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Mis à jour : il y a 44 min 12 sec

La retraite par points : ça fait mal aux PE !

ven, 20/09/2019 - 15:54
Le système actuel

Issu du pacte social mis en place à la sortie de la guerre, le système par répartition a déjà connu quelques réformes (2004, 2011, 2014) qui ont conduit à l’augmentation de la durée de cotisation et au recul de l’âge de départ en retraite (voir visuel ci-dessous). Pour autant ce système permet encore aujourd’hui aux fonctionnaires et notamment aux PE de partir avec une pension calculée sur la base des 6 derniers mois d’activités. Une mesure qui permet de compenser un régime salarial en dessous des autres métiers, à niveau égal de recrutement, avec de faibles rémunérations en début de carrière.

Le système par points, Kesaco ?

Tous les mois en fonction de sa rémunération, les cotisations versées sont transformées en points. Elles sont limitées à un pourcentage du salaire. Le cumul des points permettra de définir le montant de la pension. Ce système prend en compte le salaire, mais aussi les primes et indemnités. Ce ne sera pas d’un grand intérêt pour les pensions des PE puisqu’ils et elles n’en touchent quasiment pas. C’est donc l’ensemble de la carrière qui est pris en considération (et plus les six derniers mois ) ce qui pénalise fortement les fonctionnaires et encore davantage les femmes.
Le système par point repose sur une valeur d’achat et une valeur de service.
La valeur d’achat c’est ce que coûte un point. Le rapport préconise pour l’année 2025 et pour un départ à 64 ans que la valeur d’achat soit de 10 euros le point.
La valeur de service c’est ce que vaut un point en euros au moment où on liquide sa retraite. Le rapport préconise pour l’année 2025 et pour un départ à 64 ans que la valeur de service soit de 0,55 euro brut annuel par point. Ainsi 100 euros de cotisations permettent d’acquérir dix points qui donnent ensuite 5,50 euros de rente annuelle.
Mais attention, ce sont les valeurs projetées pour 2025. Le rapport prévoit que ces valeurs soient évolutives chaque année pour maintenir la caisse de retraite à l’équilibre et les dépenses pour les pensions en deçà de 14% du PIB... 

Concrètement 

L’application du nouveau système démarrerait en 2025 pour toutes les personnes nées après le 1er janvier 1963. L’ensemble des avantages acquis seraient recalculés et intégrés dans le nouveau système par points. Tous les droits non contributifs seraient supprimés ou revues. Ainsi la comptabilisation des enfants se fera sur un pourcentage unique de 5%, versé à un seul des parents, supprimant la majoration pour trois enfants.

Ci-dessous, un exemple pour Sandrine née en 1975 avec une carrière « lente » et Franck né en 1972 avec une carrière « accélérée ».

Pour le SNUipp-FSU, un autre projet est possible. Cela passe par l’augmentation des salaires, la reconnaissance des années d’études et de stages, l’aménagement des fins de carrières et la prise en compte de la pénibilité de la fonction de PE. C’est au contraire d’un projet qui permette une revalorisation du niveau des pensions, une éradication des inégalités femmes/hommes, la garantie des droits familiaux et le maintien des pensions de réversion dont notre société a besoin. Ces revendications peuvent se concrétiser, c’est un choix de société supposant une autre répartition des richesses.
Le syndicat mettra en débat ces questions avec l’ensemble de la profession et construira avec eux les mobilisations nécessaires notamment lors des réunions syndicales qui se tiennent partout d'ici aux vacances d'automne. 

Se syndiquer ? Une vraie bonne idée

lun, 16/09/2019 - 10:59

Parce qu’on fait confiance aux représentantes et aux représentants du SNUipp-FSU pour nous informer, nous aider et nous défendre. Parce que le syndicat a été attentif à notre situation, nous a donné une info, un conseil, et que d’autres en auront besoin demain.
Parce qu’on a envie de pouvoir bien faire son travail et que notre professionnalisme a besoin d’être respecté. Pour échanger, réfléchir sur le métier et le faire avancer ensemble.
Mais aussi pour partager des valeurs, des solidarités, pour changer l’école et la société… Autant de bonnes raisons de se syndiquer* sans plus attendre.

Adhérer en ligne

*Se syndiquer, c'est être plus forts, efficaces et constructifs ensemble pour défendre l'école, les droits de tous et de chacun…pour le prix d’un café engagé par semaine !
Et oui, avec la déduction fiscale de 66% transformée en crédit d’impôt, les deux tiers de votre cotisation sont désormais remboursés même pour les non imposables. En moyenne, une cotisation équivaut à cinquante euros par an...un euro par semaine.

Évaluations saison 2 mais quelles finalités ?

sam, 14/09/2019 - 11:13
Le courrier

Monsieur le Ministre,

L’an dernier, la mise en place des évaluations standardisées de CP et CE1 a généré de fortes critiques de la profession et des familles.
Nos différentes alertes ont permis des modifications sur la forme et dans le contenu des items, des temps de passation, du nombre de livrets et des temps de saisie mais ne modifient ni la nature ni les finalités de ce protocole. Comme l’année dernière, elles laissent de côté de nombreux pans des apprentissages pourtant essentiels à la maîtrise des compétences visées au cycle 2.

De même, nous nous interrogeons toujours sur la finalité de ces évaluations. Nous craignons toujours un étiquetage précoce et une volonté renforcée de piloter par les résultats. Cela entraîne une modification des pratiques enseignantes préjudiciable aux élèves les plus fragiles et une défiance à l’égard du professionnalisme des collègues.
En effet la valorisation par la DEPP de la stratégie de « réponse à l’intervention » risque d’engendrer une réduction des savoirs enseignés à ce qui est évalué, la prévalence de l’entraînement et la répétition sur les autres processus d’apprentissage, tout comme une évolution du métier d'enseignant avec une place réduite pour la conception de l’enseignement.

Les différentes expériences internationales en matière d'évaluation et de pilotage des systèmes éducatifs par ce système, nous montrent déjà ce type de dérives qui génèrent des situations anxiogènes, du bachotage, un abandon des matières culturelles ou sportives et une mise en concurrence des classes et des écoles.

Notre crainte est grande que ces évaluations servent de prétexte pour assigner à la maternelle une mission réduite à une préparation à l’école élémentaire au détriment de toutes les autres finalités. Prenant ainsi le risque de créer de la difficulté scolaire notamment chez les élèves dont la culture familiale est éloignée de la culture scolaire.

L’évaluation fait partie intégrante des enseignements et des apprentissages des élèves et tou-tes les enseignant-es la pratiquent régulièrement. Cependant, plutôt que de reconnaître que les enseignant.es, pratiquent leur métier avec sérieux, votre administration envisage encore des sanctions à l’encontre de celles et ceux qui n’ont pas appliqué totalement ou en partie le protocole en 2018/2019 qui leur a été imposé alors qu’il était très mal adapté à la réalité des classes.
Dans un souci d’apaisement des tensions, de rétablissement d’une forme de confiance, et de respect de l’expertise des enseignant-es, ces sanctions (retrait de salaire, inscription au dossier personnel, restrictions du choix du niveau de classe…) doivent être levées.

Nous tenons à réaffirmer ici notre attachement à une école qui soit respectueuse des élèves, de leurs familles, du travail des enseignant-es et de leur liberté pédagogique. C'est à cette condition, en respectant les spécificités de chacun et chacune, les différents contextes de scolarisation et en accordant véritablement la confiance aux enseignant-es que notre école pourra progresser.
Nous ne rejetons pas l’idée de disposer d’outils d’évaluation nationaux, mais nous demandons que les protocoles d’évaluation continuent de mieux prendre en compte les besoins réels des classes en respectant la professionnalité et l’expertise des enseignants. Ce qui n’est pas le cas avec les évaluations standardisées actuelles et c’est pourquoi nous les remettons en question.

Dans ces conditions, nous ne sommes pas opposé-es à ce que la question de l’évaluation nationale soit posée collectivement et qu’un travail en profondeur sur les finalités, les contenus d’une telle pratique, ainsi que sur les outils et leur usage soit menée. Notamment, sur la correction et le retour des résultats aux professionnels pour que ceux-ci soient utiles à leurs pratiques en classe.
Si les protocoles d’évaluation CP-CE1 ont été constamment présentés par la DGESCO et la DEPP comme des outils au service des enseignant-es, nous souhaitons qu’ils le soient vraiment et qu’ils ne soient plus instrumentalisés à des fins d’évaluation des performances du système, de mesure de l’«efficacité » d’une politique ou de rémunération au mérite. Nous, organisations syndicales et mouvements pédagogiques signataires sommes à votre disposition pour travailler ces questions avec vous, en nous appuyant sur l’expertise des enseignants. 

Paris, le 14 septembre 2019

Les signataires

Francette Popineau, co-secrétaire générale du SNUipp-FSU
Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT
Norbert Trichard, secrétaire général du Snudi-FO
Patrick Désiré, secrétaire général de l’UNSEN-CGT Éduc’action
Isabelle Lardon, co-secrétaire générale du GFEN
Catherine Chabrun, vice-présidente de ICEM-pédagogoie Freinet
Roseline Prieur, présidente du CRAP – Cahiers pédagogiques.

Écologie : le ministre se met au vert

jeu, 12/09/2019 - 12:00

Suffit-il à Jean-Michel Banquer de faire sa conférence de presse de rentrée dans le jardin du ministère, devant « un platane multi-séculaire » pour faire croire à sa métamorphose écologique ? Il en faudra plus. D'autant que ses huit recommandations de rentrée dans le domaine, dont la moitié ne concernent pas le primaire, sont très en-deçà des enjeux environnementaux actuels.

Une circulaire de rentrée y'a qu'à

Le jour même de la conférence de presse, une circulaire EDD est parue au B.O avec le double objectif de développer l’EDD à travers l’engagement individuel des élèves et personnels de l’EN et de faire des 60 000 établissements scolaires des lieux d’exemplarité en matière de protection de l’environnement. Huit mesures sont déclinées pour développer de « bonnes pratiques » à mettre en œuvre dès l’année scolaire 2019-2020. Elles ne concernent pas toutes l’école primaire.

La première mesure consiste à mener au sein de l’école une « action pérenne en faveur de la biodiversité » : nichoir, ruche, « hôtel à insectes », jardin ou potager bio etc. Elle est supposée être effective « avant la fin de l’année 2019 ». Cette mesure est complétée par la mise en œuvre systématique du tri des déchets et la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les cantines. Ces mesures supposent l’implication des collectivités territoriales et la recherche de partenariats associatifs.
L’élection d'éco-délégués dans chaque classe ne concerne que le second degré mais pourraient faire des émules au primaire. Leur rôle consiste à « promouvoir les comportements respectueux de l’environnement dans la classe ». Dans la série « je motive les classes », le ministre place également un concours annuel école verte et entend généraliser le label E3D (école en démarche globale de développement durable) créé en 2013. Un peu court donc pour faire de l'école un lieu de développement durable.
Et que ce volontarisme ne devienne pas de l'autoritarisme : les mesures annoncées doivent se faire dans le respect des actions pédagogiques en cours dans les écoles, avec en appui une authentique politique de formation et des moyens alloués aux équipes.

Vers une modification des programmes

L'article 9 de la loi Blanquer a évolué en cours de route parlementaire pour indiquer que « l'éducation à l'environnement et au développement durable débute dès l'école primaire. Elle a pour objectif de sensibiliser les enfants aux enjeux environnementaux et à la transition écologique. Elle permet la transmission et l’acquisition des connaissances et des savoirs relatifs à la nature, à la nécessité de préserver la biodiversité, à la compréhension et à l’évaluation de l’impact des activités humaines sur les ressources naturelles et à la lutte contre le réchauffement climatique. »

Dans cette optique, le Conseil supérieur des programmes est saisi depuis juin pour renforcer le traitement de ces questions dans les programmes de l’école et du collège. Des actions de formation initiale et continue sont annoncées mais concernent pour l'instant surtout les formateurs et formatrices et le second degré.

il est difficile pour le SNUipp-FSU de voir dans toutes ces annonces autre chose qu’un opportuniste exercice de communication politique. Centré sur les « fondamentaux », le ministre avait jusqu'ici passé sous silence dans ses ajustements de programmes, guides oranges et autres circulaires les autres apprentissages, dont l'EDD. Maintenant qu'il repeint en vert les volets de sa politique éducative, la question se pose des moyens alloués pour atteindre les objectifs, de l'accompagnement des équipes et de l'articulation entre les écoles, collectivités et autres partenaires. Car, face au défi environnemental qui se pose mondialement, l'école a sa part, certes, mais elle ne peut pas faire tout. Elle ne peut pas faire seule non plus. à l'état aussi de « s'engager » dans l'isolation thermique des bâtiments, l'équipement en mobilier et fournitures durables ou encore des cantines bio. « Un peuple de colibris » ne suffira pas... 

Faire décoller le référendum

mer, 11/09/2019 - 17:15

Ouvrir « le débat sur le service public aéroportuaire » tel est le but de la coordination nationale réunissant dans leur diversité syndicats, associations, partis politiques, qui se sont mobilisés tout l’été, partout en France, pour soutenir la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aéroports de Paris. 4 717 396 signatures doivent être réunies avant mars 2020 pour obtenir un référendum d’initiative citoyenne.

Pour signer : https://www.referendum.interieur.gouv.fr

Une cause nationale

La bataille qui s’engage concerne la société toute entière » a communiqué de son côté la FSU, « une bataille pour la démocratie car il va revenir à toutes et tous de pouvoir décider si un référendum est organisé ». Et pour reprendre les propos de Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT Aéroport de Paris, « ADP est un bien commun appartenant à tous les Français. Une entreprise unique qui rassemble concepteur, bâtisseur, mainteneur et exploitant d’aéroport et dont il s’agit de préserver les compétences ». Une vente des bijoux de famille qui serait comme bon nombre de commentateurs le rappellent bien loin de rapporter autant que les revenus actuels dégagés annuellement.

Préserver les services publics et l’environnement

C’est dans le même temps une bataille contre les privatisations et pour la préservation et le développement des biens communs et pour les services publics qui s’engage. Un combat qui s’inscrit également dans un contexte d’urgence environnementale et de transition écologique car rien ne serait pire que laisser les clefs du transport aérien aux intérêts privés pou conduire les adaptations nécessaires. 

Signer, faire signer

Un sujet qui mérite donc, loin s’en faut, de sortir sa pièce d’identité avant de se rendre sur le site officiel chargé de récupérer les soutiens.

Elles se prénommaient Séverine, Nadia, Hajer…

mer, 11/09/2019 - 15:21

La secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes prend enfin des initiatives sur le sujet des violences faites aux femmes et organise un Grenelle des violences conjugales le 3 septembre. Avec 101 féminicides recensés depuis le début de l’année au 21 Août par le collectif Féminicides par compagnon ou ex, l’attentisme devenait insupportable. Le terme de féminicide, entré dans le Larousse en 2015, rappelle qu’il ne s’agit pas de faits divers régionaux mais d’une problématique nationale où les femmes sont assassinées, pour la plupart, lorsqu’elles veulent quitter leur compagnon qui les préfère mortes que libres. 

Ces derniers mois les initiatives se sont multipliées: tribune d’avocats ou de 150 sénateurs, pétition « Elles se prénommaient… », rassemblement de familles de victimes, mobilisations d’associations féministes, toutes appellent à considérer ces violences structurelles comme une urgence. 

Les mesures attendues sont fortes : places en hébergements d’urgence, mise en œuvre réelle des moyens législatifs existants, formation des personnels de lois et policiers, soutien financier aux associations … Le Grenelle devra dépasser les constats ou les campagnes de sensibilisation pour une mise en place de mesures concrètes et de moyens humains et financiers à la hauteur. 

ISAE pour les DACS : première victoire

mer, 11/09/2019 - 10:59

C’est un premier succès. En juin 2019, s’appuyant sur les arguments du SNUipp-FSU, le tribunal administratif de Lyon a enjoint l’inspection académique de l’Ain à verser l’ISAE à un directeur adjoint de SEGPA, et ce, à compter du premier septembre 2017.
Et si le ministère de l’Éducation nationale a fait appel de ce jugement, cela n’a pas empêché l’inspection académique de l’Ain de verser l’intégralité de l’ISAE à ce directeur. Un signe qui pourrait être annonciateur d’une victoire pour tout le monde et qui conforte le SNUipp-FSU dans son exigence d’un versement de cette indemnité pour l’ensemble des personnels chargés de direction en SEGPA.

Encore un effort

Depuis la création de l’ISAE, le SNUipp-FSU n’a cessé de revendiquer son attribution pour tous les personnels exerçant en SEGPA. En 2017, il obtenait une modification du texte réglementaire précisant que «l’attribution de cette indemnité [soit] liée à l’exercice effectif des fonctions enseignantes et de direction y ouvrant droit, en particulier au suivi individuel et à l’évaluation pédagogique des élèves, au travail en équipe et au dialogue avec les familles». Les DACS restaient pourtant inexplicablement exclus de cette revalorisation.
Depuis, avec l’aide du syndicat, des dizaines de directrices et de directeurs de SEGPA ont engagé des procédures auprès des tribunaux administratifs, une campagne qui permet de maintenir la pression sur la rue de Grenelle. Le SNUipp-FSU invite donc les DACS qui n’auraient pas encore déposé leur recours à s’emparer sans tarder de la démarche qu’il a mis à leur disposition.
Les sections départementales du syndicat sont à leur disposition pour les accompagner.

Regards sur l’éducation : la France mal classée

mar, 10/09/2019 - 10:45

C’est un tableau peu reluisant pour la France qu'établit une nouvelle fois la comparaison des données internationales sur les différents systèmes éducatifs. La France reste parmi les mauvais élèves des pays de l’OCDE, notamment s'agissant de son investissement budgétaire dans l'école, le salaire de ses enseignantes et de ses enseignants ou encore les effectifs dans les classes.

Un investissement au ralenti 

Si l’investissement de la France dans l’éducation a augmenté, il s’est fait à un rythme moins soutenu que celui de l’ensemble des dépenses publiques. C’est une donnée importante pour évaluer l’importance accordée dans les différents budgets nationaux aux questions d’éducation. Les dépenses par élève restent plus élevées en France que dans la moyenne de l’OCDE dans l’enseignement secondaire mais ce n’est toujours pas le cas dans l’élémentaire. La France dépense l'équivalent de 7 600 dollars pour un élève en élémentaire contre 8 500 pour la moyenne des pays comparables. Ces dépenses ont de plus très peu évolué depuis 2010 avec une augmentation de 1% contre 5% en moyenne dans l’OCDE.

Un salaire des PE peu revalorisé...

Malgré une légère hausse entre 2015 et 2018, le salaire statutaire des enseignantes et des enseignants des écoles françaises reste inférieur à celui de la moyenne des pays de l’OCDE. En début de carrière, les PE perçoivent l'équivalent de 30 872 dollars contre 33 058 pour leurs homologues des autres pays membres de l'organisation. Un écart qui se creuse en milieu de carrière, avec respectivement 37 700 et 45 947 dollars. 

... pour un temps de travail supérieur

Le temps d'enseignement en revanche, est plus lourd en France qu'ailleurs. Les PE dispensent 900 heures de classe à leurs élèves quand leurs homologues y consacrent 783 dans les autres pays de l'OCDE.

Des effectifs toujours élevés

En maternelle, le rapport établit une moyenne de 23 élèves par enseignant en France contre 16 élèves pour la moyenne des pays de l’OCDE. Un écart un peu moindre en élémentaire avec 24 élèves de moyenne dans les classes française contre 21 élèves dans les autres pays. Des écarts qui restent donc importants et ce, malgré la baisse du nombre d’enfants de 3 à 5 ans depuis 2014. Une situation qui a pu conduire à la mise en place des classes dédoublées en CP et CE1 en REP et REP+, mais qui ne fera guère évoluer la moyenne si la mesure se poursuit au détriment des effectifs des autres classes.

Ce rapport vient une nouvelle fois confirmer le sous-investissement chronique de la France en matière d’éducation au regard des pays comparables. Une situation qui doit impérativement évoluer pour à la fois rendre plus attractif le métier de PE et avancer sur la question des effectifs, cruciale pour améliorer la réussite scolaire.

La retraite : c’est pour quand ?

ven, 06/09/2019 - 04:16
Un système par points

Annoncé pour 2025, le système par points prévoit de remplacer les 42 régimes actuels par un régime universel dans lequel « chaque euro cotisé ouvrira les mêmes droits ». Les cotisations seront remplacées par des points, cumulés tout au long de la carrière. Les points acquis seraient portés sur un compte individuel et leur prix d’acquisition revu chaque année en fonction de l’évolution du salaire moyen. La nouveauté c’est que l’entièreté des primes et indemnités seraient prises en compte pour acheter ces fameux points. Si un certain nombre de salarié·es pourront en bénéficier, il est évident que ce ne sera pas le cas des PE qui ne touchent quasiment pas de primes.

Pour quel montant de retraite ?

 Au moment du départ en retraite, le montant de la pension est calculé en multipliant le nombre de points acquis par la valeur de service du point, valeur pouvant être revue et ajustée continuellement par les gouvernements. Il n’y a donc plus de notion de carrière complète garantissant un taux de remplacement ou un taux plein. Il sera quasiment impossible d’avoir une visibilité́ sur la pension future. Par contre ce système, prenant en compte toute la carrière au lieu des 25 meilleures années pour le régime général ou des 6 derniers mois pour la fonction publique, ne peut que faire baisser le niveau des pensions. Il intègre en effet les plus mauvaises années de la carrière dans le calcul de la pension, alors qu’elles en sont éliminées actuellement.

Et au fait, à quel âge ?

62 ans, 64 ans, mise en place d’un âge pivot ? Rien n’est arrêté notamment suite aux déclarations du Président de la république qui souhaiterait que l’on évoque plutôt la durée de cotisation qu’un âge dit d’équilibre. Si le système projeté évoque un « libre choix de départ » il sera de fait extrêmement contraint par le montant des droits acquis et le système de décote lié à un âge pivot ou à des trimestres manquants.

Un calendrier pour la réforme ?

Pas facile à déterminer et cela montre à quel point le sujet est épineux et s’avère potentiellement dangereux pour le gouvernement dans une année qui sera marquée par les élections municipales. Après une année de discussion et la publication d’un premier rapport le gouvernement a décidé de poursuivre la concertation jusqu’en décembre. Celle-ci sera essentiellement organisée sur une plateforme internet dédiée à partir de questions et de points précis du rapport Delevoye.

Le SNUipp avec la FSU alerte sur une probable baisse généralisée et drastique d’une majorité des pensions dès lors que l’objectif affiché du nouveau système est de bloquer le financement des retraites à son niveau actuel alors même que le nombre de retraités va augmenter. Le syndicat continuera de défendre l’intérêt collectif et celui en particulier des enseignants et enseignantes des écoles. Il débattra avec tous les personnels sur ce projet de réforme du système des retraites afin de faire valoir et de porter ses revendications. Enfin, s’il le faut, il les engagera à intervenir pour défendre leurs droits à une retraite de haut niveau. 

Université d'automne : bientôt les inscriptions

mer, 04/09/2019 - 12:00

Moment fort annuel de rencontre et d'échange entre la profession enseignante et la recherche, l'Université d'automne du SNUipp-FSU tient sa 19e édition les 18, 19 et 20 octobre prochains à Port-Leucate dans l'Aude. Les inscriptions se feront uniquement en ligne, à partir du mercredi 11 septembre 14 h sur snuipp.fr. Une participation aux frais de 120 euros est fixée comprenant notamment l'hébergement, les repas, la soirée festive.

L'Université d'automne, dite aussi UDA, permet d’aborder, dans un cadre agréable au bord de la Méditerranée, les grandes questions éducatives qui traversent le métier. Pas moins de 25 interventions sont prévues. Parmi elles :
Marie-Aleth Grard d’ATD Quart Monde abordera l’impact de la pauvreté sur les familles et l’école. L’historien Benoît Falaize viendra avec des enseignantes et enseignants de l’ouvrage « Territoires vivants de la République » témoigner des projets d’éducation morale et civique menés dans ces écoles. La lecture sera au centre de la conférence d’Éveline Charmeux, Véronique Boiron échangera sur la maternelle et la place du langage ou encore Sylvain Connac sur la coopération entre élèves.
Ces conférences seront suivies par plus de 400 enseignantes et enseignants, en charge de classe, mais également des formatrices et formateurs, venus de la France entière. 

Vidéo de présentation

Concours « Et soudain un monde merveilleux ! »

mar, 03/09/2019 - 18:51

« Et si notre monde devenait tout à coup étonnant, extravagant, bizarre, fantastique... » voilà de quoi inspirer toutes les classes, dès la maternelle, qui souhaitent participer au concours annuel de création plastique et littéraire du SNUipp-FSU et de ses partenaires. Un projet au long cours source de plaisir, de surprises et à la clé :  une semaine en classe de découverte à gagner et de nombreux autres lots.

Chaque classe est invitée à se saisir d'un élément de son environnement proche et à le réinventer, en imaginant un événement déclencheur, une métamorphose. Quelques graines de magie, un soupçon de créatures extraordinaires et l'aventure sera en marche.

Inscriptions à partir du 9 septembre

Les inscriptions se feront en ligne à partir du lundi 9 septembre jusqu'au dimanche 20 octobre inclus ici (lien effectif le 9 septembre) :

Elles auront jusqu'au dimanche 15 mars 2020 minuit pour envoyer leurs œuvres au SNUipp-FSU - Jeu concours « Et soudain un monde merveilleux ! » 128 bd Blanqui, 75013 Paris.
Les œuvres numériques seront à envoyer par voie postale sur des clés USB ou par Internet à l'adresse mail concours-snuipp@snuipp.fr

Un jury composé de chaque partie prenante organisatrice se réunira et le palmarès sera rendu public lundi 30 mars. En soutien au travail des élèves et leurs enseignantes et enseignants, des ressources pédagogiques seront mises en ligne progressivement sur le site de la Bibliothèque nationale de France. Des visites guidées de l'exposition « à la découverte du monde merveilleux de J.R.R Tolkien » seront également possibles du CP au CM2. 

Du nouveau sur les rendez-vous de carrière

mar, 03/09/2019 - 16:51

Trois rendez-vous de carrière, aux 6e et 8e échelon et dans la deuxième année du 9e échelon ont été instaurés pour apprécier la « valeur professionnelle » des enseignantes et enseignants, des personnels d’éducation et des psychologues de l’Éducation nationale. Pour les PE, ils consistent en une visite en classe suivie d’un entretien. Tous les personnels concernés doivent être informés individuellement de la programmation de ce rendez-vous avant le début des vacances d’été pour l’année scolaire à venir.

Un arrêté publié au J.O du 6 juillet 2019 modifie plusieurs modalités de ce dispositif.

- Premier changement, le délai de notification de la date du rendez-vous de carrière est raccourci, passant d’un mois à quinze jours (sans toutefois pouvoir être compris dans une période de vacances).
- Deuxième changement, une fois le compte rendu communiqué à la personne intéressée, celle-ci n’a plus que quinze jours au lieu de trois semaines pour formuler d’éventuelles observations écrites.

Notification et recours

La notification de l’appréciation finale de l’IA-DASEN reste fixée dans un délai de deux semaines après la rentrée scolaire suivante. Cette notification a lieu au plus tard le 15 octobre pour les personnels qui, en raison de leur situation particulière, ont bénéficié d’un rendez-vous après la période initiale prévue.
Les modalités de recours restent quant à elles inchangées : une révision de son appréciation finale de l’IA-DASEN peut être demandée dans un délai de trente jours francs suivant sa notification. En cas de réponse défavorable ou d’absence de réponse dans un délai de trente jours, on peut alors saisir la CAPD « recours » dans un nouveau délai de trente jours.

Contacter le SNUipp-FSU de son département

Trop longues vacances ?

mar, 03/09/2019 - 12:17

Selon une enquête Eurydice de 2018, les élèves de l’Hexagone partent plus tard en vacances que la plupart de leurs camarades des autres pays, la majorité finissant l’école en juin pour reprendre en septembre.
Avec huit semaines, les vacances estivales françaises sont aussi plus courtes que la moyenne. Le choix français de courtes vacances régulières dans l’année, qui n’est pas commun à tous les pays, peut en partie expliquer cette différence.
Le ministre de l’Éducation nationale, qui, comme l’a confirmé le Conseil constitutionnel, a toute liberté pour modifier la durée et l’organisation des vacances scolaires, devra compter sur cette réalité.

Durée en semaines des congés d’été dans 28 pays européens

Formation continue... ou en dilettante

mar, 03/09/2019 - 11:57

Qu’il s’agisse de la quantité ou de la qualité, la formation continue des enseignantes et enseignants reste en deçà des attentes. Pourtant, selon le référentiel de compétences des professeurs et personnels de l’éducation, les enseignants et enseignantes doivent être capables de « s’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel ». Plus précisément, selon le BO du 18 juillet 2013, la ou le professeur des écoles « met à jour ses connaissances disciplinaires, didactiques et pédagogiques » et « est capable de faire une analyse critique de son travail. » Mais ces aptitudes semblent principalement relever d’une démarche personnelle plus que d’une volonté institutionnelle.

Faible quota horaire

En effet, le nombre d’heures allouées à la formation continue s’est érodé pour se limiter très souvent aux 18 heures d’animations pédagogiques. Les plans départementaux de formation se centrent aujourd’hui quasi exclusivement sur les stages statutaires, à public désigné, tels que la direction d’école, l’enseignement spécialisé (la préparation au CAPPEI), les débuts de carrière ou l’éducation prioritaire. Quand ils ne sont pas annulés faute de remplacement. Selon un rapport de l’IGEN de 2017, 80% des PE ne bénéficient d’aucune formation remplacée sur l’année.

Sollicitée et décevante

Et le constat n’est pas plus brillant qualitativement. 70% des personnels interrogés dans le cadre de ce rapport se disaient insatisfaits de l’offre de formation comme de l’amélioration de leur compétence professionnelle. La dernière enquête TALIS vient confirmer ce désastreux bilan. Basés sur les témoignages enseignants, les résultats de l’enquête 2018, publiés en juin dernier, alertent sur le sentiment d’insatisfaction concernant la formation. En effet, seulement 16% expriment un avis positif vis-à-vis de la qualité de la formation, contre un tiers dans les autres pays européens. 55% déclarent avoir suivi une formation à la prise en compte des élèves à besoins particuliers, alors que le besoin est exprimé. Il est vrai que ces 18 heures obligatoires étaient jugées par l’inspection générale elle-même, dans le rapport de 2017, trop descendantes et prescriptives. « Majoritairement utilisée comme outils de pilotage des réformes ou comme réponse à des priorités nationales, la formation n’est pas perçue par le professeur comme construite pour lui ». Depuis 2018, les notes envoyées aux recteurs pour cadrer encore davantage les animations pédagogiques et en recentrant leur quasi-totalité sur les maths et le français, aggravent cet état de fait. La volonté de prescrire les pratiques perpétue l’éloignement entre la formation continue et les attentes du terrain, mais aussi avec l’ambition de lutter contre les inégalités d’apprentissage. Loin de s’attacher au cœur de la classe, de donner à connaître divers champs de réflexion et de penser collectivement le métier, ce qu’il reste de la formation tend à soumettre les PE à l’application d’une seule forme de recherche. Or, les enjeux d’une école émancipatrice, pour toutes et tous, nécessitent une formation créant des ponts entre les divers domaines de recherche, l’évolution des savoirs, le travail réel, les gestes professionnels et osant interroger la question des finalités.

Plus de maîtres : 1+1 > 2

mar, 03/09/2019 - 11:45

« Le dispositif « Plus de maîtres » a profondément changé nos pratiques », explique Daphné Pacitti, nommée sur un poste de PDM depuis trois ans à l’école Victor Hugo A de Clichy, dans les Hauts-de-Seine (92). Et c’est peu de le dire. Dans cette école élémentaire, de treize classes, non classée en réseau d’éducation prioritaire, elle est constamment sollicitée. Que cela soit en CP, en CE1, en CE2 mais aussi dans quelques classes de cycle 3 où elle intervient sur un projet de lecture offerte par les plus grands aux plus jeunes. « Depuis que nous avons eu le poste de PDM, on a appris à travailler tous ensemble. On s’est saisi du dispositif pour bouger les lignes, pour faire un pas de côté », précise-t-elle. Un constat partagé par une grande majorité des écoles ayant bénéficié d’un maître +.

L’emploi du temps de Daphné laisse peu de place au répit, elle ne s’octroie aucune récréation. Elle débute sa journée à 8h30 avec des ateliers « coup de pouce », « même si on sait que ce n’est pas vraiment le projet du PDM ». Elle réunit ainsi six élèves de CP ou CE1 selon les jours, trente minutes pour donner un petit coup de pouce en décodage-encodage à certains élèves qui en ont besoin. « On fait cet atelier pour bien apprendre le son des lettres », explique Souleyman, sept ans. 

Dans la classe de CP et CE1, c’est en ateliers qu’elle intervient : phonologie, résolutions de problèmes, langage, lecture, écriture… Des ateliers pensés et construits par Daphné et l’enseignante de la classe. Objectifs, Posture, outils de remédiations, évaluation font tous l’objet d’une réflexion commune. Pour Yvette Vaconsin, enseignante de CP depuis dix ans, l’arrivée du dispositif dans l’école a été l’opportunité qu’elle attendait depuis longtemps pour initier un travail en équipe plus élaboré. « J’avais déjà pensé à organiser des ateliers, comme en maternelle, mais je n’arrivais pas à me lancer seule. Selon moi, un atelier dirigé quotidiennement permet de mieux connaître les élèves, de mieux comprendre comment ils fonctionnent. On parle doucement. Ils parlent plus, avec nous mais entre eux aussi, même les plus introvertis ». 

Revenir en arrière : impensable

Revenir en arrière est impensable pour cette enseignante qui sera bientôt à la retraite.
Dès 2014, l’école a bénéficié du dispositif. « L’équipe était assez inquiète car nous n’avions aucune salle de disponible. Le directeur d’alors était déjà persuadé des bienfaits de la co-intervention, il a su nous rassurer et a impulsé une dynamique de travail collectif autour du dispositif. Aujourd’hui, nous avons trois salles de libres mais nous n’imaginons pas un seul instant revenir sur notre organisation ». Deux PE dans la classe, cela ne s’improvise pas, cela nécessite énormément de travail de concertation entre les enseignants et enseignantes par niveau mais aussi avec chacun d’entre eux. La salle des maîtres devient ainsi un lieu de partages et d’échanges autour de la pédagogie. Les concertations, les récréations et les pauses déjeuner sont autant de moments où sont construites les séances d’apprentissages. Mais pas seulement, c’est aussi l’occasion de discuter des difficultés de tel ou tel élève. Car l’un des atouts de la co-intervention, c’est bien le regard croisé de deux PE sur les élèves. « Nous sommes obligés de repenser chaque élève au regard de la perception du second enseignant. Quand on a une classe, on a bien souvent le nez dans le guidon. Le fait d’échanger avec le PDM permet de sortir du regard figé que l’on peut avoir » explique Yvette. D’ailleurs, Daphné participe à toutes les synthèses et est aussi présente aux réunions avec les parents. Lors des répartitions, son regard pèse beaucoup « quand je ne suis pas d’accord, ce qui arrive, cela nous oblige à recentrer le débat autour de l’élève, de ses difficultés mais aussi de ses réussites. Finalement, On oublie moins que ce sont des enfants avant d’être des élèves ». 

Mais le costume n’est pas toujours simple à porter, Daphné le reconnaît et ses prédécesseurs l’avaient préparée. « C’est parfois usant, car je n’arrête pas une minute. Je fais le lien avec tous les enseignants, je co-construis les séances d’apprentissage, je participe à toutes les réunions. Cela demande énormément de disponibilité mais aussi de flexibilité car malgré tout, le PDM doit s’adapter aux pratiques de chaque enseignant ». Le sachant, elle s’était engagée sur un cycle de trois ans, cette année scolaire sera sa dernière sur ce poste spécifique. « Notre école est aujourd’hui complètement ouverte avec énormément de décloisonnements. Travailler ensemble est naturel, même pour les enseignants et enseignantes qui sont arrivées en cours de route ». Aucun d’entre eux ne peut imaginer fonctionner différemment aujourd’hui. Ils espèrent donc que le dispositif sera reconduit, une espérance partagée dans toutes les écoles ayant la chance d’avoir encore un PDM. Mais aucune garantie, les annonces de la rue de Grenelle ne vont pas dans ce sens… 

Ressources d'accompagnement du dispositif par le centre Alain-Savary.

3 questions à Marie Toullec-Théry

maîtresse de conférences à l’université et à l’ESPÉ de Nantes

Qu’apportent, les « Plus de maîtres » au collectif enseignant ?

Une recherche menée avec les 60 écoles de Loire-Atlantique impliquées dans le dispositif atteste que le PDM, réponse souple et flexible à leurs besoins, a suscité un travail collectif et un engouement des enseignantes et enseignants. Ils ont osé, à deux, des situations d’apprentissage plus complexes, ont parlé de pédagogie dans la salle des maîtres. D’abord polarisés sur les organisations, les équipes enseignantes ont ensuite donné priorité aux situations d’apprentissages. Elles ont alors ajusté leurs méthodes, leurs outils, leur programmation et défini des objectifs communs.

Est-ce que cela permet une meilleure réussite des élèves ?

Travailler à deux dans la classe permet de dispenser une réponse immédiate aux besoins des élèves, en les maintenant dans le collectif. Mais le danger serait d’instaurer un système parallèle où l’enseignant supplémentaire isolerait systématiquement un groupe d’élèves en difficulté. 

Une étude récente a montré que ce dispositif a un impact plus important sur la réussite des élèves que les dédoublements, qu'en pensez-vous ?

Le gouvernement a favorisé la réduction du nombre d’élèves par classe, pourtant le PDM était prometteur. La mise en place de gestes d’enseignements ancrés dans une différenciation pédagogique est fondamentale. Un dispositif remplace un autre, sans accorder le temps pour modifier les pratiques et en consolider de nouvelles.

Scolarisation des 3 ans : dérapage du ministre

lun, 02/09/2019 - 15:57

Cette affirmation du ministre de l’éducation nationale le 31 août sur les ondes de France Culture a de quoi faire réagir et a obligé bon nombre de journalistes à chercher dans les statistiques des données chiffrées permettant d’étayer cette parole. Mais, les faits sont têtus, il n’en est rien. En effet comme le montrent les études mises à jour annuellement par la DEPP, les filles sont aussi bien scolarisées que les garçons. Et parmi ceux et celles qui ne le sont pas (très minoritaires) on retrouve une proportion sexuée à l’image des taux de filles et garçons parmi les naissances.

Rétropédalage en règle 

Vivement interpellé, l’entourage de Jean-Michel Blanquer a dû ramer à contre-courant expliquant que les propos du ministre n’avaient pas valeur de statistiques mais qu’il souhaitait pointer la situation de certaines familles, dans certains quartiers, à certains endroits… Une information à peu près invérifiable donc mais qui surfe allègrement sur la peur entretenue dans l’espace public de la présence massive d’un fondamentalisme religieux qui sévirait dans les quartiers empêchant les petites filles d’aller à l’école.

Lire la note de la DEPP

Lire l'article du MondeL’erreur de Jean-Michel Blanquer sur les « petites filles qui ne vont pas à l’école maternelle »

Une mesure que la rue de Grenelle peine à justifier

Le dérapage du ministre pourrait aussi laisser penser qu’il a bien du mal à justifier une mesure qui n’aura de fait que très peu d’incidence sur le taux et les conditions de scolarisation et qui s’avère en revanche un véritable cadeau pour l’école privée sous contrat. Rappelons que dans les territoires les plus en difficulté avec la scolarisation des jeunes élèves, comme Mayotte ou la Guyane, les moyens ne sont déjà pas au rendez-vous pour scolariser pleinement les plus grands …

Des propos qui n’aident pas

Ce ne sont pas de telles paroles qui pourront aider les équipes dans les écoles à construire un lien de confiance et de proximité avec toutes les familles quand certaines d’entre elles sont ainsi pointées du doigt. Aussi, la rue de Grenelle aurait pu s’abstenir de prononcer des propos qui d’habitude ne dépassent pas le comptoir en zinc. à moins que, coûte que coûte, il soit indispensable de construire un écran de fumée pour mieux masquer les moyens insuffisants permettant de renforcer la scolarisation là où elle fait réellement défaut ou encore de permettre aux élèves d’âge maternel et à leurs enseignantes et enseignants de travailler dans de meilleures conditions.

Politique éducative : changer de cap

jeu, 29/08/2019 - 17:05

Ministre échaudé craint la chaude rentrée... après les mobilisations contre la loi Blanquer, le voilà tout sourire, se déclarant « le ministre des professeurs » et de la concertation, recevant les organisations syndicales une à une. Le SNUipp-FSU a répondu à l'invitation. Objectif : porter la parole de la profession, ses préoccupations en cette rentrée 2019 et défendre son projet éducatif, synonyme de justice et d'égalité. Car le ministre de son côté, derrière un ton adouci, ne renonce à aucun aspect de sa politique pourtant décriée. Aucun engagement à réduire les inégalités. Au contraire, un recentrage sur le « lire-écrire-compter » et la création les EPLEI qui ne pourront que les accentuer. Aucune amélioration des conditions d’apprentissages des élèves et des conditions de travail des personnels, actant ainsi une cassure avec la communauté éducative.

La mobilisation a permis le retrait des EPSF et de l'autorité hiérarchique des directeurs et directrices d'école sur leur équipe mais le reste de la loi Blanquer a été adopté cet été par le Parlement. Quant aux annonces présidentielles d'avril dernier : moratoire sur fermetures d’école sous le quinquennat, dédoublement des grandes sections d'éducation prioritaire, plafonnement général des effectifs à 24 de la GS au CE1, si elles vont dans le bon sens, elles nécessitent deux conditions : celle d’une dotation suffisante pour ne pas dégrader la situation des autres classes et celle d'une généralisation de la baisse des effectifs dans toutes les classes.

Baisser les effectifs dans toutes les classes

La question des effectifs de classe reste en effet l'une des préoccupations majeures de la profession. Or, les derniers chiffres officiels montrent une augmentation du nombre de classes de plus de 24 élèves l'année dernière, essentiellement à l'école élémentaire. Comment compte-t-il y parvenir ? En s'appuyant sur la baisse démographique, répond-il et avec quelques créations de postes. Mais année après année, les créations de la rentrée ne suffisent pas et des postes sont régulièrement pris ailleurs pour financer le priorités ministérielles : le rural, la maternelle, les dispositifs « Plus de maîtres » en paient le prix cette année encore. De plus, des difficultés de locaux et de personnels se posent déjà pour poursuivre les dédoublements.

Revaloriser les salaires

Ce n'est qu'à l'occasion de la réforme des retraites qu'il a reconnu la nécessité de revaloriser les enseignantes et enseignants, notamment du premier degré. Dans les médias, comme à son habitude, il a annoncé une augmentation de 300 euros annuels brutsmais il ne s'agit là que d'une moyenne et découlant du PPCR que ce gouvernement avait retardé d'un an. Pour 2020, seul PPCR et la deuxième tranche de l'indemnité REP+ seront financés. Cela ne suffit pas à rattraper le retard du premier degré. Il y a urgence à répondre par des mesures concrètes qui concernent l'ensemble des personnels : augmentation du point d'indice, revalorisation des grilles, doublement de l'ISAE...

Former les personnels

Un schéma directeur pluriannuel est prévu en matière de formation continue. Pour l'instant, seul un document de travail a été remis, comme base de travail. La formation continue ne peut se réduire à un simple accompagnement des réformes. Elle est un enjeu fort, doit bénéficier à l'ensemble des enseignantes et enseignants, devenir plus universelle, plus qualitative dans une optique de conception et d'évolution des pratiques.

Bien d'autres sujets restent dans l'actualité : la formation initiale, la scolarisation des élèves en situation de handicap, les évaluations nationales. Le ministre a reconnu leur défauts mais va les imposer de nouveau. 

Le SNUipp-FSU va donc poursuivre sa bataille de conviction dénonçant cette politique éducative qui ne répond pas aux défis que doit relever l'école, aggrave les inégalités et nie l'expertise et la professionnalité enseignantes.

Climat, question toujours plus brûlante

jeu, 29/08/2019 - 14:27

C’est une semaine mondiale dédiée au climat qui s’organise du 20 au 27 septembre avec une grève des jeunes le vendredi 20 septembre et des marches dans toute la France le 21. 

La question reste en effet brûlante. La prise de conscience, initiée par la jeunesse, s’étend à l’ensemble de la population. Mais côté gouvernements, l’action reste au point mort. Ce n’est pas le G7, réuni fin août à Biarritz, qui a failli à la règle. À peine quelques millions pour l’Amazonie. Un peu court quand on sait l’ampleur des dérèglements en cours : hausse accélérée de la température mondiale, disparition accrue d’espèces animales, et végétales, phénomènes climatiques inhabituels… 

C’est bien l’ensemble des modes de production comme de consommation qu’il faut modifier en faveur de la protection de la planète. Le SNUipp et la FSU, comme de nombreux enseignants et enseignantes, seront dans les cortèges cette semaine-là pour qu’une politique de transition écologique soit mise en place de toute urgence.

300 euros ? Une revalo format colibri

jeu, 29/08/2019 - 14:13
Le communiqué du SNUipp-FSU

Emporté par un ébouriffant élan de générosité, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé le 28 août à l’antenne d’une chaîne d’infos en continu que les enseignantes et les enseignants verront leur salaire annuel augmenter de « 300 euros en moyenne » en 2020. Une mesure prévue, mais pas mise en place par le précédent gouvernement, a-t-il précisé. Qu’en est-il exactement ?

Rappelons d’abord que c’est en effet sous le quinquennat précédent qu’avait été engagée une revalorisation des carrières et des rémunérations des fonctionnaires au travers de l’accord « PPCR ». Il ne s’agit donc en rien d’une mesure nouvelle.

De plus, dès son arrivée, le gouvernement actuel a gelé pour un an la mise en œuvre du protocole d’accord. C’est donc dès janvier 2019 que cette augmentation d’« en moyenne 300 euros » annuel aurait dû intervenir.

Précisons ensuite que cette augmentation est exprimée en brut. Concrètement, au 1er janvier 2020, le gain pour les enseignantes et les enseignants des écoles se situera entre 0 et 30 euros par mois en fonction de leur échelon. D’autant qu’à cette même date, l’augmentation de la cotisation retraite entraînera une ponction de 6 à 16 euros sur les feuilles de paye. Au final, une partie des PE verront donc leur salaire baisser.

Enfin, le gel du point d’indice depuis 2010 se traduit par une perte de pouvoir d’achat de l’ordre de 15%. Par ailleurs, l’Insee prévoit une inflation d’1,3% en 2020, ce qui annulera pour beaucoup cette faible revalorisation.

En clair, le salaire des enseignantes et des enseignants français restera toujours très loin derrière celui de leurs homologues des pays comparables. Il y a urgence à les revaloriser de façon conséquente.

« À l’Éducation nationale, nous sommes un peuple de colibris », a lancé Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse de rentrée le mardi 27 août. Sans doute estime-t-il dès lors que la revalorisation doit être proportionnée à la taille du volatile…

Paris, le 29 août 2019

Évaluations nationales : rebelote mais sans atout

jeu, 29/08/2019 - 12:21

La persistance d’un dispositif d’une année sur l’autre n’est pas gage de sagacité. La preuve avec le maintien, par un ministre sourd aux critiques, des évaluations CP et CE1. 

Jugées chronophages, fastidieuses, anxiogènes, mal adaptées ou inutiles par les enseignantes et enseignants des écoles, comme le soulignait l’enquête du SNUipp-FSU réalisée l’an dernier. Ces tests ont montré que les élèves pouvaient progresser. Belle découverte ! En revanche, ils visent à encadrer les pratiques enseignantes et étriquent les apprentissages puisqu'ils n'évaluent que des compétences instrumentales et contrôlables (lire l'analyse détaillée ici). 

Ce dispositif risque d’entraîner une pédagogie de bachotage, individualisante avec un étiquetage précoce des élèves. Associé à l’accumulation de guides et de réajustements des programmes, il renforce une logique de pilotage par les résultats. Les évaluations orientent l’enseignement vers une application de protocoles basés sur la répétition et des démarches frontales, excluant le sens. Le SNUipp-FSU propose de montrer le désaccord de la profession au travers de modalités variées, de la non-passation à des aménagements. Il va mettre en place un observatoire des pratiques.

La publication spéciale du SNUipp-FSU en juillet 2019.