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SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 1 semaine 1 jour

Le jour d'après

dim, 29/03/2020 - 12:15
L'appel

En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos Etats à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des «&nbspdécisions de rupture&nbsp» et à placer «&nbspdes services (…) en dehors des lois du marché&nbsp». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde.

Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s’agit de pallier en urgence à la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires... Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services ré-pondant aux besoins essentiels de la population les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.

La réponse financière de l’État doit être d’abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d’activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travail-leurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.

Le néolibéralisme, en France et dans le monde, a approfondi les inégalités sociales et la crise du coronavirus s’abattra notamment sur les plus précaires. Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes.
Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d’énergie, d’eau, de téléphone et d’internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.

Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les sala-rié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.

Trop peu de leçons ont été tirées de la crise économique de 2008. Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la «&nbspcrise du coronavirus&nbsp». Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008. Cette crise ne peut une nouvelle fois être payée par les plus vulnérables. Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l’évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l’emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d’un plan contraignant de respect des accords de Paris... Car l’enjeu n’est pas la relance d’une économie profondément insoutenable. Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes…

La «&nbspcrise du coronavirus&nbsp» révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d’enclencher une transition écologique et sociale des activités.

La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d’instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des Etats les plus puissants. De ce point de vue, la «&nbspcrise du coronavirus&nbsp» dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.

Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.

Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre «&nbspjour d’après&nbsp». Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

Les signataires

• Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
• Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France
• Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
• Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
• Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
• Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
• Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France
• Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
• Clémence Dubois, responsable France de 350.org
• Pauline Boyer, porte-parole d’Action Non-Violente COP21
• Léa Vavasseur, porte-parole d’Alternatiba
• Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
• Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
• Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
• Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
• Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
• Mélanie Luce, présidente de l’UNEF
• Héloïse Moreau, présidente de l’UNL

Du répit pour la carte scolaire ?

sam, 28/03/2020 - 11:39

Aucune fermeture de classe en milieu rural sans l’accord du maire. La mesure, annoncée par le ministre de l’Éducation nationale à l’occasion d’un journal télévisé, prolongerait celle prise en 2019 de ne fermer aucune école rurale sans ce même accord.
La rue de Grenelle se serait également engagée à être en mesure de décider moins de fermetures, ayant obtenu une «&nbspenveloppe&nbsp» de postes supplémentaires pour prendre en compte le caractère exceptionnel de la situation. Et de pouvoir ainsi revoir l’équilibre ouvertures-fermetures en milieu urbain.
Dans une période où les réunions en présentiel sont interdites, où les maires et les conseils municipaux n’ont pas tous été élus, où le pays vit au ralenti, où enseignantes et enseignants sont mobilisés pour assurer une activité scolaire et un lien avec les familles et les enfants, il était incompréhensible que les cartes scolaires se tiennent comme si de rien n’était.

Des questions en suspens

Le SNUipp-FSU avait interpellé le ministre à ce sujet. Les actions locales et nationales de la FSU, tout comme les initiatives intersyndicales, ont pesé dans ces annonces et de plus en plus de Dasen annoncent déjà le report des instances.
Pour autant, ces promesses télévisuelles doivent se concrétiser. Quel sera le volume de cette nouvelle dotation de postes ? Quelle est la définition précise d’une école rurale ?
Le ministère peut-il garantir qu'aucun moyen ne soit redéployé (remplacement, RASED…) ou que la mise en œuvre des dédoublements prévus ne soit pas reportée ou encore que le nombre de postes au concours soit augmenté ?
Dans cette situation exceptionnelle mettant en lumière les inégalités à l’école, le SNUipp-FSU revendique un moratoire sur toutes les opérations de carte scolaire, qui doivent se limiter aux ouvertures de classes là où elles sont nécessaires et une dotation permettant partout d’alléger les effectifs comme de développer les RASED et les maîtres supplémentaires.
Ces annonces, tout comme comme la vidéo adressée aux enseignants, montrent un changement de ton que le SNUipp-FSU a réclamé avec force ces dernières semaines. Cela ne peut toutefois suffire à rassurer une profession actuellement engagée pour le maintien du lien avec leurs élèves et pour l’accueil des enfants des équipes soignantes.

La crise épidémique confirme, s’il en était besoin, l’utilité des services publics, dont celui de l’éducation. Pour la rentrée, le SNUipp-FSU réclame un moratoire sur toutes les opérations de carte scolaire, lesquelles doivent être limitées aux ouvertures de classes là où elles sont nécessaires. Il demande aussi une dotation permettant d’alléger les effectifs, de développer les RASED et les maîtres supplémentaires. Cela dans toutes les écoles, afin de reconstruire ce que cette crise sanitaire aura chamboulé et peut-être enfin s’attaquer franchement aux inégalités.
Par ailleurs, le syndicat continue de réclamer la protection optimale de tous les personnels qui accueillent les enfants des équipes soignantes avec la fourniture de masques et l’arrêt de toutes les opérations administratives nécessitant des échanges en présentiel (notamment Affelnet). 

Des excuses, Mme la porte-parole

jeu, 26/03/2020 - 08:13

Le président de la République, lors d’une allocution à Mulhouse le 25 mars au soir, a rendu un hommage appuyé aux personnels enseignants qui prennent toute leur part dans la mobilisation des services publics contre l’épidémie.
Il est vrai qu’il fallait de toute urgence réparer la sortie de route de la porte-parole du gouvernement qui, une heure auparavant, avait tranquillement affirmé lors d’un point de presse qu’ on « ne demanderait pas à des enseignants, qui actuellement ne travaillent pas compte-tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises garigette. »
Une petite phrase qui ne passe pas, quand on sait l’engagement de l’ensemble des personnels auprès de leurs élèves pour assurer une difficile continuité scolaire, et celui de tous ceux qui accueillent aujourd’hui dans les classes les enfants des personnels soignants.
Le SNUipp-FSU est immédiatement intervenu auprès du cabinet du ministre de l’Éducation nationale pour réclamer une correction et des excuses publiques, le mea culpa de Madame Ndiaye par voie de réseaux sociaux n’y suffisant pas. C’est également ce que demande la FSU.

Le communiqué de la FSU

Propos inacceptables de la porte-parole du gouvernement

Les propos de Sibeth Ndiaye disant que le gouvernement «&nbspne demanderait pas aux enseignants qui ne travaillent pas de traverser toute la France pour aller ramasser des fraises&nbsp» sont, dans le contexte actuel, à la fois incompréhensibles, scandaleux et irresponsables.

Les enseignant-es, comme tous les personnels éducatifs et des services publics, travaillent, le plus souvent avec leurs ordinateurs et leurs connexions personnels, dans des conditions difficiles mais en ayant à cœur de faire le maximum pour leurs élèves, leurs étudiants, ce qui nécessite bien souvent un surcroît d'activité.

Ces propos ont certes ensuite fait l'objet d'un tweet de mea culpa de la part de Madame Ndiaye, mais le message selon lequel les enseignant-es ne seraient pas au travail a bien été formulé, jetant le discrédit auprès de l'opinion publique puisqu'il a été énoncé à la tribune en sortie du Conseil des Ministres. C'est pourquoi la FSU exige des excuses publiques de la part de la porte-parole du gouvernement.

Les Lilas, le 25 mars 2020

Confinement, continuité : quelques consignes

mar, 24/03/2020 - 13:05

L'urgence est sanitaire et non pas scolaire même si les enseignants et les enseignantes ont montré qu'elles n'abandonnaient pas leurs élèves et les familles. Aussi est-il nécessaire de rappeler que la priorité reste de se protéger, de protéger les autres, en limitant ses déplacements au maximum.

À propos du confinement 
  • Les consignes gouvernementales demandent expressément de rester confinés et de télé-travailler. Aucun personnel, aucune famille ne peut être sommé de déroger au confinement, sauf absolue nécessité comme les personnels qui assurent dans les écoles l’accueil des enfants de soignants et soignantes. 
  • L’administration doit assurer des conditions permettant la protection de la santé des personnels comme des élèves
  • Les directeurs et directrices n’ont pas à fournir des attestations de déplacement dérogatoire aux familles : celui-ci n’est pas inscrit dans les motifs impérieux. De surcroît cela supposerait une rencontre qui ne correspond pas aux indications sanitaires préconisées. 
  • Il est indispensable de faire confiance aux équipes : les enseignantes et les enseignants sont très engagés dans le maintien d'une activité scolaire et ont pris en compte la difficulté des élèves n’ayant pas d’outils numériques. Des modes d'organisation ont été trouvés.
À propos de la continuité dite «&nbsppédagogique&nbsp»
  • Contrairement aux réponses dans la foire aux questions (FAQ) du ministère, les enfants ne sont pas élèves à la maison. Ils ont ponctuellement des activités scolaires en autonomie qui permettent de maintenir un lien avec l’école. 
  • En aucun cas, il ne faut envisager d’aborder des nouveaux points du programme donc des notions nouvelles.
  • L'école a comme devoir de ne pas creuser les inégalités et de penser prioritairement à ceux et celles qui n’ont pas de matériel, pas de conditions de concentration possibles, pas de possibilité d’être aidés 
  • Toutes les situations d’apprentissage à la maison doivent être valorisées : jouer ensemble, cuisiner, lire des livres, regarder des documentaires, et profiter les uns des autres 

Chaque enseignant et enseignante maintient le lien avec les familles, prend des nouvelles, vérifie que le travail demandé ne crée pas de tensions, que la quantité est bien ajustée, propose des pistes d’activité… Les personnels font preuve comme toujours d’une grande responsabilité et d’une grande professionnalité, qu’on leur fasse confiance !

Protéger les personnels enseignants !

mar, 24/03/2020 - 07:19

Alors que les consignes gouvernementales demandent expressément de rester chez soi en confinement et de télé-travailler, les organisations syndicales représentatives du ministère de l'Éducation nationale constatent que «&nbsples fonctionnaires de l’Éducation nationale sont l’objet de demandes croissantes qui contreviennent à ce principe&nbsp» . Des demandes qui s'appuient sur un prétendu  «&nbspmotif familial impérieux » pour récupérer des supports de travail pour les élèves. Or «&nbspaucun personnel, aucune famille ne peut être sommé de déroger au confinement, sauf absolue nécessité justifiée par l'organisation concrète de la continuité du service ou pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignant-es », rappelle le courrier. 

Les huit organisations, CGT, Faen, FO, FSU, SGEN-CFDT, Snalc, Solidaires et Unsa réclament également pour les personnels qui agissent au quotidien avec des enfants de personnels soignants de pouvoir obtenir rapidement toutes les mesures de précautions nécessaires et le matériel pour le faire. Gants, masques, mouchoirs jetables en quantité, gel n'étant disponible que dans de très rares cas. 

Enfin, le courrier interpelle directement le ministre en notant que si les personnels «&nbspont tout mis en oeuvre pour maintenir le lien avec leurs élèves sans en oublier. Il faut leur faire confiance. Il faut aussi rester modestes et vigilants, et ne pas creuser les inégalités entre nos élèves ». Car «&nbspl’urgence n’est pas dans l’avancement du programme mais dans le maintien pour tous les élèves d’un lien avec les apprentissages&nbsp» lui ont-elles écrit en lui demandant de cesser «&nbspd’évoquer une “continuité pédagogique” laissant entendre qu’elle pourrait remplacer l’enseignement en présentiel ».

Le courrier 

Monsieur le Ministre,
Les personnels montrent leur engagement pour accueillir dans les écoles les enfants de soignant-es, assurer les fonctions techniques et administratives qui requièrent impérativement leur présence sur site et maintenir une activité scolaire. Leur protection est nécessaire. Nous exigeons que les mesures de protection et d'hygiène soient appliquées, que du matériel (masque, gel hydroalcoolique, serviette à usage unique…) soit systématiquement fourni dans les écoles, établissements et services. Dans de trop nombreuses situations ce n’est pas le cas.
Les consignes gouvernementales demandent expressément de rester confiné-es et de télé-travailler. Or nous constatons que les fonctionnaires de l’Éducation nationale sont l’objet de demandes croissantes qui contreviennent à ce principe de confinement, appuyées désormais sur votre demande d’utilisation étendue du «&nbspmotif familial impérieux&nbsp» pour récupérer des supports de travail pour les élèves. Aucun personnel, aucune famille ne peut être sommé de déroger au confinement, sauf absolue nécessité justifiée par l'organisation concrète de la continuité du service ou pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignant-es.
Nous vous demandons également d’indiquer clairement aux autorités rectorales, que les déplacements doivent être réduits à l’essentiel, qu’à l’exception des personnels volontaires pour assurer l’accueil des enfants de soignant-es et l’organisation de la continuité du service, il convient de ne pas se rendre sur son lieu de travail. Tous les moyens doivent pouvoir être donnés aux personnels afin d’assurer à distance les missions absolument indispensables.
La priorité aujourd’hui doit être sanitaire. Il est inacceptable que vous demandiez aux chefs d’établissement, aux directeurs d’école, aux IEN et aux DASEN de signer des attestations de déplacement dérogatoire destinées aux parents d’élèves.
…/…
Les personnels de tous les métiers de l'éducation ont fait preuve de la plus grande responsabilité et de professionnalisme. Les enseignant-es, particulièrement, ont mis tout en œuvre pour maintenir le lien avec leurs élèves sans en oublier. Il faut leur faire confiance. Il faut aussi rester modestes et vigilants, et ne pas creuser les inégalités entre nos élèves. L’urgence n’est pas dans l’avancement du programme mais dans le maintien pour tous les élèves d’un lien avec les apprentissages, dans le respect de la protection dues aux agent-es. La poursuite du lien entre les professionnels et les familles n’est pas sans difficulté : inégalités entre les familles liées aux conditions matérielles d’existence, difficultés à s’organiser pour le travail des enfants à la maison. Nos organisations demandent que le ministère cesse d’évoquer une “continuité pédagogique” dont il laisse entendre qu’elle pourrait remplacer l’enseignement en présentiel.
L’engagement dont les personnels ne cessent de témoigner sera, dans des conditions retrouvées de sureté sanitaire, et comme à l'accoutumée, mis au profit de tous nos élèves.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

Paris le 23 mars 2020

Assez des injonctions contradictoires !

lun, 23/03/2020 - 11:35

Comment comprendre en effet que l’on demande aux enseignantes et enseignants de tenir des permanences dans les écoles et de recevoir des familles pour leur distribuer des polycopiés ?! Les équipes pédagogiques ont su démontrer la semaine passée leur adaptabilité dans un contexte exceptionnel pour tenter de maintenir un lien avec les élèves et leur famille. Elles se sont également organisées pour l’accueil des enfants de personnels soignants. Mais cela n’y suffirait toujours pas selon la rue de Grenelle...
Enfin il serait bon également que le ministère cesse de dispenser le chaud et le froid sur le calendrier scolaire, la reprise des cours et la fin de l’année dans ce contexte.
Aussi la FSU s’est-elle adressée au Premier ministre afin d’obtenir que toutes ces problématiques soient clairement intégrées à la gestion de crise globale.

Lire le courrier

Monsieur le Premier Ministre, 

La crise sanitaire que nous traversons est d’une gravité extrême. Les personnels de l’Education, de l’enseignement agricole et du versant territorial de la Fonction publique que nous représentons en ont pris la mesure. Le bilan des derniers jours montre un grand élan de solidarité envers les personnels soignants et de nombreux exemples le prouvent
Les enfants des soignants ont été pris en charge partout où cela a été nécessaire, très souvent sans mise à disposition des moyens de protection nécessaires (gels hydroalcooliques, masques...), ce qui ne doit pas perdurer. Dans le même temps, les personnels font le maximum pour maintenir, avec beaucoup d’engagement, une activité scolaire à distance avec les élèves maintenant confinés.
Nous souhaitons par cette lettre attirer votre attention sur quelques points problématiques et qui le deviennent davantage suite aux interventions du ministre de l’éducation nationale dans les médias qui ne sont rien d’autre que des injonctions paradoxales comme celle d’inciter enseignant.es et familles à se déplacer pour échanger les exercices ou «&nbspdevoirs&nbsp». Ces interventions sont également relayées dans l’enseignement agricole et maritime où elles posent les mêmes problèmes.
Il est très important que les élèves gardent le contact avec les équipes éducatives. Pour autant, nous le savons, l’école à distance ne peut remplir les mêmes objectifs que la classe et la vie dans l’établissement scolaire. Tous les élèves ne disposent pas du matériel ni de la connexion leur permettant de tirer parti des propositions des équipes pédagogiques. Tous les élèves n’ont pas la même autonomie de travail ni les mêmes facilités d’apprentissages. Les parents ne sont pas des professeurs et il serait faux de leur demander de remplacer l’école, d'autant que les familles peuvent être mises en grande difficulté dans la période. De plus, l’Education nationale et l’Enseignement agricole peinent à offrir un cadre respectueux de la réglementation, dont le RGPD, pour répondre au trafic de masse en cours.
Or, dans de trop nombreux cas les personnels sont soumis à des injonctions qui entrent en contradiction avec la priorité à la sécurité sanitaire que vous avez préconisée. Des personnels sont encore soumis à des pressions et se voient encore aujourd’hui appelés à travailler dans les écoles, établissements ou services alors que rien ne justifie leur déplacement au regard des tâches essentielles de continuité de service.
Nous pensons aux enseignant.es mais aussi aux personnels administratifs, de vie scolaire, aux agents territoriaux et aux AESH. D’autres sont invités à donner rendez-vous aux familles dans les commerces pour remettre des photocopies, etc... Il est d'ailleurs ubuesque que des agents publics se voient ainsi sommés par leur hiérarchie de contribuer à contourner les règles qui structurent le confinement.
Nous vous demandons que les personnels de l’EN, de l’enseignement agricole et maritime et des collectivités territoriales bénéficient des protections nécessaires et que des préconisations claires leur soient adressées, contrairement à ce qui s’est fait jusqu’alors : quand leur présence ne relève pas d’une absolue nécessité et d'une immédiateté justifiée par l'organisation concrète de la continuité du service, pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignants ou pour toute autre mission de soutien aux soignants, les personnels ne doivent pas être sommés de se rendre sur leurs lieux de travail mais recevoir l'ordre de rester confinés chez eux, soit en télétravail, soit en autorisation spéciale d'absence. Et les personnels présentant une fragilité médicale, ou gardant des enfants de moins de 16 ans, ne doivent plus subir de pression à quitter la situation de confinement pour se rendre au travail.
Nous demandons en outre des clarifications sur la manière dont la fin d’année est envisagée et dont la préparation de rentrée s’organise. Personne ne peut connaître l’évolution exacte de la situation, mais échanger pour aboutir nous semble nécessaire : question des examens et concours, report des opérations de carte scolaire permettant un échange serein de l’ensemble de la communauté éducative.
Nous avons d'ailleurs écrit en ce sens au Ministre de l’Education Nationale mais tenons à ce que ces problématiques soient clairement intégrées à la gestion de crise globale, la coordination de l'ensemble des services publics et des services de l'Etat étant un enjeu stratégique de premier ordre. 

Benoit Teste
Secrétaire Général de la FSU

Ne pas jeter d'huile sur le feu

jeu, 19/03/2020 - 18:44
Le communiqué

Avec les personnels soignants et toutes celles et ceux qui répondent aux besoins de première nécessité, les enseignant-es et l'ensemble des personnels administratifs, techniques, sociaux,de santé, de surveillance, d'encadrement de l'Éducation nationale et des établissements d'enseignement supérieur et de recherche sont en première ligne pour faire face à la crise sanitaire liée à l’épidémie du coronavirus.

Ils et elles s’engagent et déploient beaucoup d'énergie pour assurer un lien et une présence avec les élèves, les familles et les étudiant-es, essentiel notamment pour les plus fragiles. Ils et elles organisent la continuité de service et tentent de maintenir, autant que faire se peut, une activité scolaire et universitaire en dépit des difficultés matérielles (organisation personnelle compliquée, outils informatiques, serveurs et connexions saturés) et des propos ministériels qui sont de plus en plus virtuels et détachés de la réalité quotidienne, voire qui confinent parfois au déni.

Ceux-ci ont fait perdre de précieux jours dans l'organisation réelle du système éducatif et universitaire, du fait des ordres, contre-ordres et volte-face en tout genre. Il est inadmissible que la communication ministérielle donne l'illusion que l'école et l'université se poursuivent à domicile. D’une part parce que l’Éducation Nationale et l'Enseignement Supérieur n'étaient pas et ne sont pas prêts à assurer une continuité pédagogique réelle. D'autre part, parce que ce serait nier l'importance des inégalités sociales qui sévissent dans certains territoires où les élèves les plus éloignés des codes scolaires, les plus touchés par la fracture numérique, sont les plus impactés par la situation. Enfin, parce que rien ne peut remplacer le travail au sein d’une classe. Le ministre doit l'admettre, ne pas tromper les familles et le dire. La FSU rappelle également ses demandes de protection des personnels accueillant les enfants des personnels soignant-es.

Concernant la préparation de la rentrée, il est irresponsable de faire comme si de rien n'était. Les autorités académiques et départementales continuent de vouloir tenir des instances comme si tout rentrerait bientôt dans l'ordre, alors que le confinement du plus grand nombre est la priorité ! C'est ce principe premier qui, aujourd'hui, procède de l'intérêt général ! La crise est sanitaire et non scolaire ! La FSU demande dans l'immédiat un moratoire sur toutes les opérations de carte scolaire et une concertation nationale avec les organisations représentatives pour envisager la rentrée sous tous ses aspects : définition de priorités et de différents scénarios cohérents entre eux pour réorganiser la continuité en tenant compte de la réalité, de ce qui est connu et de ce qui ne l'est pas ; report avec l'assurance d'un maintien des concours de recrutement à une date raisonnable pour tenir compte de la situation de l'épidémie; concertation sur les conditions d'organisation des examens ; plan d'urgence pour répondre à la fracture scolaire ; sécurisation de la situation et de la santé des personnels.

Les Lilas, le 19 mars 2020

Continuité scolaire : vraiment pour tous !

mer, 18/03/2020 - 18:21

Plus d’un million d’enfants et de jeunes vivent dans une famille vivant dans la grande pauvreté. Le risque est grand dès lors, de voir se creuser un peu plus le fossé entre les familles qui disposent des moyens matériels, des codes de l’école, pour assurer la «&nbspclasse à la maison&nbsp» et les autres.
C’est pourquoi ATD Quart Monde, avec plusieurs organisations syndicales et associatives, demande au ministre de l’Éducation nationale que soient mis en place des programmes éducatifs, accessibles à toutes et tous, sur les médias de service public.
Réponse rapide attendue, compte-tenu de l’urgence…

La lettre au ministre

Le 18 Mars 2020

Monsieur le Ministre,

Dans cette période si particulière pour notre pays, nos organisations rassemblées souhaitent vous faire part de leur inquiétude et de propositions afin d’aider les familles les plus en difficultés. Notre collectif se retrouve régulièrement pour travailler à la recherche CIPES (Choisir l’Intégration Pour Eviter la Ségrégation) sur l’orientation scolaire des enfants de milieu défavorisé. Nous venons aujourd’hui vers vous car nous sommes inquiets en particulier pour les 1,2 million d’enfants, de jeunes, qui vivent dans une famille qui est dans la grande pauvreté.

En effet les mesures de fermeture des écoles, collèges et lycées sont essentielles pour la santé de tous. La santé est un bien commun, c'est en pensant collectif que nous devons agir.

Les familles du Quart Monde de notre pays vivent de grandes fragilités au quotidien. Comment pourront-elles assurer en famille la «&nbspcontinuité pédagogique&nbsp» quand manquent les moyens numériques de communication, ou la maîtrise de ces moyens, dont les médias parlent comme s’ils étaient entièrement généralisés ?

Comment assurer à son enfant un climat de travail serein dans un logement trop petit, ou surpeuplé, ou insalubre, ou très précaire ?

Comment éviter qu’au bout de toutes ces semaines de confinement le fossé ne se soit pas encore plus creusé entre ces enfants et ceux dont les familles auront pu faire «&nbspl’école à la maison&nbsp» ?

Nous vous demandons de bien vouloir mettre en place, en lien avec les chaines de télévision et de radio publiques, des émissions régulières accessibles à tous les enfants, jeunes et parents afin qu’elles se fassent le relais, peut-être pas de cours, mais d’entretenir un climat scolaire auprès des enfants et jeunes et de conseiller les parents afin qu’ils ne soient pas perdus dans cinq ou six semaines.

Toute émission prévue pour l’enfant le plus en difficulté dans la classe et pour la famille la plus éloignée de l’école, sera, nous le savons, une émission qui permettra à tous de vivre pleinement la continuité pédagogique que nous voulons dans cette période troublée.

Il nous semble que lorsque la reprise approchera, lorsqu’elle aura lieu, les équipes pédagogiques, les communautés éducatives auront besoin de temps pour échanger, progressivement se rassembler. Ce sera utile pour envisager ensemble, dans une dynamique de coéducation, les meilleures conditions pour que tous les enfants, quelle que soit la manière dont ils ont vécu le confinement, quel que soit le travail qu’ils ont pu faire ou non, reprennent pied dans leur scolarité, reprennent le fil de leurs apprentissages. Nous sommes à votre disposition pour en discuter davantage.

Recevez Monsieur le Ministre nos salutations respectueuses.

"Fleurir ensemble" contre le coronavirus

mer, 18/03/2020 - 15:55

"Les Italiens chantent, les Espagnols applaudissent, le 26 mars donnez des couleurs à vos fenêtres et balcons, fleurissons-les au moyen de dessins, de photographies, de collages, de peintures… représentant toutes sortes de fleurs réelles ou imaginaires".

Chaque année, la grande lessive est l'occasion d'exposer des milliers de productions artistiques d'élèves dans la rue. Un événement largement plébiscité en France mais aussi à l'étranger. Depuis 2006, date de sa création, elle a rassemblé plus de onze millions d'habitants dans 117 pays et sur cinq continents. Alors que la situation sanitaire impose la fermeture des écoles et des lieux publics, les organisateurs de l'événement propose son maintien le 26 mars mais sous une forme renouvelée.  

"Fleurir ensemble", c'est donc une invitation à représenter des fleurs sous des formes variées et à les suspendre sur un fil tendu aux moyens de pinces à linge à un balcon ou une fenêtre.

Que le 26 mars soit la journée des fleurs!

Quid des agents en CDD ?

mer, 18/03/2020 - 14:39

Dans la situation de confinement et de fermeture des services publics que connait notre pays, des personnels agents de la fonction publique risquent de ne pas voir la reconduction de leur contrat et de leur mission. La FSU interviendra pour qu'ils ne soient pas les grands oubliés de cette période exceptionnelle. 

Le courrier 

Madame la Secrétaire Générale, Monsieur le Directeur Général,

Nous tenons à vous alerter sur la situation particulière des agents non-titulaires en contrat à durée déterminée, quels que soient le fondement, l'objet, la mission, l'affectation ou la durée de celui-ci dans le contexte de réduction de l'activité, de fermetures d'établissements et de services en application des mesures de confinement liées au covid-19.

En effet, nous sommes par exemple confrontés aux situations suivantes :
1. Les collègues dont le contrat en CDD a pris fin au cours des dernières semaines, perdent toutes chances de se voir proposer un nouveau contrat dans les futures semaines, voire les prochains mois.
2. Les collègues dont le contrat se termine durant les prochaines semaines, pourraient également se retrouver dans la même situation que précédemment.
3. De plus, ces collègues risquent encore d'être confrontés à la difficulté d’obtenir l’attestation de leur employeur au terme de leur contrat, en raison du recentrage de l'activité des services sur les missions de continuité essentielle, de la fermeture de certains, des organisations de leur travail perturbés par des effectifs réduits et massivement en télétravail.
Cette liste de difficultés concrètes n'est sans doute pas exhaustive et le contexte de confinement drastique décidé par le Président de la République et le gouvernement est un élément aggravant leurs effets sociaux à court terme pour les personnels concernés.
Pour la FSU, il convient de s'assurer qu'ils ne soient pas oubliés et qu'ils n’échappent pas à la protection qui leur est due.
Nous vous demandons donc de prendre toutes les mesures visant à assurer à ces personnels des garanties sur leur avenir et leurs conditions de vie immédiate et en particulier :
- le versement des traitements des agents en CDD pendant les mesures de «&nbspconfinement&nbsp» et au-delà le temps de la période impactée par les effets de la crise sanitaire, dans les mêmes conditions que pour les autres personnels, et le maintien de tous les éléments de leur rémunération durant cette période (heures supplémentaires annuelles, primes, indemnités, etc.).
.../...
- la continuité, la prolongation et le renouvellement des contrats en cours, et la poursuite des recrutements à la hauteur des besoins (remplacement des enseignant-es titulaires, accompagnant-es des élèves en situation de handicap, moyens administratifs et techniques renforcés pour faire face au surcroît de travail prévisible, ...).
- la suspension de la règle sur l'interruption de 4 mois entre deux contrats pour ne pas pénaliser les agent- es dans leur décompte d'ancienneté pour l'obtention d'un CDI, et ce, de la période allant du 16 mars à la date de reprise de l'activité ordinaire des services, des écoles et des établissements.
Je vous prie de croire, Madame la Secrétaire Générale, Monsieur le Directeur Général, en l’expression de mes salutations respectueuses.

Benoît Teste
Secrétaire Général de la FSU

Permettre le travail des soignants

mer, 18/03/2020 - 14:14
Le communiqué  Accueil des enfants des personnels soignants:  la solidarité se met en place, les personnels ont besoin de protections

Après deux jours de fermeture des crèches, écoles, établissements scolaires et universitaires, les remontées du terrain que peuvent avoir les syndicats nationaux de la FSU font état d'un nombre important de personnels volontaires pour assurer l’accueil des enfants des personnels soignants, mesure qui semble étendue en certains endroits aux enfants d'autres personnels, extension sur laquelle la FSU attend des clarifications.
Quoi qu'il en soit, c'est le signe d'une mobilisation sans faille des personnels au service de l'intérêt général, mobilisation que la FSU n'a eu de cesse d'encourager et dont ses militant-es sont partie prenante. Les personnels du service public sont conscients de la mission qui leur incombe, et l'accueil des enfants ne peut reposer que sur le volontariat ; en outre, il faut absolument garantir leur sécurité et renforcer les protections sanitaires de ces personnels, condition sine qua non à l'accueil de ces enfants. Leur engagement en nombre rend d'autant plus urgente cette question des protections, toujours pas assurées de manière satisfaisante.

Les Lilas, le 17 mars 2020

L'école en veille

mer, 18/03/2020 - 10:35

On l’aura compris la crise épidémique que traverse notre pays demande à chacun et chacune d’agir en se protégeant et en protégeant les autres. La fermeture des écoles entraîne une situation inédite qui impose à tous ses personnels de tenir tous les bouts : une légitime protection individuelle, la poursuite d’une activité scolaire pour les élèves et leurs familles et surtout un accueil minimal des enfants de soignants afin de permettre la continuité du service public de santé et le travail de ses personnels.

Solidarité avec les personnels de santé

Car ce sont bien les personnels de santé qui luttent contre l’épidémie, avec les moyens qui leur sont données, et qui au premier chef mettent toute leur énergie dans ce combat collectif. Dans toutes les académies, la solidarité de la profession n’a pas démérité et de nombreux rectorats ont fait état d’un nombre conséquent de volontaires bien au-delà des besoins pour accueillir dans les écoles les enfants prioritaires. 

Maintenir le lien

De la même façon, les équipes pédagogiques se sont mobilisées dès vendredi pour trouver des solutions afin de permettre une poursuite de l’activité scolaire. Des trésors d’inventivité ont trouvé leur place sur les réseaux sociaux, dans les mails ou encore dans le matériel prêté aux familles. Une professionnalité qu’il convient de souligner et qui montre une fois de plus l’intérêt et la vitalité des collectifs de travail enseignant.
Bien sûr, personne ne peut croire que l’école peut se déplacer à la maison par voie de mail, de vidéos, d’ENT ou de manuels prêtés.
Bien sûr, la classe et l’école restent et resteront les lieux privilégiés des acquisitions scolaires, notamment parce qu’elles permettent d’accompagner les élèves les plus éloignés de la culture scolaire.
En attendant, après un premier temps d’adaptation pour mettre en place des outils de communication avec les familles, il s’agit de maintenir du lien mais aussi d’aider à cadrer une activité des enfants réduite du fait des contraintes de confinement, en gardant présent à l’esprit les risques de creusement des inégalités scolaires.

Faire confiance aux équipes qui sont sur le pont

Le SNUipp-FSU a dans la période pris ses responsabilités à la fois en intervenant à tous les niveaux, départements, rectorats ou ministère afin de stabiliser et faire respecter les consignes données localement, bien trop souvent disparates et autoritaires et en informant massivement toute la profession des évolutions au fur et à mesure.
L'heure n'est plus à exercer des pressions mais c’est au contraire le moment pour que l’institution montre pleinement sa confiance dans les équipes enseignantes et qu’elle se préoccupe partout de protéger les personnels en charge des enfants des soignants (savon, essuie-main en papier, gel, masques...).

Des ressources à disposition

Pour poursuivre ce travail, le SNUipp-FSU se propose également de se faire le relais des ressources qui sont mises à disposition des familles et des élèves pour cette période de mise en sommeil des écoles.

Le syndicat tiendra à jour sur son site toutes les informations utiles au fur et à mesure de cet épisode épidémique. Il mettra toutes ses forces dans ce nouveau défi pour l’école et surtout se tiendra aux cotés de tous les personnels pour les soutenir dans cette période à la fois exceptionnelle, contraignante et parfois éprouvante.

Des ressources pour la continuité scolaire

mar, 17/03/2020 - 11:18

Notre école vit une situation exceptionnelle à laquelle elle n’était manifestement pas préparée. La poursuite du lien avec les familles et les élèves est un enjeu pour les équipes d’écoles et, comme l’a remarqué Philippe Meirieu, on observe des trésors d’inventivité depuis la fin de la semaine dernière. Il ne s’agit bien sûr pas de livrer clé en main l’ensemble des outils nécessaires à la continuité des apprentissages, ni de donner à penser que l’école pourrait se faire à la maison dans les mêmes conditions pour tous, tant on sait bien la disparité des réalités sociales et culturelles des familles, de leur rapport à la culture scolaire.

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Lire aussi : L’école et ses personnels seront à la hauteur !
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Mais le SNUipp-FSU tient à apporter sa pierre et met à disposition cette liste non exhaustive de contenus. Elle sera régulièrement mise à jour.

Et un grand merci au Café pédagogique ainsi qu’au SNUipp-FSU 93 dont le travail a inspiré une partie de cette première sélection.

Les mouvements pédagogiques


Des activités proposées aux familles par Les cahiers pédagogiques

l'ICEM - Pédagogie Freinet met à disposition ses différentes publications  gratuitement.

Les Ceméa mettent à disposition gratuitement, pendant le confinement, leur médiathèque éduc'active Yakamédia. Ils proposent chaque semaine une sélection sous la forme d'un cocktail d'activités #Yaka'ChezNous : #Yaka'ChezNous n°1#Yaka'ChezNous n°2, #Yaka'ChezNous n°3

L'Ageem

Des défis pour l'école à la maison

L'OCCE

PiLi : la webradio qui nous rassemble

Chez nos collègues Cycle 1

Le blog de Monique

Mes maternelles

Maternelle Simone Veil, à Puget-Théniers

Matern'ailes

En attendant l'école

La minute pédagogique de Stanne

Une page Facebook qui regorge d'idées

Cycle 2 et 3

Le enquêtes de Titi et Matou, c'est une énigme mathématique par jour.

Tous cycles

Un défi par jour avec Charivari

Des activités de la PS au CM2 dans la classe de Florent

Du côté des chercheurs 

Philippe Meirieu

Emission de France Inter : "Faire l'école à la maison"

Ressources numériques par Sylvain Grandserre

Interview dans Libération 

Stéphane Bonnéry

Vidéo :"Les informations en ligne ne suffisent pas à l'appropriation des savoirs par les élèves"

L'équipe "Opération Maths" de Joël Briand

Faire des mathématiques avec vos enfants

L'équipe de Marie-Rose Moro

Un kit pour garder le contact avec les familles d’élèves allophones

Chez nos amis

La grande lessive

Le 26 mars, à vos fenêtres pour "Fleurir ensemble !"

Les Ceméa

Yakamédia : la médiathèque éduc'active

Chez nos partenaires

Il était une histoire

Lecture et téléchargement d'albums de littérature jeunesse (Cycles 1 et 2)

Le cartable fantastique

Des ressources pour les enfants dys

Dans les médias

Sur France 5

Lumni : des vidéos pédagogiques pour accompagner les 8-12 ans

Sur France 4

A partir du 23 mars, du lundi au vendredi

Un jour, une actu

Des vidéos pour répondre aux questions que se posent les enfants

Sur France Inter

Odyssées invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l’histoire.

Sur Radio classique

Des histoires en musique

Chez les éditeurs de contenus

Des manuels numériques en accès libre

Hachette, Hatier, Didier

Bordas, Nathan, Retz

Magnard, Delagrave, Vuibert

Les "Éditeurs d'éducation" qui regroupent 27 éditeurs scolaires

Des lectures à haute voix d'ouvrages pour les enfants.

L’école des loisirs

Sur les plateformes institutionnelles

Le musée d'Orsay

Les petits M'O : un site pour découvrir les œuvres du musée

Le réseau Canopé

Des films d'animation sur les fondamentaux

Le ministère

Ma classe à la maison sur le site de l’académie de Caen

La lettre d’Eduscol

Sur Snuipp.fr

Des ressources, par cycle et par matière, parues dans Fenêtres sur cours

Outils pour la classe

Le ministère, lui aussi, doit être à la hauteur

dim, 15/03/2020 - 17:21
Le communiqué du SNUipp-FSU

Le ministère doit se montrer à la hauteur

De toute évidence, la décision de fermer les écoles a pris de court notre ministère. Si cette décision est une bonne mesure, recommandée par le corps médical et ayant fait ses preuves dans d’autres pays, encore faut-il qu’elle soit organisée. Nous sommes loin du « on est prêts », clamé avec obstination par le ministre. Encore la semaine dernière la protection des professeurs, des élèves, des usagers n’était pas assurée : pas de savon, d’essuie-mains jetables partout, pas de distribution de gel, pas de désinfection systématique des locaux.

Si la fermeture des écoles met fin à une certaine cacophonie de mesures disparates et permet une meilleure protection de tous les personnels des écoles en première ligne avec les enfants, les instructions données localement aux enseignantes et aux enseignants sont trop souvent contradictoires avec le discours gouvernemental et parfois autoritaires et infantilisantes. Manque d’anticipation et manque de confiance dans les équipes enseignantes constituent un cocktail anxiogène.

Dans la même journée de vendredi, les enseignants ont reçu ordres et contre ordres et n’ont pas été en capacité d’informer les familles avec clarté. Dès lundi, ils assureront bien évidemment la continuité d’une activité scolaire. Ils le feront avec les moyens du bord et en étant respectueux des familles ne disposant pas d’ordinateurs ou d’internet.

Il est demandé aux écoles d’accueillir les enfants des personnels soignants, c’est la moindre des choses de s’entraider et de contribuer à la permanence du service public de santé mais cela doit se faire avec un minimum de préparation et de mesures sanitaires de protection.

Le rôle de notre ministère est aussi d’assurer la continuité du service public en tenant compte des réalités : fracture numérique des familles, précipitation, manque de formation et de préparation…

Pour le SNUipp-FSU, le ministère doit se montrer à la hauteur des circonstances, en répondant à son obligation de protection de ses personnels, en assurant au mieux dans ces circonstances exceptionnelles la continuité du service public et en offrant toutes les mesures sanitaires nécessaires à l'accueil des enfants du personnel soignant.

Paris, le 15 mars 2020

Faisons simple

dim, 15/03/2020 - 16:19

Pour le SNUipp-FSU, ce qui doit guider la décision dans ces circonstances exceptionnelles doit être la protection des personnels de l'école, des familles et des enfants, ainsi que la continuité du service public d’éducation et celle du service public de santé pour la lutte contre l'épidémie. 

En cohérence avec le discours gouvernemental et face à la cacophonie de consignes locales disparates et autoritaires, le SNUipp-FSU appelle les enseignants et les enseignantes des écoles ainsi que les AESH à s’organiser de la manière suivante à partir de lundi 16 mars :

  • La norme est de privilégier le télétravail et de le réaliser depuis son domicile. 
  • La présence physique d’enseignants et d'enseignantes dans les écoles lundi et les jours suivants repose sur l’organisation collective et le volontariat des équipes. Il ne peut s'agir des personnels en situation médicale dite fragile, devant garder leur enfant ou devant prendre des transports collectifs. 
  • Cette présence permet d'assurer une continuité du service public d'éducation en répondant notamment aux questions des familles et d'accueillir les enfants des personnels d'hôpitaux.  Pour cela il faut que les écoles disposent d’un minimum d’équipement (gel hydroalcoolique, serviettes jetables, masques…)
  • Les AESH, ne pouvant ni travailler, ni télétravailler, restent à leur domicile et bénéficieront rapidement d'une autorisation spéciale d'absence (ASA).  
  • Les personnels enseignants étant dans l'obligation de garder leurs propres enfants de moins de 16 ans restent à leur domicile et se mettent autant que possible en télétravail ou en autorisation spéciale d’absence si ce dernier est impossible. 

Coronavirus : des consignes un peu plus claires

sam, 14/03/2020 - 07:06

Le ministre évoque à la fois des règles communes et l’autonomie du terrain. Cette dernière notion a pu ainsi amener des injonctions locales, contradictoires et parfois excessives. La FSU a demandé une consigne ministérielle claire qui indique une confiance aux équipes enseignantes en les laissant décider des modalités de la continuité d’une forme d’activité scolaire. En effet, il s’agit de maintenir la continuité du service public d’éducation en fonction des réalités et possibilités locales et également en respectant les droits des personnels.

Fermées mais pas complètement

La fermeture des écoles n’est pas une fermeture physique mais une suspension de l’accueil des élèves dans les écoles. Le ministère « espère » qu’elle ne dépassera pas les vacances de printemps, c’est à dire début mai. Les DROM restent eux soumis à des fermetures au cas par cas, ils ne sont qu’aux stades épidémiologique 1 ou 2. Les ESMS eux ne seraient pas concernés par la fermeture généralisée, mais cette question peut encore évoluer.
L’exception à cette règle de non-accueil des élèves est le service minimum pour les enfants des personnels soignants des hôpitaux. Ce dernier s’organisera à partir d’un accueil lundi dans l’école habituelle de scolarisation (sur justificatif) et selon une liste établie par le ministère de la santé. L’organisation s'affinera dans la semaine pour faire des classes cohérentes de 8-10 élèves, de préférence de même niveau scolaire, dans des écoles au plus proche des hôpitaux. Le SNUipp et la FSU ont fait remarquer que c’était quelque peu improvisé et contradictoire avec les consignes données aux personnels.

Alors, quelle présence des personnels enseignants ?

Sur la présence physique dans les écoles, le ministère a précisé les modalités. Il avance le bon sens et l’inventivité locale dans ces circonstances exceptionnelles mais semble continuer de soumettre tout cela à l’avis de l’autorité hiérarchique.  La référence à ce sujet reste la foire aux questions (FAQ) qui est remise à jour régulièrement, sur le site du ministère. 

Extrait de la FAQ : Quelles sont les consignes pour les personnels de l’éducation nationale ?

Le Gouvernement a recommandé à l’ensemble des employeurs, publics comme privés, de privilégier le télétravail lorsqu’il est possible

Par ailleurs, le Gouvernement a décidé d’interdire tous les rassemblements de plus de 100 personnes dans des conditions ne permettant pas le strict respect des gestes barrières et une distance minimale d’un mètre entre les participants. Les réunions, séminaires, séquences de formation… de plus de 100 personnes doivent donc être reportés jusqu’à nouvel ordre. Ceci ne fait pas obstacle à la tenue de réunions pour l’organisation de la continuité pédagogique ou la tenue des conseils de classe ni à la venue des personnels dans l’établissement notamment pour réaliser la production de ressources pédagogiques, accéder à des postes de travail haut débit, assurer le lien avec les familles démunies d’outils numériques, contribuer à la coordination de l’équipe éducative ou disciplinaire… Il convient de veiller dans cette perspective à ce que le nettoyage des établissements et l’équipement des sanitaires soit assuré de manière à ce que les personnels puissent respecter strictement les gestes barrières. 

En conséquence, l’ensemble des personnels des écoles et établissements scolaires ne sont pas tenus de rejoindre systématiquement à partir de lundi 16 mars leur lieu de travail : 

  • - les équipes de direction et les personnels indispensables pour assurer la mise en place de la continuité administrative et pédagogique, le lien avec les familles et les élèves, l’accueil des enfants des personnels de santé sans solution alternative de garde, ainsi que les personnels en charge de la salubrité et de la sécurité des établissements doivent être physiquement présents. 
  • - Les autres personnels doivent être invités à privilégier le télétravail. 
  • - En tout état de cause, les personnels fragiles au regard de l’épidémie (liste disponible sur le site du gouvernement) doivent être invités à rester à leur domicile et donc à télé-travailler, dans la mesure du possible.

Les personnels qui ne pourraient, en raison de la nature de leur fonction, exercer leurs missions par télétravail et qui seraient tenus d’assurer la garde de leurs enfants peuvent bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence.

Que faire lundi ?

Sur la situation des personnels lundi le ministère affirme que la solution du télé-travail à domicile doit être la norme autant que possible. Les horaires de travail ne peuvent pas être identiques car le distanciel n’est pas le présentiel. Les personnels ne pouvant télé-travailler, les AESH par exemple, resteront à leur domicile, mais il semble là-aussi que des informations différentes aient pu être données dans les rectorats ...

Pour les enseignants eux-mêmes parents, il faut privilégier le télétravail lorsqu’il est possible sinon ils bénéficieront d’une autorisation spéciale d’absence (ASA).

Pour les personnels présentant des facteurs de risques, la liste précise des pathologies concernées va paraître rapidement. A titre conservatoire ils restent systématiquement en télétravail et bénéficieront d’une ASA au plus vite. Ils ne doivent en tous les cas pas être mobilisés pour la scolarisation des enfants de personnels hospitaliers.

Cet article sera tenu à jour au fur et à mesure de l’évolution de la situation et éventuellement des consignes qui seraient modifiées. 

L’école et ses personnels seront à la hauteur !

ven, 13/03/2020 - 14:23

Le chef de l’État, a annoncé la fermeture des écoles partout en France à partir de lundi jusqu'à nouvel ordre, et au moins pour quinze jours selon le ministre de la santé. C'est une bonne décision et elle met fin à une période de mesures disparates sur le territoire. Dans le même temps il a loué dans son discours le système de santé français et affirmé l’importance de son système de protection sociale. Le SNUipp-FSU ne peut qu’y souscrire et saura lui rappeler quand il s’agira de le défendre et de le renforcer.

Les personnels mobilisés

L’école publique aura bien sûr à cœur d’accompagner au mieux ses élèves et les familles qui vont, pour certaines, être en difficulté, voire très en difficulté dans cette période. Mais on ne pourra nier les obstacles auxquels va être confrontée la profession pour assurer ce suivi (fracture numérique pour certaines familles, impréparation, manque de formation…) loin du discours angélique du ministre de l’éducation. Et cela ne pourra sur le long terme que renforcer la détermination à lutter contre les inégalités sociales de destin scolaire.
Quoi qu'il en soit, les enseignantes et les enseignants de l’école publique répondront présent pour être à la hauteur de cette crise totalement inédite et prendront la part qui leur revient dans la solidarité nationale. Pour autant, nul ne pourrait faire croire qu’une complète continuité éducative et scolaire pourrait être assurée en dehors de l’école.
Avec professionnalisme, sens des responsabilités, souci des élèves et du maintien du lien avec les famille, les équipes s’organisent déjà dans les écoles, comme elles le peuvent en fonction des réalités et des possibilités locales, pour fournir des activités et des conseils aux parents : permanence dans les écoles, pages Facebook spécifiques de ressources, prêt de manuels, listes d’activités. Sans faire croire que chacun pourrait faire l’école à la maison mais avec la volonté d’aider celles et ceux qui le souhaitent, ou qui ont besoin d’être accompagnés à trouver des pistes d’activités réalisables.
Elles seront d’autant plus à même d’élaborer des activités scolaires adaptées que les écoles ne subiront pas d’injonctions contradictoires et que la confiance dans les équipes sera réelle, en commençant par leur donner le temps de s’organiser collégialement lundi. Confiance aux équipes et cohérence dans la communication institutionnelle, c'est d'ailleurs ce qu'a réclamé le SNUipp-FSU, reçu rue de Grenelle ce vendredi 13 mars.

Réaffirmer le service public

Cette crise est aussi l’occasion de rappeler l’importance de notre service public d’éducation et d’une manière générale de l’ensemble des services publics dans leur rôle d’amortisseur des crises qu’elles soient économiques, écologiques ou sanitaires. L’occasion de réaffirmer qu’ils sont, non pas un coût pour la société, mais un investissement et un outil permanent de solidarité.

La classe à la maison questionnée

jeu, 12/03/2020 - 16:32

Aux élèves et aux enseignants privés d’école pour cause de coronavirus, le ministère propose une plateforme en ligne intitulée «&nbspMa classe à la maison&nbsp». Une plateforme qui permet de maintenir une offre scolaire mais montre une fois de plus la fracture numérique et les inégalités sociales qui vont avec.
Équipes enseignantes et familles sont appelées à se rendre sur la plateforme en ligne du CNED munies de leur adresse professionnelle pour les premières et personnelle pour les autres. Huit cours sont disponibles de la grande section de maternelle au CM2. Chaque cours propose, sous forme de fiches PDF, des modules d’activités pour une durée de quatre semaines. Un cahier de bord «&nbsporganise le travail de l’élève sur la journée&nbsp».

Pas si simple

Le module «&nbspclasses virtuelles&nbsp» destiné à maintenir le lien entre les professeurs et les élèves et entre camarades de classe n’est ouvert que dans les académies concernées par les fermetures d’école. Les outils proposés ne sont pas adaptables pour des élèves en difficulté ou en situation de handicap. Les progressions sont «&nbspthéoriques&nbsp» et ne s’inscrivent évidemment pas dans les progressions et projets en cours de la classe. Quant aux activités d’entraînement, elles peuvent mettre en difficulté les élèves qui se retrouvent confrontés à des notions non encore découvertes en classe ou insuffisamment maîtrisées. Aucun module n’est proposé pour les petites et moyennes sections de maternelle. Des suggestions de jeux, d’activités motrices sans être consignées dans un cahier auraient pu être proposées. Quant à la grande section, de nombreuses activités visent des acquisitions expertes comme la copie en écriture cursive, des dénombrements au-delà de 10, l’identification des faces et arêtes des solides, des compétences plutôt maîtrisées en fin d’année.
Enfin «&nbspMa classe à la maison&nbsp» suppose un équipement informatique complet, la possibilité d’imprimer, une connexion haut débit pour les activités interactives et un espace de travail propice à la concentration de l’enfant.
Ce dispositif suppose également une bonne maîtrise du français écrit et d’être en connivence avec les codes de l’école. D’évidence, la continuité pédagogique n’est pas assurée.
Encore une fois le ministre aurait gagné dans sa communication à se montrer plus prudent sur la réalité de cet outil, notamment pour des élèves du primaire.

Coronavirus : l’école bousculée

jeu, 12/03/2020 - 15:34
Le communiqué

Prévenir une crise sanitaire majeure conduit à prendre des mesures fortes, dont la fermeture d’écoles, pour le moment limitée à certaines zones géographiques et à deux départements. Cela suscite des questions pour les élèves, les familles et les personnels.

Quelle réalité recouvre la vaste opération de communication ministérielle sur la « continuité pédagogique » pour rassurer l’opinion publique ? Les activités par niveau proposées par le CNED avec « Ma classe à la maison », tout comme les classes virtuelles, se heurtent à plusieurs obstacles et posent la question des inégalités scolaires. De nombreuses familles ne possèdent pas en effet l’équipement requis : ordinateur, imprimante (les livrets comptant jusqu’à 200 pages) voire webcam et micro... sans compter le nécessaire espace de travail au calme dans le logement pour chaque enfant. À cela s’ajoute la nécessité pour les familles de maîtriser les codes de l’école afin d’aider leurs enfants à s’y retrouver.

Tout ceci rend illusoire le recours immédiat, sans grande préparation ni véritable formation, à un outil complexe comme la classe virtuelle proposée par le ministère d’autant que l’existence d’espaces numériques de travail pour la relation école-familles reste marginale dans le 1er degré. Et la seule transmission par l’école de documents en lien avec le travail scolaire est elle-même difficile lorsqu’on ne dispose pas des adresses électroniques de toutes les familles ou que celles-ci ne disposent pas de l’équipement nécessaire.

Pour autant, les enseignantes et les enseignants se préoccupent de maintenir une relation pédagogique avec leurs élèves et les familles. C’est d’ailleurs ce qui se fait en fonction des réalités et des possibilités locales.

C’est pourquoi, pour le SNUipp-FSU, entretenir une « activité scolaire » chez les élèves, malgré la fermeture de l’école pour cause d’épidémie, apparaît comme le seul objectif raisonnable et atteignable. Tout le monde sait qu’aborder des notions nouvelles sans l’aide d’un pédagogue n’est pas envisageable à distance.

L’autre grande question qui se pose est celle de la protection des personnels et des usagers de l’école. Concernant les enseignants, difficile de s’y retrouver tant les principes de précaution du ministère peuvent être changeants et relever de l’incohérence.

La santé des citoyens et la prévention de la crise sanitaire majeure qui s’annonce doivent prévaloir sur toute autre considération, notamment d’ordre économique. C’est pourquoi le SNUipp-FSU demande des consignes claires et que toutes les mesures soient prises pour protéger les personnels des écoles comme les élèves et prévenir ainsi la propagation de l’épidémie. Aucune raison, ne doit y faire obstacle.

Paris, le 12 mars 2020