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Mis à jour : il y a 1 semaine 1 jour

Pour les AESH, toujours nada !

sam, 13/06/2020 - 08:57

Ils et elles sont plus de 100 000 aujourd'hui à oeuvrer au quotidien dans les écoles pour l'accompagnement des élèves en situation de handicap. Une présence indispensable qui est très loin d'être valorisée à la hauteur des missions qui sont demandées à ces personnels. Aussi, il y avait beaucoup d'attente pour ce cinquième rendez-vous, mardi 9 juin, du comité de suivi des AESH dont l'ordre du jour était consacré au temps de travail et aux rémunérations. Pour l'heure, aucune mesure concrète n'a été présentée aux organisations syndicales présentes et cela ne peut raisonner que comme un nouveau mépris en direction de ces personnels dont le travail en temps incomplet constitue la règle et qui touchent en moyenne un salaire de 770 € net mensuel.  

Le communiqué de l'intersyndicale éducation  Un statut quo inacceptable Alors que l’amélioration de la situation des AESH est présentée comme un objectif du Comité Consultatif AESH installé le 27 février dernier, et que le constat est sans appel, aucune proposition satisfaisante au regard de l’urgence sociale n’est formulée par le ministère.Les constats sont flagrants :
  • Le temps incomplet est la règle : malgré leur demande de travailler à temps plein, les AESH sont
  • massivement maintenu·es à temps incomplet (en moyenne 62 %).
  • Les augmentations de rémunération liées à l’ancienneté ne sont quasiment pas appliquées : 72 %
  • des AESH sont rémunéré·es à l’indice plancher (indice 329), parmi les salaires les plus bas de la
  • Fonction publique
  • Le salaire moyen est de 760 € net par mois.

La seule piste évoquée pour augmenter les rémunérations est d’augmenter le temps travaillé en proposant des missions hors fonction d’accompagnement d’élèves en situation de handicap et en multipliant les contrats de travail à temps incomplet avec différents employeurs, ce qui maintient les AESH dans la précarité. Ces pistes vont à l’encontre de l’objectif de professionnalisation et de reconnaissance des missions des accompagnant·es d’élèves en situation de handicap. La flexibilité imposée par la mise en place des PIAL n’a pas permis d’aboutir à des contrats à temps plein, comme promis par le ministre. Les organisations syndicales FSU / SE-UNSA / SGEN-CFDT / CGT Éduc’Action / SNALC / SUD éducation exigent des mesures immédiates et significatives en termes de sortie de la précarité pour les AESH. Cela implique dès à présent un budget pour les financer :

  • En finir avec le recours aux contrats à temps incomplets subis et respecter l’intégralité des notifications d’accompagnement 
  • Reconnaître l’exigence des missions des AESH par une revalorisation immédiate et conséquente de leurs rémunérations ;
  • Refondre l’espace indiciaire de rémunération en relevant dès à présent l’indice plancher et l’indice de haut de grille pour une évolution de carrière décente. 

Cela implique un élargissement de la grille. La reconnaissance professionnelle des AESH doit passer par la création d’un corps de fonctionnaires correspondant aux besoins permanents indispensables au bon fonctionnement du service public d’éducation.     Le Premier Ministre et le Président de la République doivent sans attendre prendre les arbitrages qui s’imposent pour que la situation des AESH soit réellement améliorée dès la rentrée de septembre 2020. Il en va de la crédibilité et de la réussite de l’École Inclusive. C’est une urgence pour les élèves en situation de handicap et les personnels qui les accompagnent.

Paris, le 15 juin 2020

Le 16 juin, mobilisations pour la santé

jeu, 11/06/2020 - 13:42

« Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché   » expliquait Emmanuel Macron lors de  son allocution du 12 mars dernier. Fort bien ! La FSU, la CGT, FIDL, Solidaires, l'Unef et l'UNL appellent à la mobilisation le 16 juin prochain afin de le lui rappeler. 

Le communiqué intersyndical et interprofessionnel publié pour l'occasion indique que "Les personnels de santé, du médicosocial, du social, des Ehpad, dans l'éducation nationale seront mobilisés pour exiger des moyens conséquents pour de bonnes conditions de travail assurant ainsi un service public de qualité pour toutes et tous les usagers et patients. 

Partout dans le pays des mobilisations sont organisées et une carte est mise à disposition pour les indiquer. 

Cette mobilisation s'inscrit dans une volonté plus générale de changement pour reconstruire le monde d'après. Elle prolonge les propositions du collectif regroupant vingt organisations associatives et syndicales  « Plus jamais ça ! Un monde à reconstruire, 34 mesures pour un plan de sortie de crise ».
Un plan qui "entend faire la démonstration qu'il y des alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire, et que ces alternatives sont crédibles, désirables et réalisables, à condition que les moyens politiques soient mis au service des objectifs de transformation sociale et de préservation de l'environnement". 

Les services publics, colonne vertébrale de la société, ont été et continuent d'être démantelés. La crise a montré à quel point ils sont essentiels. Le 16 juin sera l'occasion de revendiquer la reconstruction d'un service public de qualité, au plus près des citoyens et citoyennes dans l'ensemble des territoires. Un premier pas pour que le monde d'après soit différent du monde d'avant...

Ils sont bien là

mer, 10/06/2020 - 16:28

Entre les contraintes du protocole sanitaire qui réduit de fait les capacités d’accueil et la demande légitime des familles à ce que leurs enfants reviennent à l’école, les enseignantes et les enseignants des écoles sont soumis à des injonctions paradoxales. Alors que dans leur grande majorité, les PE ont repris la classe, on les soupçonne de jouer les prolongations du confinement et le ministère, censé les soutenir, entretient le flou sur des chiffres fantaisistes. Une manière de déplacer le projecteur et de les rendre responsables d’une situation particulièrement mal gérée.

Le communiqué

Les enseignants sont bien là

Quand dans la même phrase le ministre de l’Éducation nationale dit « toutes les familles qui le souhaitent devront pouvoir scolariser leur enfant même partiellement » et « le protocole est inchangé », on assigne à l’école un objectif intenable et, par ricochet, on jette l’opprobre sur les enseignants. En tenant compte du protocole, dont les 4M2 par enfant, l'exercice est en effet impossible et pourrait au mieux déboucher sur un accueil partiel de davantage d’enfants ce qui ne correspond pas à la demande légitime des familles. Le ministère sait très bien que l’école ne peut pas tenir cette promesse mais dégage ainsi sa responsabilité et entretient le doute sur la présence des enseignants. De même, en faisant rêver sur un accueil périscolaire parallèle qui ne peut être organisé partout, il se dédouane sur les municipalités.

Les enseignantes et les enseignants des écoles sont là. Ils l’ont été pour accueillir les enfants de soignants sans masques et sans gel pendant de longues semaines. Ils l’ont été pour l’enseignement à distance où ils ont dû improviser à la hâte sans matériel professionnel et sans formation, maintenant activités scolaires et lien précieux avec leurs élèves. Ils ont été là à la reprise dès que l’école a ouvert pour assurer la scolarisation en présentiel mais aussi en distanciel. Nombre d’entre eux effectuent une double journée entre élèves présents et élèves à distance. Des enseignants ont même été désignés par les inspecteurs pour se consacrer uniquement à l’enseignement à distance car seule une minorité d’élèves peut être accueillie dans les écoles.

Par ailleurs la stratégie ministérielle du volontariat des familles qui tourne le dos à l’école de tous et toutes, freine le retour des élèves ayant le plus besoin d’école et est un facteur de creusement des inégalités.

Une enquête du SNUipp-FSU indique que moins de 10% des personnels enseignants sont concernés par des problèmes de santé ou de vulnérabilité de leur entourage, et ne peuvent aujourd’hui reprendre la classe en présentiel. Bien loin donc, des 40% qui seraient soi-disant « dans la nature ».

Comme tous les salariés, les enseignants doivent rendre des comptes à leur hiérarchie qui sait qu’ils travaillent et témoigne d’ailleurs de la qualité de leur engagement pour faire classe, en présentiel comme en distanciel, dans les conditions imposées par le protocole sanitaire. Ils sont bien là et une fois de plus ils tiennent le système éducatif à bout de bras tandis que le ministère censé les soutenir entretient le flou sur des chiffres fantaisistes, une manière de déplacer le projecteur et de les rendre responsables d’une situation particulièrement mal gérée.

Paris, le 10 juin 2020

2S2C : vers la fin de l’école commune ?

dim, 07/06/2020 - 16:06

Présenté le 19 mai dernier dans une note de la DGESCO, le dispositif « sport, santé, culture et civisme (2S2C) » prévoit dans le cadre de la reprise progressive des cours dans les écoles et les collèges de nouveaux modes d’accueil des élèves. « Lorsque l’élève n’est pas sous la responsabilité de ses professeurs, il est possible de proposer des activités sur le temps scolaire qui se déroulent dans le prolongement des apprentissages et en complémentarité avec l’enseignement », indique la note. Ces activités sont facultatives et gratuites et elles doivent être organisées en concertation avec l’équipe éducative. La note précise également avec prudence que ces interventions « ne se substituent pas aux enseignements et donc à l’action première des professeurs dans leurs disciplines (EPS, Arts plastiques, éducation musicale, enseignement moral et civique …) ».

Soirée de l'EPS on line 

Avec pour titre le 2S2C, un ami qui nous veut du bien ? , la web conférence du mardi 16 juin à 18H, organisée par le SNUipp-FSU et le SNEP-FSU est ouverte au plus grand nombre. Il est nécessaire de s'inscrire pour recevoir le lien de la conférence qui durera 1H30. 

Des conventions avec les collectivités

Le dispositif 2S2C prévoit l'établissement de conventions entre les collectivités et les services de l’inspection académique. Elles précisent les modalités ainsi que les lieux prévus pour le déroulement de ces activités sportives et culturelles sur le temps scolaire. Un financement de 250 millions d’euros a été prévu au plan national et le tarif fixé ne peut excéder 110 € par jour et par groupe de 15 élèves. La convention prévoit également le respect du protocole sanitaire en cours.
Même si un budget est prévu ce dispositif repose la question des inégalités de ressources financières et humaines entre les différentes collectivités. Enfin ce dispositif entretient une réelle confusion entre le temps scolaire, périscolaire, entre des disciplines relevant de l’enseignement pour toutes et tous et des activités facultatives encadrées par des interventions extérieures.

Là où les 2S2C se mettraient en place, le SNUipp-FSU demande qu’ils soient identifiés comme du temps « périscolaire ». Seul le temps assuré par les PE doit être identifié comme du temps scolaire, et la totalité des programmes nationaux doit continuer à être mis en œuvre par les personnels enseignants. Ce temps des 2S2C doit demeurer un temps facultatif pour les familles, en opposition au temps d’enseignement qui doit lui redevenir obligatoire. Si le COVID est toujours actif en septembre, obligeant les enseignants et les enseignantes à ne faire classe qu’à des demi-groupes d’élèves, des dispositifs périscolaires « habituels » pourraient permettre d’accueillir plus d’élèves.
Le SNUipp-FSU s’oppose à la mise en place des 2S2C, source d'inégalités territoriales qui contribueraient à vider l'école de sa substance en limitant le rôle des PE à l’enseignement des fondamentaux.

A bout de bras

ven, 29/05/2020 - 11:03
Le communiqué

Ce sont les personnels qui tiennent l’école à bout de bras

Depuis le début de l’épidémie, les enseignants ne peuvent compter que sur eux-mêmes face à un ministre qui multiplie les déclarations à l’emporte-pièce, totalement déconnectées de la réalité des écoles.
Les annonces de jeudi sur « l’amplification du mois de juin » ajoutent encore de la confusion.

Non, toutes les écoles, fermées actuellement pour des raisons sanitaires ne vont pas réouvrir à coups de baguettes magiques. Non, tous les élèves ne pourront être accueillis, même partiellement, avec les exigences du protocole sanitaire que seules des autorités scientifiques et médicales pourraient modifier. Non, les salles de classes et les équipements sanitaires des écoles ne peuvent être multipliés ou agrandis en l’espace de quelques jours. Non, on ne peut pas demander aux équipes enseignantes et aux municipalités de tout réorganiser sans leur en donner le temps. Non, les collectivités ne peuvent mettre en place d’un claquement de doigts des dispositifs parallèles autres que la garderie. Les fameux 2S2C n’ont que peu d’existence et posent par ailleurs des problèmes d’équité et d'empiètement sur le domaine scolaire.

S’affranchir de la mise en œuvre concrète des annonces médiatiques revient à faire pression sur les personnels sans répondre à la légitime demande des familles de scolarisation de leur enfant, notamment suite aux restrictions du chômage partiel.

Enfin, le ministre ne remet pas en cause, malgré son échec patent, sa stratégie basée sur le volontariat des familles pour un retour prioritaire des élèves les plus éloignés de l’école. Une enquête menée par le SNUipp-FSU montre que malgré une sur-sollicitation des familles dans les quartiers populaires de la part des équipes enseignantes, seuls 16% des élèves y sont accueillis tandis la moyenne est de 25% ailleurs et que ce taux s’élève à 32% dans les écoles rurales. Il faut abandonner le principe du volontariat pour endiguer ces fortes inégalités dans le retour à l’école.

Par ses déclarations, le ministre crée de l’insécurité tant chez les familles que chez les enseignants. Ces derniers, fiers de servir le service public d’éducation, tiennent à bout de bras un système bousculé de toutes parts.

Plutôt que de fausses promesses médiatiques, c’est d’un plan d’urgence dont l’école a besoin. Il doit se préparer dès maintenant avec celles et ceux qui font l’école tous les jours et qui savent ce dont les élèves ont besoin pour retrouver le chemin des apprentissages.

Paris, le 29 mai 2020

De l’EPS à l’école pour toutes et tous

ven, 29/05/2020 - 10:57

Sous couvert de permettre le retour à l’école du plus grand nombre, le ministère met en place un dispositif dénommé 2S2C (sport, santé, culture, civisme) avec des activités sportives et culturelles assurées par les collectivités territoriales. Dans un communiqué le SNUipp-FSU et le SNEP-FSU alertent sur le fait que « cette externalisation de l’EPS et de la culture renforcera les inégalités puisque les 2S2C ne seront pas proposées sur tout le territoire et qu’elles auront un coût pour les collectivités et donc pour les familles ».
Ils rappellent que « ces disciplines sont dispensées habituellement à tous les élèves, sans aucune distinction, par des personnels enseignants qui les connaissent parfaitement ».
Aussi, les deux organisations syndicales alertent sur le fait que si ce dispositif est présenté comme transitoire, il ne doit en aucun cas conduire à déposséder les PE de l’enseignement du sport et de la culture.

Le communiqué 

De l'EPS à l'école pour toutes et tous !

Afin de permettre la reprise économique et assurer la sortie du confinement, le ministre de l’Éducation Nationale a décidé de reconceptualiser la journée des élèves au prétexte de rester en conformité avec le protocole sanitaire. Ce dernier imposant des groupes restreints d’élèves en présentiel classe, comment rendre alors possible la reprise du travail pour les parents ? Il a positionné 4 temps différents pour les élèves : en classe – en télé enseignement à la maison – en étude – sur les activités 2S2C ( Sport, Santé, Culture, Civisme). Si les deux premiers sont organisés par les équipes enseignantes, les deux suivants ne sont que facultatifs, là où les collectivités locales décident de les mettre en place. J.M Blanquer tente un coup de poker et instrumentalise la situation pour avancer dans son projet : les enseignements qui sont pour lui «fondamentaux» (les maths et le français) incombent aux professeurs des écoles, et le sport et la culture doivent être délégués aux collectivités territoriales. Mais c’est faire fi de la conception du métier d’enseignant dans le premier degré et de son inter disciplinarité que revendiquent les PE. Cette externalisation de l’EPS et de la culture renforcera de plus les inégalités puisque les 2S2C ne seront pas proposées sur tout le territoire et qu’elles auront un coût pour les collectivités et donc pour les familles. Alors qu’enseignées au sein de la classe sous la forme actuelle, ces disciplines sont dispensées à tout.es les élèves, sans aucune distinction, par des enseignant.es qui les connaissent parfaitement. Si les 2S2C ont été annoncé par Blanquer comme une élément marquant de la reprise, la pertinence du dispositif n’a pas été reçu de la même façon par les collectivités. Très peu d’entre elles ont souhaité les mettre en place.
Les 2S2C ne sont donc pas la première tentative de déposséder les enseignant.es de l’enseignement du sport et de la culture. Même s’ils sont présentés aujourd’hui comme un dispositif transitoire, la situation actuelle ne permet pas de savoir dans quelles conditions se déroulera la rentrée de septembre. Si le protocole sanitaire perdure encore plusieurs mois, cette option d’externalisation de l’EPS et de la culture risque d’être utilisée et de se voir ancrer dans des textes officiels. Le partenariat avec des clubs sportifs, des associations est déjà une option proposée par le ministre de l’éducation nationale mais aussi par la ministre des
sports dans le cadre des futurs jeux olympiques et de la labellisation d’établissements « Génération 2024 ».
Après deux mois de confinement, les élèves auront vécu cette période de façon inégalitaire, pour certain.es avec une longue période d’inactivité, de problèmes de sur poids. Plutôt que de démunir le premier degré, il aurait été plus judicieux de réfléchir avec des professeurs d’EPS sur comment faire de l’EPS en période de pandémie, et proposer aux équipes des outils afin que cette discipline ne disparaisse pas des enseignements durant les mois de mai et de juin. L’urgence était de sensibiliser les équipes sur l’importance de l’enseignement de l’EPS lors de cette reprise, pour tous et toutes, et permettre aux élèves de retrouver une liberté du corps et de l’esprit dans une reprise anxiogène et modelée dans un carcan de règles très strictes.

Paris, le 18 mai 2020

La reprise au fil des jours

jeu, 28/05/2020 - 09:49

Un peu plus de 4 000 enseignantes et enseignants des écoles ont répondu au deuxième volet de l’enquête lancée par le SNUipp-FSU sur les conditions concrètes du retour en classe. D’après leurs réponses, un quart des élèves seraient aujourd’hui accueillis, avec de fortes différences entre les écoles rurales (31,87% des élèves revenus) et les écoles des quartiers populaires qui n’ont vu revenir que 16,48% d’enfants.
Par ailleurs, les raisons sociales avancées par le gouvernement pour accélérer le retour des élèves «&nbspen fragilité ou en difficultés&nbsp» semblent se heurter à une grande frilosité des familles. Les personnels enseignants indiquent que 81% des élèves de leurs propres classes se trouvant dans cette situation ne sont pas revenus, un taux qui grimpe à 86% dans les quartiers populaires.

Les aspects sanitaires

Le virus circule toujours, avec des suspicions d'infection constatées dans 16% des écoles. Les difficultés recensées quant à l’application du protocole sanitaire sont en baisse par rapport à la première enquête et sont désormais signalées dans moins de 6% des écoles ; un peu plus en milieu urbain (8%) qu’en milieu rural (4%). La désinfection des locaux est jugée insuffisante dans 14% des établissements et des difficultés d’approvisionnement en masques sont signalées dans 10% des écoles. Enfin, si dans six écoles sur 10 la distribution des masques est prévue régulièrement, les modalités d’approvisionnement demeurent inconnues des personnels dans les autres.

Une école de l’entre-deux

Moins de 8% des PE n’ont pas repris le chemin des classes, soit parce que considérés comme personnels à risque, soit pour pouvoir assurer la garde de leurs propres enfants. Pour les autres, un quart d’entre eux consacrent l’intégralité de leur activité à l’accueil des élèves en présentiel, tandis que 67% partagent ce temps avec la poursuite d’un suivi à distance pour les élèves restés chez eux.
Dans cette école «&nbspintermédiaire&nbsp», ou de l’entre-deux, la relation pédagogique ordinaire est bousculée. 30% des répondants à l’enquête la jugent insatisfaisante et 24% ont le sentiment de «&nbspfaire de la garderie plutôt que la classe&nbsp». 35% considèrent que le respect de la distanciation entre enfants est impossible et au final, 51% pensent que l’organisation actuelle n’est pas tenable jusqu’à la fin de l’année scolaire.
Il va donc s’agir de trouver des aménagements à cette école intermédiaire, en respectant les indispensables précautions sanitaires et en laissant une entière liberté aux équipes pour les mettre en œuvre.

L’école a besoin des Rased

jeu, 14/05/2020 - 10:19

La période qui s’ouvre va demander des moyens accrus pour soutenir les élèves les plus fragiles et les plus affectés par la crise que vient de traverser l’école. Des moyens indispensables aussi pour accompagner les familles et les équipes éducatives. Mais « comment faire face ? », alors que 80 postes sont encore supprimés pour la rentrée prochaine, interrogent les onze organisations réunies dans le Collectif national Rased.
Le collectif dénonce « la poursuite du démantèlement du dispositif d’aide aux élèves engagé il y a une dizaine d’années, et demande un investissement significatif de l’État dans ce qui reste un moyen d’aide irremplaçable, au plus près du terrain et des besoins de la communauté éducative. »

Le communiqué

L’école a besoin des Rased

Le collectif national RASED, suite à la fermeture de nombreux postes d’enseignant·es spécialisé·es, alerte sur le manque manifeste de personnels RASED, alors que la réouverture annoncée des écoles inquiète les équipes, faute de temps pour organiser l'accueil sécurisé des élèves et la qualité pédagogique et relationnelle.

Cette réouverture va demander des moyens accrus pour soutenir les élèves les plus fragiles et les plus affectés par cette situation exceptionnelle, ainsi que leurs familles et les équipes éducatives. Ces besoins étaient présents avant la crise et le seront toujours sur le long terme afin de permettre à l'école d'accompagner au mieux les élèves dans leur parcours scolaire.

Il paraît nécessaire de prendre le temps de penser collectivement l’accompagnement de la reprise et de réfléchir au rôle et à la place de chacun des acteurs de la communauté éducative.

Les personnels des RASED, dont le rôle est de prévenir et remédier aux difficultés que présente l'enfant à l'école, doivent y trouver toute leur place dans le cadre de leurs missions définies par la circulaire de 2014.Depuis le début de la crise sanitaire, les enseignant·es spécialisé·es et les psychologues mettent tout en œuvre pour poursuivre leurs accompagnements des élèves et leur collaboration avec les enseignant·es de classe en tenant compte évidemment de la situation extraordinaire.

La situation inédite que nous traversons nécessitera une présence et des interventions sur le long cours auprès des enfants comme des adultes, alors que les moyens en postes manquent déjà cruellement. Pourtant, le Ministère de l'Éducation Nationale, dans la circulaire du 4 mai, ne fait toujours pas référence aux enseignants.es spécialisés.es comme des appuis aux élèves et aux enseignant·es.

Comment faire face ? Près de 80 postes de RASED sont encore supprimés pour la rentrée 2020, et les personnels RASED restants peinent à prendre en charge les demandes qui ne manqueront pas de continuer à affluer. Le collectif RASED dénonce la poursuite du démantèlement du dispositif d’aide aux élèves engagé il y a une dizaine d’années, et demande un investissement significatif de l’État dans ce qui reste un moyen d’aide irremplaçable, au plus près du terrain et des besoins de la communauté éducative.

Paris, le 12 Mai 2020

Les chiffres de la reprise

mer, 13/05/2020 - 08:02

*Réalisée en ligne auprès de 9 813 écoles à la veille de la reprise, l'enquête montre que près de 30 % des écoles ne sont pas rouvertes cette semaine. Des ouvertures prévues pour les semaines à venir même si pour 12% d’entre elles, aucune date n’est encore arrêtée. Les équipes ont bien souvent imposé de rester en dessous de la norme ministérielle préconisée de 15 élèves et les activités « parallèles » vantées par le ministre ne sont au final mises en place que par moins d’une commune sur cinq… essentiellement de la garderie.

L'essentiel


Dans le détail

Les conseils d’école, rassemblant enseignants, délégués des parents et représentant de la commune, ne se sont réunis que pour seulement 19% des écoles, et 1/5 d’entre eux n’ont pas validé les modalités d’organisation retenues.
Il est prévu d’en tenir un prochainement pour 16% des écoles tandis que ce n’est pas prévu pour 65% des écoles alors que selon la circulaire du 4 mai 2020, le conseil d’école doit être informé des modalités d’organisation de la « reprise ».

Plus de 13% des organisations retenues ne sont pas conformes au protocole sanitaire conduisant à de premiers dépôts de procédure d’alerte, qui pourraient monter en puissance si rien n’est fait pour mettre en conformité ces écoles.

Pour les écoles ouvrant cette semaine, près de la moitié des équipes enseignantes n’ont pas profité du second jour de pré-rentrée pourtant prévu par le ministère.

Les élèves accueillis sont essentiellement des grande section, CP et CM2 comme le préconise le ministère.
La norme de 15 élèves retenue par le ministère n’a pas été suivie sur le terrain où la réalité et le respect de la distanciation physique ont conduit à limiter la taille des groupes accueillis très majoritairement de 5 à 10 élèves. Tout de même ces groupes dépassent les 10 élèves pour 20% d’entre eux.

L’annonce ministérielle sur les 4 temps de l’accueil des enfants reste à l’état d’annonce. Seulement 18% des communes mettent en place des activités en parallèle de l’école. Celles-ci sont très majoritairement, 62%, de la garderie.

Près de 2/3 des enseignants, bien qu’ils ne doivent pas cumuler les deux activités, assureront à la fois l’accueil des élèves en présentiel et poursuivront en même temps les activités à distance pour les autres élèves de leur classe.

11 mai : forte inquiétude (enquête Harris Interactive)

dim, 10/05/2020 - 12:11

La période de confinement constitue une expérience inédite pour l'école et ses personnels. Pour permettre de l'analyser, le SNUipp-FSU a commandé une enquête auprès d'Harris Interactive afin de connaître le ressenti de la profession durant ces 55 jours de confinement.
Manifestement ils ont constitué un profond bouleversement pour les personnels des écoles qui ont su faire preuve d'une grande inventivité pour maintenir un lien scolaire et ont en même temps répondu présent pour accueillir les enfants des personnels soignants. L'enquête montre également la forte inquiétude qui demeure pour une reprise à partir du 11 mai.

Le communiqué 11 mai : des enseignants fortement inquiets
(Enquête Harris Interactive / SNUipp-FSU)

Les résultats de l’enquête réalisée par Harris interactive pour le SNUipp-FSU confirment l’analyse et les exigences développées par le syndicat depuis le début de la période de confinement. Ils mettent en lumière le rôle essentiel des enseignantes et des enseignants des écoles durant cette période et le fait qu’ils sont très loin d’avoir bénéficié des moyens et du soutien nécessaires de la part du ministère. Plus des trois quarts d’entre eux considèrent difficile d’exercer leur métier durant le confinement. Ils n’ont pu compter que sur eux-mêmes et sur leurs collègues. Plus du tiers d’entre eux déclarent n’avoir eu aucune relation avec l’institution, tandis que près de trois sur quatre n’ont pu disposer d’outils institutionnels facilitant le travail.

C’est pourquoi cette période professionnelle compliquée et intense, conjuguée à un processus de déconfinement des écoles prématuré et mal préparé, conduit au constat d’une profession extrêmement inquiète d’une reprise de l’école le 11 mai. Une inquiétude partagée au même niveau (81%) par les parents d’élèves.

A l'origine de cette inquiétude, on retrouve pêle-mêle le risque d’être à l’origine d’une seconde vague épidémique, la grande difficulté à faire appliquer les gestes barrières avec de jeunes enfants notamment en maternelle, le brassage d’adultes avec de nombreuses rencontres quotidiennes, la perspective d’une école réduite à une mise en application du protocole sanitaire sans jeux ni interactions, les écoles en « zone rouge » sans traitement spécifique...

Le ministère doit prendre en compte cette inquiétude et s’interdire toute pression sur les personnels. Il faut faire confiance aux équipes sur le terrain, elles les mieux à même de confronter exigences sanitaires et pédagogiques aux réalités de leur école. La semaine du 11 mai doit être consacrée à ce travail de préparation d’une possible réouverture des écoles pour être ensuite présenté en conseil d’école. Si les conditions sanitaires ne sont pas réunies, l’école ne doit pas rouvrir. Et s’il s’avère que l’application du protocole est défaillante après quelques jours d’ouverture, il faut fermer.

Par ailleurs, dans les « zones rouges », l’enseignement à distance doit être la règle.

S’il est certain que l’école de la République est indispensable et que, malheureusement, des enfants ont vécu très durement cette période de confinement, la santé de la population doit primer sur toutes autres considérations. La réouverture des écoles ne peut se faire à n’importe quel prix.

Paris, le 10 mai 2020

Les résultats de l'enquête

Reprise : quelle responsabilité juridique ?

sam, 09/05/2020 - 14:03

La littérature juridique foisonne en matière de responsabilité pénale des personnels en charge des élèves, une littérature fortement abondée en cette période de crise. Lorsqu’elle provient de sources juridiquement fiables, elle est constante et aboutit à la conclusion d’un risque quasi inexistant en matière pénale, malgré des entrées de textes, des «&nbspaccroches&nbsp», parfois anxiogènes dans certaines publications.
Le SNUipp-FSU a fait le point sur la question avec son cabinet d’avocats. Il ressort de cet échange qu’il s’agit tout d’abord de rappeler une distinction majeure : la responsabilité “civile” et la responsabilité “pénale”.
En matière de poursuite civile, qui concerne les réparations aux victimes, l’État se substitue aux agents en cas de dommage causé aux élèves.
En matière pénale, qui concerne la répression des infractions à la loi, le fonctionnaire en répond personnellement comme chaque citoyen. Il apparait que dans les circonstances présentes, les risques de poursuites pénales sont hypothétiques.
Et sauf à pouvoir prouver un acte de contagion intentionnelle et délibérée par un personnel infecté, sauf à pouvoir prouver que cet acte est réellement et de façon certaine la source d’une contagion, une condamnation est improbable.

Il n’en reste pas moins que la meilleure garantie reste de relever toutes les situations qui ne seraient pas conformes au protocole sanitaire et d’en saisir par écrit la hiérarchie. Pour toutes précisions supplémentaires, prendre contact avec le SNUipp-FSU de son département.

Reprise : les formateurs auprès des équipes

ven, 08/05/2020 - 08:47

« En mai et juin, mais tout autant en septembre et pour de longs mois encore, les enseignantes et les enseignants reprendront la classe là où elle a été interrompue, le 13 mars dernier. », constatent ensemble le SNUipp-FSU, le SE-Unsa, le Sgen-CFDT et l’ANCP&AF dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Éducation nationale.
Il faudra donc que les personnels puissent intégrer « dans leur manière d’enseigner, ce qui n’aura pu être travaillé pendant plus de trois mois pour tous les niveaux de classe. L’appréhension de la situation, la construction des réponses pédagogiques, ne pourront se faire que dans une optique de cycle, et de coopération inter-cycles », ce qui suppose un temps de travail de l’équipe pédagogique auquel il faudra associer les conseillères et conseillers pédagogiques. Et ce, « dans une dynamique de travail qui partira des questionnements des équipes et permettra le développement de la professionnalité enseignante.»

Repenser les plans de formation

Dès lors, alertées par des plans de formation qui ne correspondent pas à l’urgence des rentrées à venir et qui impactent les temps et conditions de travail des formateurs et formatrices, les organisations syndicales et l’ANCP&AF demandent au ministre d’y renoncer.
Il s’agira tout au contraire, « en s’appuyant sur les besoins du terrain qui émergeront, en organisant le recueil des demandes des équipes, de se donner le temps de construire les plans de formation capables d’y répondre, conformément au dernier schéma directeur de la formation continue. » Toutes choses qui ne pourront se faire, « qu’en s’appuyant sur l’expertise, la culture professionnelle et la bonne connaissance du terrain des formateurs et des formatrices. »

La lettre ouverte au ministre

Des demandes très précises

Accompagnement des personnels enseignants en circonscription, formation, exercice du métier et conditions de travail, revalorisation : dans une tribune rendue publique fin mai, les mêmes organisations détaillent une série de revendications pour les conseillères et conseillers pédagogiques.
Y répondre favorablement serait de nature à apaiser le malaise ressenti depuis plusieurs années déjà par ces personnels et la rue de Grenelle serait bien avisée de se pencher sérieusement sur le sujet.

La tribune


11 mai : quelle reprise pour les AESH ?

jeu, 07/05/2020 - 17:01
La lettre au ministre

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons vous alerter une nouvelle fois, sur la situation des personnels accompagnants des élèves en situation de handicap, grands absents de la communication ministérielle, que ce soit pendant le confinement ou en cette période de préparation à la réouverture des écoles et établissements. Alors que nous sommes déjà intervenus à maintes reprises pour tenter d’obtenir des éléments d’information ou des précisions, nous avons jusqu’à présent été renvoyés à des publications de circulaires ou de notes qui ne sont jamais parues… Cela n’est pas acceptable.

Nous vous interpellons aujourd’hui à la fois pour porter des exigences pour les AESH, mais aussi pour obtenir des réponses susceptibles de leur être communiquées avant tout retour physique dans les écoles et établissements.

Sur la protection des agents
Nous voulons avoir l’assurance que les AESH auront bien des masques à leur disposition et qu’ils seront aussi destinataires de gel hydro-alcoolique, de lingettes virucides, de gants, de visières indispensables à leur sécurité au vu de leurs missions.
Concernant les personnels «&nbspà risques&nbsp», souffrant d’une pathologie, ou les personnels en situation de handicap exposés particulièrement à des complications de santé, ou les personnels vivant avec une personne fragile, nous souhaitons qu’une communication claire leur soit apportée (démarches à effectuer, information sur l’autorisation spéciale d’absence, le travail à distance ou le congé de maladie ordinaire). Nous demandons évidemment que les personnels concernés soient exemptés de toute reprise physique.

Sur les missions
Aujourd’hui, seule une information sur le port du masque a été donnée. Aucune consigne sanitaire supplémentaire n’a été apportée sur les précautions à prendre dans l’exercice des missions, alors que les AESH exercent à très grande proximité des élèves qu’ils accompagnent, voire qu’ils sont amenés à des gestes physiques dans certaines situations (hygiène, aide à la mobilité, aide à l’autonomie…) Nous demandons que soient clarifiées ces situations, rappelées les précautions, voire que certains gestes soient prohibés si la sécurité et la santé l’exigent.

Sur le service
Nous nous interrogeons sur ce que seront amenés à faire les AESH si le ou les élèves qu’ils accompagnent habituellement ne reviennent pas à l’école. Accompagnement à distance ? Accompagnement d’un autre élève ? Des consignes de cadrage doivent être données nationalement dans le respect du cadre réglementaire. Par ailleurs il serait contradictoire avec les consignes sanitaires existantes de demander aux AESH de se déplacer entre les classes, voire entre plusieurs établissements.

Sur les contrats
Au regard de la grande anxiété qui découle de la situation, nous demandons que le renouvellement des contrats soit anticipé, de façon à ce que les AESH ne subissent pas de stress supplémentaire. Les très grandes difficultés rencontrées lors de la rentrée dernière, alors que la situation se voulait normale, ne peuvent que nous alerter.
Nous demandons également que le principe du renouvellement pour toutes et tous s’applique, y compris pour les agents contractuels en CUI-PEC dont le contrat arrive à expiration. Dans un contexte d’emploi rendu difficile en raison de la pandémie, tous les AESH doivent avoir une garantie d’emploi pour la rentrée.

Sur les salaires
La crise a rendu secondaire le suivi de certaines préoccupations que nous avons portées sur les salaires. Nous souhaitons avoir la confirmation que l’indice de rémunération plancher a bien été relevé suite à la hausse du SMIC au mois de janvier et que l’indemnité de compensation de la CSG est bien régulièrement versée aux AESH sous contrat depuis 2017. Le cas échéant, nous demandons qu’une note soit envoyée aux services déconcentrés et aux établissements employeurs.
Nous demandons également qu’en l’absence d’entretien professionnel sur la période, le réexamen des salaires des AESH pour lesquels un entretien était programmé ait bien lieu et que les situations soient étudiées avec bienveillance.

Enfin, nous demandons que l’agenda social qui venait de s’ouvrir pour envisager des perspectives sur l’avenir des AESH reprenne au plus vite, comme ils l’attendent depuis longtemps.

Il y a urgence, Monsieur le Ministre, à apporter des garanties aux AESH qui exercent une mission essentielle au bon fonctionnement du service public d’éducation.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

Priorité : santé des élèves et des personnels

mer, 06/05/2020 - 12:00

« Notre priorité est d’abord la santé des élèves et des personnels et l’ouverture des écoles doit être conditionnée à des garanties indispensables. », affirment l’ensemble des syndicats dans un vœu adopté le 5 mai à l’occasion d’un comité technique ministériel. Ils demandent donc à l’exécutif « de renoncer à l’imposer » et « s’opposeront à toutes tentatives de pression sur les personnels. »

Le vœu

Après le discours du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, nos organisations syndicales ne peuvent que constater, à ce jour, que la date d’ouverture de l’École et l’organisation de la reprise sont précipitées.

La reprise scolaire envisagée par le gouvernement repose sur le volontariat des familles ce qui contrevient aux objectifs du système scolaire. Beaucoup d’entre elles d’ailleurs subiront des pressions économiques qui les contraindront à envoyer leurs enfants à l’École.

Les annonces du Premier ministre d’une reprise avec un cadre insuffisamment préparé mettent les personnels en difficulté et insécurité et font peser sur les acteurs locaux une responsabilité qui n’est pas la leur.

Les réalités matérielles existantes (sanitaires, superficie des salles de classe et des locaux…), le nombre d’adultes effectivement présents (enseignants, AESH et ATSEM) et les équipements de protection réellement disponibles font que les conditions sanitaires d’une réouverture des écoles n’ont pas été apportées par le gouvernement pour une reprise à partir du 11 mai.

Notre priorité est d’abord la santé des élèves et des personnels et l’ouverture des écoles doit être conditionnée à des garanties indispensables.

Nos organisations demandent au président de la République et à son gouvernement de renoncer à l’imposer, elles s’opposeront à toutes tentatives de pression sur les personnels.

Paris, le 05 mai 2020

ASA pour garde d'enfants : des changements

mer, 06/05/2020 - 11:59

La FaQ du ministère indique clairement que dorénavant  « les personnels enseignants sont prioritaires pour l’accueil de leurs enfants en crèche ainsi que dans les établissements scolaires » et différentie deux situations : 

  • les enfants ne peuvent être pris en charge (crèche ou école) durant leur temps de service. Alors les personnels se voient proposer d’exercer leur fonction à distance, pour les jours durant lesquels leurs enfants ne peuvent être accueillis (sur présentation d’une attestation de l’établissement scolaire ou de la crèche). Si le travail à distance n’est pas possible compte tenu des fonctions exercées ou de circonstances particulières, ils peuvent solliciter une autorisation spéciale d’absence (ASA). Cette autorisation est accordée à raison d’un responsable légal par fratrie sous réserve de justifier de l’absence de toute solution de garde alternative et nécessitera une attestation sur l’honneur.
  • les personnels enseignants souhaitent garder leurs enfants et ne pas les confier à la crèche ou à l’école alors qu’ils en ont la possibilité. Ils seront alors mobilisés par leur responsable hiérarchique pour la continuité pédagogique, sous la forme de travail à distance pour les élèves que leurs parents ont choisi ne pas confier à l’école. Aucune ASA ne pourra être accordée dans ce cas. 
Personnes vulnérables 

Des ASA pourront continuer à être délivrées comme depuis le début de la crise dans les conditions suivantes : 

  • Les personnels présentant une vulnérabilité de santé au regard du virus Covid-19 et identifiés comme tels par le médecin de prévention ou leur médecin traitant sont exemptés de se rendre sur leur lieu de travail.
  • Les femmes enceintes au troisième trimestre de grossesse doivent solliciter l’avis de leur médecin traitant ou à défaut du médecin de prévention. En fonction de cet avis médical, un travail à distance leur est proposé. A défaut, en cas d’impossibilité de travailler à distance, une autorisation spéciale d’absence est délivrée.
  • Les personnels domiciliés avec une personne présentant une vulnérabilité de santé au regard du virus Covid-19 et identifiée comme telle par le médecin de prévention ou leur médecin traitant ne devront pas se rendre sur leur lieu de travail, le travail à distance sera privilégié. 
Secret médical 

Enfin une note de la DGRH du 13 mai 2020 et actualisée le 2 juin 2020, conformément au code de la santé, rappelle « la garantie de la protection du secret médical  » Pour cela le  «  certificat médical se bornera à attester la nécessité du confinement et sa durée ou par une déclaration sur le site de l’assurance maladie ».  

Pour toutes difficultés concernant ces questions, il est utile de prendre l'attache des élu·es du personnel SNUipp-FSU dans le département. 

Pas de reprise sans garanties : la pétition

lun, 04/05/2020 - 15:24
  • La semaine du 11 au 15 mai doit être une semaine de prérentrée avant une possible réouverture des écoles.
  • La taille des groupes doit être au maximum de 10 élèves en élémentaire, comme pour l’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire, et bien moindre en maternelle
  • Le travail de préparation de réouverture des écoles doit pouvoir être présenté en conseil d’école.

Par ailleurs, si les conditions sanitaires d’une réouverture ne sont pas réunies, l’école ne doit pas rouvrir. Il s’agira alors de «&nbspsaisir la hiérarchie via une motion de conseil des maîtres et si nécessaire une procédure d’alerte sera enclenchée qui pourra conduire à exercer [le] droit de retrait à l’échelle de l’école, afin de ne pas mettre en danger les élèves et les personnels.&nbsp»

Telles sont les exigences portées par le SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le SGEN-CFDT dans une pétition en ligne que les syndicats appellent à signer massivement.

Signer

Différer la reprise : une question vitale, partout

lun, 04/05/2020 - 07:22

Le SNUipp-FSU, le SE-Unsa et le Sgen-Cfdt font savoir dans un texte commun à l'adresse des équipes pédagogiques qu’il est indispensable de laisser le temps sur le terrain d’organiser la reprise de l’école notamment pour adapter les effectifs avec un maximum de 10 en élémentaire et bien moins en maternelle. Il est essentiel, écrivent-elles, de « faire confiance localement à la communauté éducative pour organiser un retour progressif des élèves sans pression ni injonction, notamment en termes de contenu scolaire, et en leur donnant le temps nécessaire », notamment pour permettre le respect de chaque élément du protocole sanitaire, dont la version définitive a été publiée le dimanche 3 mai.

« Dès lors que les conditions sanitaires d’une réouverture de l’école ne sont pas réunies, l’école ne doit pas rouvrir  », donnent-elles pour consigne. Dans le cas contraire, les trois syndicats appellent les équipes « à saisir les autorités locales via une motion du conseil des maîtres et à enclencher une procédure d’alerte qui pourra conduire à exercer leur droit de retrait à l’échelle de l’école », et ce afin « de ne pas mettre en danger les élèves et les personnels », préviennent les organisations syndicales. S’il faut du temps partout, concernant les départements “rouges”, il ne peut y avoir de processus d’ouverture des écoles dès lors que les autres établissements scolaires restent fermés.

Le texte commun

Consignes syndicales unitaires
pour le processus de déconfinement des écoles


Pour assurer les conditions sanitaires à une réouverture des écoles en confrontant les exigences du protocole national aux réalités des écoles et permettre ainsi une prise en charge et un accompagnement des élèves optimal, les enseignants ont besoin de temps.
Nous appelons les enseignant·es à s’emparer de la semaine du 11 au 15 mai pour en faire une semaine de prérentrée avant une possible réouverture des écoles.

Cette préparation s’appuiera sur les réalités matérielles existantes (sanitaires, superficie des salles de classe, architecture des locaux…) et le nombre d’adultes (enseignants, AESH et ATSEM) réellement disponibles.
Le maxima de 10 élèves en élémentaire comme pour l’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire, doit être la référence. Il doit être bien moindre en maternelle
Le travail de préparation de réouverture des écoles doit pouvoir être présenté en conseil d’école qui pourra également saisir l’avis de la commission de sécurité. Aucun protocole local ne doit être imposé arbitrairement. Chaque élément du protocole doit être respecté. Dès lors, si les conditions sanitaires d’une réouverture de l’école ne sont pas réunies, l’école ne doit pas réouvrir et nous appelons les enseignant·es à saisir les autorités locales via une motion du conseil des maîtres et à enclencher si nécessaire une procédure d’alerte qui pourra conduire à exercer leur droit de retrait à l’échelle de l’école, afin de ne pas mettre en danger les élèves et les personnels.
Cette démarche continuera de s’appliquer même lorsque la classe aura repris.

Partout la santé de la population doit primer. La responsabilité est grande. Nous appelons le gouvernement à différer la réouverture des écoles primaires des départements classés « rouges » et à poursuivre le maintien du lien scolaire à distance.

Nous appelons le gouvernement à faire confiance localement à la communauté éducative pour organiser un retour progressif des élèves sans pression ni injonction, notamment en termes de contenu scolaire, et en leur donnant le temps nécessaire.
Les équipes ont su organiser l’accueil des enfants des personnels indispensables en période de confinement. Elles sauront faire les choix nécessaires dans le respect des exigences sanitaires et des besoins des élèves.
La reprise doit être suspendue à la mise en place des garanties sanitaires indispensables et à une organisation pédagogique acceptable.

La maîtresse a un coup d’blues

mer, 29/04/2020 - 16:03

Depuis sa villégiature de Saint-Jean-de-Luz, il devait nous croquer le coronavirus pour illustrer le dossier du prochain numéro de Fenêtres sur cours. Il n’en n’aura pas eu le temps, c’est cette sale petite bestiole qui l’a croqué.
Jean-Pierre Brizemur, le dessinateur de presse qui accompagnait le SNUipp-FSU depuis sa création vient de nous quitter.
Brizemur, c'était un sale gosse. Celui du fond de la classe, celui qui ricane, n’écoute rien et jette des boulettes de papier pleines d’encre sur ses petits camarades.
Et comme tous les sales gosses, c’était aussi un rêveur, un poète, toujours un peu amoureux de la maîtresse. Il partageait les billes, les bonbecs et son goûter. Il y avait tout ça dans ses dessins ; l’éclat de rire féroce, l’impertinence, la tendresse et l’amour des enfants. Il va beaucoup nous manquer…

Florilège

La relation école-famille

Les fondamentaux

Les langues vivantes

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Le numérique

Les guides du ministre

L'éducation à l'environnement

La géométrie

L'école en Europe

Les classes de découvertes

Et tellement d'autres encore...

Le 11 mai, c’est non !

mer, 29/04/2020 - 12:26

Après le discours du Premier ministre à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation nationale a décliné son plan de réouverture par voie de presse. « Sans aucun protocole national sanitaire strict à cette heure, il renvoie les décisions et donc les responsabilités aux équipes d‘écoles et aux collectivités territoriales », constate le SNUipp-FSU dans un communiqué publié le 29 avril.

« Alors que les regroupements ne seront autorisés que jusqu’à 10 personnes dans l’espace public, il y aura 15 élèves par classe et donc 16 à 18 personnes selon le nombre d’adultes présents dans chaque classe. Tout cela dans des salles de classe de 50 m2 alors que la Belgique, par exemple, prévoit dans le même temps des normes de 4m2 par élève et 8m2 par adulte… », indique le syndicat qui ajoute que « s’appuyer sur l’impératif de justice sociale alors que la continuité pédagogique prônée avec force par le ministre de l’Éducation nationale n’a fait que renforcer les inégalités scolaires relève du cynisme ».

Quand c'est flou ...

Jean-Michel Blanquer indique dans ses interviews que toutes les écoles devront informer les familles des modalités de retour dans les écoles entre le 4 et le 7 mai, alors même que pour l’heure rien n’est très clair entre les discours au sommet de l’État et les déclinaisons que les rectorats et les IEN tentent de faire, notamment pour les élèves qui doivent être prioritairement accueillis.

Le ministre ose même évoquer « une personnalisation du parcours de l’élève dans un cadre de fréquentation de l’école non obligatoire et en ne sachant pas combien d’enseignants seront véritablement disponibles », s’inquiète le SNUipp-FSU. Et d’ajouter qu' « aucun pays en Europe ne traite le processus de déconfinement de l’école avec autant de légèreté ».

Le syndicat constate que « le gouvernement a clairement fait le choix de redémarrer la machine économique, en proposant aux plus jeunes élèves de retrouver les premiers les chemins de l’école, alors que la proximité y est plus grande et le respect des gestes barrières plus difficilement applicable ». Il semble également selon les interventions du ministre qu’il n’y aurait pas de distinction établie entre les départements « rouge et vert » pour les écoles.

Le SNUipp-FSU, réclame à nouveau « un cadre national de réouverture des écoles validé par les autorités scientifiques et médicales et le temps nécessaire pour engager un travail entre les enseignants, les parents et les élus afin de le décliner localement et le soumettre à l’approbation des conseils d’école ».

Aussi, le syndicat a pris soin de déposer une alerte sociale à compter du 11 mai et, afin d’éviter tout retour précipité, il accompagnera les enseignants et enseignantes sur les modalités d’usage du droit de retrait et du droit d’alerte.

L’école le 11 mai, c’est clairement prématuré !

mar, 28/04/2020 - 18:12

Avant toute reprise, le SNUipp-FSU continue d'exiger l’élaboration d’un cadre national de réouverture des écoles validé par les autorités scientifiques et médicales. Ensuite seulement pourra s'engager un travail avec les enseignants, les parents et les élus pour le décliner localement et le soumettre à l’approbation des conseils d’école.

Le communiqué du SNUipp-FSU

L'école le 11 mai, c'est clairement prématuré !

Les annonces du Premier ministre n’ont pas rassuré. Sans tenir compte de l’avis du Conseil scientifique, le gouvernement envisage une rentrée progressive des écoles dès le 11 mai sur la base du volontariat des familles avec le seul maigre garde-fou sanitaire de masques pour les personnels.

S’appuyer sur l’impératif de justice sociale alors que la continuité pédagogique prônée avec force par le ministre de l’Éducation nationale n’a fait que renforcer les inégalités scolaires relève du cynisme. Avec des groupes de 15 élèves, alors que les rassemblements publics sont limités à 10 personnes, tout en poursuivant l’accueil légitime et solidaire des enfants des personnels soignants, les conditions de respect de la distanciation sociale ne seraient pas remplies.

Et comment expliquer que ce sont les plus jeunes élèves qui retrouveront les premiers le chemin de l’école, si ce n’est pour satisfaire à la volonté de reprise de l’activité économique ?

Pourtant seuls des impératifs de santé publique doivent guider le processus de déconfinement, global comme scolaire. Une réouverture, même progressive, des écoles dès le 11 mai est beaucoup trop prématurée et se heurterait au réel en termes d’équipement sanitaire, d'exiguïté de nombreuses salles de classes, d’inégale capacité de financement des communes, d’inconnues sur le nombre de personnels disponibles…

La réouverture des écoles ne peut se faire qu’en respectant une série de conditions clairement identifiées pour ne pas mettre pas en danger l’ensemble de la société en prenant le risque d’une seconde vague épidémique.

Le SNUipp-FSU exige donc l’élaboration d’un cadre national de réouverture des écoles, validé par les autorités scientifiques et médicales, pour engager ensuite un travail en prenant tout le temps nécessaire avec les enseignants, les parents et les élus pour le décliner localement et le soumettre à l’approbation des conseils d’école.

Par ailleurs, le volontariat des familles est une annonce démagogique pour flatter l’opinion publique qui renvoie la responsabilité aux parents. Ce volontariat est un luxe que tous ne peuvent pas s'offrir. Et évoquer le volontariat sans préciser qui cela concerne rajoute de l’incertitude à l’inquiétude.

Le SNUipp-FSU s’oppose à cette décision précipitée qui fait prendre de graves risques en terme de santé publique. Il faut acter que les écoles ne seront pas prêtes le 11 mai et que la sortie du confinement scolaire nécessite du temps.

Paris, le 28 avril 2020