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SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 37 min 17 sec

Évaluations CP : nouvelle année, même recette

ven, 17/01/2020 - 09:32

Pour mener leur enquête, les inspecteurs généraux se sont déplacés dans 43 écoles choisies par les DASEN des départements concernés, ce qui oblige les rapporteurs à prévenir que cela ne constitue pas un échantillon représentatif. Et malgré le choix des écoles, qu’on imagine volontiers triées sur le volet, un tiers tout de même des personnels interrogés ont marqué leur indifférence vis-à-vis de cet outil aux inspecteurs de la rue de Grenelle. Et quand ceux-ci, voient dans la disparition des « évaluations maisons » de début d’année une évolution positive, on pourrait tout au contraire y voir la traduction concrète de la dépossession de la professionnalité des équipes au service d’un outil qui ne sert finalement que la communication ministérielle. Car si 2/3 des enseignantes et enseignants visités disent adhérer aux évaluations, ils sont tout autant à ne pas savoir qu’en faire.

Teaching to the test

Ces évaluations, le ministère souhaite les utiliser pour repenser les enseignements du cycle 1 et 2. Une volonté de pilotage des apprentissages par les évaluations que d’autres pays ont déjà essayé. Cette dérive, bien connue sous le nom de « Teaching to the test » consiste à prioriser les enseignements sur ce qui est évalué dans les tests standardisés. Ce recentrage sur les compétences instrumentales dites « fondamentales » ne permet pas, bien au contraire de lutter contre les inégalités sociales de destin scolaire. Une dérive que le SNUipp-FSU ne cessera de dénoncer et qui l'amène à soutenir toutes les actions menées par les équipes contre cette dé-professionnalisation du métier. 

Un observatoire du métier

Aussi, le syndicat propose-t-il à tous les enseignants et les enseignantes de se saisir de l’observatoire du métier qu’il a mis en place en novembre dernier, pour témoigner de ce qui fait le quotidien du métier. Les empêchements, les injonctions, mais aussi à l’inverse toutes les trouvailles, réussites et projets d’équipe qui permettent de continuer à trouver du sens et à tout mettre en œuvre pour conduire les élèves à progresser dans leurs apprentissages.

Une pétition pour sauver Canopé

jeu, 16/01/2020 - 19:50

En décembre dernier, le ministère annonçait une réorganisation des missions de Canopé.

Canopé, opérateur public sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, est l’un des principaux producteurs de ressources éducatives à l’intention des enseignants. Pourtant, la rue de Grenelle a décidé de le démanteler pour des raisons strictement budgétaires. L’édition papier, qui est l’une des principales missions de Canopé est vouée à disparaître dès janvier 2021. Mais ce n’est pas tout, cette baisse drastique des budgets se traduira par le démembrement sur tout le territoire du maillage de Canopé, en supprimant de nombreux postes au passage.

Le SNUipp, avec la FSU, est au côté des personnels dans leur lutte pour le maintien de Canopé et appelle à signer la pétition de soutien.

https://www.unepetition.fr

Et le 24, on remet ça !

jeu, 16/01/2020 - 17:24

Lancée depuis le 5 décembre dernier, avec plusieurs temps forts toutes ces dernières semaines, la mobilisation se poursuit contre une réforme des retraites injuste pour l’ensemble du monde du travail et tout particulièrement pour les enseignantes et les enseignants des écoles.
Les annonces d’un retrait « provisoire » de l’âge d’équilibre pour bénéficier d’une pension à taux plein ne trompent personne, pas plus que les promesses d’une revalorisation salariale pour les personnels enseignants dont on ne sait toujours pas à qui elle bénéficiera, pour quel montant, dans quels délais et en échange de quoi.
Et les 500 millions d’euros promis en 2021 par la rue de Grenelle, les dix milliards évoqués à l’horizon 2037, tout comme l’augmentation de quelques dizaines d’euros annoncée par le ministre pour les débuts de carrière, restent à concrétiser.

Trois journées d’action

Quoi qu’il en soit, les PE ont tout à perdre d'un nouveau calcul de leur pension effectué non plus à partir de leur salaire des six derniers mois d’activité, mais sur l’ensemble de leur carrière. Quoi qu’en dise la communication du gouvernement, les femmes, qui perçoivent déjà aujourd’hui une pension inférieure à celle de leurs collègues masculins et constituent la grande majorité de la profession, seraient encore plus pénalisées par ces nouvelles dispositions.
Enfin, avec cette réforme, l’âge de départ requis pour bénéficier d’une pension à taux plein va continuer à reculer. Ce qui contraindra notamment les générations nées à partir de 1975, soit à travailler au-delà de 64 ans, soit à partir avec une pension sensiblement réduite.

Pour toutes ces raisons, le SNUipp, avec la FSU et les autres organisations réunies dans l’intersyndicale, invite l’ensemble des personnels à participer aux mobilisations multiformes organisées les 22 et 23 janvier prochains. Il les appelle à être massivement en grève et à manifester partout en France le 24, jour où le projet de réforme sera présenté en conseil des ministres.

Salaires : très loin du compte

mar, 14/01/2020 - 11:41

500 millions ce serait pour 2021, et « le début d’un processus cumulatif sur plusieurs années », a annoncé Jean-Michel Blanquer lors de sa rencontre avec la FSU, lundi 13 janvier en fin d'après-midi. 

Si cette somme annoncée semble être un engagement ferme, elle n’annonce rien des suites ni mêmes de la répartition de cette enveloppe. Rapportée au million d’enseignants, elle représente une quarantaine d’euros par mois d’augmentation. « Aussi il est fort à craindre, comme l’a laissé entendre le ministre que tout le monde ne soit pas concerné et que cette mesure ne vise qu’à tenter de palier les conséquences de la réforme des retraites par points, notamment pour les générations nées à partir de 1975 », s’inquiète Benoit Teste, secrétaire général de la FSU, dans un entretien accordé au Café pédagogique.

Pas pour tout le monde ?

Difficile pourtant de concevoir qu’une augmentation salariale pourrait ne pas concerner qu’une partie des enseignants et enseignantes alors même que le déclassement salarial de toute la profession n’est plus à démontrer.
Pour l’heure, aucune précision n’a été donnée sur les modalités d’utilisation de cette enveloppe. Points d’indice, primes, indemnités, rien ne semble arrêté, même si le ministre a évoqué la possibilité d’une augmentation de l’ISOE et de l’ISAE.

Enfin, cerise sur le gâteau, le ministre a évoqué, comme cela avait déjà été fait par voie de presse, qu’il travaillait à revoir les missions des personnels notamment sur le suivi et l’orientation des élèves… Un accroissement des tâches en contrepartie d’une augmentation salariale ? Introduction d’une rémunération au mérite en fonction des missions prises ? Toutes ces questions ne sont pas réglées, comme ne l’est pas non plus la nécessaire revalorisation dont doit urgemment bénéficier l’ensemble des personnels des écoles.
Quoi qu’il en soit, cette première prise en compte - aussi minime soit-elle - de la situation particulière des personnels enseignants est à mettre au crédit des mobilisations de ces dernières semaines. Des mobilisations qui se poursuivent toute cette semaine pour que le projet de réforme des retraites soit retiré.

Grève le 14, actions le 15 et nouvelle grève le 16

lun, 13/01/2020 - 09:46

Après de premières manifestations réussies sur tout le territoire un samedi, la mobilisation se poursuit contre une réforme des retraites qui pénaliserait tous les salariés et tout particulièrement les enseignantes et les enseignants.
Le Premier ministre a annoncé un retrait, très provisoire, de l’âge pivot censé monter en puissance jusqu’en 2027, mais pas de l’âge d’équilibre du nouveau régime qui reste lui acté dès 2037. C’est une annonce en trompe-l’œil qui ne change rien à la teneur très régressive de cette réforme, au fait qu’il faudra travailler plus longtemps avec des pensions amoindries. On revient au projet tel qu’il était connu le 5 décembre 2019, suscitant une mobilisation historique pour le dénoncer. Il n’est pas question d’accepter que les plus jeunes de nos collègues, tout comme l’ensemble des jeunes entrant dans le monde du travail paient le prix d’une réforme inique.
Car pour les enseignantes et les enseignants qui débutent leur carrière en moyenne à 26 ans, cela ne change rien sur les pertes de 600 à 900€ pour les générations 75 et après.
L’intersyndicale appelle l’ensemble du monde du travail à la grève le mardi 14 janvier et à poursuivre la mobilisation les jours suivants avec des initiatives d’actions diverses le mercredi 15, avant une nouvelle journée de grève et de manifestations jeudi 16 janvier. Il faut durcir le ton pour obtenir l’abandon de la réforme.

Le communiqué intersyndical

Jusqu’à la victoire

Les 9, 10 et 11 janvier les mobilisations auront été d’une grande force. Ce samedi 11 janvier elles ont pris de l'ampleur avec un caractère interprofessionnel et transgénérationnel marqué. Ces journées marquent une étape importante dans la mobilisation par la grève lancée depuis le 5 décembre.
Cela montre la détermination et le refus de ce projet absurde de régime unique de retraites par points par une majorité de la population, malgré toutes les tentatives et manipulations du gouvernement.
Suite aux annonces d'aujourd'hui, non seulement l'âge pivot n'est pas retiré mais en plus le Premier ministre confirme sa détermination à reculer l'âge de départ à la retraite en refusant toute augmentation de cotisation sociale.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL exigent le maintien du système de retraite existant par répartition solidaire et intergénérationnelle et par annuité. Elles portent en commun des propositions pour améliorer les droits de toutes et de tous. Pour ce faire, il faut augmenter les financements assis sur les cotisations sociales et les richesses produites par le travail.

Contrairement aux affirmations du gouvernement, les femmes ne sont pas gagnantes !
Concernant les carrières heurtées, ce projet qui prendra en compte toute la carrière, aura pour conséquence d’augmenter les écarts de pension déjà grands entre les femmes et les hommes.
C’est pourquoi nos organisations appellent à continuer et amplifier encore la mobilisation par la grève et les manifestations dès la semaine prochaine pour obtenir le retrait de ce projet et l’ouverture de véritables négociations sur l’emploi, les salaires, la fin de la précarité notamment étudiante, les cotisations et l’amélioration du droit à la retraite dans le cadre du système et des régimes existants.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF et UNL appellent l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève y compris reconductible là où les salarié-es le décident.

Elles appellent à organiser des actions de grève, de convergences interprofessionnelles sur tout le territoire, en rejoignant massivement par la grève le mouvement le 14 janvier.
Elles appellent à poursuivre les actions et la mobilisation le 15 et à faire du 16 une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations.

Elles décident de se revoir en intersyndicale dès le mercredi 15 janvier 2020 au soir.

Paris, le samedi 11 janvier 2020

Élargir le mouvement

lun, 13/01/2020 - 09:20
Le communiqué 

Réforme des retraites : la FSU appelle à un élargissement du mouvement

La diffusion de l’avant-projet de loi ainsi que le courrier du Premier Ministre aux organisations syndicales le 11 janvier n’ont fait que confirmer les craintes de la FSU et amplifier sa détermination à continuer la mobilisation. La réforme est bel et bien maintenue par le gouvernement malgré le mouvement social en cours et pour lequel le soutien de l’opinion se renforce encore.

Dans son courrier, le Premier Ministre confirme que l’âge pivot sera effectivement appliqué dans le système universel qu’il prévoit. La petite ouverture sur un « retrait provisoire » de cet âge pivot en tant que mesure paramétrique immédiate est tout de suite assortie de deux verrous : d’une part, cet âge d’équilibre figurera bel et bien dans la future réforme, et d’autre part le Premier Ministre prend soin de préciser que « le coût du travail » ne doit en aucun cas être augmenté. Il exclut donc toute augmentation des cotisations patronales.
Cela signifie d’emblée qu’il interdit d’agir sur les taux et assiettes de cotisations et donc de rechercher des financements nouveaux, préférant des mesures qui, d’une manière ou d’une autre, en jouant sur les âges, les durées ou encore d’autres modalités, réduiraient les droits des seul-es salarié-es. Ce n’est donc pas une avancée.
Par ailleurs, la FSU sera reçue à l’Éducation Nationale demain, lundi 13 janvier, à 17h30 sur la question des salaires. Elle ne dispose pas d’éléments à cette heure sur le niveau, les modalités et les éventuelles contreparties en termes de charge de travail des « compensations à la réforme » pour les enseignant-es annoncées par JM Blanquer. La FSU refuse cette logique de compensation puisqu’elle ne veut pas de cette réforme et que la question de la revalorisation est, pour elle, déconnectée de la réforme des retraites. En revanche, elle attend du Ministre que des propositions concrètes et chiffrées soient enfin mises sur la table afin de procéder à une revalorisation salariale légitime. La FSU rappelle que ce sont les carrières et les salaires de tous les personnels de l’éducation qu’il faut revaloriser avec une attention particulière aux inégalités professionnelles femmes / hommes et elle fera lors de cette réunion ses propres propositions en ce sens.
La FSU porte aussi ses exigences de revalorisation et de résorption des inégalités salariales au niveau de l’ensemble de la Fonction publique ; elle rappelle que de nombreux agent-es publics, notamment de catégorie C, ont de très faibles revenus et que beaucoup ont, comme les enseignant-es, un régime indemnitaire faible.

La FSU soutient toutes les actions en cours pour faire échec au projet de réforme des retraites ; elle appelle à faire lundi des réunions et assemblées générales et à faire du mardi 14 janvier une journée nationale de grève interprofessionnelle et de manifestations dans tout le pays.
Elle appelle à poursuivre ce mouvement sur les deux jours suivants : mercredi 15 et jeudi 16 janvier, des actions diverses sont d’ores et déjà programmées, et en particulier un rassemblement à l’appel de l’intersyndicale de la Fonction publique devant Bercy mercredi à midi et, jeudi 16 janvier, une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations, dans le cadre de l’intersyndicale interprofessionnelle.

Les Lilas, le 12 janvier 2020

En grève le 14 janvier

ven, 10/01/2020 - 10:42
Le communiqué de l’intersyndicale

36 jours sans trêve, on continue !

Une nouvelle fois, la mobilisation ce 9 janvier a été exceptionnelle par son ampleur et son caractère interprofessionnel. Elle s’inscrit dans une mobilisation lancée par la grève depuis trente-six jours partout en France.

Cette situation démontre le rejet massif et croissant du projet de régime unique de retraites par points voulu par le gouvernement et refusé par la majorité de la population.

La grève et les mobilisations continues depuis le 5 décembre ont contraint le gouvernement à des reculs, et notamment à concéder le maintien de dispositions spécifiques dans plusieurs secteurs et professions. La prétendue universalité de cette réforme n’existe donc plus.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, MNL, Solidaires, UNEF, UNL réaffirment que le projet de régime unique par points conduirait inévitablement au recul des droits à la retraite tant en termes de niveau de pension que d’âge auquel les salarié-es d’aujourd’hui et de demain pourront bénéficier d’une retraite décente.

C’est pourquoi nos organisations appellent, dès demain et dans les jours qui suivent, l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève, y compris reconductible là où les salariés le décident, pour maintenir et augmenter le rapport de force. Elles appellent à faire du samedi 11 janvier une journée de manifestation et de mobilisation massive de toute la population, pour obtenir le retrait de ce projet et l’ouverture de véritables négociations sur l’emploi, les salaires, les cotisations et l’amélioration du droit à la retraite dans le cadre du système par répartition et solidaire et des régimes existants.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, MNL, Solidaires, UNEF, UNL appellent le 14 janvier à une journée de grève et de convergence interprofessionnelle localement dans tout le pays qui s’inscrit dans la continuité d’actions et d’initiatives déclinées sous toutes les formes les 15 et 16 janvier. Elles appellent à réunir partout les assemblées générales pour mettre en débat les modalités permettant de poursuivre la mobilisation dans le cadre de la grève lancée le 5 décembre.
Elles décident de se revoir dès le samedi 11 janvier 2020 au soir.

Paris, le 9 janvier 2020

Samedi 11, y’a manif !

jeu, 09/01/2020 - 19:54

Samedi 11 janvier, sur tout le territoire, il faudra être nombreux et nombreuses à battre le pavé pour indiquer que la retraite à points, ce n’est pas que l’affaire des cheminots et cheminotes, des personnels de l’Éducation nationale, des membres du barreau ou encore des artistes de l’opéra de Paris.

La retraite à points, c’est moins bien

Calculer les pensions sur l’ensemble d’une carrière plutôt que sur les meilleures années aura des incidences fortes notamment sur les métiers à faible rémunération ou les femmes qui ont des carrières beaucoup moins linéaires et fera mécaniquement baisser le niveau de pension de tout le monde.

Une question sociétale

La question des retraites est un véritable sujet de société. Permettre aux personnes de pouvoir bénéficier d’un niveau correct de pension participe de la richesse d’une nation. Pouvoir aider ses enfants et petits-enfants, ne pas être dépendants d’eux, pouvoir faire appel à des services d’aide à domicile, avoir la possibilité de pratiquer des activités sportives et culturelles, ... ne doit pas être réservés qu’à celles et ceux qui auront les revenus suffisants pour cotiser à des retraites complémentaires proposées par les banques et les assurances.

Le régime de retraite par répartition est un élément essentiel du pacte social qui lie la nation avec toutes les personnes qui ont contribuées à son activité économique et à son fonctionnement. Il nécessite forcément des ajustements et des prises en compte particulières liées aux métiers exercés, à leur pénibilité mais aussi à leur faisabilité passé un certain âge. Un système dit universel n’est pas égalitaire s’il ne prend pas en compte cela. 

Toutes et tous ensemble dans la rue samedi

Aussi, il est nécessaire d’être nombreux dans la rue samedi avec ses voisins et voisines, frangins et frangines, cousins et cousines et même ses beaux-parents pour indiquer au gouvernement qu’il est nécessaire de proposer une toute autre réforme du système des retraites. 

Retraites : la mobilisation se poursuit

mer, 08/01/2020 - 17:12
Le communiqué

Dans les écoles, près de 40% des enseignantes et des enseignants seront en grève le jeudi 9 janvier. Ainsi, après les journées du 5, du 10 et du 17 décembre, la mobilisation se poursuit dans le 1er degré. Elle témoigne une nouvelle fois de la détermination des personnels et confirme leur exigence d’abandon de la réforme des retraites.

Les vœux du Président Macron n’ont en rien rassuré en reprenant encore et toujours les mêmes éléments de langage sur une réforme soi-disant “plus juste” et “plus équitable”, sans jamais répondre concrètement aux questions qui sont posées dans les salles des maîtres et en confirmant une réforme qui vise à appauvrir les personnes retraitées.

La compensation salariale envisagée, 10 milliards sur 15 ans, n’endiguerait pas la baisse mécanique des pensions. Aucune garantie n’est par ailleurs avancée pour les femmes qui connaissent des déroulements de carrière moins linéaires. Aucune mesure non plus pour accompagner des fins de carrière qui seront de plus en plus longues.

Dans le même temps, d’autres sujets de mécontentement persistent : méthode de gouvernance verticale de l’école, métier enseignant réduit à une fonction d’exécution, dégradation des conditions de travail, direction d’école, exigence de revalorisation salariale pour toutes et tous sans qu’elle soit conditionnée à une refonte du métier et à des missions supplémentaires.

Les personnels des écoles n’entendent pas signer un chèque en blanc au gouvernement et restent mobilisés pour obtenir une tout autre réforme des retraites.

Paris, le 8 janvier 2020

Direction : la feuille de route est tracée

mer, 08/01/2020 - 14:24

Les 29 007 directeurs et directrices qui ont répondu à la consultation lancée par la rue de Grenelle, « ont réaffirmé très majoritairement ce qui fait le cœur de leurs missions, suivi des élèves, travail en équipe, relation avec les familles et les partenaires, mise en œuvre des projets pédagogiques », note dans un communiqué le SNUipp-FSU. « Comme l’ensemble des enseignantes et des enseignants, les directrices et les directeurs réaffirment la nécessité de ne pas être considérés comme des exécutants, mais bien que leur expertise et leur implication au service des élèves soient reconnues », ajoute le syndicat.

La charge est lourde

L’enquête confirme une charge de travail importante, qui vient s’ajouter à la mission d’enseignement. 46% y consacrent entre 11h à 20 h par semaine, plus de 20 h pour 44%. De plus 87 % des directrices et directeurs pointent qu’ils sont interrompus pendant la classe pour la direction. L’enquête permet de mesurer l’exercice compliqué « d’homme-orchestre » qui fait leur quotidien. Seulement 11% des répondants bénéficient d’une décharge complète de classe…

Des mots pour le dire

  86% des répondants ont fait le choix de prendre une direction d’école et les mots qui arrivent en premier dans leur définition du métier reflètent aussi ce qui fait la culture des personnels du premier degré : « polyvalence, responsabilité, sens du relationnel, disponibilité » sont ainsi mis en avant. Mais les termes de « surcharge de travail », « chronophage », « stress et fatigue » arrivent également rapidement dans la liste pour caractériser l’exercice de la fonction.

Des besoins qui se font jour

Aussi, il n’est nul besoin d’être grand clerc pour savoir que les directeurs et directrices ont besoin d’avoir du temps de décharge supplémentaire pour remplir leurs missions dans de bonnes conditions. Mais c’est aussi sans surprise une demande forte de personnels supplémentaires qui est faite pour gérer un certain nombre de tâches d’accueil et de secrétariat au sein de l’école. Ainsi 52 % demandent « un appui pour gérer les accès à l’école en dehors des heures d’entrée et de sorties », 48% pour « répondre aux appels téléphoniques », 26% pour « traiter les messages électroniques ».
Enfin 54% affirment qu’aucun module de formation continue lié aux fonctions de direction ne leur a été dispensé, depuis leur prise de fonction, alors que 69% d’entre eux ont accédé à la fonction il y a plus de 6 ans, dont 46% il y a plus de 10 ans… Une demande de formation qui porte majoritairement sur « la connaissance du droit et de la réglementation », « la gestion de conflits » ou encore « la conduite pédagogique de l’équipe », pointe l’enquête.

Reconnaissance n’est pas « statut hiérarchique » 

Si l’exigence d’une meilleure reconnaissance de la fonction est réclamée, il est à noter que les personnels marquent une nouvelle fois leur opposition à un statut spécifique, moins de 10% évoquant cette opportunité.

Tous ces constats étant fait, et cette fois directement par le ministère, il y a donc maintenant urgence à apporter des réponses aux demandes matérielles, humaines et en formation exprimées. La feuille de route est tracée, le gouvernement doit y mettre les moyens.

Petit plus sur la feuille de paie

mar, 07/01/2020 - 10:13

Ce sont les 300 euros annuel d’augmentation annoncés à grand renfort de grosse caisse par le ministre de l’Éducation nationale cet automne. Une mesure qu’il s’était attribuée un peu vite et qui découle en réalité de « PPCR », les accords de revalorisation des carrières dans la Fonction publique signés sous le précédent quinquennat.
À partir du 1er janvier 2020, en fonction de leur grade et de leur échelon, quelques points d’indice supplémentaires sont attribués aux enseignantes et aux enseignants des écoles pour une augmentation allant de 7 à 57 euros. La mesure arrive avec un an de retard, Édouard Philippe ayant gelé sa mise en œuvre à son arrivée à Matignon.

Le tableau (en points et en euros*) Échelon Instit à Mayotte Instit PE PE Hors classe 12 5 (19 €) 11 10 (38€) 5 (19€) 4 (15€) 10 5 (19€) 10 (38€) 4 (15€) 9 5 (19€) 5 (19€) 7 (26,50€) 8 5 (19€) 5 (19€) 10 (38€) 7 5 (19€) 5 (19€) 8 (30€) 6 5 (19€) 9 (34€) 8 (30€) 5 5 (19€) 7 (26,50€) 4 3 (11€) 5 (19€) 3 3 (11€) 11 (41,50€) 2 2 (7,50€) 8 (30€) 1 2 (7,50€) 2 (7,50€) 15 (56,50€)

* valeur approchée

N.B : Au 1er janvier, la cotisation retraite passe de son côté de 10,83 à 11,10% du traitement brut, soit de 5 à 11€ en moins sur la feuille de paye.

Retraites : signer la pétition

lun, 06/01/2020 - 11:59

Depuis le 5 décembre, des millions d'hommes et de femmes se retrouvent dans les grèves, dont beaucoup en reconductible, et les manifestations à l'appel des organisations syndicales.

Ils et elles rejettent la réforme du système de retraites que veulent leur imposer le président de la République et son gouvernement.

Ce projet n'est pas acceptable, car il est porteur de régression des droits de chacune et chacun : toutes les hypothétiques avancées proposées par le gouvernement devraient être financées par des baisses de pensions ou par l’allongement de la durée de la vie au travail. D’autres choix sont pourtant possibles.

C’est pourquoi nous demandons le retrait du projet présenté par le Premier ministre, afin que soient ouvertes sans délai de vraies négociations avec les organisations syndicales, pour un système de retraites pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail.

Signer la pétition

Suicide et travail : le lien reconnu

ven, 03/01/2020 - 17:25
Le communiqué

Suicide de Christine Renon : le lien avec le travail reconnu

Christine Renon, directrice d’une école maternelle de Pantin (93), s’est suicidée le 21 septembre dernier. Sa disparition a suscité un émoi sans précédent dans la profession enseignante et au-delà. Elle a laissé un courrier bouleversant et sans ambiguïté pour expliquer les motifs de son geste. Ce courrier faisait état de la difficulté d’une directrice d’école à faire face aux multiples tâches du quotidien, dont certaines bien éloignées des missions qui lui avaient été confiées et responsables de la perte de sens de son métier d’enseignante.
Elle y décrivait les difficultés d’une directrice d’école et plus généralement la dégradation des conditions de travail des enseignantes et enseignants.

Depuis, et face à l’administration, les représentants des personnels ont porté haut et fort la nécessité pour l’Éducation nationale de mettre tout en œuvre pour prévenir les actes suicidaires et éviter que de tels drames se reproduisent.

L’inspecteur d’académie Seine-Saint-Denis a accédé le 11 décembre à la demande de reconnaissance de « l’imputabilité au service » du suicide de notre collègue, c’est-à-dire son lien avec l’organisation institutionnelle du travail.
Le ministère doit aujourd’hui prendre ses responsabilités sur la dégradation des conditions de travail des personnels et les risques psychosociaux auxquels ils sont exposés, seule condition pour prévenir l’épuisement professionnel et les actes suicidaires. Cela impose de questionner l’organisation du travail et plus globalement le sens du métier.

C’est ce que le SNUipp et la FSU porteront lors du premier groupe de travail sur la prévention des risques suicidaires qui se tiendra le 10 janvier prochain au ministère de l’Éducation nationale. Il y a urgence à améliorer les conditions de travail des directrices et des directeurs d’école, comme de tous les personnels de l’Éducation nationale. 

Paris, le 3 janvier 2020.

Réforme des retraites : on en est où ?

jeu, 02/01/2020 - 15:47
  1. « Le déficit du régime des retraites nécessite une réforme ». FAUX
  2. « Ce nouveau système améliore la situation des femmes ». FAUX
  3. « La valeur du point ne baissera pas ». Mais qui peut le croire ?
  4. Les enseignantes et les enseignants, principales victimes de cette réforme ...
  5. « Née avant 1975, je ne serai pas concernée par la réforme » Et bien pas tout à fait…
  6. « Le gouvernement garantit aux PE qu’ils ne perdront pas de pension ». Ah ? Et comment ?
  7. « Des indemnités pour revaloriser les enseignants et les enseignantes ». Mais pas pour tous et toutes…
  8. … et en échange de contreparties.
  9. « 10 milliards pour revaloriser les enseignants et les enseignantes ». Pas si terrible, en fait.
« Le déficit du régime des retraites nécessite une réforme ». FAUX
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Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit l’équilibre du système en 2042, contre 2036 dans le rapport précédent. Ce recul n’est pas dû à une hausse des dépenses pour payer les retraites mais à une baisse des ressources. Cet assèchement du financement est en grande partie imputable aux exonérations d’une partie des cotisations patronales pour les entreprises, à la suppression de postes de fonctionnaires ou encore au gel du point d’indice… C’est bien parce que la part des salaires a diminué sans pour autant faire augmenter la part des investissements que le régime de retraite se trouve mis en difficulté. Ce sont bien les cotisations salariales et patronales qui doivent continuer de financer le régime de retraites et c’est donc en priorité le levier à actionner. De même si les inégalités salariales entre les femmes et les hommes disparaissaient réellement, une grande partie de l’équation serait résolue.

« Ce nouveau système améliore la situation des femmes ». FAUX  #

Le niveau des pensions des femmes est en moyenne de 42% inférieur à celui des hommes.
Cette différence est principalement liée à deux éléments de la vie active : des salaires plus faibles que les hommes et un déroulement de carrière ralenti par les maternités et les congés parentaux. Il est vrai que le système actuel reproduit les inégalités salariales et de carrière. Mais le système de retraite par points est un système qui reflète l’ensemble de la carrière, ce qui signifie que le montant de la pension sera déterminé en fonction des cotisations versées tout au long de la carrière. Or, les femmes sont plus touchées par les carrières interrompues, les temps partiels - souvent imposés - un déroulement de carrière ralenti et des inégalités salariales. Elles seront durement impactées par cette réforme.
Si les droits liés aux enfants permettent de compenser en partie les inégalités, ce qu’il faut, en réalité, pour améliorer la situation des femmes, c’est revaloriser leurs salaires et améliorer leurs carrières car c’est bien la hauteur du salaire qui détermine le montant de la pension.

« La valeur du point ne baissera pas ». Mais qui peut le croire ? #

 Dans un système à points, il y a deux valeurs du point : la valeur d’achat, c’est-à-dire ce qu’il faut de cotisations pour acquérir un point (rapport Delevoye : 10€ = 1 point) et la valeur de service, c’est-à-dire ce que rapporte un point pour la pension (rapport Delevoye : 1 point = 0,55 € brut annuel). Ces valeurs permettent de définir un taux de rendement de 5,5% : 10€ de cotisations donnent droit à 0,55 € de pension annuelle brute. Le principe d’un système de retraite par points, dit « à cotisations définies » permet d’ajuster de façon « technique » la valeur du point en fonction des cotisations perçues et des pensions à servir, notamment lorsque l’on définit un plafond de dépenses à ne pas dépasser comme le fait le gouvernement qui veut fixer de manière inéluctable les ressources consacrées au paiement des retraites à 14% du PIB. Si la croissance n’est pas au rendez-vous, c’est en réduisant les pensions que l’on respectera cette contrainte.
Le gouvernement assure que la valeur du point (entendre la valeur de service) ne baissera pas, c’est une bonne chose mais ce n’est pas suffisant pour garantir que les pensions ne baisseraient pas. En effet, si la valeur d’achat augmente plus rapidement que la valeur de service, le cumul de points serait moins important, tout comme la pension.

Exemple :
  • Valeur d’achat= 10 € Valeur de service = 0,55€. Avec 100 euros de cotisation on acquiert 10 points qui donneront droit à 5,5€ de pension annuelle brute.
  • Valeur d’achat= 12 € Valeur de service = 0,56€. Avec 100 euros de cotisation on acquiert 8,33 points qui donneront droit à 4,66€ de pension annuelle brute.
Les enseignantes et les enseignants, principales victimes de cette réforme ... #

Le mode de calcul sur l’ensemble des salaires de la carrière aura pour conséquence la baisse des pensions pour l’ensemble du salariat, du public et du privé.
La fin du calcul sur la base des 6 derniers mois et le très faible taux d’indemnité (8% en moyenne contre 30% dans la Fonction publique hors fonctions enseignantes touchera particulièrement les PE.
Ainsi pour une PE avec une carrière de 42 annuités, partant à 64 ans au 7ème échelon de la hors classe :
• Pour une carrière dans le système actuel, sa pension serait de 2433€ net/mois
• Pour une carrière dans le système à points, sa pension serait de 1643€ net/mois

« Née avant 1975, je ne serai pas concernée par la réforme » Et bien pas tout à fait… #

Pour les générations nées de 1960 à 1974, le calcul de la pension se ferait sur les modalités actuelles et notamment le maintien de la référence des 6 derniers mois pour les fonctionnaires mais avec l’introduction progressive de l’âge d’équilibre à 64 ans. Une montée en charge pour les générations de 1960 à 1964 : de 62 ans et quatre mois pour l’année 1960 jusqu’à 63 et 8 mois pour la génération 1964. Pour les générations 1965 et suivantes, l’âge d’équilibre serait établi à 64 ans. Tout départ anticipé est sanctionné d’un malus de 5 % par année manquante, qui pourrait s’ajouter à la décote du système actuel. Ce serait la double peine et obligerait les salarié·es à partir plus tard même si la carrière est complète !

« Le gouvernement garantit aux PE qu’ils ne perdront pas de pension ». Ah ? Et comment ? #

Le gouvernement s’engage sur un montant équivalent de la retraite des enseignantes et des enseignants à celle des autres fonctionnaires de catégorie A dont le taux d’indemnité est bien supérieur. Ainsi, un attaché d’administration, qui est la référence du gouvernement, dispose d’un salaire net mensuel moyen de 3490 euros. Soit plus de 1000 € d’écart avec le salaire moyen des PE qui est de 2468 €. Avec ce système à points il faudrait une énorme compensation pour annuler les pertes de pensions. Ainsi 250 points d’indice (1171,5€ brut/mois) n’apporteraient que 600 euros nets supplémentaires de pension pour la porter à 2236€ net/mois, toujours en deçà des 2433€ actuels…
Clairement, le gouvernement ne sera pas en mesure de compenser réellement les pertes, s’il met en place sa réforme.

« Des indemnités pour revaloriser les enseignants et les enseignantes ». Mais pas pour tous et toutes… #

Le ministre parle « d’un nouveau contrat social entre la nation et les enseignants » et évoque une loi de programmation, concernant notamment celles et ceux nés en 1975 et après, avec des avancées significatives pour les débuts de carrière en 2021. Mais dans l’immédiat le ministère reste flou sur le « comment ? ». Une refonte générale des grilles indiciaires est écartée alors qu’elle serait pourtant la seule façon de revaloriser de manière égalitaire l’ensemble de la profession. L’octroi d’indemnités forfaitaires liées au poste ou aux missions ou encore un système de primes seraient ainsi privilégiés. On sait que ce type de rémunération, soumise pour partie à la décision hiérarchique, crée des inégalités notamment au bénéfice des hommes. A terme pour un même poste et à échelon identique on risque de ne plus avoir les mêmes rémunérations.

… et en échange de contreparties.  #

Le ministre a évoqué à Nancy, juste avant les vacances, ce que pourraient être ces contreparties envisagées en échange des 10 milliards. « Redéfinition du métier enseignant et du temps de travail », sans préciser de quoi il retourne, « formation obligatoire de 5 jours sur les vacances, annualisation des services et renforcement du contrôle hiérarchique notamment en termes d’affectation et de rémunération par un système de primes ». Alors que les PE sont parmi celles et ceux qui travaillent le plus d’après toutes les études, comparativement à leurs homologues européens, on a du mal à y croire, tellement c’est gros.

« 10 milliards pour revaloriser les enseignants et les enseignantes ». Pas si terrible, en fait.  #

10 milliards semble une somme énorme, un demi-milliard d’euros de plus tous les ans pendant 20 ans. Rapporté à chacun et chacune des 902 000 personnels d’enseignement cela ferait, à terme, 900 euros bruts mensuels. Mais sur une vingtaine d’années c’est moins énorme et pas du tout garanti… 10 milliards c’est aussi la hausse du budget de l’Éducation nationale qu’il faudrait acter uniquement pour compenser l’inflation sur les 15 prochaines années si cette dernière se maintient au niveau de cette année (1,3%). 10 milliards sur 15 ans donc pour maintenir le pouvoir d’achat des personnels comme le reste des dépenses pour l’éducation…

Décidemment cette réforme des retraites est loin de démontrer les avantages de l’universalité qu’elle veut mettre en avant. C’est bien une amélioration du régime solidaire actuel qu’il faut mettre au travail pour permettre à tous les salariés de prétendre à une retraite digne. C’est aussi cela qui fait la richesse d’un pays. Les personnels des écoles seront à nouveau dans la grève et les manifestations pour l’exprimer le 9 janvier prochain.

Le simulateur très optimiste du gouvernement

jeu, 02/01/2020 - 15:01

Avec le simulateur « officiel » de retraite mis en ligne en décembre par le gouvernement, tout le monde gagne ! Pour un peu, on se croirait revenu à la célèbre École des fans qui occupait les après-midis dominicales des familles dans les années 80.
Seulement voilà, la ficelle est un peu grosse et nul besoin d’entrer dans la complexité des paramètres du projet de réforme pour disqualifier cet outil de communication. Trois remarques y suffisent.

Un fâcheux oubli
Les personnes nées avant 1975 ne seraient pas concernées par la réforme. C’est oublier un peu vite que dès 2022, toutes les générations nées à partir de 1962 (1967 pour les catégories dites actives) seront victimes d’un malus en cas de départ à la retraite dès 62 ans, avant donc d’avoir atteint l’âge d’équilibre de 64 ans. Un malus de 10% sur la pension, susceptible d’évoluer dans la mesure où le rapport Delevoye envisage de repousser progressivement ce même âge d’équilibre à 65 et 66 ans.

Une précocité universelle
Les informaticiens du Secrétariat d’État chargé des retraites ont fait simple, tout le monde est sensé entrer dans la Fonction publique à 22 ans. C’est oublier un peu vite que les enseignantes et les enseignants des écoles sont recrutés à bac + 5 et que le concours de recrutement s’obtient en moyenne à 26 ans, selon les propres chiffres de la rue de Grenelle. L’addition est vite faite si l’on veut prétendre à une carrière complète et donc à une pension sans malus.

Tout le monde à la même enseigne
S’agissant des « cas types » présentés, là aussi on a fait simple, avec une carrière continue sur le même emploi pendant quarante ans, sans interruption ni temps partiel, ni périodes de chômage, de disponibilité ou de congé parental… Rien qui puisse venir perturber la belle linéarité d’une vie professionnelle sans accrocs ni détours. Bien peu de PE devraient pouvoir s’y reconnaître.

Demain, on rase gratis

Le reste est à l’avenant, sans le moindre élément de comparaison avec le régime actuel et avec des projections hors-sols. Quant à Agnès et Martin, les deux PE présentés en cas-types, ils sont priés de croire que « Le Gouvernement s’est engagé à ce que les pensions des enseignants ne baissent pas avec la garantie de revalorisation des rémunérations prévue par la loi. Ils bénéficieront ainsi d’une revalorisation progressive de leurs primes actuellement en cours de négociation. » C’est écrit en gras sur les fiches de présentation.
« Marre de simuler ma retraite, je veux en jouir ! », proclamait la pancarte d’une manifestante hilare dans la manifestation parisienne du 17 décembre contre le projet de réforme. Gageons qu’on la retrouvera aussi déterminée et revendicative dans les mobilisations qui reprendront de plus belle début janvier.

Un voeu pour 2020

jeu, 26/12/2019 - 18:03

La FSU, la CGT, FO, La fédération Autonome et Solidaires ont souhaité permettre aux personnels de toutes les fonctions publiques d'adresser une carte de voeu au Président de la République pour la nouvelle année. 

Une carte qui est à envoyer : 

  • Par courrier, après l'avoir imprimé. La carte est à plier au format A5 puis à poster sans timbre à
    Palais de l'Élysée, 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 Paris. 
  • Ou encore sous la forme d'un gif à partager dans les réseaux sociaux, avec @emmanuelmacron en commentaire. 

Enfin, l'intersyndicale propose également une  autre carte pour égayer les fêtes de fin d'année et rappeler qu' On ne lâche rien !

Le 9 janvier, et après, on ne lâche rien

jeu, 19/12/2019 - 21:22

Le 5 décembre, puis le 10 et le 17, les enseignantes et enseignants ont été particulièrement mobilisés et présents dans les manifestations contre la réforme des retraites par points.
Après les 70% de grévistes dans les écoles le 5 décembre, ce sont près de la moitié des personnels qui étaient encore en grève mardi 17 décembre. Colère et désapprobation se sont ainsi exprimées contre une réforme qui les pénaliserait, comme l’a lui-même reconnu Édouard Philippe.

Des premiers résultats

Il a fallu près d’un mois de mobilisation avant que le gouvernement ne tente de déminer le terrain en annonçant une mise en œuvre de la réforme pour les seules générations nées après 1975 et assure inscrire dans la loi une clause de maintien du niveau des pensions… Sauf que les premières discussions ne permettent pas de concrétiser ces annonces et tout laisse à penser que les personnels des écoles seront particulièrement pénalisés dans un système de retraite par points. 

Une revalorisation ?

Alors que le déclassement salarial des enseignants et des enseignantes et particulièrement des PE n’est plus à démontrer, Jean-Michel Blanquer confirme les grands éléments du projet de réforme en assurant que des compensations seront faites sur les rémunérations. Mais la revalorisation éventuelle est toujours conçue comme une contrepartie de la baisse des pensions. Ces compensations seraient prioritairement tournées vers les générations 1975 et suivantes. Il évoque dans le même temps une revalorisation des débuts de carrière mais pour l’heure, les conditions de mise en œuvre restent bien floues. Ainsi le ministre avance une somme de 10 milliards d’euros, mais étalée sur 15 à 20 ans et sans beaucoup de précisions. À partir de cela, il faudrait entériner la réforme des retraites et le croire sur parole...
Pense-t-il vraiment qu’il a encore la confiance des enseignants pour avancer ainsi sans présenter sa feuille de route ?

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre … 

Mais au-delà de la situation des PE, les mobilisations ont mis dans la rue des salarié·es de toutes les fonctions publiques, des transports mais également de nombreuses entreprises du privé. Les sondages montrent que l’opinion publique soutient largement le mouvement de protestation. La question des retraites et du niveau de vie des futurs pensionnés est un véritable sujet qui mobilise l’ensemble de la société. Le gouvernement doit maintenant l’entendre et revoir complètement sa copie. De nombreuses actions se sont poursuivies dans les départements durant les vacances scolaires et les personnels seront à nouveau dans la grève et dans les manifestations le 9 janvier prochain pour réclamer un tout autre projet de réforme. L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL rejointe par la CFE-CGC appelle dès à présent à poursuivre l'action dès le lendemain du 9 et à faire du samedi 11 janvier une journée nationale de manifestation. 

Il n'y a pas eu de trêve, ni dans l'action, ni dans l'opinion

Dans son communiqué du 3 janvier l'intersyndicale rappelle que "les cheminotes et cheminots, les personnels de la RATP, comme ceux de l’Opéra de Paris et toutes celles et ceux qui sont en grève depuis le 5 décembre, sont plus que jamais déterminé·es et décident chaque jour, la reconduction de la grève" . Enfin elle relève que " La population, malgré les pressions gouvernementales et médiatiques, soutient très majoritairement le mouvement social. Un soutien qui se manifeste notamment par les nombreux versements reçus dans les caisses de solidarité,ou encore "par la  participation  à différentes initiatives des syndicats et des grévistes", indique le communiqué.  

Pour être en grève le 9 janvier, les personnels chargés de classe devront déposer leur déclaration d'intention avant le lundi 6 janvier à minuit. Une démarche qu'on peut effectuer dès maintenant.

Le 9 janvier, nouvelle journée de grève et de manifestations

jeu, 19/12/2019 - 21:22

Le 5 décembre, puis le 10 et le 17, les enseignantes et enseignants ont été particulièrement mobilisés et présents dans les manifestations contre la réforme des retraites par points.
Après les 70% de grévistes dans les écoles le 5 décembre, ce sont près de la moitié des personnels qui étaient encore en grève mardi 17 décembre. Colère et désapprobation se sont ainsi exprimés contre une réforme qui les pénaliserait, comme l’a lui-même reconnu Édouard Philippe.

Des premiers résultats

Il a fallu près d’un mois de mobilisation avant que le gouvernement ne tente de déminer le terrain en annonçant une mise en œuvre de la réforme pour les seules générations nées après 1975 et assure inscrire dans la loi une clause de maintien du niveau des pensions… Sauf que les premières discussions ne permettent pas de concrétiser ces annonces et tout laisse à penser que les personnels des écoles seront particulièrement pénalisés dans un système de retraite par point. 

Une revalorisation ?

Alors que le déclassement salarial des enseignants et des enseignantes et particulièrement des PE n’est plus à démontrer, Jean-Michel Blanquer confirme les grands éléments du projet de réforme des retraites en assurant que des compensations seront faites sur les rémunérations. Mais la revalorisation éventuelle est toujours conçue comme une contrepartie de la baisse des pensions. Ces compensations seraient prioritairement tournées vers les générations 1975 et suivantes. Il évoque dans le même temps une revalorisation des débuts de carrière mais pour l’heure, la confusion des deux dossiers ainsi que le montant et les conditions de mises en œuvre restent bien floues. Ainsi le ministre avance une somme de 10 milliards d’euros, mais étalée sur 15 à 20 ans et sans beaucoup de précisions. À partir de cela, il faudrait entériner la réforme des retraites et le croire sur parole...
Pense-t-il vraiment qu’il a encore la confiance des enseignants pour avancer ainsi sans présenter sa feuille de route ?

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre … 

Mais au-delà de la situation des PE, les mobilisations ont mis dans la rue des salarié·es de toutes les fonctions publiques, des transports mais également de nombreuses entreprises du privé. Les sondages d’opinion montrent que l’opinion publique soutient largement le mouvement de protestation. La question des retraites et du niveau de vie des futurs pensionnés est un véritable sujet qui mobilise l’ensemble de la société. Le gouvernement doit maintenant l’entendre et revoir complètement sa copie. Dans l’attente de nombreuses actions se poursuivent dans les départements durant les vacances scolaires et les personnels seront à nouveau dans la grève et dans les manifestations le 9 janvier prochain pour réclamer un tout autre projet de réforme. 

Évaluer le montant de sa pension

jeu, 19/12/2019 - 09:41

Alors que vont se poursuivre les mobilisations et les discussions avec le gouvernement, le SNUipp-FSU scénarise les conséquences de la mise en place d’un système de retraite par points pour les enseignantes et les enseignants des écoles.
Il propose un simulateur en ligne qui reprend les éléments principaux de la carrière afin d’estimer le montant prévisionnel de la pension. Un outil qui présente également quelques éléments clé de la réforme.

Accéder au simulateur