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Mis à jour : il y a 24 min 37 sec

Loi Blanquer : la mobilisation continue

sam, 23/03/2019 - 05:44

Ce sont près d’un ou une enseignante sur deux qui ont cessé le travail le 19 mars dernier et leur présence a été particulièrement remarquée dans la couverture médiatique de cette journée. Les cortèges et les assemblées générales souvent inédites qui se sont tenues dans de nombreux départements ont montré que la profession était déterminée à ne pas laisser un ministre détricoter l’école et son fonctionnement.

Les raisons de la colère

Les raisons de se mobiliser contre la loi Blanquer ne manquent pas. Son premier article ouvre le bal symboliquement par une tentative d’intimidation au sujet de la liberté d’expression des enseignants et des enseignantes alors que celle-ci est déjà bien encadrée par la loi de 1983 sur la Fonction publique. Les conséquences de l’article 3 imposant aux communes le financement des écoles maternelles privées fait également grincer des dents et cerise sur le gâteau l’article 6 vient, au détour d’un amendement téléguidé par le cabinet du ministre, créer les établissements publics des savoirs fondamentaux. Ces derniers visent à créer des structures mixtes écoles-collèges supervisées par le chef d’établissement et auquel pourrait être adjoint un personnel de direction issu du 1er degré. Pour permettre de bien comprendre les enjeux de ce projet de loi, Fenêtres sur cours, le journal du SNUipp-FSU y consacre son dernier dossier.

La confiance par la menace

Dans le même temps, alors que de nombreux enseignants ont montré leur désapprobation aux protocoles d’évaluations CP et CE1 du ministre des neurosciences, un courrier envoyé par la DGRH aux recteurs et Dasen vient indiquer qu’il y a lieu de considérer en « faute professionnelles » les personnels qui refuseraient de faire passer ces tests. Une belle marque de confiance pour les enseignants et les enseignantes qui au quotidien accompagnent leurs élèves dans les apprentissages par des évaluations et une pédagogie ajustée à leurs besoins. Si « la confiance » rabâché à grands coups de renfort médiatiques en devenait suspecte, il est clair qu’aujourd’hui c’est plutôt la défiance qui s’inscrit dans les faits.
L'ensemble des organisations syndicales ont marqué leur désapprobation auprès du cabinet du ministre etle SNUipp avec la FSU ont été reçus par le DGRH du ministère. 

Toutes et tous mobilisés le 30 mars prochain et suite le 4 avril 

Aussi, il sera nécessaire que les personnels des écoles mais également les familles se saisissent des actions prévues le 30 mars prochain partout en France pour peser dans le débat parlementaire qui se poursuit au sénat. Une action unitaire à laquelle appelle la plupart des organisations syndicales.
Enfin le 4 avril une autre journée de grève et de manifestation permettra à nouveau, s’il en est besoin, de s’opposer au projet de loi Blanquer et de réclamer un autre projet pour l’école.

Loi Blanquer : l’abus de confiance

ven, 22/03/2019 - 15:46

C’est peu de dire que la communauté éducative est vent debout contre le projet de loi pour une « école de la confiance ». L’appel unitaire à manifester le samedi 30 mars dans toute la France pour exiger l’abandon du texte en témoigne. Organisations syndicales du premier et du second degré, parents d’élèves, se retrouveront pour porter un autre projet, synonyme de justice sociale et de réussite pour tous les élèves. Ce sont les véritables défis auxquels est confronté le système éducatif aujourd’hui. Les évaluations PISA viennent régulièrement rappeler que par rapport aux pays de l’OCDE qui lui sont comparables, la France est à la traîne. Elles montrent surtout qu’inégalités sociales et scolaires restent fortement corrélées et qu’elles se creusent.

Une école à deux vitesses

De tout cela, il n’est guère question dans la loi Blanquer. Tel Kaa cherchant à endormir Mowgli, le ministre de l’Éducation nationale demande qu’on ait « confiance » pour mieux masquer ses véritables intentions. Son école, en réalité, c’est une bonne dose de défiance vis-à-vis des personnels de l’Éducation nationale et de l’institution scolaire. Exit le Cnesco, organisme indépendant, bienvenue au Conseil d’évaluation de l’école directement piloté par le ministère et évaluant sur commande. Les tests CP et CE1 passés cette année donnent un avant-goût de ce qui se prépare. Ils n’ont évalué que le décodage en lecture, réduisant à peau de chagrin la part de la compréhension. En revanche ils font entrer le système éducatif dans la culture de l’évaluation et du pilotage par les résultats. Ils permettent au ministre de préparer un encadrement très strict des pratiques pédagogiques renvoyant les enseignantes et les enseignants à un rôle d’exécution. L’école « de la confiance », c’est aussi un fameux tour de passe-passe. La création des établissements publics locaux d’enseignements des savoirs fondamentaux est arrivée à l’Assemblée par le truchement fort opportun d’un amendement sorti du chapeau. Avantage de cette ruse : la mesure n’a pas été présentée au Conseil supérieur de l’éducation et n’a pas été prise en compte dans l’étude d’impact du projet de loi. Et hop, circulez y’a rien à voir ! Pourtant il y a tant à dire sur cette disposition. « N’y aurait-il pas la tentation de mettre en place des écoles à double vitesse ? Pour certains et certaines, un socle commun exigeant et pour d’autres une école réduite aux fondamentaux. Les mots ont un sens », commente l’historien de l’éducation Claude Lelièvre. Et c’est sans parler des conséquences du regroupement écoles-collège sur la direction d’école et la liberté pédagogique des équipes. « Le principal, comme supérieur, aura un regard sur les méthodes, sur les pratiques. Enfin, il y aura un impact aussi sur le paysage éducatif, avec la disparition de petites écoles », prévient Hervé Duchauffour, chercheur en sciences de l’éducation.

Une opération d’enfumage

La technique de l’amendement, c’est aussi une belle opération d’enfumage, une manière d’éviter de montrer que la loi passe à côté des véritables enjeux pour l’école. Comment comprendre autrement cette focalisation des débats sur la présence des drapeaux et du refrain de La Marseillaise dans les classes, sur la mention du parent 1 et du parent 2 ? Est-ce ainsi que les élèves éprouveront les valeurs du vivre ensemble et de la citoyenneté ? Est-ce ainsi qu’ils réussiront mieux à l’école ? Mesure qui se veut emblématique, l’instruction obligatoire à partir de 3 ans est elle aussi sujette à caution. Difficile de ne pas être d’accord avec ça, même si déjà 97 % des enfants de cet âge vont en maternelle. Mais dans les territoires où les besoins sont bien réels, Mayotte et la Guyane, le dispositif ne sera pas mis en place faute de moyens : ce qui n’empêchera pas de faire un cadeau de 150 millions d’euros à l’enseignement privé sous contrat. Le ministre fait une promesse mais elle ne se traduit pas dans ses actes. C’est ça aussi « l’école de la confiance », du bidonnage pour masquer un manque d’ambition budgétaire. Comment interpréter autrement que par une course aux économies, la volonté de mettre dans les classes des étudiantes et étudiants, donc des personnels pas encore formés, alors que les postes d’enseignement spécialisé et de remplacement sont sans cesse en diminution, que les effectifs par classe restent trop élevés ? Au total, 25 articles très disparates forment une loi attrape-tout, sans colonne vertébrale éducative, sans vision – ou en tout cas non avouée. Une loi qui tente aussi de museler les personnels. Défiler dans les rues le 30 mars et après, c’est dire non à l’école Blanquer, c’est dire oui à un autre projet pour l’école.

Un 30 mars unitaire 

« Monsieur le ministre, pour améliorer l’école vous n’avez pas notre confiance ! » C’est en ces termes que le SNUipp, avec la FSU, l’Unsa-Éducation, le Sgen-CFDT, la CGT-Éducaction et le SNALC affirment leur opposition à la loi Blanquer et appellent ensemble toute la profession à manifester le 30 mars prochain. Dans un communiqué daté du 12 mars, les syndicats estiment que ce projet de loi est devenu, au fur et à mesure de ses évolutions, un texte qui bouleverserait le fonctionnement du système éducatif et fragiliserait encore l’école. Ils s’opposent notamment à la création des établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux (EPLESF), aux cadeaux financiers faits au privé, à la fin de l’évaluation indépendante des politiques éducatives et à la reprise en main de la formation des enseignants basée sur une conception du métier réduite à des fonctions d’exécution. À l’inverse, ils réclament une priorité au service public d’éducation, des perspectives ambitieuses pour la réussite de tous les élèves, une véritable reconnaissance de tous des personnels.

En faute professionnelle ? Vraiment ?

ven, 22/03/2019 - 09:49

Les menaces de sanctions brandies par la rue de Grenelle à l’encontre des personnels des écoles qui refusent de participer aux évaluations CP n’y changeront rien. Ces tests restent contestés par la plus grande partie de la communauté éducative, c’est ce que le SNUipp-FSU et cinq autres syndicats ont fait savoir au ministre dans un courrier commun daté du 15 mars.
Pour eux, « Les professeurs appliquent les programmes, mettent en place les enseignements conformément aux textes en vigueur, réalisent des évaluations régulières pour mesurer les réussites et les difficultés des élèves. », ils ne sont donc pas en faute.

Place au dialogue ?

Le 20 mars, le ministère rencontrait les syndicats à ce sujet, une première prise en compte de la colère de la profession qui s’était en partie exprimée dans la rue la veille. Le dialogue semble être renoué, la rue de Grenelle indiquant vouloir privilégier le « rappel à la loi » avant toute sanction disciplinaire.
Le SNUipp-FSU a demandé que des consignes allant dans ce sens soient transmises aux recteurs et aux dasen. Il soutiendra les personnels qui pourraient néanmoins être menacés.

Éducation prioritaire : l’enquête

jeu, 21/03/2019 - 10:55

Les textes publiés en 2014 qui refondaient l’éducation prioritaire précisaient que les projets de l’ensemble des réseaux ainsi que la carte de leur implantation devaient être évalués en 2019. Une étape importante pour qui entend améliorer et renforcer ce dispositif et ainsi mieux contribuer à la réussite des élèves des quartiers défavorisés. Face à l’absence d’évaluation institutionnelle, l’Observatoire des zones prioritaires (OZP), association de référence, a décidé de prendre ses responsabilités et de lancer une évaluation indépendante du dispositif.

À vos claviers

S’appuyant sur l’expertise d’un conseil scientifique animé par des personnalités telles que Marc Bablet, Anne Armand ou encore Jean-Yves Rocheix, l’OZP a bâti un questionnaire en ligne et le soumet aujourd’hui à l’ensemble des équipes de REP et de REP+.
Une démarche collaborative destinée à rendre visible et capitaliser les transformations pédagogiques, éducatives et professionnelles accomplies par les réseaux. D’identifier aussi réussites, blocages et solutions à explorer. De premiers résultats devraient être dévoilés le 18 mai prochain, à l'occasion de la journée nationale de l'OZP.

Accéder au questionnaire en ligne

Fonction publique : amplifier le mouvement

jeu, 21/03/2019 - 10:26

« Les organisations syndicales CFTC, CGC, CGT, FAFP, FSU, Solidaires et Unsa de la Fonction publique affirment de nouveau leur attachement aux valeurs du service public et à une Fonction publique au service de tous et toutes, porteuse de l’intérêt général ». Les personnels ont également montré leur mobilisation pour préserver les services publics et l’école en particulier et leur opposition aux projets gouvernements actuels en arpentant en nombre les rues de France le 19 mars. 

Pourtant, l’exécutif reste sourd. Les syndicats déplorent que « depuis de nombreux mois, en dépit de leurs revendications et propositions, le pouvoir exécutif poursuit une politique néfaste pour la population et pour les missions publiques » et poursuit son « passage en force, toujours sans écouter les organisations syndicales. »

En grève le 9 mai

L’opposition reste forte contre une loi qui transformerait en profondeur la Fonction publique pour y introduire plus de précarité et moins de transparence. Avec d’une part la fusion des comités techniques et CHSCT « qui va diluer et amoindrir les actions dans les domaines essentiels de la sécurité et de la vie au travail » mais aussi « la suppression des compétences des CAP en matière de promotion, de mobilité » privant « les personnels de recours contre l’arbitraire ». De plus, « le recours accru à tous les niveaux au contrat, c’est l’égalité d’accès aux emplois publics et les garanties de neutralité qui sont menacées » et « la précarité sera encore aggravée ».
Après le boycott des Conseils supérieurs et du Conseil commun de la Fonction publique, la grève du 19 mars, rendez-vous est donné à tous et toutes le 27 mars pour des rassemblements devant les préfectures à midi, au moment où le projet de loi est présenté en Conseil des ministres puis le jeudi 9 mai pour une grève unitaire. Les organisations exigent le trait de projet de loi et l’ouverture de négociations sur de nouvelles bases.

Menaces de sanctions : la FSU reçue au ministère

mer, 20/03/2019 - 19:35

Les syndicats de la FSU et l’ensemble des organisations syndicales avait exprimé une forte indignation par un courrier adressé le 15 mars au ministre. Ils lui demandaient de retirer ces menaces et de retrouver rapidement le chemin du dialogue.
Si le DGRH a souhaité rencontrer rapidement les organisations syndicales c’est bien le signe d’une première prise en compte de l’indignation de la profession qui s’est en partie manifestée dans la rue le 19 mars.
Pour autant, il ne remet pas en cause le bien-fondé de son courrier et indique qu’il souhaitait ainsi permettre aux recteurs et Dasen de se positionner en rappelant les obligations qui s’imposent aux agents du service public. Il souhaite également que son courrier ne conduise qu’à des rappels à la loi avant de devoir recourir à des sanctions. Les représentants des personnels présents pour la FSU lui ont alors demandé de bien clarifier ce positionnement afin que les sanctions ne précèdent pas le rappel à la loi.

Entendre la profession

Le SNUipp et la FSU ont également invité le cabinet du ministre et la DGRH à entendre les revendications qui s’expriment car si certains et certaines n’ont pas fait passer ces tests, bien d’autres beaucoup plus nombreux et nombreuses sont extrêmement critiques envers ces évaluations sur la forme, le fond, et l’utilisation qui pourraient en être faites. Le Ministère propose d’organiser une rencontre ultérieurement.

 Le syndicat continuera d’informer l’ensemble de la profession sur cette question et construira avec elle les mobilisations qui s’avèreront nécessaires. Dans le même temps il poursuivra ses rencontres avec les Dasen et les IEN afin de restaurer le dialogue et défendre les personnels concernés qui font leur travail au quotidien en appliquant les programmes et en évaluant régulièrement les élèves pour conduire leurs apprentissages. 

19 mars, une grève très suivie

lun, 18/03/2019 - 16:19
Le communiqué Près d’un enseignant des écoles sur deux en grève le 19 mars pour une autre politique éducative

Augmentation des salaires, défense du service public mais aussi refus de l’école telle que la dessine le gouvernement... près d’un enseignant sur deux sera en grève ce mardi 19 mars, journée de mobilisation interprofessionnelle avec une déclinaison Fonction publique.
Sur l’école, la mobilisation se cristallise à travers le rejet du projet de loi « pour une école de la confiance ». Celui-ci, dépourvu de toute ambition éducative, ne permettra aucunement de réduire les inégalités scolaires ni de s’attaquer aux difficultés de l’école. Il prévoit de déstructurer le système éducatif avec les regroupements écoles-collèges niant les spécificités du premier degré, d’offrir 150 millions à l’école privée, de museler les enseignants, de mettre des étudiants non formés dans les classes…

D’autres sujets suscitent également la colère des enseignants comme les menaces de sanctions pour refus de participer aux évaluations nationales, inadaptées et sans intérêt pédagogique. Mais aussi le manque de reconnaissance de la professionnalité enseignante sans oublier la volonté d’imposer des règles technocratiques de mutation des personnels niant celles élaborées dans tous les départements entre les représentants des personnels et l’administration.

Devant ce taux de grévistes, inédit dans les écoles depuis 2017, le ministre serait bien avisé d’entendre le rejet de sa politique éducative et de sortir de sa tour d’ivoire. De 40% dans les Hautes-Alpes, la Lozère, le Haut-Rhin à 60% dans les Bouches-du-Rhône ou encore Ille-et-Vilaine, l’ensemble du territoire est parcouru par ce mouvement de fond.

Cette journée donnera de l’élan pour réussir les manifestations du samedi 30 mars rassemblant l’ensemble de la communauté éducative, enseignants et parents. Les assemblées générales du 19 mars permettront de décider ensemble d’autres suites à donner pour obtenir notamment l’abandon du projet de loi et construire une autre politique éducative.

Paris, le 18 mars 2019

Elle est où la faute professionnelle ?

ven, 15/03/2019 - 15:37
Le courrier unitaire

Paris, le 15 mars 2019

Monsieur le ministre,

C’est avec stupéfaction que nous apprenons que vous avez donné des consignes pour mettre en œuvre des mesures disciplinaires à l’encontre de nos collègues qui n’ont pas appliqué tout ou partie du protocole d’évaluations nationales.

Depuis des mois, nous avons cherché à dialoguer et vous avons alerté à plusieurs reprises sur ces évaluations avec force arguments, tant sur le contenu que sur la forme, mais aussi sur les défauts techniques massifs rencontrés pour la saisie et l’utilisation qui peut en être faite.
Si certaines consignes de passation ont été adaptées, vous n’avez rassuré ni les collègues ni les organisations syndicales sur les choix pédagogiques à l’œuvre dans ces évaluations. De plus, votre communication sur les résultats des évaluations en octobre dernier alors que les résultats n’étaient que partiellement saisis, a contribué à renforcer les doutes sur le véritable objectif de ces évaluations. C’est pourquoi nous avions exigé l’abandon de ce protocole d’évaluation.

Aujourd’hui, plutôt que de convaincre les professionnels, plutôt que d’engager le dialogue avec leurs représentants, vous préférez utiliser la menace et les sanctions. Comment considérer que des professeurs, qui appliquent les programmes, mettent en place des enseignements conformément aux derniers textes en vigueur, réalisent des évaluations régulières pour mesurer les progrès et les réussites des élèves et adapter leurs enseignements, sont en faute ?

Ce qu’expriment les équipes pédagogiques dans leurs choix d’utiliser, dans le cadre de leur liberté pédagogique, leurs outils plutôt que ceux du ministère, est une formidable occasion de travailler à un dialogue au plus près du terrain pour faire remonter les besoins et valoriser le travail des enseignants. Pour que l’école réussisse, il faut s’appuyer sur l’engagement sans faille de ceux qui la font vivre au quotidien.

Monsieur le ministre, nous vous demandons de ne pas provoquer une rupture définitive entre la rue de Grenelle et les professeurs. Vos menaces s’opposent à notre vision d’un enseignant professionnel acteur de son action pédagogique ; elle est contraire à l’intérêt des élèves. Nous vous demandons, de retirer la menace de « faute professionnelle » et de retrouver rapidement le chemin du dialogue.

Nous vous prions de croire, Monsieur le ministre, en l'expression de nos respectueuses salutation.

Francette Popineau, co-secrétaire générale du SNUipp-FSU

Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT

Norbert Trichard, secrétaire général du Snudi-FO

Patrick Désiré, secrétaire général de l'Unsen-CGT Éduc'action

Fatna Seghrouchni, co-secrétaire fédérale du Sud-Éducation

Confiance ? Ben voyons…

mer, 13/03/2019 - 19:12
Le communiqué

Que se passe-t-il au pays de l’école de la confiance ?

Faute professionnelle et sanctions disciplinaires, rien de moins. C’est la menace qui pèse sur les enseignants qui refusent de continuer à participer aux évaluations CP, des évaluations peu adaptées aux élèves et qui ne leur apportent pas d’aide, pas plus qu’à leurs enseignants. Toute la communauté éducative a pu constater qu’avant même l’ensemble des résultats saisis, le ministre faisait déjà des annonces.
Avec un seul objectif : jeter le discrédit sur l’école et ainsi justifier ses partis pris pédagogiques qu’aucune recherche ne confirme. La ficelle était suffisamment grosse pour que le corps enseignant doute d’évaluations nationales réellement au service des apprentissages.

Jean-Michel Blanquer, en difficulté avec sa loi, convainc de moins en moins. Fragilisé, il tente le passage en force en menaçant les enseignants. Or, ceux-ci font leur travail : ils appliquent les programmes, ainsi que les textes en vigueur dont le dernier est la loi de refondation de 2013. Ils évaluent les progrès et les réussites de leurs élèves pour adapter au mieux leurs pratiques pédagogiques et rencontrent les parents. De même, personne ne renonce à l’évaluation du système éducatif qui peut fort bien continuer à se mener sur échantillon.

Cette crise d’autoritarisme n’a donc pas lieu d’être. Le ministre doit retrouver son sang-froid et ne pas penser qu’on peut avoir raison tout seul. Les enseignants, tous les jours, font la preuve de leur engagement pour l’école et de leur sérieux malgré des conditions d’exercice de leur métier et une reconnaissance salariale très en dessous de leurs homologues des pays comparables. Et ce n’est pas à coups de menton vindicatifs que la rue de Grenelle fera baisser la tension qui monte dans les écoles.

Oui, les personnels des écoles contestent les évaluations et la politique éducative du ministère qui ne répond pas aux difficultés de l'école et les aggrave.
C’est ce qu’ils diront haut et fort le 19 mars dans la grève interprofessionnelle et le 30 mars dans les mobilisations unitaires contre la loi « pour une école de la confiance ».

Paris, le 13 mars 2019

La réforme de la Fonction publique de A à Z

mer, 13/03/2019 - 18:12

Le projet de loi portant réforme de la Fonction publique, contesté par la totalité des syndicats représentatifs des fonctionnaires, a pour vocation de modifier en profondeur le recrutement et la gestion des personnels. Sous prétexte de l’assouplir, Il fragilise leur statut pour mieux le détricoter. Enseignantes et enseignants sont directement concernés par plusieurs dispositions du texte.

Mise en cause des instances paritaires

Gestion des carrières

Dans le but d’instaurer « un dialogue social plus stratégique et efficace », les articles 3, 9 et 12 du projet de loi visent à réduire drastiquement les attributions des commissions administratives paritaires - les CAPD pour ce qui concerne les enseignantes et enseignants des écoles. L’examen par les délégués du personnel des opérations de mouvement, d’avancement et de promotion passerait notamment à la trappe. Ne seraient plus examinés par les commissions paritaires que les recours sur les refus de temps partiel, de congés de formation, la titularisation ou le licenciement.
Il est prévu par ailleurs, de fusionner les commissions paritaires compétentes pour les personnels des écoles et des établissements du 2nd degré ou encore celles des psychologues de l’Éducation nationale avec celle des PEGC et des CPE.
Pour le SNUipp-FSU, il s’agit bien là de confisquer aux élus du personnel leur rôle de vérification et d’intervention qui permettent d’assurer transparence et équité dans les opérations de gestion de la carrière de toutes et tous.

Une nouvelle instance

Est aussi prévue dans l’article 2, une fusion des comités techniques - pour les écoles, les CTSD et CDEN - avec les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Une instance nouvelle unique « pour développer une vision intégrée des politiques de ressources humaines et conditions de travail », selon le gouvernement, qui entrerait en vigueur en 2022. À noter qu’aucune déclinaison locale n’est définie par le texte.

Des contractuels en veux-tu, en voilà

Même si l’Éducation nationale recrute déjà de nombreux personnels contractuels, y compris dans les écoles, plusieurs articles élargissent le recours « au contrat », avec des conséquences directes sur le fonctionnement du service public d’éducation.

Diversifier les viviers de recrutement dans l’encadrement supérieur

L’article 5 ouvre la possibilité de nommer des non-fonctionnaires dans des emplois d’encadrement dans la Fonction publique d’État. Il s’agit là d’ouvrir le recrutement à des salariés venant de l’entreprise, sans aucune connaissance donc du fonctionnement de la Fonction publique et encore moins de l’Éducation nationale. Une façon comme une autre de développer les méthodes de management du privé dans le secteur public, avec le risque bien réel de remise en cause des valeurs et des principes de neutralité et d’indépendance du fonctionnaire d’État au service des usagers.
L’article 6, lui, crée un « contrat de projet », équivalent au contrat de chantier dans le secteur privé, pour une durée maximale de six ans et dont l’échéance est la réalisation du dit projet.
Quant à l’article 7, il apporte une modification lourde de sens au code de la Fonction publique. Il prévoit d’élargir le recrutement de contractuels à différentes catégories d’emplois, tout en étendant la possibilité de le faire en CDI lorsqu’il s’agit d’occuper un emploi permanent. Sans les garanties, donc, attachées au statut de fonctionnaire.

Évaluation et sanctions

Entretien professionnel

L’article 10 du projet de loi confirme la disparition de la notation et la généralisation de l’entretien professionnel annuel. Ceci concernera essentiellement la Fonction publique hospitalière, la notation ayant disparu ailleurs.
Pour les enseignantes et les enseignants, un avis a remplacé la note et jusqu’à maintenant, il n’y avait pas d’entretien annuel comme pour les autres fonctionnaires. Et si les personnels du 2nd degré font l’objet d’une évaluation annuelle par le chef d’établissement, ceux du 1er degré y échappaient jusqu’à maintenant.
La création d’établissements inter degrés - EPLESF et EPLEI - pourrait bien changer la donne.

Sanctions

« Moderniser et harmoniser l’échelle des sanctions ». À cet effet, l’article 13 introduit la possibilité d’une exclusion temporaire des fonctions de trois jours, une sanction qui ne serait plus soumise à l’examen des CAP.
Il s’agit là de s’aligner sur la situation actuellement en vigueur dans la Fonction publique territoriale et de donner un pouvoir inédit au supérieur hiérarchique en matière de sanction. Il est aussi prévu que cette sanction soit inscrite dans le dossier du fonctionnaire.
Des dispositions à mettre au regard de  l’article 1 de la loi Blanquer « Pour une école de la confiance », qui interdit aux enseignants de s’exprimer sur ce qu’ils pensent des réformes…

Mobilité contrainte ou choisie ?

L’article 9 redéfinit les priorités légales en cas de demandes de mutation au titre du rapprochement de conjoint, du handicap, de l’exercice en zone difficile et des « centres d’intérêts matériels et moraux ». De plus l’autorité compétente pourrait aussi définir des durées minimales et maximales d’occupation de certains emplois.
S’agit-il de renforcer l’attractivité de certains postes en « garantissant » la réintégration dans son poste d’origine après une certaine durée, s’agissant par exemple d’un fonctionnaire qui voudrait aller quelques années seulement sur un territoire difficile mais sans perdre son poste ? Ou s’agit-il au contraire de forcer les fonctionnaires à muter au bout d’un certain temps pour ne pas « figer » les postes les plus attractifs ? Ce type de mesure pourrait être appliqué aux personnels enseignants de l’Éducation nationale pour résoudre précisément les problèmes d’attractivité de certaines fonctions ou de certaines zones géographiques.
Pour le SNUipp-FSU, il s’esquisse là une atteinte à la mobilité choisie et une telle mesure mettrait en difficulté les personnels qui souhaitent changer d’affectation.

Un peu plus d’égalité

Le projet de réforme décline tout de même quelques mesures positives, en introduisant dans le texte des dispositions prévues dans le protocole « Égalité professionnelle ».

Égalité professionnelle

Obligation est faite aux employeurs publics d’élaborer un plan d’action « Égalité professionnelle » pluriannuel. Les articles 27 à 31 renforcent l’égalité entre femmes et hommes à travers notamment des nominations équilibrées aux postes de direction des établissements publics de l’État, un respect de l’égalité dans les procédures d’avancement, l’exonération du jour de carence pour les femmes enceintes quel que soit le motif du congé ou encore la mise en place d’un dispositif de « signalement des violences, de traitement et de suivi des violences sexuelles, du harcèlement et des agissements sexistes ».

Personnels en situation de handicap

L’article 32 du texte vise de son côté à ajouter des mesures favorisant les parcours professionnels des agentes et des agents en situation de handicap afin d’avoir une carrière exempte de toute discrimination.
Une procédure de promotion dérogatoire au droit commun est prévue, à l’instar de la procédure de recrutement externe par contrat (BOE). Dans le cadre des aménagements d’épreuves aux concours, le champ des handicaps pris en compte est élargi en supprimant la référence au handicap physique et la référence à la délivrance de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).

Ordonnances

L’article 4 habilite quant à lui le gouvernement, par voie d’ordonnance, à prendre des dispositions législatives en matière de négociation dans la Fonction publique. L’objectif, explique le texte, est de « promouvoir le rôle et la culture de la négociation et d’en développer la pratique, en particulier aux niveaux de proximité qui constituent le quotidien des agents. »
Ce qui permettrait, pour le SNUipp-FSU, une remise en cause du cadre national garanti par le statut et le code de la Fonction publique.

De la chaise vide à la rue

Lasses des pseudo concertations dédiées à l’examen de ce projet de loi, exaspérées par la non prise en compte de leurs remarques et de leurs propositions, la quasi-totalité des organisations syndicales de fonctionnaires, dont la FSU, ont choisi ces dernières semaines de ne pas participer aux consultations organisées par le gouvernement.

Le 19 mars prochain, la CGT, la FSU, FO et Solidaires appellent les fonctionnaires à faire grève et à manifester partout en France comme prochain temps fort de la mobilisation.

Marche du siècle pour le climat

mer, 13/03/2019 - 15:48

« Il est temps de changer de système industriel, politique et économique, pour protéger l’environnement, la société et les individus », la FSU et l’ensemble de ses syndicats dont le SNUipp allient leurs forces aux nombreuses organisations mobilisées pour le climat. « Nous voulons combattre les dérèglements climatiques, nous voulons combattre la violence sociale et nous refusons toute forme de répression ou de discrimination. »

Malgré l'urgence des échéances  (réchauffement, biodiversité en péril, pollution atmosphérique et océanique, épuisement des ressources),  le gouvernement marche à reculons. Il accumule les renoncements, de l’interdiction du glyphosate à la division par quatre des émissions de gaz à effets de serre au profit d’une hypothétique neutralité carbone, prétexte à ne rien changer aux logiques marchandes destructrices. 

Face à cette inaction, la riposte citoyenne s’amplifie : pétition « L’affaire du siècle », marches pour le climat qui reviennent à date régulière, tout comme les grèves scolaires mondiales des jeunes. « Fin du monde et fin du mois relèvent du même combat », rappelle la FSU, « Se déplacer, se nourrir, se loger, se chauffer, produire, consommer autrement est possible : autant de propositions alternatives que les décideurs politiques et économiques retardent et empêchent au nom d’intérêts particuliers qui nous conduisent dans le mur. »

Les enjeux éducatifs sont particulièrement forts et n’échappent à la jeunesse. Il est essentiel d'imposer à l’éducation nationale une place réelle à la formation des générations futures à l’éco-citoyenneté, au-delà des seuls « fondamentaux » : lire, écrire, compter, respecter autrui chers au ministre. 

C’est pourquoi le printemps sera climatique et social. Le 15 mars, la jeunesse sera en grève partout en France et dans le monde. Le 16 mars, marches organisées partout en France et dans le monde pour dire « Ça suffit ! » et demander des changements immédiats.

Les lieux de rassemblements et de marches

Un 30 mars unitaire

mer, 13/03/2019 - 07:32

« Monsieur le ministre, pour améliorer l’école vous n’avez pas notre confiance ! » C’est en ces termes que la FSU, dont le SNUipp, l’Unsa-Éducation, le Sgen-CFDT, la CGT-Éducaction et le SNALC expriment leur opposition à la loi Blanquer dans un communiqué commun daté du 12 mars 2019.
Pour les quatre organisations, ce projet de loi est devenu, au fur et à mesure de ses évolutions, un texte qui bouleverserait le fonctionnement du système éducatif et fragiliserait encore l’école.

Priorité au service public d’éducation

Les syndicats refusent notamment la création des établissements publics des savoirs fondamentaux, les cadeaux financiers faits au privé, la fin de l’évaluation indépendante des politiques éducatives et la reprise en main de la formation des enseignants basée sur une conception du métier réduite à des fonctions d’exécution.
À l’inverse, ils réclament la priorité pour le service public d’éducation, des perspectives ambitieuses pour tous les élèves, une véritable reconnaissance de l’ensemble des personnels de l’éducation.
C’est pourquoi ils appellent ensemble tous les personnels à manifester partout en France le 30 mars prochain.

Le communiqué commun

                                                                            30 mars : journée nationale d’action

Monsieur le Ministre, pour améliorer l’École vous n’avez pas notre confiance !

Le ministère de l’Éducation nationale poursuit sa politique éducative rétrograde et libérale sans prendre en compte ni l’expertise professionnelle des acteurs de terrain, ni les avis de leurs organisations syndicales, ni ceux de l’ensemble de la communauté éducative.
L’amélioration de notre système éducatif exige certes, une ambition politique forte mais également une construction qui soit commune et concertée. Or, le ministre entend imposer de nombreuses transformations et continue de le faire à marche forcée.

Pour nos organisations, ces transformations, par leur contenu et la méthode, vont le plus souvent accroître les inégalités, dégrader les conditions de travail des personnels sans répondre à la nécessité d’améliorer le service public d’éducation pour assurer la réussite de tous les élèves et l’élévation du niveau de qualification.

Loi Blanquer : Une réforme qui ne répond pas aux enjeux

Alors qu'il devait s'articuler autour de l'obligation d'instruction ramenée à 3 ans, le projet de loi dit Blanquer "Pour une école de la confiance" est devenu, au fur et à mesure de ses évolutions, un texte qui bouleverserait le fonctionnement du système éducatif.
Nos organisations refusent :

- la création des établissements publics des savoirs fondamentaux sans accord des communautés éducatives,
- une reprise en main de la formation des enseignants basée sur une conception du métier réduite à des fonctions d’exécution,
- la fin de l'évaluation indépendante des politiques éducatives,
- les cadeaux financiers pour l'école privée.

Cette loi va se décliner par ordonnances ou textes réglementaires portant des transformations profondes.

Pour un budget à la hauteur des besoins du service public d’éducation

Alors que de nombreuses réformes structurelles sont à l’œuvre, les décisions budgétaires pour la rentrée prochaine entraîneront inévitablement une dégradation des conditions d'enseignement et d’accès à la formation. D’autant que le projet de réforme de la Fonction Publique conduira à des milliers de suppressions de postes et à un large recours à la contractualisation. Nos organisations s’opposent à ce développement de la précarité. L’École a besoin de personnels formés et sécurisés afin d’enseigner et accompagner chaque élève.

Donner d’autres perspectives

Les nombreux changements relatifs à l’orientation dont la loi ORE continuent de cristalliser une profonde anxiété chez les élèves de terminale et leurs familles. Dans ce contexte, alors que les jeunes ont besoin d’être mieux accompagnés dans la construction de leur parcours d’orientation, les missions des psychologues de l’Éducation nationale EDO sont remis en cause et des fermetures de CIO programmées.
Alors que chaque jeune doit pouvoir construire son avenir sereinement, nos organisations demandent à ce que la vision globale du service public d’information et d’orientation soit clarifiée.
L’accent doit être mis sur les inégalités sociales et territoriales notamment par une relance de l’éducation prioritaire et des mesures en faveur d’une plus grande mixité sociale.

Pour une véritable reconnaissance de nos métiers

Nos salaires restent inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Sans parler du gel de la valeur du point d’indice, du pouvoir d’achat qui se dégrade régulièrement depuis des années, du rétablissement du jour de carence …

Le vaste plan de communication du Ministre ne cache pas sa volonté d’autoritarisme et ne répond pas à la réalité de nos quotidiens. Ce projet fragilise encore l’École par des transformations profondes élaborées sans les personnels. C’est sur eux qu’il faut s’appuyer pour favoriser la démocratisation de la réussite scolaire.

C’est pour ces raisons que nos organisations appellent les parlementaires à ne pas voter la loi « pour l’école de la confiance ».
- Pour la priorité au service public d’éducation ;
- Pour des perspectives ambitieuses pour tous les élèves et tous les jeunes ;
- Pour une véritable reconnaissance de l’ensemble des personnels de l’éducation ;

Le 30 mars, toutes et tous mobilisés. Manifestations dans les territoires à l’appel de : FSU, UNSA-Education, CGT-Education, SGEN-CFDT, SNALC.

Paris, le 12 mars 2019

Non à la loi Blanquer, oui à un autre projet pour l'école

sam, 09/03/2019 - 11:17

"SIlence dans les rangs !" L'article 1 révèle une volonté de museler la parole enseignante.

Un cadeau pour le privé . L'instruction obligatoire à 3 ans se traduit par une obligation aux communes de financer les maternelles privées.

Des usines des savoirs . Un amendement à l'article 6 crée des établissements publics locaux d'enseignement des savoirs fondamentauxe, regroupant des écoles et un collège. Le principal devient le supérieur hérarchique de toute l'équipe enseignante.

Un système qui s'auto-évalue . Le remplacement du Cnesco, institution indépendante, par un Conseil d'évaluation de l'école dont 10 membres sur 14 sont nommés par le ministre, montre une volonté de contrôler l'évaluation du système et de piloter par les résultats.

Une formation initiale étriquée . Les Espé sont remplacés par des Inspé, aux directions nommées par le ministère. Des étudiants en cours de formation auront des missions d'enseignement, devenant des moyens de remplacement à bas coût. Et ce n'est que le début de ce qui se dessine pour la formation initiale enseignante.

Aux armes... etc. Drapeaux et paroles de La Marseillaise obligatoires dans chaque classe. Une vision bien rétrograde de l'éducation morale et citoyenne et de l'école en général.

Pour le climat !

mer, 06/03/2019 - 14:21

Le 15 mars sera une nouvelle étape de la mobilisation internationale de la jeunesse contre les dégradations de la planète et l'inaction des gouvernements. La FSU invite toutes et tous, jeunes et moins jeunes, à s'y associer.
Depuis le mois d'août, la jeune Suédoise Greta Thunberg manifeste avec son panneau de carton, entraînant avec elle un nombre croissant de jeunes. C'est son intervention à la Cop24 qui l'a popularisée et depuis, plusieurs vendredis ont vu la jeunesse des écoles, collèges, lycées, universités... dans la rue, réclamant des actes pour que soit préservée cette planète qu'elle recevra en héritage. 

La FSU appelle « à soutenir cette démarche de la jeunesse, en particulier en participant aux cortèges organisés » et le SNUipp s'y associe. « Réchauffement climatique, perte drastique de la biodiversité, épuisement des ressources naturelles, pollutions des océans, usage immodéré de produits phytosanitaires, dissémination de perturbateurs endocriniens… Les dégradations sont nombreuses et atteignent souvent des seuils d'irréversibilité à court terme. »

Agir sans délai

Les gouvernements, à commencer par celui d'Edouard Philippe, « doivent agir sans délai et à grande échelle pour que la jeunesse puisse se projeter dans l'avenir avec optimisme. » Vendredi 15 février, date de la première mobilisation française d'envergure, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministère de la Transition écologique a déclaré aux jeunes sous les fenêtres : « Derrière les portes de ce ministère vous n’avez que des alliés, pas des adversaires ». Pourtant, dans les choix gouvernementaux, ce porte-feuille n'est jamais prioritaire, il est temps que cela change !

Loi Blanquer, ça change quoi ? Ép.6 Aux armes... etc.

mar, 05/03/2019 - 16:30

Adopté à la va-vite dans la nuit du 11 février, un amendement au projet de loi, déposé par le député LR Éric Ciotti, dispose que « La présence du drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national est obligatoire dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat. »
Le lendemain, l’édile des Alpes-Maritimes arguait sur les ondes, de la nécessité « d’aimer et de faire aimer la France dès le plus jeune âge en développant le sentiment patriotique. » Des paroles martiales… et savoureuses, venant d’un personnage qui dans sa jeunesse avait quémandé et obtenu un « coup de piston » pour être exempté de service militaire.

Retour en arrière

Si la mesure peut sembler anecdotique, « futile », selon les termes de l’historienne Mona Ozouf, elle en dit pourtant long sur le sens global de ce projet pour l’école et tout spécialement dans la manière d’y transmettre les valeurs de la République.
Les programmes 2016 d’EMC invitaient pourtant à s’appuyer sur l’expérimentation de ces valeurs, à les éprouver au quotidien pour qu’elles prennent sens. Les premiers « ajustements » opérés à la rentrée 2018 entament un retour à une logique d’instruction civique, à un modèle descendant. Un prélude à une réécriture en profondeur de ces programmes, comme de ceux d’histoire et de géographie ?

Question de confiance

Quel manque de confiance, quoi qu’il en soit, dans le travail des enseignantes et enseignants des écoles. Auraient-ils renoncé à expliquer l’histoire du « Chant de guerre pour l’armée du Rhin », créé à Strasbourg et entonné par des Marseillais républicains parlant à peine le français ? Feraient-ils donc l’impasse sur l’histoire et la symbolique du drapeau tricolore ? Évidemment non. Ils risquent par contre d’avoir quelques difficultés à expliquer de but en blanc à leurs élèves que le sang impur affiché sur les murs de la classe abreuverait nos sillons, alors même que la République est réputée ne reconnaître aucune différence entre les hommes. à moins qu’un petit guide orange vienne là aussi y pourvoir…

Permutations : résultats encore en baisse

mar, 05/03/2019 - 14:34

Avec un taux global de 23,47% de satisfaction, les résultats des mutations nationales restent, cette année encore, décevants. Il était de 23,69% en 2018, de 23,93 en 2017 et de 23,95 en 2016. En baisse aussi, les résultats des mutations obtenues au titre du rapprochement de conjoints. Le taux de satisfaction perd trois points, passant de 48,23% en 2018 à 45,16% cette année.
S’agissant des personnels bénéficiant des 800 points au titre du handicap, ils voient leur demande satisfaite pour 98,95% d’entre eux (99,42% en 2018).
Ceux bénéficiant des 100 points au titre du bénéfice de l’obligation d’emploi enregistrent quant à eux un taux de satisfaction en forte baisse : 28,06% cette année contre 34,64% l’an passé.

Les élus du SNUipp-FSU mobilisés

A l’évidence, les modifications apportées par le ministère et sensées améliorer le « rendement » des opérations n’ont pas eu d’effets, elles ont au contraire encore dégradé une situation déjà très problématique.
Quoi qu’il en soit, le SNUipp-FSU a effectué un travail rigoureux de vérification des barèmes et transmis ses observations aux services de la rue de Grenelle. Il réclame également la tenue d’une commission paritaire nationale aujourd’hui refusée par l’administration. Il ré interviendra néanmoins sur toutes les situations repérées à l’occasion d’un groupe de travail « bilan » dont la date reste à déterminer.
Dans les départements, le SNUipp est mobilisé afin d’informer précisément les personnels qui ont participé à ces permutations.
Il propose notamment toutes les informations utiles concernant les démarches à engager pour la suite : mise en contact avec le département obtenu, aide aux demandes d’exeat-ineat etc.

Les résultats département par département

Loi Blanquer, ça change quoi ? Ép.5 Une formation initiale étriquée

lun, 04/03/2019 - 16:30
Écoles normales, Iufm, Espé, Inspé … 

Le projet de loi supprime les Espé et les remplace par les Inspé (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation) dont les directeurs seront nommés directement par le ministre et qui ne dépendront donc plus du système de nomination au sein de l’Université. L’éducation nationale reprend donc la main pleine et entière sur la formation initiale.
L’article 12 de la loi modifie en effet  la gouvernance des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation afin d’élargir le recrutement des directeurs d’INSPÉ et affiche l’ambition de le rendre plus transparent, mais à la main du ministre. Les nominations des directeurs et directrices des futurs INSPÉ ne se feront plus sur proposition des conseils d’école comme c’était le cas pour les ESPE mais seront faites par le ministre sur proposition d’un comité d’audition co-présidé par le recteur et le président de l’université de rattachement.

Pour quel référentiel de formation ? 

Le référentiel de formation des futurs enseignantes et enseignants n’est pas encore connu à ce jour mais le ministère a obtenu un blanc-seing des députés pour le réaliser et c’est lui qui définira le contenu de la formation des professeures et professeurs en devenir. Le projet actuel a déjà tracé des volumes de temps d’enseignement qui consacreraient une très large part (55%) à l’enseignement des savoirs fondamentaux et des valeurs de la République. 20% seraient dédiés à la pédagogie, la psychologie et la gestion de classe, 15% à la recherche et 10% seraient laissés à l’initiative des Inspé. Dans ce projet aucune référence n’est faite aux disciplines autres que celles jugées fondamentales ce qui n’est pas sans rappeler la vision étriquée des contenus scolaires portée aujourd’hui par le ministre.
Dans le même temps, l’article 12 bis prévoit que les INSPÉ proposent des formations d’approfondissement – et non plus seulement de sensibilisation – à certains enjeux de société comme l’égalité entre les femmes et les hommes, les discriminations, la scolarisation des élèves en situation de handicap, ou encore la prévention et la résolution non violente des conflits. De vrais sujets d’importance mais dont on ne perçoit pas pour l’instant, dans le projet, la mise en œuvre concrète.

Une pré-professionnalisation pour les AED

L’article 14 modifie les missions des assistants d’éducation pour permettre à ceux qui se destinent aux concours de l’enseignement et de l’éducation de « se voir confier progressivement des fonctions pédagogiques, d’enseignement ou d’éducation » dans le but de développer la pré-professionnalisation des enseignants et des personnels d’éducation. Ils pourront donc dès la L2 assurer des missions de remplacement et devenir ainsi de véritables moyens d’enseignements contractualisés. Une façon non déguisée et à coût réduit de pallier les difficultés de recrutement et de remplacement.

Les articles concernant la formation initiale dans cette loi ne représentent que la partie émergée d'une vaste réforme de la formation initiale qui s'annonce. Seuls les aspects qui avaient besoin d'une traduction législative y sont traités. La question de la place du concours ou des véritables contenus de formation seront vus ultérieurement. Mais on le voit bien, rien dans cette loi pour une "école de la confiance" ne vient aborder les véritables enjeux de l’époque concernant la formation initiale des professeurs dont l’école a besoin. Au contraire c'est une vision réductrice des enjeux d'apprentissage et des méthodes pour y parvenir qui se profile.

La loi Blanquer, ça change quoi ? Ép.4 Un système qui s'auto-évalue

dim, 03/03/2019 - 17:00

L’article 9 de la Loi Blanquer porte sur la création d’un Conseil d’évaluation de l’école (CEE)  placé auprès du ministre de l'éducation nationale et chargé d’évaluer l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire. Il doit veiller “à la cohérence des évaluations conduites par le ministère chargé de l’Éducation nationale portant sur les acquis des élèves, les dispositifs éducatifs, dont ceux en faveur de l’école inclusive, et les établissements d’enseignement scolaire“. Il définira le cadre méthodologique et les outils des évaluations et des auto-évaluations des établissements. Il analysera les résultats, s’assurera de leur périodicité et contrôle les modalités de publicité. Il peut réaliser ou faire réaliser des évaluations. Le CEE proposera des méthodologies de mesures des inégalités territoriales et formulera des recommandations pour les réduire. 

Mort du CNESCO

Une lettre commune a été adressée au ministre de l’Éducation nationale de la part de quatorze organisations membre du conseil consultatif du Cnesco et une pétition d’un collectif d’acteurs de terrain, professionnels de l’éducation, parents, représentants de collectivités locales et d’associations a été lancée l’an dernier. Puis une lettre unitaire des représentants du personnel et de fédérations de parents a été envoyée début février. Des députés se sont indignés. Mais rien n’aura permis de sauver le CNESCO. Depuis 2014, il a pourtant mené de nombreux travaux sur le système éducatif associant chercheurs et acteurs de l’école.et donnant lieu à des rapports permettant de meilleures connaissances du système éducatif et l'amélioration des pratiques. Son indépendance garantie par la composition, quatre parlementaires, deux membres du CESE et huit personnalités choisies pour six ans, aucun fonctionnaire, a permis de pointer les réussites et les insuffisances des politiques menées et d'apporter des préconisations susceptibles d'améliorer le système éducatif.

Auto-évaluation ministérielle

Mais Jean-Michel Blanquer appliquant le proverbe "on n’est jamais mieux servi que par soi-même" abandonne l’objectif d’une évaluation indépendantende des politiques éducatives pour suivre les recommandations de la Cour des comptes et tourner les missions de ce nouveau Conseil vers une évaluation des acquis des élèves, des dispositifs éducatifs et des établissements.  Le ministre s’affranchit ainsi d’un élément de contrôle de ses orientations, au profit d’un outil de mise sous tutelle des établissements et des enseignantes et enseignants. L’article 9 précise la composition du Conseil d’évaluation de l’école : parité hommes-femmes, 14 membres dont six personnalités choisies par le ministre, deux députés et deux sénateurs et quatre représentants directs du ministre de l’Éducation nationale. 10 des 14 membres de ce Conseil seront donc nommés par le ministre, ce qui invalide de fait l’indépendance de cette instance. Le CEE sera un instrument de la culture de l'évaluation, désormais outil de pilotage du système. Entraînant plus de pressions, de contrôle et réduisant ainsi les enseignants à un des exécutants.

Cette nouvelle vision de l'école, inspirée de pays qui ont largement privatisé leur système éducatif, comme la Suède, donnera sans aucun doute lieu à une mise en concurrence des établissements et à un outil de salaire au mérite.

Non à la loi Blanquer, oui à un autre projet pour l'école

Le ministre a dons tranché et ne souhaite plus garantir l'indépendance de l'évaluation du système, comme le permettait le CNESCO. Une raison de plus pour participer aux actions unitaires ont été décidées le 19 mars, public et privé unis pour défendre les droits des salariés, salaires, journée de carence, recours aux contractuels... Mais aussi le samedi 30 mars pour dire non à la loi Blanquer et oui à un autre projet pour l'école publique.

Loi Blanquer, ça change quoi ? Ép.3 Des usines des savoirs

ven, 01/03/2019 - 16:00

Inexistants dans le projet de loi initial, les établissements publics locaux des savoirs fondamentaux (EPLSF) sont entrés par la petite porte via un amendement d’une députée En Marche, principale de collège. C’est pourtant un changement majeur de l'organisation de l'école qui se dessine. 

Il s’agit en effet de regrouper « les classes d'un collège et d’une ou plusieurs écoles situés dans le même bassin de vie » soit « en réseau en restant sur leurs sites respectifs », soit en se regroupant « au même endroit en fonction du projet, du souhait de la communauté éducative et des caractéristiques du territoire ».
Ces établissements sont dirigés par le principal qui chapeaute un ou plusieurs « adjoints » dont un au moins issu du primaire en charge des écoles. Les modalités de recrutement, seront fixées par décret.
Ces structures, une quinzaine déjà prévues sur le territoire, concerneront le « très rural » ou le « très urbain », en fait partout où le préfet et les collectivités locales en décideront, après « avis de l’autorité de l’État compétente en matière d’éducation » (Rectorat). Car les équipes enseignantes comme les familles ne sont pas consultées, pas plus que les instances comme le CTSD ou le CDEN.

10 écoles, 4 directeurs

Le fonctionnement est calqué sur le secondaire : conseil d’administration, conseil pédagogique... L’idée est de « mutualiser les moyens humains » ne se cache pas la députée à l'origine de l'amendement, « lorsque l’établissement regroupe 10 écoles pour un total de 40 classes, il pourra y avoir 4 directeurs adjoints » et non plus un par école. Il y a donc bien économies de postes. 46,6% des écoles primaires publiques comptent entre deux et quatre classes, la tentation sera grande de « les regrouper dans de grands établissements », prévient l’universitaire Sylvie Plane. « Pour beaucoup de communes, ce texte va entraîner la fermeture de l’école ». L'association des maires ruraux de France dénonce d'ailleurs l'absence de concertation des collectivités sur ce point. Elle demande aux sénateurs, désormais à l'étude de la loi, d'y inscrire "la nécessité d'un maillage pensé avec tous les élus" qui ne passe par par «une concentration territoriale sur un même site".

Le sort des directeurs et directrices également inquiète. Qui va assurer le lien de proximité avec les familles et les partenaires?  Qui va veiller à la sécurité ? Qui va coordonner les projets au plus près de l'école ?Car le texte crée des différences de traitement entre « directeurs adjoints » des EPLSF au statut de chef d’établissement et les autres directeurs et directrices d’écoles. C'est loin de répondre aux besoins des directeurs d'école sur la reconnaissance et l'alourdissement des tâches.

Enfin l'appellation même interpelle : établissements des "savoirs fondamentaux". Quid des autres savoirs hors "lire, écrire, compter, respecter autrui" chers au ministre ? L'école de la réussite et de l'épanouissement des élèves est aussi celle de la découverte du monde, en histoire, géographie, sciences, de l'expression artistique et des langues. Tout aussi fondamental !

Sans qu'aucune expérimentation des école du socle ou cités scolaires n’ait fait l’objet d’une évaluation, un amendement modifie la structure de l'école sous couvert de "faciliter le parcours et le suivi individuel des élèves de la petite section à la troisième". 

Pour le SNUIpp-FSU, s'il s'agit de continuité pédagogique entre l'école et le collège alors cela doit prendre appui sur les équipes pédagogiques les plus à même de penser un projet qui réponde aux besoins. Difficile de vendre des objectifs pédagogiques quand il s'agit de faire des économies.

Non à la loi Blanquer, oui à un autre projet pour l'école

Les syndicats dont le SNUipp-FSU s'adressent donc de manière unitaire aux sénateurs : il est encore temps de retirer cet article ! Des actions unitaires ont été décidées le 19 mars, public et privé unis pour défendre les droits des salariés, salaires, journée de carence, recours aux contractuels... Et le samedi 30 mars pour dire non à la loi Blanquer et oui à un autre projet pour l'école publique.

Un 8 mars sous le signe de l'égalité au travail

jeu, 28/02/2019 - 10:00

Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, est l'occasion partout dans le monde d'effectuer un bilan sur l'ensemble des droits acquis ou à conquérir pour les femmes et les filles. La FSU s'engage à "poursuivre ce combat au quotidien car l'égalité professionnelle comme la lutte contre les violences sexistes et sexuelles participent d'une société plus juste, plus égalitaire et plus démocratique."

En France, les réformes à marche forcée dégradent les droits de toute et tous les salariés mais elles auront des impacts plus négatifs sur les femmes.  En effet, la loi Fonction Publique, "par le recours accru aux contrats, va générer plus d'emplois précaires alors même que ce sont les femmes qui sont le plus impactées par ces emplois subis". De même, la fusion prévue des CT et des CHSCT va affaiblir les leviers d'action pour lutter contre les injustices, les violences et les risques psycho-sociologiques subis par les femmes. Enfin, la volonté d'imposer la mobilité à l'ensemble des fonctionnaires sera plus contraignante pour les femmes souvent en charge des enfants et de la famille en général.

Une autre réforme de la Fonction publique

Pour la FSU, "l'amélioration des services publics passe par une consolidation des droits, des missions et des conditions de travail" des agents. C'est pourquoi elle exige qu'une "autre réforme soit envisagée et que l'ensemble des conditions de vie et de travail des femmes fasse partie d'une démarche intégrée à tout nouveau projet". 
Alors que le gouvernement a annoncé l'égalité et la lutte contre les violence comme une grande cause nationale, le ministre de l'éducation propose une loi « pour une école de la confiance » qui ne dit rien de l'égalité filles-garçons et ne prévoit rien contre les violences à caractère sexiste. Pour la FSU, "obtenir l'égalité professionnelle impliquent des mesures fortes pour l'école. La lutte contre les stéréotypes de genre et contre les violences faites aux femmes et aux filles doit bénéficier de moyens dédiés pour former l'ensemble des personnels.

Alors que le 8 mars est un jour férié dans plusieurs dizaines de pays africains et asiatiques notamment, la ville de Berlin a décidé cette année d'en faire de même. Inspirées des mobilisations en Espagne et en Pologne, la Belgique appelle elle aussi à une grève féministe. En France, l'appel intersyndical et féministe entend montrer que le 8 mars) 15 h 40, "si les femmes s'arrêtent le monde s'arrête". La FSU appelle donc les personnels à "s'engager dans les actions menées sur l'ensemble du territoire pour les droits des femmes. Car l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, comme la lutte contre les violences sexistes et sexuelles sont des exigences sociales."

Vidéo #8mars15h40