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SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 1 semaine 1 jour

Créations de postes : ça va pas le faire !

mer, 18/12/2019 - 15:33
Le communiqué

La répartition dans les académies des 440 postes créés pour la rentrée 2020 vient d’être dévoilée et c’est la douche froide pour treize d’entre elles qui perdent des moyens d’enseignement, tandis que six autres ne compteront aucun poste supplémentaire. Pour les quelques autres qui bénéficient de créations, le compte est bien loin d’y être.

Comment limiter les effectifs des classes de grande section à 24 élèves comme le Président de la République l’a pourtant annoncé, une mesure qui à elle seule «&nbspcoûterait&nbsp» 1187 postes d’après les propres annonces de Jean-Michel Blanquer ? Et comment dès lors pourra être honorée la promesse ministérielle de dédoublement des classes de grande section de maternelle en éducation prioritaire ?

Comment également financer les indispensables mesures d’amélioration des décharges liées à la direction d’école ? Comment reconstituer les réseaux d’aide aux élèves les plus en difficulté ? Comment assurer le remplacement des personnels en congé maladie et le départ en formation continue ? Comment en définitive donner corps à cette «&nbsppriorité au primaire&nbsp» qui n’en a décidément que le nom ?

A l’évidence, quoiqu’en dise le ministre, la baisse démographique n’y suffira pas et il faudra bien trouver les postes ailleurs. Dans le 2nd degré, mais aussi en chargeant encore un peu plus les effectifs des autres classes, en fermant des classes en milieu rural et en maternelle notamment.

Dans les mois qui viennent, il s’agira pour le SNUipp-FSU, avec l’ensemble de la communauté éducative, de porter haut et fort l’exigence des moyens indispensables au combat contre les inégalités scolaires et pour la réussite de tous les élèves.

Paris, le 18 décembre 2019

La dotation par académie pour la rentrée 2020 AIX-MARSEILLE 76 AMIENS  -40 BESANCON  -9 BORDEAUX  32 CLERMONT-FERRAND 0 CORSE 0 CRETEIL 201 DIJON -26 GRENOBLE 35 GUADELOUPE -16 GUYANE 49 LILLE -83 LIMOGES 0 LYON 55 MARTINIQUE -25 MAYOTTE 48 MONTPELLIER 18 NANCY-METZ -18 NANTES 0 NICE 67 NORMANDIE -52 Dont Caen  -43 Dont Rouen  -9 ORLEANS-TOURS -27 PARIS -16 POITIERS -40 REIMS  -30 RENNES -41 REUNION  0 STRASBOURG 0 TOULOUSE  39 VERSAILLES  243 TOTAL  440

Jour de carence : du nouveau

mer, 18/12/2019 - 11:36

La loi de transformation de la Fonction publique promulguée le 6 août 2019 a modifié les modalités d’application du jour de carence. Désormais, les fonctionnaires ne se verront plus appliquer cette retenue d’une journée de salaire à l’occasion d’un congé maladie ordinaire entre la déclaration de leur grossesse et le début de leur congé de maternité.

N.B : les congés de maladie ordinaires pris avant le 8 août 2019 ne sont pas concernés par cette disposition. Par contre, les retenues sur salaires correspondant aux jours de carence appliqués après le 8 août 2019 doivent être reversées aux intéressées.

Les autres modalités d’application du jour de carence prévues par la circulaire du 15 février 2018 restent inchangées.

17 décembre : la mobilisation s'enracine

lun, 16/12/2019 - 16:05
Le communiqué

50% de grévistes dans les écoles : une mobilisation qui s’enracine

Mardi 17 décembre, la moitié des enseignantes et des enseignants des écoles seront en grève à trois jours des vacances de fin d’année. Ainsi, pour la deuxième fois après la journée de grève historique du 5 décembre dans les écoles, la mobilisation est inédite dans le premier degré. Elle montre la détermination des personnels et leur exigence d’abandon de la réforme des retraites.

Les annonces gouvernementales de la semaine dernière ont confirmé la logique de cette réforme et l’ont même l’aggravée avec l’instauration d’un âge d’équilibre, imposant ainsi de partir à 64 ans pour avoir une pension sans décote.

Le gouvernement conditionne des mesures de compensation pour les personnels enseignants, qui seraient les plus touchés par la baisse des pensions, à une refonte du métier et de la carrière, évoquant un recours privilégié à des primes en contrepartie de missions supplémentaires.
En clair, travailler plus pour perdre moins, et en créant de nouvelles inégalités.

Sans compter qu’au sujet des retraites s’ajoutent d’autres colères dans les écoles : méthode de gouvernance verticale de l’école, enseignants et enseignantes réduites à des exécutantes, dégradation des conditions de travail incarnée par le suicide de Christine Renon, exigence de revalorisation salariale…

Le SNUipp-FSU mettra tout en œuvre pour poursuivre et amplifier la mobilisation afin d’obtenir l’abandon du projet de réforme des retraites ainsi que des réponses à toutes les colères enseignantes.

Les cortèges en photos

Des annonces qui renforcent la détermination des personnels

mer, 11/12/2019 - 16:53

Si le Premier ministre entendait rassurer les enseignantes et les enseignants des écoles sur son projet de réforme des retraites, c’est raté. Tout au contraire, il renforce leurs inquiétudes en annonçant un recul à 64 ans de l’âge nécessaire pour pouvoir bénéficier d’une pension à taux plein.
Au sujet de mesures de compensation salariale pour garantir un montant de pension équivalent à l’existant, il se contente d’évoquer des discussions à ouvrir entre le ministre de l’Éducation nationale et les syndicats courant 2020, des discussions qu’il entend mettre à profit pour «&nbsprepenser le métier et la carrière des enseignants.» Le recours aux primes semble privilégié, accentuant l’individualisation des carrières, en contrepartie de missions supplémentaires et/ou d’objectifs à remplir. En clair, travailler plus pour perdre moins, alors que le temps de travail des personnels enseignants des écoles est déjà supérieur à celui de leurs homologues des autres pays européens tandis que leurs salaires sont plus bas.
Il est clair que le mécontentement dans les salles des maîtres reste entier. Et la colère dépasse le seul sujet des retraites : méthode de gouvernance verticale de l’école, enseignants réduits à des exécutants, dégradations des conditions de travail, exigence de revalorisation salariale…
C’est pourquoi le SNUipp-FSU invite les enseignantes et les enseignants des écoles à poursuivre et amplifier la mobilisation tout au long des prochains jours et à faire du 17 décembre une puissante journée de grève et de manifestations pour exiger l’abandon du projet de réforme des retraites et des réponses aux colères enseignantes.

Les principales annonces

Age du départ en retraite reculé
Si l’âge minimal de départ en retraite serait conservé à 62 ans, le gouvernement envisage toujours l’instauration d’un âge d’équilibre à 64 ans en 2027. Une mesure qui s’accompagnerait d’un système de bonus-malus, c’est à dire une décote si le départ en retraite s’effectue avant cet âge ou une surcote si le départ s’effectue après. Le rapport Delevoye proposait un taux de 5% par an.

Application du système à points aux générations post 1975 et système mixte jusqu’à la génération 2004
Le Premier ministre a annoncé un décalage des générations touchées par la réforme qui ne s’appliquerait qu’à compter de la génération née en 1975. Il a annoncé également un décalage de la mise en place de la réforme, qui s’appliquerait dès 2022 pour les entrants sur le marché du travail (génération 2004).
Mais le bonus-malus s’appliquerait tout de même dès 2027 à toutes les générations et donc incitera fortement à prendre sa retraite après 62 ans pour les personnes nées à partie de 1965.

Comptes à l’équilibre
Le gouvernement n’envisageant pas d’accroitre les ressources pour financer les retraites, par exemple en augmentant les cotisations, la «&nbsptrajectoire de retour à l’équilibre&nbsp» financier du régime de retraites annoncée se fera forcément au détriment du montant des pensions, via une hausse du nombre d’annuités requises pour partir avec une pension à taux plein ou encore via une mesure reculant l’âge de départ. Le gouvernement souhaite confier aux partenaires sociaux la mise en place de cette «&nbsptrajectoire&nbsp» mais le Parlement aura le dernier mot en l’absence d’accord.
Cela pourrait également pousser à une accélération du calendrier de mise en place de la réforme comme le montre l’exemple italien de 2009.

Fin des six derniers mois dans le public et des 25 meilleures années dans le privé
La base de calcul de la retraite va donc intégrer dorénavant les moins «&nbspbonnes&nbsp» années, celles de chômage, de temps partiel, de disponibilité, de faibles salaires… Cela aurait un effet mécanique en termes de baisse de pension, notamment pour les personnels enseignants qui ont une carrière ascendante et dont la retraite était calculée sur le dernier salaire. La prise en compte des indemnités actuelles - 8% en moyenne - ne permettrait pas de répondre à cette baisse de pension.

La valeur du point
La garantie d’indexer la valeur du point sur les salaires sera insuffisante car le gouvernement envisage toujours de plafonner le financement des retraites à 14% du PIB alors que le nombre de personnes à la retraite va augmenter. Cette garantie est illusoire et masque donc une baisse moyenne des pensions à venir.

Des assurances pour les enseignants ?
Pour les personnels enseignants le Premier ministre renvoie à des discussions sur les carrières et les métiers, ne levant le flou ni sur les compensations, ni sur la revalorisation. Il confirme en outre les propos du ministre de l’Éducation nationale sur les contreparties inacceptables liées aux missions et au temps de travail.
Cela ne répond aucunement au besoin de revaloriser les salaires des enseignantes et des enseignants des écoles.

Retraites : encore plus d'inquiétudes

mer, 11/12/2019 - 13:52

Le SNUipp-FSU en direct sur France info ici  mercredi 11 décembre lors de l'édition spéciale Retraites :

Harcèlement scolaire : nuit gravement à l’enfant

mer, 11/12/2019 - 11:20

Depuis la parution en 2011 d’une étude de la DEPP et de l’UNICEF montrant que 12 % des élèves de CE2 et de CM en souffrent, dont 5 % de façon sévère à très sévère, la lutte contre le harcèlement scolaire semble constituer un point de consensus et de continuité des politiques éducatives. Ainsi, la loi de refondation de l’école affichait en 2013 que la lutte contre toutes les formes de harcèlement devait constituer une priorité pour l’école. Une circulaire définissait la prévention comme « un enjeu majeur pour la réussite éducative » et comme « un sujet de préoccupation ». En 2014, le législateur avait qualifié le harcèlement scolaire en tant que délit inscrit au Code pénal. En 2019, la loi dite de la confiance pose à son tour le principe d’une scolarité sans harcèlement, indiquant qu’    « aucun élève ne doit subir les agissements répétés de harcèlement scolaire qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions d’étude susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Un discernement difficile

L’information constitue alors une étape incontournable dans la prévention contre ce phénomène. Mais l’identification d’une situation de harcèlement reste délicate pour les enseignantes et enseignants. D’une part parce que les élèves harceleurs agissent de façon cachée et que les lieux où se déroulent les actes sont aussi ceux où le contrôle et la présence des adultes sont moindres, tels que la cour de récréation, les toilettes, les couloirs ou les vestiaires. Puis, parce que la distinction entre de simples chamailleries et un harcèlement n’est pas aisée. La banalisation possible des phénomènes de microviolences peut aussi compliquer ce repérage. Il importe donc de définir précisément ce harcèlement. Selon Dan Olweus, professeur de psychologie, « un élève est victime de harcèlement lorsqu’il est soumis de façon répétée et à long terme à des comportements agressifs visant à lui porter préjudice, le blesser ou le mettre en difficulté de la part d’un ou plusieurs élèves. » Cette violence peut prendre diverses formes : morale (moqueries, insultes, rumeurs…), physique (coups, menaces…), d’appropriation (racket) ou sexuelle (attouchements, gestes déplacés, voyeurisme…).

Un phénomène de groupe

De plus, il n’existe pas de profil type d’enfant harceleur ou harcelé, d’autant qu’il ne s’agit pas d’un face à face, mais bien d’un phénomène de groupe dans lequel le rôle des témoins est principal. Éric Debarbieux, auteur du rapport Refuser l’oppression quotidienne : la prévention du harcèlement à l’école  , rappelle que « le mécanisme de harcèlement est surtout une oppression conformiste. Il s’agit d’abord d’un groupe qui isole, exclut… C’est un groupe qui se construit, s’identifie en stigmatisant celui qui n’est pas « nous ». L’autre peut être rejeté en raison de sa couleur de peau, de cheveux, de sa culture, de sa religion, de son handicap, de son physique, de son genre, de sa classe sociale, de son poids, de son caractère timoré, de sa réussite scolaire, de ses habits, de son élocution…

Ce rejet social entraîne, comme toute violence répétée, une perte de l’estime de soi, parfois des lésions physiques ou des troubles psychosomatiques. Il s’accompagne souvent d’un désinvestissement scolaire. Le harcèlement sexiste, qui touche autant les filles que les garçons, reste une des causes majeures des dépressions graves et des tentatives de suicide chez les adolescents et adolescentes. Il est donc légitime que la lutte contre le harcèlement soit considérée comme un enjeu majeur et que les actions de prévention dans les écoles et la formation des PE se multiplient.

Trois questions à Omar Zanna

Docteur en sociologie et psychologie est l’auteur de L’éducation émotionnelle pour prévenir les violences (Dunod, 2019)

Le harcèlement peut-il s’expliquer par un manque d’empathie ?

Ce n’est pas si simple. L’empathie, c’est la disposition à reconnaître l’autre comme une version possible de soi, une disposition à percevoir le monde subjectif d’autrui comme si nous étions cette personne. Or, dans une situation de violence ou de harcèlement, confronté à une charge émotionnelle difficile à juguler, générée, entre autres, par des pairs, l’empathie est momentanément éclipsée. Dans de telles situations, l’autre n’existe plus en tant qu’autre mais en tant qu’objet à éventuellement, dépouiller, violenter.

Pourquoi alors éduquer à l’empathie émotionnelle ?

La compréhension des états mentaux et affectifs d’autrui permet de réduire la méconnaissance de ceux qui sont différents de nous. C’est alors une manière d’éduquer à l’altérité et à pluralité et ainsi se prémunir ainsi de pensées dogmatiques dont on connait les funestes conséquences.
D’autre part cela permet d’accueillir l’élève dans sa globalité, plutôt que de focaliser sur la seule dimension cognitive. Redonner une place au corps et aux émotions pour qu’ils ne soient plus des obstacles mais deviennent des leviers d’apprentissage. 

Quelles pistes pour la classe ?

J’ai repéré quatre « horizons pédagogiques ». Tout d’abord, le fait de pratiquer ensemble permet d’entrer en résonnance avec autrui. Puis, le fait d’observer les autres entraîne un apprentissage par vicariance. On apprend en regardant puis en faisant ce que les autres font. Ensuite, le partage des ressentis émotionnels par l’inversion des rôles facilite les relations. Et enfin la verbalisation des ressentis permet d’apprendre ressentir, reconnaître et progressivement à apprivoiser ses émotions. Mettre en mot une émotion c’est une manière de c’est une manière de se prémunir d’une réaction
de débordement.

Des ressources à étayer

Les campagnes de lutte contre le harcèlement scolaire lancées depuis 2012 visent à sensibiliser et mobiliser à la fois les élèves et la communauté éducative sur ce sujet. Mais il n’est pas certain que le pilotage sensé accompagner ce plan de prévention ait donné une réelle priorité au primaire dans ce domaine. L’obligation d’un protocole de prise en charge dans chaque établissement n’a pas toujours été accompagnée et les dix nouvelles mesures présentées par le ministre de l’Éducation en juin 2019 ont peu d’écho opérationnel dans les écoles. Si 310 référents harcèlement sont mobilisés dans les académies, les enseignants et enseignantes ne bénéficient d’aucune formation directe. Un site spécifique Non au harcèlement propose un protocole de traitement des situations de harcèlement et des séquences pédagogiques pour travailler la prévention en rendant les élèves acteurs et actrices.
Les réflexions sur l’amélioration du climat scolaire sont également un axe intéressant pour réduire le phénomène. Et si la prévention repose sur l’engagement des équipes, ces outils devraient être davantage partagés et accompagnés d’une formation.

Avec toit

mer, 11/12/2019 - 10:53

20 novembre, début de soirée devant la gare de Beauvais dans l’Oise, il fait 1°C. Comme chaque mercredi, un stand associatif propose de se réchauffer d’une soupe, de partager le pain et un morceau de fromage, et des bonbons pour les enfants… enfants de familles migrantes, enfants SDF.
En ce jour anniversaire des 30 ans de la CIDE, à l’issue d’une grande journée de mobilisation, une soixantaine de militantes et militants sont venus attendre avec ces enfants et leurs familles à l’un des dix points de rencontre du Samu social du département. Comme chaque soir, plus d’une trentaine de personnes sont ici, parents, enfants, bébés, pour la plupart déboutés du droit d’asile. 

Maraudes

Rose-Marie Monteil de l’association Solidarité migrants Oise a recensé quinze enfants aujourd’hui devant la gare, souvent plus d’une trentaine sur le département. « La maraude tourne avec quatre véhicules de 19 h à minuit. On note les demandes d’hébergement que l’on transmet au 115. C’est eux qui répertorient et nous donnent les orientations », explique Alexis Derache, président du Samu social de l’Oise qui se charge ensuite, entre 22 et 23 h, d’assurer le transport vers les lieux de mise à l’abri d’urgence, parfois lointains. Les familles devront les quitter le lendemain à 7 h sans moyen de transport pour rejoindre les écoles. La veille, 39 mamans et enfants ont été mis à l’abri, les hommes sont restés à la rue, ainsi qu’une famille avec trois enfants. Aline, 6 ans et Alexandra, 8 ans et leur maman enceinte, viennent d’Angola. Elles attendent avec des maîtresses de l’école élémentaire Camus où les filles sont scolarisées depuis la rentrée de novembre. Hier soir, elles étaient dans un foyer mais la semaine dernière, sans solution d’hébergement, c’est la solidarité qui leur a permis de dormir à l’hôtel. Claire Michot de l’école Camus fait partie du collectif Pasdanslaruesolidarité  créé par des enseignants de Beauvais. « Nous avons organisé des goûters solidaires et une collecte. Nous assurons un relais aux maraudes pour garantir que les enfants qui ne sont pas pris en charge par le 115 puissent être logés ». La mairie de Beauvais offre le repas de midi et le centre de loisirs aux enfants pendant que la boutique Solidarité d’Emmaüs permet aux parents de se doucher ou de laver le linge.

C’est à 15 h devant la Préfecture que le collectif constitué d’associations et d’organisations syndicales de tout le département avait appelé à manifester. « Ces enfants sont dans nos écoles. Les enseignants sont aussi des citoyens. Nous demandons la réquisition des logements vides », clame Pierre Ripart, secrétaire départemental du SNUipp-FSU de l’Oise, très présent dans toutes les initiatives en soutien aux migrants. Le collectif se relaie lors des maraudes du Samu social, centralise le recensement des enfants à la rue et l’envoie tous les jours, depuis le 10 octobre, par courrier au préfet et à la présidente du Conseil départemental. Pendant qu’une délégation était reçue par le directeur de cabinet du préfet, plus de 100 personnes ont pris le chemin de la gare, faisant halte devant le Conseil départemental, la direction départementale de la cohésion sociale et la mairie de Beauvais, avant de se retrouver à l’assemblée générale de 18 h dans une salle communale pour organiser la suite des mobilisations.

Solidarité sur le plateau Rouher

La famille Kavtaradze arrivée de Géorgie, un pays « sûr » selon les autorités, l’année dernière pour faire soigner sa fille a été déboutée de sa demande d’asile politique juste avant la rentrée scolaire et a dû quitter le logement de France Terre d’Asile qu’elle occupait à Creil. Sans communauté pour les soutenir, ni de famille pour les accueillir et sans hébergement d’urgence, la famille doit alors dans sa voiture. Informée de la situation, l’équipe enseignante de l’école Camus de Creil où sont scolarisés les enfants Lizi et Revazi, les a accueillis à l’école. « Dès le lundi j’ai écrit à l’inspection, à la Préfecture, à la mairie de Creil pour les alerter. Jeudi soir, toujours sans hébergement du 115, nous avons décidé de les héberger à l’école. Les autres parents ont ramené des dons alimentaires, des couvertures et ont constitué une cagnotte. La mairie de Creil nous a assuré de son soutien. La presse aussi était là », raconte Xavier Bulliard le directeur. Dès le lendemain, une solution d’hébergement est trouvée par décision du préfet dans un mobil-home social au camping de Bresle. 

À l’école Nerval, c’est une famille arménienne qui est sous le coup d’une expulsion fin septembre. Pierre-Emmanuel Boudet, directeur de la maternelle qui scolarise Natali, et Ismael Sosa, directeur de l’élémentaire qui accueille Hovhannes en CP, prennent les choses en main avec leurs équipes. Ils alertent, rassemblent et, sans solution d’hébergement acceptable par le 115, sans proposition de la préfecture, avec à nouveau l’accord de la mairie, installent la famille dans la salle délaissée du RASED. « Il a fallu organiser une vie avec les allers-retours quotidiens au Samu social le soir, les tours de garde des équipes enseignantes pendant les 27 jours d’occupation. Il y avait 15 gamins à la rue à Creil ce 10 octobre et c’est pour lutter contre ces situations que le collectif s’est créé », explique Pierre-Emmanuel, familier des luttes creilloises. La mobilisation aura fait avancer le plan hiver de 15 jours et permis ainsi à la famille Babayan d’être logée sur Beauvais, bien que les enfants continuent de fréquenter leur école de Creil. 

Mais que fait l’État ? 

« Ils ne veulent pas reloger les déboutés pour éviter un « appel d’air » et favorisent une aide au retour », a retenu Pierre Ripart de l’audience avec le cabinet du préfet. Un communiqué de la Préfecture, publié le jour de la mobilisation, indiquait : « L’Oise dispose de 1 953 places d’hébergement, 1103 pérennes et 850 quotidiennes à l’hôtel, aujourd’hui toutes occupées. Chaque nuit, entre 120 et 150 personnes vulnérables, pas toutes déboutées du droit d’asile, sont identifiées par le Samu social comme étant sans solution d’hébergement ». Les mairies sollicitées ont mis à disposition des hébergements d’urgence encore plus précaires, telles 20 places du gymnase Morvan à Beauvais depuis le 22 novembre. « La mairie fait tout ce qu’elle peut. Mais elle ne peut pas se substituer à l’État qui n’assure pas ses missions », ajoute pour finir Pierrick White, conseiller auprès du maire de Creil. Et donc ses obligations d’appliquer l’article L345 du Code de l’action sociale et des familles : «&nbspToute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment à un dispositif d’hébergement d’urgence ».

Salaires enseignants : pas brillants

mer, 11/12/2019 - 10:41

La note de la Depp de novembre, le rapport de l’OCDE en septembre et le dernier bilan social de l'éducation nationale paru en juin : tous ces documents dressent un état des lieux alarmant des salaires enseignants en France. Le pouvoir d’achat des enseignantes et enseignants de l'Hexagone est en baisse, ce qui les fait dégringoler sur l’échelle sociale.
Tous niveaux confondus, elles et ils gagnent 22 % de moins que la moyenne des pays développés en milieu de carrière. 

Les écarts de revenus restent très sensibles entre le 1er et le 2nd degré : les salaires nets mensuels moyens des personnels enseignants titulaires du public en 2016 sont de 2 220 € dans le 1er degré et 2 730 € dans le 2nd degré selon les données du bilan social 2017-2018. La part plus importante des indemnités et surtout des heures supplémentaires expliquent cette différence. Ces chiffres masquent de très forts écarts entre les débuts et les fins de carrière ainsi que des inégalités salariales entre les hommes et les femmes (11 % chez les PE). L’annonce par le ministre d’une augmentation d’au mieux 30 € mensuels, a enflammé la profession et raffermi la volonté des enseignants et enseignantes de défendre leur pouvoir d’achat et leur retraite.

Après le 5 et le 10, à nouveau le 12 puis le 17 décembre

mer, 11/12/2019 - 06:48

Le mouvement contre la réforme des retraites se poursuit avec une journée d'action interprofessionnelle jeudi 12 décembre déclinée localement avec des reconductions de grève dans de nombreux secteurs et départements. Ce week-end des rassemblements sont prévus localement avant de mobiliser toutes les énergies pour construire la journée nationale massive de grève et de manifestations mardi 17 décembre.

Alors que le premier ministre s'apprête à prendre la parole sur son projet de réforme des retraites, l'intersyndicale lui demande de retirer purement et simplement son projet de retraite par point et d'entamer de nouvelles discussions sur des bases différentes. Dans la journée le SNUipp et la FSU communiqueront pour analyser les annonces faites par le Premier ministre. 

En attendant, les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEL, et UNEF appellent l'ensemble des salarié·es et des jeunes à poursuivre les mobilisations sous des formes locales jusqu'au mardi 17 décembre, nouvelle journée massive de grèves et manifestations. 

Le communiqué de l'intersyndicale 

Toujours plus mobilisé·es pour gagner !

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF et UNL constatent que le mouvement contre le projet de réforme des retraites s’est inscrit depuis le 5 décembre dans la durée avec notamment des reconductions importantes de grève et avec l’entrée de nouveaux secteurs professionnels dans les actions de grève, de débrayages et de mobilisation.
La journée du 10 décembre a été un nouveau temps fort de cette mobilisation avec de nouveaux salarié-es du privé et davantage de jeunes.
L’opinion publique ne se laisse ni abuser par les opérations médiatiques du Gouvernement, ni par les tentatives d’opposer les uns aux autres. Les organisations syndicales dénoncent toutes entraves au droit de grève et de manifestation plus particulièrement envers les jeunes.
La synthèse des concertations rendue publique lundi n’a pas apporté d’éléments nouveaux depuis le mois de juillet. Les organisations syndicales pointent la responsabilité du gouvernement sur la situation sociale. C’est pourquoi, elles attendent que lors de sa prise de parole, le premier Ministre tienne compte du rejet massif exprimé par les mobilisations du projet de régime universel à point et retire ce dernier. Elles confirment leur appel à l’ouverture de réelles négociations sans préalable sur la base des propositions des organisations syndicales pour le renforcement et l’amélioration du système actuel par répartition, solidaire et intergénérationnel.

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, MNL, UNEF et UNL appellent l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève y compris reconductible là où les salarié-es le décident. Elles appellent à organiser des actions de grève et de manifestations localement le 12 décembre, puis le week-end, et de faire du 17 décembre une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations.

Mobilisations

Le SNUipp-FSU poursuite donc ses actions, à Paris comme dans les départements, ainsi en Gironde, Dordogne, dans l'Aisne, le Loiret, le Val d'Oise, l'Allier, à Lorient, Mayotte, Paris, Alès, Marseille. En Seine-Saint-Denis, le snuipp93 a expliqué sur le plateau de BFMTV  combien l'intervention d'Edouard Philippe a renforcé la détermination des personnels à poursuivre le mouvement. France 3 est également allé à la rencontre des 700 congressistes de la FSU à Clermont-Ferrand pour recueillir leurs réactions à cette allocution du Premier ministre.

Paris, le 10 décembre 2019

Retraites : une action dans la durée à anticiper

dim, 08/12/2019 - 11:37

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, MNL, Solidaires, UNEF et UNL appellent à «&nbsprenforcer et élargir  encore la mobilisation par la grève et la reconduction de celle-ci là où les salariés le décident  » ainsi qu'à une  «&nbsp journée massive de grève et de manifestations interprofessionnelles et intergénérationnelles&nbsp» comme indiqué dans le communiqué commun

C'est dès le lendemain, mercredi 11 décembre, que le Premier ministre doit faire des annonces sur le projet de réforme des retraites. L'ensemble des salarié-es, dont les enseignantes et enseignants des écoles, restent donc en alerte et mobilisés face aux baisses annoncées des pensions que réservent ce projet (lire ici). Les organisations syndicales, elles, se revoient dès le 10 décembre au soir «&nbsppour les suites rapides à donner au mouvement&nbsp». Rien n’est à exclure en termes de suites décidées par l’interpro mardi soir : manifestations dans tout le pays samedi 14, nouvelle journée la semaine suivante mais également nouvelle journée de grève et de manifestation jeudi 12…

Mesure de précaution

Il est donc conseillé aux PE, dans le cadre du préavis de grève déposé par le SNUIpp-FSU jusqu'en février, de transmettre leur intention de faire grève les 12, 13, 16, 17, 19 et 20 décembre 2019. Cette déclaration préalable, obligatoire dans le premier, est contraignante mais n'entraîne pas de retenue sur salaire, c'est sur les signatures de présence ou absence lors de la journée dans un tableau rempli à l'école a posteriori que l'administration se base pour considérer les personnels comme grévistes ou non. La mobilisation s'inscrit dans la durée, il est donc préférable de se préparer à un plan d'action se déroulant sur les semaines à venir.
C'est ce qu'explique le SNUipp-FSU à l'antenne d'Europe 1 et au Monde.

De nouveau en grève mardi

ven, 06/12/2019 - 12:36

Parce qu’une seule journée ne suffira pas à faire plier le gouvernement, la réunion intersyndicale et interprofessionnelle de ce jour a décidé d’appeler de manière unitaire à un nouveau temps fort d’action, mardi 10 décembre. Le SNUipp-FSU appelle l’ensemble des personnels des écoles à s’engager massivement dans cette nouvelle journée de grève et de manifestations. 

Attention, les déclarations d'intention de grève devront être envoyées par mail avant samedi soir minuit. 

Dès le 10 au soir, le SNUipp-FSU informera largement les personnels des suites de l'action qui seront données. Le SNUipp-FSU sur Franceinfo dimanche 8 décembre, Europe 1 et Le Monde mardi 10 décembre.

Le communiqué unitaire 

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, UNL, MNL, et UNEF se  félicitent de l’ampleur des mobilisations par la grève lancée ce 5 décembre et par la participation massive aux manifestations organisées partout dans le pays.
D’ores et déjà de nombreuses reconductions de la grève sont lancées et d’autres sont prévus dès ce vendredi, dans le privé et dans le public.

Nos organisations syndicales appellent en conséquence le gouvernement à entendre le message envoyé par les salariés et à prendre des responsabilités en ouvrant de réelles négociations sans préalable avec toutes les organisations syndicales.
Elles revendiquent le renforcement et l’amélioration du système actuel de retraite solidaire et intergérationnel.

Elles réaffirment leur refus d’un système par points dit universel qui immanquablement conduirait à une baisse des pensions et à devoir reculer encore l’âge de départ. C’est par l’amélioration de l’emploi, par la fin du chômage massif et de la précarité tout au long de la vie, par l’augmentation des salaires et l’égalité entre les femmes et les hommes, que la pérennité des retraites sera garantie.

C’est pourquoi les organisations syndicales signataires appellent à renforcer et élargir encore la mobilisation par la grève et la reconduction de celle-ci là où les salariés le décident dès ce vendredi, ce week-end et lundi. Dans ce cadre, elles donnent rendez-vous le mardi 10 décembre pour une journée massive de grève et de manifestation interprofessionnelle et intergénérationnelle. Les organisations syndicales se revoient le 10 décembre au soir pour proposer les suites rapides à donner au mouvement.

La mobilisation dans les départements

Le SNUipp-FSU est mobilisé dans tous les départements, comme à Lyon, dans les Alpes-Maritimes, la Drôme, en Ardèche, en Savoie, dans l'Indre, en Seine-Saint-Denis à voir sur BFM, en Gironde sur Sud Radio et France BleuLe SNUipp, présent au congrès national de la FSU à Clermont-Ferrand, a manifesté avec la fédération et l'ensemble des syndicats :

 

Les cortèges en photos

Retraites : le SNUipp-FSU dans tous les médias

jeu, 05/12/2019 - 10:11

L'Humanité a consacré une interview entière au SNUipp-FSU sur les raisons de la mobilisation contre la réforme des retraites : « Les enseignants ne se contenteront pas de promesses : perdre 600 à 900 euros, c’est trop. Surtout dans un métier très féminisé, avec donc beaucoup de carrières irrégulières ou de temps partiels. Tout cela doit être pris en compte.&nbsp» Francette Popineau, co-secrétaire générale du SNUipp-FSU et porte-parole a également été invitée sur le plateau de Cnews à 41 min 32, à Franceinfo : « On sent une certaine fébrilité de la part du gouvernement parce qu'on vit de promesses. Ça ne nous rassure pas parce que pour l'instant il n'y a rien. Malgré trois réunions avec le ministre, il n'y a eu aucune proposition pour la revalorisation des salaires. Nous on ne veut pas de promesses, on veut l'assurance et des propositions concrètes que nous ne perdrons pas sur nos pensions. » 

Résultat : 70 % de grévistes dans les écoles et une estimation de quatre écoles fermées sur dix, comme souligné dans Le Parisien, 20 minutes BFMTVLe Journal du dimanche L'Express, Le Huggington post, RTL ou encore Europe 1« C'est un chiffre inédit, cela faisait très longtemps que nous n'avons pas eu un chiffre aussi haut, depuis 1995. C'est dire si la réforme inquiète les enseignants du primaire qui sont les grands perdants. » 

Le mouvement continue avec une nouvelle journée d'action interprofessionnelle mardi 10 décembre, comme l'a annoncé le SNUipp-FSU au sortir de la réunion au 13 h de France inter vendredi 6 décembre puis dans différents médias dont Libération Le Parisien . «&nbspNous sommes dans un plan d'action qui s'inscrit dans la durée&nbsp», avec des journées de transition et des moments forts à venir : sur le web de BFM, sur Franceinfo dimanche 8 décembre et à l'Express . Autres journées à venir le 12 décembre, le week-end et grève le 17 décembre. L'allocution du Premier ministre mercredi 11 décembre n'a pas convaincu, loin de là : sur Franceinfo .

Les enseignants et enseignantes des écoles ont bien compris la réforme. Mais ce n'est pas grâce aux tentatives de communication du ministre pour la justifier, comme s'en amuse Le Canard Enchaîné :

Articles aussi dans toute la France

Avec des cortèges inédits dans de nombreuses villes de France, les médias ont eu à fort à faire pour tout couvrir. Actu.fr et France info a ainsi longuement interrogé Haydée Leblanc, du SNUipp80, sur ses raisons de faire grève avec ses collègues : «&nbspJe préfère perdre 800 euros en une année de grève plutôt que 800 euros tous les mois quand je serai à la retraite. On va partir à la retraite à 64 ans, si on vit jusqu'à 84 ans, notre perte équivaut à 200 000 euros, une maison », Ouest-France s'est tourné vers le SNUipp 35 pour mieux saisir cette opposition au projet de réforme. De même le SNUipp 62 a fait oeuvre de pédagogie dans les médias du Pas-de-Calais comme dans La Voix du Nord et Horizon radio, tout comme Laurianne Delaporte du SNUipp 45 sur France Bleu . Le SNUipp 73 a expliqué les dangers du projet de réforme à TVnet Citoyenne . «&nbspUne grève très suivie dans le Val d'Oise&nbsp», titre VONews . Même écho à Paris sur Franceinfo ou en Franche-Comté « «&nbspdu jamais vu depuis 15 ans », commente Peggy Gœpfert, co-secrétaire du SNUipp-FSU dans Le Trois
Les actions se poursuivent vendredi 6 décembre, notamment en Seine-Saint-Denis comme le relate Le Parisien , les pays de la Loire dans Ouest France ou encore dans le Jura, à lire sur Actu.fr .

La mobilisation a été suivie également dans les écoles françaises à l'étranger comme le relate ce site.

Lettre aux enseignants : info ou intox ?

mer, 04/12/2019 - 17:25

A la veille d’un mouvement historique de grève, le ministre de l’Éducation nationale s'adresse à tous les professeurs des écoles pour les convaincre que le système présenté dans le rapport Delevoye serait un progrès pour les fonctionnaires. Ils ont pourtant très bien compris que ce nouveau système de retraite à points aurait pour conséquence une baisse significative de leur pension. Le SNUipp rétablit quelques vérités.

Un euro cotisé apporterait les mêmes droits : le ministre oublie qu'une telle règle reviendrait sur les droits solidaires, ces droits qui permettent de compenser les aléas de la vie personnelle et professionnelle (droits pour enfants, maladie, chômage, invalidité, handicap, réversion…)

La valeur du point ne pourra pas baisser : cela ne garantira en rien ni le niveau des pensions ni le pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat des retraité-es ne dépend pas que de la valeur du point mais aussi des mécanismes de revalorisation des pensions qui ne sont pas arrêtés.

Un minimum de pension à 1 000 € par mois pour une carrière complète : cette condition de carrière va exclure nombre de personnes aux carrières interrompues ou avec des temps partiels… et 1000 € c'est juste au-dessus du seuil de pauvreté, une allocation plutôt qu’un droit à une pension décente.

Les fonctionnaires cotiseront sur toutes leur rémunération : les enseignant-es du 1er degré perçoivent en moyenne 8% d’indemnités. Cotiser sur l’ensemble des rémunérations, traitement et indemnités n’aura quasiment aucun impact pour eux. Les enseignant-es du 1er degré, dont le salaire est de plus inférieur à la moyenne de celui des enseignant-es des pays de l’OCDE, demandent une véritable revalorisation salariale.

La reconnaissance de métiers pénibles sera étendue à la fonction publique : elle existe déjà, ce sont les catégories actives, dont les enseignant-es des écoles sont exclu-es. Plus de 30% des enseignant-es du 1er degré font le choix de partir à la retraite avec une décote en raison de conditions de travail dégradées.

La revalorisation salariale permettra de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique : le gouvernement est-il vraiment prêt à mettre les 10 milliards par an annoncés par le président Macron sur la table, maintenant ?

Pour le SNUipp-FSU, la pédagogie épistolaire du locataire de la rue de Grenelle n’y changera rien. Les enseignantes et les enseignants des écoles sont massivement mobilisés pour réclamer l’abandon d’un projet de réforme qui les pénaliserait tout particulièrement et pour exiger les pensions correctes auxquelles ils ont droit.

Retraites : le nouveau guide orange du ministre ?

mer, 04/12/2019 - 16:30

Jean-Michel Blanquer prendrait-il les enseignantes et les enseignants des écoles pour des benêts ? Il y a quelques jours, il estimait sur une radio périphérique que «&nbspcertains sont en grève parce qu’ils ne comprennent pas tout.&nbsp» Pour qu’ils comprennent mieux, il adressait le 3 décembre à tous les personnels enseignants de l’Éducation nationale une lettre leur expliquant combien ce projet de réforme des retraites est «&nbspsimple et juste&nbsp». Une forme de guide orange à l’usage des personnels en difficulté de compréhension.

Enfoncez-vous ça dans la tête

Féru de pédagogie de la répétition, ou tout simplement fébrile au vu de l’ampleur de la mobilisation, c’est maintenant via les Dasen qu’il entend diffuser son courrier. Dans plusieurs départements, tels que le Bas-Rhin ou la Dordogne, les directrices et les directeurs se voient invités à l’afficher dans l’école.
L'afficher où dans l'école ? Mystère… Quoi qu’il en soit, le locataire de la rue de Grenelle semble oublier que compter fait partie de ses «&nbspfondamentaux&nbsp», que de fait, les enseignantes et les enseignants s’y connaissent un peu en calcul et qu’ils ont justement fait leurs comptes.
C’est pour ça qu’ils seront très majoritairement en grève le 5 décembre et que se discute d’ores et déjà la suite de ce mouvement contre une réforme qui les pénaliserait tout particulièrement.

PISA, des inégalités persistantes

mar, 03/12/2019 - 17:13

«&nbspComme déjà observé, la France est l'un des pays de l'OCDE où le lien entre le statut socio-économique et la performance dans PISA est le plus fort », souligne la note de l'étude, « avec une différence de 107 points entre les élèves issus d'un milieu favorisé et ceux issus d'un milieu défavorisé&nbsp». 

Le rapport précise que cette différence est nettement supérieure à celle observée en moyenne dans les pays de l’OCDE, 89 points. L'écart entre les filles et les garçons est inférieur à celui observé en 2009 sur la période mais ni les performances des filles ni celles des garçons n’ont connu d’amélioration. Quant aux inégalités d'origines, elles persistent. La France reste l'un des pays où l'on trouve une forte proportion d’élèves immigrés issus d’un milieu socio-économique défavorisé puisque près d'un élève immigré sur deux est issu d’un milieu défavorisé.

Focale sur la compréhension

La focale sur la compréhension, faite dans l'enquête cette année, corrobore également ce constat. En compréhension de l'écrit, si le taux des élèves les plus performants augmente légèrement : 9,2% en 2018, 8,7% en 2015. Plus d'un élève sur cinq ne parvient pas à identifier l'idée principale dans un texte de longueur moyenne, à trouver une information fondée sur des critères explicites et parfois complexes ni à réfléchir au but et à la forme des textes lorsqu'il leur est demandé explicitement de le faire.
Même constat en mathématiques où 21% des élèves ne peuvent interpréter et reconnaître, sans instructions directes, comment une situation (simple) peut être représentée mathématiquement, par exemple en comparant la distance totale entre deux itinéraires alternatifs, ou en convertissant les prix dans une autre devise. C'est en sciences que les résultats sont les meilleurs avec 78% d'élèves qui atteignent le niveau 2 ou plus.

Urgent d'agir

Ce constat d'incapacité du système éducatif français à réduire les inégalités depuis 2000 montre l'urgence à changer de logiciel, en investissant sur le long terme pour mettre fin au stop and go des politiques éducatives.

Pour le SNUipp-FSU, il est urgent d'investir massivement dans l'école, d'avoir une véritable politique de mixité scolaire et d'abonder des moyens supplémentaires pour les zones les plus défavorisées au travers d'une politique d'éducation prioritaire nationale. La formation initiale et continue doit être solide et répondre à cet enjeu de réduction des inégalités. Travailler à l'acquisition de compétences complexes et sociales, à la valorisation des réussites, à la construction du sens, à apprendre à comprendre et à réfléchir ou encore à l'évaluation des élèves sur leurs progrès sont autant de pistes à suivre.
Parallèlement il est nécessaire de rendre le métier attractif en reconnaissant la professionnalité des enseignantes et enseignants, en augmentant les salaires, en améliorant les conditions d'enseignement et d'apprentissages et en réduisant le temps de travail des enseignants devant les élèves pour favoriser la concertation et les échanges entre pairs.

Retraites : grève historique dans les écoles

mar, 03/12/2019 - 11:42
Le communiqué du SNUipp-FSU

La grève contre le projet de réforme des retraites du gouvernement rassemblera 70% des enseignantes et enseignants des écoles, écoles dont plus du tiers seront fermées jeudi. Ces chiffres, inédits depuis de nombreuses années, traduisent un rejet massif du projet gouvernemental qui entraînerait une forte baisse des pensions pour les PE.

Les enseignantes et enseignants des écoles ont ainsi “tout compris” au mécanisme de cette réforme, contrairement aux assertions de leur ministre. Ils en seraient parmi les plus grands perdants, avec une baisse de leur pension de l’ordre de 300 à 900 € mensuels. Ils et elles cumuleraient la fin du calcul sur les six derniers mois, la quasi absence d’indemnités dans leur rémunération, des salaires faibles. Et les femmes, très majoritaires dans la profession, seraient encore plus pénalisées du fait de carrières moins linéaires.

La journée de grève et de manifestations de jeudi 5 décembre est une première journée de mobilisation qui en appellera d’autres. La seule réponse est l’abandon de cette réforme et la préservation d’un régime solidaire et lisible de retraite par répartition, seul à même d’assurer une pension de haut niveau pour toutes et tous.

Pour ce faire, le SNUipp-FSU propose la construction d’un nouveau temps fort de grève, le plus unitaire possible, en lien avec les autres secteurs mobilisés. Son imminence sera au cœur des débats des assemblées générales.

Paris, le 3 décembre 2019

La maternelle que nous voulons

lun, 02/12/2019 - 16:31

La brochure

Éducation prioritaire : qu'en dit l'OZP ?

lun, 02/12/2019 - 12:05

Après avoir présenté une partie des résultats de son enquête en mai 2018, l'OZP poursuit son travail d'analyse des réponses des acteurs de terrain.

Des acquis fragiles

L'enquête révèle que la refondation de l'éducation prioritaire a permis de travailler en tenant compte des cycles, de développer le travail collectif, d'accorder une importance primordiale au pédagogique, de bâtir des projets de réseau et de favoriser le co-enseignement.
Elle a permis également «&nbspune embellie&nbsp» de la relation école-familles où les acteurs ont «&nbspune véritable détermination à installer explicitement un respect et une estime réciproque&nbsp», de conjuguer exigence et bienveillance, de modifier les pratiques évaluatives au profit d'une évaluation par compétence et de faire vivre le collectif professionnel.

L'accueil des personnels exerçant pour la première fois en éducation prioritaire s'est lui aussi amélioré même s'il reste insuffisant avec du temps dédié, du tutorat ou encore une découverte de l'environnement. Cependant, le pessimisme est de mise face à la fragilité de ces acquis et la crainte de partir vers de fausses pistes. Dans le même temps, l'optimisme est permis en voyant l'engagement raisonné des acteurs et actrices qui demandent à être davantage responsables de leur action locale et à bénéficier de davantage de soutien.

De nombreux obstacles

La culture commune premier et second degré, le refus de laisser la main au terrain, le manque d'implication parfois rencontré ou le non partage du pilotage sont des obstacles cités minoritairement dans l'enquête.
D'autres obstacles tels la spécificité des élèves non francophones, la communication avec les familles, l'utilisation du carnet de suivi, l'hétérogénéité des classes, le manque de savoir-faire professionnels éprouvés, l'identification des besoins des acteurs... sont plus prégnants dans l'enquête. Des difficultés qui pourraient être levées avec une formation solide répondant aux besoins.

Restent des obstacles majeurs à relever qui sont le manque de formation - les formations données ne sont pas celles répondant aux besoins-, le manque de temps - temps pour travailler ensemble, laisser du temps pour transformer les pratiques, faire coïncider le temps du premier et du second degré- et le manque de ressources humaines -la problématique du remplacement des enseignantes et enseignants, médecins et infirmières scolaires, personnels spécialisés, disparition des «&nbspPlus de maîtres&nbsp»-.

Des leviers sur lesquels s'appuyer

L'enquête met aussi en lumière de nombreux leviers à actionner pour améliorer la politique d'éducation prioritaire.
Ceux qui relèvent de l'institution comme la question des ressources humaines, du recrutement, la pérennité des personnels, les formations spécifique EP, les «&nbspPlus de maîtres&nbsp», la réduction des effectifs, le temps, les moyens accordés, les personnels de santé...
Et ceux qui relèvent des acteurs eux-mêmes comme les outils et méthodes, la formation entre pairs, la relation avec les familles, le travail sur l'évaluation des élèves, la conjugaison de l'exigence et de la bienveillance...

Alors que faire ?

Le conseil scientifique de l'OZP estime nécessaire de poursuivre le chantier école-familles, de mieux considérer les acteurs et de leur faire confiance, d'avoir une volonté politique qui continue d'abonder les moyens humains et de relancer la dynamique par des discussions au travers de rencontres inter-académiques.

L'OZP rendra public, au cours du prochain trimestre l'ensemble des résultats de son enquête. Bien que non statistique, ce travail a toute sa valeur. Le ministère serait bien inspiré de tenir compte de l'ensemble de ces éléments.

Jeudi noir dans les écoles

dim, 01/12/2019 - 09:51

La grève contre le projet de réforme des retraites du gouvernement a rassemblé quelque 70% de grévistes dans les écoles, avec quatre écoles sur dix fermées. Ces chiffres, historiques depuis de nombreuses années, traduisent un rejet massif du projet gouvernemental qui entraînerait une forte baisse des pensions pour les PE.

Manifestations monstres

Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes et les cortèges ont été énormes partout en France : 12 000 à Nice, 250 000 à Paris, 125 000 à Marseille, 12 000 à Poitiers, 15 000 à Perpignan, 13 000 à Lille, 20 000 à Rennes, 2 000 à Saint-Malo, 10 000 à Metz ... Même si les chiffres sont soumis à controverse dans une forme de bataille médiatique avec le gouvernement, de très nombreux témoignages remontent pour dire que cela faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu autant de personnes dans la rue. Aussi dans de nombreux endroits les personnels se sont exprimés, notamment dans les assemblées générales, sur la nécessité de poursuivre l'action. 

Poursuivre la mobilisation

Certains souhaitent reconduire dès demain, d'autres veulent construire un nouveau temps fort de grève la semaine prochaine et des manifestations le samedi ont également été évoquées. 

Une seule journée de grève, même particulièrement réussie, ne suffira pas à imposer l’abandon de cette réforme des retraites. Le SNUipp-FSU se détermine pour la construction d'une nouvelle journée d’action sous forme d’un nouveau temps fort de grève dès la semaine prochaine, le plus unitaire possible et construit en lien avec les autres secteurs mobilisés. Une réunion intersyndicale et interprofessionnelle se réunira tôt demain matin pour faire le point et proposer des suites à cette mobilisation. Dès les perspectives de mobilisation interprofessionnelle connues, le SNUipp-FSU appellera l'ensemble des personnels des écoles à s'y inscrire. 

Diaporama de la mobilisation

Les effets négatifs de cette réforme des retraites entraînant une baisse jusqu’à 40% des pensions des PE justifient pleinement les mobilisations. C‘est d’une toute autre réforme dont notre système de retraite par répartition a besoin. Les personnels des écoles avec les autres salariés l'ont exprimé massivement le jeudi 5 décembre et sont bien décidés à ne pas en rester là. 

Le 5 décembre, les retraités aussi dans la rue !

jeu, 28/11/2019 - 16:02

En vue de promouvoir l’idée d’un déficit en 2025, et donc de justifier des mesures immédiates pour réduite le niveau des pensions, le gouvernement avait commandé un nouveau rapport au Conseil d’orientation des retraites (COR), lequel s’est exécuté mais atteste cependant que ce prétendu déficit est construit de toutes pièces.
De fait, nullement dû à la progression des dépenses de retraites, il relève essentiellement de la baisse de la contribution de l’État à l’équilibre des régimes de retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux. Et que pour revenir à l’équilibre, les personnes aujourd’hui à la retraite seraient sévèrement frappées par la sous-indexation des pensions appliquée avant 2025.
A ce prix, les dépenses de retraites (en part de PIB) resteraient stables d’ici 2025 et même pratiquement jusqu’en 2030 au prix d’une baisse du taux de remplacement moyen que le COR évalue à 3,1 % jusqu’en 2025, et à 6,6 % jusqu’en 2030. Pourtant, d’autres options sont possibles.

Un décryptage du Réseau retraites

Rassemblant plusieurs organisations syndicales, dont la CGT, la FSU et Solidaires, ainsi qu’associatives dont ATTAC, Les économistes atterrés et Copernic, le Réseau retraites a produit un décryptage de ce rapport.

Extraits

Le COR lui-même souligne que «&nbsple solde financier du système de retraite […] dépend de manière cruciale de la convention [comptable] retenue&nbsp». Il acte ainsi que «&nbspla part des ressources consacrées au système de retraite dans le PIB diminue sur la période de projection&nbsp».

Alors que le gouvernement prétendait épargner les générations antérieures à 1963, il apparaît désormais qu’elles seront touchées, au même titre que les autres, par des baisses du niveau des pensions présentées... Quel que soit notre régime ou notre âge, nous serons bien toutes et tous concernés par cette réforme des retraites.

La baisse généralisée du niveau des pensions qui s’annonce est la conséquence logique du choix du gouvernement, fondamental mais jamais discuté, de plafonner les dépenses de retraites, au maximum, à leur niveau actuel (13,8 % du PIB). La proportion de retraités dans la population augmentant, c’est leur appauvrissement qui est ainsi programmé. La capitalisation deviendrait ainsi dans cette logique un complément indispensable pour les générations les plus jeunes… pour celles et ceux qui en auraient les moyens. Cette baisse du niveau des pensions, déjà programmée par les «&nbspréformes&nbsp» passées, serait encore aggravée si le projet de système par points était mis en œuvre. Il diminuerait en effet automatiquement le taux de remplacement (pension/salaire) pour toute augmentation de l’espérance de vie.

Le COR note que les réserves du système de retraite sont évaluées à 5,6 % PIB, largement suffisantes donc pour passer le cap de 2025. De plus, le COR est bien obligé de reconnaître que l’équilibre financier pourrait facilement être atteint par une hausse modeste des cotisations. À moyen terme, les projections du COR sont claires : une augmentation modérée des cotisations sociales (de l’ordre de 0,2 point par an) permettrait d’enrayer la baisse des pensions tout en maintenant la progression des salaires nets. Au-delà, il serait possible d’élargir l’assiette des cotisations sociales aux revenus financiers en soumettant à cotisation tous les revenus distribués. Rappelons que la France est championne d’Europe quant aux dividendes versés aux actionnaires.

Autant de bonnes raisons donc, pour toutes et tous les retraités de prendre toute leur place dans la journée du 5 décembre et ses suites. Pour défendre et améliorer le système actuel fondé sur la solidarité et que soit garantie une retraite digne à chacune et à chacun d’entre nous.