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Prendre soin de la rentrée

jeu, 20/08/2020 - 15:39

Avec une évolution inquiétante de la circulation du virus, le syndicat réclame que le protocole sanitaire soit de nouveau revu et que les personnels des écoles puissent avoir le temps nécessaire pour organiser sa mise en place.

La lettre au ministre 

Monsieur le Ministre,

L’enjeu posé à l’école en cette rentrée est bien d’assurer l’accueil de tous les élèves tout en contribuant à protéger toute la population en respectant les conditions sanitaires qui s’imposent dans les écoles. Le retour à l’école primaire de près de 6 millions d’enfants et de plus d’un demi-million d’adultes ne doit pas augmenter la circulation du virus dans l’ensemble de la société.

L’évolution inquiétante de la situation sanitaire corrélée aux connaissances scientifiques sur la charge virale et la contagiosité des enfants oblige à prendre des mesures fortes, tant sanitaires et pédagogiques, pour que cette rentrée scolaire hors norme se passe au mieux. 

Le protocole sanitaire ministériel révisé et allégé en juillet est à rebours complet du renforcement des mesures sanitaires dans l’espace public et les milieux professionnels face à l’accélération de la circulation du covid en cette fin d’été. Il ne permet pas de garantir la santé des personnels et des élèves. Il s’agit de le revoir en profondeur en imposant le non- brassage des groupes d’élèves permettant une « quarantaine » du groupe dès suspicion de contagion, sans attendre les résultats des tests PCR et sans devoir fermer l’ensemble de l’école. Pour prévenir la transmission par aérosol, il s’agit de rendre possible l’aération régulière des locaux, en engageant si nécessaire des travaux, sans oublier la désinfection fréquente des locaux et des équipements. Pour l’ensemble des adultes présents dans les écoles, il faut également suivre les recommandations du Haut conseil de santé publique qui préconise le port du masque dans tous les milieux clos publics et privés collectifs.

Le plan de continuité pédagogique prévoit deux organisations pédagogiques différenciées, allégement des effectifs accueillis ou retour à l’école en distanciel, en cas de circulation plus ou moins active du virus. Pour qu’il puisse être mis en œuvre efficacement, les équipes enseignantes doivent pouvoir se l’approprier pour le décliner localement dans chaque école. Pour cela, elles doivent bénéficier de temps pour se préparer collectivement à tout type de scénario. C’est pourquoi nous demandons à nouveau de décaler la rentrée des élèves.

Ces premières exigences, bien qu’elles soient indispensables, ne peuvent répondre à elles seules à l’ensemble des nombreuses questions posées par cette rentrée dans les écoles. Elles doivent s’accompagner également de réponses pédagogiques, avec l’annulation des évaluations nationales standardisées prévues dès le 14 septembre et la liberté laissée aux équipes d’utiliser les outils qui leur sembleront les plus pertinents pour savoir où en sont leurs élèves. La priorité est bien de redonner confiance aux élèves, de recréer une dynamique collective d’apprentissage, de construire du sens et pas d’imposer des évaluations sommatives qui apparaissent cette année encore plus hors-sol.
Il s’agira également d’inclure l’éducation dans le plan d’urgence gouvernemental et de lui donner ainsi davantage de moyens pour endiguer les inégalités mises en exergue durant le confinement et aggravées par la politique éducative menée.

Si chaque rentrée est essentielle pour les élèves, les familles et les personnels, celle- ci l’est encore davantage en cette période hors norme. Nous avons à cœur qu’elle soit réussie. C’est pourquoi il faut agir sans plus tarder.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

Solidaires avec le Liban

jeu, 06/08/2020 - 11:24

Alors que le Liban subit depuis des mois une crise politique, économique, sociale et sanitaire sans précédent, l’explosion qui vient de détruire le port de Beyrouth et les quartiers alentours est une nouvelle catastrophe pour le pays. L’urgence est au soutien des victimes aujourd’hui totalement démunies. Un soutien qui doit pouvoir s’adresser à toutes et tous, au-delà des appartenances communautaires.
C’est pourquoi Solidarité Laïque, ONG de développement dont le SNUipp-FSU est membre, lance un appel à dons pour dans un premier temps aider au relogement des victimes, leur fournir des colis de première nécessité, des kits alimentaires et d’hygiène. L’association laïque libanaise Tadamoun Wa Tamia, partenaire de Solidarité laïque sur place depuis plus de 30 ans en assurera la distribution.

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Direction : une porte s’entrouvre ?

ven, 03/07/2020 - 14:16

C’est par une série d’annonces faites jeudi 2 juillet, aux organisations syndicales puis directement par vidéo à la profession que le ministère a enfin rouvert les discussions sur la direction d’école. Dès septembre, se mettrait en place un nouvel agenda social avec la création de trois groupes de travail pour aborder l’évolution de la règle de calcul des décharges, la revalorisation et la délégation de compétences. Des premières mesures seront présentées aux organisations syndicales lundi 6 juillet. Une circulaire devrait être publiée dans les jours qui viennent pour formaliser ces premières annonces. D’ores et déjà le ministère a annoncé que les équipes obtiendraient la liberté de l’utilisation des 108 h dès cette rentrée, sans préciser s'il y incluait ou non les animations pédagogiques. 

Aide administrative 

Le ministère envisage trois pistes : l’augmentation du nombre de services civiques qui passerait de 9000 à 13000, la possibilité de s’appuyer sur les assistants d’éducation (AED) en préprofessionnalisation et enfin le lancement d’un plan de recrutement d’apprentis postbac spécialisés dans l’aide administrative. Si la nécessité d’une aide humaine au fonctionnement de l’école est une forte demande des directrices et directeurs d’école, les mesures annoncées n’y répondent pas vraiment. L’absence de formation et la durée des contrats très courts des services civiques ou l’inadéquation des missions des AED avec une quelconque aide administrative risquent de donner davantage de travail d’accompagnement aux équipes que de gains de temps en retour. Une discussion sur la mobilisation d’apprentis pourrait par contre s’entendre mais dans le cadre de la création d’un nouveau métier statutaire au sein de la Fonction publique… Tout reste à faire.

Décharges d’enseignement

Jean-Michel Blanquer a annoncé que de nouvelles règles d’attribution des décharges intégrant les spécificités des écoles, en particulier en matière d’inclusion scolaire seraient élaborées pour la rentrée 2021. Pour l’heure, aucune annonce d’évolution sur les seuils alors qu’il y a urgence. Les représentants du SNUipp-FSU ont pu rappeler que toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, devraient a minima pouvoir bénéficier d’une journée hebdomadaire.

Allègement des tâches administratives

Le ministre annonce la mise en place d’un calendrier des enquêtes demandées aux écoles et qu’il est disposé à réfléchir à un observatoire de l’allègement des tâches. Mais c’est un peu l’arlésienne des discussions sur la direction d’école depuis de nombreuses années, car ce n’est pas la première fois que de telles promesses sont prononcées de la rue de Grenelle. Les groupes de travail départementaux sur la direction d’école ont souvent accouché d’une souris et pas sûr que ceux annoncés cette fois à l’image des groupes Blanchet dans le 2nd degré puissent permettront de réelles avancées. Bien sûr les représentants du SNUipp-FSU y prendront toutes leur place afin de faire avancer ce dossier. 

Reconnaissance salariale

Le ministre a annoncé l’octroi d’une indemnité exceptionnelle aux directeurs et directrices pour reconnaître leur engagement dans la crise du Covid-19 d’ici à la fin de l’année. Une juste reconnaissance mais qui ne doit pas occulter l’engagement de tous les personnels en la période qui ont su faire preuve de réactivité et d’inventivité avec leurs propres moyens. Aussi, au-delà d’une reconnaissance propre aux missions de la direction il s’agit de ne pas oublier la nécessaire revalorisation attendue par toute la profession.

Formation annuelle

Le ministère annonce deux jours de formation annuelle pour les directeurs et directrices. C’est un premier pas mais il reste du chemin à parcourir pour mettre en œuvre une véritable formation initiale et continue, afin de répondre à l’ensemble des besoins et à l’évolution des missions.

Le SNUipp-FSU qui avait réclamé la réouverture des discussions avec le ministère ne peut que se satisfaire que celui-ci entrouvre enfin la porte. Le syndicat sera exigeant pour obtenir des mesures concrètes répondant aux besoins revendiqués et à une véritable reconnaissance de la fonction et des missions des directrices et directeurs d’école.

Une rentrée mal évaluée

ven, 03/07/2020 - 11:47

Le 26 juin dernier, le ministère a présenté aux organisations syndicales le contenu des évaluations nationales pour la rentrée 2020. Aucun changement n’est prévu, ni sur la forme, ni sur le fond. Alors que 75% des enseignants indiquent qu’elles n’apportent aucune information supplémentaire, selon une note de la Depp publiée en avril 2020, les évaluations nationales restent obligatoires et seront à faire passer à partir du 14 septembre. Un statut quo qui interroge au regard de cette rentrée hors norme qu’effectueront les élèves et les équipes enseignantes. 

En effet, après plusieurs mois sans école, tous les élèves devraient retrouver le chemin des classes à cette rentrée de septembre. Mais pour la rue de Grenelle, l’école du jour d’après ressemble étrangement à celle d’avant, sans prendre véritablement en compte la situation que l’école vient de traverser. A l’inverse de voisins européens comme la Belgique où les évaluations sommatives ne sont à organiser « en aucun cas », et qui laisse toute latitude aux établissements scolaires pour identifier difficultés et retards d'apprentissage « par les moyens qu'ils jugent adéquats », en France il en est va encore une fois tout autrement.

A qui servent ces évaluations ? Quelle image vont-elles renvoyer aux élèves et aux familles ? Qu’est ce qui sera réellement évalué ? Des compétences qui n’auront pas été enseignées ? Le travail des parents ?

À cette rentrée, les équipes enseignantes ont besoin qu’on leur fasse confiance. Et c’est une demande unanime de l’ensemble des organisations syndicales, celle de laisser libre les équipes d’utiliser les outils qui leur sembleront les plus pertinents pour savoir où en sont leurs élèves. La priorité est bien de redonner confiance aux élèves, de recréer une dynamique collective d’apprentissage, de construire du sens et pas d’imposer des évaluations sommatives qui apparaissent cette année encore plus hors-sol. 

Le Communiqué commun

Une rentrée mal évaluée !

Vendredi 26 juin, les organisations syndicales des 1er et 2nd degrés ont été reçues par le ministère pour présenter les grands principes des évaluations nationales standardisées CP, CE1 , 6ème, 2nde et CAP de la rentrée 2020

Pour tous les autres niveaux des banques de tests de positionnement seront mises à disposition. L’ensemble permettrait alors de proposer aux élèves des dispositifs de soutien individualisés.

Ces évaluations nationales standardisées font craindre la multiplication des dispositifs de remédiation trop individualisés, une vision normée des apprentissages et des formes pédagogiques basées sur les entraînements mécaniques, la répétition et l’automatisation qui ne permettent pas d’accéder à la compréhension.

Après des mois d’isolement, de déstabilisation, les élèves ont d’abord besoin que soient recréées des dynamiques pédagogiques collectives et de retrouver confiance. Les enseignants ont d’abord besoin qu’on fasse confiance à leur professionnalité, pour, dans le cadre de leur liberté pédagogique, mettre en œuvre les situations d’apprentissages et construire leurs outils en fonction des besoins. Les équipes auront surtout besoin qu’on leur donne du temps pour adapter leurs progressions et programmations au regard de cette rentrée hors norme.

Elles demandent donc au ministre de l’Education nationale que les outils d’évaluation soient mis à disposition des équipes sans être imposés et que les besoins statistiques de connaissance du système éducatif soient réalisés sur échantillons.

De plus, les organisations syndicales, Se Unsa, Sgen Cfdt, Snes-FSU, SNUep-FSU, SNUipp-FSU et UNSEN CGT éduc’action, exigent que le ministère donne d’autres signes de préparation de cette rentrée 2020 qui ne ressemble à aucune autre et y assortisse les moyens nécessaires pour lutter contre les inégalités mises en lumière pendant le confinement.

Cette rentrée doit être préparée en anticipant plusieurs scénarii en faisant confiance aux personnels, en leur donnant le temps et les moyens nécessaires, et en s’appuyant sur leur expertise et leur professionnalisme.

Non, les évaluations nationales standardisées et autres tests ne peuvent être l’alpha et l’oméga de la rentrée 2020.

Paris le 3 juillet 2020

Bonnes vacances

ven, 03/07/2020 - 07:03

Après la crise sanitaire, qui va payer ?

jeu, 02/07/2020 - 11:11

Le covid 19 a lourdement frappé les plus âgés avec plus de 90 % des décès en EHPAD, à l’hôpital ou à domicile. Or, on commence déjà à entendre une petite musique disant qu’il serait juste que les retraités participent à l’effort de réduction de la dette creusée par la crise sanitaire.
En réduisant leur pension par exemple, au nom d’une solidarité bien comprise avec les actifs.
Le « groupe des 9 », qui réunit syndicats et associations de retraités, s’en est ému, soulignant que « La reprise de l'économie ne peut se faire sans une relance de la demande intérieure à laquelle les retraités participeront si on leur redonne confiance et les moyens d’y participer. » Ce qui implique « non pas une diminution mais une augmentation des salaires et des pensions. »

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Lire le communiqué du groupe des 9
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De son côté, une étude de la DRESS pointe deux nouveautés inquiétantes qui battent en brèche quelques idées reçues complaisamment distillées dans certains médias. Les pensions ont baissé en 2018 et l’espérance de vie à la retraite a baissé, pour la première fois, à partir de la génération 1951.

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Le tableau sur l’évolution du montant des pensions
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Le tableau sur l’évolution de l’espérance de vie à la retraite
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Ils sont où, les privilégiés ?

Régulièrement qualifiés de "nantis", les retraités ont pourtant déjà subi d’importants reculs de leur pouvoir d’achat. Ils n’accepteront pas de voir leur pension une nouvelle fois dégradée et leur retraite moins heureuse.
Avec la FSU et les organisations rassemblées dans la plateforme de sortie de crise Plus jamais ça, ils ont bien l'intention de s'y  opposer. Pourquoi ? Pas par égoïsme ou inconscience des difficultés. Juste parce que la solidarité n'est pas une valeur à géométrie variable. Parce que la fiscalité ne met pas aujourd'hui à contribution les plus grandes fortunes, parce que des aides massives sont distribuées sans contrôle ni contreparties à de très grandes entreprises et que les dividendes aux actionnaires continuent d’être versés rubis sur l’ongle, parce que la fraude fiscale mine encore et toujours les recettes de l’État. Alors elle est où l’injustice ? Et elle est où la nécessaire solidarité ? Vous avez dit "justice sociale" ?

Des moyens pour réussir

mer, 01/07/2020 - 16:04
Le communiqué du SNUipp-FSU Ecole primaire, des moyens pour réussir !


A l’heure où la crise sanitaire a fait toute la lumière sur la réalité de certains services publics dont le fonctionnement a été fragilisé par des coupes budgétaires et des suppressions de postes, l’École doit aussi être réinterrogée au regard des objectifs qui lui sont assignés. Faire le constat d’un service public d’éducation qui ne réussit pas à réduire les inégalités scolaires et à faire réussir tous les élèves n’est utile que s’il sert à engager durablement la transformation de l’École.

Sur la base d’une enquête conduite dans les départements, le SNUipp-FSU peut d’ores et déjà affirmer que la rentrée 2020 de Jean Michel Blanquer n’offrira pas de nouvelles perspectives et ne permettra pas de relever les défis qui s’imposent à l’école primaire. Les mesures ministérielles, insuffisamment financées, comme les priorités de moyens accordés de façon non uniforme à certains territoires, contribuent à creuser davantage les inégalités entre les départements. Elles se font surtout au prix fort de la suppression de postes pourtant essentiels au bon fonctionnement des écoles, comme les postes de remplaçants, de « plus de maîtres que de classes » et de RASED.

L’école a pourtant besoin d’un tout autre niveau d’engagement ! C’est la raison pour laquelle le SNUipp-FSU a décidé d’opposer sa propre rentrée à celle du ministre, celle de l’école du « jour d’après ». Elle repose sur un chiffrage des moyens indispensables dont l’école a besoin pour combattre les inégalités que la crise sanitaire a mises en lumière.

Pour abaisser les effectifs dans toutes les classes, pour assurer la continuité du service public d’éducation, c’est plus de 90 000 postes qu’il faut créer dans le premier degré. À l’heure des plans de relance pour l’économie, des coups de pouce budgétaires à destination de certains secteurs, l’éducation a toute sa place sur l’échiquier car c’est aussi sur elle que se fondera le « monde d’après ».

Le SNUipp-FSU exige des moyens pour faire réussir l’école primaire, largement sous-investie par rapport aux autres pays de l’OCDE.

Paris, le 1er juillet 2020

Une loi certes, mais tout reste à faire

jeu, 25/06/2020 - 19:04
La lettre au Ministre :

 Monsieur le Ministre,

Suite à la consultation des directeurs et directrices que vous avez lancée en novembre dernier, vous avez inscrit à l’agenda social ministériel le sujet de la direction d’école. La première réunion qui s’est tenue le 14 janvier dernier pour faire l’un état des lieux des tâches accomplies par ces personnels n’a pas été suivie d’effet. Les réunions suivantes sur le temps de travail et la revalorisation n’ont jamais vu le jour.

Nationalement, le dossier de la direction d’école a donc été mis en sommeil bien avant le confinement. Localement, les comités de suivi qui ont été lancés dans les départements sont restés une coquille vide.

Le dialogue social, à peine amorcé, a été interrompu. Aucune mesure ne s’est concrétisée, ni dans l’urgence sur l’allègement des taches et la formation, ni pour la rentrée 2020 avec une augmentation du régime de décharges et une revalorisation salarial.

La crise sanitaire n’empêchait pas une poursuite des discussions avec les organisations syndicales représentatives d’autant qu’elle a été révélatrice, une nouvelle fois, de la nécessité de reconnaître la fonction et les missions des directrices et directeurs. Il est donc urgent d’agir pour améliorer leurs conditions de travail mais aussi le fonctionnement de l’école.

Le 12 mai dernier, le dépôt d’une proposition de loi a court circuité le dialogue social qui aurait dû reprendre au niveau ministériel. Hier comme aujourd’hui, le SNUipp-FSU s’interroge sur la pertinence de cette loi pour répondre aux besoins et préoccupations exprimés.

L'emploi fonctionnel, inadapté à la spécificité de l’école primaire et qui aurait bouleversé son fonctionnement, comme nous l’avions démontré aux députés, a disparu de la proposition de loi. Le SNUipp-FSU s’en félicite. Cependant, même amenuisée par l’inscription d’une « non-autorité hiérarchique sur les enseignants », « la délégation de compétences de l’autorité académique » inscrite dans la loi, fait courir le risque d’une posture hiérarchique refusée par les équipes dans les écoles.

Par ailleurs, aucune réponse concrète n’est apportée par cette loi aux exigences de la profession.

Alors que le processus législatif est encore en cours, vous avez annoncé ce 24 juin à l’Assemblée Nationale que des mesures réglementaires seront prises d’ici deux semaines. Votre conception du rôle du Parlement rejoint celle du dialogue social. Alors qu’il n’est plus à démontrer combien le ministère est déconnecté du terrain, une fois de plus, vous envisagez de décider seul.

Nous exigeons une reprise des discussions avec les représentants des personnels sur les mesures à prendre pour améliorer dès maintenant les conditions de travail des directrices et directeurs et ainsi répondre aux besoins revendiqués et confirmés par la consultation que vous aviez lancée l’hiver dernier :

● une augmentation des décharges pour toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, sans missions supplémentaires en contrepartie. Chaque école devant a minima bénéficier d’une journée hebdomadaire ;
● une aide humaine au fonctionnement de l’école pérenne pour toutes les écoles, et financée par l’Etat ;
● un allégement des tâches qui ne peut en aucun cas se limiter à la seule rédaction des PPMS ;
● une revalorisation salariale de la fonction qui doit s’accompagner d’un rattrapage salarial pour tous les personnels ;
● une formation initiale et continue à la hauteur des besoins. 

Près d’un an après le suicide de Christine Renon, et après deux mois d’extrême sollicitation des directeurs et directrices d’école, il serait inconcevable qu’aucune mesure significative ne soit mise en œuvre dès la rentrée 2020.

Veuillez croire, M. le ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Et soudain...un monde merveilleux

mer, 24/06/2020 - 15:21

Le thème aura stimulé les imaginations des classes participantes au concours organisé  avec la BnF et de nombreux autres partenaires. Seulement voilà, l’école a été chamboulée et les conditions sanitaires n’auront pas permis au jury de se réunir afin de dresser son palmarès.

Pourtant, de nombreuses œuvres sont parvenues au siège du SNUipp-FSU et comme chaque année, ce fut un régal de les découvrir et de les mettre en scène pour alimenter une exposition virtuelle. Une occasion de flâner dans les mondes merveilleux qu’ont su construire les classes participantes.

Florilège

Direction : pas à n’importe quel prix

mar, 23/06/2020 - 10:49

L’Assemblée nationale étudie actuellement une proposition de loi créant une « fonction de directeur d’école » qui risque de modifier en profondeur le fonctionnement des écoles publiques françaises.

Les mobilisations du printemps dernier contre la loi « pour une école de la confiance » ont écarté le statut de chef d’établissement. Par ailleurs, la consultation ministérielle a confirmé le rejet massif du statut. Sous couvert de plus d’autonomie accordée aux écoles, cette proposition de loi, si elle était adoptée, conduirait à des responsabilités accrues du directeur et de la directrice d’école et abimerait les collectifs de travail.

Si la reconnaissance de la fonction de direction est indispensable, cette proposition de loi franchit deux lignes rouges : l’emploi fonctionnel et la délégation d’autorité qui impliquent un profilage du poste, plus de prérogatives aux dépens du conseil des maîtres et davantage de pressions hiérarchiques. Elle conduirait à un transfert d’autorité de l’IEN vers le directeur ou la directrice d’école. Le flou persiste sur le cadre des missions qui apparaissent extensibles comme sur les conséquences concrètes de l’exercice de cette ”autorité”.

Même si l’obligation de mobilité et la notion de “feuille de route” ne figurent plus dans la proposition de loi suite aux premières initiatives du SNUipp-FSU, les deux lignes rouges subsistent et bouleverseraient fortement le fonctionnement des écoles.

La proposition de loi évoque au fil du texte des revendications largement partagées par les enseignantes et les enseignants mais sans les concrétiser ou en les soumettant à des contreparties.

S’il y a une véritable urgence à répondre aux besoins exprimés sur la direction et le fonctionnement de l’école cela ne peut se faire à n’importe quel prix !

Le SNUipp-FSU revendique :

une augmentation des décharges mais pour toutes les écoles publiques du pays, quelle que soit leur taille, et sans missions supplémentaires en contrepartie ;

une aide humaine au fonctionnement de l’école mais là aussi pour toutes les écoles et non en fonction de la richesse ou du choix des communes ;

un allégement des tâches mais qui ne peut en aucun cas se limiter à la seule rédaction des PPMS ;

une revalorisation salariale de la fonction mais explicite, clairement inscrite dans les articles de la loi et s’accompagnant d’un rattrapage salarial de tous les personnels enseignants.

Cette proposition de loi ne répond pas à ces urgences.
Mobilisons-nous toutes et tous ensemble pour imposer une réouverture du chantier ministériel et obtenir des réponses concrètes.
C’est le sens de la pétition unitaire et des premières mobilisations le mercredi 24 juin, jour du vote en première lecture de cette proposition de loi à l’Assemblée nationale.

Direction : nul besoin d'emploi fonctionnel

lun, 22/06/2020 - 06:07
Signer la pétition 

Direction d'école : la carotte et le bâton

sam, 20/06/2020 - 18:38

L’engagement des directrices et directeurs d’écoles dans la gestion de la crise du Covid 19 était une occasion à ne pas manquer. Éjectée par la porte à l’occasion du débat sur la loi « pour une école de la confiance », l’obsession de donner un statut hiérarchique à la direction revient par la « fenêtre de tir » parlementaire du groupe LREM.

Les organisations syndicales CGT-Educ’action, SNUipp-FSU, Sud-éducation et SNUDI-FO lancent une pétition en ligne pour rappeler qu’il n’est nul besoin d'une loi ou d’emploi fonctionnel pour répondre aux revendications des personnels.

Maligne, la rédaction de la proposition de loi ne fait pas mention d’un statut au sens strict du terme. Mais les précautions de vocabulaire et les promesses d’amélioration des conditions de travail n’y changent rien, c’est bien d’une caporalisation de la fonction qu’il s’agit cette fois encore.
À première vue, plusieurs points sembleraient répondre aux revendications exprimées par la profession comme la décharge totale pour les écoles de huit classes. Mais l’augmentation du temps de décharge se double de missions supplémentaires ajoutées en contrepartie et oublie les 75% d’écoles de moins de huit classes. Et la fin des APC pour les directeurs et directrices d’école ne répond pas à la demande de gestion autonome des 108 heures et à la fin des contrôles systématiques. Du temps et de la sérénité au final, il n’y en aura pas pour toutes et tous.
Sur le sujet de la rémunération, une augmentation de la « bonification indemnitaire » est présentée dans l’exposé des motifs mais ne figure dans aucun article de la proposition de loi. Elle ne suffirait pas, par ailleurs, à rattraper le retard accumulé par rapport aux homologues européens. Quant à la formation, rien n'est précisé dans le projet sauf qu'elle devrait précéder et conditionner la demande d’accès à cette fonction par liste d’aptitude.
Pour ce qui est de l’allègement des tâches et des responsabilités, il n’est question que du PPMS et de la suppression des élections des représentants des parents d’élèves en cas de liste unique. Des propositions qui sont loin de suffire, tant l'accumulation de tâches chronophages et inutiles est importante. Quant aux emplois d’aide à la direction, la proposition de loi les renvoie au bon vouloir et aux moyens des collectivités locales.

Quelles contreparties ?

Ces quelques avancées en trompe l'œil ne sont pas sans contreparties. En effet, alors que seuls 8 à 11% des directeurs et directrices étaient favorables à un statut, selon les propres résultats de la consultation ministérielle, la question d'un supérieur hiérarchique à l'école revient par la fenêtre avec le projet de les nommer sur des « emplois fonctionnels ».
Nommés par les DASEN d’après une liste d’aptitude pour une durée déterminée, les directeurs et directrices entérineraient les décisions prises par le conseil d’école, les mettraient en œuvre et seraient décisionnaires lors des débats organisés pour assurer le bon fonctionnement de l'école sur le plan pédagogique comme sur celui de la vie de l'école. Délégataire de l’autorité académique, la direction d’école s’inscrirait donc dans une chaîne hiérarchique.

Pour le SNUipp-FSU, Cette proposition de loi apparaît comme une brique supplémentaire de la structuration d’une toute autre école que celle portée par la profession fondée sur le travail d'équipe entre pairs. Cette volonté du gouvernement d’installer dans le premier degré un fonctionnement similaire au second degré ne répond pas aux besoins de l'école.

Du temps, pour réussir la rentrée !

sam, 20/06/2020 - 13:55
le communiqué du SNUipp-FSU  Du temps, pour réussir la rentrée !

3 jours ! C’est le temps qu’il a fallu pour rendre un protocole avec une nouvelle unité de mesure, le « presqu’un mètre », sans que cela soit toutefois conforme au décret !

Cela n’est qu’un exemple de plus de l’impréparation et de l’improvisation du ministère durant la période : aucune anticipation de la fermeture des écoles, aucune préparation à l’enseignement à distance, improvisation totale sur les dates de reprise avec des protocoles arrivant tardivement et demandant des amé