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Mis à jour : il y a 42 min 1 sec

Finis les EPSF mais de vives craintes subsistent

sam, 18/05/2019 - 18:43
Le communiqué Un premier recul du ministère mais des craintes toujours vives subsistent

Aujourd’hui 18 mai, près de 10 000 enseignantes, enseignants et parents venus de toute la France ont manifesté à Paris pour exiger l’abandon de la loi Blanquer et un autre projet pour une école.
Ce sont les nombreuses et massives mobilisations enseignantes, soutenues par les parents d’élèves et les élus qui ont permis la suppression par le Sénat de l’article créant les établissements publics locaux d'enseignement des savoirs fondamentaux (EPLESF).

Le SNUipp-FSU demande à la commission mixte paritaire, composée pour moitié de parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale, de ne pas le réintroduire et s’adresse également au ministre afin qu’il confirme l’engagement donné devant les sénateurs de ne pas réintégrer cet article à la loi. Sur ce sujet comme sur d’autres, les amendements sénatoriaux dégradent encore le texte initial adopté par l’Assemblée et sont de nature à modifier en profondeur le fonctionnement de l’école, comme l’article 1 qui limite encore davantage la liberté d’expression ou l’interdiction de signes religieux pour les accompagnants alors que les parents d’élèves ne sont pas soumis au devoir de neutralité.

Le SNUipp-FSU s’adresse aux députés notamment sur les dangers de l’article 6 ter plaçant les enseignants et les enseignantes sous l’autorité de la directrice ou du directeur et qui les évaluerait alors que les discussions sur cette question viennent à peine de débuter avec le ministère. Si l'école publique fonctionne, c'est grâce à cette dynamique d'équipe, où l’ensemble des équipes enseignantes est investi dans le bon fonctionnement de l'école. Cette spécificité est reconnue par les familles et la communauté éducative dans son ensemble. La force du premier degré réside dans ce collectif de travail où les directeurs et directrices assument certes un rôle important et des responsabilités particulières, mais restent des pairs parmi leurs pairs.

Le SNUipp-FSU poursuit les mobilisations, notamment le jour de la commission mixte paritaire, pour l’abandon de l’ensemble de ce texte de loi. C’est bien d'un autre projet dont l'école a besoin pour s’attaquer aux inégalités scolaires et démocratiser ainsi la réussite de tous les élèves.

Paris, le 18 mai 2019

Diaporama de la manifestation nationale

Les EPLSF, hors la loi.

sam, 18/05/2019 - 10:29

Après son premier passage à l’Assemblée nationale, et son vote en première lecture, la loi pour une école de la confiance est étudiée depuis mardi 14 mai en séance publique au Sénat. Une commission a en amont préparé les débats de la séance plénière en faisant des propositions de modifications. Cette commission a ainsi proposé la suppression de l’article 6 quater instaurant les EPLSF ou encore le maintien voire le renforcement de l’article 1 sur le devoir d’exemplarité. C’est donc maintenant aux sénateurs qu’il revient de débattre avec le gouvernement pour finaliser la version sénatoriale de la loi. Les articles sont votés au fur et à mesure et un vote solennel sur l’ensemble aura lieu mardi 21 mai.

Ensuite une commission mixte aux deux assemblées à l’image de la représentation politique se réunira et établira si la loi peut être promulguée en l’état ou si elle doit repasser par l’examen de l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot.

EPLSF

Normalement c’est plié ! Le ministre a décidé de suivre l’avis des élus du palais du Luxembourg et a annoncé dans une interview accordée au journal le Monde qu’il abandonnait ce projet qu’il jugeait finalement prématuré. Un recul qui est à mettre à l’actif des mobilisations, à la fois des personnels des écoles mais aussi des parents d’élèves et de certains élus partout en France. Pour autant, la vigilance est de mise, sur ce point comme sur bien d’autres.

Suivre le travail parlementaire 

Plusieurs sources d’informations permettent de suivre le travail parlementaire :
Le site du sénat
Le suivi régulier effectué par le café pédagogique : édition du 15 mai, 16 mai, 17 mai et du 17 mai au soir

Poursuivre les mobilisations

Aussi, tant que la loi n’est pas promulguée, elle est passible de modification et les mobilisations en cours auront, comme elles l’ont déjà eu, un impact sur la tonalité des débats et les décisions qui seront prises. Le gouvernement l’a bien mesuré.

Loi Blanquer : mobilisation multi-forme

mer, 15/05/2019 - 17:09
Ain

Le 14 mai, rassemblement devant l’inspection à Oyonnax à 17 h.
le 16 mai, réunion publique à St Genis-Pouilly à 20 h.

Alpes de Haute-Provence

Du 13 au 18 mai, semaine d’occupations d’écoles

Alpes-Maritimes

Le 11 mai, pique-nique revendicatif à Nice, Théâtre de Verdure.

Doubs

Le 14 mai, apéro revendicatif devant la permanence du sénateur LR Jacques Grosperrin.

Drôme

Le 14 mai, rassemblement « en rouge » à Valence devant la DSDEN à 18 h.

Haute-Garonne

Le 14 mai, reconduction de la grève et blocage de l'entrée du rectorat de Toulouse.

Gard

Le 13 mai, assemblée générale à Saint-André de Sangonis à 17 h 30.
Le 14 mai, réunion publique à Béziers, 18 h.
Le 17 mai, assemblée générale à Montpellier à 17 h.
Le 20 mai, apéro-débat à Bédarieux à 18 h 30

Indre

Le 14 mai, rassemblement "cartons rouges" devant les permanences sénatoriales de Châteauroux.

Indre-et-Loire

Le 13 mai, rassemblement à Tours à 18 h.
Le 17 mai, rassemblement à Joué-les-Tours à 8 h.

Loire-Atlantique

Le 11 mai, rassemblement à Nantes à 12 h.
Le 21 mai, appel à la grève

Lot-et-Garonne

Le 11 mai, rassemblement à Marmande à 10 h.
Le 11 mai, pique-nique à 12 h à Villeneuve-sur-Lot et rassemblement à 14 h.

Maine-et-Loire

Le 13 mai, reconduction de la grève et assemblée générale à Angers à 14 h.

Meurthe-et-Moselle

Le 15 mai, « apéro de la confiance » à Nancy, place Charles 3 à 12 h.

Pyrénées-Atlantiques

Réunions d'information publique : 
- à Billère, vendredi 17 mai à 18 h, à la médiathèque
- à Mourenx, lundi 20 mai à 18 h
- à Eysus, jeudi 23 mai à 18 h.

Sarthe

Le 13 mai, réunion d'information à Brettes-les-Pins à 18 h 30.
Le 14 mai, réunion d’information à Allonnes à 18 h.
Le 14 mai, réunion d'information à Cérans-Foulletourte à 18 h.
Le 17 mai, réunion d’information au Mans à 12 h.
Le 18 mai, pique-nique citoyen au lac de Mansigné à 12 h.

Haute-Savoie

Le 14 mai, stage FSU sur loi Blanquer et conférence de presse.

Paris

Le 13 mai, rassemblement mairie du 19e à 18 h 30.
Le 14 mai, rassemblement devant le Sénat à 18 h.
Le 16 mai / Paris, rassemblement Mairie 10 e , 18h30

Seine-et-Marne

Le 11 mai, réunion publique à Vaux-le-Pénil.Le 14 mai, réunion publique à Lagny-sur-Marne.Le 17 mai, réunion publique à Bussy.

Yvelines

Le 11 mai, rassemblement à Mantes-la-Jolie devant la mairie à 10 h 30.
Le 14 mai, réunion publique à Trappes à 19 h.

Haute-Vienne

Le 14 mai, dans le cadre des « mardis de Jean MIMI », rendez-vous aux Casseaux à 17 h 30.

Seine-Saint-Denis

Le 13 mai, réunion publique à Aubervilliers à 18 h et assemblée générale à Montreuil et Bagnolet.
Le 14 mai, réunions parents-équipes enseignantes à Saint-Denis et « Nuit de l’Éducation » à La Courneuve à partir de 19 h.
Le 15 mai, réunion publique à Noisy-le-Sec à  18 h 30.
Le 16 mai, journée de mobilisation à Saint-Denis avec rassemblement devant la mairie à 12 h et assemblée générale à Bobigny à 17 h.
Le 17 mai, « Nuit des écoles » à Pré-Saint-Gervais et réunion publique à Romainville.

Val d'Oise

Le 14 mai, appel à la grève et rassemblement devant le Sénat à 13  h.
Le 14 mai, assemblée générale à Cergy à 10 h et rassemblement à Garges-les-Gonesse, collège H Wallon à 17 h.

Samedi, manifestation nationale à l'appel du SNUipp, de la FSU et de la FCPE. Départ 13h30 de Montparnasse.

Salaires : assez d’annonces, des actes !

mar, 14/05/2019 - 11:25

Aussi le SNUipp-FSU dans un courrier s’adresse à nouveau au ministre afin de lui demander de présenter un calendrier et des modalités concrètes d’augmentation salariale tant attendues par les personnels. 

Le syndicat lui rappelle qu'en effet le salaire des enseignants et enseignantes du primaire est de 16% inférieur à celui de leurs homologues des autres pays de l'OCDE, un écart qui monte à 29% quand on le confronte aux onze pays comparables (voir ci dessous).

Enfin dans le même courrier, le SNUipp-FSU lui rappelle que les personnels enseignants du primaire rémunérés à leur sortie du concours à peine 20% au dessus du SMIC stagnent encore les premières années d'exercice. Un fait qui n'est pas sans lien avec la perte d'attractivité du métier. 

Le courrier au ministre 

Monsieur le Ministre,

Vous avez fait à différentes reprises des annonces concernant la revalorisation de la ré-munération des enseignantes et enseignants du premier degré.

En effet, leur salaire est inférieur de 16% à la moyenne des salaires des enseignantes et enseignants du primaire dans les pays de l’OCDE. Et l’écart est encore plus grand, 29%, quand la comparaison est faite avec les onze pays comparables qui réussissent mieux aux évaluations in-ternationales, notamment en termes de réduction des inégalités.

Les mesures prises ces dernières années (ISAE, Hors classe, PPCR…) n’ont pas permis de rattraper ce retard. Le SNUipp-FSU vous a alerté à différentes reprises à ce sujet depuis votre entrée en fonction. Le salaire de début de carrière se situe 20% au-dessus du SMIC et stagne les premières années d’exercice, alors que le recrutement se fait au niveau du master. Ainsi, chaque année, des places au concours restent vacantes parce qu’à des déroulés de carrière peu attrac-tifs, s’ajoutent la dévalorisation et le manque de reconnaissance du métier, ainsi que des condi-tions de travail difficiles surtout en début de carrière. La perte d’attractivité du métier est de plus en plus prégnante. Elle s'inscrit également dans le cadre plus général du rapide retour sur le gel du point d’indice et du nécessaire rattrapage des pertes salariales de ces dernières années.

L’Éducation nationale et particulièrement le premier degré sont régulièrement présentés comme une priorité nationale par le gouvernement et par vous-même. Vous avez tout récemment annoncé votre volonté de porter le salaire de début de carrière à 2 000 € pour tous les profes-seurs. Cette revalorisation doit bien évidemment être étendue à l'ensemble des professeurs des écoles.

Nous vous demandons de ne pas en rester aux annonces et de présenter le calendrier et les modalités de cette augmentation salariale très attendue par les personnels. C'est une ur-gence.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

Évals CP : les résultats en question

mar, 14/05/2019 - 09:50

Épreuves inadaptées, mise en situation d’échec ou d’anxiété des élèves, conditions de passation biaisant les résultats, difficultés de saisie des résultats, intimidation des PE qui entendent utiliser leurs propres outils… tout, ou presque, a déjà été dit sur ces évaluations CP-CE1, jugées au mieux comme inutiles par une grande partie de la communauté éducative.
Le SNUipp-FSU y est pourtant revenu une fois de plus, à l’occasion d’une rencontre au ministère de l’Éducation nationale où était présentée l’analyse des résultats de ces tests nationaux standardisés.

Que disent les résultats ?

Trois notes d’informations produites par la Depp, les services statistiques du ministère ne font que confirmer les résultats des évaluations internationales et ce que la profession savait déjà. Les élèves progressent au cours de l’année, une partie d’entre eux est en difficulté, des écarts de résultats sont constatés entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres, les dédoublements de classe ne permettent pas le « 100% de réussite », les élèves du privé ont de meilleurs résultats que les élèves du public, les compétences en compréhension en lecture et les résolutions de problème sont celles qui sont le moins maîtrisées et les plus discriminantes...
Le ministère martèle que ces évaluations ne sont là que pour aider les enseignants et les enseignantes dans leur diagnostic des difficultés que peuvent rencontrer leurs élèves. Et qu’il entend bien les accompagner dans leur travail de remédiation. Sauf qu’aujourd’hui, dans accompagnement on entend surtout contrôle, pressions et autoritarisme.

Les questions qui fâchent

Pour le SNUipp-FSU, ce n’est pas à partir de tests standardisés qu’on construit son enseignement. Or, au détour d'une phrase, le ministère admet qu’il s’agit bien aussi de ça. Et justement, dans un texte très documenté dont il a livré la primeur au SNUipp-FSU, Roland Goigoux, spécialiste reconnu de l’enseignement de la lecture développe l’idée que ces évaluations ne sont que le premier étage d’un dispositif plus vaste : « La réponse à l’intervention » (RAI). Un concept anglo-saxon des enseignements dont l’objectif est « d’intervenir le plus tôt possible pour prévenir les difficultés d’apprentissage sans attendre que l’échec s’installe et sans se soucier, dans un premier temps, des causes de ces difficultés. » Un dispositif où « Le choix des tests joue un rôle primordial dans l’élaboration des tâches de remédiation et, plus largement, des tâches d’enseignement ».
Dès lors, le syndicat interroge. Ce dispositif de « réponse à l’intervention » deviendrait-il l’alpha et l’oméga de l’exercice du métier dès la rentrée prochaine ? Les outils de remédiation qui lui sont attachés seront-ils imposés ? Comment s’organisera cette remédiation dans le temps de la classe et quels élèves seront concernés ? Comment les enseignants seront-ils formés à l’usage de ce dispositif complexe ?
Et surtout, surtout, en quoi cette façon d’enseigner permettra-t-elle de répondre vraiment aux difficultés que rencontre une partie des élèves, tout en proposant à tous l’ensemble des savoirs qui leurs permettront de réussir ?

Pas de réponses

A toutes ces questions, le ministère n’a pas répondu ou a botté en touche. Et malgré les nombreuses critiques, quasi unanimes des organisations syndicales, la rue de Grenelle persiste et signe. Des expérimentations sont déjà prévues sur de nouveaux exercices ou items, les modalités en sont définies : évaluations obligatoires, passation sur les deux dernières semaines de septembre, un seul cahier par élève, cahiers mis à disposition fin août, temps de saisie des résultats plus court... Décidément, l’époque est à l’écoute.
Mais quoi qu’il en soit, le SNUipp-FSU continuera de s'opposer à ces évaluations. Il poursuivra sa campagne auprès de la profession pour réclamer leur abandon.

Évals CP : les infox du ministère

lun, 13/05/2019 - 14:30

« Ne prendrait-on pas les professeurs des écoles, et peut-être aussi les journalistes, pour des crétins ? » Roland Goigoux, dans un texte sur les évaluations CP dont il a donné la primeur au SNUipp-FSU, met les pieds dans le plat. Ou pour mieux dire, dans la cuisine de la rue de Grenelle où a été élaboré ce dispositif par les équipes de Jean-Michel Blanquer.
De quoi s’agit-il ? D’abord, d’une mise en cause de la communication ministérielle sur les résultats des évaluations. Le chercheur consacre ensuite un long développement à l’analyse de ces mêmes résultats, aux projets de remédiation qui leurs sont associés et à la façon dont seraient désormais adossés les enseignements à ces évaluations.
Il revient enfin sur quelques « petits arrangements avec la réalité » de la politique ministérielle, sur son caporalisme et ses conséquences prévisibles pour la classe.

Les premiers résultats sont là ?

« Si, en début de CP, 23% des élèves n’identifiaient que la moitié des lettres et des sons qui leur étaient soumis, ils ne sont plus que 3,3% au mois de janvier. », indiquait la Depp lors de la publication des résultats. Les chiffres de cet exemple mis en avant par le ministre sont exacts, reconnait R.Goigoux. Sauf qu’ils sont corrélés à un test très complexe, qui évalue une compétence n’apparaissant pas dans le programme de la maternelle, et qu’il est par ailleurs assez normal qu’entre septembre et janvier les élèves aient appris des choses.

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La réponse à l’intervention

C’est la partie la plus dense du texte. Roland Goigoux y détaille la clé de voute du dispositif d’évaluation qui n’est en réalité que la première partie d’un dispositif plus vaste : « La réponse à l’intervention » (RAI). Un concept anglo-saxon des enseignements dont l’objectif est « d’intervenir le plus tôt possible pour prévenir les difficultés d’apprentissage sans attendre que l’échec s’installe et sans se soucier, dans un premier temps, des causes de ces difficultés. » Un dispositif où « Le choix des tests joue un rôle primordial dans l’élaboration des tâches de remédiation et, plus largement, des tâches d’enseignement ».
Or, le document détaille la façon dont ont été construits ces tests, leur inadaptation à un contexte scolaire ordinaire et les libertés méthodologiques qui ont été prises au service de la démonstration.
Alors intervenir avant que l’échec s’installe, l’intention est louable, reconnait le chercheur. Pourtant, plusieurs conditions doivent être réunies pour que cela fonctionne et à l’évidence, elles ne sont pas réunies en l’espèce. Par ailleurs, la démarche reste contestée par toute une partie de la recherche internationale. Enfin, le risque est grand de ne plus enseigner que ce qui est évaluable, laissant de côté des pans entiers des savoirs, des savoirs qui pourtant donnent du sens à tous les apprentissages, y compris au "lire, écrire, compter"...

Lire le texte

De petits arrangements avec la réalité

Cette forme de traitement des difficultés scolaires charrie avec elle des modalités d’action pédagogique spécifiques. « Elles peuvent présenter un intérêt lorsqu’elles sont utilisées à bon escient », admet R.Goigoux… Pour peu qu’elles ne restent qu’une technique possible parmi d’autres.
Or, à la lecture de la circulaire de rentrée 2019, comme au vu des formations aujourd’hui dispensées aux cadres de l’Éducation nationale, ou celles prévues pour les enseignants, c’est une forme de pédagogie officielle qui est en train de s’installer à bas bruit. Avec une politique éducative marquée par l’autoritarisme, qui se veut rationnelle et fondée « sur la preuve », alors même que cette preuve est fort loin d’être administrée. Le chercheur en donne quelques exemples.
Enfin, et comme une illustration du propos, Roland Goigoux débusque un « énorme mensonge par omission » au sujet des résultats des CP dédoublés comparés à ceux du dispositif « Plus de maîtres que de classes. »

Lire le texte

Paris tousse-t-il ?

lun, 13/05/2019 - 13:10

Quand les automobilistes roulent, les enfants toussent. C’est l’alerte qu’a souhaité faire Respire (association nationale pour la prévention et l'amélioration de la qualité de l'air) en diffusant le 28 mars dernier les résultats de son étude sur la pollution de l’air mesurée sur le pas de la porte des crèches, écoles et établissements scolaires de Paris et sa région.

Les adresses ont été croisées avec une compilation de 100 millions de données fournies par Airparif, organisme de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France et permettent d’établir une cartographie précise. Résultats, pas moins de 682 établissements accueillant des enfants, sur 12 520, sont exposés à des niveaux de pollution dépassant les normes légales de dioxyde d’azote (NO2), particules émises essentiellement par les véhicules roulant au diesel. « Et si l’on prend en compte les taux recommandés par l’OMS pour être en bonne santé, alors ce sont plus de 90 % des établissements qui dépassent les prescriptions », précise Olivier Blond, le président de Respire. « Une question qui ne concerne pas seulement l’hyper centre parisien », fait remarquer ce responsable associatif. Car même si Paris reste la plus exposée, c’est aussi là que les efforts les plus importants ont été réalisés avec une mesure à la baisse de – 11,14  % entre 2012 et 2017, alors qu’elle n’est en comparaison que de – 5,56 % en Seine-Saint-Denis ou de – 7,56 % dans les Hauts-de-Seine, sur la même période. 

Les enfants plus vulnérables

Pour autant c’est bien dans Paris que le problème reste le plus important comme pour cette crèche, ces trois écoles ou encore ce collège bordant l’avenue Simon Bolivar dans le XIXe arrondissement. « Une circulation à double sens, une avenue en forte pente de ce quartier proche des Buttes Chaumont et un axe particulièrement utilisé pour entrer dans Paris viennent expliquer notre présence sur ce triste palmarès », déplore Simon Méjane, responsable FCPE de l’école maternelle située au 67 de l’avenue. « Ma fille Lison va respirer un air dégradé de sa naissance jusqu’à la fin de la troisième », regrette ce père d’élève. Or, comme le rappelle Jocelyne Just, pneumologue de l’hôpital Trousseau à Paris, dans un entretien donné au journal Le Monde, « ce sont les enfants qui sont les plus vulnérables ». Elle constate que les urgences de son service se remplissent à chaque pic de pollution et qu’elle traite de plus en plus de cas d’asthme sévère. Et la spécialiste ne rassure pas en ajoutant que « la pollution de l’air a aussi des répercussions sur la croissance pulmonaire et peut entraîner des dysfonctionnements immunitaires ».

Bolivar de la pollution

Aussi, dans les écoles de l’avenue Bolivar, s’est-on habitués à mettre en œuvre des mesures à chaque alerte pollution diffusée par le rectorat. Dominique Rué, directrice de l’école maternelle explique que « les élèves qui ont un PAI asthme sont gardés dans les classes pendant les récréations ». À quelques pas de là, l’équipe de l’école d’application a réduit le temps de récréation et a aménagé le préau pour que « les enfants puissent ‘s’aérer’ dans un lieu plus protecteur », explique sa directrice, Laaldja Mahamdi. Avec son équipe, elle a pris la décision permanente d’éviter les activités physiques en extérieur. Denis Chauvet, directeur d’une troisième école, toujours sur la même avenue remarque : « sur le haut de Bolivar, les écoles sont en bordure d’un sens unique et semblent moins polluées ». Et il ajoute : « pourquoi ne déclenche-t-on pas plus souvent la circulation alternée ? ». D’autres mesures coercitives sont également proposées par les parents dans différents courriers adressés à la ministre de la Santé, au ministre de l’Éducation nationale, à la mairie ou encore à la RATP. Ils proposent la mise en place de zones limitées à 30 km/h autour des écoles, la création de zones à trafic limité ou encore de prioriser la rénovation du parc des bus sur l’avenue Bolivar par des véhicules électriques. « Ne vaudrait-il pas mieux confiner les voitures plutôt que les enfants ? », interrogent benoîtement les parents qui demandent également à la mairie de mesurer la qualité de l’air à l’intérieur même des écoles.

Que fait la Mairie ?

La maire de Paris s’y est engagée et lancera à la rentrée 2019 une campagne de mesures à l’intérieur des établissements dont les normes d’exposition au NO2 ne sont pas respectées. « Des relevés qui seront complétés par des analyses dans les établissements situés sur des sols ayant connu des activités industrielles, pouvant être, eux-mêmes, facteurs de pollution de l’air », indique Cyrille Peyraube, directeur de cabinet de Patrick Bloche, adjoint à l’éducation. Il ajoute que les services municipaux « étudient la possibilité de mettre en œuvre des mesures de réduction de la circulation notamment aux heures d’entrées et de sorties scolaires », car rappelle-t-il, « la qualité de l’air c’est d’abord et avant tout le sujet de la circulation automobile ». Un problème qui de fait ne concerne pas seulement la région parisienne mais la plupart des centre-villes urbains. Ainsi, une étude récente de Greenpeace à Marseille, affichait que 58 % des lieux collectifs accueillant des enfants dans la cité phocéenne étaient dans le rouge.

L’air sous contrôle ?
La pollution de l’air dans les écoles vient aussi de l’intérieur. Ainsi, la loi a rendu obligatoire le contrôle de la qualité de l’air intérieur depuis le 1er janvier 2018 pour les crèches et les écoles, délai porté à 2020 pour les collèges et lycées. Des concentrations en polluants qui peuvent être plus importantes que dans d’autres lieux de vie du fait de la densité d’occupation des locaux et d’un renouvellement de l’air ou de ventilations insuffisantes. Ces mesures doivent être réalisées au frais des collectivités par un organisme habilité et les résultats être rendus publics et affichés. En préalable un bilan auto-diagnostique est demandé. Un document qui fait sérieusement grincer des dents les directeurs et les directrices à qui l’on demande parfois de le remplir, alors qu’ils n’ont ni les compétences, ni les outils pour le réaliser.

Loi Blanquer au Sénat : dernier round ?

ven, 10/05/2019 - 18:24

Les fortes mobilisations de la communauté éducative depuis le mois de mars ont fait vaciller le ministre qui croyait pouvoir avancer seul. Les acteurs et actrices du terrain l'ont ramené à la réalité, alertant sur son projet de loi et ce qu'il dessine pour l'école : une menace sur la spécificité de l’école primaire et son organisation territoriale, une volonté de restreindre la liberté d'expression enseignante, davantage d'argent versé à l'enseignement privé, une réforme de la formation initiale développant la contractualisation d’étudiantes et étudiants... Si l'Assemblée nationale a voté en première lecture le texte, le Sénat va l'examiner à partir de demain, mardi 14 mai, avant son adoption éventuelle par une commission mixte paritaire rassemblant des parlementaires des deux chambres.

Des établissements publics des savoirs fondamentaux amendés

EPSF supprimés, c’est ce que la commission culture et éducation du Sénat a décidé à l’unanimité mais les « établissements publics des savoirs fondamentaux », déjà arrivés dans la loi Blanquer par la petite porte (amendement d’une députée), devraient revenir par la fenêtre… Une nouvelle rédaction est prévue par le groupe LREM qui prend en compte ce qui a été martelé dans les cortèges. Mais partiellement. Ainsi, l’accord de la communauté éducative serait enfin demandé, ce qui n'était pas le cas dans le texte voté à l'Assemblée : « L'accord du conseil d’administration et des conseils des écoles impliquées sont nécessaires ». Cependant, l'autorité hiérarchique resterait celle du collège, « avec un ou plusieurs chefs d’établissement adjoints dont un au moins est chargé des classes du premier degré, exercent aux côtés du chef d’établissement. Ce chef d’établissement adjoint, chargé du premier degré, est issu du premier degré ». Les écoles regroupées à un collège dans ces structures perdent donc toujours leur direction.

Ce retour de l’article 6 quater a pris en compte les critiques mais, pour le SNUipp-FSU, la continuité des apprentissages du primaire au secondaire doit être pédagogique et non administrative. Les écoles ne doivent pas être noyées dans de méga-structures, sous la coupe du collège, centrées sur les fondamentaux et ne répondant aucunement aux besoins de baisse des effectifs, d’aide à la difficulté scolaire et de lutte contre les inégalités. De plus, pourquoi faire cohabiter plusieurs types d’établissements, écoles, établissements publics ? Car ceux réservés à un enseignement international, EPLEI, demeureraient. Il serait juste proposé, pour « plus de mixité sociale » de les ouvrir à des élèves ne préparant pas cette option pour « happy few ». 

Autres concessions

De même, la nouvelle réécriture sénatoriale confirme la dérogation de deux à trois ans aux jardins d'enfants qui accueillent des 3-6 ans et non leur pérennisation. Ils auront ce délai pour se transformer mais l'objectif à terme est que l'instruction obligatoire dès 3 ans se fasse à l'école.
Enfin, la composition du nouveau Conseil d’évaluation de l’école, remplaçant le Cnesco, pourrait être modifiée avec des personnalités proposées par l’Assemblée nationale, le Sénat et l’Institut national de France, mais le ministère garderait néanmoins la main et supprimerait le CNESCO qui a fait ses preuves.

Article 1 maintenu

En revanche, l'article 1 si décrié est maintenu. Il devait être réécrit, pour « lever les ambiguïtés » mais la volonté de sanctionner les enseignantes et enseignants critiques envers l'institution reste bien là. Ces derniers temps, les courriers reçus, les convocations pour rappel à l'ordre de personnels qui s’étaient exprimés publiquement montrent qu'il ne s'agit en rien d'un « bobard ». Cet article n'apporte rien juridiquement mais envoie un signal très négatif à la profession. Le ministre avait promis une évolution. La réécriture entérine l’autoritarisme ministériel. Cet article doit être supprimé d’urgence.

à surveiller

Les amendements sénatoriaux viennent de différents groupes politiques et certains inquiètent comme la « retenue sur les allocations familiales versées aux parents d’élèves de moins de 16 ans » après quatre demi-journées d’absences non-justifiées, le statut hiérarchique des directeurs et directrices d'école sur leurs équipes ou encore la formation continue obligatoirement placées sur les temps de congés.

Mobilisations toute la semaine

C'est pourquoi cette semaine d'examen au Sénat se fait sous le regard de toute la communauté éducative qui reste très mobilisée. Car c'est bien d'un autre projet dont l'école a besoin pour s’attaquer aux inégalités scolaires et démocratiser ainsi la réussite de tous les élèves.
Les Nuits des écoles et autres actions rassemblant parents et monde enseignant se poursuivent, la journée du 14 mai est marquée par des grèves et des rassemblements, dont un devant le Sénat à 18 h.
Samedi, #àParisLe18 : une grande manifestation nationale part de Montparnasse à 13 h 30.
L'exigence est l'abandon de ce projet de loi et la construction d'un vrai projet d’avenir pour l’école.

#ÀParisle18Mai

ven, 10/05/2019 - 10:40

Très présents dans les grèves et les manifestations de l’aveu même du ministère, les 19 et 30 mars, le 4 avril et le 9 mai, les enseignantes et les enseignants des écoles auront de nouveau l’occasion de s’exprimer dans la rue le 18 mai prochain. Ce sera, cette fois, à l’occasion d’une manifestation nationale pour redire au ministre de l’Éducation nationale qu’ils ne veulent pas de sa loi sur « l’école de la confiance ». Et celui-ci peut bien évoquer dans les médias un « festival de bobards », les raisons de ce refus sont bien réelles.
Non, les enseignantes et les enseignants, mais également les familles et de nombreux élus ne veulent pas de cette modification radicale de la structuration de l’école avec la mise en place des EPSF. Ils dénoncent le cadeau fait à l’école privée avec l’instauration de l’instruction obligatoire à 3 ans. Et ils n’acceptent pas la possibilité de voir confier des classes à des étudiantes et étudiants sans formation.
De même la profession refuse que soit remise en cause sa liberté d’expression comme le laisse à penser l’article 1 de la loi.

Si l'annonce de la suppression de l'article 6 quater par la commission du sénat est un bon signe, il n'en demeure pas moins que le texte n'a pas encore terminé son chemin parlementaire et subira encore d'autres modifications. Aussi n'est-il pas encore temps de plier les drapeaux mais au contraire de montrer au côtés des familles, mais également des maires que ce n'est pas de cette loi dont a besoin notre école. 

Alors tous et toutes à Paris le 18 mai.

Formation continue pendant les vacances ?

jeu, 09/05/2019 - 13:17

Un projet de décret et son arrêté ont été présentés aux organisations syndicales lors d'un groupe de travail le 3 avril au ministère. Ils seront à l'ordre du jour d'un prochain Comité technique ministériel. Prétextant une urgence réglementaire d'une formation diplômante au numérique pour présenter un projet de décret qui introduit une formation pendant les vacances.

La porte ouverte aux formations pendant les vacances

Le projet de décret (portant création d'une allocation de formation aux personnel enseignants relevant de l'éducation nationale dans le cadre de formations pendant les périodes de vacance de classes) fixe une allocation pour des formations « à l'initiative de l'autorité compétente ou après son accord » et « n’excédant pas cinq jours ». Les représentants du personnel ont exigé a minima que ce soit sur la base du volontariat.
Pour le SNUipp-FSU, ce décret est la porte ouverte à la formation des enseignants en dehors du temps de travail ou plutôt du temps élèves car même la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) reconnaît 11 jours travaillés pour les PE sur les petites vacances.

Du volontariat à l'injonction ?

Ce décret constitue un précédent qui n'est pas borné dans son usage. Le SNUipp-FSU sait bien que le volontariat n'y suffira pas car il n'évitera pas les injonctions déguisées. Il a rappelé que la vacance de classe est nécessaire pour se ressourcer et récupérer et que le problème ne se poserait pas si une formation continue avec remplacement par des brigades ou des stagiaires-fonctionnaires était assurée par l'état-employeur, comme c'était le cas il y a quelques années.

Des formations rémunérées

Pour assurer ces formations hors ORS, l'état trouve les moyens et rémunère à 20 euros bruts de l'heure, soit 60 euros par demi-journée et 120 euros par jour.  C'est donc bien une question de choix. Les mobilisations de ces derniers mois montrent que les enseignants et les enseignantes ont besoin à la fois d'une reconnaissance salariale mais aussi de formation sur le temps de travail.  Deux objets de revendication dont le gouvernement doit s'emparer rapidement.

9 mai : une grève suivie

mer, 08/05/2019 - 19:16
Le communiqué

Un enseignant sur trois sera en grève dans le premier degré le 9 mai soit plus de 100 000 dans tout le pays. Ce sera particulièrement le cas dans les Bouches-du-Rhône, la Côte d’Or, la Creuse, la Drôme, la Haute-Garonne, Paris, la Seine-St-Denis, les Vosges….
La forte grève dans les écoles le 19 mars, la journée du 30 mars qui a réuni plus de 60 000 manifestants, la journée de grève du 4 avril, les multiples mobilisations locales avec les parents, ont poussé Emmanuel Macron et son ministre de l’Éducation à vouloir désamorcer les mobilisations. Les courriers adressés aux enseignants et enseignantes par le ministre, les annonces du président de la République n’y font rien : leur détermination à refuser tout à la fois le projet de Loi Blanquer mais aussi la réforme de la Fonction publique, reste très forte. 

Ne pas en rester aux simples annonces

Les annonces sur les effectifs des classes reposent pour l’heure sur des moyens insuffisants. Les 6 000 emplois supplémentaires promis ne correspondent qu’à la moitié des besoins. Les annonces de revalorisation ne sont accompagnées d’aucune mesure précise pour améliorer les salaires des enseignants qui sont parmi les moins bien payés des pays de l’OCDE. Les débats au Sénat qui ont abouti à l’étude d’un projet de loi d’où l’article 6 quater de la loi, fortement remis en question par la communauté éducative, a disparu, restent soumis à la volonté finale de l’Assemblée nationale et des députés de la majorité.
Alors que de plus en plus d’enseignants et d’enseignantes considèrent que leurs conditions de travail se dégradent, le projet de loi de transformation de la Fonction publique risque de diluer et d’amoindrir les actions des CHSCT dans les domaines essentiels de la sécurité, de la santé et de la vie au travail. Les nouvelles procédures de mobilité des personnels du premier degré sont mises en place dans une impréparation totale et la suppression possible des compétences des CAP en matière de promotion et de mobilité favorisera une gestion opaque et privera les personnels de recours contre l’arbitraire. Avec le recours au recrutement accru aux personnes contractuelles, la précarité sera encore aggravée. 

Les enseignants et enseignantes attendent des engagements clairs et fermes. « Le dire c’est bien, le faire c’est mieux », car sans réorientation politique, et sans moyens afférents, on en restera aux annonces. Pour refuser ces projets, pour dire oui à une autre école, oui à des services publics de qualité, les personnels seront une nouvelle fois en grève demain 9 mai et manifesteront le 18 mai prochain.

Les défis de l'éducation dans un Sahel en crise

mar, 07/05/2019 - 14:04
Une région et une école en crise 

Le but de l'étude de la coalition éducation a été d'identifier les pratiques considérées comme pertinentes dans le contexte actuel, au sein des cinq pays francophones de la région, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. En effet, les pays du Sahel connaissent des situations de crise multidimensionnelles, institutionnelles, climatiques, sanitaires, nutritionnelles ou relatives à des conflits. L’éducation est devenue partie intégrante de l’action humanitaire mais la mise en place des aides, locales comme extérieures, est complexe et difficile. Une croissance démographique très élevée, de grandes sécheresses, un fort taux de pauvreté et une instabilité politique affaiblissent la qualité des services publics d’éducation. Comme l'a rappelé Carole Coupez, déléguée générale adjointe de Solidarité Laïque et cheffe de file de la coalition éducation, « La reconnaissance d’un pouvoir résiliant de l’éducation implique une nécessité de traiter ce sujet, or, un enfant sur deux vivants dans une zone de conflit a un risque de ne pas être scolarisé. Les parcours éducatifs sont suspendus, compromis quand ils ne sont pas totalement impossibles, sur plusieurs années ». Les conflits viennent fragiliser encore d’avantage le système d’éducation et le personnel : dommages portés aux infrastructures, discrimination accentuée des filles, déplacement de population, écoles converties en secours d’urgence ou base militaire, attaques contre les élèves et les enseignants, attaques sur le trajet de l’école…

Des actions pour atténuer l’impact des crises 

L’enjeu pour les organisations non gouvernementales (ONG) ou celles de la société civile (OSC) est d’éviter un trop grand nombre d’enfants déscolarisés en rétablissant des services éducatifs de proximité.
L’étude montre que les interventions des OSC rencontrées se concentrent sur le niveau primaire, pour 90% d’entre elles, les résultats y étant plus tangibles. Elles travaillent indifféremment sur les secteurs éducatifs formels comme informels tout en cherchant à favoriser le retour au cadre public et en gardant l’objectif de maintenir un continuum éducatif malgré la difficulté de le mettre en œuvre dans le contexte de crise.
Le rapport conclut par plusieurs préconisations dont l’évitement à l’improvisation ou à la réaction de dynamiques de dépendance, le travail multi-sectoriel avec les partenaires locaux, le développement d’une formation des enseignants ou encore l'inclusion des filles Des pratiques recensées qui semblent porter leur fruit au cœur de cette situation de crise au Sahel, dans l’espoir de favoriser la résilience des individus, des communautés et des systèmes.

"Plus de 2 millions d'enfants privés d'école au Mali"

MOUSTAPHA GUITTEYE, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation au Mali (le SNEC), témoigne des difficultés rencontrées au Mali.

Quelle est la situation de l’école au Mali ?
Au Mali, plusieurs types d’écoles cohabitent : des écoles d’État, des écoles communautaires et des écoles coraniques privées, les "madrassas". La crise qui existe depuis 2012 affecte socialement, économiquement et politiquement le pays, il n’y a pas de raison qu’elle ne touche pas l’école. Plus de deux millions d’enfants sont actuellement privés d’école avec 700 écoles fermées, essentiellement au nord et au centre du pays. Soit directement en raison des conflits, suite à des attaques, soit en raison des craintes des familles qui n’envoient plus leurs enfants, suite à des mouvements de population ou encore parce que les enseignants ont migré vers le sud fuyant les menaces reçues. L’école au Mali va donc très mal.

Quelles sont les actions du SNEC ?
Nous avons travaillé à établir un cadre juridique pour les écoles communautaires et à former les enseignants recrutés par la communauté, parfois dans la rue, et qui n’avaient souvent aucune qualification. Nous recensons les enseignants réfugiés. Nous accompagnons ceux qui ont été témoins d’attaques et de crimes djihadistes ou interethniques. Nous proposons également des formations autour des conflits, du travail spécifique auprès des enfants migrants. Mais il faut savoir que 80% des enseignants réfugiés, revenus du nord vers Bamako, sont toujours en état de choc.

Quels sont les défis aujourd’hui ?
Maintenir les écoles ou les rouvrir. Cela reste très complexe puisqu’effectivement l’école ne peut revenir que si le climat est apaisé. Il n’est pas possible de se concentrer, d’apprendre sans les structures sanitaires ou économiques et sans sécurisation militaire. Or, les djihadistes attaquent quand ils veulent, où ils veulent. Ils ne s’attaquent pas aux madrassas. Du coup, là où les écoles publiques ou communautaires ont été fermées, les écoles coraniques restent ouvertes. Les familles, par dépit souvent, y envoient leurs enfants. Les djihadistes ont une volonté de délégitimer les services de l’État. Notre préoccupation est le maintien ou la réouverture des écoles.

Une autre ambition pour la maternelle

jeu, 02/05/2019 - 16:03

Suite à la demande d’audience formulée en février, une délégation représentative des organisateurs du Forum Maternelle* a été reçue début avril au ministère de l’Éducation nationale. à cette occasion, le collectif de « celles et ceux qui font la maternelle au quotidien » a rappelé les principales conclusions du Forum de novembre dernier qui avait rassemblé les professionnels exclus des Assises de l’école maternelle : la nécessité conjuguée d’une meilleure connaissance du rôle et de la professionnalité des acteurs de terrain, d’une stabilité de missions ambitieuses mises en cohérence par les programmes 2015 et d’un renforcement des moyens humains et matériels.

« Dans un contexte de mobilisations unitaires contre un projet de loi "pour l’école de la confiance", inapte à réduire les inégalités scolaires », le collectif a redit ses exigences pour la maternelle : « le maintien d’une structure du cycle 1 dotée de sa propre direction, des finalités éducatives qui embrassent toutes les dimensions du développement des jeunes élèves, le refus d’une simple subordination à l’élémentaire entretenue par l’exploitation des évaluations nationales CP, le développement des continuités et des collaborations inter-métiers dans le respect des prérogatives de chacun, l’amélioration significative des conditions de scolarisation (effectifs, locaux, ATSEM…) au sein du service public d’éducation et le déploiement d’une formation adaptée, mais sans spécialisation, ni minoration de l’enseignement en maternelle. »

Des annonces inquiétantes confirmées

Par ailleurs, les organisations rappellent que l’instruction obligatoire à trois ans « ne peut tenir lieu d’alpha et d’oméga du renforcement de la maternelle quand le ministère persiste à afficher une ambition à la petite semaine, circonscrite aux dimensions lexicales et affectives ». Parmi les sources d'inquiétude : la confirmation de la prochaine publication d'un guide orange GS, le moratoire de deux ans sur les jardins d’enfants appelés à muter à l’issue en structures d’accueil de la petite enfance ou en écoles hors contrat ou encore les suppressions de postes en maternelle à la rentrée 2019, après celles de 2018, le cycle 1 payant « le prix fort d’un financement insuffisant des dédoublements en éducation prioritaire. »

Le Forum Maternelle dénonce « la marche solitaire du ministère et l’opacité de ses projets qui entretiennent la circulation d’interprétations erronées » et les demandes récurrentes des organisations « ont finalement contraint le ministère à formuler de timides propositions de concertation » dont saura se saisir à coup sûr le collectif. 

* AFEF, CEMEA, Collectif Education 94, CRAP-Cahiers pédagogiques, GFEN, ICEM-Pédagogie Freinet, SE-UNSA, UNSA Territoriaux, SGEN-CFDT, Interco- CFDT, SNUipp-FSU, SNUTER-FSU - soutenus par les syndicats d’inspecteurs des trois fédérations, les associations d’enseignants spécialisés et la FCPE.

Le Sénat retoque les EPLESF

mer, 01/05/2019 - 11:24

Les oppositions aux « établissements des savoirs fondamentaux » n’étaient donc pas des « bobards » comme dénoncés par le ministre de l’Éducation nationale au lendemain des fortes mobilisations du 30 mars. La commission de la culture et de l’éducation du Sénat le 30 avril après-midi a adopté à l’unanimité la suppression de l’article 6 quater qui créait la possibilité « d’établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux » (EPLESF), soit des regroupements d’écoles avec un collège sous l’autorité hiérarchique de ce dernier et avec seulement un ou plusieurs « chefs d’établissements adjoints » dont un pour s’occuper du primaire. Aussitôt le SNUipp-FSU et de nombreuses autres personnalités ont alerté sur la méthode et les risques. Cet article est arrivé par la petite porte, par amendement, à l’Assemblée nationale qui l’a adopté sans qu’il ait fait l'objet de débats au préalable au sein de la communauté éducative. De plus, il inquiétait sur le sort des directeurs et directrices d’école dans ces nouvelles méga-structures administratives, ainsi que sur les risques de fermetures d’écoles regroupées sur plusieurs sites ou un seul. Enfin la dénomination même « des savoirs fondamentaux » laissait présager un resserrement sur le « lire, écrire, compter et respecter autrui » cher au ministre au détriment de l’ensemble des domaines d’apprentissage aussi essentiels que les sciences, l’histoire ou encore l’expression artistique.

Une première étape

Cette suppression est une victoire pour les mobilisations enseignantes et des familles depuis le mois de mars. Mais une première étape seulement. Le texte va être réécrit par le ministre et, à terme, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Dans un agenda parlementaire très chargé qui pourrait voir revenir les articles critiqués en plein été… A surveiller également les amendements venant du Sénat, notmmanet sur la formation continue obligatoire « en priorité en dehors des obligations de service d'enseignement. »

Et ce ne sont pas les annonces d’Emmanuel Macron qui sont de nature à rassurer puisqu’elles manquent encore cruellement de précisions sur les créations de postes nécessaires, la formation enseignante et la revalorisation du métier. 

D’où l’importance de se mobiliser toujours massivement avec la grève du 9 mai et la manifestation à Paris le 18 mai. C’est l’ensemble de la loi à laquelle le gouvernement doit renoncer pour construire avec le monde enseignant, les parents un autre projet pour l’école, à la hauteur des enjeux, participant à la lutte contre les inégalités sociales et scolaires.

Avancement à la hors classe 2019

mar, 30/04/2019 - 12:46

La campagne 2019 d’avancement à la hors classe est lancée et une note de service publiée dans le BO du 21 mars 2019 en fixe les règles. Le principe d’un déroulement de carrière sur au moins deux grades, à un rythme plus ou moins rapide, y est rappelé. Le taux de promotions, qui était de 13,2% en 2018 passe à 15,1% cette année.

Qui est concerné ?

- Les PE en position d’activité comptant au moins deux ans d’ancienneté dans le 9e échelon dans la classe normale au 31 août 2019 ainsi que toutes celles et ceux aux 10e et 11e échelon - dès le 7e à Mayotte ;
- Les PE exerçant dans l'enseignement supérieur, mis à disposition d'une autre administration ou d'un organisme, ou en position de détachement ;
- Les PE en CLM, CLD, postes adaptés, etc… qui remplissent les conditions ;
- Les PE détachés dans le corps des psychologues de l’Éducation nationale sont promouvables dans leur corps d’origine et dans leur corps d’accueil. S'ils sont promus à la hors classe dans leur corps d'origine, ils bénéficient immédiatement de cette promotion dans leur corps d'accueil. Par contre, s'ils sont promus dans le corps des psyEN, ils ne bénéficient de cette promotion dans le corps des PE qu'au moment de leur réintégration.

Appréciation de la « valeur professionnelle »

Pour les PE ayant bénéficié du troisième rendez-vous de carrière en 2017-2018, il s’agit de l’appréciation rendue à l’issue de ce rendez-vous.

Pour celles et ceux qui étaient déjà promouvables en 2018 et qui avaient été dispensés du rendez-vous de carrière, il s’agit de l’appréciation attribuée l’an passé. Une appréciation figée, mais qui pourrait toutefois faire l’objet d’une révision dans certaines situations « exceptionnelles ».

Enfin, pour celles et ceux qui n'auraient pas d'appréciation, le DASEN en portera une sur la base de la dernière note d’inspection, du CV sur Iprof (qu'il est conseillé de compléter) et de l'avis de l'IEN ou du supérieur hiérarchique pour les PE en détachement, mis à disposition, etc.

Le barème

Les points pour ancienneté dans la plage d'appel au 31 août

Les points en fonction de l'appréciation de l’IA-DASEN

Suite aux interventions du SNUipp-FSU, des avancées sont à observer. Les critères de départage en cas d'égalité de barème ne sont plus imposés par le ministère mais seront examinés en CAPD. Ainsi, l’ancienneté générale des services (AGS) pourra être prise en compte à la place de l’ancienneté de grade, ce qui ne pénalisera plus les anciens instituteurs.
Les DASEN sont par ailleurs invités à porter une attention particulière aux agents en fin de carrière et à tenir compte de l’équilibre hommes-femmes lors de l'établissement du tableau d'avancement.

Mouvement : saut dans l’inconnu

mar, 30/04/2019 - 12:42

Un poste non désiré mais à titre définitif, une affectation à plusieurs dizaines de kilomètres, un rapprochement de conjoints impossible, voici quelques-unes des situations craintes par les enseignantes et enseignants des écoles participant au mouvement 2019. Ce moment essentiel dans la carrière a été affecté cette année par de nouvelles règles imposées et non validées par le SNUipp-FSU en intersyndicale mais aussi de nombreux bugs. 

Dès l’ouverture, le serveur s’est mis en rade, repoussant de plusieurs jours la saisie des vœux dans de nombreux départements. Et en clôture, « de nouveaux problèmes techniques empêchent l’émission des accusés de réception et donc la vérification des barèmes pris en compte », témoigne ainsi le SNUipp-FSU des Alpes-Maritimes. Mais, au centre, ce sont les modalités imposées par l’administration qui posent problème. En premier lieu : le risque de nomination à titre définitif sur des postes non désirés, les vœux larges obligatoires pour les PE devant participer au mouvement ainsi que les "vœux précis et géographiques" pour l'ensemble. Chaque département est découpé en vastes zones, quatre par exemple dans le Calvados si bien que le risque est « un poste non désiré, à titre définitif, dans une zone peu demandée dont il sera très difficile de sortir », explique le SNUipp-FSU normand ou sur un « type de poste non désiré non plus, en spécialisé par exemple ». 

À l’aveugle

Dans l’Oise, même constat « l’algorithme étudie en premier les zones les moins attractives ». Les élues et les élus du personnel du SNUipp soulignent également le mic-mac des points en cas de « séparation de conjoints » au sein du département qui empêche de fait de nombreux couples d’en bénéficier. Résultat : les réunions d’information consacrées au mouvement ont fait le plein dans tous les départements : 200 demandes et « seulement 150 acceptées par l’administration » dans le Calvados par exemple. « Avec beaucoup de stress pour les collègues », ajoute le SNUipp 60. « Avec le bug et ces nouvelles règles, tout a été repoussé. Les résultats ne seront connus qu’en juin et la deuxième phase d’ajustement n’est pas garantie avant l’été. C’est tendu pour tout le monde », les PE comme les services de l’Éducation nationale. Ces réunions ont permis de mieux expliquer les règles et les risques mais « nous craignons qu’en dehors de ces réunions, beaucoup aient saisi leurs vœux à l’aveugle ». Avec des très mauvaises surprises à l'arrivée !

Le SNUipp-FSU est intervenu plusieurs fois depuis cet automne auprès du ministère et encore en intersyndicale en avril. Il a dénoncé « l’impréparation totale » des services départementaux dans de nombreux endroits : « règles non stabilisées, interprétations erronées des Dasen », mais aussi « apparition de nouvelles règles comme des paliers pour la prise en compte de l’AGS » ou « concertation dans certains départements de pure forme des organisations syndicales ». Pourtant, les revendications sont claires et le SNUipp-FSU les a rappelées : rétablir une deuxième phase, affecter les personnels sur des postes précis et non des postes zones géographiques, ne pas les nommer à titre définitif sur des postes non demandés, ne pas rendre obligatoires les vœux larges et supprimer les postes profilés.

Des annonces pour l'école : et maintenant ?

ven, 26/04/2019 - 21:27
Le communiqué Des annonces pour l'école : oui, mais comment ?

Sous la pression des mobilisations enseignantes qui enflent depuis plusieurs semaines contre une loi Blanquer qui va accroître les inégalités sans apporter de vraies réponses aux urgences de l'école, le président de la République a multiplié les annonces à l’occasion de sa conférence de presse.

Un abaissement des effectifs, d’abord. Pas plus de 24 élèves dans les classes de grande section de maternelle, CP et CE1 hors éducation prioritaire - 35 000 classes sont concernées - et le dédoublement des 6 000 classes de grande section dans les REP et les REP+. Une annonce bienvenue, la France restant loin derrière les pays comparables de l'OCDE en ce domaine. Reste que malgré une légère baisse des effectifs dans les années qui viennent, ces deux mesures ont un coût budgétaire, autour de 10 000 postes supplémentaires. Soit des enseignantes et enseignants à recruter et à former, la suppression de 1000 postes au concours pour 2019, ne va pourtant pas dans ce sens.
Le ministère devra donc expliquer rapidement comme il entend procéder, sauf à charger encore un peu plus les autres niveaux de classes. Par ailleurs, pour le SNUipp-FSU, une telle mesure ne peut être qu'une étape. C’est bien dans toutes les classes, qu’il faut réduire les effectifs.

Autre annonce, un arrêt des fermetures d'écoles « sans l'accord du maire ». Il est vrai que le tissu scolaire en milieu rural a déjà payé un lourd tribut pour financer les dédoublements en éducation prioritaire. Mais l’annonce aurait plus de consistance s’il s’agissait d’en finir avec les fermetures de classes pour porter une réelle attention au service public d’éducation au plus près des territoires.

« Mieux former les professeurs et rendre leur carrière plus attractive ». Au détour d'une phrase, le Président a également évoqué deux leviers essentiels, d’ailleurs actionnés depuis longtemps par les pays dont le système éducatif est plus performant et égalitaire que le nôtre. Mais là aussi, on attend du concret. Car pour l’heure, en termes de formation initiale, il n’est question que de mettre les étudiantes et étudiants en responsabilité de classe et d’une réforme ne répondant pas aux enjeux du nécessaire renforcement de la professionnalité enseignante. Et s’agissant de l’attractivité du métier, on attend toujours la revalorisation salariale qui amènerait les enseignantes et enseignants français au même niveau que leurs homologues des pays comparables. Ils sont actuellement payés 29% de moins…

Alors « Le dire, c’est bien, le faire c’est mieux. » Les PE attendent plus, car sans réorientation politique, et sans moyens afférents, on en restera aux annonces. Les mobilisations restent fortes, et notamment le 9 mai, pour revendiquer les moyens de faire réussir tous les élèves.

Paris, le 26 avril 2019

Sri Lanka : protéger la paix

jeu, 25/04/2019 - 08:58

Après 26 ans de guerre civile, le Sri Lanka s’apprêtait à fêter ses dix années de paix. Mais des extrémistes en ont décidé autrement le 21 avril, se faisant exploser dans plusieurs églises et hôtels du pays. Plus de 350 morts, au moins 500 blessés, une population traumatisée qui renouait d'année en année les fils du dialogue inter-communautaire.

Solidarité Laïque, dont le SNUipp-FSU est membre, est une des rares ONG restée sur place depuis le tsunami de 2004. Avec ses partenaires locaux, elle participe au renforcement de la qualité et de l’accès à l’enseignement maternel dans cinq provinces au sein d'écoles publiques et à la réconciliation entre les communautés par l’éducation. Sollicitée par ces partenaires, l’association lance donc un appel à dons d’urgence pour

  • proposer un soutien aux enfants, équipes enseignantes et familles durement éprouvées
  • poursuivre le travail de lien entre les communautés, en développant les lieux d’échanges et les espaces de dialogue.

Pour cela, il faut très vite des moyens, humains et matériels, des supports pédagogiques, l’intervention de professionnels tels que des psychologues pour désamorcer les tensions et préserver une paix fragile.

Pour donner, c'est ici.

AESH : toujours rien

ven, 19/04/2019 - 14:17

« La généralisation des CDD de trois ans à la prochaine rentrée ne constituera qu’une bien maigre avancée obtenue à bouts de bras par la mobilisation de ces personnels en mal de reconnaissance alors que les 6 années pour pouvoir obtenir un CDI persistent », dénonce un communiqué intersyndical qui pointe que ces « contrats restent toujours aussi précaires avec de très faibles salaires, des conditions de travail dégradées, des temps incomplets imposés et une absence de reconnaissance professionnelle ».

Aussi, l’ensemble de ces organisations syndicales appellent les AESH à de nouvelles mobilisations le 9 puis le 15 mai à l’occasion du vote de la loi au sénat.

Le communiqué Loi Blanquer : toujours ni statut, ni reconnaissance en vue,
Les AESH en colère poursuivent leur mobilisation !

Depuis plusieurs semaines, les personnels de l’éducation nationale se mobilisent contre la loi Blanquer dite de l’École de la “confiance” et contre la loi de transformation de la Fonction Publique.
Pour les accompagnant·es d’élèves en situation de handicap (AESH) aussi, suite à la “concertation” ministérielle sur l’école inclusive lancée en octobre, ce projet de loi adopté en première instance à l’Assemblée et étudié mi-mai au Sénat, présage des dégradations des conditions de travail des AESH.
Si la généralisation de contrats CDD de 3 ans à la rentrée est une maigre avancée obtenue par les interventions syndicales et la mobilisation des AESH, les 6 années de CDD pour obtenir un CDI persistent. Les 60 heures de formation d’adaptation à l’emploi existaient déjà dans les textes. Ces contrats restent toujours aussi précaires avec de très faibles salaires, des conditions de travail dégradées, des temps incomplets imposés et une absence de reconnaissance professionnelle.
Les pôles inclusifs prévoient la mutualisation des aides humaines et matérielles au détriment de l’aide individuelle. L’expérimentation en cours semble bien loin des objectifs vertueux annoncés par le ministère. Nous dénonçons notamment le fait que ceux-ci se traduisent par une accentuation des inégalités et par la dégradation des conditions de travail des AESH : employeurs multiples, multiplication du nombre d’élèves suivis sur des lieux différents...

 Face aux propositions du Ministère, nous exigeons pour les AESH :

● une revalorisation immédiate des salaires ;
● l’arrêt immédiat de l’expérimentation et de la généralisation prévue des PIALs et le maintien des accompagnements individuels dans le cadre d'un dispositif permettant de répondre aux besoins des élèves et des familles et respectueux des conditions de travail des AESH ;
● le versement des indemnités REP-REP+ pour les AESH exerçant en éducation prioritaire ;
● la création d’un véritable statut de la Fonction Publique pour les AESH ; des emplois stables, pérennes et reconnus ;
● la prise en compte du travail invisible (réunions / concertation / régulation / adaptation des apprentissages) et de la pénibilité
● la possibilité d’une quotité de travail choisie à temps plein ;
● la création du nombre d’emplois nécessaire pour couvrir tous les besoins ;
● une formation professionnelle de qualité sur le temps de travail, initiale, continue, spécifique et qualifiante.

Nous invitons les AESH à participer aux initiatives de mobilisation et la grève du 9 mai dans l’éducation contre la loi Blanquer et contre le projet de loi dit de transformation de la fonction publique.
Et après la mobilisation des AESH du 6 février, nous appelons à une nouvelle mobilisation nationale intersyndicale pour les revendications des AESH, le mercredi 15 mai à l’occasion de l’examen du projet de loi au Sénat.
Localement, les AESH se réuniront en AG pour débattre ensemble et se rassembleront devant les DSDEN, rectorats et préfectures pour porter leurs légitimes revendications. En région parisienne, un rassemblement aura lieu devant le Sénat. 

Montreuil, le 18 avril 2019

#PasPlusDe24, mais dans toutes les classes

jeu, 18/04/2019 - 12:02

Si l’urgence patrimoniale n’avait bouleversé la communication élyséenne, il apparait que le président de la République avait prévu d’annoncer un moratoire sur les fermetures d’écoles et un plafonnement à 24 élèves dans toutes les classes de grande section, de CP et de CE1. Des annonces qui pourraient constituer une réponse à la fois aux exigences de services publics de qualité et de proximité affirmées ces derniers mois et à une préoccupation récurrente du monde enseignant.
Car de fait, la baisse des effectifs reste une revendication première dans les écoles et un levier d’amélioration de la réussite des élèves. Une demande légitime au regard du différentiel entre les pays de l’OCDE qui comptent en moyenne 21 élèves par classe contre plus de 23 en France. Au regard aussi des plus de 100 000 classes françaises qui en comptent plus de 24.

Un effort conséquent à faire

Hors éducation prioritaire, les données disponibles permettent d’estimer à 35 000 le nombre de classes de grande section, de CP et de CE1 qui dépassent ce chiffre de 24 élèves et seraient concernées par l’annonce présidentielle. C’est donc d’un effort très conséquent qu’il est question en termes de créations de postes, même en l’échelonnant sur les trois rentrées à venir et même en tenant compte de la légère baisse démographique qui s’annonce.
Car il ne s’agit pas non plus de surcharger les autres classes. Quoi qu’il en soit, et si cette annonce venait à être confirmée, il va falloir préciser le "comment". Car aujourd’hui, c’est plutôt à une baisse régulière du nombre de postes au concours de recrutement des PE qu’on assiste. Et le gouvernement évoque également la suppression de 120 000 emplois de fonctionnaires dans le cadre de sa réforme de la fonction publique.

Réinvestir l’école

Le SNUipp-FSU maintient de son côté son exigence de voir les effectifs baisser dans toutes les classes du primaire, de la petite section de maternelle au CM2, avec un seuil abaissé à 20 dans les classes de l’éducation prioritaire. Une mesure globale indispensable si l’on veut s’attaquer réellement aux inégalités scolaires, une mesure propre à engager une réelle priorité à l’école primaire qui reste aujourd’hui largement sous-investie.
Et surtout, que personne n'imagine que cette annonce calmerait la colère des enseignantes et des enseignants des écoles à propos de la loi Blanquer. Ils restent mobilisés pour réclamer son abandon et revendiquer un autre projet pour assurer la réussite de tous leurs élèves.