Actualités 1er degré

S'abonner à flux Actualités 1er degré
SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 5 heures 50 min

AESH, alerte sur leurs conditions de travail

jeu, 10/12/2020 - 14:54
Le communiqué FSU La FSU alerte sur la dégradation
des conditions de travail des AESH

Lors du CHSCTMEN du 3 décembre, la FSU a alerté sur la situation actuelle des accompagnant-es des élèves en situation de handicap dont les conditions de travail se sont particulièrement dégradées du fait de la mise en place des pôles inclusifs d’accompagnement localisé (PIAL) en 2019 puis de la crise sanitaire.

Alors qu’ils et elles étaient auparavant majoritairement affecté-es sur un établissement auprès d’un élève, l’organisation par PIAL a ouvert d’autres perspectives : affectation sur plusieurs écoles et établissements, élargissement de la zone d’intervention à toutes les communes du PIAL, accompagnement de plusieurs élèves en mutualisant le plus possible, possibilité d’intervenir auprès d’élèves de la maternelle au lycée dans les PIAL inter degrés. L’institution demande aujourd’hui plus d’adaptabilité, plus de flexibilité, plus de mobilité au détriment le plus souvent du service rendu. Des pressions inacceptables s’exercent sur des personnels sous contrat, déjà confrontés à des conditions d’emplois extrêmement précaires, à temps incomplet et avec des rémunérations très faibles. De nouvelles affectations ou quotités de travail sont imposées par avenant au contrat, sans leur laisser le choix, voire parfois en les menaçant de licenciement s’ils et elles refusent. Cela se traduit par un épuisement moral et une perte de l’estime de soi, l’impression de mal faire son travail qui se manifestent aujourd’hui par une augmentation des demandes de démissions ou de ruptures conventionnelles.

Ces agent-es ont aussi des inquiétudes légitimes sur les conditions dans lesquelles ils et elles exercent leur mission aujourd’hui. La spécificité de leur travail au contact direct et étroit avec les élèves qu’ils et elles accompagnent doit être reconnue par la mise à leur disposition d’équipements complémentaires de protection.
La FSU a demandé lors de cette instance qu’une étude d’impact sur le fonctionnement des PIAL et ses conséquences sur les conditions de travail des AESH soit réalisée. Elle doit permettre de nourrir la réflexion en lien avec les remontées de terrain.
Aujourd’hui il est urgent que le ministère améliore les conditions d’emploi des AESH, en s’engageant sur la création d’un cadre d’emploi statutaire, une hausse du temps de travail et une amélioration des rémunérations.

Les Lilas, le 08 décembre 2020

Timss : la France en bas de tableau

jeu, 10/12/2020 - 14:45

Les résultats de l’enquête TIMSS sont tombés, pour la France c’est la douche froide. Tous les quatre ans depuis 1995, cette enquête internationale mesure les performances en mathématiques et en sciences des élèves de CM1 et de 4ème de plus d’une cinquantaine de pays. Les performances françaises n’ont pas progressé, pire elles sont moins bonnes qu’en 2015. Avec 485 points en mathématiques, la France est nettement en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE (529) et arrive avant dernière avant le Chili. Des résultats en sciences ne sont pas meilleurs puisque la France comptabilise 488 points alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 522. Des mauvais résultats qui confirment ceux de la dernière enquête CEDRE.

Des éléments d’explications

TIMSS relève à nouveau que les écarts de performances des élèves sont corrélés à leurs conditions sociales. Les résultats varient fortement selon que les élèves sont scolarisés dans des écoles et établissements accueillant peu ou beaucoup d’élèves défavorisés. Autre constat, le harcèlement et l’absentéisme ont un impact sur les performances. Le cursus de formation des PE est aussi pointé, trop peu d’enseignants du premier degré sont issus des filières scientifiques.

Alors que faire ?

Pour la rue de Grenelle, les résultats de cette enquête sont utilisés pour conforter la politique éducative actuelle. Des guides et formations pour indiquer « la bonne voie pédagogique », les bons manuels, des formations loin des demandes du terrain, une individualisation des apprentissages au détriment du collectif classe…La liste n’est pas exhaustive.

Or d’autres voix s’élèvent qui ne vont pas le sens du ministère. Joël Briand, maître de conférences honoraire en mathématiques, dénonce cette instrumentalisation du ministère et fait une toute autre analyse . Il met en cause l’instabilité des programmes, l’absence de la culture de concertation de ce ministère et l’absence de la recherche en didactiques des mathématiques au sein du conseil scientifique de l’éducation nationale.. Mais aussi les contenus des manuels qui sont moins ambitieux et le manque voire l’absence de formation de qualité des PE.

Pour le SNUipp-FSU, il est nécessaire de développer la formation initiale et continue en croisant l’expertise des enseignantes et enseignants avec l’ensemble de la recherche, en favorisant la mixité scolaire et en renforçant la politique nationale d’éducation prioritaire au lieu de supprimer les REP. Enfin il est nécessaire d’ abaisser les effectifs dans toutes les classes, de développer les RASED, et de restaurer les Plus de maitres que de classe. Autant de leviers que le ministère ignore ou détourne au profit de sa vision de l’école.

Pas de PE prof principal en SEGPA

jeu, 10/12/2020 - 08:31

Dans une note du 19 novembre dernier, la DGRH propose d'ouvrir aux professeurs d'ateliers exerçant en SEGPA la part modulable de l'ISOE (équivalent de l'ISAE dans le secondaire) à la condition de "l’exercice effectif de la fonction de professeur principal" et seulement pour les classes de troisième, alors que ces personnels interviennent aussi en quatrième.

Cette note est une avancée réelle pour les PLP... mais en revanche rien n'avance du côté des professeurs des écoles ! Alors que les mêmes missions sont exercées par les personnels du premier degré, cette note créée de la division au sein des équipes. Division qui existait déjà avec le non versement de l'ISAE aux directeurs et directrices en charge des SEGPA.

Le SNUipp-FSU a envoyé une demande d’audience d’urgence et à défaut de réponse rapide, s’engagera dans une alerte sociale pour l’ensemble des personnels enseignant·es et DACS exerçant dans le second degré afin d’obtenir une équité de traitement pour toutes et tous. La porte ouverte pour les PLP doit s’ouvrir pour les PE et le SNUIpp-FSU s’engagera pour l’égalité entre toutes celles et tous ceux qui exercent dans le second degré.

Laïcité : 115ème anniversaire !

mar, 08/12/2020 - 21:33
Questions de laïcité Fenêtres sur cours n°470, novembre 2020, «&nbspEnseigner après l'assassinat de Samuel Paty&nbsp»

Enseigner après l'assassinat de Samuel Paty :  éduquer à la liberté d'expression et à la laïcité reste un défis...

Le numéro complet...
Le dossier...

Fenêtres sur cours n°463, décembre 2019, «&nbspLaïcité, une école de la concorde&nbsp»

Contrairement à ce que peut laisser entendre le débat politicien, le climat est très majoritairement apaisé dans les écoles. Cela n’empêche pas que régulièrement, il faille réaffirmer ce principe et sa signification. Il faut aussi savoir l’enseigner.
Le dossier complet...

Laïcité à l'école : à vivre et mettre en actes

Une brochure du SNUipp-FSU sur la laïcité à l’école à l’occasion du 110e anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
La brochure...

Webinaire – Faire vivre la laïcité : comment accompagner les éducateurs ? (Solidarité laïque)

Dans son ouvrage paru le 22 octobre, Nicolas Cadène déconstruit 95 idées fausses sur la laïcité. Il était invité par Solidarité laïque à échanger avec des internautes le 24 novembre 2020.

Aborder la laïcité en classe Enseigner après les attentats : des pistes

Suite à l'assassinat de Samuel Paty, SNUipp.fr a recensé quelques ressources pour accompagner les PE dans une de leur mission : celle de l'enseignement de l'EMC...
Lire l'article

Des outils pour aborder en classe (Solidarité Laïque)

Vous êtes à la recherche d'outils pour aborder la laïcité en classe ? Chaque année, le 9 décembre marque la journée nationale de la laïcité qui célèbre le vote de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Qu’est ce que la laïcité et qu’est ce qu’elle n’est pas ? La journée de la laïcité est l’occasion de comprendre et saisir les contours de ce principe souvent mal compris.
Découvrez les outils recensés par Solidarité Laïque pour expliquer, ouvrir le débat auprès des petits et grands

Pénitentiaire : pas d'ouvertures du Ministère !

lun, 07/12/2020 - 18:35

Depuis la parution d'une nouvelle circulaire, la colère et l'exaspération montent en milieu pénitentiaire, sans que le ministère en ait la pleine conscience.

Le SNUipp-FSU a rappelé lors de cette audience que les enseignant·es exerçant en milieu pénitentiaire :

  • n'ont pas connu de revalorisation indemnitaire car ils ne sont pas éligibles à l'ISAE/ISOE
  • ont connu une augmentation de leur temps de service depuis 2017
  • souhaitent des conditions d'accueil des détenu·es permettant que les prisons deviennent de véritables vecteurs de la réinsertion

Le ministère se dit en attente que les discussions prévues dans l'agenda social pour l'ensemble des enseignant·es aboutissent et semblerait peu pressé d'engager des négociations rapides.

Le SNUipp-FSU continue de soutenir les personnels dans leurs revendications initiales et dans leurs actions entreprises, notamment la retenue des enquêtes annuelles de l'administration.

#Unplandurgencepourlécole

ven, 04/12/2020 - 10:39

Si l’épidémie recule, les problèmes, eux, restent : Non-remplacements de personnels absents rendant impossible le respect du protocole, injonctions contradictoires permanentes, classes toujours aussi chargées, fatigue encore plus grande qu’à l’habitude… Cette situation est le résultat de la politique d’un ministre hors-sol qui n’a tiré aucune leçon de la première vague de la crise sanitaire et continué ce qu’il avait déjà entamé.

Un Ministre de communication, pas de dialogue

Ces constats, le SNUipp-FSU les a pourtant portés à de nombreuses reprises au ministère. Le 10 novembre dernier, un appel à se mobiliser était lancé comme un avertissement, de toute évidence cela n’a pas été entendu. Il suffit de voir les mesures salariales, dont restent exclu·es 69 % des enseignantes et enseignants, une prime d’équipement complètement insuffisante et des annonces sur la direction d’école qui ne répondent pas aux besoins. Quant au Grenelle, au vu de sa teneur, la FSU a fait le choix de le quitter. Triste mois de novembre pour l’école.

Agir pour ne plus subir

Face à un ministre dont le discrédit est total, il y a urgence à se mobiliser pour obtenir un changement de cap de la politique éducative. Obtenir des moyens pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels, reconnaître la professionnalité enseignante, augmenter les salaires des enseignant·es comme celui des AESH, voilà les objectifs de la grève du 26 janvier prochain.

Parce que l’école fait face à une crise grave et inédite. Parce que les personnels sont en première ligne et se sentent abandonnés. Parce que la réussite des élèves est menacée. Parce qu’une autre école est possible, il est urgent d’obtenir un plan d’urgence pour le service public d’éducation.

Direction : il y a urgence !

ven, 04/12/2020 - 10:12

Cela fait près de deux ans maintenant que le ministère a ouvert le chantier de la direction d’école sans que des mesures tangibles pour améliorer son fonctionnement n’aient pu être prises. Les directeurs et directrices jouent pourtant un rôle essentiel, tout le monde le dit et la période que l’école traverse cristallise les difficultés sur leur fonction. Il y a véritablement urgence à reconnaitre leur travail spécifique et à leur donner les moyens de remplir leurs missions. Et ce n’est pas les quelques mesures annoncées le 24 novembre dernier qui vont améliorer significativement la situation.

Pour cela le SNUipp-FSU a des propositions et il les rendait déjà publiques, il y a plus d’un an.

  • Créer une aide pérenne à la direction et au fonctionnement de l’école avec des emplois statutaires à temps plein sur tout le territoire. 
  • Augmenter significativement le temps de décharge sans mission supplémentaire pour toutes les écoles avec aucune direction en deçà d’un 1⁄4 de décharge :
    1 à 3 classes : ¼ temps     4 à 6 classes : ½ temps    7 à 9 classes : ¾ temps    + de 10 classes : décharge totale
  • Revaloriser les salaires de toutes et tous ainsi que l’indemnité de direction et la bonification indiciaire des directeurs et directrices.
  • Développer une formation initiale et continue régulière de qualité sur le temps de travail pour apporter les connaissances et savoir-faire nécessaires
  • Reconnaître les collectifs de travail (conseils des maîtres, de cycles et d’école...) comme des lieux de réflexion et de décisions démocratiques dans les écoles. Le travail entre pairs doit être reconnu et alors qu’un texte donne la libre organisation des 108 h aux directions d’école il semble que les vieux réflexes de remontées de tableaux persistent encore.
  • Prioriser les tâches indispensables pour la vie de l’école et au service des élèves afin de permettre aux directeurs et directrices de remplir leur mission première : celle d’animer, et de coordonner l’équipe...
  • Clarifier les responsabilités, notamment concernant la sécurité. 

Aussi le SNUipp-FSU consultera à nouveau par une enquête flash les directeurs et directrices d’école dans les jours à venir. Il s’agira de recueillir la parole et les priorités afin de continuer de faire pression sur un ministère et un gouvernement qui décidément ne veut pas les entendre.

Un Grenelle en forme de mascarade

jeu, 03/12/2020 - 09:53

Quel est le point commun entre un rugbyman, une policière, un DRH d’un groupe privé, un psychiatre des armées ou encore une professeure de sciences des gestions ? Et bien ils sont tous allés à l’école… Et cela leur confère une certaine autorité qui leur permet de mener des ateliers du soi-disant « grenelle » de l’éducation qui a démarré au mois d’octobre et qui devrait se poursuivre jusqu’en février, sur la revalorisation des enseignants, leur formation ou la pédagogie de l’éducation civique… 

Cela donne une petite idée de la méthode choisie par l’actuel locataire de la rue de Grenelle pour « poser la question de quels professeurs au XXIe siècle ? ». Ainsi on n’a trouvé autour de la table ni sociologue, ni spécialiste des sciences de l’éducation ou de la formation des enseignantes et des enseignants. Et du côté de la représentation syndicale ? Les possibilités d’entrer dans les salles de visio conférence ont été données au compte-goutte, indiquant ainsi clairement que les personnels des écoles n’avaient pas leur place dans ces discussions. 

Finalement ce « grenelle » ne sert qu’à justifier une évolution du métier d'enseignant telle que voulue par le ministre et lourde de menaces sur les statuts et les conditions de travail des personnels.

Aussi c’est logiquement que la FSU, première fédération syndicale de l’Éducation et ses syndicats dont le SNUipp ont décidé de quitter les salles. Il n’était clairement plus possible de laisser croire que les personnels étaient ainsi représentés dans une telle mascarade de consultation.

Le communiqué  La FSU quitte le Grenelle de l'éducation 

La participation de la FSU aux ateliers de Grenelle se solde par le constat de l'impossibilité de faire avancer des propositions du fait même du dispositif choisi : il n'était pas question d'une concertation, mais bien d'une opération de communication sur des visions déjà arrêtées et peu ouvertes au dialogue. La parole des personnels au travers de celle de leurs représentants syndicaux est peu écoutée, submergée par celles "d'experts" soigneusement choisis par le ministère, dont certains n'ont pour seule expérience de l'école que de l'avoir fréquentée durant leur jeunesse, assurés pourtant de détenir les solutions malgré leur méconnaissance évidente du système scolaire et de ses réalités.

Le colloque du 1er décembre a offert une démonstration inquiétante de partialité et d’absence du « regard croisé » annoncé par le ministère. Dans une période où la confiance des enseignant-es à l’égard du ministère est largement éprouvée, comme l’a à nouveau montré l’enquête d’opinion IPSOS-FSU, le Grenelle de l’éducation con- tinue à creuser l’écart entre les intentions ministérielles et les attentes réelles des personnels, tant sur le plan du métier que sur celui des rémunérations.

C'est pourquoi la FSU et ses syndicats nationaux ont décidé de quitter ces discussions.

Les Lilas, le 03 décembre 2020

Education prioritaire : quel avenir ?

jeu, 03/12/2020 - 09:30

Dans la droite ligne des propositions du rapport Azéma Mathiot, la rue de Grenelle expérimente un nouveau pilotage des établissements classés REP dans trois académies : Lille, Marseille et Nantes. La carte des REP sera remplacée par des « contrats d’accompagnement locaux », d’une durée de 3 ans, conclus au sein de chaque unité éducative (école, collège, lycée professionnel, général et technologique voire même des établissement privé). Une allocation progressive de moyens sera définie en fonction de critères nationaux (indice de position sociale et indicateurs économiques) et de « critères locaux d’accompagnement» contenant des objectifs pédagogiques et d’accompagnement des personnels. Parallèlement, le label REP+ perdurera et les cités éducatives devraient se développer. Dans le cadre du dispositif d’aide aux devoirs seront aussi créés des « bureaux d’aide rapide » conçus pour permettre une aide aux devoirs à distance.

Une rupture annoncée

Loin de répondre aux demandes de plus de moyens consacrés à l’éducation prioritaire, ces annonces remettent en cause 40 ans de politique nationale priorisant les ghettos urbains. Les effets de seuil ou les disparités entre les territoires urbains et ruraux sont utilisés pour diluer les problématiques spécifiques de l’EP. Sous couvert de prendre en compte « les écoles orphelines » et certains lycées, l’organisation en réseaux disparaitrait au profit de contractualisations locales. Il s’agit là d’une rupture totale qui risque de mettre en concurrence les différents territoires au détriment de ceux fortement touchés par les inégalités. Sans compter que l’attribution de moyens de manière « progressive » sera conditionnée à des engagements de résultats. Une conception de l’éducation prioritaire qui renvoie à un pilotage par les évaluations et fait craindre un renforcement du contrôle des pratiques enseignantes.

Le SNUipp-FSU invite la profession à participer aux Etats généraux de l’éducation prioritaire de la FSU organisés dans les départements puis au niveau national le 28 janvier 2021

Revoir les craintes de Jean-Pierre Rochex exprimées lors des universités virtuelles du SNUipp-FSU :

Anne Sylvestre, une double voie

mer, 02/12/2020 - 19:27

Pas forcément en haut de l’affiche médiatique, elle a parcouru le paysage musical de la chanson française dans une reconnaissance qu’elle ne percevait pas. Ne se sentant pas légitime, malgré ses 60 ans de carrière, elle disait de son bilan: «je remplis mes salles et quand quelqu’un dans la rue me dit "excusez-moi mais je vous aime", c’est merveilleux.» Elle berçait ou amusait les enfants avec ses « fabulettes », comme elle touchait et interpelait les adultes avec ses chansons tendres, drôles et engagées.

Les rescapés des Fabulettes

Ses chansons inscrites au patrimoine scolaire, au point que des écoles portent son nom, se sont fredonnées sur les lèvres d’enseignant·es ou d’anciens enfants à l’annonce de son décès. Ses contes musicaux pour enfants, ses galeries d’animaux ou de portraits remplissent les cours d’école depuis des décennies et ont accompagné nombre d’enfance. Anne sylvestre voulait ainsi « donner le goût de la liberté, le plaisir de chanter ». Elle dirait de beaucoup d’entre nous que nous avons au fond de nos mémoires une maison pleine de fenêtres, une tortue têtue ou un bateau même s’il n’était pas beau, que nous avons dans un coin de nos têtes des trucs pour avoir un bonbon et un amour pour la petite Josette. Un clin d’œil à ces enfants devenus grands qu’elle chante dans les « rescapés des Fabulettes » où elle annonce « Finalement quand j’y repense/ Nous voici quitte à présent/Si j’ai enchanté leur enfance/ La mienne était cachée dedans ».

Un refrain féministe

Au-delà des 18 volumes de « Fabulettes », Anne Sylvestre a également environ 400 titres pour adulte à son répertoire. A une époque où les femmes étaient interprètes de chansons écrites par des hommes, elle devient autrice et compositrice. Dans une écriture malicieuse, tendre et ironique, elle témoigne de morceaux de vie et donne la vision des femmes. Ses chansons sont poétiques et engagées. Connue particulièrement pour « j’aime les gens qui doutent », elle compose des chants humanistes, écologiques ou indignés.

De l'ironique "Faute à Eve" à la métaphorique, poignante et révoltée "Douce maison", sa carrière est jalonnée de nombreux chants résolument féministes. Nous retiendrons particulièrement la dénonciation du poids de la misogynie ("Une sorcière comme les autres") ou de la charge mentale ("Clémence en vacances"), les stéréotypes de genre ("La vaisselle"), les agressions sexistes ou sexuelles ("juste une femme"). En mémoire aussi, son appel à la sororité dans «Frangines » ou « Petit bonhomme », et enfin « Non, tu n’as pas de nom », une apostrophe au libre choix des femmes, devenu un hymne du planning familial. 
"Oui je suis féministe. Je suis une femme qui écrit des chansons et quand j’ai une conviction ou une indignation, il est normal et fatal que cela fasse une chanson." confiait-elle dans un entretien donné à Fenêtres sur Cours en 2014. "La dignité des femmes est souvent oubliée dans des petites remarques, des histoires drôles, des gauloiseries. Ce n’est pas grave dit-on, c’était pour rire !"
Anne Sylvestre, en avant-garde, avait choisi, non sans humour et avec un amour des mots, de ne pas taire ses indignations. 

Anne Sylvestre, une artiste à chanter et redécouvrir. 

Se syndiquer : une nécessité plus que jamais !

mer, 02/12/2020 - 17:48
  • Parce qu’on fait confiance aux représentant·es du SNUipp-FSU pour nous informer, nous aider et nous défendre.
  • Parce que le SNUipp-FSU a été attentif à votre situation, vous a donné une info, un conseil et que d’autres en auront besoin aussi demain.
  • Pour échanger, réfléchir sur le métier et le faire avancer collectivement.
  • Pour ne pas rester isolé·e.
  • Parce qu’on a envie de bien faire son travail, d’être respecté-e en tant que profesionnel·le.
  • Pour changer l’école et la société.

Autant de raisons de se syndiquer !

Dans un contexte inédit de crise sanitaire, le SNUipp-FSU continue de garder le lien avec les stagiaires, permet des rencontres distancielles ou présentielles afin de permettre à toutes et tous de s'inscrire dans un dynamique collective d'échange et d'élaboration de revendications.

Porter la parole des personnels des écoles, le SNUipp-FSU le fait dans ses interventions auprès des administrations ou en dénonçant le discrédit du ministre ou la mascarade du "Grenelle".
Se syndiquer c'est renforcer le SNUipp-FSU pour permettre de construire les actions nécessaires et les mobilisations à venir !

Pour se syndiquer, cliquez ICI !

Carton plein pour les universités en ligne !

sam, 28/11/2020 - 21:44

Le SNUipp-FSU a organisé du 24 au 26 novembre sa première Université en ligne, l’occasion pour le syndicat d’inviter chercheuses, chercheurs, enseignantes et enseignants à réfléchir ensemble aux vrais enjeux de l’école. Alors que se déroule en ce moment un Grenelle de l’éducation dans lequel ni la diversité de la recherche, ni les praticiennes et praticiens qui font vivre l’école au quotidien, ne sont représentés, l’événement a rencontré un véritable succès.

Près de 1 000 personnes inscrites sur le webinaire tandis que sur les réseaux sociaux le nombre de vues était encore plus élevé : jusqu’à 8 000 pour l’intervention de Philippe Meirieu.

Cette manifestation qui s’ajoute aux événements organisés par le SNUipp-FSU dans les départements et à ses publications spéciales, a suscité un vif intérêt, intérêt qui n’est pas sans lien avec cette période particulière ouverte par la Covid 19, et la mise en lumière exacerbée des faiblesses du système éducatif français.

Ce dernier est particulièrement marqué par les inégalités scolaires corrélées aux inégalités sociales. Ignorant l’expertise des enseignantes et enseignants, la politique éducative menée par Jean-Michel Blanquer ne fait qu’aggraver les choses. On ne peut enseigner en étant mené à la baguette. Enseigner est un métier qui s’apprend, qui se nourrit des expériences pédagogiques et des apports de la recherche. C’est précisément à ce besoin que répond l’Université d’automne confrontant chercheuses et chercheurs aux pratiques des PE dans la classe et l’école.

Pour permettre la démocratisation de la réussite scolaire c’est une tout autre démarche que celle engagée par le ministre qu’il convient de suivre, en apportant des réponses aux bonnes questions. En quoi la liberté pédagogique et la professionnalité enseignante renforcées participent-elles de la lutte contre les inégalités scolaires et de la construction d’une culture commune ? Comment inscrire l’école dans une transition écologique rendue encore plus urgente par la crise sanitaire ? Comment l’école peut-elle participer à plus d’égalité hommes-femmes ? Cette Université confinée avec une dizaine d’intervenants et cinq conférences ou tables rondes aura eu le mérite d’apporter de quoi alimenter la réflexion des PE personnels enseignants des écoles. Loin du « Grenelle » de l’éducation qui organise une pseudo-concertation dans laquelle les professionnels de l’éducation comptent pour du beurre, il était important pour le SNUipp-FSU d’éclairer avec son événement en ligne, « les vrais enjeux de l’école ».

Visionner les conférences enregistrées

Rémi Brissiaud : un chercheur qui a compté

sam, 28/11/2020 - 17:53

Jusqu’au bout de sa vie malgré la maladie qui l’affaiblissait, Rémi Brissiaud aura fait entendre sa voix pour défendre un enseignement des mathématiques précoce et cohérent, aussi ludique et attractif pour les élèves que rigoureux dans les concepts. Très bon connaisseur du terrain et des pratiques, Rémi a toujours été un allié précieux du SNUipp-FSU pour combattre des programmes scolaires directement issus des laboratoires ou pour débattre et échanger avec la profession lors des nombreux colloques et universités d’automne auxquels nous l’invitions régulièrement. 

Qui a eu la chance de le côtoyer à ces occasions gardera immanquablement en mémoire son œil vif et pétillant, sa moustache qui frisait quand il ferraillait contre les ravages du comptage-numérotage ou décryptait les mérites de l’enseignement de la décomposition /recomposition des nombres. 

Picbille et les Noums, ses créatures, sont donc aujourd’hui orphelins, mais nul doute que Rémi Brissiaud aura transmis à nombre d’enseignantes et enseignants sa passion contagieuse pour la didactique des mathématiques et l’envie d’enseigner de façon réflexive et efficace cette discipline essentielle.

En 2018, aux universités d'automne, il avait animé une conférence qui restera longtemps dans les mémoires des participants. Rémi avait accepté d'être filmé en Facebook live et c'est un grand moment qu'il nous a laissé à voir. 

Ces universités d'automne avaient également donné lieu à un numéro spécial dans lequel un dossier était consacré à l'enseignement des mathématiques avec une interview de celui qui restera à tout jamais quelqu'un qui a beaucoup compté. 

Marcher pour les libertés partout en France

ven, 27/11/2020 - 17:50
  1. Les lieux des manifestations
  2. Le communiqué de la FSU

Des manifestations sont organisées partout en France samedi 28/11 pour exiger le retrait du projet de loi portant sur « la loi de sécurité globale »

Les lieux des manifestations  #

➡️ GRENOBLE, 26/11, 18h, Place de Verdun

➡️ QUIMPER, 26/11, 18h, Place Saint Corentin

➡️ TOULOUSE, 26/11, 18H, Monument aux combattants

➡️ NANTES, 27/11, 17h, Préfecture

➡️ SAINT-NAZAIRE, 27/11, 17h, Place de l'Amérique latine

➡️ LA ROCHE SUR YON, 27/11, 17h30, Place de la Préfecture

➡️ BESANCON, 27/11, 18h, Place Pasteur

➡️ FOIX, 28/11, 10h, Préfecture

➡️ POUZAC, 28/11, 10h, rond point intermarché

➡️ PAU, 28/11, 10h (?), Place de Verdun

➡️ FOUGERES, 28/11, 11h, place gambetta


➡️ MONTIGNY LE BRETONNEUX, 28/11, 11h, Théâtre de SAint Quentin en Yvelines

➡️ BRIVE LA GAILLARD, 28/11, 11h, Sous préfecture

➡️ LILLE, 28/11, 11h, place de la République

➡️ CLERMONT FERRAND, 28/11, 11h, Préfecture

➡️ LA REOLE, 28/11, 11h, quais de Garonne

➡️ LIMOGES, 28/11, 11h, Préfecture

➡️ MONTPELLIER, 28/11, 11h, PLace Georges Freche

➡️ RENNES, 28/11, 11h, Place de la République

➡️ BERLIN, 28/11, 11h, Ambassade de France

➡️ STRASBOURG, 28/11, 11h30, Place de la République

➡️NIORT, 28/11, 11h30, parvis des Droits de l'Homme

➡️PARIS, 28/11, 14h, Place de la République

➡️ LA HAYE, 14h, Ambassade de France

➡️ AVIGNON, 28/11, 14h, Allé de l'Oulle

➡️ MONTBELIARD, 28/11h, 14h, rue des febvres

➡️ GAP, 28/11, 14h, Préfecture

➡️ CHERBOURG-EN-COTENTIN, 28/11, 14h, place du général de gaulle

➡️ VITRE, 28/11, 14h, Place Général de Gaulle

➡️ ORLEANS, 28/11, 14h, Place de gaulle

➡️ LYON, 28/11, 14h, Place des terreaux

➡️ BORDEAUX, 28/11, 14h, place de la bourse

➡️ METZ, 28/11, 14h, Place de la République

➡️ NIMES, 28/11, 14h, Préfecture

➡️ ANNECY, 28/11, 14h, au paquier

➡️ GRENOBLE, 28/11, 14h, Place de Verdun

➡️ MARSEILLE, 28/11, 14h30, vieux port

➡️ CHAMBERY, 28/11, 14h30, place du palais de justice

➡️ CARCASSONNE, 28/11, 14h30, place des Jacobins

➡️ VALENCE, 28/11, 14h30, Fontaine monumentale

➡️ CAEN, 28/11, 14h30, place de la république

➡️ REIMS, 28/11, 14h30, Square Colbert

➡️ NANCY, 28/11, 14h30, Place Maginot

➡️ ANGERS, 28/11, 14h30, place du ralliement

➡️ SAUMUR, 28/11, 14h30, rue Franklin Roosevelt

➡️BEZIERS, 28/11, 14h30, sous préfecture

➡️ DREUX, 28/11, 14h30, Square de la république

➡️ SAINT-ETIENNE, 28/11, 15h, Place Jean Jaures

➡️CHATEAUROUX, 28/11, 15h, Place de la république

➡️ MORLAIX, 28/11, 15h, Place des Otages

➡️ TOURS, 28/11, 15h, place Jean Jaures

➡️ VICHY, 28/11, 15h, Place de la Poste

➡️ VANNES, 28/11, 15h, Le port

➡️ SAINT-MALO, 28/11, 15h00, Esplanade Saint-Vincent

➡️ CHERBOURG, 28/11, 15h, Place de la république

➡️ POITIERS, 28/11, 15h, Place maréchal leclerc

➡️ LORIENT, 28/11, 15h, Grand Theatre

➡️ BREST, 28/11, 15h, Place de la Liberté

➡️ BLOIS, 28/11, 15h, Préfecture

➡️ ROUEN, 28/11, 15h30, Palais de Justice

Le communiqué de la FSU # La FSU appelle à manifester samedi 28 novembre contre la loi de sécurité globale

#

De nouvelles images choquantes et inacceptables de violences policières à l’encontre d’un producteur de musique et d’une partie de son équipe provoquent une indignation légitime et une colère bien compréhensible. La FSU tient à apporter son soutien aux victimes de ces violences et demande, non seulement, que toute la vérité soit établie mais que des sanctions soient prise. Cette nouvelle affaire doit enfin amener un profond changement dans la politique de sécurité du Gouvernement mais aussi dans la doctrine de maintien de l’ordre du Préfet de police de Paris. Nous exigeons une police républicaine au service de la population.

Cette affaire renforce la détermination de la FSU à lutter contre la loi dite de sécurité globale qui favoriserait, à l'inverse de son intitulé, une aggravation, non seulement du climat sécuritaire qu'a installé le gouvernement mais également des violences perpétrées par des policiers. La FSU porte l’exigence d’une police démocratique et une doctrine du maintien de l’ordre respectueuse des libertés publiques. Le projet de loi « sécurité globale » qui marque une dérive autoritaire inquiétante et inacceptable doit être retiré.Les Lilas, le 16 novembre 2020

Les Lilas, le 27 novembre 2020

Ministre de l’Éducation Nationale : le discrédit est total

ven, 27/11/2020 - 17:43
La Tribune 

Plus il félicite les enseignant·es pour leur engagement et moins ils et elles y croient. Ses vidéos leur sont devenues insupportables. L’empathie médiatisée n’est que de façade. Le double langage est de mise. Rarement ministre aura connu un tel discrédit chez les professeurs et l’ensemble des agent-es de l'éducation nationale. Le silence répété sur les personnels non enseignants (vie scolaire, PsyEN, personnels de santé et de service social, AESH, administratifs, techniques, territoriaux...) est vécu comme une forme de mépris.
Dès 2017, il se lance dans son grand projet de façonner l’éducation nationale à son idée. Quel qu’en soit le prix ! En s’appuyant opportunément sur une partie des recherches en neurosciences, le ministre façonne une école qui deviendrait un lieu où le destin de chaque élève serait fixé dès le cours préparatoire. Cette conception mécaniste des apprentissages nuit à la réussite scolaire des enfants des familles populaires, et s’appuie sur des évaluations nationales dont le rôle est de faciliter un pilotage vertical du système et de justifier a posteriori ce tri social.

La prétendue «&nbspjustice sociale&nbsp» du ministre fige en réalité les inégalités, voire les renforce. Bienheureux les chanceux bien nés ! Le ministre empile les réformes vécues comme autant de renonciations aux missions premières de l’école : dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire au détriment des enseignant-es surnuméraires, mise en œuvre de Parcoursup qui amplifie les mécanismes de discrimination sociale et scolaire après le baccalauréat, dont il minimise le caractère national pour instaurer l’évaluation permanente des élèves (E3C, enseignements de spécialité), réforme de l’enseignement professionnel, qui retire toute perspective de poursuite d’études aux élèves qui en sont issus en mettant en œuvre une véritable dérégulation de l'offre de formation et une déprofessionnalisation des diplômes, réforme des programmes, démantèlement programmé de l’éducation prioritaire... Tout confirme le retour à l’élitisme : la réussite selon le ministre n’est décidément pas pour tous les élèves.

Jamais ministre n’aura été aussi injonctif. Circulaires et guides formalisent la vision pédagogique ministérielle qui tient avant tout en un retour à des fondamentaux étriqués «&nbsplire, écrire, compter, respecter autrui&nbsp» tournant le dos à la construction d’une ambitieuse culture commune. La priorité au primaire est également à double face : d’un côté des moyens qui de toutes façons étaient nécessaires mais restent largement insuffisants et sont ponctionnés sur le second degré ; de l’autre la satisfaction de sa vision passéiste de l’école symbolisée par le retour à la méthode syllabique et la mise en place autoritaire d’un contrôle vertical du travail des enseignant-es. Le ministre fait fi de l'expertise professionnelle des enseignant-es. La classe devient le lieu de l'individualisation des apprentissages. Quel déni du travail quotidien des enseignant-es qui s’évertuent à construire des citoyen·nes éclairé·es et intelligent·es capables de comprendre et d’agir sur le monde et des personnels non enseignants qui y contribuent.

Les réformes sont mises en œuvre à marche forcée. Les voix critiques sont étouffées (création d’un conseil scientifique «&nbspsur mesure&nbsp» pour limiter les apports des sciences sociales et humaines, renvoi du CNESCO vers le CNAM, minimisation du rôle du CSP et création du Conseil d’évaluation de l’école...) ou enfermées dans un dialogue social de sourd.

La gestion de la crise sanitaire avec les mensonges sur les masques, les protocoles inapplicables, l’information parcimonieuse et trop tardive, le manque d’anticipation, le déni sur les chiffres de contamination des personnels et élèves... Sa communication faite d’aplomb et d’arrogance a fini de retirer au ministre de l’éducation nationale le peu de crédit qui lui restait. Ce ministre pense une école qu’il ne connaît pas. Quand on critique ses réformes, c’est lui que l’on critique.

Les tergiversations concernant l’hommage à Samuel Paty, qu’il a finalement saboté, ont été scandaleuses et ont marqué les esprits.
Jusqu’à présent, le ministre se sentait protégé, inattaquable, ses dérives et les effets néfastes de sa politique éducative étant difficilement perceptibles par l’opinion publique.

En créant de toute pièce un syndicat lycéen parce que sa réforme du bac était très contestée sur le terrain ; il a voulu faire taire ses contradicteurs. Toute la lumière devra être faite rapidement sur cette affaire et une enquête indépendante devra être menée.

En tout état de cause, cela révèle au grand jour ce qui est une évidence à l’interne. Si l’école tient encore c’est parce que les personnels font front et qu’ils et elles portent à bout de bras le service public d’éducation grâce à leur conscience professionnelle et à leur volonté de faire réussir tous les élèves.
Face à ce discrédit fort dans l’ensemble de la communauté éducative, la FSU interroge publiquement la crédibilité du ministre actuel à continuer d’être l’interlocuteur des personnels et à conduire une autre politique éducative.

Les Lilas, le 26 novembre 2020

Direction d’école : bien loin des besoins

ven, 27/11/2020 - 16:24

Après une longue interruption avant les vacances d’automne et les annonces du ministre, un groupe de travail s’est tenu mardi 24 novembre avec l'ensemble des organisations syndicales pour envisager leur traduction concrète.

Sur les décharges 

Quatre propositions ont été amenées par le ministère pour décliner les propos du ministre dans le cadre budgétaire contraint qu'il donne. Cette traduction restera très virtuelle pour la majeure partie des 44 500 écoles avec l’octroi de seulement 600 postes pour les décharges de direction, soit 5% des moyens qui y sont actuellement consacrés. En parallèle, le ministre annonce la sanctuarisation des 900 postes actuellement “consommés” par les décharges aux petites écoles, avouant au passage que jusqu’à présent elles pouvaient être utilisées à d’autres fins. Dans les scénarios proposés certains n'accordent plus une priorité aux petites écoles, ce qui faisait pourtant consensus lors du précédent groupe de travail. Les décharges supplémentaires pourraient ainsi être attribués à telle ou telle catégorie d’école mais elles ne conduiraient qu’à une amélioration « à la marge » et pour une seule partie d’entre elles. Toute amélioration, même minime, pour une catégorie obère toute possibilité d’avancées pour les autres au vu de l’enveloppe insuffisante.

  • Hypothèse 1 : supprimant la distinction maternelle / élémentaire actant l'augmentation de décharge pour les petites écoles et l'une des mesures suivantes : 
    - 1/3 de décharge pour les écoles de 7 classes : 250 ETP
    - Quotité de 1/2 décharge pour toutes les écoles de 9 classes : 256 ETP - décharge totale pour toutes les écoles de 13 classes: 180 ETP
  • Hypothèse 2 :
    - 1/8ème de décharge pour les écoles de 3 classes,  - ajout de 2 jours pour les écoles de 1 et 2 classes, qui conduirait à une décharge respective de 6 jours /an et 12 jours /an,- Il resterait alors 138 ETP à répartir pour toutes les autres écoles…
  • Hypothèse 3 : augmenter toutes les décharges de direction 
    - Augmenter les décharges des écoles de 1, 2 et 3 classes de 2 jours, afin d’atteindre respectivement 6 jours et 12 jours par an.
    - Les 353 ETP restants seraient alloués aux autres écoles, sans définir comment.
  • Autre proposition : Améliorer les décharges des petites écoles et allouer les ETP restants pour valoriser la gestion d’ULIS et/ou de PIAL

Si le passage à 1/8ème de décharge des écoles de 3 classes, soit une journée de décharge toutes les deux semaines, constitue une avancée, dans la seule hypothèse 2, elle est bien maigre et reste encore à l’état de proposition avant le prochain groupe de travail. Par manque de volonté politique, le ministère acte peu d’avancées pour la direction d’école en n’accordant pas plus de temps de décharge à l’ensemble des directeurs et des directrices.

Sur la revalorisation de la fonction

Le ministère fait encore et toujours le choix de mesures indemnitaires au détriment de bonifications indiciaires. Il propose plusieurs scénarios pour affecter l’enveloppe globale de 21 millions d’euros, la pérennisation de l’indemnité exceptionnelle de rentrée de 450€ versée cette année ou une attribution en fonction du nombre de classes favorisant ainsi les plus grosses écoles. Ces derniers scénarios reviendraient à une forme de « troc », pas de décharges supplémentaires faute de moyens budgétés mais davantage d’indemnitaire en échange. A l’inverse des besoins pourtant exprimés à plusieurs reprises par les directrices et directeurs, dans le sondage ministériel comme les réunions syndicales, sur leur besoin de temps et d’aide humaine au fonctionnement de l’école.

Les moyens dégagés actuellement par le ministère ne sont pas à la hauteur des enjeux de la direction et du fonctionnement de l’école, qui plus est dans un contexte exceptionnel qui nécessiterait des mesures exceptionnelles.
Par ailleurs, dans le cadre d’un plan d’urgence pour l’école, il s’agit de budgéter et d’acter toute une série de mesures répondant aux besoins des écoles : allègement réel des tâches, aide statutaire formée au fonctionnement de l’école, augmentation des temps de décharge de toutes les écoles, pas d’école sans décharge hebdomadaire, et une nécessaire revalorisation.

Rien pour les AESH !

jeu, 26/11/2020 - 10:01
le courrier au ministre 

Monsieur le ministre, 

Vous avez réuni, lundi 16 novembre, les organisations syndicales représentatives au ministère de l'Éducation nationale pour présenter les mesures de revalorisation pour 2021.
Malgré les sollicitations de nos organisations syndicales, vous n’avez pas eu un mot pour les AESH. Pourtant, la revalorisation de leur métier était une promesse faite en février, lors de l’installation du comité consultatif des AESH.
La dernière réunion qui devait porter sur le temps de travail et la rémunération a été reportée sine die car vous aviez "besoin d'attendre des arbitrages". 

Pourtant, avec le premier ministre et la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, vous avez réaffirmé, à l'occasion du comité interministériel du handicap, le même jour, que "le handicap est une priorité du quinquennat". Cette annonce, n’est pas en adéquation avec la réalité des décisions que vous avez prises. Vous devez honorer vos engagements pour les AESH, acteurs primordiaux de l’École inclusive. 

De plus, le métier d'AESH est majoritairement exercé par des femmes et l'accord sur l'égalité professionnelle vous engage à revaloriser les métiers dit féminins. 

Nous vous demandons donc, monsieur le ministre, de présenter des mesures salariales urgentes pour les AESH et d'engager sans tarder la reconnaissance statutaire du métier d'AESH. 

Paris, le 19 novembre 2020 

Benoit Teste, Secrétaire Général de la FSU
Stéphane Crochet, Secrétaire Général du SE-UNSA
Clément Poullet, Secrétaire Général de la FNEC-FP-FO
Catherine Nave- Bekhti, Secrétaire Générale de la fédération des SGEN-CFDT
Patrick Désiré, Secrétaire Général de la CGT- Educ’action
Jean-Rémi Girarg, Président national du SNALC
Fatna Seghrouchni, commission exécutive Fédération SUD-éducation 

Copie à :
• M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation
• Mme la ministre de la mer

Non à la répression des enfants !

mer, 25/11/2020 - 09:13
Le Communiqué commun Non à la répression des enfants !
Oui à la protection et à l’éducation !

Quatre enfants âgés de 10 ans ont été interpelés jeudi 5 novembre 2020, soupçonnés d’avoir tenu des propos « violents » et « inquiétants » lors de l’hommage rendu dans leur classe à Samuel Paty. Ils ont été retenus pendant neuf heures au commissariat d’Albertville. Ailleurs, à Strasbourg, deux enfants de 12 ans sont visés par une enquête pénale.

Ces actions interrogent profondément sur leurs sens et leur portée éducative à l’égard de ces enfants subissant un traitement particulièrement violent et traumatisant. Ainsi le fait de garder des enfants de 10 ans (voire moins) en retenue au poste de police pendant une journée est purement scandaleux et inacceptable...
Que dire encore de l’intervention des policiers au petit matin chez une famille, pour chercher une enfant de 10 ans et l’interroger pendant 9 heures pour des propos aussi choquants soient-ils, prononcés en classe ?

Il ne fait aucun doute que les propos tenus doivent être désapprouvés et repris dans le cadre d’un travail éducatif et pédagogique. Mais, face à des mots d’enfants, l’institution et les forces de police ont dérapé, utilisant des moyens et des procédures proches de celles réservées aux adultes et sans tenir compte des spécificités inhérentes à leur âge, de leur impossibilité à penser l’impensable et à se projeter dans une mécanique judiciaire qui leur reste incompréhensible.

En effet, comment imaginer qu’un enfant, dont la maturité psychique est en construction, puisse faire preuve de suffisamment de discernement face à une situation aussi déstabilisante et complexe ? Une approche spécialisée et éducative, toujours prévue dans la loi, aurait dû être enclenchée car elle est la mieux à même de mesurer à quel point cet enfant a ou non conscience de ses propos et dans quel contexte familial, sociétal, ils sont prononcés.
Aujourd’hui nous faisons le constat que l'esprit de la justice pénale des mineurs en France et marqué par un alignement sur celle des majeurs ; cela va à l’encontre de tous les principes Constitutionnels énoncés par l'ordonnance du 2 février 1945 sur l'enfance délinquante, qui priorise l'éducation sur celui de la répression. Mais ces interpellations s’inscrivent pleinement dans les préceptes du Code de Justice Pénale des Mineurs, qui entrerait en vigueur le 31 mars 2021, pour laisser toute la place à toujours plus de contrôle et de répression à l’encontre des enfants, nos enfants, vos enfants !

Par ailleurs, le projet de code de la justice pénale des mineurs qui doit être présenté par une procédure rapide au Parlement début décembre ne met pas fin à de tels procédés et maintient d’ailleurs l’existence de la retenue d’ enfants de moins de treize ans. Plus largement, il délaisse l’éducatif au profit de mesures expéditives et plus coercitives éludant ainsi la dimension spécialisée que cette justice doit avoir à l’égard des enfants.

Nos organisations défendent le principe d’éducation et de protection de tous les enfants, particulièrement dans ce genre de situations où seule la pédagogie est à même de faire comprendre à ces jeunes enfants la portée de leurs propos et de faire œuvre de prévention.
Dans ce contexte de commémoration des droits de l’enfant, il nous semble important de  rappeler que face à ces comportements ou propos l’ensemble des citoyens et des enseignant-es, éducateur-trices, travailleur-ses sociaux-ales, mouvements d’éducation populaire… doivent pouvoir continuer à: - prioriser et maintenir une réponse éducative d’échange, de discussion quel que soit l’âge  de ces enfants afin de déconstruire de tels propos, - refuser la répression pénale des jeunes enfants, au travers de la fixation réelle d’un seuil  d’irresponsabilité pénale qui pourrait être, au regard des exemples de nos voisins européens,  de 14 ans.

L’éducation et le respect des principes de la Convention Internationale des Droits de l’enfant doivent s’appliquer en France.

Défense des Enfants International France, FSU, FCPE, CGT, Ligue des droits de l'homme, SNPES, SNUipp , Solidaires, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la Magistrature.

Mobilisé·es contre les violences sexistes et sexuelles

mer, 25/11/2020 - 07:48

85 féminicides depuis le 1er janvier 2020, 225 000 femmes victimes de violences conjugales et 94 0000 viols (1 toutes les 6 mn) par an. 9 femmes sur 10 qui ont déjà ressenti une pression de leur partenaire pour avoir un rapport sexuel2 32%3 des femmes ont déjà subi du harcèlement sexuel au travail et 80% des femmes estiment qu'elles sont régulièrement confrontées à des comportements sexistes au travail.
C’est l’état des lieux bref mais très parlant des violences faites aux femmes dans notre société.

Alors que le 23 novembre 2019, la manifestation nationale contre les violences sexistes et sexuelles à l’appel de Nous Toutes et d’autres organisations, dont le SNUipp et la FSU, avait réuni plus de 100 000 manifestant-es à Paris (150 000 dans toute la France), les mobilisations prévues les 21 et 25 novembre prennent une dimension particulière du fait de la crise sanitaire.

La crise sanitaire, économique et sociale a en effet joué un rôle révélateur de tous les manquements d’une société dont le modèle est dépassé mais aussi de son caractère éminemment sexiste. Les femmes ont été et continuent d’être en 1ère ligne de la gestion de cette crise car surreprésentées dans les métiers du care. Pour autant elles sont sous-payées au regard de la forte utilité sociale des métiers qu’elles occupent. 

Mais elles sont surtout les premières victimes de cette crise. Dans les statistiques de la pauvreté, un tiers des ménages pauvres sont des familles monoparentales constituées à 85 % de mères célibataires. Elles sont surreprésentées dans les emplois précaires qui dans la période actuelle sont supprimés les premiers. Le taux de chômage des femmes dans la zone euros augmenté entre août et septembre (8,9% contre 8,8%) alors que celui des hommes a baissé 0.1% (7,8%). Pour finir ce tableau édifiant, les femmes représentent environ trois quarts des bas salaires 1 et travaillent gratuitement depuis le 4 novembre dernier.

D’importants progrès restent à faire en matière d’égalité femmes/hommes, à commencer dans notre sphère professionnelle où les écarts de rémunération persistent et où l’accord égalité professionnelle peine à se mettre en place. Mais aussi dans la lutte pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles qui touchent toutes les couches de la société. Il est plus que temps que cela change.

Pourvoir aux besoins... mais pas comme ça !

mar, 24/11/2020 - 12:39
Communiqué de presse Pourvoir aux besoins des écoles... mais pas comme ça !

Le ministère recrute des milliers de contractuels pour pallier aux besoins dans les écoles. Enfin, il reconnait la nécessité de recruter des personnels dans les écoles mais en embauchant des contractuels, il ne fait pas le bon choix alors que d’autres alternatives sont possibles.

 En effet, ce choix du ministère renforce la précarité et nie l'importance de la professionnalité des enseignantes et enseignants, surtout en période de crise pandémique. Depuis des mois, le SNUipp-FSU alerte sur l’urgence et la nécessité de recruter des PE pour faire face à la crise sanitaire.

Dès le mois de juillet, le SNUipp-FSU proposait le recrutement des 1500 candidates et candidats inscrits sur les listes complémentaires du dernier concours de PE. De même, il était, et reste toujours, possible d’abonder le nombre de recrutés de cette manière en convoquant une nouvelle délibération des jurys. Enfin, à moyen terme, une dernière possibilité existe : organiser un concours exceptionnel de recrutement.
Dans ces trois cas de figure, les enseignantes et enseignants recrutés seront directement affectés sur les réels besoins existants dans les écoles tout en bénéficiant d’une formation et d’une titularisation par la suite.

Mais le ministère préfère recourir à des personnels contractuels dont l’embauche prendrait fin au plus tard au début des prochaines vacances d’hiver. Le SNUipp-FSU exige que les personnels contractuels recrutés soient prolongés jusqu’à la fin de l’année scolaire, qu’ils puissent passer un concours réservé leur donnant la possibilité d’être titularisés et bénéficier ensuite d’une formation initiale de qualité.

L’Education Nationale se doit d’offrir une véritable insertion professionnelle à celles et ceux qui vont s’investir auprès des élèves et pour le service public d'éducation.
 L’école, actuellement sous-dotée, ne peut, au quotidien, faire face aux inégalités scolaires et encore moins à cette situation de crise liée à la Covid. Pour cela, elle doit bénéficier de moyens pérennes se traduisant dans des mesures budgétaires ambitieuses.

Paris, le 23 novembre 2020