RASED, et de l’importance qu’ils soient complets sur tout le territoire.
Or, le ministère s’attaque encore aux postes spécialisés pour la rentrée 2020. Certains resteront vacants et récupérés voire supprimés, faute de départ en formation. Certains ne sont même pas publiés au mouvement.
Et à l’heure de la reprise de l’école, les personnels spécialisés continuent d’être les «&nbspimpensés&nbsp» du déconfinement et de la situation actuelle. Pire, niant leur identité professionnelle, on les envisage parfois comme des bouche-trous pour pallier les manques dans l’enseignement ordinaire.
Combattre les inégalités devrait pourtant être un objectif prioritaire des pouvoirs publics. Au sein de l’école, à côté et dans la classe, des réflexions, des élaborations collectives et des aménagements pédagogiques sont nécessaires avec les enseignants spécialisés.
Les enseignements adaptés et des structures spécialisées sont utiles à certains enfants et ce afin de répondre à leurs besoins en fonction de leur niveau de développement. Il s’agit de rompre avec l’idée que tout doit se résoudre dans un contexte budgétaire restreint en dehors des besoins de ces enfants.

L’ASH contribue à la qualité du service public d’éducation, cette crise l’aura montré. Il s’agit désormais de la réinscrire pour de bon dans le projet éducatif de l’école du 21è siècle. Et de lui donner tous les moyens nécessaires pour remplir ses missions auprès des publics les plus fragiles.

L'impossible promesse

mar, 16/06/2020 - 12:02

Tous les élèves seront de retour en classe à partir du 22 juin, c’est le Président qui l’a dit. Le genre de promesse qui n’engage que celles et ceux qui y croient, selon la formule consacrée, même s'il était urgent de rétablir l'obligation scolaire pour toutes et tous. 
Car de fait, et malgré un léger assouplissement du protocole sanitaire, elle est très difficile à tenir, s’insurge le SNUipp-FSU dans un communiqué publié le 16 juin. Et les équipes d’écoles vont devoir une nouvelle fois se débrouiller comme elles peuvent, risquant de se retrouver en porte-à-faux vis-à-vis des familles.
Pour le syndicat, «&nbspCet objectif impossible contribue à jeter l’opprobre sur les enseignantes et les enseignants et renforce cette injuste prise à partie publique dans certains médias que le Président n’a pas jugé bon de dénoncer.&nbsp»
Alors plutôt que d’afficher une mesure symbolique qui contraint à revoir les organisations arrêtées depuis un mois, il serait grand temps de faire confiance aux équipes d’écoles, de les écouter et de réfléchir avec elles à la préparation de la rentrée prochaine avec une reprogrammation des apprentissages.

Le communiqué

Des annonces en forme d’impossible promesse

La mise en œuvre des annonces du Président de la République d'accueillir tous les élèves tout en appliquant le nouveau protocole va tourner à la quadrature du cercle dans les écoles.

Le volontariat des familles tournait le dos à une école égalitaire, mais l’assouplissement du protocole ne permettra pas d’accueillir tous les enfants dans ce nouveau cadre. L’architecture des écoles, la superficie des salles de classes, leur mobilier et les effectifs de classe resteront des contraintes indépassables. Tous les élèves ne pourront pas revenir à l’école en même temps. Prétendre autre chose reviendrait à mettre l’école et les équipes enseignantes en porte-à-faux.
Ces annonces présidentielles n’ont pas été anticipées avec les personnels enseignants, pourtant les premiers concernés, et une fois de plus c'est eux qu'on somme de répondre à cette promesse intenable.

Cet objectif impossible contribue à jeter l’opprobre sur les enseignantes et les enseignants et renforce cette injuste prise à partie publique dans certains médias que le Président n’a pas jugé bon de dénoncer. Or, depuis le début de la crise sanitaire, ils et elles se sont fortement engagées dans l’accueil des enfants des personnels soignants, comme dans le maintien d’un "enseignement à distance" puis dans la réouverture des écoles à partir du 11 mai.

Plutôt que d’afficher une mesure symbolique à deux semaines de la sortie des classes qui ne répond pas vraiment ni à la demande des familles, ni à celle des personnels et qui oblige à revoir les organisations arrêtées depuis un mois, l’école a besoin d’un retour de tous les élèves en petits groupes et d’une anticipation de la rentrée avec la reprogrammation des apprentissages.

Une fois de plus, les annonces se succèdent, la précipitation et le flou dominent, tandis que les équipes d’écoles doivent se débrouiller seules.

Il est plus que temps de leur faire confiance, de les écouter et de les informer autrement que par les médias. Ce sont elles qui tiennent le système éducatif à bout de bras.

Paris, le 16 juin 2020

Un été pour préparer le CP ? C’est non

lun, 15/06/2020 - 10:50

Trois semaines de stage chaque matin de juillet, puis cinq semaines d’exercices quotidiens sur support numérique : c’est la potion indigeste, en forme de punition, que l’association Agir pour l’école* propose d’infliger cet été aux enfants des quartiers populaires qui sortent de grande section de maternelle. L’objectif affiché de l’opération « Un été pour préparer le CP » est de leur permettre « de rattraper le travail de la phonologie habituellement mené en mars-avril grâce aux outils numériques de l’association. »
Dans un communiqué daté du 15 juin, treize organisations représentatives de la communauté éducative**, dont le SNUipp-FSU, s’insurgent contre ce projet, précisant qu’Agir pour l’école « n’est pas agréée comme association complémentaire de l’école et que ses protocoles suscitent de nombreuses réserves et critiques. »
Elles mettent donc en garde les municipalités opératrices des « vacances apprenantes » contre le forcing de la rue de Grenelle pour leur vendre un dispositif considéré comme pauvre pédagogiquement et à l’efficacité douteuse.
Elles rappellent aussi que « les enfants ont droit à de vraies vacances et ont avant tout besoin de ressourcer leur envie d’apprendre par la socialisation et l’ouverture, en particulier dans les accueils collectifs de loisirs et colonies de vacances. »

*association subventionnée par d'importants fonds privés dont des entreprises du CAC 40 : AXA, HSBC, Suez etc.

**CEMEA, CRAP, CGT Educ’Action, GFEN, FCPE, ICEM, JPA, Ligue de l’enseignement, SE-UNSA, Sgen-CFDT, Snpi-FSU, SNUipp-FSU, Sud-Éducation

Le communiqué

« Agir pour l'École » : ni pendant l'année scolaire, ni pendant les vacances !

Dans le contexte sanitaire que nous connaissons, où les enseignements ont dû se faire à distance à partir du 13 mars dernier, l’association « Agir pour l’école » tente de présenter son opération « un été pour préparer le CP » comme la solution miracle, « au chevet » des futur-es élèves de CP de certains quartiers populaires.

Ce projet de « vacances apprenantes » pourrait se déployer dans plusieurs endroits (dont le Nord et le Pas-de-Calais) avec l’objectif affiché de « permettre aux enfants de Grande Section de maternelle en REP/ REP+ de rattraper le travail de la phonologie, habituellement mené en mars-avril en GS, au mois de juillet, grâce aux outils numériques de l’association. » A une période de trois semaines de stage, tous les matins de juillet, encadrée par des membres de l'association aux compétences pédagogiques non reconnues, succéderait une période de cinq semaines de sessions courtes et quotidiennes à la maison, sur support numérique. Contournant ainsi la résistance des enseignant-es, « Agir pour l’Ecole » veut s’adresser directement aux parents et s’appuyer sur l’enseignement distanciel qui continue d'isoler les élèves.

Les organisations signataires rappellent qu’Agir pour l’École, contrairement aux mouvements d’éducation populaire, n’est pas agréée comme association complémentaire de l’École et que ses protocoles suscitent de nombreuses réserves et critiques : la focalisation de l’enseignement de la lecture sur la seule dimension phonologique, l’entraînement mécanique à l’oralisation de syllabes et pseudo-mots coupé de tout objectif de compréhension, la mise en œuvre de protocoles techniques sans lien avec la culture écrite n’offrent qu’une entrée appauvrie dans l’univers de l’écrit à des enfants qui en sont déjà très éloigné-es. L’efficacité présumée de la méthode n’a jamais fait l’objet d’une validation scientifique indépendante ou issue de l’institution. Toute méthode fondée sur une individualisation excessive comme celle prônée par Agir pour l'École accentue les inégalités.

Au sortir de longs mois où toutes et tous les élèves ont été éloigné-es, et parfois complètement coupé-es de l’école, ce type de protocole, en lieu et place de vacances qui pourraient être source de découvertes culturelles et de pratiques éducatives enrichissantes et émancipatrices, ne manquera pas de reconvoquer le même type de difficultés que beaucoup d'enfants et leurs familles ont rencontré lors du confinement (conflits intrafamiliaux autour du travail scolaire, évitement, décrochage…). Ce protocole est contreproductif pour des enfants qui ont droit à de vraies vacances et ont avant tout besoin de ressourcer leur envie d’apprendre par la socialisation et l’ouverture, en particulier dans les accueils collectifs de loisirs et colonies de vacances proposés par les acteurs et les actrices reconnu-es de l'Éducation Populaire.
Enfin, le dispositif « un été pour préparer le CP » est présenté aux municipalités opératrices des « vacances apprenantes » par les services de l’Éducation nationale : il est inadmissible que l’institution puisse faire la promotion d’Agir pour l’École. Les organisations co-signataires dénoncent avec force ces pratiques contraires à la déontologie et aux valeurs du service public, tout entier mobilisé pour préparer une rentrée 2020, qui pourra compter sur le professionnalisme des enseignant-es, comme sur celui des acteurs et actrices de l’éducation populaire.

Nous appelons les élu-es à bien se renseigner sur ce projet avant de valider un dispositif qui maintient les enfants des quartiers populaires dans des apprentissages appauvris, très éloignés de l’ambition partagée de les faire accéder à une culture commune. De même, nous appelons les personnels de l’Éducation nationale à résister aux pressions exercées par « Agir pour l’École » ou par l’institution elle-même dans ou autour de l’École.