Agrégateur de flux

Appel du congrès de Montpellier

Actualités 2nd degré - lun, 16/05/2022 - 11:50

Dans cette période si particulière, plus que jamais, le SNES-FSU est à vos côtés. Ces dernières semaines ont pu paraître sombres, faisant peser des menaces sur nos métiers et le service public d’Education. Au contraire : le SNES-FSU est à l’offensive pour contrecarrer ces projets synonymes de régression éducative et sociale et porter des exigences fortes. Notre projet pour le second degré, pour nos métiers, pour nos carrières est ambitieux. Portons-le ensemble pour gagner !

Gagner pour nos salaires et nos pensions !

La revalorisation sans contreparties est une urgence, elle est un impératif pour chacun-e d’entre nous mais aussi pour sortir de la crise de recrutement qui frappe de plein fouet le service public d’Education.

  • Plus aucun professeur, CPE, Psy-EN ne doit être recruté en dessous de 2 000 € nets
  • A terme, reconstruction de toutes les grilles avec l’objectif de retrouver un traitement de début de carrière équivalent à 2 fois le SMIC (niveau de 1982)
  • Aucun-e agent-e (AED, AESH) ne devrait être rémunéré-e à moins de 1850 euros net pour un temps plein.
  • Revalorisation immédiate des pensions
Gagner pour nos métiers

Après 5 ans d’attaques incessantes, reprenons la main sur nos métiers ! Exigeons les moyens pour améliorer nos conditions de travail et les conditions d’apprentissage des élèves

  • Baisse des effectifs dans les classes avec un plan pluriannuel de recrutement de professeurs, CPE, PsyEN, AED, AESH
  • Reconstruction du collège et baisse significative des effectifs en cas d’inclusion
  • Remise à plat de la réforme du bac et du lycée, abrogation de Parcoursup
  • Un service public d’orientation conforté et ancré dans l’Education nationale
  • Mise à plat des réformes de la formation et des concours
Gagner pour la Fonction publique et les services publics et les personnels

Les services publics jouent un rôle incontournable dans notre société : ils permettent de lutter contre les inégalités et sont la richesse de celles et ceux qui n’ont rien.

  • L’abrogation de la loi de Transformation de la fonction publique
  • Un corps de fonctionnaires pour les AESH
  • Un vaste plan de titularisation pour les non titulaires et l’ouverture de négociations pour des évolutions statutaires contre la précarité des AED

Plus que jamais, le SNES-FSU est à vos côtés. C’est notre conception de l’action syndicale : construire les solidarités, au quotidien, dans votre établissement, engager les luttes indispensables pour nos métiers, nos statuts et le service public d’Education. L’avenir du service public d’Education s’écrit ensemble, en nous rassemblant, rejoignez le SNES-FSU et portons ces combats pour l’école publique laïque !

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Bac 2022 en SES : des sujets très « start-up nation » !

Actualités 2nd degré - sam, 14/05/2022 - 12:05

Il était demandé aux candidats de « montrer », sans possibilité de nuance ou de débat, que :

– « l’approche en termes de classes sociales, pour rendre compte de la société française, peut être remise en cause » ;

– « l’innovation peut aider à reculer les limites écologiques de la croissance » ;

– « l’action des pouvoirs publics en faveur de la justice sociale peut produire des effets pervers ».

Déclin des classes sociales, action inopérante de l’État pour la justice sociale, mais nécessité d’innover pour rendre la croissance compatible avec l’écologie : le tableau dressé par les sujets tient d’une vision idéologique déconnectées des réalités alors que le système éducatif doit être porteur et transmettre les principes, les méthodes et les savoirs issus d’une réflexion scientifique et raisonnée du monde.

Nuancer les raisonnements, en rappelant que la hausse des inégalités depuis quelques décennies remet en cause la thèse du déclin des classes sociales ? En expliquant que l’innovation n’est pas unanimement vue comme une solution face aux dégâts écologiques de la croissance ? En précisant que la redistribution des revenus, par exemple, permet de réduire le taux de pauvreté de 8 points ?… Ces arguments, parmi d’autres, étaient de fait exclus, par la nature même des questions, des attentes à l’égard des candidat.e.s.

Aucun débat, aucune attente d’esprit critique, aucune position nuancée montrant la complexité des choses. Juste l’exposé de thèses qui, si elles sont légitimes, donnent un sentiment étrange, par leur accumulation dans la même épreuve, sans qu’aucun autre sujet ne vienne contrebalancer l’orientation idéologique qu’elles dénotent. Le sentiment étrange que l’Inspection générale de SES, qui est responsable de ces sujets, attend avant tout des élèves une récitation de ce qui finit par ressembler à un catéchisme libéral.

En réalité, ces sujets viennent illustrer des problèmes de fond, que le SNES-FSU avait déjà pointés depuis longtemps : des programmes qui ne font pas assez de place aux problématiques et aux débats, en se concentrant sur des mécanismes déconnectés les uns des autres ; des épreuves qui, dans leur conception même, tendent à évacuer le débat et la problématisation. 

Au final, ces sujets viennent conforter le sentiment que l’École renonce à l’objectif de formation à l’esprit critique.

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Projet de programme d’enseignement scientifique et mathématiques : la roue de secours …

Actualités 2nd degré - sam, 14/05/2022 - 11:45

Cet aménagement improvisé ne permettra pas de réduire les inégalités sociales et de genre des parcours au sein du nouveau lycée, dont il ne remet pas en cause les logiques de fond. Aucune réponse n’est apportée pour le moment sur les moyens d’y parvenir (moyens DGH, postes, personnels, information aux familles) : le SNES-FSU demande une concertation au plus vite sur l’ensemble de ces sujets. Il rappelle sa demande d’abandon des réformes du lycée et du bac. Des mesures d’urgence pour que la rentrée 2022 se déroule sur d’autres bases en collège et en lycée sont indispensables et le SNES-FSU les défendra auprès du nouveau gouvernement comme dans la campagne auprès des candidats aux législatives (annulation des suppressions d’emplois, décharge de service et formation pour les stagiaires, aménagement des programmes, moyens pour dédoublements…).

Le projet de programme correspondant à cette annonce, paru le 12/05/22 à la suite du Comité Mathiot et de la saisine du CSP, complète le programme d’enseignement scientifique déjà existant, dont il avait été dit qu’il pourrait être modifié, ce qui ne semble plus être le cas, au moins pour la rentrée 2022. La durabilité dans le temps de ce programme n’est pas connue à ce jour, et dépend des choix du prochain ministre de l’Education nationale, sur la base des recommandations du Comité Mathiot. Ce programme, produit par le groupe d’experts dans lequel la main était très largement à l’Inspection, fait, du 13 au 26 mai, l’objet d’une très large consultation de toute (!) la communauté éducative.

On trouvera ci-dessous les grandes lignes de ce programme en trois parties (objectifs du programme ; modalités de mise en œuvre ; notions au programme), suivies de nos premières analyses.

Objectifs

Le programme se donne plusieurs objectifs, qui peuvent sembler difficile à faire tenir ensemble :

  • consolidations de techniques et notions de bases (automatismes) et apprentissages de notions nouvelles ;
  • réconciliation avec les mathématiques et socio-culturels, formation du citoyen ;
  • développement des capacités d’abstraction, de rigueur, d’analyse, d’argumentation d’esprit critique et de la créativité
  • volonté de s’adresser à tous les élèves et, en même temps, transition entre la Seconde et l’option Mathématiques complémentaires de Terminale, et poursuites d’études dans lesquelles les mathématiques sont indispensables.

On y retrouve par ailleurs, et en même temps, les points de passage habituels dans les nouveaux programmes : les attitudes à développer, et notamment les 6 compétences mathématiques (chercher, modéliser, représenter, raisonner, calculer, communiquer) ; résolution de problèmes ; activités algorithmiques et numériques ; évaluation des élèves, particulièrement développée par rapport à l’ordinaire ; place de la trace écrite et une insistance particulière sur l’oral, qui peut étonner compte tenu de l’horaire dédié.

Sont absentes les considérations sur l’activité des élèves et l’enseignement des raisonnements logiques, toutes deux présentes dans tous les autres programmes du lycée.

Modalités de mise en œuvre et d’enseignement

Le cadrage apparaît plus directif que dans d’autres programmes et constitue une spécificité de ce programme de par la nature des indications – fortes – qu’il contient :

  • différenciation systématisée, avec des pistes concrètes pour sa mise en oeuvre : dans la manière d’aborder les programmes, comme dans les compétences attendues en fin d’apprentissage, avec des ouvertures sur des « questions-défis ». C’est visiblement une attente forte de ce programme et une de ses spécificités.
  • pédagogie en prise avec le paradigme de l’Inspection, largement développer dans l’apprentissage des mathématiques tout au long de la scolarité : Manipuler – Verbaliser – Abstraire.
  • Intégration possible et ponctuelle d’éléments historiques.
Notions au programme

Elles sont déclinées en 3 thématiques et une partie transversale :

  • Phénomènes d’évolution et type de croissance (linéaire/exponentielle) : généralités sur les suites, les suites linéaires et géométriques ; fonctions affines et fonctions exponentielles.
  • Variation instantanée : nombre dérivé et dérivées des polynômes de degré au plus 3 ; tangentes ; sens de variation ;
  • Analyse de l’information chiffrée : tableaux d’effectifs ; représentations graphiques usuelles ; probabilités conditionnelles et indépendance.
  • Partie transversale : automatismes , reprenant pour l’essentiel ceux des programmes de Première de la voie technologique.
Première analyse du SNES-FSU

L’ensemble est proche, voire très proche du programme de tronc commun de la Première technologique (à assurer en 3h hebdomadaires, contre 1h30 pour ce nouveau programme), mais sous une présentation assez nettement différente, tenant aux objectifs combinés de réconciliation / renforcement des connaissances / poursuites vers l’option Mathématiques Complémentaires.

Si les notions au programme sont conformes à ce que l’on pouvait logiquement attendre compte tenu du contexte de sa genèse (quelques coquilles subsistantes dans un texte de 18 pages trahissant la vitesse de sa rédaction), et que le SNES-FSU avait portées, ce sera assurément le volet de mise en oeuvre pédagogique spécifique qui constituera la gageure de la mise en pratique de ce programme pour les collègues, notamment en ce qui concerne la gestion de l’hétérogénéité des élèves qui vont le suivre, en termes de niveau et d’exigences à avoir pour eux. On peut craindre que les « pistes pour la différenciation » présentées par le programme ne deviennent très rapidement des injonctions fortes pour gérer une inévitable hétérogénéité des élèves, compte tenu des objectifs très variés assigné à cet enseignement bricolé en urgence.
Si cela devait se confirmer, cela n’aidera pas les collègues, mais les placerait en revanche face à de grandes difficultés : ce serait un signal très inquiétant pour la liberté pédagogique indispensable à la réussite des élèves, et une possible source de souffrance professionnelle faute d’appuis et de formation suffisants. Ce projet de programme renvoie enfin aux collègues la responsabilité de construire seuls les solutions à l’équation que le ministre n’a pas voulu résoudre : remédier aux défauts de la réforme quant à l’abandon l’étude des mathématiques par un très grand nombre d’élèves, quant à l’accroissement des inégalités de genre dans l’étude de la discipline (le projet pense faire oeuvre charitable en proposant des contenus plus adaptés aux filles …), sans accepter pour cela la seule voie possible, celle de la remise à plat de la réforme.

La question du volume horaire (1h30 hebdomadaire) est posée : sera-t-elle suffisante pour tenir les ambitions du programme ? On peut en douter, ou alors ils faudra aux collègues déployer de véritables trésors d’habilités pédagogiques …

Ce projet de programme n’évite également pas l’écueil de la répétition de parties du programme de Spécialité Mathématiques de Première, et confirme donc, au moins pour la rentrée 2022, la mise en œuvre de l’une des recommandations du rapport Mathiot : écrire un programme qui ne s’appliquera pas aux élèves suivant cette spécialité, qui vont donc, selon toute vraisemblance, ne pas suivre cette partie de l’enseignement de Première, rajoutée uniquement à ceux ne suivant pas la Spécialité (les déclarations de J.M. Blanquer le 11/05/22 ont rajouté de la confusion, puisqu’il a semblé exclure aussi tous les élèves suivant au moins une spécialité scientifique : lapsus, ou véritable annonce ?). A travers la réponse à cette question, c’est aussi celle de la durée de vie de ce programme qui est posé : ira-t-il au-delà de l’année 2022/23, tel quel ? Ou avec de nouveaux aménagements à partir de 2023 comme le suggèrent le rapport du Comité Mathiot et la saisine du CSP, qui préconisaient une réécriture en lien avec une révision du programme de spécialité de Première ?

Il n’est enfin pas du tout certain qu’un tel programme fasse un pont efficace vers l’option Mathématiques Complémentaires de Terminale et certainement pas vers des poursuites d’études réussies, surtout en 1h30 : il en aborde certains points, mais le volume horaire et les modalités d’enseignement – à géométrie variable – rendent difficile une maîtrise suffisante des notions abordées en Première pour assurer un raccord réussi avec l’option de Terminale. S’il amorce l’étude de nombreuses notions de cette option, il ne peut le faire qu’en générant une hétérogénéité nouvelle du public suivant cette option en Terminale ; le risque qu’il produise un parcours de sous-spécialité Maths de Première est réel, avec des risques de trompe-l’œil pour certains élèves qui seraient tentés de le suivre plutôt que la Spécialité. On peut également s’étonner du choix des notions censées servir de support introductifs aux notions mathématiques, très largement choisies hors du champs des sciences expérimentales.

Ce programme constitue une rustine de plus dans une réforme qui n’est toujours pas stabilisée, et ne répond pas aux problèmes de fond de la réforme que sont sa logique de renoncement à suivre des enseignements ; la fragmentation permanente des parcours des élèves ; l’insuffisance des moyens mis en œuvre et le renoncement à investir dans une culture commune ; le développement de parcours de réussite qui s’en remettent à l’investissement personnel de quelques élèves et familles qui sauront trouver des appuis à cette réussite à l’extérieur de la classe : c’est une nouvelle fois une logique de valorisation de la réussite individuelle en mathématiques qui est promue comme probable dernier acte du ministère Blanquer.

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Impréparation des ECE 2022 : le ministère joue avec nos nerfs !

Actualités 2nd degré - jeu, 12/05/2022 - 15:43

Depuis que l’Évaluation des Compétences Expérimentales existe en Physique chimie et en Sciences de la vie et de la Terre comme épreuve du Baccalauréat, elle a toujours été source d’une charge de travail très importante pour les professeurs. Malgré cela, chaque année, ils assurent sans décharge cette lourde préparation, conscients de l’aspect primordial de la pratique expérimentale de ces disciplines. L’ECE permet ainsi de mettre en valeur et de valider les capacités expérimentales de nos élèves.

Cette année cependant, en SVT, les corrigés n’ont pas été fournis, seul un document générique est à disposition des personnels. Dans certaines académies, les IA-IPR ont proposé à des collègues de les construire à la faveur d’un stage prévu initialement avec un autre objectif : étaient-ils au courant de cet état de fait ?

En Physique-Chimie, des sommets sont atteints par l’institution dans l’impréparation de cette épreuve d’ECE. En effet, outre le fait qu’il y aurait beaucoup à dire sur les sujets eux-mêmes (complexité, longueur, importance de Python, …) c’est surtout l’absence des critères d’évaluation précis (matérialisés les années passées par des lettres allant de A à E) que les professeurs découvrent au dernier moment alors qu’aucune information -sans même parler de formation !- n’a eu lieu en amont.

Comme pour les épreuves écrites, il semblerait que les notes des ECE doivent être mises en ligne cette année sur la plate-forme Santorin. Plateforme qui nous est pour l’heure inaccessible. Quand les professeurs auront-ils accès à Santorin ? Mystère. Les grilles d’évaluation en Physique-Chimie avec des critères d’observation précis des candidats se trouveront-elles sur la plateforme ? Mystère encore. Si oui, pourra-t-on les imprimer pour faciliter le suivi des candidats en temps réel dans la salle ? Mystère toujours, à quelques jours de la passation !

Toutes ces interrogations, en Physique-Chimie comme en SVT, que de nombreux professeurs ont déjà fait parvenir au corps d’inspection, sont restées jusqu’à présent (début mai) sans réponse claire. Les collègues, légitimement inquiets et soucieux d’être parfaitement prêts et équitables face aux candidats le jour de l’épreuve, se retrouvent à devoir imaginer et élaborer eux-mêmes des critères d’évaluation et d’observation, nécessairement différents d’un établissement à l’autre. Une pierre de plus à l’édifice inégalitaire du Bac Blanquer !

Ainsi, dans cette période déjà très chargée, alourdie cette année de la correction concomitante des écrits des enseignements de spécialité pour les collègues concernés (même si le ministère a octroyé quatre demi-journées de décharge), des centaines d’équipes se retrouvent à plancher sur ces critères qui auraient dû leur être fournis comme les années passées. Tout ce travail chronophage pour peut-être découvrir le jour J qu’une grille d’évaluation pour chaque situation expérimentale est bien disponible sur Santorin ! Cette incertitude est inacceptable et traduit une fois encore le mépris du ministère à l’égard des enseignants.

En effet, depuis plus de deux ans maintenant et le début de la crise sanitaire, il semble comme une évidence pour la rue de Grenelle de ne tenir ses personnels informés qu’à la dernière minute. Si nos IA-IPR peinent autant à nous répondre, est-ce parce qu’eux-mêmes sont tenus à l’écart de ces changements ? Mais dans quel but ? Pourquoi une telle apparence de désinvolture et de manque de rigueur ? Rien ne justifiait a priori que les informations fournies aux enseignants avant la passation des épreuves soient différentes de celles fournies les années précédentes. Est-ce là un indice d’une volonté de torpiller les ECE dont la préparation nécessite pour les élèves de travailler en groupes à effectifs réduits tout au long de l’année ?

Les demandes du SNES-FSU

Le SNES-FSU demande que le ministère prenne en considération la responsabilité et la charge de travail inhérentes à ces épreuves expérimentales de physique Chimie et de SVT en rémunérant les évaluateurs et les évaluatrices. Le SNES-FSU exige qu’une décharge de cours pour les enseignant-es de physique chimie et de SVT soit actée par tous les rectorats en amont de la passation de ces épreuves afin d’en assurer leur préparation. Enfin, les incertitudes qui ont caractérisé et précédé la session 2022 ne peuvent pas se renouveler : le ministère doit donc rendre accessible aux enseignant-es concerné-es et dans les meilleurs délais les fiches d’évaluation avec des critères de réussite et des attendus clairs pour chaque situation expérimentale retenue par les IA-IPR.

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Postes perdus au CAPES : le terrible bilan Blanquer sur l’attractivité des concours

Actualités 2nd degré - mer, 11/05/2022 - 22:46

Les résultats d’admissibilité aux concours externes de recrutement commencent à paraître et les premiers chiffres montrent qu’il y aura cette année encore moins de candidats aux concours du Second degré (CAPES, CAPET, agrégation, concours CPE et Psy-EN). En dépit des alertes répétées de la FSU sur le risque d’assèchement du vivier de candidat-es, le ministère a persisté dans sa logique délétère jusqu’à décourager les étudiant-es de s’engager dans la préparation des concours.

Les résultats d’admissibilité de la session 2022 : un constat d’échec

Au CAPES externe de mathématiques, la liste des admissibles publiée mardi 10 mai ne comporte que 816 noms pour 1035 postes, c’est-à-dire deux fois moins qu’en 2021, alors que cette année-là, 100 postes n’avaient pas été pourvus. Des centaines de postes de profs de maths ne seront pas pourvus en 2022. On peut craindre qu’ils soient définitivement perdus. Si en effet, au CAPES interne de mathématiques, il y a eu cette année 528 admissibles, et les 202 postes ont tous été pourvus, il n’y a pas eu de liste complémentaire. Le SNES-FSU demande la systématisation de ces listes complémentaires, dans lesquelles le Ministère pourrait puiser les candidat-es qu’il n’a pu recruter par ailleurs. Le Ministère n’a jamais invité les jurys à le faire.

Au CAPES externe d’allemand, il y a seulement 83 admissibles pour 215 postes et au concours interne, il y a eu 34 admissibles et seulement 29 admis pour 35 postes. Cette année plus d’une centaine de postes seront perdus en allemand, discipline déjà habituée aux pertes de postes les années précédentes.

La publication dans les prochains jours des résultats d’admissibilité en lettres modernes ou classiques, langues vivantes ou physique-chimie notamment, ne peut qu’inquiéter si la dynamique se confirme.

Cette année la crise du recrutement est plus forte que jamais : des centaines de classes se retrouveront-elles sans enseignant-e en septembre prochain ?

Les conséquences d’une réforme de la formation des enseignant-es et des pratiques d’un ministre

Les annonces du Ministre orientées vers « l’attractivité » des métiers de l’éducation et de l’enseignement ont donc produit l’effet inverse. La réforme de la formation des enseignant-es qui entre en vigueur cette année a restreint le vivier d’étudiant-es de la session de concours 2022, du fait du déplacement du concours du M1 (jusqu’en 2021) au M2, sans aucune mesure transitoire.

Les nouveaux dispositifs de M2 MEEF, que ce soient le stage d’observation et de pratique accompagnée (SOPA) ou, davantage encore, le contrat d’alternance (ECA), ont induit une charge de travail importante pour les candidat-es et une réduction drastique des cours et des temps de préparation des épreuves écrites.

Malgré des demandes répétées du SNES et des syndicats de la FSU, le ministère a, pour la première fois cette année, refusé de communiquer le nombre d’inscrit-es aux concours, alors que les inscriptions sont closes depuis le mois de novembre. Ce black-out inédit n’a sans doute pas encouragé les étudiant-es à se présenter aux écrits des concours externes… La DGRH nous avait pourtant annoncé dès janvier que cette information serait publiée.

La situation matérielle des candidat-es aux concours n’a pas non plus permis de résorber la crise ancienne des recrutements. Les 125 euros de gratification mensuelle pour les M2 SOPA ont été versés plusieurs mois après la rentrée de septembre, et aucune aide n’est mise en place pour les autres candidat-es déjà titulaires d’un Master, décourageant de nombreux candidat-es inscrits en octobre qui ont abandonné avant les épreuves.

Il aurait fallu penser des mesures transitoires pour éviter une crise du vivier pour la session 2022, et instaurer des listes complémentaires pour les concours internes. Le SNES-FSU n’a cessé de le demander.

Les mesures d’urgence proposées par le SNES-FSU, et les solutions à court ou moyen terme

Il y avait pourtant de nombreuses possibilités pour travailler à l’attractivité de nos métiers : mettre en place des bourses pour les candidat-es aux concours, financer les déplacements et le logement dans les lieux d’examen, établir des listes complémentaires…

Sous le quinquennat de Blanquer, aucune mesure de soutien aux étudiant-es n’a été mise en place. Certes, il ne faut pas oublier que la crise actuelle se produit après vingt ans de fonte des viviers (l’essentiel de la saignée remonte au quinquennat de Chirac). La situation a été aggravée par les politiques successives de désengagement de l’État dans le financement des études en général, et des études pour devenir enseignant, CPE et Psy-EN en particulier (suppression des aides spécifiques, du droit à bourse sociale supplémentaire, pour financer par redéploiement des dispositifs inefficaces et propres à développer la précarité de type EAP1 et EAP, obligeant les étudiant-es à travailler pendant les études…).

Face à cette situation catastrophique et aux besoins urgents de personnels, la FSU a réaffirmé son exigence d’un plan pluriannuel de recrutements et de réels prérecrutements, accompagné de mesures de revalorisation et d’amélioration des conditions de travail (rémunération durant la période de formation sans mise en responsabilité, entrée progressive dans le métier, sous statut d’élèves fonctionnaires).

Ainsi que le montre un récent rapport de la DARES et de France Stratégie, il faut recruter 320 000 nouveaux enseignant-es du premier et du second degrés d’ici 2030 pour ne remplacer que les départs en retraite. La revalorisation des salaires ne peut plus attendre. Des mesures d’urgence à court et long terme sont envisageables : la mise en place d’un concours exceptionnel à la fin de la session 2022, la nécessité du maintien des postes perdus à la session suivante, la mise en place de listes complémentaires pour tous les concours, des aides spécifiques pour les candidat-es dès septembre 2022… Le SNES-FSU continuera ce combat.

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Impréparation des ECE 2022 : le ministère joue avec nos nerfs !

Actualités 2nd degré - mar, 10/05/2022 - 14:34

Depuis que l’Évaluation des Compétences Expérimentales existe en Physique chimie et en Sciences de la vie et de la Terre comme épreuve du Baccalauréat, elle a toujours été source d’une charge de travail très importante pour les professeurs. Malgré cela, chaque année, ils assurent sans décharge cette lourde préparation, conscients de l’aspect primordial de la pratique expérimentale de ces disciplines. L’ECE permet ainsi de mettre en valeur et de valider les capacités expérimentales de nos élèves.

Cette année cependant, en SVT, les corrigés n’ont pas été fournis, seul un document générique est à disposition des personnels. Dans certaines académies, les IA-IPR ont proposé à des collègues de les construire à la faveur d’un stage prévu initialement avec un autre objectif : étaient-ils au courant de cet état de fait ?

En Physique-Chimie, des sommets sont atteints par l’institution dans l’impréparation de cette épreuve d’ECE. En effet, outre le fait qu’il y aurait beaucoup à dire sur les sujets eux-mêmes (complexité, longueur, importance de Python, …) c’est surtout l’absence des critères d’évaluation précis (matérialisés les années passées par des lettres allant de A à E) que les professeurs découvrent au dernier moment alors qu’aucune information -sans même parler de formation !- n’a eu lieu en amont.

Comme pour les épreuves écrites, il semblerait que les notes des ECE doivent être mises en ligne cette année sur la plateforme Santorin. Plateforme qui est pour l’heure inaccessible. Quand les professeurs auront-ils accès à Santorin ? Mystère. Les grilles d’évaluation en Physique-Chimie avec des critères d’observation précis des candidats se trouveront-elles sur la plateforme ? Mystère encore. Si oui, pourra-t-on les imprimer pour faciliter le suivi des candidats en temps réel dans la salle ? Mystère toujours, à quelques jours de la passation !

Toutes ces interrogations, en Physique-Chimie comme en SVT, que de nombreux professeurs ont déjà fait parvenir au corps d’inspection, sont restées jusqu’à présent (début mai) sans réponses claires. Les collègues, légitimement inquiets et soucieux d’être parfaitement prêts et équitables face aux candidats le jour de l’épreuve, se retrouvent à devoir imaginer et élaborer eux-mêmes des critères d’évaluation et d’observation, nécessairement différents d’un établissement à l’autre. Une pierre de plus à l’édifice inégalitaire du Bac Blanquer !

Ainsi, dans cette période déjà très chargée, alourdie cette année de la correction concomitante des écrits des enseignements de spécialité pour les collègues concernés (même si le ministère a octroyé quatre demi-journées de décharge), des centaines d’équipes se retrouvent à plancher sur ces critères qui auraient dû leur être fournis comme les années passées. Tout ce travail chronophage pour peut-être découvrir le jour J qu’une grille d’évaluation pour chaque situation expérimentale est bien disponible sur Santorin ! Cette incertitude est inacceptable et traduit une fois encore le mépris du ministère à l’égard des enseignants.

En effet, depuis plus de deux ans maintenant et le début de la crise sanitaire, il semble comme une évidence pour la rue de Grenelle de ne tenir ses personnels informés qu’à la dernière minute. Si nos IA-IPR peinent autant à nous répondre, est-ce parce qu’eux-mêmes sont tenus à l’écart de ces changements ? Mais dans quel but ? Pourquoi une telle apparence de désinvolture et de manque de rigueur ? Rien ne justifiait a priori que les informations fournies aux enseignants avant la passation des épreuves soient différentes de celles fournies les années précédentes. Est-ce là un indice d’une volonté de torpiller les ECE dont la préparation nécessite pour les élèves de travailler en groupes à effectifs réduits tout au long de l’année ?

Les demandes du SNES-FSU

Le SNES-FSU demande que le ministère prenne en considération la responsabilité et la charge de travail inhérentes à ces épreuves expérimentales de Physique Chimie et de SVT en rémunérant les évaluateurs et les évaluatrices. Le SNES-FSU exige qu’une décharge de cours pour les enseignant-es de Physique Chimie et de SVT soit actée par tous les rectorats en amont de la passation de ces épreuves afin d’en assurer leur préparation. Enfin, les incertitudes qui ont caractérisé et précédé la session 2022 ne peuvent pas se renouveler : le ministère doit donc rendre accessible aux enseignant-es concerné-es et dans les meilleurs délais les fiches d’évaluation avec des critères de réussite et des attendus clairs pour chaque situation expérimentale retenue par les IA-IPR.

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Une « continuité pédagogique » individualisée et permanente à la charge de chaque enseignant ?

Actualités 2nd degré - dim, 08/05/2022 - 20:05

Depuis plusieurs mois, les enseignantes, enseignants et les CPE sont confrontés individuellement et directement à une demande croissante de la part des familles. Elle prend diverses formes mais elle peut être résumée ainsi : empêcher que des élèves absent-e-s ne prennent du retard. Concrètement, des messages électroniques adressés à un-e professeur-e, à une équipe ou à un-e CPE demandent de bien veiller à ce que « l’intégralité des cours soient transmis », d’envoyer tout ce qu’il faut pour « rattraper »…

Le souci des familles que leur enfant subisse le moins de conséquences d’une absence, pour maladie par exemple, est légitime. Et il peut être difficile, par exemple pour un élève de collège absent une semaine, de se mettre à jour dans une dizaine de matières sur plus de 20 heures d’enseignement hebdomadaires. Difficulté qui peut être accrue par la jeunesse de l’élève, des difficultés d’apprentissage, la situation familiale… Toutefois, l’expression par des familles de ce souci sous formes d’exigences qui entendent modifier ou modeler le travail des enseignant-e-s pose un nouveau problème. D’autant plus quand elles sont soutenues par certaines directions.

Que disent les textes ?

Le cahier de texte numérique, dans la circulaire de 2010 qui reprend la circulaire de 2011, est la référence des cahiers de textes individuels des élèves. Ces derniers et leurs représentants légaux doivent pouvoir y trouver les devoirs donnés et les documents nécessaires pour le faire. Le cahier de texte numérique doit aussi contenir les documents ou fiches d’exercices donnés en classe et qui ne sont pas dans le manuel (Note : sans que la problématique des droits d’auteur de l’enseignant ne soit évoquée d’ailleurs). Il n’est pas indiqué que le cahier de texte numérique constitue la référence du « cahier de cours » de l’élève. Il n’est écrit nulle part que le cahier de texte doit permettre à un-e élève absent-e de disposer de l’ensemble du cours dispensé. Dans la circulaire, lorsque « la continuité » est cité, c’est en référence uniquement à une suppléance du professeur. « Il [le cahier de texte numérique] permet, en cas d’absence ou de mutation d’un professeur, de ménager une étroite continuité entre l’enseignement du professeur et celui de son suppléant ou de son successeur. » C’est dans cet objectif qu’il faut comprendre le passage suivant : Le cahier de textes mentionnera, d’une part, le contenu de la séance et, d’autre part, le travail à effectuer, accompagnés l’un et l’autre de tout document, ressource ou conseil à l’initiative du professeur, sous forme de textes, de fichiers joints ou de liens.

La continuité pédagogique : Plusieurs notes et articles ont été aussi écrits sur la continuité pédagogique, sous la forme de l’enseignement à distance grandement improvisé, ses difficultés, son coût pour les personnels, son efficacité… Des travaux de recherches paraissent également.

Rappelons un point essentiel. Dans tous les textes officiels, la continuité pédagogique ne s’applique pas à des absences individuelles, elle ne s’applique pas dans le cas d’un-e ou de quelques élèves absents.

Textes et ressources officielles sur la continuité pédagogiques.

Ces textes ne permettent donc pas d’exiger d’un enseignant qu’il mette en ligne, d’une manière ou d’une autre, l’intégralité de son cours, les activités qui se sont déroulées pendant la séance, la trace écrite in extenso, qu’elle soit préparée à l’avance ou qu’elle soit l’œuvre des élèves…

Est-ce notre métier ?

Les demandes ou exigences, formulées par des directions, par des élèves ou des parents ont pourtant bien été ressenties par bien des enseignantes et enseignants. Non pas qu’ils refusent de communiquer leur cours ou tiennent à les garder secrets. Mais « l’absurdité » et l’injustice des injonctions les heurtaient. Une absurdité bien difficile, comme souvent, à expliquer spontanément à ceux qui ne sont pas du métier. Mais prendre le temps de revenir sur des évidences, pour les professionnels, peut permettre d’être compris.

Les cours sont en effet conçus pour donner lieu à des apprentissages, des interactions, des activités, des réalisations… pour des élèves en classe. Même si les séances en classe sont liées à du travail à la maison, à des outils numériques, les enseignants et enseignantes ne les conçoivent pas en pensant à leur publication sur une plate-forme numérique ou pour qu’ils permettent des acquisitions à un élève seul chez lui.

Si la publication de tout cours sur l’ENT en vue d’un niveau d’acquisition équivalent à celui qui se passe en classe devenait un objectif cela reviendrait à restreindre les capacités d’action des professeur-e-s. Ou à passer à de l’enseignement à distance, ce qui est une autre activité.

Et transformer ce qui a été fait en classe en quelque chose de publiable sur l’ENT serait un travail à part entière, nouveau, consommateur de temps, à l’efficacité et aux résultats bien incertains. Se débattre avec des fonctionnalités inadaptées aux documents utilisés en classe, découvrir les formats et les tailles (en Mo) de pièces jointes acceptées ou refusées par la plate-forme, et donc modifier de nombreux documents, en sont de petits exemples.

Travail invisible !

Certes, des enseignants mettent à disposition des contenus assez fournis de leur séance. Mais ce n’est pas le cours qui a eu lieu. L’élève qui copie, imprime, en écoute ou visionne selon les cas l’intégralité de ce qui a été déposé n’aura cependant pas « eu le cours », au sens où il n’y aura pas assisté au sein de la classe, dans son collectif de travail pour lequel il a été prévu. En fonction de ses acquis, de son autonomie, de son environnement familial, il en tirera profit, plus ou moins, ou presque pas.

Disons-le assez sans détour, créer des cours à destination de l’ENT ou d’élèves qui ne sont pas en classe est une activité totalement différente d’enseigner en classe, qui est le cœur du métier.

Quelles responsabilités ?

En revanche, la prise en charge des difficultés qui peuvent résulter d’une absence assez longue pour un élève devrait être une responsabilité collective prise en charge par l’institution. Quels moyens existe-t-il actuellement pour aider un élève fragile absent trois semaines à ne pas perdre pied ?

Que fait le ministère ? Il supprime des postes et augmentent les effectifs par classe. Que font les recteurs et les Dasen ? Des discours pour dire qu’il ne faut laisser aucun élève au bord du chemin et laissent les régions ou les départements fournir des ENT plus ou moins efficaces. Que font les chefs d’établissement ? Ils produisent des injonctions qui relaient les demandes des parents.

Il convient donc de ne pas se laisser piéger par le processus à l’œuvre, dont nous avons bien d’autres exemples.

L’institution, qui a de moins en moins de moyens, est apparemment impuissante à assumer une responsabilité dont, en fait, elle ne se préoccupe que peu ou pas. Elle laisse celle-ci échoir aux agents de terrain dans des formes qui ne sont pas cadrées ; une partie de la hiérarchie peut même contribuer insidieusement à ce glissement. Confrontés directement à des demandes, les professionnels de bout de chaîne doivent improviser pour assumer des tâches qu’on leur laisse penser être de leur seule responsabilité personnelle.

Il y a donc nécessité de se munir syndicalement pour refuser toute dérive de nos missions et responsabilités.

Secteur métier.

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AED prépro : un parcours semé d’embûches

Actualités 2nd degré - mar, 03/05/2022 - 17:57

Enthousiaste à l’idée de devenir Professeur d’anglais, Jérémy Borel-Garin est entré dans le dispositif des AED en préprofessionnalisation. Son récit confirme les réticences du SNES-FSU à l’égard de ce dispositif.

Jérémy n’est pas là par hasard, sa candidature est née de son envie de devenir pro­fesseur d’anglais : « Que cela soit au collège, au lycée ou dans l’enseignement supérieur, j’aimerais pouvoir transmettre ». Il a appris l’existence du dispositif par l’université, avec un mode de recrutement pas forcément très clair. « C’était sur dossier, il devait y avoir un entretien, il n’y en a pas eu. Je pense que tout le monde a été pris de court. Dès le début ça commençait un peu mal. J’ai juste reçu une réponse fin août, juste à temps pour me rendre à la réunion de prérentrée. » Au moment de débuter, il ne dispose que d’une plaquette d’information qui ne lui permet pas de savoir clairement ce qui sera attendu de lui.

Il s’est cependant lancé ; l’absence de suivi et d’accompagnement une fois le contrat signé a pesé sur les débuts. Ce manque de considération est symptomatique de la méthode Blanquer. La circulaire qui cadre le dispositif n’a d’ailleurs été publiée qu’après le recrutement des premiers AEd ­prépro… « On se sent parfois isolé, entre le boulot, la fac, le métier, notre vie personnelle. » Jérémy a été chanceux, avec une principale qui a tout fait pour lui faciliter la vie, mais ce n’est pas toujours le cas, et la communication avec le rectorat n’est pas toujours aisée. « Il faudrait que ce triangle rectorat / établissement / tuteur fonctionne. Il faudrait que le rectorat soit à l’écoute, qu’il réponde aux demandes, aux mails, aux appels téléphoniques. »

Improvisation du Ministère

Les errements du ministère ont ajouté des craintes supplémentaires : recrutés au départ pour trois ans en L2, les AEd étaient laissés sans solution en M2, avec le décalage du concours du M1 au M2. Le ministère a attendu le mois de décembre 2021, presque un an et demi après la création du dispositif, pour modifier les textes, et permettre une quatrième année de contrat en M2… sans toutefois répondre à toutes les inquiétudes, notamment sur les missions et l’établissement d’affectation.

Les mots qui reviennent le plus souvent dans nos échanges avec Jérémy sont « inquiétudes », « manque de temps » et « crainte ». Sans que l’expérience d’AEd prépro s’y résume, ainsi que l’exprime clairement Jérémy, ces mots révèlent un quotidien difficile. Ces « assistants profs », comme ils s’appellent entre eux, doivent jongler entre l’université et leurs missions au sein de l’établissement, avec des chefs qui sont plus ou moins arrangeants. « Je manque des cours toutes les semaines » témoigne Jérémy. Les missions annexes (remplir le cahier de textes, assister aux conseils de classe et à diverses réunions…) sont également très chronophages et les AEd prépro y sont peu préparés. « L’année de M2 sera doublement difficile parce qu’il faudra concilier mémoire, concours et métier en même temps. Nos professeurs sont très clairs avec nous, ça va être compliqué. »

Sur le terrain

Mais l’expérience de Jérémy n’en reste pas moins globalement positive. Le dispositif, à tout le moins sur les deux premières années, a pour avantage de permettre une connaissance progressive de la réalité professionnelle dans les établissements scolaires, ce qui facilite l’entrée dans le métier : « Je suis sur le terrain depuis trois ans, cette année j’ai ma classe, j’ai appris énormément de choses, parfois quand je vais en cours à l’INSPÉ, on me parle de choses que j’ai déjà vécues. Du coup, c’est intéressant de les revoir, de les étudier et de les analyser ; je pense qu’on ne perd jamais son temps. Il y a plein de choses que je sais déjà, je peux vraiment relier la théorie et la pratique, c’est ce qui me plaît vraiment. C’est un réel avantage pour les oraux du CAPES ». La progressivité du dispositif est aussi un avantage, les étudiants entrent progressivement dans le métier jusqu’aux concours, ils passent du statut d’observateur en L2 à celui d’acteur en M1, en prenant en charge une séquence de cours, sur le temps de service de leur tuteur. Cette entrée progressive dans le métier permet de faciliter les débuts : « Le plus gros avantage, on est confronté dès la L2 à tous les problèmes de l’enseignement. On a beau savoir que l’entrée dans le métier peut être très violente, cela n’empêche pas de la vivre très difficilement quand on débute. Commencer à être confronté aux difficultés dès la L2 permet d’être mieux armé par la suite ».

Un dispositif critiquable

Cependant, les AEd prépro ne se considèrent pas comme de vrais enseignants, ni comme des acteurs à part entière du monde de l’éducation alors qu’ils sont pourtant pleinement dans le métier. Le dispositif est méconnu et peu reconnu, ce qui rajoute aux difficultés quotidiennes des étudiants. Par ailleurs, les atouts offerts par l’expérience sur le terrain ne sont pas suffisants pour préparer les concours, ils sont davantage utiles pour les oraux que pour les écrits. Encore faut-il être admissible, ce qui suppose d’avoir le temps de préparer. La formation pratique se fait donc en partie aux dépens de la formation académique, pourtant essentielle.

La façon dont est pensé le « prérecrutement » des AEd prépro est donc loin d’être idéale. Les parcours sont de plus en plus incompréhensibles et peu attractifs, la volonté de s’engager dans une formation initiale pour devenir enseignant s’amenuise, notamment à cause de la fatigue accumulée. « Rien n’est facile dans le métier de professeur : ni y accéder, ni s’y former, ni l’exercer. »

Camille Audé

Jérémy Borel-Garin est AEd prépro depuis 2019, et syndiqué au SNES-FSU. Il tient un blog (https://agonazingagora. wordpress.com) et une page Facebook consacrés aux AED.

Le dispositif
Depuis la rentrée 2019, le dispositif des Assistants d’éducation (AEdD) en préprofessionnalisation accueille des étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement de la deuxième année de licence (L2) à la première année de master (M1), avec depuis peu la possibilité de prolonger leur contrat durant la seconde année de master (M2), qui est aussi celle de la préparation des concours de recrutement. Même s’ils ont statut d’AED, leurs missions ne sont pas du domaine de la vie scolaire, ils ne sont pas surveillants. Leurs tâches sont pédagogiques et s’effectuent sous la supervision et la responsabilité d’un enseignant tuteur. Au fur et à mesure de leur avancée dans le cursus, ces missions s’élargissent, s’enrichissent et s’alourdissent : en L2 et L3, il s’agit de l’observation de cours ; en master, ils prennent en charge des séquences pédagogiques complètes sur le service de leur tuteur. Leur service hebdomadaire est de huit heures pour les L2 et L3, et six heures pour les M1 et M2. Ils effectuent ce service en parallèle de leur cursus universitaire, qui est censé être prioritaire, puisque leur statut prévoit de « garantir une bonne articulation entre leur travail et leur emploi du temps universitaire », ce qui limite normalement ce que le chef d’établissement peut exiger d’eux. Lors de la première année, qui se fait en parallèle de leur L2, ils perçoivent une rémunération mensuelle de 700 euros ; celle-ci atteint 980 euros en master (963 euros en L3). Quelle formation pour les enseignants ?* Pour endiguer la grave crise de recrutement que connaissent nos métiers, renforcer la formation des futur·es enseignant·es et répondre aux besoins de tous les élèves, la FSU revendique des prérecrutements massifs dès la L1 et à tous les niveaux du cursus universitaire, sous statut d’élève-professeur. Pour qu’ils se consacrent exclusivement à leur formation et leur réussite, aucune contrepartie ne doit être exigée des étudiants prérecrutés, à l’exclusion d’un engagement à servir après leur titularisation. La FSU défend une formation de haut niveau intégrant progressivement les dimensions scientifiques et professionnelles (savoirs à enseigner, savoirs pour enseigner), théoriques, didactiques et pratiques, ancrées dans la recherche. Le terrain est un des éléments essentiels de la formation initiale, mais la FSU s’oppose à toute mise en responsabilité des étudiants pendant leurs stages d’études. […] Extrait de la publication de la FSU intitulée Quelle formation pour les enseignants ? (2019)

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AESH – Forte mobilisation

Actualités 2nd degré - mar, 03/05/2022 - 17:05

Précarité imposée, salaires insuffisants, les AESH exigent une reconnaissance professionnelle.

Les Accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) se sont mobilisés le 5 avril dernier pour continuer à dénoncer les conditions indignes de travail et de précarité dans lesquelles elles sont maintenues, au détriment des élèves et de leur prise en charge.

Supprimer les PIAL

Elles subissent une précarité imposée par des temps incomplets non choisis, un salaire insuffisant et indigne, et sont également victimes de la dégradation de leurs conditions de travail avec les PIAL. Malgré de fortes mobilisations, le ministère reste sourd à leurs revendications : augmentation des rémunérations, possibilité de travailler à temps complet, création d’un véritable statut de fonctionnaire et suppression des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL). Ces derniers ne sont, pour le ministère, qu’un outil de gestion RH dont l’unique objet est la rationalisation (traduisez : économie et rentabilisation) de personnels aux dépens des besoins des élèves. Les AESH doivent accompagner jusqu’à cinq élèves en même temps, impossible dans ces conditions de remplir leur mission de façon satisfaisante sans perturber le fonctionnement « normal » de la classe. C’est pourtant tout l’objet de l’inclusion.

Les préconisations de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ne sont pas nécessairement respectées, et les élèves en inclusion, leurs camarades et l’ensemble de l’équipe éducative payent les pots cassés d’une politique de gestion à bas coût. Leur grille de rémunération est ridiculement basse et l’inflation fera bientôt passer les premiers échelons sous la barre du SMIC. Comment, dans ces conditions, parler de reconnaissance d’un métier pourtant essentiel ?

Cette journée a été pour l’intersyndicale l’occasion d’attirer une nouvelle fois l’attention sur la nécessité de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les AESH et sur l’urgence à engager des mesures pour leur avenir.

Acteurs essentiels de l’école inclusive, ils doivent enfin avoir la reconnaissance professionnelle et salariale qui leur est due. Il faut donc que l’ensemble de la communauté éducative continue à se mobiliser pour que leurs revendications soient enfin entendues : métier, salaires et conditions de travail.

Le SNES-FSU continue de porter ces revendications, pour une autre vision de l’École et du métier d’accompagnante d’élèves en situation de ­handicap.

Aurélia Sarrasin

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Bac Blanquer, version provisoire et improvisée

Actualités 2nd degré - dim, 01/05/2022 - 13:12

Mise à jour les professeurs correcteurs bénéficieront d’un forfait de 4 demi journées libérées de cours pour corriger les EDS, à utiliser au choix entre le 17 mai et le 3 juin. C’est une avancée à mettre au crédit de l’action syndicale, en particulier du Snes-Fsu qui n’a cessé d’intervenir sur ce sujet ces dernières semaines. Plus d’informations sur les modalités pratiques dans les prochains jours.

Dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, les modalités d’organisation du baccalauréat général et technologique sont modifiées à titre exceptionnel pour l’année scolaire 2021-2022. Une note de service publiée le 7 avril 2022 reprend les annonces faites depuis janvier dernier en matière d’aménagements des épreuves de spécialité et anticipées de français. Ce s’ajoute aux modifications du calendrier des examens dont on retrouve le détail ICI .

A moins d’un mois des épreuves de spécialité, les règles de la session 2022 du bac sont toujours soumises aux interprétations locales fluctuantes. Seule certitude, le ministère n’a pas pris la mesure du travail que cela représente.Le SNES-FSU réclame du temps pour assurer toutes les missions liées à l’examen . Dans chaque établissement, faisons remonter la revendication des décharges de cours !  

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Pour ce qui concerne les indemnisations de correction et d’examen, les textes réglementaires de 2012 continuent de s’appliquer. On retrouve tous les détails et montants d’indemnisation dans cet article .

Flou linguistique

Les aménagements prévus pour les épreuves sont officiellement parus la semaine dernière, formalisant les déclarations ministérielles et la foire aux questions publiées en février dernier. Exercices ou sujets au choix, et encore pas pour toutes les spécialités, moins de textes pour les épreuves de français, voilà les mesures supposées palier la discontinuité des apprentissages liée à la situation épidémique ! Pour le reste, il demeure beaucoup de flou sur le niveau d’exigence comme sur les modalités de correction. Par exemple, si les attestations de langues vivantes sont supprimées pour cette session, de nombreux inspecteurs considèrent bizarrement que l’épreuve orale d’enseignement technologique en langue vivante (ETLV) doit malgré tout se tenir au nom même de l’existence de l’attestation. 

Course contre la montre

L’ensemble des épreuves de spécialité se concentrent entre le 11 mai et le 3 juin, les procédures de remontée des notes étant bouclées au 17 juin. A l’exception des épreuves de compétences expérimentales fixées nationalement, les dates des épreuves orales pratiques sont fixées par chaque recteur, tout comme les délais de correction. La dématérialisation des corrections n’exclut pas les réunions d’entente et les commissions d’harmonisation. Certaines d’entre elles sont d’ores et déjà annoncées en « visio ».  Cela doit-il présager du verrouillage des échanges entre collègues comme ce fut le cas l’année dernière dans certaines académies ? 

On voit mal comment pourront être menées de front toutes ces réunions, les corrections, les épreuves orales, pratiques et expérimentales, tout en continuant les cours. Et ce d’autant plus que le doublement des sujets afin de permettre l’organisation de l’examen écrit sur moins de trois jours, complexifie les corrections, même si les rectorats jurent pouvoir constituer des lots homogènes ne mêlant pas les copies des épreuves du premier jour avec celles du second. Les élèves de Terminales libérés pour des révisions dès le 9 mai ne pourront en réalité jamais retrouver un emploi du temps stable. Les enseignants convoqués pour les examens ne pourront pas plus assurer leurs cours auprès des autres niveaux. 

Ultimes épreuves

Les épreuves de philosophie en Terminale et de français en Première inaugurent une seconde séquence dans le film à rebondissements du bac Blanquer avec le Grand oral en point d’orgue entre le 20 juin et le 1er juillet. Réduit à une sorte de rite de passage, le Grand oral fait figure d’objet non identifié. Si les candidats peuvent désormais se servir de leur brouillon préparatoire pour l’exposé de cinq minutes, il n’est plus question de les interroger ensuite sur l’ensemble des programmes des spécialités choisies mais uniquement sur les enjeux posés par l’exposé initial. Il semble urgent de recentrer dès maintenant cette épreuve sur les enseignements disciplinaires et de supprimer la dernière partie en forme d’entretien de motivation concernant le projet personnel. Il serait aussi bien plus raisonnable de ne plus convoquer de non spécialistes en jury.

Plus que jamais il semble nécessaire de revenir à une organisation du bac fondée sur des épreuves nationales et terminales clairement définies et ancrées dans l’évaluation des apprentissages scolaires. 

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Et maintenant ? Poursuivre les luttes !

Actualités 2nd degré - jeu, 28/04/2022 - 18:26
Les résultats du second tour

C’est finalement un soulagement qui a conclu l’élection présidentielle, celui de ne pas voir l’extrême droite arriver au pouvoir. Mais Marine Le Pen atteint un niveau historiquement élevé : le total des voix qui se sont portées sur elle au premier (un suffrage exprimé sur 3) comme au second tour (42% des suffrages exprimés) est beaucoup plus important qu’en 2017. Sa candidature s’est nourri du creusement des inégalités qui sont notamment le résultat des politiques libérales menées en particulier pendant le dernier quinquennat par Emmanuel Macron.

Le président sortant est réélu, mais avec 28% d’abstention et de nombreux votes blancs et nuls, sans oublier que beaucoup ont voté « contre » la candidate de l’extrême droite. Contrairement à ce qui a été dit par beaucoup de proches d’Emmanuel Macron au soir du second tour, il ne s’agit donc pas d’un vote d’adhésion à son programme. Ce dernier comporte d’ailleurs de nombreuses mesures de régression sociale (report de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, durcissement des conditions de versement du RSA dans une logique de « primauté des devoirs sur les droits) ou fragilisant toujours plus les services publics. Ce sont ces politiques qui nourrissent la désespérance sociale, puissant moteur de la diffusion des idées d’extrême droite. Ce sont aussi ces politiques qui aggravent les inégalités et fracturent la société.

Et maintenant ? Lutter !

Il nous faut donc poursuivre et amplifier les mobilisations pour imposer dès maintenant d’autres politiques économiques, sociales et environnementales.

Dans l’Education nationale, le programme du candidat Macron réactive les vieilles lunes libérales. Retour du travailler plus pour gagner plus, grand bond en arrière sur l’orientation (voir article en ligne), remise en cause du statut etc le tout sur fond de réactivation d’un détestable fond de prof bashing (le communiqué du SNES-FSU)

Pour le SNES-FSU, il y a urgence pour nos salaires. Le déclassement salarial de nos professions est une réalité qui a des conséquences catastrophiques, au quotidien, pour les personnels, mais aussi pour l’avenir du service public, tant il pèse sur la crise de recrutement. La revalorisation des salaires doit être rapide et sans contreparties (voir notre article et vidéo pendant la campagne).

De manière plus générale, le service public d’Éducation est aujourd’hui à un tournant. Absence de revalorisation salariale conséquente, 7900 suppressions d’emplois dans les collèges et lycées publics en 5 ans, réformes profondément inégalitaires à l’image de la réforme du lycée, formation des futurs professionnels de l’Éducation sacrifiée, pilotage vertical et autoritaire…ces dernières années ont été marquées par un ensemble de mesures qui ont profondément mis à mal le service public d’Éducation.
Pour relever le défi de la reconstruction de notre système éducatif, le SNES-FSU porte un projet articulé autour de quelques mesures fortes. Retrouvez notre manifeste pour le 2d degré.

#education2022 Manifeste du @snesfsu pour le second degré : ensemble, agissons pour l'avenir de nos métiers, de nos collèges et de nos lycées ! https://t.co/HIRyeRWNj3

— SNES-FSU (@SNESFSU) March 24, 2022

Il nous faut donc reprendre le chemin des luttes syndicales pour porter d’autres choix de société, un autre projet pour notre système éducatif et nos métiers.
Pour porter ces exigences, l’outil syndicale qu’est le Snes-FSU est plus que jamais l’outil approprié. Il est le lieu d’échanges, d’information, de défense de vos droits, de construction des mobilisations. Plus que jamais, construisons ensemble les luttes pour l’amélioration de notre système éducatif et le progrès social. Premier rendez-vous : le 1er mai !

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Inspection suite à l’intervention du cabinet de B.Macron

Actualités 2nd degré - mer, 27/04/2022 - 20:40

Communiqué du SNES-FSU Strasbourg

L’inspection d’un de nos collègues, diligentée après intervention du cabinet de Brigitte Macron sur sollicitation d’un parent d’élève, suscite à juste titre des réactions d’indignation et de colère.


Le SNES-FSU dénonce l’empressement avec lequel le Rectorat a donné suite à cette demande, faisant peser sur notre collègue une pression inadmissible. Nous sommes bien loin du soutien à ses personnels proclamé par l’institution. Il fut en temps où notre institution aurait été plus prudente face à des injonctions venant d’une personnalité extérieure.


On ne peut que s’interroger quand ces pratiques visent par ailleurs un collègue très critique des réformes qui ont touché et affaibli l’Éducation Nationale et qui a pu apporter son soutien à des enseignants mis en cause par leur hiérarchie pour s’être exprimés.

Notre institution montre encore une fois qu’elle n’a rien appris des événements passés et est trop souvent prête à mettre les collègues en accusation. Ces pratiques sont-elles isolées ?


Le SNES-FSU est intervenu auprès du rectorat pour dénoncer le procédé, accompagner et défendre notre collègue.

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Participation au convoi intersyndical pour l’Ukraine

Actualités 2nd degré - mer, 27/04/2022 - 20:25

La FSU a décidé d’organiser, avec de nombreuses organisations syndicales, un convoi pour l’Ukraine.

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Si vous souhaitez faire un don, merci d’envoyer vos chèques libellés à l’ordre d’Avenir Social : à la FSU (Avenir Social) – 104 rue Romain Rolland, 93260 Les Lilas avant le 15 mai.

Nos liens avec les organisations syndicales ukrainiennes ont été constants durant la période, leur capacité à identifier les besoins et à distribuer de l’aide à la population qui en a le plus besoin est avérée. Dans la continuité de nos engagements en faveur de la paix et de la solidarité internationale, ce sera une manière de manifester le soutien à la population ukrainienne.

De nombreux témoignages et échos de la situation sur place sont sur le blog « actions internationales du SNES-FSU »

#Ukraine : les enseignants résistent et organisent la solidarité
Le STESU, principal syndicat enseignant en Ukraine, organise la solidarité enseignante, au prix d’un travail constant et difficile. Témoignage. https://t.co/8dH2pKrAZf

— SNES-FSU (@SNESFSU) March 26, 2022


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Orientation à la sauce Macron : retour vers le futur !

Actualités 2nd degré - mar, 26/04/2022 - 13:10
Fausse bonne idée n°1:

Entendons, favoriser l’entrée dès la classe de 5ème des fédérations ou branches professionnelles, des groupes d’intérêts privés venus faire la promotion de tels ou tels métiers. Cette manipulation déguisée aurait pour conséquence de rabattre les ambitions scolaires des élèves les plus fragiles aux seuls besoins économiques du territoire, occultant volontairement les questions du développement à l’adolescence, des biais sociaux ou de genre. De plus, cela participe activement à la marchandisation de l’information pour l’orientation, orchestrée par les régions avec la caution du ministère.

Les propos tenus par le président Macron lors d’une visite à Fouras (31 mars) en réponse à un restaurateur ne trouvant pas de personnels, laissent à penser qu’une orientation précoce vers l’apprentissage dès la classe de 5ème pourrait remédier au problème de recrutement des entreprises: « On a besoin de faire mieux connaitre ces métiers. Donc alternance, apprentissage et orientation dès la 5ème pour faire connaitre ces métiers« . Cela fait fortement penser à l’« apprentissage junior »[1], instituée comme recette-miracle.

Quelle innovation !

Jean-Paul Delahaye, ex Dgesco, a réagi sur Twitter : « L’apprentissage junior déjà tenté en 2005 pour casser le collège unique et orienter précocement les enfants des milieux populaires a été un lamentable échec » et rappelle que « Ceux qui le proposent à nouveau savent que ça ne concernerait pas leur enfants« .

Fausse bonne idée n°2:

Faut-il rappeler que 36% des contrats en alternance sont rompus chez les mineurs par les entreprises, alors même qu’elles choisissent leurs apprenti·es, alors même que le taux de décrochage en lycée professionnel est de 12%. Le recours à l’apprentissage, où toutes les discriminations existent, n’est donc pas la solution pour les élèves les plus jeunes et les plus fragiles, bon nombre n’ayant ni le recul, ni la maturité nécessaire.  En outre, il ne faut  pas oublier que l’apprentissage est très discriminant en fonction des critères de genre et d’origine ethnique ! De plus, le taux d’accès au diplôme est supérieur de 10% dans la voie scolaire alors que les élèves ne sont pas choisis par les établissements. On peut partager la crainte de S. Gérardin, co-secrétaire du SNUEP, quant à l’avenir de la voie professionnelle qui risquerait fortement de passer sous la tutelle du ministère du travail.

Proposer d’augmenter la période de stage de 50% risque de se faire au détriment des enseignements généraux et professionnels, prodigués en lycée. Cela reviendrait à rabattre la formation aux seuls savoir-faire, aux gestes du métier dans contexte professionnel particulier, creusant l’écart entre ceux qui sont autoriser à avoir des aspirations des poursuites d’études et les autres, notamment les jeunes de famille populaire contraints à l’insertion professionnelle.

L’enseignement professionnel répondrait exclusivement à une logique adéquationniste avec l’emploi local à court terme comme la formule du président le laisse à penser : « …il faut mettre les débouchés professionnels, les entreprises au cœur du projet… »

© EVDZ 2022 Fausse bonne idée n°3:

Rendre Parcoursup plus transparent quant à ses algorithmes serait déjà un commencement ! La prévisibilité est un leurre, puisque chaque année la cohorte de candidat·es varie tant par la diversité des profils que par celle des demandes.

Une étude de 2020 de Leila Frouillou, Clément Pin et Agnès van Zanten [2] montre à quel point la « logique marchande » dans l’orientation des lycéens est importante. En premier lieu, des organismes privés à but clairement lucratif, exploitent l’angoisse des jeunes et de leurs parents, et se positionnent sur le coaching post bac, notamment en leur apportant une prétendue aide, mais néanmoins payante, à la rédaction de projet motivé. Par ailleurs, nombreuses sont les familles, mêmes modestes, qui ont recours aux formations privées comme alternative pour échapper au rouleau compresseur de cette logique de tri à l’entrée du supérieur.

Et, rendre prévisible ce système inégalitaire au plus haut point, ne reviendrait-il pas accentuer encore davantage les biais sociaux et l’auto-censure des plus anxieux·ses et des moins familiers de l’enseignement supérieur ?

Leila Frouillou, Clément Pin et Agnès van Zanten précisent également que les études sur l’orientation active indiquent clairement que les jeunes issus des milieux populaires sont plus sensibles aux évaluations négatives de leurs dossiers et que, de façon générale, ils reculent davantage devant les obstacles en limitant leurs choix.

Fausse bonne idée n°4:

Lorsque le candidat-président parle d’ouvrir toutes les places nécessaires, il faut en déduire sa conception uniquement adéquationniste et utilitariste de l’École. Ouvrir des places dans les filières professionnelles courtes et « réguler les filières », où il n’y aurait pas de besoins ! Chacun sait que la France regorge de médecins et d’ingénieurs-es !

Rappelons que la plateforme de Parcoursup a été créée et transformée afin de gérer les flux d’étudiant·es et d’organiser la répartition de la pénurie alors même que l’on constatait une augmentation démographique des lycéen·nes. On peut décemment s’interroger sur ce qui a empêché monsieur Macron d’ouvrir « toutes les places nécessaires dans le supérieur » pendant la mandature précédente ?

Peut-être parce que cela ne correspondait pas aux besoins de la Nation !

[1]  Décret du 30 juin 2006 abrogé par le décret du 26 aout 2013

[2] « L’Année sociologique » n°2020/2 (Vol. 70 – p. 337-363)

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FAQ AED en préprofessionnalisation

Actualités 2nd degré - lun, 25/04/2022 - 16:26

Un peu en vrac, et en construction, retrouvez la Foire aux Questions du SNES-FSU destinée aux AED en préprofessionnalisation, qui complète notre article déjà en ligne ici.

Que sait-on au 22 avril 2022 de la quatrième année d’AED prépro ?

Une révision du texte de 2019 (nouvel article 7 ter du décret n° 2003-484 du 6 juin 2003, paru au Journal officiel du 31 décembre 2021) permet désormais de renouveler, après l’année de M1, le contrat pour un an.

Dans les échanges que le SNES-FSU a pu avoir avec la DGRH (Direction Générale des Ressources Humaines) du ministère, la réponse qui a été donnée est celle d’une reconduction de la troisième année du contrat, que ce soit en terme de missions ou de rémunération.

Mais à ce jour, aucun texte officiel ne précise la nature des missions et la rémunération correspondant à cette quatrième année. Il faudrait que la Circulaire n° 2019-156 du 6-11-2019 soit mise à jour, ce qu’a réclamé le SNES-FSU à plusieurs reprises.

Suis-je certain·e de bénéficier de la quatrième année de contrat d’AED prépro ?

L’article 2 du décret n°2021-1908 du 30 décembre 2021 dispose « qu’à l’issue de ce contrat, les assistants d’éducation, justifiant d’une inscription en seconde année de master dans une formation dispensée par un établissement d’enseignement supérieur préparant au concours d’accès aux corps des personnels enseignants ou d’éducation, peuvent bénéficier d’un contrat d’une année supplémentaire maximum dont le terme ne peut se poursuivre au-delà du 31 août. »

La première condition pour obtenir le renouvellement du contrat pour une quatrième année est donc d’obtenir une inscription en M2 MEEF. Il n’existe malheureusement aucune automaticité dans la loi entre cette inscription en M2 MEEF et le renouvellement du contrat. Le SNES-FSU réclame que ce renouvellement devienne la norme.

En tant qu’AED prépro, est-il possible de suivre le M2 MEEF en alternance ?

Sous réserve que les textes à venir confirment les réponses de la DGRH au SNES-FSU (contrat de 4e année similaire aux conditions de la 3e année), les AED Prépro issus de M1 auraient le choix entre plusieurs voies : la voie d’un M2 MEEF sans contrat de travail (mais avec stage SOPA théoriquement gratifié), celle d’un M2 MEEF avec contrat d’AED Prépro (4e année), et celle d’un M2 MEEF avec contrat d’Alternant (ECA).

Entre les deux contrats de travail, celui d’AED en préprofessionnalisation est plus avantageux que celui d’étudiant contractuel alternant. Les deux dispositifs sont cumulables avec les bourses sur critères sociaux. AED et ECA travaillent globalement sur les mêmes temps de service (les AED en préprofessionnalisation exercent leurs missions 6 heures par semaine et les 2 heures restantes sont consacrées aux préparations de cours, corrections, réunions, etc.). La rémunération est supérieure pour le contrat d’AED en préprofessionnalisation : 1219€ de salaire brut soit 980 euros de salaire net, qui aux dires de la DGRH devrait être renouvelé en M2, contre 722 euros de salaire net pour le contrat d’étudiant alternant. Un.e AED Prépro qui signerait comme ECA serait donc financièrement perdant.e l’année du concours.

Hélas, le calendrier en vue de la rentrée 2022 est boiteux ce qui laisse les AED Prépro 3e année dans le flou sur la suite. Les candidatures dans le but d’obtenir un contrat d’étudiant alternant en M2 MEEF ont bien été ouvertes par les rectorats au cours des mois de mars et avril, mais pour obtenir un contrat de 4e année AED Prépro rien n’est encore ouvert, en l’absence de publication par le Ministère des textes créant ce contrat. Il est donc peu probable que des AED en préprofessionnalisation qui n’auraient pu obtenir un renouvellement du contrat pour une quatrième année puissent se retrouver étudiants contractuels alternants. Mais nul.le n’a de certitudes sur l’obtention d’une 4e année ni les conditions matérielles précises dans lesquelles il ou elle préparera le concours 2023 !

Je suis AED Prépro en M1 MEEF et je souhaite signer un contrat de 4e année, mais je n’ai pas d’information sur la marche à suivre, le calendrier…. Que faire ?

Signalez-vous auprès du SNES-FSU de votre académie et du secteur national « Entrée dans le métier » du SNES-FSU en écrivant à fmaitres@snes.edu pour obtenir ensemble les informations dont vous avez besoin.

Peut-on présenter les concours internes en cours de M1 ?

Il n’est pas possible de présenter les concours internes au cours de la troisième année du contrat d’AED en préprofessionnalisation. En effet les conditions d’ancienneté de services requises pour les concours internes ne sont pas remplies.

La circulaire n° 2019-156 du 6-11-2019 rappelle que les AED en préprofessionnalisation exercent 8 heures de service par semaine dans les établissements du second degré (6 heures devant élèves et 2 heures de préparation de cours, réunion, etc.) sur 39 semaines au cours de l’année soit un total de 312 heures pour chacune des années du contrat.

A ces heures s’ajoute un crédit d’heures de formation qui augmente au cours des trois années de contrats : 597 heures en L2 ; 808 heures en L3 ; 827 heures en M1.

Une année à temps plein est calculée sur la base de 1607 heures annuelles, ce qui donne comme équivalence pour les AED en préprofessionnalisation en L2 909/1607=56,6 % d’un temps plein ; en L3 1120/1607=69,7 % d’un temps plein ; en M1 : 1139/1607=70,8 % d’un temps plein.

Les services à temps partiel (50 % et au-delà) sont considérés comme des services à temps plein. Les services discontinus sont considérés comme des services à temps plein dès lors qu’ils représentent au moins 50 % d’un équivalent temps plein. Les services incomplets inférieurs à 50 % ou les services discontinus représentant moins de 50 %, sont comptabilisés forfaitairement pour la moitié d’une année quelle que soit la quotité de temps travaillé.

Ces états de services sont étudiés à la date d’admissibilité des concours internes. L’année de L2 correspondant à plus de 50 % (56,6%) d’un temps plein compte comme une année d’ancienneté ; l’année de L3 correspondant à plus de 50 % (69,7%) d’un temps plein compte comme une année d’ancienneté ; l’année de M1 correspondant aussi à plus de 50 % (70,8%) d’un temps plein compte bien comme une année d’ancienneté à la fin de cette année mais pas à la date des résultats d’admissibilité des concours internes. C’est après 254 jours de service que les 50 % du temps plein sont acquis, soit vers le 14 mai, donc bien après la publication des résultats d’admissibilité.

En étant en prépro, je suis admissible en interne en M1, donc j’aurai beau passer les oraux je ne serai pas reçu·e par la suite ?

Le calcul de l’ancienneté nécessaire à l’inscription aux concours interne ne se fait qu’à la suite des épreuves d’admissibilité. Tu devrais recevoir avant les épreuves orales une communication de la part du rectorat ou du ministère t’informant que ton admissibilité au concours n’est pas recevable car tu ne remplis pas la « condition spécifique » de « la nature et de la durée de service ».

Peut-on présenter les concours internes en cours du M2 MEEF ?

Le calcul détaillé à la section de réponse concernant les concours internes préparés en master 1 établit qu’au terme des trois années de contrat d’AED en préprofessionnalisation les étudiants disposent bien d’une équivalence de trois années de service exigée pour les concours externes des CAPES/CAPET.

Quel que soit le statut de l’étudiant après les trois années du contrat : M2 MEEF AED prépro, M2 MEEF contractuel alternant, M2 MEEF en stage d’observation et de pratique accompagnée (SOPA), M2 autre que MEEF ou même arrêt des études, l’expérience professionnelle correspondant au contrat est suffisante pour présenter les concours internes.

Mes années d’AED prépro me permettront-elles d’être affecté·e en stage dans mon académie d’exercice du contrat ?

A ce jour, c’est une circulaire qui paraît annuellement au cours du mois d’avril qui fixe les règles d’affectation en stage des lauréats des concours.

La situation d’AED en préprofessionnalisation lauréat des concours 2022 ne pouvant se produire, le ministère n’a pas encore tranché la question de l’affectation en stage des AED et ex AED en préprofessionnalisation. La circulaire d’avril 2023 devrait par conséquent présenter les réponses à cette question, mais les seuls lauréats maintenus en stage sur leur académie d’exercice sont les contractuels et ex-contractuels qui justifient de 18 mois d’exercice à temps plein au cours des trois dernières années, quelque soit le concours dont ils sont lauréats : concours externe, concours interne ou troisième concours. Il paraît plus probable qu’à l’image des autres lauréats d’un master MEEF les AED et ex-AED en préprofessionnalisation participent au mouvement d’affectation des futurs stagiaires au barème avec un temps de service à temps plein.

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Lutter contre l’extrême droite

Actualités 2nd degré - mar, 12/04/2022 - 06:57
Campagne intersyndicale contre l’extrême droite

La FSU, l’UNSA, la CFDT, la CGT et Sud Education ont lancé début 2022 une campagne commune contre l’extrême droite.

Le monde de l’éducation a jusqu’alors majoritairement résisté à la percée de l’extrême-droite de ces dernières décennies. En cette année d’élection présidentielle, nous avons toujours un rôle à jouer : toutes et tous ensemble, faisons front contre l’extrême-droite, ses intentions et ses idées, dans nos lieux de travail comme dans le débat public!

L’extrême droite a une vision réactionnaire et antirépublicaine de l’école : la mise en œuvre de son programme aurait des effets terribles. L’extrême-droite ne condamne jamais l’insuffisance des moyens, ni ne parle de la dégradation des conditions de travail. Jamais elle ne porte un regard critique sur les inégalités scolaires et sociales des élèves qui n’ont cessé de se renforcer. On ne trouve rien dans les programmes d’extrême droite qui permettrait de résoudre les fragilités actuelles du système éducatif.

Tous les outils : appel complet, affiches, visuels sur le site de la campagne https://www.education-contre-extreme-droite.fr/

Dossier du SNES-FSU

Le dossier de l’US Mag de mars 2022 était consacré à l’extrême droite.

Edito du mag

Côté pile : des unes de journaux people, des confidences sur canapé dans des émissions de télévision grand public, des tribunes de soutiens, y compris d’enseignants…Côté face : des journalistes insultés voire menacés physiquement,des meetings dont le service d’ordre est assuré par des nervis de groupuscules d’ultradroite et qui se terminent par des agressions contre des manifestants, des programmes qui assument des mesures discriminatoires, une réécriture de l’histoire assumée…Dans cette campagne présidentielle, les candidats de l’extrême droite jouent sur les deux tableaux, d’un côté en tentant de lisser leur image et de normaliser leur présence dans le débat public, de l’autre en réactivant tous leurs marqueurs idéologiques avec en particulier une vision réactionnaire et antirépublicaine de l’École. Pile ou face, l’extrême droite n’a qu’un visage, celui de la haine. L’extrême droite se nourrit aussi en partie du désespoir social né de politiques libérales qui ont été autant de renoncements à cimenter le vivre ensemble. En tant que professionnels de l’Éducation, en tant qu’organisation syndicale de luttes et de progrès social, le SNES-FSU s’est engagé dans une campagne intersyndicale : ensemble, faisons front contre l’extrême droite, ses idées,dans nos lieux de travail comme dans le débat public !

L’US Mag de mars 2022 https://www.snes.edu/publications/lus-mag-n818-du-12-mars-2022/

Le dossier

L’extrême droite : sujet brûlant des dernières années et de la présidentielle, quelle est sa composante, quel est son programme ? Comment est-elle devenue un acteur permanent des controverses d’aujourd’hui ? État des lieux.

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Conseil Supérieur de l’Education, séance du 7 avril 2022 : déclaration du SNES-FSU

Actualités 2nd degré - jeu, 07/04/2022 - 08:41

Monsieur le Directeur, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs

Ce CSE est pour le moins extraordinaire. D’une part il s’agit du premier CSE en présentiel après des mois de séances en visio, un paradoxe dans un contexte de rebond épidémique. Les classes continuent d’ailleurs de se vider d’une partie des élèves, des personnels sont malades, sans qu’à aucun moment des 2 ans de crise sanitaire, il ait été possible de faire entendre les besoins des élèves pour rattraper les lacunes installées au gré des épisodes de la pandémie. Le SNES-FSU avait formulé des propositions d’aménagement détaillées et cohérentes tant pour les programmes en lycée et collège que pour l’examen du DNB : il n’a été que peu écouté. Quant à la demande de moyens supplémentaires afin de travailler en petits groupes pour mieux répondre aux besoins des collégiens et lycéens ayant tous vécu des conditions d’enseignement inédites, elle n’a pas été prise en compte !

Un CSE extraordinaire car il s’agit d’autre part du dernier avant les présidentielles dimanche prochain. Cinq années de mesures brutales contre l’école publique, cinq années de réformes inégalitaires toutes contestées par les personnels, cinq années de mépris du ministre et du gouvernement pour des personnels engagés au quotidien pour la réussite de tous les élèves, cinq années de dégradation des salaires et de représentation sapée de nos métiers dans la société, autant de facteurs qui immanquablement pèsent sur la crise de recrutement. Des recrutements en berne dont les conséquences se font sentir lorsqu’il faut remplacer les personnels absents, les témoignages s’accumulent sur des classes sans enseignants de français, de langues vivantes, de maths, de philosophie… pendant plusieurs semaines.

Après avoir affaibli le second degré avec près de 8 000 suppressions d’emplois pour quelque 65 000 élèves de plus, le président Macron termine son mandat comme candidat en promettant le retour de l’apprentissage à 12 ans et en insultant les personnels « qui ne font pas plus d’effort » alors qu’ils ont porté à bout de bras l’activité de leurs élèves pendant tout le confinement. La SNES et la FSU ne se résignent pas et appellent les personnels à aller voter massivement au 1er tour de l’élection présidentielle pour que soient battues les politiques néolibérales visant notamment à réduire les services publics ou à les détruire, et pour que soient battus les projets d’extrême droite.

Au lendemain des présidentielles, le SNES-FSU poursuivra son action auprès des candidats aux législatives pour un plan d’urgence à la rentrée avec des moyens pour l’école publique, un plan pluriannuel de recrutement, un plan de résorption de la précarité et une revalorisation des métiers, des carrières et des salaires. Nous rappelons par ailleurs notre demande urgente de places en UPE2A pour accueillir au plus vite et dans les meilleures conditions les jeunes réfugiés des pays touchés par les guerres et les conflits.

A l’ordre du jour de ce CSE, une série de textes sur la mobilité scolaire internationale, nouvel étage dans l’empilement instable qu’est devenue la réforme du lycée. Tout de même, que d’énergie déployée par les services du ministère pour publier précipitamment quatre textes dont les bénéfices ne profiteront qu’à quelques élèves, probablement ceux dont les familles sauront déceler dans cette option coûteuse une filière élitiste. Le vœu intersyndical pour le report de l’examen de ces textes souligne à raison une approximation administrative mais si l’on en considère les objectifs, la dimension inégalitaire de ce parcours d’initiés justifie un refus définitif.

A la place de cette consultation sur la mobilité scolaire internationale, le SNES-FSU aurait préféré une première présentation des textes qui encadreront le retour des maths en Première générale. A quelle date la consultation du CSE sur ces nouveaux programmes est-elle prévue ? Quels moyens complémentaires dans les lycées sont prévus pour offrir ce nouvel enseignement dès la rentrée de septembre ? Avec quels personnels ? Les concours, pour lesquels on ne connaît toujours pas le nombre d’inscrits, seront-ils enrichis d’une liste complémentaire ?

Toujours à l’ordre du jour de ce CSE, un texte relatif aux classes préparatoires économiques et commerciales. Concernant ces classes, une rumeur de plus en plus insistante en provenance des Écoles de commerce évoque la création d’une filière CPGE économique et commerciale sans mathématiques. Que peuvent dire les deux ministères à ce sujet ? D’autre part, si lors de la CSL du 29 mars la DGESIP a cherché à rassurer en expliquant que la création de 16 Cycles Pluridisciplinaires d’Études Supérieures (CPES) n’avait pas pour but de concurrencer les CPGE, sur le terrain c’est le contraire qui est constaté. Par exemple, faute de moyens suffisants, la direction du lycée Janson de Sailly envisage à la rentrée 2023 la suppression d’une classe de Physique Chimie (PC) pour pouvoir compléter le financement du CPES qui a ouvert en septembre 2021. Le SNES-FSU ne peut accepter cette fragilisation des classes préparatoires, et il demande que le MESRI octroie les moyens nécessaires pour financer à la hauteur de tous les besoins les heures de CPES dispensées en lycée.

Enfin, dernier point concernant l’ordre du jour, le SNES-FSU se félicite des aménagements concertés de l’épreuve de contrôle en BTS. Les amendements que nous formulons permettraient d’élargir ce dispositif à plus d’étudiants recalés au premier tour. En revanche, le SNES FSU déplore et s’oppose toujours au découpage des diplômes du BTS en unités certificatives, surtout si l’objectif est in fine de les sous-traiter au secteur marchand, comme par exemple la certification en langue vivante.

Rappelons par ailleurs que le SNES-FSU demande qu’un délai de correction suffisant soit laissé aux professeurs pour les épreuves de philosophie et d’écrit de l’EAF. étant entendu qu’il est impossible pour tous d’assurer la passation d’oraux la journée et la correction de copies le soir. Les professeurs de lettres sont particulièrement éprouvés par la mise en œuvre de la réforme du lycée : ils demandent notamment une remise à plat des programmes et des épreuves de l’EAF pour les classes de Premières générale et technologiques, et l’application du principe de la pondération de service dès la classe de Seconde pour tenir compte d’un examen à la fin de la Première.

Pour terminer, nos collègues assureront mi-mai les corrections des épreuves de spécialités de lycée en même temps que certaines épreuves pratiques alors que les cours ne seront pas suspendus. Le SNES-FSU rappelle son exigence de temps banalisé pour les corrections. Les indemnités doivent rester indivisibles en toute circonstance : tout arbitrage contraire serait injuste, vexatoire et ferait fi des responsabilités et du travail réel de chaque correcteur.

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Salaires : les exigences du SNES-FSU, les réponses des candidats

Actualités 2nd degré - lun, 04/04/2022 - 15:01

Le déclassement salarial de nos professions est une réalité qui a des conséquences catastrophiques, au quotidien, pour les personnels, mais aussi pour l’avenir du service public, tant il pèse sur la crise de recrutement. Le SNES-FSU a porté auprès des candidats l’impératif d’une revalorisation sans contreparties, d’autant plus urgente dans le contexte actuel (augmentation des prix, notamment des carburants ces derniers jours, annonce électoraliste du dégel du point d’indice, mesures catégorielles insuffisantes à l’image d’un Grenelle de l’Éducation très loin de la revalorisation « historique » vantée par Jean-Michel Blanquer). Quelles ont été leurs réponses ? Découvrez les dans la vidéo ci-dessous !

Retrouvez les vidéos de la soirée : toutes les interventions des représentants des candidats et les interpellations du SNES-FSU sur les autres thèmes (moyens, métiers, réformes etc)

Les questions du SNES-FSU – les réponses de chaque parti Salaires : le bilan d’un quinquennat

Pour les certifiés, CPE et Psy-ÉN, le salaire de recrutement atteint un niveau historiquement bas à 1,14 fois le SMIC. Ils sont donc éligibles à la prime d’activité. Dans la 5e économie mondiale, des cadres A de la Fonction publique recrutés à bac +5 après un concours difficile relèvent d’une politique de lutte contre la pauvreté ! Après 11 ans de carrière, ils en sont à 1969 euros nets mensuels et il faut attendre 14 ans de carrière pour dépasser les 2000 euros nets.

Rien n’a été fait pour les AED qui sont toujours dans une précarité inacceptable !

Quant aux AESH, les maigres perspectives de progression salariale se sont envolées avec l’inflation qui atteint un niveau très élevé ces derniers mois.

La ministre de la Fonction Publique vient d’annoncer un dégel du point d’indice : cette annonce à visée électoraliste ne trompe personne. On notera d’ailleurs qu’Amélie de Montchalin n’a toujours pas précisé, à ce jour, le détail de ces annonces. (voir le communiqué de la FSU : pendant la campagne, le mépris continue).

La question salariale est cœur des préoccupations. Le SNES-FSU la porte sans relâche, c’est en ce sens qu’il a porté cette revendication auprès des représentants des candidats à la présidentielle et qu’il poursuivra les mobilisations pour obtenir une revalorisation sans contreparties.

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Education 2022 : les réponses de chaque parti

Actualités 2nd degré - ven, 01/04/2022 - 11:51
Les vidéos de la soirée

Le SNES-FSU a invité les représentants de candidats à l’élection présidentielle (sauf l’extrême droite et/ou de candidats impliqués dans des affaires de violences sexistes et sexuelles) à un Grand oral sur leur projet éducatif. Seul les Républicains n’ont pas répondu.
Retrouvez le passage de chaque parti (vidéos d’une dizaine de minutes), la présentation de leur projet et leurs réponses à nos questions, ainsi qu’à celles des internautes. L’ordre de passage de la soirée était le suivant : Isabelle Bonnet (LO), François Thiollet (EELV), Raphaël Giromini (NPA), Marine Roussillon (PCF), Paul Vannier (LFI), Julie Benetti (LREM)

Cliquez sur chaque vignette pour accéder à la vidéo

Isabelle Bonnet – LO François Thiollet – EELV Raphaël Giromini – NPA Marine Roussillon – PCF Paul Vannier – LFI Julie Benetti – LREM

(En raison d’un empêchement de dernière minute, le représentant du PS, Yannick Trigance, n’a pas pu participer à cette soirée comme convenu. L’intervention qui était prévue est ici, au format PDF)

Les revendications du SNES-FSU

Le manifeste pour le 2d degré : à l’issue de cette soirée, le SNES a lancé son manifeste, des mesures fortes pour porter le projet de revalorisation des personnels et de reconstruction de notre système éducatif.

A retrouver en ligne et à télécharger

La conclusion de la soirée avec les exigences du SNES-FSU en vidéo (cliquez sur la vignette)

Conclusion du Grand Oral – SNES-FSU

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Affectation en stage après le concours à la rentrée 2022

Actualités 2nd degré - ven, 01/04/2022 - 09:30

La DGRH a annoncé lors d’une réunion le 30 mars 2022 que la note de service réglant les affectations des stagiaires pour 2022-2023 serait publiée « le plus tôt possible, début avril ». Vous retrouverez dans cet article les informations essentielles, sous réserve donc. Dès la publication de la note de service, nous détaillerons les règles de la procédure et des barèmes.

Après réussite à l’un des concours de recrutement du second degré (CAPES, CAPET, Agrégation, concours CPE et Psy-EN), la plupart des lauréat·es doivent être affecté·es pour un an dans une académie comme fonctionnaires stagiaires. A l’issue de cette année de stage et de leur titularisation, ils ou elles sont affecté·es à titre définitif dans une académie.

De ce fait, sauf le cas particulier des lauréat·es déjà titulaires d’un corps enseignant de l’éducation nationale (par exemple professeur·es des écoles, ou de lycée professionnel), tou·tes les candidat·es aux concours doivent formuler des vœux d’affectation interacadémique, c’est-à-dire énoncer leurs préférences parmi les académies. Cette saisie se fait sur une plateforme appelée SIAL. Les collègues non-titulaires, même ceux et celles qui exercent depuis longtemps dans la discipline de leur concours, doivent également participer à cette procédure (même si les règles habituelles prévoient, sous certaines conditions, leur maintien dans leur académie d’exercice, voir ci-dessous).

Les lauréat·es d’une session antérieure du concours, placé·es en report de stage l’an dernier, devront également saisir leurs vœux sur SIAL.

La DGRH n’a pas pas présenté son projet de note de service le 30 mars, mais a confirmé que l’essentiel des règles ne seraient pas modifiées. Vous pouvez retrouver ici celles en vigueur en 2021. Cependant, du fait de la réforme du CAPES, du CAPET et du concours CPE à la session 2022, les règles du maintien dans leur académie des étudiants en M1 l’année du concours ne devraient plus bénéficier qu’à une toute petite minorité de lauréat·es, celles et ceux qui ont eu le concours l’an dernier, mais ont été placé·es en report parce qu’ils ou elles n’avaient pas validé leur M1. Tou·tes les autres lauréat·es seront affecté·es au barème, à l’exception des lauréat·es qui ont exercé, depuis le 1er septembre 2019, l’équivalent de 18 mois à temps plein dans la discipline de recrutement du concours : ils et elles doivent saisir des vœux sur SIAL, mais doivent être maintenu·es dans leur dernière académie d’affectation.

Calendrier prévisionnel

  • saisie des vœux interacadémique (plateforme nationale SIAL) entre le 2 mai et le 3 juin 2022 ;
  • résultats des affectations interacadémiques fin juin et début juillet, après les derniers résultats d’admission ;
  • saisie des vœux intra-académiques dans la foulée, selon des modalités différentes d’une académie à l’autre ;
  • pour les stagiaires effectuant leur stage dans le supérieur, comme ATER ou doctorant·e contractuel·es, date limite d’envoi du contrat à la DGRH le 1er novembre 2022.

Nous invitons tou·tes les candidat·es à inscrire sur notre liste de diffusion Infoconcours, en remplissant ici notre fiche contact. N’hésitez pas à contacter les militant-es du secteur Entrée dans le métier du SNES-FSU (stagiaires@snes.edu ou 01 40 63 29 57).

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