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Fédération Syndicale Unitaire, première organisation syndicale de la fonction publique d'Etat : éducation, recherche, culture, formation, insertion...
Mis à jour : il y a 5 sec

Colloque Éducation prioritaire – 2 octobre 2019

mer, 02/10/2019 - 18:35

La FSU organise ce colloque parce que c'est un enjeu négligé par le Ministre de l'Éducation nationale mais pour la FSU c'est une priorité. Aujourd'hui nous en reposons tous les enjeux et nous interpellons publiquement le Ministre sur l'urgence à prendre les mesures nécessaires pour permettre à l'éducation prioritaire de jouer tout son rôle.

Dans une société où les inégalités ne cessent de se creuser, qu'il s'agisse de l'emploi, du logement, des transports, de la culture, de la lutte contre les inégalités scolaires… les politiques d'éducation prioritaire mises en place depuis des décennies visent à permettre, par des moyens différenciés, d'assurer l'égalité.

L'enjeu de l'éducation prioritaire est celui de l'accessibilité de toutes et tous aux savoirs et à la culture commune, avec des ambitions et des exigences identiques partout sur le territoire. Cela nécessite l'engagement de moyens, dans une logique compensatoire de ressources spécifiques, pour mieux assurer les missions d'enseignement et d'éducation, pour mieux former et accompagner les personnels. Et tout cela, de la maternelle au lycée. La finalité d'une telle politique pour la FSU est l'égalité d'accès à l'éducation et aux poursuites d'études. Nous ne pourrions nous contenter des parcours d'excellences et des réussites singulières de quelques élèves … c'est toutes et tous qui doivent accéder aux savoirs et aux qualifications.
Malgré les insuffisances, cette politique est indispensable car que serait la situation de nombreux jeunes aujourd'hui sans l'éducation prioritaire ?

Mais la démocratisation de la réussite scolaire nécessite une justice sociale qui ne caractérise pas les politiques actuellement mises en œuvre. Les volontés de transformation annoncées par le Ministre de l'Éducation ou proposées par le rapport Mathiot-Azéma sont loin d'être rassurantes pour la FSU. Ainsi, la fin de la labellisation, dans le contexte d'une politique de restriction budgétaire, aurait des conséquences très défavorables. A défaut d'être « sanctuarisés » par la labellisation, les moyens seront répartis de façon très inégalitaire selon les établissements, et à court terme, ils se dissoudront au gré de la définition successive d'autres priorités. La revalorisation de l'indemnisation des personnels est concentrée sur les REP+ mais ailleurs, la revalorisation promise pendant la campagne présidentielle reste lettre morte. Quant à la territorialisation, comment ne pas craindre qu'elle s'asservisse aux enjeux politiques locaux, au mépris de critères transparents d'attribution ? Enfin la mise en place des cités éducatives risque de mettre à mal le cadre national des politiques éducatives et l'équité territoriale, sans accorder aux apprentissages scolaires la place centrale nécessaire pour démocratiser la réussite des élèves.
La FSU estime qu'il est grand temps de remettre la question de l'Éducation prioritaire au cœur des discussions et des politiques à mettre en œuvre sans plus tarder. L'urgence est la préoccupation que nous avons des élèves les plus éloignés de l'éducation, du rapport des classes populaires à l'École, le souci de la réussite des élèves défavorisés.

C'est le sens du colloque qu'elle a organisé aujourd'hui.
La FSU porte particulièrement 2 axes pour assurer comme il se doit la réussite de tous les jeunes scolarisés en éducation prioritaire :

  • Axe 1 : Accompagner mieux les personnels dans leurs métiers
    • Du temps pour mener le travail en équipe (pédagogique, pluriprofessionnelle)
    • Développer et améliorer la formation initiale et continue
    • Rompre avec un management autoritaire et injonctif et favoriser un travail serein avec la hiérarchie, l'institution, la recherche et permettre aussi une mutualisation du travail des personnels
    • Donner des moyens supplémentaires en personnels pour réussir l'inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers
  • Axe 2 : Donner les moyens nécessaires
    • Réduire les effectifs des classes et non pas que dans certaines classes,
    • Établissement d'une carte de l'Éducation Prioritaire qui réponde à des critères transparents (économiques, sociaux et scolaires) établie au plan national.
    • Il s'agit aussi d'engager un travail sur la sectorisation qui permette une meilleure mixité sociale. Cette carte doit inclure les écoles (notamment « orphelines ») et les établissements (collèges et lycées) qui en relèvent. La FSU demande la réunion de tous les établissements « Éducation prioritaire » sous un label unique. Elle revendique qu'y soit inclus les lycées (professionnels, généraux et technologiques y compris agricoles et maritimes)
    • Un ensemble de mesures tant dans le domaine des moyens que de la rémunération pour renforcer l'attractivité des REP y compris chez des collègues expérimentés.
    • L'appui des collectivités territoriales est essentiel par exemple pour faciliter l'accès des enfants et des jeunes à la culture, mais les organisations partenariales doivent respecter les champs d'intervention, les missions et les compétences de chacun.

C'est tout cela que la FSU va continuer de porter et revendiquer. Elle va le faire avec l'ensemble des personnels.

Ce colloque est un témoignage de son engagement pour que l'éducation prioritaire permette réellement la réussite de tous les élèves qui y sont scolarisés.

Ces travaux seront prolongés par des États généraux de l'éducation prioritaire que la FSU organisera au début de l'année 2020.

Les Lilas, le 02 octobre 2019

Lubrizol : l'urgence des réponses

mar, 01/10/2019 - 15:21

À la suite de l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, le gouvernement a vainement tenté de rassurer la population. Pour l'heure, il est difficile de savoir quelles seront les véritables conséquences de cet accident.

L'inquiétude de la population, rouennaise et au-delà, est bien légitime. Les autorités publiques, le gouvernement et les responsables de la société Lubrizol doivent répondre à toutes les questions qui se posent : nature de la pollution, risques pour la santé, précaution à prendre… et exiger de l'entreprise Lubrizol la publication des produits présents sur le site.

Il faudra aussi tirer le bilan des dysfonctionnements réels qui ont eu lieu (retards d'information, chaîne de diffusion des informations, cellule médicale…).

Dans une période où les préoccupations environnementales sont si fortes, cet accident rappelle que bien des questions ne sont pas réglées et restent insuffisamment concertés. C'est le cas de l'implantation des entreprises industrielles et dangereuses, des dispositifs d'information à la population, des dispositions de précaution, des moyens alloués et du contrôle par les services publics des sites potentiellement dangereux afin de mieux protéger les populations et les salarié·es.
Les agent-es de la Fonction publique sont particulièrement exposé·es à tous les niveaux : enseignant·es, pompiers, agent·es territoriaux chargé·es du nettoyage… C'est pour mieux les défendre que la FSU porte dans les CHSCT l'obligation de leur protection.

Cet accident appelle à organiser de manière urgente le débat permettant de passer à un modèle de production moins polluant et moins dangereux pour la population comme pour l'environnement.

Autant de questions que la FSU, avec sa section syndicale de Seine Maritime, posent aujourd'hui aux autorités et au gouvernement.

La FSU appelle les citoyen·nes à se saisir de ces débats. Elle soutient toutes les initiatives locales organisées en ce sens.

Les Lilas, 1er octobre 2019

Suicide de Christine Renon : hommage de la FSU

mar, 01/10/2019 - 13:33

La FSU présente ses condoléances à la famille et aux proches de Christine Renon. Elle apporte tout son soutien aux personnels touchés par ce drame.

L'émotion est immense dans l'ensemble de la communauté éducative. Cet acte de notre collègue pose aussi beaucoup de questions sur les conditions de travail des enseignant·es, des directeurs et directrices d'école et plus généralement des personnels présents au quotidien dans les écoles et les établissements, sur la perte de sens des métiers. Des sujets sur lesquels la FSU alerte depuis longtemps que ce soit dans l'Éducation nationale, notamment par des alertes au CHSCT-MEN sur les réformes en cours, comme dans toute la Fonction publique.

Le ministère de l'Éducation nationale doit prendre toute la mesure de la situation et apporter son soutien aux agent·es. Des réponses doivent être rapidement apportées pour entendre la souffrance au travail des personnels, garantir un meilleur fonctionnement de l'École, la santé, la sécurité et le bien-être au travail de l'ensemble de ses personnels de l'Éducation nationale.

La FSU appelle les personnels à s'associer aux hommages en l'honneur de Christine Renon, en particulier le 3 octobre prochain et soutient toutes les initiatives dans la recherche de l'unité la plus large.

Les Lilas, 1er octobre 2019

Retraites : toutes et tous concernés et mobilisés !

mar, 01/10/2019 - 11:50

Les organisations syndicales (CGT, FO, FSU, MNL, Solidaires, UNEF, UNL) réunies ce 30 septembre s'opposent au projet de régime de retraite par points voulu par le gouvernement qui a le double objectif de réduire les pensions et de repousser l'âge de départ à la retraite.

Elles sont déterminées à défendre un système de retraite par répartition solidaire et intergénérationnel et de conforter et améliorer les dispositions du système actuel et ses régimes pour garantir un haut niveau de pensions à toutes et tous. Il s'agit que nul ne soit pénalisé du fait des difficultés rencontrées au long de la vie active. Personne ne serait épargné par cette réforme, particulièrement les femmes plus souvent confrontées aux carrières interrompues, à la précarité et aux bas salaires. Les jeunes subiraient encore d'avantage les effets de cette dernière qui s'appliquerait sur la totalité de leur vie professionnelle.

Les organisations syndicales appellent en conséquence les salariés du privé comme du public, les jeunes, les privés d'emploi, les retraités à prendre part aux réunions d'informations et de débats organisées par les syndicats et à se mobiliser.

En ce sens elles affirment la nécessité de réaliser une unité d'action syndicale la plus large et de construire des propositions alternatives à cette réforme.

Elles proposent de mettre en discussion la perspective d'une action de grève interprofessionnelle pouvant s'appuyer sur les appels lancés.

Souffrance au travail

lun, 30/09/2019 - 20:13

Faudra-t-il que les suicides se multiplient pour que la question de la souffrance au travail devienne un objet légitime de préoccupation ministérielle ? Pourtant les analyses sont là, et la FSU y a largement contribué, qui montrent combien la dégradation des conditions de travail affecte de plus en plus gravement l'ensemble des personnels de l'Éducation nationale.

Mais comment pourrait-il en être autrement quand la complexité croissante des missions s'accompagne d'une réduction constante des moyens. Subrepticement, les tâches supplémentaires s'ajoutent les unes aux autres. Et c'est par attachement aux finalités du service public d'éducation, que les agent.es cherchent à les assumer au prix d'une dégradation des conditions de travail qui finit par les épuiser. Parfois, c'est même pour répondre aux missions les plus élémentaires que les agent.es se trouvent contraints d'en faire toujours plus.
Mais la question est loin de n'être que quantitative. Les obsessions du contrôle, de la rentabilité budgétaire, de la normalisation enjoignent des consignes dont il n'est plus perceptible qu'elles obéissent aux perspectives d'un meilleur fonctionnement du système ou aux valeurs de l'intérêt général. C'est le sens même du travail qui se perd. C'est ce que nous explique Christine Renon, dans la lettre qu'elle nous adresse avant de se donner la mort : travailler toute la journée, sans cesse et au-delà des limites réglementaires du temps de travail… et le soir, ne plus trop savoir à quoi va servir tout ce que l'on a fait. La stratégie autoritariste tente parfois de suppléer à ce manque de sens par une exigence d'obéissance vécue par les agent.es comme illégitime et injuste et dégradant davantage le travail quotidien. Et nous ne pouvons qu'être inquiets des évolutions qui seront induites par la loi de transformation de la fonction publique quand l'affaiblissement du paritarisme viendra renforcer l'arbitraire des décisions concernant les carrières et les mutations.

Les conséquences psycho-sociales de cette perte de sens sont multiples et graves sur la santé physique et morale des personnels. Aucune statistique transparente ne vient en mesurer la réalité exacte.
Nous ne pouvons accepter cette dégradation du travail qu'aucune fatalité ne peut légitimer. C'est pourquoi nous exigeons que le ministère considère la question des conditions de travail comme une priorité de son action qu'il s'agisse de retrouver les moyens nécessaires à l'exercice des missions ou de réaffirmer le respect et la reconnaissance du travail de chacun·e comme une valeur incontournable et essentielle du service public.

Contre la privatisation d'Aéroports de Paris, gagnons le référendum !

jeu, 26/09/2019 - 18:30

La bataille contre la privatisation d'Aéroports de Paris est engagée et concerne la société toute entière. C'est une bataille pour la démocratie car il va revenir à toutes et tous de pouvoir décider si un référendum est organisé. Mais c'est aussi une bataille contre les privatisations et pour la préservation et le développement des biens communs et pour les services publics. C'est aussi un combat pour la sauvegarde de l'environnement et pour la transition écologique car rien ne serait pire que laisser les clefs du transport aérien aux intérêts privés.

Depuis des années la privatisation des biens publics se fait à marche forcée. Des entreprises assurant des services publics sont vendues à des intérêts privés. Ignorant des objectifs sociaux et environnementaux de long terme, elles en profitent pour augmenter leurs prix, au détriment des usagers. Elles les transforment en machines à produire des dividendes pour les actionnaires, privant les finances publiques, et donc les services publics, de sommes considérables. Le scandale de la privatisation des autoroutes, celle de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, impulsée par l'actuel président de la République lorsqu'il était ministre, en sont de tristes exemples.

Mais cela ne leur suffit pas : outre les aéroports, la Française des Jeux, Engie, l'Office National de la Forêt, les barrages hydroélectriques, les ports, les routes nationales et d'autres sont les nouvelles cibles. Pendant ce temps, les hôpitaux publics sont au bord de l'explosion, des services hospitaliers, des lignes ferroviaires et des bureaux de postes ferment, les services publics s'éloignent des usagers, le statut de la Fonction publique est démantelé, les administrations et les entreprises publiques sont de plus en plus gérées comme des entreprises privées avec pour seul critère la rentabilité financière, au détriment de la satisfaction des besoins sociaux de toute la population.

La bataille contre la privatisation d'AdP est commencée : après des luttes syndicales importantes, plus de 200 parlementaires ont été à l'initiative du processus de référendum d'initiative partagée. Des appels à signature se multiplient.

Compte tenu de l'impératif de la procédure institutionnelle, qui exige qu'il y ait 4,7 millions de signatures de citoyen.nes, et qui exclue toutes celles et ceux qui vivent ici et n'ont pas le droit de vote, donnons à cette campagne l'ampleur nécessaire et impulsons une dynamique de rassemblement. Il s'agit d'en faire l'affaire de la société et des citoyen.nes. C'est pourquoi nous lançons une coordination de mouvements et d'organisations syndicales, associatives et politiques contre la privatisation d'Aéroports de Paris et plus largement contre les privatisations, pour les services publics et les biens communs. Chaque membre de cette coordination conservera bien entendu la liberté de mener sa propre campagne.

Cette coordination nationale a l'ambition de réunir le plus largement possible, dans leur diversité, syndicats, associations et partis politiques, les élu.e.s, les mouvements sociaux, écologistes, féministes... Des initiatives unitaires seront prises localement, avec la constitution de « bureaux de vote de rue », des conférences-débats publiques, des affiches, tracts, argumentaires divers, que nous mutualiserons au niveau national. Nous voulons atteindre 4,7 millions de signatures, pour que puisse se tenir ensuite un référendum national. Si cet objectif est atteint, ce sera un grand coup d'arrêt au rouleau-compresseur d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, qui projettent de privatiser un grand pan de l'économie et qui laminent ce qu'il reste de services publics.

Pour signer la demande de référendum sur la privatisation d'Aéroports de Paris : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Télécharger le formulaire CERFA à déposer à la mairie chef lieu de canton

Voir aussi :

mode d'emploi pour soutenir le R.I.P.

Tract

N°219

jeu, 26/09/2019 - 18:26

Être reconnu-es...

jeu, 26/09/2019 - 18:18

Avec plus de 5 millions d'agent-es, soit 1 actif sur 5, la Fonction publique est le plus gros employeur du pays. Éducation, santé, contrôle, protection, justice, culture, territorial… des domaines qui font appellent à plus de 500 métiers. Des métiers auxquels la FSU est très attachée. Car c'est grâce à cette expertise que sont rendus tous les jours les services nécessaires pour répondre aux besoins de la population.
Si les agent-es sont fiers de servir le publique, d'exercer des missions d'intérêt général, cet engagement est bien mal reconnu ! Surcharge de travail, pressions hiérarchiques, mise en concurrence, manque de moyens, de formation, non reconnaissance du travail réel, des qualifications… sans compter les faibles rémunérations. La polémique suite à l'article de l'OCDE sur les salaires des enseignant-es, montre que les idées reçues sont tenaces. Pourtant la réalité est bien celle d'enseignant-es en dessous de la moyenne internationale. Ajoutons qu'ils ont aussi dans notre pays, à qualification égale, un salaire moyen inférieur de 25% à celui de leurs homologues selon l'INSEE... Ce problème salarial concerne l'ensemble des agent-es de la Fonction publique qui ont perdu 10% de pouvoir d'achat en 10 ans. Une situation aux lourdes conséquences y compris pour la Fonction publique qui peine à recruter.

Alors il faut urgemment changer la donne ! La FSU fait sa campagne de rentrée sur le thème de « l'augmentation des salaires, c'est prioritaire ! ». L'ouverture des discussions dans l'Éducation nationale à l'occasion de la réforme des retraites sera un moyen pour faire entendre ces revendications. Mais cela ne dédouane pas le gouvernement d'une concertation pour une autre politique salariale pour tous les agent-es publics ! Il s'agit bien d'obtenir le dégel de la valeur du point d'indice, une revalorisation des salaires, l'amélioration des déroulements de carrière… Quant au projet de réforme des retraites, la FSU invite au débat et à l'action pour exiger des retraites de haut niveau, l'égalité entre les femmes et les hommes, l'accès à des droits nouveaux.

Les agent-es de la Fonction publique veulent aujourd'hui être mieux reconnu-es. Pour la FSU, c'est prioritaire.

Robin Renucci, comédien, président de l'association des Centres dramatiques nationaux

mer, 25/09/2019 - 18:58

Pourquoi s'inquiéter d'un désengagement de l'État dans la culture au profit d'une approche régionale ?
Il est souhaitable que l'État soit garant d'une équité territoriale, d'une ligne de conduite concernant les arts et la culture. Aujourd'hui il y a davantage de déconcentration des services de l'État en région et davantage de décentralisation, on donne davantage de compétences, de moyens matériels et humains, aux régions de France.
C'est une bonne chose dans l'absolu. Ce que nous pouvons craindre c'est le recul de la mission régalienne qui consiste à avoir une véritable équité sur le territoire. S'il n'y a pas de ligne de conduite très précise sur ce qu'est l'art, sur ce qu'est la culture, cela peut être interprété de manière différente. Il faut appeler le ministère à plus de
précision.

Plus de précision ?
Nous sommes dans une époque où les entreprises et le consumérisme sont en train de prendre le dessus sur la question artistique. Aujourd'hui, le monde de l'entreprise investit, comme il le dit, les territoires de l'art.
On voit bien qu'il y a à se méfier. Surtout quand il s'agit d'entreprises culturelles
qui ont pour projet d'uniformiser plutôt que de mettre en avant la singularité des individus, et encourager l'esprit critique, le discernement.
Alors nous faisons des petits signes à notre ministre de la culture pour dire qu'il est le ministre de la création, le ministre du service public, le ministre du champ symbolique lié à la transmission et à la formation plutôt que le ministre du signe. C'est une façon de rappeler l'histoire et de ne pas piétiner le travail extraordinaire
et la chance que nous avons d'avoir eu ce ministère. Nous lui demandons une feuille de route, peut-être même une loi d'orientation.

Cela menace-t-il aussi la création ?
Depuis ses origines, la création s'est essentiellement appuyée sur la recherche, l'invention, et éventuellement la formation mêlée à cette recherche. Si l'on considère seulement la diffusion des œuvres, les responsables des collectivités influent beaucoup sur les nominations à la tête des centres dramatiques et des scènes nationales. S'il n'y a pas cette feuille de route centralisée, une nomination peut être plus encline à choisir une directrice ou un directeur qui serait davantage capable de faire venir plus de monde, qui privilégierait le divertissement, en tout cas autre
chose que la recherche et la formation, qui font partie de la mission des centres dramatiques par exemple.
Ces directeurs feront appel à des artistes moins créatifs parce que davantage en phase directe avec le public, à qui on donnera ce qu'il aurait envie de recevoir.

Le mélange des amateurs et des professionnels, est important pour vous, pour l'éducation populaire. Expliquez-nous.
Dans notre esprit, l'amateur, celui qui aime aimer, c'est une qualité. Ce qui a été déprécié c'est l'amateurisme.
L'amateur c'est l'enfant, qu'est-on d'autre qu'un amateur lorsqu'on est enfant, adolescent, jeune adulte ? De ce point de vue on peut acquérir des savoir-faire qui, pour certains, deviennent des métiers. L'amatorat est déjà une très belle chose sur laquelle on s'appuie quand on veut former des professionnels.
Les amateurs on les trouve beaucoup dans le corps enseignant. Ils ont un métier, celui de transmettre, mais ils ont parfois une activité de passion.
Quand on est passionné, on transmet beaucoup mieux. Il y a donc intérêt à trouver des lieux aux amateurs pour leur permettre de se rencontrer et d'acquérir des capacités supplémentaires.

Parlez-nous des Rencontres Internationales du Théâtre en Corse, que vous avez créées en 1998…
Les plus de 25 ans qui veulent faire du spectacle, en faire une profession ne peuvent plus entrer au Conservatoire.
C'est pourquoi j'ai créé l'ARIA, qui est un autre endroit de formation continue. L'art dramatique est un outil formidable qui permet de concentrer tous ces fondamentaux, d'écoute, d'attention à l'autre, de respect de la singularité de l'autre,
de sa propre singularité. C'est pourquoi, devenu un acteur connu, j'ai voulu m'engager dans le combat, plutôt que dans la résistance, dans l'affirmation de valeurs qui permettent à chacun plus d'égalité, plus de dignité.

Karim CHKERI, secrétaire général CGT de l'hôpital de Valence.

mer, 25/09/2019 - 18:39

Pourquoi cette grève dans les hôpitaux ?
Les services d'urgences sont saturés, les personnels sous pression, les couloirs envahis de malades en attente de soins, avec en plus des plans de retour à l'équilibre budgétaire qui aggravent la situation : suppressions de postes, fermeture de lits, à Valence. Aujourd'hui le mouvement réunit dans les urgences toutes les catégories de personnels, des infirmières aux médecins. Faute de médecins de ville, les urgences sont souvent le dernier recours.

Les réponses de la Ministre de la santé sont-elles suffisantes ?
En aucun cas ! Nous demandons l'ouverture de lits et l'embauche de personnels, pas une petite prime ! Que nous propose madame Buzyn ? Un glissement de tâches, les infirmières devant désormais assurer un travail de suture, comme si elles n'étaient pas assez débordées !
Un numéro unique ? Le 15 existe déjà… Les personnes âgées ne passeraient plus par les urgences, on va allonger les circuits sans résoudre le problème. Les 750 millions sur trois ans sont insuffisants. Il faut en finir avec la tarification à l'acte qui plombe les finances des hôpitaux et revenir au système des dotations, qui fonctionnait bien.

Quelles perspectives ?
Le mouvement s'installe de plus en plus, avec depuis peu Romans, Montélimar, près de 300 établissements en lutte… Le système est à bout de souffle, la ministre reste sourde même si, à la veille des élections, elle feint de dialoguer. Mon hôpital est en déficit depuis déjà deux ans, si rien ne se débloque, je crains pour son avenir.