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SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 37 min 13 sec

Permutations : un bug sur Iprof

sam, 17/11/2018 - 14:15

"Votre adresse mail personnelle n'a pu être récupérée..." Telle a été la surprise des enseignants et enseignants qui ont voulu saisir leurs vœux de permutation ouverte depuis le 15 novembre, via l'application Iprof qui gère la carrière, le courrier des personnels. Ils en ont informé le SNUipp-FSU qui a questionné la Direction générale des ressources humaines (DGRH). 

   

Il est en effet étonnant d'un mail personnel soit exigé, cela est contraire au respect de la vie privée et à la volonté ministérielle de promouvoir et généraliser auprès des enseignants l'utilisation de leurs outils de communication professionnels.

Dans un premier temps, la DGRH a répondu ne pas être au courant et après quelques investigations, elle a rappelé le SNUipp-FSU pour lui confirmer que :

  • - les enseignants peuvent re-saisir leur adresse professionnelle. La plate-forme I-Prof n’est pas paramétrée pour refuser un type d’adresse. En cas de difficultés, ils peuvent saisir les services de la DSDEN.
  • - Elle a demandé au service compétent de faire disparaître la mention adresse personnelle, car il n'y a pas d'obligation légale à la donner et donc aucune raison de l'imposer par défaut. Mais il semble qu’une modification d’I Prof maintenant serait « risquer le plantage général », une communication sera donc faite à l'ensemble des personnels via les DASEN pour rappeler que l'on peut saisir son adresse professionnelle.

 En cas de difficultés persistantes, les personnes peuvent saisir les services académiques ainsi que la section SNUipp-FSU de leur département.

Alerte sur les RASED

ven, 16/11/2018 - 11:16
Le communiqué du collectif RASED*

Danger ! Vers la disparition des métiers de l'adaptation scolaire

Le bilan de la première année du CAPPEI confirme les craintes exprimées par le collectif RASED : la réforme de la formation des enseignants spécialisés signe la fin de l’adaptation scolaire et notamment de la rééducation à l’école et du dispositif RASED. Or, les difficultés d'adaptation à l’école relèvent du rapport au savoir, du rapport à la loi, du rapport à l’apprentissage, à l’école, à la vie en collectivité en présence ou non d’un handicap reconnu.

Les personnels des RASED témoignent de la forte croissance des demandes d’aide au RASED formulées par les enseignants des classes et de leur impossibilité à répondre à toutes ces demandes, faute de moyens. Sur les territoires où les RASED sont désormais absents ou incomplets, il n’existe plus d’autre réponse que la réponse médicale, tant pour les enseignants que pour les familles.

En raisonnant « à moyens constants », le ministère de l’Éducation nationale, bannit de l’école la prévention de l’échec scolaire, au risque de voir un grand nombre d’enfants verser dans le champ du trouble ou du handicap, faute d’aide spécialisée « ordinaire ».

Dans ce contexte, le collectif Rased demande :

  • un bilan qualitatif des réalités de la formation ;
  • que les deux dominantes du parcours « travailler en RASED » soient clairement identifiées et offertes dans tous les lieux de formation ;
  • que le ministère réaffirme les missions et les pratiques actuelles des rééducateurs (maîtres G) et des maîtres d’adaptation (maîtres E) dans l’école et en assure la mise en œuvre sur tous les territoires dans l’esprit de la circulaire de 2014 toujours en vigueur (notamment en ce qui concerne les modalités d’intervention) ;
  • que les associations professionnelles participent à la conception des maquettes de formation au vu de leur expertise ;
  • que les stagiaires bénéficient d’un tutorat auprès d’un pair expérimenté qu’ils accompagnent dans l’ensemble de ses missions ;

et enfin, que l’aide relationnelle, si ce nom perdure, soit inscrite explicitement dans la continuité et la filiation de l’aide rééducative.

Nous soutenons le principe d’une école inclusive. Elle doit bénéficier des moyens nécessaires à sa mise en œuvre sans remettre en cause les métiers de l’adaptation scolaire. Inclusion et adaptation participent, conjointement, de la lutte contre les inégalités scolaires.

Paris, le 16 novembre 2018

* AFPEN, AGSAS, FCPE, FNAME, FNAREN, CGT-Éduc'action, Sgen-CFDT, SE-Unsa, SNPI-FSU, SNUipp-FSU, SUD-Éducation

Un statut pour les directeurs ? Mauvaise idée.

ven, 16/11/2018 - 10:33
La lettre au ministre 

Monsieur le Ministre de l’Education nationale,

Vous venez d’annoncer une nouvelle organisation administrative de l’école avec à la clé un nouveau statut des directeurs et directrices. S’il y a urgence à améliorer le fonctionnement pédagogique, éducatif et administratif de l’école ainsi que la reconnaissance et l’exercice de la fonction de direction d’école, cela ne peut passer ni par la création d’un statut hiérarchique à l’instar des chefs d’établissements du second degré ni par la réorganisation territoriale des structures.
Nous venons d’organiser les États Généraux de la direction d’école. Réunis dans plus de 60 départements ainsi qu’au niveau national, ils nous ont permis de prendre les avis et analyses de près de 2500 collègues, de partager des constats et de dégager des pistes d’amélioration. Ils ont confirmé que les responsabilités et les tâches liées à la direction d’école n’ont cessé de s’alourdir ces dernières années. Un alourdissement lié aux demandes de l’institution, aux évolutions et à la complexité du métier d’enseignant, mais également aux sollicitations multiples, notamment celles des collectivités territoriales. Cet empilement de tâches réduit la part du travail de direction consacrée à l’animation pédagogique et à la coordination de l’équipe. Alors que dans le même temps, les derniers emplois aidés dévolus à l’aide administrative à la direction et au fonctionnement de l’école ont été supprimés.
Par ailleurs, les directeurs et directrices demandent que l’institution prenne davantage en compte leurs spécificités et leurs responsabilités et ainsi reconnaisse l’identité professionnelle du directeur d’école, comme une personne plurielle.
Votre réponse à ces problématiques par la création d’un statut de direction n’est pas appropriée. Un tel statut ne ferait que renforcer la position administrative des directrices et directeurs, les éloignerait des adjointes et adjoints et instaurerait des relations managériales au sein des équipes. Le tout sans répondre aux difficultés posées.
Pour améliorer la gestion des écoles, les directrices et directeurs ont avant tout besoin de temps, de personnels supplémentaires pour aider au fonctionnement de l’école et d’une formation autour de la dynamique collective ainsi que l’élaboration et l’impulsion de projets communs. Tout cela est à l’opposé du nouveau maillon hiérarchique que vous préconisez. Or, depuis toujours, les écoles fonctionnent très bien sans autorité hiérarchique en leur sein. L’ensemble des enseignants des écoles, directrices et directeurs comme adjointes et adjoints, nous disent leur attachement au collectif de travail, avec le conseil des maîtres, pour répondre aux besoins des élèves et favoriser leurs réussites. L’intérêt des élèves, le bon fonctionnement de l’école, la reconnaissance des personnels engagés pour une meilleure réussite de tous exigent donc de toutes autres mesures concrètes répondant réellement aux préoccupations des personnels et de l’école.
Pour autant, la reconnaissance d’un rôle spécifique pour les missions de direction d’école est indispensable mais ne peut se traduire par un statut hiérarchique qui ne soulagerait pas le directeur ou la directrice dans ses tâches et l’isolerait au sein des équipes.

Avant toute décision hâtive, qui consisterait à apporter une réponse toute faite à un constat complexe, le SNUipp-FSU vous demande solennellement de prendre le temps de la discussion telle que prévue dans l’agenda social, et ainsi de tenir compte de la parole des enseignants sur la réalité du rôle, des missions et du quotidien des directeurs et directrices.

Veuillez croire, monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation. 

Les AESH aux urnes

mar, 13/11/2018 - 09:10

Les besoins importants d’accompagnement pour assurer la scolarité des élèves en situation de handicap dans de bonnes conditions font que leur nombre dans les écoles et établissements a considérablement augmenté ces dernières années. Les AESH sont intégrés dans les équipes éducatives et leur rôle auprès des élèves est reconnu.

Ces personnels pourront élire leurs représentants pour siéger dans les commissions consultatives paritaires académiques (CCP) et dans les comités techniques académiques et ministériels. Les questions qui concernent les accompagnants sont traitées dans ces instances et la tenue de groupes de travail spécifiques permet d'obtenir des avancées en terme de gestion des personnels, des salaires ou des conditions de travail. 

Car il est grand temps de se pencher sur ce métier qui, plus de quatre ans après la parution du décret fixant leurs conditions de recrutement et d’emploi, reste une simple fonction ou mission aux conditions de contrat précaires.

Pour tout savoir sur les élections professionnelles, Lire le "4 pages"  AESH  

L'urgence d'un vrai statut 

Un statut de la Fonction publique, un travail à temps complet et un meilleur salaire sont les préalables pour la reconnaissance d’un vrai métier. C’est ce que le SNUipp et la FSU revendiquent pour tous les accompagnants des élèves.

Faire le choix du SNUipp et de la FSU, c’est conforter un syndicalisme qui a fait de la résorption de la précarité l’une de ses batailles et qui s’est engagé dès le début à défendre les droits et les conditions d’emploi des personnels contractuels.

Près de 100 000 enseignants des écoles en grève

lun, 12/11/2018 - 12:09
Le communiqué du SNUipp-FSU

Près de 100 000 enseignants des écoles en grève

Aujourd’hui lundi 12 novembre, 25% des enseignants du premier degré sont en grève dans le premier degré pour exiger un autre budget et une autre politique éducative.

Le nombre de postes prévus pour le premier degré (2 325) dans le projet de budget 2019 reste largement insuffisant pour accompagner l’abaissement à trois ans de l’âge de l’instruction obligatoire et poursuivre le dédoublement des classes de CP et CE1 en REP et REP+ qui nécessitent 5 000 postes selon ses propres estimations.

Pour y faire face, mais aussi pour répondre aux besoins, le ministère devra prélever des postes en maternelle, dans l’école rurale, dans le dispositif « Plus de maîtres » et également dans le second degré. Hors classes dédoublées, les effectifs restent très élevés avec 41,7% des classes comptant 25 élèves et plus.

Le ministre prône le dialogue mais pratique le monologue. Il a beau déclamer la confiance sous toutes ses formes, les enseignants ne vivent que mise au pas et soupçon. De la diffusion des "bonnes pratiques" sur la lecture, à la révision des programmes sans bilans ni débats et à la mise en place de tests neuro-éclairés en CP et CE1, le ministre veut déposséder les enseignants de leur professionnalité.

Il est inacceptable de les voir réduits à un simple rôle d’exécutants et sommés de mettre en pratique des recettes miracles qu’aucun bilan, aucune recherche ni évaluation ne confortent. Privée des moyens nécessaires à son bon fonctionnement et d’une politique éducative ambitieuse, l’école ne pourra pas répondre aux vraies questions qui lui sont posées aujourd’hui : s’attaquer aux inégalités scolaires et permettre la démocratisation de la réussite de tous.

Les enseignants du premier degré, en grève revendiquent un plan d’investissement massif dans l’école et une toute autre politique éducative s’appuyant sur leur expertise. Le ministre se doit de leur répondre.

Paris, le 12 novembre 2018

Colloque métier les 27 et 28 novembre

lun, 12/11/2018 - 10:29

Concepteurs de leur métier et non simples exécutants,  les professeurs des écoles tiennent à leur pouvoir d'agir. C'est ce que rappellera les 27 et 28 novembre le colloque national du SNUipp-FSU "Enseigner : un métier d'exécutant ou de concepteur ? Quels savoirs et quelles pratiques pour démocratiser l'école ?" 

Philippe Meirieu interviendra sur ce respect essentiel de la professionnalité enseignante, Roland Goigoux sur "comment s'approprier la prescription" et Dominique Cau-Bareille les incidences sur le bien-être / mal-être enseignant. Des tables rondes donneront également la parole à des équipes engagées dans des réflexions pédagogiques et didactiques, en lecture, en mathématiques. Enfin, le Groupe français d'éducation nouvelle (GFEN) propose plusieurs ateliers sur l'écriture des élèves ou encore la numération.

Le programme

Inscriptions

Incriptions en ligne ici.

Stop à l’évaluationnite au CP !

ven, 09/11/2018 - 11:27
Le communiqué du SNUipp-FSU 

STOP à l'évaluationnite au CP !

Des enseignants de CP sont destinataires d’« évaluations d’automne » diffusées par la DGESCO, dans le cadre du « dispositif 100% de réussite avec pilotage renforcé ».
Les élèves de ces classes sont soumis à la répétition annuelle de trois protocoles d’évaluations qui s’ajoutent aux deux sessions d’évaluations nationales.
Cet empilement interroge à plus d’un titre. En premier lieu, la réitération d’évaluations, même courtes, impacte le temps consacré aux apprentissages. Etrangères au vécu de la classe, elles interrompent également les dynamiques d’apprentissage et constituent des ruptures dans les progressions conçues par les enseignants.
Par ailleurs, ces évaluations supplémentaires sont calquées sur les progressions des protocoles de l’association « Agir pour l’école », expérimentés dans une partie des écoles concernées. Ont-elles pour objectif de démontrer que les élèves qui ne suivent pas les protocoles de cette association sont « en difficulté », au contraire de ceux qui en « bénéficient » ? Il n’est pas acceptable qu’une évaluation proposée par la DGESCO soit articulée à des protocoles construits par une association étrangère à l’Éducation nationale. L’école doit être protégée de toute ingérence de structures privées sur les pratiques de classe.
Le « dispositif 100% de réussite », présenté comme justifiant ces évaluations ne doit pas s’imposer comme un cadre « dérogatoire » où les enseignantes et les enseignants se verraient dépossédés de leur expertise et de leur liberté pédagogique, pourtant inscrite au Code de l’éducation. Ces évaluations périodiques visent de fait à imposer méthodes et progressions aux enseignants, ce qui n’est pas acceptable.

C’est pourquoi le SNUipp-FSU intervient auprès de la DGESCO sur ces évaluations supplémentaires et soutient les équipes qui useraient de leur pleine liberté pédagogique en refusant de les faire passer.

Permutations : le calendrier 2018-2019

ven, 09/11/2018 - 09:50
Le calendrier des opérations pour la rentrée 2019

Le BO n°5 spécial du 8 novembre

Psy-ÉN : retour aux urnes

jeu, 08/11/2018 - 11:43
Pour :
  • le respect du statut, des missions nationales, des conditions de travail en accord avec la déontologie des psychologues ;
  • une conception du rôle du Psy-ÉN qui prenne en compte l’enfant et l’adolescent dans sa complexité, son développement psychologique et social, son rapport aux savoirs et à l’avenir ;
  • une structuration du corps sous la forme d’un service de psychologie de la maternelle à l’enseignement supérieur, non assimilable aux pôles médico-sociaux et comparable pour les deux spécialités ;
  • un plan de recrutement visant la norme européenne d’un psy pour 800 élèves.
Avec vous, des élus engagés pour défendre et revaloriser notre métier

Nous ne voulons pas d'une école archaïque

jeu, 08/11/2018 - 10:51
La tribune

à cette rentrée, le ministre, sous couvert d'avancées scientifiques, d'un bon sens et d'une simplicité enfin retrouvés qui séduisent l'opinion, entreprend de modifier en profondeur les fondements de l'école. Il en oublie des pans entiers de la recherche, et le dialogue pourtant capital avec la communauté éducative. Le résultat en est un appauvrissement dramatique des finalités et des objectifs que l’Ecole doit se donner pour répondre aux enjeux.

La réécriture des programmes imposée pendant l'été et la mise en place d'évaluations standardisées au CP et au CE1 visent à imposer sa conception de l'école basée sur une approche technicisée des apprentissages où tout serait évaluable et quantifiable en permanence. Et où l'enseignant serait réduit à un rôle de technicien, loin de son rôle de concepteur d’apprentissages adaptés aux besoins.

Certaines écoles sont les cibles d'expérimentations des protocoles désincarnés tels que ceux proposés par "Agir pour l'école" – une association proche du ministre – en lieu et place d’une pédagogie humaniste prenant en compte la globalité de chaque enfant. L'apprentissage de la lecture y est considéré comme un acte mécanique, réduit à du décodage, et non plus comme une entrée dans la culture de l'écrit. Cette menace d'uniformisation des apprentissages prive les élèves de construire les liens, porteurs de sens, entre les savoirs scolaires et leurs expériences personnelles et collectives, que ce soit à l'école maternelle ou élémentaire, dans les familles, ou au sein des associations complémentaires de l'école et les empêche de développer leur capacité de penser et de créer, accentuant ainsi les inégalités scolaires.

Syllabique et difficultés de lecture

Ce retour à des pratiques archaïques ne répond pas aux attentes de nombreuses familles qui souhaitent que leurs enfants trouvent à l’école des sources d’épanouissement. Celles qui en ont les moyens financiers se tournent alors vers des écoles privées (Montessori ou autre). Ainsi, la vision rétrécie de l’école que propose notre ministre ne peut que creuser les ségrégations scolaires.

Pourtant, à la fin des années 60, alors que la méthode syllabique régnait sans partage, les premières statistiques furent sans appel : un appelé du contingent sur deux était incapable de comprendre un article de presse très simple. Dans les années 70, l'accès généralisé au collège a mis en évidence les limites d'un apprentissage centré sur le décodage et l'impossibilité pour de nombreux élèves de réussir leur scolarité secondaire. Tout en prétendant lutter contre les inégalités et inclure tous les élèves, n'est-ce pas là ce que le ministre prend le risque de réserver aux élèves de l'école publique et particulièrement à ceux dont la culture familiale est éloignée de celle de l’école ? Les évaluations internationales ont pourtant déjà alerté sur la corrélation entre les inégalités scolaires et les inégalités sociales et sur la difficulté des élèves français non pas à déchiffrer, mais à lire – c’est-à-dire comprendre – des textes écrits.

Choisir maintenant, sous couvert de "modernité", un retour à cette conception des apprentissages, acte le renoncement à l'ambition d'une école émancipatrice pour tous et toutes. Ce programme ministériel s'inscrit dans une vision utilitariste et archaïque de l'école que nous dénonçons.

Les signataires de cette tribune portent l'exigence d'une école dans laquelle des enseignants seraient sérieusement formés notamment à un enseignement de la lecture efficace et émancipateur, ce qui les conforterait dans leur capacité à opérer, dans la vie quotidienne de chaque classe, les choix pédagogiques et didactiques les plus pertinents et ce, afin de porter l’ambition de former des lecteurs intelligents et critiques permettant la construction d’un citoyen libre et éclairé.

Les signataires

AFEF, CGT, FCPE, GFEN, ICEM, Ligue de l’enseignement, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SIEN-UNSA, SNPI-FSU, SNUipp-FSU, SUD-éducation.

Pauvreté et ségrégation scolaire, ça suffit

mer, 07/11/2018 - 19:41
La tribune

Nous, mouvement ATD Quart Monde, syndicats d’enseignants, fédérations de parents d’élèves, mouvements pédagogiques, constatons que beaucoup d’enfants de familles en situation de grande pauvreté suivent une scolarité qui ne leur permet pas de devenir des citoyens à égalité de droits avec les autres. Cette injustice peut être combattue et l’école a la possibilité d’y jouer un rôle important. Nous lançons un appel pour que des écoles et des collèges construisent des projets dans ce sens. 

Le constat

Nous le savons, au-delà des apparences, tous les enfants de France ne suivent pas jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire, un parcours identique. Parallèlement au cursus le plus courant, il existe l’enseignement adapté (SEGPA par exemple) pour les enfants "présentant des difficultés d’apprentissage graves et durables" et l’enseignement spécialisé (ULIS, IME, ITEP…) pour les enfants en situation de handicap. Les enseignements adaptés et spécialisés ont évidemment leur raison d’être, mais reçoivent-ils véritablement le public pour lequel ils ont été créés ?

Lorsqu’on interroge des adultes en situation de grande pauvreté sur leur histoire scolaire, un grand nombre d’entre eux parle de leur passage par l’enseignement adapté ou spécialisé, avec, au terme de cette scolarité, l’impasse d’un manque de formation. La pauvreté affecte souvent le bagage culturel de ceux qui en sont victimes. Mais ils ont sur leur propre histoire un regard particulièrement perspicace. Là où la situation est grave, c’est que, aujourd’hui, leurs enfants ont les mêmes parcours scolaires. S’ils rencontrent des difficultés, celles-ci sont très vite jugées comme ne pouvant être prises en charge par l’école ordinaire. Comment se fait-il que ce ne soit pas le cas avec des enfants de milieux favorisés ? Les statistiques montrent bien ce phénomène : la majorité des élèves de SEGPA, d’ULIS pour troubles intellectuels et cognitifs, d’IME et d’ITEP est issue de milieux défavorisés.

Ces orientations des enfants de milieux défavorisés les situent d’emblée dans des formations dont les ambitions ne sont pas celles de l’école « ordinaire ». à titre d’exemple, très peu d’élèves de SEGPA préparent le Diplôme national du brevet et seulement 37 % d’entre eux obtiennent un CAP, souvent non choisi par le jeune. Quant aux élèves d’ULIS, d’IME, d’ITEP, les statistiques ne sont même pas disponibles.

à ces orientations s’ajoute une autre situation tout aussi problématique et dont on ne parle pas. Il s’agit de ces enfants auxquels la MDPH attribue un(e) AVS (auxiliaire de vie scolaire), afin de les maintenir dans le cursus ordinaire. Mais l’AVS n’est souvent présente que quelques heures par semaine. Il arrive trop fréquemment que l’Éducation nationale ne propose pas d’autre solution en l’absence de l’AVS que de garder l’enfant à la maison, se mettant par là en défaut avec la loi, ce qui peut entraîner pour l’enfant un nombre d’heures d’école très réduit. Qu’en est-il alors du droit à l’éducation ?

Tout cela est cause de beaucoup de souffrances et d’inégalités sociales : souffrance des enfants qui se sentent dévalorisés, qui se pensent comme les exclus de l’école ; souffrance des parents qui avaient mis tous leurs espoirs dans l’école pour que leur enfant ne vive pas ce qu’ils ont vécu ; et souffrance des enseignants dont beaucoup contribuent douloureusement à ces orientations, percevant que ce n’est pas la solution, mais ne voyant pas comment faire autrement.

Sortir de la fatalité

Ce gâchis ne peut pas continuer comme si c’était une fatalité. Nous sommes devant une injustice faite aux enfants de familles pauvres. Ces orientations contribuent fortement à la reproduction de la grande pauvreté en enfermant ces familles dans un cercle vicieux « pauvreté → scolarité difficile→ orientation subie vers l’enseignement adapté ou spécialisé → pauvreté » dont elles ne peuvent sortir seules. Elles sont le résultat de la responsabilité collective d’une société qui ne se donne pas les moyens de rompre avec cette reproduction, pourtant identifiée depuis longtemps par bon nombre de sociologues.

Partager les richesses de l’école et croiser les expertises, dont celle des parents

Riche de l’engagement des enseignants, l’école peut faire autrement. C’est pour cela que depuis deux ans, le mouvement ATD Quart Monde mène un travail sur ce sujet afin de permettre à tous les enfants, quel que soit leur milieu d’origine, d’accéder à une formation humaine, citoyenne, professionnelle ambitieuse. Dans ce travail, la parole des parents est primordiale. Par leur savoir de vie, ils sont les experts dont l’école a tort de se priver. Lors d’un colloque de chercheurs et de professionnels, en avril 2018, des parents disaient : « Comme parent, on sait combien ça blesse un gamin quand il est traité de fou. Souvent on a vécu nous-mêmes l’échec scolaire, l’humiliation quand on était enfant. On veut éviter ça pour nos enfants et pour tous les enfants ».

C’est en croisant le savoir des parents, le savoir des professionnels et le savoir de la recherche que l’on trouvera comment faire cesser cette injustice. Des enseignants, des équipes pédagogiques, des écoles et des collèges, se sont déjà engagés dans ce sens, en s’appuyant sur la co-éducation avec les parents et en mettant en œuvre des pratiques notamment de coopération, au profit de tous, même des meilleurs, et qui permettent aux enfants de se sentir reconnus comme capables de penser et d’apprendre, de s’intéresser, de participer, sans s’ennuyer et sans décrocher. C’est tout cela qui porte en germe une école véritablement pour tous, une école qui ne se déclare pas incompétente devant les difficultés scolaires de ses élèves.

Appel aux écoles et collèges volontaires

Nous lançons un appel pour que des écoles et des collèges, accompagnés de chercheurs, acceptent d’expérimenter des dispositifs pédagogiques et structurels qui permettent que plus aucune décision d’orientation ne soit prise pour cause de pauvreté. Nous souhaitons que la richesse pédagogique des enseignants spécialisés puisse être mise au service des élèves, individuellement, en petits groupes, et au sein des classes ordinaires, sans perte de moyens, afin d’inclure tous les enfants. Le développement actuel de l’inclusion de certains élèves de SEGPA ou d’ULIS dans les classes ordinaires va dans le bon sens. Mais ce mouvement est encore trop timide, il doit être largement amplifié.

Notre appel va aussi vers tous les acteurs des procédures d’orientation, Éducation nationale et MDPH. Il faut réexaminer sérieusement ces procédures, faire un examen critique des critères d’orientation et de leur usage, dont la « mesure du QI » assez largement remise en cause par la recherche.

Aucun enfant, aucun jeune, ne doit se sentir indigne et exclu d’une scolarité normale avec tous les autres. Ce scandale doit cesser. Il ne sert à rien de s’indigner contre la pauvreté si, dans le même temps, notre société ne se donne pas les moyens de mettre tous les jeunes en capacité de s’insérer dans la vie professionnelle et d’exercer pleinement leur citoyenneté.

Les signataires

Raymond Artis, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), Stéphane Bonnéry, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université Paris Vincennes-Saint Denis, Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation à l’université Paris Descartes, Dominique Bucheton, professeure des universités en sciences du langage et de l’éducation, à l’Université de Montpellier, Catherine Chabrun, rédactrice en chef du "Nouvel Éducateur", la revue de l’Institut coopératif de l’école moderne (ICEM-FREINET), Sylvain Connac, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université Paul-Valéry-Montpellier, Stéphane Crochet, secrétaire général du Syndicat des enseignants de l’union nationale des syndicats autonomes (SE UNSA), Gilles Demarquet, président de l’association de parents d’élèves de l’enseignement libre (APPEL), François Dubet, sociologue, ex-directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Hugo Dupont, maître de conférences en sociologie à l’université de Poitiers, Laurence Fourtouill, présidente de la Fédération nationale des associations des rééducateurs de l’Éducation nationale (FNAREN), Marie-Aleth Grard, vice-présidente d’ATD Quart Monde, Rose Join-Lambert, présidente de l’Association des groupes de soutien au soutien (AGSAS), Dominique Lahanier-Reuter, professeure en sciences de l’éducation à l’université de Bordeaux, Isabelle Lardon, secrétaire du Groupe français éducation nouvelle (GFEN), Claude Lelièvre, professeur d’histoire de l’éducation à Paris-Descartes, Michel Lussault, géographe, professeur à l’ENS de Lyon et directeur de l’école urbaine de Lyon, Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation à l’université Lyon-Lumière, Régis Metzger, co-secrétaire général du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp FSU), Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Syndicat général de l’éducation nationale de la Confédération française démocratique du travail (SGEN CFDT), Roseline Ndiay, présidente du Cercle de recherche et d’action pédagogiques (CRAP), Serge Paugam, sociologue, directeur d’études et responsable de la formation doctorale Sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Gérard Pommier, président de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP), Patrick Rayou, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris Vincennes-Saint Denis, Yves Reuter, professeur en didactique à l’université de Lille, Jean-Yves Rochex, professeur de sciences de l’éducation à l’université de Paris Vincennes-Saint Denis, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES FSU).

Élections professionnelles : que font vos élu/es ?

lun, 05/11/2018 - 14:14
Le rôle des représentants du personnel

Des dizaines d’appels et de mails à traiter, c’est le quotidien des équipes du SNUipp-FSU. En période de carte scolaire, de mouvement et de promotion notamment, le rythme s’accélère et les militants du SNUipp écoutent, expliquent, démêlent, conseillent et réconfortent des personnels inquiets, parfois en souffrance et pour beaucoup perdus dans le dédale des opérations administratives. Rappeler un point d’une circulaire, vérifier un barème, calculer des effectifs, chercher dans les textes règlementaires, accompagner une enseignante et répondre à un inspecteur pointilleux, mais aussi préparer la prochaine commission paritaire avec le souci permanent de l’équité et de la transparence dans chaque opération administrative, c’est ce pourquoi sont élus des représentantes et des représentants syndicaux.

Le Comité technique Ministériel 

Le CTM est consulté sur la question des moyens qui donne lieu ensuite à l'établissement de la carte scolaire. Il étudie l'ensemble des textes réglementaires, la politique indemnitaire et les questions d’égalité professionnelle. Il s'occupe de l'ensemble des questions relevant de la compétence du ministère de l'Éducation nationale. 

Le Comité Technique Académique 

Le CTA  examine les moyens en poste afin de proposer des implantations, des suppressions pour établir la carte scolaire. Il traite aussi de la question des postes d’accompagnement.

La Commission administrative paritaire nationale

La CAPN s’occupe pour le premier degré notamment des permutations interdépartementales et des départs en stage longs en ASH.

La commission administrative paritaire départementale 

La CAPD s’occupe de la carrière des enseignants des écoles et des détachés en France et hors de France : mouvement, promotions, ineat-exeat, temps partiels, disponibilités, congés de formation, liste d’aptitude.

Au cœur de la profession

Le rôle du SNUipp c’est aussi d’organiser des rencontres avec la profession où chacun est invité à exprimer ses préoccupations professionnelles et son point de vue. Le SNUipp est animé par des militants qui sont avant tout des enseignants, au fait des préoccupations du terrain, qui entendent améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants. Dans toutes les instances et partout en France, le SNUipp et ses quelque 1 000 délégués sont un rempart contre les abus, agissent pour construire des règles communes, solidaires, loin de tout arbitraire et œuvrent à la promotion d’une école de la réussite pour tous les élèves. 

La "vérité des prix" sur le temps de travail enseignant

ven, 02/11/2018 - 11:54

Quelle réalité du travail enseignant sur une semaine?
C'est ce que veut mettre à jour le SNUipp-FSU par une enquête flash auprès de la profession du 12 au 16 novembre. Un compteur en ligne sera ouvert donc soyez nombreuses et nombreux à entrer l'intégralité du temps que vous consacrez sur une semaine à la classe, sa préparation, les corrections, les réunions... afin d’apporter publiquement la preuve qu’il est nécessaire de réduire le temps de travail des enseignants.

Le temps de travail enseignant comporte toute une partie de "travail invisible", méconnu du grand public et peu pris en compte par l'institution. En plus des 24 heures devant élèves, s'ajoutent trois heures hebdomadaires (108 heures sur l'année) dans lesquelles est censée tenir une liste sans cesse grandissante de tâches à effectuer : conseils des maîtres, rencontres avec les familles ou encore conseils d’école et animations pédagogiques. Sans oublier les 10 minutes d'accueil le matin et l'après-midi. Enfin, il y a toute la préparation des journées de classe et les corrections. 

Alourdissement

Une étude de la Depp de 2013 a calculé que ce temps de travail dépasse les 44 heures par semaine et qu'à elles seules les relations avec la communauté éducative (réunions enseignantes et avec les parents) "consomment" les trois heures par semaine prévue hors la classe.
Depuis cette étude, la réalité s'est encore alourdie avec les équipes éducatives à organiser pour les élèves en situation de handicap, les incessants tableaux à remplir tout comme les livrets scolaires numériques. Cela déborde, à tel point que le ministère envisage tout bonnement de placer la formation continue en dehors du temps scolaire... 

Le compteur en ligne

Le SNUipp-FSU se mobilise depuis longtemps sur cette question. Tout d’abord pour demander la réappropriation du temps d’APC (activités pédagogiques complémentaires, 36 h annuelles) afin que les équipes puissent s’en saisir selon leurs besoins. Prévues pour l’aide à la difficulté scolaire ou le travail personnel, elles sont souvent devenues « du soutien » et une contrainte pour les élèves comme pour les enseignants. Cette action de réappropriation a permis notamment de poser publiquement la question du temps de travail enseignant

L'action se poursuit avec une enquête "flash" du SNUipp-FSU auprès de la profession d'entrer toutes les heures consacrées au métier sur une semaine. Ces données permettront d'entamer des discussions avec le ministère sur cette question du temps de travail.L’action se poursuit avec une enquête « flash » auprès de la profession du 12 au 16 novembre 2018. Les enseignants des écoles sont invités à transmettre toutes leurs heures de travail en moyenne sur une semaine. Il s’agira de mettre à jour ce temps réel afin d’entamer des discussions au ministère.

Pour entrer vos heures, c'est ici.

Le ministre nous donne des devoirs

dim, 21/10/2018 - 18:09

« Pour vous accompagner dans votre travail quotidien, des repères annuels de progression ont été élaborés du CP à la classe de 3e. Le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse a souhaité engager une large consultation du 18 octobre au 4 novembre 2018 (…) ». C’est par ce message sur leur boîte mail que les enseignantes et les enseignants des écoles ont été invités à occuper leurs vacances au cas où ils n’auraient rien de mieux à faire. Mais de qui se moque-t-on ? Alors même que des ajustements à des programmes qui n’avaient pas deux années d’existence ont été imposés avant les vacances d’été, le ministre diffuse dès à présent des repères annuels de progression accompagnés d’attendus pour le français et les mathématiques. Il invite les enseignants à donner leur avis sur les nouveaux repères annuels pendant… les vacances.
Prétendant vouloir favoriser une appropriation par les professeurs, il fait fi de la nécessaire analyse collective de ces nouveaux documents, renvoyée à un acte individuel.

Des repères rejetés au CSE

Tout cela est bien sur présenté dans un souci de transparence et pour permettre « de recueillir les avis et les suggestions des professeurs ». Cela donnera surtout l’occasion au ministre d’affirmer face caméra que les enseignants ont été consultés.
Rappelons que l’idée même de repères annuels avaient été rejetée par la majorité de la communauté éducative au Conseil supérieur de l’éducation, car ils viennent contredire les anciens repères de progressivité et remettre en cause le fonctionnement de l’école par cycle.
Décidément, l’école de la « confiance » n’est pas au bout de ses surprises en cette période où les enseignants ont pourtant bien besoin de soutien dans l’exercice de leur métier.

Retrouver du pouvoir d'agir

dim, 21/10/2018 - 15:22

"Notre force et notre conviction : notre pouvoir d'agir", tel est le titre de l'appel lancé par le SNUipp-FSU à l'occasion de sa 18e Université d'automne les 19, 20 et 21 octobre à Port-Leucate. Un appel pour qu'enfin les enseignantes et enseignants soient écoutés et respectés, comme acteurs essentiels de la lutte contre l'échec scolaire et les inégalités grandissantes. Un appel pour le respect de la liberté pédagogique et des savoir-faire enseignants.

Durant trois jours, les plus de 400 participants, mêlant enseignants et chercheurs, ont débattu de l'école et de ses enjeux, rappelant combien le métier se complexifie et exige une expertise que le ministère doit enfin reconnaître. à l'inverse, ce à quoi on assiste depuis des mois, c'est un ministre qui s'adresse à l'opinion publique et à la presse plutôt qu'à celles et ceux qui font classe chaque jour. Il impose des "bonnes pratiques", des recettes "magiques" et une culture de l'évaluation visant à piloter le système. 

Pas de simples exécutants

Ce faisant, il dépossède les enseignants et enseignantes de leur expertise, les réduisant au rôle de simple exécutants.

La "méthode Blanquer", ce sont des ajustements de programmes décrétés alors qu'il ne devait pas y avoir de nouvelle loi pour l'école... C'est un guide orange édité pour dire aux enseignantes et enseignants de CP comment faire leur travail. Ce sont enfin des évaluations CP et CE1 imposées, aux items inadaptés, anxiogènes, que les PE ont dû faire remonter sans être associés à la correction ou à l'interprétation. Alors même que de nombreuses équipes n'avaient pas encore saisi ces réponses, le ministre s'est empressé de commenter dans la presse des résultats aux fondements scientifiques discutables, mettant en exergue les échecs des élèves plutôt que leurs réussites.

Le SNUipp-FSU rappelle donc l'importance de l'école et de la confiance en ses personnels pour faire progresser es élèves et le système éducatif dans son ensemble. Le métier est d'adapter les pratiques aux besoins des élèves dans le cadre défini par les programmes. Le métier repose sur le principe de "tous et toutes capables" plutôt que sur un tri précoce du bon grain et de l'ivraie.

Pour mener à bien leur mission, les enseignantes et enseignants réfléchissent à leurs pratiques. Ils ont besoin d'une formation continue régulière et ambitieuse qui croise la recherche sous formes d'allers et retours entre la pratique et la théorie. Ce n'est pas de directives dont ils ont besoin mais d'apports pour construire une relation pédagogique prenant en compte la diversité des élèves et se confronter à d'autres manières d'enseigner. L'école de la confiance, la vraie, doit se baser sur leur capacité à innover, à imaginer, à transformer les apports de la recherche en activités d'apprentissage. D'où l'importance de retrouver du pouvoir d'agir, du collectif de travail et de savoirs face à des méthodes toutes faites.

Pour signer l'appel

Pas de réchauffement pour les salaires

ven, 19/10/2018 - 09:42

« Nous améliorerons le pouvoir d'achat de tous les travailleurs»  voilà une promesse du candidat Macron à la présidence de la République qu'il n'applique pas aux cinq millions de salariés de la Fonction publique. 

Le communiqué de la FSU

Toujours aucune revalorisation salariale pour plus de 5 millions d'agents de la Fonction publique !

Faut-il une nouvelle fois rappeler la promesse d'Emmanuel Macron lorsqu'il était candidat à l'élection présidentielle : « Nous améliorerons le pouvoir d'achat de tous les travailleurs» ?

La FSU regrette que le gouvernement n'ait pas fait ce choix pour ses propres agents de la Fonction publique ! Pire, il organise la baisse de leur pouvoir d'achat à travers un certain nombre de mesures : hausse de la cotisation pour la retraite, blocage de la valeur du point d'indice, hausse de la CSG mal compensée, retenues pour maladie, revalorisation reportée de PPCR… et prévoit de creuser un peu plus les inégalités qui existent déjà entre les agent-es par des mesures dites d'individualisation prévues dans le « nouveau contrat social » avec les agent-es (salaires au mérite, développement de l'indemnitaire…).

Alors qu'une nouvelle réforme des retraites se prépare qui mettra au coeur du niveau des pensions la politique salariale, alors que le gouvernement dit vouloir réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique, celui-ci ne fait pas de la revalorisation salariale un objectif majeur.

Le rendez-vous salarial de juin dernier n'a répondu à aucune des attentes des agents. La FSU a contesté les pistes envisagées: sécuriser le pouvoir d'achat dans un cadre « soutenable » de budget contraint, modifier la structure des rémunérations en donnant plus de poids aux indemnités et moins au traitement indiciaire, reconnaitre plus le mérite comme levier de gestion des ressources humaines… et critiqué la manière dont sont traités certains sujets, toujours à charge pour ce qui est de l'indiciaire et des composantes telles que la NBI, le supplément familial ou l'indemnité de résidence que le gouvernement à le projet de remettre en question.

Travail, qualifications et engagement professionnel des agent-es doivent être réellement reconnus.

La FSU exige la revalorisation du point d'indice mais aussi des discussions qui, suites au protocole PPCR, permettraient d'améliorer encore les déroulements de carrières, d'harmoniser davantage les grilles de rémunérations et de reconnaître mieux les qualifications.

Revaloriser les salaires des agents ce serait reconnaître mieux leur travail, leurs qualifications et leur engagement professionnel. Ce serait également contribuer à une meilleure reconnaissance de la Fonction publique et à son attractivité.

Les lilas, le 17 octobre 2018

Haro sur le mouvement

ven, 19/10/2018 - 09:06

A l’occasion d’un groupe de travail ministériel l’administration a soumis aux organisations syndicales le projet de texte encadrant les opérations du mouvement départemental 2019. Un projet qui contient pour le SNUipp-FSU, le SE-Unsa, le Snudi-FO et la CGT Educ’action des dispositions inacceptables.
Le texte prévoit en effet que la seconde phase du mouvement, qui existe encore dans de nombreux départements serait supprimée partout. Les personnels à titre provisoire ne pourraient donc plus effectuer qu’une seule saisie des vœux.
Il serait par ailleurs, imposé de candidater sur des zones géographiques et/ou à des typologies de postes, avec des affectations à titre définitif à la clé pour la plupart des personnels, y compris sur des postes non demandés.
Des enseignants se verraient donc de fait « prisonniers » d’un poste obtenu par vœu géographique forcé. De plus, serait remise en cause l’ancienneté générale des services (AGS) dans le barème du mouvement.
Il est enfin prévu que dans les départements, les notes de service « Mouvement » ne soient plus discutées en CAPD mais en CTSD, privant ainsi les commissions paritaires d’une partie de leurs prérogatives.
Autant de mesures qui dégraderaient à nouveau les conditions d’une opération importante pour la vie professionnelle et privée des enseignantes et des enseignants des écoles.

Déclaration intersyndicale

Dans une déclaration lue à l’occasion du groupe de travail, les quatre syndicats ont affirmé s’opposer à ces nouvelles dispositions et revendiquent :

  • le maintien de l’AGS comme élément essentiel du barème pour tous les postes ;
  • la suppression des postes profilés au profit de postes à exigences particulières ;
  • le maintien de la seconde phase du mouvement dans les départements où elle existait et leur rétablissement dans les autres ;
  • le maintien de l’affectation sur des postes précis et non sur des zones, Le respect du caractère non obligatoire des vœux géographiques ;
  • l’affectation à titre provisoire des enseignants actuellement sans poste à titre définitif et qui n’obtiendraient aucun poste précisément demandé au mouvement ;
  • l’examen des notes de service départementales du mouvement en CAPD ;
  • l’augmentation du nombre de vœux.

Un courrier sera adressé au ministre, lui demandant des réponses favorables à toutes ces demandes. Faute de quoi, la mobilisation des personnels serait à l’ordre du jour.

Refus de priorité pour l’éducation prioritaire ?

ven, 19/10/2018 - 09:05
Le communiqué

Le rapport de la Cour des comptes, paru une semaine après l’annonce ministérielle du report d’un an de la refonte de la carte de l’éducation prioritaire, est bien obligé de reconnaître les effets positifs de la politique de REP et REP+. Certes, celle-ci ne permet pas de réduire suffisamment les inégalités de départ mais elle a réussi à stopper les effets de la dégradation de la situation sociale des familles dans les quartiers populaires. Et sans cette politique la situation serait plus dégradée encore.

Une partie des propositions de ce rapport, comme réduire le nombre d’élèves, notamment en dédoublant les classes de grande section ou de CE2 ou développer la mixité scolaire à laquelle l'enseignement privé doit également contribuer sont positives tandis que d’autres tendent à supprimer à terme la labellisation et à revoir radicalement l’affectation des moyens. Le recentrage sur le primaire, afin de n’oublier aucune école est aussi positif. Mais la Cour des comptes recommande de développer l’autonomie des établissements, d’amplifier l’évaluation ou de recruter localement des enseignants en développant des postes à profil. Des préconisations étonnamment en prise avec les orientations du ministre.

Cette succession de rapports de plus en plus orientés ne peut remplacer un bilan objectif de la politique d'éducation prioritaire auquel tous les acteurs de terrain, dont les enseignants en REP et REP+, seraient pleinement associés. De même, mieux cibler les besoins suppose de travailler en amont, en développant la prévention, les allègements de service, la scolarisation des enfants de moins de trois ans, le dispositif « Plus de maîtres »... et pour ce faire d’avoir une enveloppe budgétaire en rapport avec les besoins.

Pour le SNUipp-FSU, l'éducation prioritaire doit rester prioritaire et il ne peut y avoir de territoires abandonnés, ni d'élèves et de familles oubliés. Là où plus qu'ailleurs pèsent inégalités et déterminismes sociaux, l'école ne peut pas tout mais elle peut beaucoup. Pour cela, les choix budgétaires ne peuvent pas se faire en prenant aux uns pour donner aux autres. Les élèves les plus fragiles doivent être pleinement accompagnés tout au long de leur scolarité. Or le sous-investissement budgétaire structurel de notre pays dans l’éducation est la première des injustices auxquelles sont confrontés les élèves des quartiers populaires.

Paris, le 19 octobre

#PasPlusDe20 en EP

jeu, 18/10/2018 - 12:50

"Réduire de cinq élèves  la taille des classe en éducation prioritaire conduirait à une baisse de 46% de l'inégalité de réussite scolaire", notent Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire dans leur étude qui fait référence sur le sujet. Le nombre d'élèves par classes est l'un des leviers de la réussite scolaire et notamment dans les zones en difficulté sociale et scolaire. Le gouvernement en a conscience puisqu'il a fait du dédoublement en CP de Rep+ sa mesure phare mais pour le SNUipp-FSU c'est sur toutes les classes, en éducation prioritaire et en dehors, que la réduction doit être effectuée afin de ne mettre aucune classe ni aucun territoire en concurrence.

En éducation prioritaire, où est la priorité ? En effet, année après année, les chiffres sont là: l'écart entre le nombre d'élèves en EP 21,81 en moyenne et et ceux des autres classes: 22,9 reste très faible, ne permettant pas une prise en compte suffisante de chaque élève et de ses besoins.

C'est pourquoi le SNUipp-FSU renouvelle sa demande d'un effort réel sur les effectifs: #PasPlusDe25 dans les classes mais #PasPlusDe20 en éducation prioritaire. Il lance depuis cette mi-janvier une grande campagne nationale pour que les choses bougent.

D'ores et déjà la revendication est portée dans tous les groupes de travail académiques. Les postes annoncés pour 2018 sont en effet  en deçà des besoins. Les 3 880 postes supplémentaires ne sont même pas suffisants pour assurer le dédoublement prévu en éducation prioritaire: il en faudrait 6 400. Impossible également d'assurer les besoins en remplacement, en "Plus de maîtres" ou encore en Rased. Le risque est grand de mettre en concurrence les écoles, ce qui est inacceptable.

Il est donc important de faire entendre la voix des équipes sur le terrain. Une application en ligne leur sera prochainement mise à disposition pour qu'elles remontent toutes les classes qui dépassent les 25 élèves et 20 en EP.

#PasPlusDe25

jeu, 18/10/2018 - 12:22

109 693 c'est le nombre de classes à plus de 25 élèves par classe dans le primaire en France. Au moment où le dévoilement de la carte scolaire pour 2018 montre une fois de plus l'insuffisance des dotations pour faire face aux besoins, il est temps de réclamer pour l'école de réels moyens et de façon équitable sur le territoire. La taille des classes est un des leviers de la réussite scolaire, les études sont formelles et le gouvernement en est conscient puisqu'il a décidé de dédoubler les CP en REP+. Le SNUipp-FSU, lui, réclame un effort sur l'ensemble des classes du pays: pas plus de 25 élèves par classe et pas plus de 20 en éducation prioritaire.

Depuis une dizaine d'années, le nombre d'élèves par classe en France reste de 23 élèves, bien au-dessus de la moyenne OCDE à 21 et de pays bien classés aux évaluations Pisa comme la Finlande qui compte 19 élèves en moyenne. Pour rattraper cette moyenne il faudrait la création de 13 000 postes classes.

Car la taille des classes a des influences sur les conditions de travail des enseignants et la réussite des élèves. Elle permet plus aisément le travail sur le langage dès la maternelle et jusqu'au cycle 3, le travail de groupes, les manipulations et le suivi de chaque élève. Pascal Bressoux professeur en sciences de l'éducation à l'université de Grenoble Alpes interrogé par Fenêtres sur cours (voir le dossier joint) estime que l'influence de la taille des classes "est d'autant plus forte que les enfants sont jeunes" et il évalue même la réduction à "au moins 5 à 6 le nombre d'élèves/classe pour commencer à en mesurer des effets."

Carte scolaire en deçà des besoins

Or, les dotations 2018 sont une fois de plus bien en deçà des besoins. Avec  3 880 postes annoncés, il sera impossible d'assurer le dédoublement prévu en éducation prioritaire: il en faudrait 6 400. Impossible également d'assurer les besoins en remplacement, en "Plus de maîtres" ou encore en Rased. Le risque est grand de mettre en concurrence les écoles, ce qui est inacceptable. De surcroît, les équipes enseignantes qui scolarisent des élèves à besoins éducatifs particuliers ou perturbateurs ne peuvent rester seules et livrées à elles-mêmes. Cette scolarisation ne peut se faire sans les moyens nécessaires (baisse des effectifs, RASED et notamment aide à dominante relationnelle, formation initiale et continue, accompagnement des élèves en situation de handicap par des personnels formés et qualifiés, enseignants spécialisés itinérants…).

Une campagne nationale

C'est pour cela que le SNUipp-FSU organise une mobilisation nationale: #PasPlusDe25 élèves par classe et pas plus de 20 en éducation prioritaire. Une mobilisation sur toute la période des opérations de carte scolaire dans les départements. Il dépose un préavis national de grève décliné par des alertes sociales dans les départements pour permettre les mobilisations, grève, manifestations, rassemblements… qu’il relayera nationalement. Dans ce cadre il s’adresse aux autres organisations syndicales dans l’objectif d’une expression et d’initiatives communes.

Un temps fort national FSU, le 7 février, permettra d’exiger des moyens pour l’école, de la maternelle à l’université. Enfin, en mars, à l’aide de l’enquête « e-carte scolaire » saisie par les écoles, le SNUipp-FSU dévoilera le nombre de postes à créer pour une école de qualité. Il interpellera le gouvernement avec les parents d’élèves et plus largement la population, pour peser sur les budgets à venir.

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