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SNUipp-FSU Blog Posts
Mis à jour : il y a 4 semaines 22 heures

Se syndiquer ? Une vraie bonne idée

lun, 16/09/2019 - 10:59

Parce qu’on fait confiance aux représentantes et aux représentants du SNUipp-FSU pour nous informer, nous aider et nous défendre. Parce que le syndicat a été attentif à notre situation, nous a donné une info, un conseil, et que d’autres en auront besoin demain.
Parce qu’on a envie de pouvoir bien faire son travail et que notre professionnalisme a besoin d’être respecté. Pour échanger, réfléchir sur le métier et le faire avancer ensemble.
Mais aussi pour partager des valeurs, des solidarités, pour changer l’école et la société… Autant de bonnes raisons de se syndiquer* sans plus attendre.

Adhérer en ligne

*Se syndiquer, c'est être plus forts, efficaces et constructifs ensemble pour défendre l'école, les droits de tous et de chacun…pour le prix d’un café engagé par semaine !
Et oui, avec la déduction fiscale de 66% transformée en crédit d’impôt, les deux tiers de votre cotisation sont désormais remboursés même pour les personnels non imposables. En moyenne, une cotisation équivaut à cinquante euros par an...un euro par semaine.

Évaluations saison 2 mais quelles finalités ?

sam, 14/09/2019 - 11:13
Le courrier

Monsieur le Ministre,

L’an dernier, la mise en place des évaluations standardisées de CP et CE1 a généré de fortes critiques de la profession et des familles.
Nos différentes alertes ont permis des modifications sur la forme et dans le contenu des items, des temps de passation, du nombre de livrets et des temps de saisie mais ne modifient ni la nature ni les finalités de ce protocole. Comme l’année dernière, elles laissent de côté de nombreux pans des apprentissages pourtant essentiels à la maîtrise des compétences visées au cycle 2.

De même, nous nous interrogeons toujours sur la finalité de ces évaluations. Nous craignons toujours un étiquetage précoce et une volonté renforcée de piloter par les résultats. Cela entraîne une modification des pratiques enseignantes préjudiciable aux élèves les plus fragiles et une défiance à l’égard du professionnalisme des collègues.
En effet la valorisation par la DEPP de la stratégie de «&nbspréponse à l’intervention&nbsp» risque d’engendrer une réduction des savoirs enseignés à ce qui est évalué, la prévalence de l’entraînement et la répétition sur les autres processus d’apprentissage, tout comme une évolution du métier d'enseignant avec une place réduite pour la conception de l’enseignement.

Les différentes expériences internationales en matière d'évaluation et de pilotage des systèmes éducatifs par ce système, nous montrent déjà ce type de dérives qui génèrent des situations anxiogènes, du bachotage, un abandon des matières culturelles ou sportives et une mise en concurrence des classes et des écoles.

Notre crainte est grande que ces évaluations servent de prétexte pour assigner à la maternelle une mission réduite à une préparation à l’école élémentaire au détriment de toutes les autres finalités. Prenant ainsi le risque de créer de la difficulté scolaire notamment chez les élèves dont la culture familiale est éloignée de la culture scolaire.

L’évaluation fait partie intégrante des enseignements et des apprentissages des élèves et tou-tes les enseignant-es la pratiquent régulièrement. Cependant, plutôt que de reconnaître que les enseignant·es, pratiquent leur métier avec sérieux, votre administration envisage encore des sanctions à l’encontre de celles et ceux qui n’ont pas appliqué totalement ou en partie le protocole en 2018/2019 qui leur a été imposé alors qu’il était très mal adapté à la réalité des classes.
Dans un souci d’apaisement des tensions, de rétablissement d’une forme de confiance, et de respect de l’expertise des enseignant·es, ces sanctions (retrait de salaire, inscription au dossier personnel, restrictions du choix du niveau de classe…) doivent être levées.

Nous tenons à réaffirmer ici notre attachement à une école qui soit respectueuse des élèves, de leurs familles, du travail des enseignant·es et de leur liberté pédagogique. C'est à cette condition, en respectant les spécificités de chacun et chacune, les différents contextes de scolarisation et en accordant véritablement la confiance aux enseignant·es que notre école pourra progresser.
Nous ne rejetons pas l’idée de disposer d’outils d’évaluation nationaux, mais nous demandons que les protocoles d’évaluation continuent de mieux prendre en compte les besoins réels des classes en respectant la professionnalité et l’expertise des enseignants. Ce qui n’est pas le cas avec les évaluations standardisées actuelles et c’est pourquoi nous les remettons en question.

Dans ces conditions, nous ne sommes pas opposé-es à ce que la question de l’évaluation nationale soit posée collectivement et qu’un travail en profondeur sur les finalités, les contenus d’une telle pratique, ainsi que sur les outils et leur usage soit mené. Notamment, sur la correction et le retour des résultats aux professionnels pour que ceux-ci soient utiles à leurs pratiques en classe.
Si les protocoles d’évaluation CP-CE1 ont été constamment présentés par la DGESCO et la DEPP comme des outils au service des enseignant-es, nous souhaitons qu’ils le soient vraiment et qu’ils ne soient plus instrumentalisés à des fins d’évaluation des performances du système, de mesure de l’«efficacité&nbsp» d’une politique ou de rémunération au mérite. Nous, organisations syndicales et mouvements pédagogiques signataires sommes à votre disposition pour travailler ces questions avec vous, en nous appuyant sur l’expertise des enseignants. 

Paris, le 14 septembre 2019

Les signataires

Francette Popineau, co-secrétaire générale du SNUipp-FSU
Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT
Norbert Trichard, secrétaire général du Snudi-FO
Patrick Désiré, secrétaire général de l’UNSEN-CGT Éduc’action
Isabelle Lardon, co-secrétaire générale du GFEN
Catherine Chabrun, vice-présidente de ICEM-pédagogoie Freinet
Roseline Prieur, présidente du CRAP – Cahiers pédagogiques.

Écologie : le ministre se met au vert

jeu, 12/09/2019 - 12:00

Suffit-il à Jean-Michel Banquer de faire sa conférence de presse de rentrée dans le jardin du ministère, devant «&nbspun platane multi-séculaire&nbsp» pour faire croire à sa métamorphose écologique ? Il en faudra plus. D'autant que ses huit recommandations de rentrée dans le domaine, dont la moitié ne concernent pas le primaire, sont très en-deçà des enjeux environnementaux actuels.

Une circulaire de rentrée y'a qu'à

Le jour même de la conférence de presse, une circulaire EDD est parue au B.O avec le double objectif de développer l’EDD à travers l’engagement individuel des élèves et personnels de l’EN et de faire des 60 000 établissements scolaires des lieux d’exemplarité en matière de protection de l’environnement. Huit mesures sont déclinées pour développer de «&nbspbonnes pratiques&nbsp» à mettre en œuvre dès l’année scolaire 2019-2020. Elles ne concernent pas toutes l’école primaire.

La première mesure consiste à mener au sein de l’école une «&nbspaction pérenne en faveur de la biodiversité » : nichoir, ruche, «&nbsphôtel à insectes&nbsp», jardin ou potager bio etc. Elle est supposée être effective «&nbspavant la fin de l’année 2019&nbsp». Cette mesure est complétée par la mise en œuvre systématique du tri des déchets et la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les cantines. Ces mesures supposent l’implication des collectivités territoriales et la recherche de partenariats associatifs.
L’élection d'éco-délégués dans chaque classe ne concerne que le second degré mais pourraient faire des émules au primaire. Leur rôle consiste à «&nbsppromouvoir les comportements respectueux de l’environnement dans la classe&nbsp». Dans la série «&nbspje motive les classes&nbsp», le ministre place également un concours annuel école verte et entend généraliser le label E3D (école en démarche globale de développement durable) créé en 2013. Un peu court donc pour faire de l'école un lieu de développement durable.
Et que ce volontarisme ne devienne pas de l'autoritarisme : les mesures annoncées doivent se faire dans le respect des actions pédagogiques en cours dans les écoles, avec en appui une authentique politique de formation et des moyens alloués aux équipes.

Vers une modification des programmes

L'article 9 de la loi Blanquer a évolué en cours de route parlementaire pour indiquer que «&nbspl'éducation à l'environnement et au développement durable débute dès l'école primaire. Elle a pour objectif de sensibiliser les enfants aux enjeux environnementaux et à la transition écologique. Elle permet la transmission et l’acquisition des connaissances et des savoirs relatifs à la nature, à la nécessité de préserver la biodiversité, à la compréhension et à l’évaluation de l’impact des activités humaines sur les ressources naturelles et à la lutte contre le réchauffement climatique. &nbsp»

Dans cette optique, le Conseil supérieur des programmes est saisi depuis juin pour renforcer le traitement de ces questions dans les programmes de l’école et du collège. Des actions de formation initiale et continue sont annoncées mais concernent pour l'instant surtout les formateurs et formatrices et le second degré.

il est difficile pour le SNUipp-FSU de voir dans toutes ces annonces autre chose qu’un opportuniste exercice de communication politique. Centré sur les «&nbspfondamentaux&nbsp», le ministre avait jusqu'ici passé sous silence dans ses ajustements de programmes, guides oranges et autres circulaires les autres apprentissages, dont l'EDD. Maintenant qu'il repeint en vert les volets de sa politique éducative, la question se pose des moyens alloués pour atteindre les objectifs, de l'accompagnement des équipes et de l'articulation entre les écoles, collectivités et autres partenaires. Car, face au défi environnemental qui se pose mondialement, l'école a sa part, certes, mais elle ne peut pas faire tout. Elle ne peut pas faire seule non plus. à l'état aussi de «&nbsps'engager » dans l'isolation thermique des bâtiments, l'équipement en mobilier et fournitures durables ou encore des cantines bio. « Un peuple de colibris&nbsp» ne suffira pas... 

Faire décoller le référendum

mer, 11/09/2019 - 17:15

Ouvrir « le débat sur le service public aéroportuaire&nbsp» tel est le but de la coordination nationale réunissant dans leur diversité syndicats, associations, partis politiques, qui se sont mobilisés tout l’été, partout en France, pour soutenir la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aéroports de Paris. Les signatures doivent être réunies avant mars 2020 pour obtenir un référendum d’initiative citoyenne.

Pour signer : https://www.referendum.interieur.gouv.fr

Une cause nationale

La bataille qui s’engage concerne la société toute entière&nbsp» a communiqué de son côté la FSU, «&nbspune bataille pour la démocratie car il va revenir à toutes et tous de pouvoir décider si un référendum est organisé&nbsp». Et pour reprendre les propos de Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT Aéroport de Paris, «&nbspADP est un bien commun appartenant à tous les Français. Une entreprise unique qui rassemble concepteur, bâtisseur, mainteneur et exploitant d’aéroport et dont il s’agit de préserver les compétences ». Une vente des bijoux de famille qui serait comme bon nombre de commentateurs le rappellent bien loin de rapporter autant que les revenus actuels, dégagés annuellement.

Préserver les services publics et l’environnement

C’est dans le même temps une bataille contre les privatisations, pour la préservation et le développement des biens communs et pour les services publics qui s’engage. Un combat qui s’inscrit également dans un contexte d’urgence environnementale et de transition écologique. Car rien ne serait pire que laisser les clefs du transport aérien aux intérêts privés pour conduire les adaptations nécessaires. 

Signer, faire signer

Un sujet qui mérite donc, loin s’en faut, de sortir sa pièce d’identité avant de se rendre sur le site officiel chargé de récupérer les soutiens.

Elles se prénommaient Séverine, Nadia, Hajer…

mer, 11/09/2019 - 15:21

La secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes prend enfin des initiatives sur le sujet des violences faites aux femmes et organise un Grenelle des violences conjugales le 3 septembre. Avec 101 féminicides recensés depuis le début de l’année au 21 Août par le collectif Féminicides par compagnon ou ex, l’attentisme devenait insupportable. Le terme de féminicide, entré dans le Larousse en 2015, rappelle qu’il ne s’agit pas de faits divers régionaux mais d’une problématique nationale où les femmes sont assassinées, pour la plupart, lorsqu’elles veulent quitter leur compagnon qui les préfère mortes que libres. 

Ces derniers mois les initiatives se sont multipliées: tribune d’avocats ou de 150 sénateurs, pétition «&nbspElles se prénommaient…&nbsp», rassemblement de familles de victimes, mobilisations d’associations féministes, toutes appellent à considérer ces violences structurelles comme une urgence. 

Les mesures attendues sont fortes : places en hébergements d’urgence, mise en œuvre réelle des moyens législatifs existants, formation des personnels de lois et policiers, soutien financier aux associations … Le Grenelle devra dépasser les constats ou les campagnes de sensibilisation pour une mise en place de mesures concrètes et de moyens humains et financiers à la hauteur. 

ISAE pour les DACS : première victoire

mer, 11/09/2019 - 10:59

C’est un premier succès. En juin 2019, s’appuyant sur les arguments du SNUipp-FSU, le tribunal administratif de Lyon a enjoint l’inspection académique de l’Ain à verser l’ISAE à un directeur adjoint de SEGPA, et ce, à compter du premier septembre 2017.
Et si le ministère de l’Éducation nationale a fait appel de ce jugement, cela n’a pas empêché l’inspection académique de l’Ain de verser l’intégralité de l’ISAE à ce directeur. Un signe qui pourrait être annonciateur d’une victoire pour tout le monde et qui conforte le SNUipp-FSU dans son exigence d’un versement de cette indemnité pour l’ensemble des personnels chargés de direction en SEGPA.

Encore un effort

Depuis la création de l’ISAE, le SNUipp-FSU n’a cessé de revendiquer son attribution pour tous les personnels exerçant en SEGPA. En 2017, il obtenait une modification du texte réglementaire précisant que «l’attribution de cette indemnité [soit] liée à l’exercice effectif des fonctions enseignantes et de direction y ouvrant droit, en particulier au suivi individuel et à l’évaluation pédagogique des élèves, au travail en équipe et au dialogue avec les familles». Les DACS restaient pourtant inexplicablement exclus de cette revalorisation.
Depuis, avec l’aide du syndicat, des dizaines de directrices et de directeurs de SEGPA ont engagé des procédures auprès des tribunaux administratifs, une campagne qui permet de maintenir la pression sur la rue de Grenelle. Le SNUipp-FSU invite donc les DACS qui n’auraient pas encore déposé leur recours à s’emparer sans tarder de la démarche qu’il a mis à leur disposition.
Les sections départementales du syndicat sont à leur disposition pour les accompagner.

Regards sur l’éducation : la France mal classée

mar, 10/09/2019 - 10:45

C’est un tableau peu reluisant pour la France qu'établit une nouvelle fois la comparaison des données internationales sur les différents systèmes éducatifs. La France reste parmi les mauvais élèves des pays de l’OCDE, notamment s'agissant de son investissement budgétaire dans l'école, le salaire de ses enseignantes et de ses enseignants ou encore les effectifs dans les classes.

Un investissement au ralenti 

Si l’investissement de la France dans l’éducation a augmenté, il s’est fait à un rythme moins soutenu que celui de l’ensemble des dépenses publiques. C’est une donnée importante pour évaluer l’importance accordée dans les différents budgets nationaux aux questions d’éducation. Les dépenses par élève restent plus élevées en France que dans la moyenne de l’OCDE dans l’enseignement secondaire mais ce n’est toujours pas le cas dans l’élémentaire. La France dépense l'équivalent de 7 600 dollars pour un élève en élémentaire contre 8 500 pour la moyenne des pays comparables. Ces dépenses ont de plus très peu évolué depuis 2010 avec une augmentation de 1% contre 5% en moyenne dans l’OCDE.

Un salaire des PE peu revalorisé...

Malgré une légère hausse entre 2015 et 2018, le salaire statutaire des enseignantes et des enseignants des écoles françaises reste inférieur à celui de la moyenne des pays de l’OCDE. En début de carrière, les PE perçoivent l'équivalent de 30 872 dollars contre 33 058 pour leurs homologues des autres pays membres de l'organisation. Un écart qui se creuse en milieu de carrière, avec respectivement 37 700 et 45 947 dollars. 

... pour un temps de travail supérieur

Le temps d'enseignement en revanche, est plus lourd en France qu'ailleurs. Les PE dispensent 900 heures de classe à leurs élèves quand leurs homologues y consacrent 783 dans les autres pays de l'OCDE.

Des effectifs toujours élevés

En maternelle, le rapport établit une moyenne de 23 élèves par enseignant et enseignante en France contre 16 élèves pour la moyenne des pays de l’OCDE. Un écart un peu moindre en élémentaire avec 24 élèves de moyenne dans les classes française contre 21 élèves dans les autres pays. Des écarts qui restent donc importants et ce, malgré la baisse du nombre d’enfants de 3 à 5 ans depuis 2014. Une situation qui a pu conduire à la mise en place des classes dédoublées en CP et CE1 en REP et REP+, mais qui ne fera guère évoluer la moyenne si la mesure se poursuit au détriment des effectifs des autres classes.

Ce rapport vient une nouvelle fois confirmer le sous-investissement chronique de la France en matière d’éducation au regard de celui dans les pays comparables. Une situation qui doit impérativement évoluer pour à la fois rendre plus attractif le métier de PE et avancer sur la question des effectifs, cruciale pour améliorer la réussite scolaire.

La retraite : c’est pour quand ?

ven, 06/09/2019 - 04:16
Un système par points

Annoncé pour 2025, le rapport prévoit de remplacer l’ensemble des régimes actuels par un régime universel à points dans lequel «&nbspchaque euro cotisé ouvrira les mêmes droits&nbsp». Les cotisations seront transformées en points, cumulés tout au long de la carrière. Les points acquis seraient portés sur un compte individuel et leur prix d’acquisition revu chaque année en fonction de l’évolution du salaire moyen. La nouveauté c’est que l’entièreté des primes et indemnités seraient prises en compte pour acheter ces fameux points. La quasi-totalité des salarié·es seront perdant·es, notamment les fonctionnaires et particulièrement les PE qui ne touchent quasiment pas de primes. Dans le régime général, c’est l’ensemble de la carrière qui serait prise en compte y compris les années à faible revenu ou sans revenu (maladie, chômage, études, stage…). Dans la Fonction Publique, la renonciation aux six derniers mois nie le principe de carrières ascendantes avec de faibles salaires en début de carrière. Cela touchera particulièrement les femmes.
De plus, comme la règle mise en avant par le gouvernement est de ne pas accroitre la part de richesses consacrée au financement des retraites alors que le nombre de retraité·es va augmenter, le montant moyen des retraites va fortement baisser.

Pour quel montant de retraite ?

 Au moment du départ en retraite, le montant de la pension est calculé en multipliant le nombre de points acquis par la valeur de service du point, valeur pouvant être revue et ajustée continuellement par les gouvernements. Il n’y a donc plus de notion de carrière complète garantissant un taux de remplacement ou un taux plein. Il sera quasiment impossible d’avoir une visibilité́ sur la pension future. Par contre ce système, prenant en compte toute la carrière au lieu des 25 meilleures années pour le régime général ou des 6 derniers mois pour la fonction publique, ne peut que faire baisser le niveau des pensions. Il intègre en effet les plus mauvaises années de la carrière dans le calcul de la pension, alors qu’elles en sont éliminées actuellement. 

Et au fait, à quel âge ?

62 ans, 64 ans, mise en place d’un âge pivot ? Rien n’est arrêté sur l’âge du départ en retraite notamment suite aux déclarations du Président de la république qui souhaiterait que l’on évoque plutôt la durée de cotisation qu’un âge dit d’équilibre. Si on part à la retraite à 62 ans, une décote de 10% sur le montant de la pension s’appliquerait pour inciter à travailler plus longtemps. Si le système projeté évoque un «&nbsplibre choix de départ&nbsp» il sera de fait extrêmement contraint par le montant des droits acquis et le maintien d’un système de décote (en cas de trimestres manquants comme cela se fait déjà ou en référence lié à un âge pivot, 64 ans en l’occurrence).

Un calendrier pour la réforme ?

Le calendrier retenu par le gouvernement n’est pas facile à déterminer et cela montre à quel point le sujet est épineux et s’avère potentiellement dangereux pour le gouvernement dans une année qui sera marquée par les élections municipales. Après une année de discussion et la publication d’un premier rapport le gouvernement a décidé de poursuivre la concertation jusqu’en décembre. Celle-ci sera essentiellement organisée sur une plateforme internet dédiée à partir de questions et de points précis du rapport Delevoye.

Le SNUipp avec la FSU alerte sur une probable baisse généralisée et drastique d’une majorité des pensions dès lors que l’objectif affiché du nouveau système est de bloquer le financement des retraites à son niveau actuel alors même que le nombre de retraités va augmenter. Le syndicat continuera de défendre l’intérêt collectif et celui en particulier des enseignants et enseignantes des écoles. Il débattra avec tous les personnels sur ce projet de réforme du système des retraites afin de faire valoir et de porter ses revendications. Enfin, il les engagera à intervenir et à se mobiliser pour défendre leurs droits à une retraite de haut niveau. 

Université d'automne du 18 au 20 octobre

mer, 04/09/2019 - 12:00

Moment fort annuel de rencontre et d'échange entre la profession enseignante et la recherche, l'Université d'automne du SNUipp-FSU tient sa 19e édition les 18, 19 et 20 octobre prochains à Port-Leucate dans l'Aude. 

Inscriptions

Les places sont parties vite mercredi : une liste complémentaire est ouverte pour offrir une chance de participer à cette 19e édition.

L'Université d'automne, dite aussi UDA, permet d’aborder, dans un cadre agréable au bord de la Méditerranée, les grandes questions éducatives qui traversent le métier. Pas moins de 25 interventions sont prévues. Parmi elles :
Marie-Aleth Grard d’ATD Quart Monde abordera l’impact de la pauvreté sur les familles et l’école. L’historien Benoît Falaize viendra avec des enseignantes et enseignants de l’ouvrage Territoires vivants de la République témoigner des projets d’éducation morale et civique menés dans ces écoles. La lecture sera au centre de la conférence d'éveline Charmeux. Véronique Boiron échangera sur la maternelle et la place du langage ou encore Sylvain Connac sur la coopération entre élèves. L'historien Claude Lelièvre sera le grand témoin.

Ces conférences seront suivies par plus de 400 enseignantes et enseignants, en charge de classe, mais également des formatrices et formateurs, venus de la France entière. 

Il sera possible de suivre les plénières en live sur notre page Facebook , le fil Twitter et un numéro spécial de Fenêtres sur cours  de 100 pages réunira interviews et reportages pour chaque sujet de conférence : #udasnuipp

Vidéo de présentation

Concours « Et soudain un monde merveilleux ! »

mar, 03/09/2019 - 18:51

« Et si notre monde devenait tout à coup étonnant, extravagant, bizarre, fantastique...&nbsp» voilà de quoi inspirer toutes les classes, dès la maternelle, qui souhaitent participer au concours annuel de création plastique et littéraire du SNUipp-FSU et de ses partenaires. Un projet au long cours source de plaisir, de surprises et à la clé :  une semaine en classe de découverte à gagner et de nombreux autres lots.

Chaque classe est invitée à se saisir d'un élément de son environnement proche et à le réinventer, en imaginant un événement déclencheur, une métamorphose. Quelques graines de magie, un soupçon de créatures extraordinaires et l'aventure sera en marche.

Inscriptions jusqu'au 20 octobre

Les inscriptions se feront en ligne du lundi 9 septembre jusqu'au dimanche 20 octobre inclus ici :

Elles auront jusqu'au dimanche 15 mars 2020 minuit pour envoyer leurs œuvres au SNUipp-FSU - Jeu concours «&nbspEt soudain un monde merveilleux !&nbsp» 128 bd Blanqui, 75013 Paris.
Les œuvres numériques seront à envoyer par voie postale sur des clés USB ou par Internet à l'adresse mail concours-snuipp@snuipp.fr

Un jury composé de chaque partie prenante organisatrice se réunira et le palmarès sera rendu public lundi 30 mars. En soutien au travail des élèves et leurs enseignantes et enseignants, des ressources pédagogiques seront mises en ligne progressivement sur le site de la Bibliothèque nationale de France. Des visites guidées de l'exposition «&nbspà la découverte du monde merveilleux de J.R.R Tolkien&nbsp» seront également possibles du CP au CM2. 

Du nouveau sur les rendez-vous de carrière

mar, 03/09/2019 - 16:51

Trois rendez-vous de carrière, aux 6e et 8e échelon et dans la deuxième année du 9e échelon ont été instaurés pour apprécier la «&nbspvaleur professionnelle&nbsp» des enseignantes et enseignants, des personnels d’éducation et des psychologues de l’Éducation nationale. Pour les PE, ils consistent en une visite en classe suivie d’un entretien. Tous les personnels concernés doivent être informés individuellement de la programmation de ce rendez-vous avant le début des vacances d’été pour l’année scolaire à venir.

Un arrêté publié au J.O du 6 juillet 2019 modifie plusieurs modalités de ce dispositif.

- Premier changement, le délai de notification de la date du rendez-vous de carrière est raccourci, passant d’un mois à quinze jours (sans toutefois pouvoir être compris dans une période de vacances).
- Deuxième changement, une fois le compte rendu communiqué à la personne intéressée, celle-ci n’a plus que quinze jours au lieu de trois semaines pour formuler d’éventuelles observations écrites.

Notification et recours

La notification de l’appréciation finale de l’IA-DASEN reste fixée dans un délai de deux semaines après la rentrée scolaire suivante. Cette notification a lieu au plus tard le 15 octobre pour les personnels qui, en raison de leur situation particulière, ont bénéficié d’un rendez-vous après la période initiale prévue.
Les modalités de recours restent quant à elles inchangées : une révision de son appréciation finale de l’IA-DASEN peut être demandée dans un délai de trente jours francs suivant sa notification. En cas de réponse défavorable ou d’absence de réponse dans un délai de trente jours, on peut alors saisir la CAPD «&nbsprecours&nbsp» dans un nouveau délai de trente jours.

Contacter le SNUipp-FSU de son département

Trop longues vacances ?

mar, 03/09/2019 - 12:17

Selon une enquête Eurydice de 2018, les élèves de l’Hexagone partent plus tard en vacances que la plupart de leurs camarades des autres pays, la majorité finissant l’école en juin pour reprendre en septembre.
Avec huit semaines, les vacances estivales françaises sont aussi plus courtes que la moyenne. Le choix français de courtes vacances régulières dans l’année, qui n’est pas commun à tous les pays, peut en partie expliquer cette différence.
Le ministre de l’Éducation nationale, qui, comme l’a confirmé le Conseil constitutionnel, a toute liberté pour modifier la durée et l’organisation des vacances scolaires, devra compter sur cette réalité.

Durée en semaines des congés d’été dans 28 pays européens

Se former pendant les vacances ?

mar, 03/09/2019 - 11:57

Qu’il s’agisse de la quantité ou de la qualité, la formation continue des enseignantes et enseignants reste en-deçà des attentes. Pourtant, selon le référentiel de compétences des professeurs et personnels de l’éducation, les enseignants et enseignantes doivent être capables de « s’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel ». Plus précisément, selon le BO du 18 juillet 2013, la ou le professeur des écoles « met à jour ses connaissances disciplinaires, didactiques et pédagogiques » et « est capable de faire une analyse critique de son travail. » Mais ces aptitudes semblent principalement relever d’une démarche personnelle plus que d’une volonté institutionnelle.

Faible quota horaire

En effet, le nombre d’heures allouées à la formation continue s’est érodé pour se limiter très souvent aux 18 heures d’animations pédagogiques. Les plans départementaux de formation se centrent aujourd’hui quasi exclusivement sur les stages statutaires, à public désigné, tels que la direction d’école, l’enseignement spécialisé (la préparation au CAPPEI), les débuts de carrière ou l’éducation prioritaire. Quand ils ne sont pas annulés faute de remplacement. Selon un rapport de l’IGEN de 2017, 80% des PE ne bénéficient d’aucune formation remplacée sur l’année.

Sollicitée et décevante

Et le constat n’est pas plus brillant qualitativement. 70% des personnels interrogés dans le cadre de ce rapport se disaient insatisfaits de l’offre de formation comme de l’amélioration de leur compétence professionnelle. La dernière enquête TALIS vient confirmer ce désastreux bilan. Basés sur les témoignages enseignants, les résultats de l’enquête 2018, publiés en juin dernier, alertent sur le sentiment d’insatisfaction concernant la formation. En effet, seulement 16% expriment un avis positif vis-à-vis de la qualité de la formation, contre un tiers dans les autres pays européens. 55% déclarent avoir suivi une formation à la prise en compte des élèves à besoins particuliers, alors que le besoin est exprimé. Il est vrai que ces 18 heures obligatoires étaient jugées par l’inspection générale elle-même, dans le rapport de 2017, trop descendantes et prescriptives. « Majoritairement utilisée comme outils de pilotage des réformes ou comme réponse à des priorités nationales, la formation n’est pas perçue par le professeur comme construite pour lui ». Depuis 2018, les notes envoyées aux recteurs pour cadrer encore davantage les animations pédagogiques et en recentrant leur quasi-totalité sur les maths et le français, aggravent cet état de fait. La volonté de prescrire les pratiques perpétue l’éloignement entre la formation continue et les attentes du terrain, mais aussi avec l’ambition de lutter contre les inégalités d’apprentissage. Loin de s’attacher au cœur de la classe, de donner à connaître divers champs de réflexion et de penser collectivement le métier, ce qu’il reste de la formation tend à soumettre les PE à l’application d’une seule forme de recherche. Or, les enjeux d’une école émancipatrice, pour toutes et tous, nécessitent une formation créant des ponts entre les divers domaines de recherche, l’évolution des savoirs, le travail réel, les gestes professionnels et osant interroger la question des finalités.

Formation pendant les vacances ?

Institué en 1972, le droit à la formation accordait un crédit de 36 semaines sur la carrière d’un instituteur ou d’une institutrice et instaurait la Brigade de formation continue permettant la formation sur le temps de classe.
Puis le temps des contraintes budgétaires a supprimé ces postes spécifiques et les possibilités de stages choisis se sont dissoutes.

En juin, pour restaurer un temps de formation continue au-delà des simples 18 heures visant à promouvoir ses ajustements de programmes, le ministère a proposé un décret instaurant la formation continue obligatoire pendant les congés. Cinq journées sont ainsi prévues sur les vacances, sans plus de précision, ni de date, ni de délais d’information préalable. Organisées «&nbspà l’initiative de l’autorité compétente&nbsp», ces formations feraient l’objet d’une rémunération journalière de 120 € bruts. Refusé unanimement par les syndicats lors d’une première instance ministérielle, le décret a été représenté à l’identique lors d’une seconde commission et il est paru en septembre. Pour le SNUipp-FSU, c’est un nouvel allongement du temps de travail inacceptable. Les enseignants et enseignantes travaillent déjà 11 jours en moyenne pendant les vacances pour corriger, préparer leur classe. La formation continue doit être choisie et se dérouler sur le temps de service.

3 questions à Maira Mamede, maîtresse de conférences en sociologie et co-autrice de Former pour lutter contre les inégalités (ENS éditions)

En quoi la formation continue peut-elle participer à l’adoption de pratiques réflexives ?

La pratique relève de l’action, alors que la réflexivité est un retour sur l’action, qui nécessite la mise en suspens des urgences du réel, comme le dirait Bourdieu. Elles seraient a priori antinomiques, mais cette tension est intéressante. Dans une salle de classe, se jouent une multitude de micro-événements et on ne peut pas réfléchir sur tout. La formation continue est l’occasion de se focaliser sur certaines dimensions, de les transformer en objets d’étude, pour gagner en compréhension et réinvestir l’action. C’est aussi la possibilité de continuer à apprendre. L’apprentissage est au cœur du métier pour l’enseignant également.

La formation a-t-elle pour mission d’œuvrer à la lutte contre les inégalités scolaires ?

Oui, elle devrait. Les enseignants ont besoin d’outils pour décortiquer ce qui se passe en classe, surtout les débutants qui se retrouvent là où les inégalités sont plus marquées. Les difficultés d’apprentissage sont aussi des difficultés d’enseignement, des difficultés que tous les professeurs rencontrent. L’institution leur demande d’ajuster les pratiques aux élèves, mais encore faut-il qu’ils puissent anticiper ces difficultés et c’est l’expérience qui permet de le faire, à condition de savoir les analyser. Pour cela, la recherche est une ressource essentielle. Autrement, on risque de faire le contraire et alors les inégalités se creusent.

À quelle condition cela est-il possible ?

La principale condition est que la formation ne soit pas une variable d’ajustement des postes, à pourvoir ou à remplacer. Aussi que la formation soit pensée de façon cohérente sur une temporalité plus longue car les pratiques sont durables. On doit pouvoir penser la formation, initiale et continue, comme une parenthèse hors des contraintes du réel, et une mise en perspective avec les apports de la recherche, sans perdre de vue l’amélioration des pratiques. Ce n’est qu’en comprenant les ressorts qu’on peut les améliorer ou transformer. Les gens ont des raisons de faire ce qu’ils font. Il est tout à fait légitime que les professeurs aient envie de savoir ce qu’ils y gagnent, en termes d’efficacité, et ce que ce changement leur demande.

Plus de maîtres : 1+1 > 2

mar, 03/09/2019 - 11:45

« Le dispositif «&nbspPlus de maîtres&nbsp» a profondément changé nos pratiques&nbsp», explique Daphné Pacitti, nommée sur un poste de PDM depuis trois ans à l’école Victor Hugo A de Clichy, dans les Hauts-de-Seine (92). Et c’est peu de le dire. Dans cette école élémentaire, de treize classes, non classée en réseau d’éducation prioritaire, elle est constamment sollicitée. Que cela soit en CP, en CE1, en CE2 mais aussi dans quelques classes de cycle 3 où elle intervient sur un projet de lecture offerte par les plus grands aux plus jeunes. «&nbspDepuis que nous avons eu le poste de PDM, on a appris à travailler tous ensemble. On s’est saisi du dispositif pour bouger les lignes, pour faire un pas de côté&nbsp», précise-t-elle. Un constat partagé par une grande majorité des écoles ayant bénéficié d’un maître +.

L’emploi du temps de Daphné laisse peu de place au répit, elle ne s’octroie aucune récréation. Elle débute sa journée à 8h30 avec des ateliers «&nbspcoup de pouce&nbsp», «&nbspmême si on sait que ce n’est pas vraiment le projet du PDM ». Elle réunit ainsi six élèves de CP ou CE1 selon les jours, trente minutes pour donner un petit coup de pouce en décodage-encodage à certains élèves qui en ont besoin. «&nbspOn fait cet atelier pour bien apprendre le son des lettres&nbsp», explique Souleyman, sept ans. 

Dans la classe de CP et CE1, c’est en ateliers qu’elle intervient : phonologie, résolutions de problèmes, langage, lecture, écriture… Des ateliers pensés et construits par Daphné et l’enseignante de la classe. Objectifs, Posture, outils de remédiations, évaluation font tous l’objet d’une réflexion commune. Pour Yvette Vaconsin, enseignante de CP depuis dix ans, l’arrivée du dispositif dans l’école a été l’opportunité qu’elle attendait depuis longtemps pour initier un travail en équipe plus élaboré. «&nbspJ’avais déjà pensé à organiser des ateliers, comme en maternelle, mais je n’arrivais pas à me lancer seule. Selon moi, un atelier dirigé quotidiennement permet de mieux connaître les élèves, de mieux comprendre comment ils fonctionnent. On parle doucement. Ils parlent plus, avec nous mais entre eux aussi, même les plus introvertis&nbsp». 

Revenir en arrière : impensable

Revenir en arrière est impensable pour cette enseignante qui sera bientôt à la retraite.
Dès 2014, l’école a bénéficié du dispositif. «&nbspL’équipe était assez inquiète car nous n’avions aucune salle de disponible. Le directeur d’alors était déjà persuadé des bienfaits de la co-intervention, il a su nous rassurer et a impulsé une dynamique de travail collectif autour du dispositif. Aujourd’hui, nous avons trois salles de libres mais nous n’imaginons pas un seul instant revenir sur notre organisation&nbsp». Deux PE dans la classe, cela ne s’improvise pas, cela nécessite énormément de travail de concertation entre les enseignants et enseignantes par niveau mais aussi avec chacun d’entre eux. La salle des maîtres devient ainsi un lieu de partages et d’échanges autour de la pédagogie. Les concertations, les récréations et les pauses déjeuner sont autant de moments où sont construites les séances d’apprentissages. Mais pas seulement, c’est aussi l’occasion de discuter des difficultés de tel ou tel élève. Car l’un des atouts de la co-intervention, c’est bien le regard croisé de deux PE sur les élèves. «&nbspNous sommes obligés de repenser chaque élève au regard de la perception du second enseignant. Quand on a une classe, on a bien souvent le nez dans le guidon. Le fait d’échanger avec le PDM permet de sortir du regard figé que l’on peut avoir » explique Yvette. D’ailleurs, Daphné participe à toutes les synthèses et est aussi présente aux réunions avec les parents. Lors des répartitions, son regard pèse beaucoup «&nbspquand je ne suis pas d’accord, ce qui arrive, cela nous oblige à recentrer le débat autour de l’élève, de ses difficultés mais aussi de ses réussites. Finalement, On oublie moins que ce sont des enfants avant d’être des élèves&nbsp». 

Mais le costume n’est pas toujours simple à porter, Daphné le reconnaît et ses prédécesseurs l’avaient préparée. «&nbspC’est parfois usant, car je n’arrête pas une minute. Je fais le lien avec tous les enseignants, je co-construis les séances d’apprentissage, je participe à toutes les réunions. Cela demande énormément de disponibilité mais aussi de flexibilité car malgré tout, le PDM doit s’adapter aux pratiques de chaque enseignant&nbsp». Le sachant, elle s’était engagée sur un cycle de trois ans, cette année scolaire sera sa dernière sur ce poste spécifique. «&nbspNotre école est aujourd’hui complètement ouverte avec énormément de décloisonnements. Travailler ensemble est naturel, même pour les enseignants et enseignantes qui sont arrivées en cours de route&nbsp». Aucun d’entre eux ne peut imaginer fonctionner différemment aujourd’hui. Ils espèrent donc que le dispositif sera reconduit, une espérance partagée dans toutes les écoles ayant la chance d’avoir encore un PDM. Mais aucune garantie, les annonces de la rue de Grenelle ne vont pas dans ce sens… 

Ressources d'accompagnement du dispositif par le centre Alain-Savary.

3 questions à Marie Toullec-Théry

maîtresse de conférences à l’université et à l’ESPÉ de Nantes

Qu’apportent, les «&nbspPlus de maîtres&nbsp» au collectif enseignant ?

Une recherche menée avec les 60 écoles de Loire-Atlantique impliquées dans le dispositif atteste que le PDM, réponse souple et flexible à leurs besoins, a suscité un travail collectif et un engouement des enseignantes et enseignants. Ils ont osé, à deux, des situations d’apprentissage plus complexes, ont parlé de pédagogie dans la salle des maîtres. D’abord polarisés sur les organisations, les équipes enseignantes ont ensuite donné priorité aux situations d’apprentissages. Elles ont alors ajusté leurs méthodes, leurs outils, leur programmation et défini des objectifs communs.

Est-ce que cela permet une meilleure réussite des élèves ?

Travailler à deux dans la classe permet de dispenser une réponse immédiate aux besoins des élèves, en les maintenant dans le collectif. Mais le danger serait d’instaurer un système parallèle où l’enseignant supplémentaire isolerait systématiquement un groupe d’élèves en difficulté. 

Une étude récente a montré que ce dispositif a un impact plus important sur la réussite des élèves que les dédoublements, qu'en pensez-vous ?

Le gouvernement a favorisé la réduction du nombre d’élèves par classe, pourtant le PDM était prometteur. La mise en place de gestes d’enseignements ancrés dans une différenciation pédagogique est fondamentale. Un dispositif remplace un autre, sans accorder le temps pour modifier les pratiques et en consolider de nouvelles.

Scolarisation des 3 ans : dérapage du ministre

lun, 02/09/2019 - 15:57

Cette affirmation du ministre de l’éducation nationale le 31 août sur les ondes de France Culture a de quoi faire réagir et a obligé bon nombre de journalistes à chercher dans les statistiques des données chiffrées permettant d’étayer cette parole. Mais, les faits sont têtus, il n’en est rien. En effet comme le montrent les études mises à jour annuellement par la DEPP, les filles sont aussi bien scolarisées que les garçons. Et parmi ceux et celles qui ne le sont pas (très minoritaires) on retrouve une proportion sexuée à l’image des taux de filles et garçons parmi les naissances.

Rétropédalage en règle 

Vivement interpellé, l’entourage de Jean-Michel Blanquer a dû ramer à contre-courant expliquant que les propos du ministre n’avaient pas valeur de statistiques mais qu’il souhaitait pointer la situation de certaines familles, dans certains quartiers, à certains endroits… Une information à peu près invérifiable donc mais qui surfe allègrement sur la peur entretenue dans l’espace public de la présence massive d’un fondamentalisme religieux qui sévirait dans les quartiers empêchant les petites filles d’aller à l’école.

Lire la note de la DEPP

Lire l'article du MondeL’erreur de Jean-Michel Blanquer sur les «&nbsppetites filles qui ne vont pas à l’école maternelle&nbsp»

Une mesure que la rue de Grenelle peine à justifier

Le dérapage du ministre pourrait aussi laisser penser qu’il a bien du mal à justifier une mesure qui n’aura de fait que très peu d’incidence sur le taux et les conditions de scolarisation et qui s’avère en revanche un véritable cadeau pour l’école privée sous contrat. Rappelons que dans les territoires les plus en difficulté avec la scolarisation des jeunes élèves, comme Mayotte ou la Guyane, les moyens ne sont déjà pas au rendez-vous pour scolariser pleinement les plus grands …

Des propos qui n’aident pas

Ce ne sont pas de telles paroles qui pourront aider les équipes dans les écoles à construire un lien de confiance et de proximité avec toutes les familles quand certaines d’entre elles sont ainsi pointées du doigt. Aussi, la rue de Grenelle aurait pu s’abstenir de prononcer des propos qui d’habitude ne dépassent pas le comptoir en zinc. à moins que, coûte que coûte, il soit indispensable de construire un écran de fumée pour mieux masquer les moyens insuffisants permettant de renforcer la scolarisation là où elle fait réellement défaut ou encore de permettre aux élèves d’âge maternel et à leurs enseignantes et enseignants de travailler dans de meilleures conditions.

Politique éducative : changer de cap

jeu, 29/08/2019 - 17:05

Ministre échaudé craint la chaude rentrée... après les mobilisations contre la loi Blanquer, le voilà tout sourire, se déclarant «&nbsple ministre des professeurs&nbsp» et de la concertation, recevant les organisations syndicales une à une. Le SNUipp-FSU a répondu à l'invitation. Objectif : porter la parole de la profession, ses préoccupations en cette rentrée 2019 et défendre son projet éducatif, synonyme de justice et d'égalité. Car le ministre de son côté, derrière un ton adouci, ne renonce à aucun aspect de sa politique pourtant décriée. Aucun engagement à réduire les inégalités. Aucune amélioration des conditions d’apprentissages des élèves et des conditions de travail des personnels, actant ainsi une cassure avec la communauté éducative.

La mobilisation a permis le retrait des EPLESF et de l'autorité hiérarchique des directeurs et directrices d'école sur leur équipe mais le reste de la loi Blanquer a été adopté cet été par le Parlement. Quant aux annonces présidentielles d'avril dernier : moratoire sur fermetures d’école sous le quinquennat, dédoublement des grandes sections d'éducation prioritaire, plafonnement général des effectifs à 24 de la GS au CE1, si elles vont dans le bon sens, elles nécessitent deux conditions : celle d’une dotation suffisante pour ne pas dégrader la situation des autres classes et celle d'une généralisation de la baisse des effectifs dans toutes les classes.

Baisser les effectifs dans toutes les classes

La question des effectifs de classe reste en effet l'une des préoccupations majeures de la profession. Or, les derniers chiffres officiels montrent une augmentation du nombre de classes de plus de 24 élèves l'année dernière, essentiellement à l'école élémentaire. Comment compte-t-il y parvenir ? En s'appuyant sur la baisse démographique, répond-il et avec des créations de postes stabilisées au même niveau. Mais année après année, les créations de la rentrée ne suffisent pas et le rural, la maternelle, les dispositifs «&nbspPlus de maîtres&nbsp» en paient le prix cette année encore. Pour le SNUipp-FSU, la dotation doit être suffisante pour que cette mesure ne soit pas payée par une augmentation des effectifs dans les autres classes. La baisse démographique ne suffira pas. Pour les dédoublements des grandes sections, le ministre reconnaît se heurter aux problèmes de locaux.

Revaloriser les salaires

Ce n'est qu'à l'occasion de la réforme des retraites qu'il a reconnu la nécessité de revaloriser les enseignantes et enseignants, notamment du premier degré. à grand renfort de médias, il a annoncé une augmentation de 300 euros annuels bruts en omettant de préciser qu'il s'agit là de la continuité de l'accord PPCR qui aurait dû être appliqué en  2019 et que cette augmentation sera de 0 à 30 euros nets par mois... Pas de quoi pavoiser ! Pour 2020, seul PPCR et la deuxième tranche de l'indemnité REP+ seront financés. Cela ne suffit pas à rattraper le retard du premier degré. Le SNUipp-FSU a rappelé le déclasssement salarial révélé par de nombreuses comparaisons internationales et l' urgence à répondre par des mesures concrètes pour l'ensemble des personnels : augmentation du point d'indice, revalorisation des grilles, doublement de l'ISAE...

Former les personnels

Un schéma directeur pluriannuel est prévu en matière de formation continue. Pour l'instant, seul un document de travail a été remis. La formation continue ne peut se réduire à un simple accompagnement des réformes. Elle est un enjeu fort, doit bénéficier à l'ensemble des enseignantes et enseignants, dans une optique de conception et d'évolution des pratiques.

Concernant les évaluations nationales, tout en notant des évolutions suite à ses interventions, le SNUipp-FSU a rappelé son opposition à la culture de l'évaluation, aux apprentissages réduits à de la mécanique et la nécessité de s'appuyer sur l'expertise des enseignants. Bien d'autres sujets ont été abordés : la formation initiale, l'inclusion, les mesures pour les élèves hautement perturbateurs, les RASED. Le SNUipp-FSU va rester très actif sur tous ces sujets afin que la professionnalité enseignante soit davantage prise en considération et de permettre à l'école de répondre aux défis qu'elle doit relever.

Climat, une question toujours plus brûlante

jeu, 29/08/2019 - 14:27

C’est une semaine mondiale dédiée au climat qui s’organise du 20 au 27 septembre avec une grève des jeunes le vendredi 20 septembre et des marches dans toute la France le 21. 

La question reste en effet brûlante. La prise de conscience, initiée par la jeunesse, s’étend à l’ensemble de la population. Mais côté gouvernements, l’action reste au point mort. Ce n’est pas le G7, réuni fin août à Biarritz, qui a failli à la règle. À peine quelques millions pour l’Amazonie. Un peu court quand on sait l’ampleur des dérèglements en cours : hausse accélérée de la température mondiale, disparition accrue d’espèces animales, et végétales, phénomènes climatiques inhabituels… 

C’est bien l’ensemble des modes de production comme de consommation qu’il faut modifier en faveur de la protection de la planète. Le SNUipp et la FSU, comme de nombreux enseignants et enseignantes, seront dans les cortèges cette semaine-là pour qu’une politique de transition écologique soit mise en place de toute urgence. Un préavis de grève court les 20, 21 et 24 septembre pour les personnels qui souhaiteraient utiliser cette modalité d'action, en plus des rassemblements, réunions, marches...

La liste des mobilisations

Pour trouver les mobilisations, c'est ici.

300 euros ? Une revalo format colibri

jeu, 29/08/2019 - 14:13
Le communiqué du SNUipp-FSU

Emporté par un ébouriffant élan de générosité, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé le 28 août à l’antenne d’une chaîne d’infos en continu que les enseignantes et les enseignants verront leur salaire annuel augmenter de «&nbsp300 euros en moyenne » en 2020. Une mesure prévue, mais pas mise en place par le précédent gouvernement, a-t-il précisé. Qu’en est-il exactement ?

Rappelons d’abord que c’est en effet sous le quinquennat précédent qu’avait été engagée une revalorisation des carrières et des rémunérations des fonctionnaires au travers de l’accord «&nbspPPCR&nbsp». Il ne s’agit donc en rien d’une mesure nouvelle.

De plus, dès son arrivée, le gouvernement actuel a gelé pour un an la mise en œuvre du protocole d’accord. C’est donc en janvier 2019 que cette augmentation d’«&nbspen moyenne 300 euros&nbsp» annuel aurait dû intervenir.

Précisons ensuite que cette augmentation est exprimée en brut. Concrètement, au 1er janvier 2020, le gain pour les enseignantes et les enseignants des écoles se situera entre 0 et 30 euros par mois en fonction de leur échelon. D’autant qu’à cette même date, l’augmentation de la cotisation retraite entraînera une ponction de 6 à 16 euros sur les feuilles de paye. Au final, une partie des PE verront donc leur salaire baisser.

Enfin, le gel du point d’indice depuis 2010 se traduit par une perte de pouvoir d’achat de l’ordre de 15%. Par ailleurs, l’Insee prévoit une inflation d’1,3% en 2020, ce qui annulera pour beaucoup cette faible revalorisation.

En clair, le salaire des enseignantes et des enseignants français restera toujours très loin derrière celui de leurs homologues des pays comparables. Il y a urgence à les revaloriser de façon conséquente.

«&nbspÀ l’Éducation nationale, nous sommes un peuple de colibris&nbsp», a lancé Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse de rentrée le mardi 27 août. Sans doute estime-t-il dès lors que la revalorisation doit être proportionnée à la taille du volatile…

Paris, le 29 août 2019

Évaluations nationales : rebelote mais sans atout

jeu, 29/08/2019 - 12:21

La persistance d’un dispositif d’une année sur l’autre n’est pas gage de sagacité. La preuve avec le maintien, par un ministre sourd aux critiques, des évaluations CP et CE1. 

Jugées chronophages, fastidieuses, anxiogènes, mal adaptées ou inutiles par les enseignantes et enseignants des écoles, comme le soulignait l’enquête du SNUipp-FSU réalisée l’an dernier. Ces tests ont montré que les élèves pouvaient progresser. Belle découverte ! En revanche, ils visent à encadrer les pratiques enseignantes et étriquent les apprentissages puisqu'ils n'évaluent que des compétences instrumentales et contrôlables (lire l'analyse détaillée ici). Des pressions inédites se sont exercées sur les enseignantes et enseignants qui refusaient de les faire passer ou de remonter les résultats. 

De toutes petites évolutions depuis l'an dernier

La protestation de l'an dernier a tout de même produit quelques effets : les évaluations n'ont pas été généralisées aux autres niveaux de classe, les temps de passation ont été réduits et l'outil de restitution aux familles a été revu. Pour autant l'objectif de ces tests reste le même. Enfin, cette année encore, le ministère a reconduit la récupération de 5 h d'APC pour les personnels concernés par leur passation. 

Pilotage par les résultats

Ce dispositif risque d’entraîner une pédagogie de bachotage, individualisante avec un étiquetage précoce des élèves. Associé à l’accumulation de guides et de réajustements des programmes, il renforce une logique de pilotage par les résultats. Les évaluations orientent l’enseignement vers une application de protocoles basés sur la répétition et des démarches frontales, excluant le sens. Le SNUipp-FSU propose de montrer le désaccord de la profession au travers de modalités variées, de la non-passation à des aménagements. 

Dans ce cadre, il prépare tout un panel d'actions et d'outils à destination de la profession afin de l'aider dans ses choix. Cela passera par des réunions d'information syndicale, mais aussi la publication de 4 pages, l'édition de vidéos de décryptage, des outils à destination des familles également. Un observatoire de la liberté pédagogique et de la liberté d'expression afin que la profession puisse témoigner de la réalité du terrain : difficultés et réussites !

Décryptage vidéo des évaluations 2019

à lire la publication spéciale du SNUipp-FSU, «&nbspévaluations : où nous conduisent-elles ?&nbsp»

Courrier commun au ministre

Une rentrée 2019 sous tension

lun, 26/08/2019 - 12:00

Une vingtaine de journalistes des plus grands médias nationaux au rendez-vous, toutes les questions éducatives passées en revue : le SNUipp-FSU a une nouvelle fois créé l'événement à cette rentrée pour sa conférence de presse annuelle lundi 26 août matin. 

Car cette rentrée scolaire est celle de la mise en application de la loi Blanquer, tant contestée jusqu'en juin par la communauté éducative. «&nbspEn quoi va-t-elle changer le quotidien des écoles ? Elle n'apporte aucune amélioration sur les effectifs, la formation, les salaires…&nbsp» a commencé le SNUipp-FSU, «&nbspIl n'y a rien qui permette aux élèves de mieux réussir. Une fois qu'on aura mis le poster des drapeaux, les difficultés seront les mêmes !&nbsp» 

Les difficultés pour la profession au quotidien, ce sont les effectifs qui restent chargés dans plus de 104 000 classes. Bien sûr, des CP et CE1 sont dédoublés en éducation prioritaire et cela pourrait débuter pour la grande section dans ces zones en difficulté mais seulement là où cela est possible et une nouvelle fois en prenant des postes ailleurs. «&nbspPour assurer la poursuite des dédoublements à la rentrée, il faudrait 2 253 postes et en l'absence de dotation suffisante, ils seront pris une nouvelle fois sur les dispositifs Plus de maîtres qui subsistaient, la maternelle, le rural... »
Autres préoccupations sur le terrain : les salaires «&nbspqui restent toujours les plus bas de la Fonction publique mais aussi de la moyenne  des pays comparables de l'OCDE&nbsp», la scolarisation des élèves en situation de handicap dans de bonnes conditions avec un réel accompagnement : «&nbspun métier statutaire, rémunéré à la hauteur&nbsp». Demeure aussi le besoin de formation, initiale et continue : «&nbsple projet gouvernemental ne résout pas les problèmes posés : reculer le concours, ce n'est pas améliorer la formation.&nbsp». Enfin, ont également été abordées les questions autour de la maternelle et les aménagements (rentrée échelonnée des 3 ans) rendus difficiles par la loi Blanquer, les inquiétudes autour de la réforme des retraites et des évaluations nationales que le gouvernement compte toujours imposer aux enseignantes et enseignants des CP et CE1, sans avoir la preuve d'un quelconque intérêt pour les équipes enseignantes et leurs élèves.

Le dossier de presse complet